Paraguay – Les évêques tentent d’appeler au calme après la prise d’assaut du Congrès

 Plus d’un millier de personnes est descendu dans les rues pour manifester cette nuit devant le siège du Congrès, dans la capitale, Asunción, contre « le coup d’Etat parlementaire », c’est-à-dire la révision constitutionnelle ouvrant la porte à la réélection de l’actuel Président, Horactio. Les manifestants ont abattu les barrières métalliques placées par la police pour protéger l’édifice, faisant irruption à l’intérieur et mettant le feu à une partie du bâtiment.

Prévoyant des réactions de ce type, les évêques avaient écrit : « Nous estimons prudent ne pas insister sur l’introduction de la réélection présidentielle par la voie de l’amendement constitutionnel, en ce qu’il produit des tensions inutiles et une polarisation sociale qui, si elle ne devait pas être gérée correctement, pourrait déboucher sur une violence ayant des conséquences imprévisibles ».
Selon les dernières nouvelles, le bilan de l’assaut mené contre le Congrès est d’un mort et de dizaines de blessés dont des responsables politiques, des manifestants et des agents de police. Le Ministre de l’Intérieur, Miguel Tadeo Rojas, a déclaré que les forces de sécurité ont été contraintes à réagir avec des canons à eau et des balles en caoutchouc pour disperser la foule.

La Conférence épiscopale du Paraguay a publié hier soir un communiqué urgent, invitant au calme et à la paix. « Nous demandons à tous, autorités et peuple, de ne pas faire usage de la violence. Que les manifestations ne deviennent pas des champs de bataille ! ». S’adressant ensuite aux hommes politiques, les Evêques leur demandent « de reconquérir la confiance sociale au travers de gestes concrets ». Le texte s’achève par un appel au dialogue entre toutes les parties afin de conserver le pays uni.

 

La Constitution adoptée par le Paraguay en 1992 après 35 ans de dictature limite à un seul mandat de cinq ans la durée des fonctions du Chef de l’Etat. Cependant, Horactio Cartes, dont le mandat arrive à échéance l’an prochain, cherche actuellement à annuler cette mesure au travers d’un amendement constitutionnel autorisant la possibilité d’un second mandat.

Lu sur Fides

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