Quand Libé s’inquiète de la succession du cardinal Vingt-Trois

Monseigneur Vingt-Trois a fait savoir qu’il ne prolongerait pas d’un jour sa mission d’archevêque de Paris une fois la limite d’âge atteinte. En bon serviteur inutile, si le Christ le lui demande via le Saint-Père, il suivra certainement les pas de saint Martin dont il fut un temps le successeur à Tours et poursuivra sa tâche en attendant que son successeur soit nommé.

Et cette nomination inquiète le très concerné journal Libé, car si les évêques se sont assagis (entendons sont devenus libé-compatibles), les conservateurs eux sont un peu bruyants.

Nous laissons à notre lecteur le soin d’apprécier cet extrait de Libération fort instructif.

Nous y apprenons que pour les journalistes de gauche, l’épiscopat est assagi, ce qui veut dire que les positions officielles de l’Eglise de France leur conviennent. Nous y apprenons aussi que La Manif a des bêtes noires chez les évêques, bêtes noires que Libé aimerait bien suggérer au Saint-Père.

Mais les inquiétudes sont modérées par ce pape social qui devrait nommer à ce poste éminemment politique un évêque de leur gout. C’est possible, mais c’est aussi oublier que ce pape caricaturé par les médias est un défenseur pro vie acharné, qu’il n’apprécie guère la dénaturation “genrée” de notre éducation nationale et qu’il n’est pas un franc partisan de la laïcité à la française.

En fait, une période de transition est en train de s’ouvrir. Pour l’épiscopat français, la grande affaire des prochains mois sera la succession du cardinal André Vingt-Trois à la tête de l’archevêché de Paris, un poste stratégique. Sans être évoqué publiquement à Lourdes, le dossier est dans toutes les têtes. Les évêques partent théoriquement à la retraite à 75 ans. Mais pour le sièges épiscopaux très importants comme celui de Paris, il est de coutume que le mandat soit prolongé de quelques années. Fatigué de sa charge, Vingt-Trois, atteint par la limite d’âge à l’automne prochain, a fait savoir urbi et orbi, qu’il ne ferait pas « un jour de plus ». Le petit monde catholique français bruisse de rumeurs, établit ses pronostics. Parmi les favoris, il y aurait l’un des poulains de l’archevêque de Paris, Michel Aupetit, en charge du diocèse de Nanterre, démographiquement l’un des plus importants en France.

De l’avis des spécialistes, le dossier de Paris est déjà sur le bureau du pape. « Le choix du successeur sera celui de François lui-même », pointe l’écrivaine et journaliste Christine Pedotti. En 2005, le cardinal Lustiger avait imposé à un Jean-Paul II quasiment à l’agonie le nom d’André Vingt-Trois. Il est peu vraisemblable que ce scénario se reproduise. Pour le moment, le pape François n’a guère imprimé sa marque sur l’épiscopat français. Avec la nomination de l’archevêque de Paris, c’est l’occasion. A un Aupetit, spécialiste des questions bioéthiques, le pape pourrait préférer un profil plus social (comme l’évêque du Havre Jean-Luc Brunin, bon connaisseur aussi des relations islamo-chrétiennes et bête noire de La Manif pour tous) ou un homme de confiance choisi chez les jésuites, l’ordre religieux dont il est issu. « L’épiscopat français s’est assagi depuis de nombreuses années, analyse le politologue Gaël Brustier. C’est l’aile conservatrice qui se fait bruyamment entendre. Quant la gauche catholique, elle n’est pas organisée. » L’assemblée de Lourdes va permettre à chacun d’évaluer les équilibres. En attendant d’autres changements.

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Xavier Ravier

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