Pour le pape, la liturgie ce n’est pas du folklore

Alors qu’il bouscule le sens liturgique du lavement des pieds, le pape rappelle dans son homélie que “Ce n’est pas une cérémonie folklorique : c’est un geste pour rappeler ce que Jésus a donné. Après cela, il a pris du pain, et il nous a donné son Corps ; il a pris du vin et il nous a donné son Sang. Et l’amour de Dieu est ainsi.”

Texte de l’homélie du Jeudi Saint 2017

Au dîner, il y avait Jésus, avec eux à la dernière Cène, dit l’Evangile : « Sachant que son heure était venue de passer de ce monde à son Père ». Il savait qu’il avait été trahi et qu’il allait être livré par Judas cette nuit même.

« Ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu’à la fin ». Dieu aime ainsi : jusqu’à la fin. Et il donne la vie à chacun de nous, et il se vante de cela, et il veut cela parce qu’il a de l’amour : « Aimer jusqu’à la fin ».

Ce n’est pas facile, parce que nous tous nous sommes des pécheurs, tous nous avons des limites, des défauts, tant de choses. Tous nous savons aimer mais nous ne sommes pas comme Dieu qui aime sans regarder les conséquences, jusqu’à la fin.

Et il donne l’exemple : pour faire voir cela, Lui qui était « ‘le chef », qui était Dieu, lave les pieds de ses disciples. Laver les pieds, c’était l’habitude de l’époque, avant les déjeuners et les dîners, parce qu’il n’y avait pas d’asphalte et les gens marchaient dans la poussière. Ainsi, l’un des gestes pour recevoir une personne chez soi, et manger, c’était de lui laver les pieds. Ce sont les esclaves qui le faisaient, ceux qui avaient été réduits en esclavage, mais Jésus renverse cela et il le fait, lui.

Simon ne voulait pas le faire, mais Jésus lui explique qu’il en était ainsi, que Lui était venu au monde pour servir, pour nous servir, et pour se faire esclave pour nous, pour nous donner la vie, pour aimer jusqu’à la fin.

Aujourd’hui, sur la route, quand j’arrivais, il y avait des gens qui saluaient : « Le pape arrive, le chef. Le chef de l’Eglise » Le chef de l’Eglise, c’est Jésus, ne plaisantons pas ! Le pape c’est la figure de Jésus, et je voudrais faire ce qu’il a fait Lui.

Pendant cette cérémonie, le curé lave les pieds des fidèles. C’est un renversement : celui qui semble le plus grand doit faire un travail d’esclave, mais pour semer l’amour.

Pour semer l’amour au milieu de vous, je ne vous dis pas d’aller aujourd’hui vous laver les pieds les uns les autres : ce serait un jeu. Mais le symbole, la figure, oui : je vous dirais que si vous pouvez apporter une aide, accomplir un service, ici, en prison, au compagnon ou à la compagne, faites-le.

Parce que cela c’est l’amour, c’est comme laver les pieds. Et être serviteur des autres. Une fois, les disciples se disputaient à propos de qui était le plus grand, le plus important.

Et Jésus dit : « Celui qui veut être important, doit se faire le plus petit et le serviteur de tous ». Et cela, c’est ce qu’il a fait ; Lui, voilà ce que Dieu fait avec nous. Il nous sert. Il est le serviteur. Nous tous qui sommes des pauvres types, tous ! Mais Lui, il est grand, il est bon. Et il nous aime tels que nous sommes.

Donc, pendant cette cérémonie, pensons à Dieu, à Jésus. Ce n’est pas une cérémonie folklorique : c’est un geste pour rappeler ce que Jésus a donné. Après cela, il a pris du pain, et il nous a donné son Corps ; il a pris du vin et il nous a donné son Sang. Et l’amour de Dieu est ainsi.

Aujourd’hui, pensons uniquement à l’amour de Dieu.

Traduction de ZENIT, Anita Bourdin

 

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