Paris-Chartres : autour de l’homélie du cardinal Sarah, l’ampleur croissante d’un pèlerinage

Le “cru” 2018 semble avoir été significatif, au point même que L’Écho républicain parle de 15 000 pèlerins venus à Chartres en ce lundi de Pentecôte. On aura noté l’osmose croissante entre catholiques de milieux différents : diocésains, fidèles des communautés Summorum Pontificum, etc. La portée internationale du Pèlerinage est aussi significative : catholiques du monde anglo-saxon ou germanique, fidèles originaires du Proche-Orient… On l’aura aussi  constaté à travers les différentes étiquettes portées sur les sacs et bagages : œuvres diocésaines, aumôneries, instituts traditionnels… Les pèlerins ne sont guère sensibles aux cloisons qui ont marqué les générations précédentes de catholiques. Tout cela confirme la place prise par le Pèlerinage organisé par Notre-Dame-de-Chrétienté dans le monde catholique. L’aura du Pèlerinage va bien au-delà du seul catholicisme traditionnel. La capillarité de cet événement n’est plus à démontrer. Ecclésialement, c’est positif et encourageant. Il peut donner un aperçu sur ce que sera l’Église de demain et sur ce qu’elle commence à être aujourd’hui.

Mais le renouvellement des pèlerins est tout aussi significatif : ceux qui arrêtent au bout de quelques années sont naturellement remplacés. Outre le brassage entre catholiques de diverses  origines, il y a aussi un brassage dans le temps. Enfin, la présence de prêtres et séminaristes diocésains révèle aussi les changements d’équilibre qui ont lieu au sein diocèses. Sans jeu de mots, nul besoin d’être grand clerc pour deviner que le mouvement continuera : des prêtres  plus « traditionnels », davantage attachés à la liturgie et à la doctrine, mais clairement attachés à l’apostolat. Le diocèse de X, naguère dans une situation contrastée et plus sensible aux pastorales avancées, était ainsi représenté. Qui l’eût cru 25 ans plus tôt ? On pourrait citer d’autres exemples.

L’homélie du cardinal Sarah était particulièrement forte. « Chers pèlerins, renonçons aux ténèbres. Choisissons la lumière ! » Tout en déplorant l’éloignement de Dieu dans les sociétés occidentales ainsi que leur frénésie consumériste, le prélat a dénoncé les confusions actuelles. Dans le monde, bien sûr. Il a ainsi critiqué  « l’idéologie onusienne » Mais aussi dans l’Église. À titre d’exemple, le cardinal a dénoncé les coups de canifs envisagés contre le célibat des prêtres, refusant clairement l’ordination de viri probati. Ce serait une « rupture dans la Tradition apostolique ». Des mots choisis, mais fermes. En effet, rien ne dit que dans les premiers temps de l’Église les prêtres étaient mariés. Le cardinal s’adressait aussi aux prêtres, qu’il a encouragé dans leur ministère.

 

 

 

 

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