Philippines – Attaque djihadiste et nouvelle prise d’otages sur l’île de Mindanao

Ce matin, un groupe de 300 militants du groupe djihadiste Combattants islamiques pour la liberté de Bangsamoro (CILB) a attaqué le village de Malagakit, en province de Nord Cotabato, sur l’île de Mindanao, faisant irruption dans une école avant de se retirer avec différents otages suite à la réaction de l’armée.

Mindanao vit toujours dans un climat d’insécurité. D’intenses combats opposaient déjà l’armée et des islamistes depuis le 23 mai à Marawi, faisant près de 400 morts et plus de 200.000 déplacés. Le président Rodrigo Duterte avait dit redouter d’autres attaques en raison de l’infiltration de l’Etat islamique (EI) dans cette grande île méridionale de Mindanao.

Le Père Calvo, Angel Calvo, missionnaire clarétain espagnol présent depuis 40 ans à Mindanao, explique : «  L’action terroriste de Marawi et maintenant l’attaque ayant eu lieu dans le Nord Cotabato ont constitué des surprises. Il s’agit en effet de territoires contrôlés par le Front islamique de libération moro, mouvement qui mène actuellement des négociations avec le gouvernement philippin. Cependant la survie depuis maintenant 26 ans de groupes terroristes tels que celui d’Abu Sayyaf est significative et doit poser quelques questions. Aujourd’hui, la renaissance de l’idéologie radicale, grâce au prétendu « Etat islamique », peut avoir une influence sur les jeunes et rouvrir à Mindanao la plaie de la violence diffuse, notamment grâce à la propagande faite dans certaines écoles coraniques. Le groupe Maute qui a occupé Marawi s’est uni à des membres d’Abu Sayyaf et à d’autres combattants étrangers entraînés en dehors du pays. En sus, le réseau dispose de l’appui de trafiquants de drogue qui garantissent des financements et des armes ». La situation est plutôt complexe, remarque le missionnaire, rappelant d’antiques et de nouvelles revendications : « Certains jeunes djihadistes de Marawi, conditionnés par l’idéologie, ont déclaré être prêts à mourir en combattant. Il est difficile pour l’armée de résoudre une telle situation. Par ailleurs, nous ne savons pas quel sera l’impact psychologique de cette affaire sur la population et il faudra reconstruire Marawi, actuellement en ruines. Une chose peut être considérée comme certaine : les musulmans constituent les premières victimes des djihadistes tout autant que les chrétiens et avec eux. Entre chrétiens et musulmans à Mindanao, il n’existe aucune guerre de religion mais seulement un désir commun de construire la paix et la coexistence ».

Source : Agence Fides

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