Poitiers : “On” ne retrouve plus la croix des Feuillants”

Suite à une erreur humaine, la croix qui ornait l’ex-lycée des Feuillants a été égarée. Elle ne sera donc pas restituée à l’ensemble scolaire privé Isaac de l’Étoile.

L a croix de l’ancien lycée catholique des Feuillants à Poitiers a été égarée l’an dernier. Elle ne nous sera donc pas restituée, indique Philippe Misery. Le directeur de l’ensemble scolaire Issac de l’Étoile à Poitiers a été avisé par courrier de l’APIJ (agence publique pour l’immobilier de la justice) de l’erreur humaine à l’origine de la perte de ce symbole religieux.

Perdue lors d’un changement
de stockage

Selon le souhait du maire de Poitiers Alain Claeys (ancien élève de l’établissement), cette croix dominant l’énorme ensemble immobilier de 38 mètres de hauteur édifié entre 1858 et 1864 devait être préservée, afin d’être ensuite remise à l’OGEC (organisme de gestion de l’enseignement catholique) Poitiers Nord gérant Isaac de l’Étoile. M. Misery confirme : « Nous avions retenu un site près de la chapelle du Porteau pour la mettre en valeur  » sur le haut de la falaise donnant sur la vallée du Clain.
Cela ne se fera pas. « La croix a été perdue lors du premier semestre de l’année dernière  », indique Marion Moraes, responsable de la communication de l’APIJ. « L’entreprise a procédé à un changement de l’espace de stockage et c’est lors de ce transfert que la disparition de la croix a été constatée  ». Elle aura sans doute été détruite ou mise en déchetterie par erreur.
Rappelons que l’ensemble d’enseignement privé Isaac de l’Étoile a pu être édifié au Porteau grâce au montant de la vente du site des Feuillants. En prévision de l’aménagement de la cité judiciaire (*), la Ville de Poitiers, avec une subvention à hauteur de 50 % du conseil départemental, avait acheté cet ensemble de 18. 000 m² en 2009 pour trois millions d’euros.

Un effet de la loi de 1905

La croix ne pouvait rester en place en raison de l’article 28 de la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation de l’église et de l’État. Il stipule « qu’il est interdit d’élever ou d’apposer un signe ou emblème religieux sur les monuments publics  ».
Le jeudi 7 juillet 2017, une équipe de la société Blanchon (de Haute-Vienne) avait procédé avec grands soins à l’enlèvement de la croix en question. Le monument de 200 kg environ en pierre calcaire avait été dégagé de son socle par une grue du chantier. Après un court passage dans les airs, la croix arrivait à terre sans encombre. Elle avait ensuite été stockée dans l’attente de son acheminement vers le Porteau. La suite est désormais connue…

(*) Un chantier de 55 millions d’euros.

Stéphane Delannoy
Source : Centre Presse

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