Quant Saint Valentin empoisonne les relations entre orthodoxes et catholiques de Lesbos

Les célébrations de la Saint Valentin, organisées par l’île grecque de Lesbos, qui abrite des reliques du martyr, provoquent l’ire de l’Eglise orthodoxe locale. L’institution religieuse ne veut pas être mêlée à une fête considérée comme catholique.

Le pope Athanassios Yousmas, de la grande église orthodoxe du centre de Mytilène, chef-lieu de l’île, a “fermement protesté” auprès de la mairie contre ces manifestations, rapporte le 12 février 2017 l’agence de presse grecque Ana. Le dignitaire orthodoxe a notamment menacé de recourir à la justice pour que son église, dont le dôme est un symbole de l’île, ne figure plus sur l’affiche des manifestations de la Saint Valentin. Incluant concours de chants et de poèmes d’amour, ses dernières doivent se conclure le 14 février avec une procession.

Un saint d’avant le schisme

La célébration de la Saint Valentin a débuté sur l’île en 2015, avec l’acheminement de reliques présumées du saint dans l’église catholique de l’Assomption. Valentin de Terni est un prêtre qui vécut en Italie au IIIe siècle. Il fut martyrisé sous l’Empereur Claude II le Gothique pour avoir persisté à marier des couples chrétiens. Le pape Alexandre IV l’a déclaré au XIIIe siècle “patron des amoureux” et fixé sa fête le 14 février.

Les catholiques tempèrent

Le Père Léon Kiskinis, seul prêtre catholique de Lesbos, a tenté de tempérer le débat. “Nous sommes des frères qui nous sommes disputés au cours des siècles, mais notre devoir chrétien est de nous réconcilier”, a-t-il affirmé dans une lettre ouverte. Imputant la grogne orthodoxe à “quelques fondamentalistes bornés”, il a relevé que Valentin avait été reconnu comme martyr avant le schisme entre catholiques et orthodoxes, en 1054. La minorité catholique de Grèce se plaint depuis longtemps d’être victime de discrimination de la part du clergé orthodoxe largement majoritaire dans le pays.

La municipalité s’est jusque-là abstenue de réagir à cette polémique, alors qu’elle tente de ranimer le tourisme local. Ce dernier est mis à mal par la situation de l’île comme lieu de passage privilégié des migrants en provenance de Turquie.

 

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