Pour le général des jésuites, il ne s’agit pas de relativisme, mais la parole de Jésus est relative ! (sic)

Depuis plus d’un siècle le jésuitisme est devenu une boutade, pour dire qu’en ampoulant une formule on pouvait lui donner tous les sens. Il faut bien reconnaître qu’en terme de formule, le général des Jésuites, nouvellement élu, vient de nous servir un plat de résistance dont les sophistes eux-mêmes auraient eu du mal à digérer la lourdeur de la sauce.

Au cours du siècle dernier, l’Eglise a vu fleurir de nombreuses études qui cherchaient à comprendre ce que Jésus voulait dire exactement… Il ne s’agit pas de relativisme mais cela confirme que la parole est relative.

Ce qui conduit le Père général à une conclusion pour le coup fort digeste pour les protestants :

Question du journaliste : Il me semble comprendre que pour vous, la pratique du discernement ait priorité sur la doctrine.”

 “Oui, mais la doctrine fait partie du discernement. Un véritable discernement ne peut faire abstraction de la doctrine.”

QUESTION – “Mais il peut cependant aboutir à des conclusions différentes de celle de la doctrine.”

“En effet, parce que la doctrine ne peut remplacer ni le discernement ni l’Esprit Saint.”

Une réponse bien Jésuite qui oublie que la Vérité se discerne aussi par sa conformité à la doctrine. N’est-ce pas d’ailleurs un des aspects de cette célèbre phrase de saint Jean de La croix : Mieux vaut avoir tort dans l’Eglise que raison en dehors ?

Extrait de l’interview que le nouveau supérieur général de la Compagnie de Jésus, le vénézuélien Arturo Sosa Abascal, très proche du pape François, vient d’accorder au vaticaniste suisse Giuseppe Rusconi pour le blog Rossoporpora et pour le “Giornale del Popolo” de Lugano.

En voici les extraits les plus pertinents. Ils se passent de tout commentaire.

QUESTION – “Le Cardinal Gerhard L. Müller, Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, a déclaré au sujet du mariage que les paroles de Jésus étaient très claires et que “aucun pouvoir au ciel et sur la terre, ni un ange ni le pape ni un concile ni une loi des évêques ne pouvaient les changer.” “

R. – “Nous pourrions entamer une belle réflexion sur ce que Jésus a vraiment dit. A l’époque, personne n’avait d’enregistreur pour collecter ses paroles. Ce que l’on sait, c’est qu’il faut remettre les paroles de Jésus dans leur contexte, elles sont exprimées avec un langage et dans environnement précis et elles s’adressent à un public en particulier.”

QUESTION – “Mais alors, si il faut recontextualiser et réévaluer les paroles du Christ dans leur contexte historique, elles n’ont plus de valeur absolue.”

R. – “Au cours du siècle dernier, l’Eglise a vu fleurir de nombreuses études qui cherchaient à comprendre ce que Jésus voulait dire exactement… Il ne s’agit pas de relativisme mais cela confirme que la parole est relative, que l’Evangile a été écrit par des êtres humains et reçu par l’Eglise qui est elle aussi composée d’êtres humains… Il est donc vrai que personne ne peut changer les paroles de Jésus mais il faut d’abord savoir quelle était cette parole !”

QUESTION – “Peut-on remettre également en question l’affirmation de Matthieu 19, 3-6 : “Que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni ?”

R. – “Je me réfère à ce que dit le pape François. On ne met pas en doute, on se met à discerner…”

QUESTION – “Mais discerner, c’est faire un jugement de valeur, c’est choisir parmi différentes options. Il n’y a plus d’obligation de suivre une seule interprétation…”

R. – “L’obligation demeure, celle de suivre les résultats du discernement.”

QUESTION – “Donc la décision finale se base sur un jugement relatif à différentes hypothèses. Elle prend donc en considération également l’hypothèse que la phrase “que l’homme se sépare pas…” ne soit pas exactement ce qu’elle semble être. En fait, on remet en question la parole de Jésus.

R. – “Pas la parole de Jésus mais la parole de Jésus comme nous l’avons interprétée. Le discernement ne choisit pas entre différentes hypothèses mais se met à l’écoute de l’Esprit Saint qui – comme Jésus l’a promis – nous aide à comprendre les signes de la présence de Dieu dans l’histoire de l’humanité.”

QUESTION – “Mais comment discerner ?”

R. – “Le Pape François discerne en suivant Saint Ignace, comme toute la Compagnie de Jésus : il faut chercher et trouver la volonté de Dieu, disait Saint Ignace. Il ne s’agit pas d’une recherche pour rire. Le discernement mène à une décision : il faut non seulement évaluer mais également décider.”

QUESTION – “Et qui doit décider ?”

R. – “L’Eglise a toujours réaffirmé la primauté de la conscience personnelle.”

QUESTION – “Donc, si ma conscience, après le discernement en question, me dit que je peux communier même si la règle ne le prévoit pas…”

R. – “L’Eglise a évolué au cours des siècles, il ne s’agit pas d’un bloc de béton armé. Elle est née, elle a appris, elle a changé. C’est la raison pour laquelle on organise les conciles œcuméniques, pour chercher à mettre au point les évolutions de la doctrine. Je n’aime pas beaucoup le mot doctrine, il évoque la dureté de la pierre. La réalité humaine est au contraire bien plus nuancée, elle n’est jamais blanche ou noire, elle est en constante évolution.”

QUESTION – “Il me semble comprendre que pour vous, la pratique du discernement ait priorité sur la doctrine.”

R. – “Oui, mais la doctrine fait partie du discernement. Un véritable discernement ne peut faire abstraction de la doctrine.”

QUESTION – “Mais il peut cependant aboutir à des conclusions différentes de celle de la doctrine.”

R. – “En effet, parce que la doctrine ne peut remplacer ni le discernement ni l’Esprit Saint.”

 

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