Précarité, situation familiale, contraception… les facteurs de risque de l’avortement

A l’occasion du séminaire européen, qui s’est tenu à Bruxelles à la COMECE[1] le 22 juin dernier sur « La prévention de l’avortement en Europe », Cherline Louissaint, avocat, est revenue sur les facteurs de risques de l’avortement : précarité sociale, instabilité familiale, elle dénonce aussi les idées fausses qui voudraient dissocier l’avortement de la contraception et de l’éducation sexuelle[2].

Peu de gens s’interrogent sur les motifs qui poussent une femme à avorter. Pour l’opinion, l’avortement se résume au choix fait par une femme qui est tombée enceinte alors qu’elle ne souhaitait pas avoir d’enfants, sans qu’il soit besoin de comprendre les circonstances ou « raisons d’ordre personnel » qui mènent à cette décision.

C’est ainsi qu’à ce jour, plus d’1 milliard d’avortements ont été réalisés dans le monde depuis sa légalisation[3]. En 2008, 44 millions d’avortements avaient été réalisés dans le monde. L’avortement est particulièrement pratiqué dans nos sociétés occidentales, l’Union  européenne comptabilisant à elle seule près de 650 000 avortements en 2012.

Ainsi, le taux d’avortement, qui correspond au nombre d’avortements pour 1 000 femmes en  âge de procréer (de 15 à 49 ans), est sensiblement le même en 2008 au niveau mondial et européen, étant respectivement de 28 et 27 pour 1000. Ce taux d’avortement est de 12 pour  1 000 en Europe de l’Ouest[4]. Il est à noter que 30 % des grossesses se terminent par un avortement en Europe, la majeure partie des pays de l’Europe autorisant l’avortement sur demande[5].

Si l’avortement était vu au départ comme une issue ultime répondant à une situation désespérée, la réalité des avortements massifs démontre que l’avortement est  devenu un moyen commun et fréquent d’éviter une grossesse non prévue. Pourtant, la décision d’avorter est loin d’être anodine. Sa gravité et sa fréquence imposent d’en comprendre les tenants et aboutissants.

La décision d’avorter s’insère nécessairement dans un contexte sociologique, économique et culturel précis qui influe sur ce recours. L’on peut dès lors, tout à fait comprendre que le contexte dans lequel se retrouve la femme, peut engendrer une détresse qui va la pousser à avorter. Il est donc bien trop simpliste de considérer que cette décision est prise en toute sérénité et de ranger les raisons évoquées par les femmes qui avortent comme des raisons d’ordre personnel, sans rechercher à identifier un problème et de s’y intéresser.

Bien que les grossesses désirées arrivent dans de nombreux cas, toutes les femmes se retrouvant dans cette situation ne choisissent pas d’avorter. Quelles sont alors les raisons qui poussent une femme à avorter et pas une autre ? (I)

Obtenir des réponses à ces questions permettra alors de réfléchir à des moyens de préventions ou autres solutions alternatives qui permettraient d’éviter d’en arriver à une telle issue.

Ces solutions sont d’autant plus importantes que l’avortement bien loin d’être un acte banal, est souvent lourd de conséquences pour les femmes mais également pour leur partenaire actuel ou à venir (II).

En se fondant sur de nombreuses études statistiques et rapport nationaux ou internationaux, il est intéressant de faire ressortir les facteurs de risque face à l’avortement, s’agissant de l’environnement personnel de la femme mais également de la société dans laquelle elle évolue. Certes, ces facteurs ne sont pas automatiques, à savoir qu’une femme placée dans ce contexte n’aura pas nécessairement recours à l’avortement, mais ces facteurs permettent de comprendre dans quelle situation une femme serait plus encline à avorter qu’une autre.

 

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