“L’Etat n’est pas un dieu”, interview du réalisateur de la rébellion cachée

Notre rédaction a voulu comprendre les raisons de la réalisation d’un docu-film sur les guerres de Vendée. Nous avons donc interrogé directement le réalisateur Daniel Rabourdin, auteur d’une œuvre magistrale et fascinante sur les héros de Vendée.

Pourquoi avoir choisi de vous investir avec autant d’énergie dans la création de ce docu-film sur les guerres de Vendée ?

 

Peut-être parce que c’est une meilleure vie de passer son temps à faire de belles choses plutôt que de végéter à faire des choses moyennes, j’ai préféré faire un travail bien fait, tout simplement.

 

D’un point de vue « prosaïque », je travaillais alors pour la société télévisée de Mère Angelica en Alabama. J’ai choisi le sujet des guerres de Vendée car il me fallait un sujet d’action, avec des valeurs catholiques, comportant un enjeu politique et mondial

 

Ensuite, d’un point de vue plus « profond », j’ai eu l’impression que les guerres de Vendée symbolisaient la conflagration entre deux civilisations : la chrétienne d’un côté et l’athéiste, utopiste et sans la loi naturelle de l’autre côté.

 

Dans mon docu-film, les deux personnages vendéens vivent d’une sagesse naturelle et chrétienne, que j’oppose aux idéaux intellectualistes de la Révolution.

 

J’ajouterais que je n’ai rien de différent de tous les créateurs, artistes et entrepreneurs. La plupart des vrais producteurs se donnent à 200 %. Les autres sont achetés par les subventions et le pouvoir ou encore ils paraphrasent le politiquement correct. Par exemple j’ai de jeunes amis producteurs à Los Angeles qui sont peintres en bâtiment le jour et producteurs la nuit. D’autres directeurs de sécurité ou écrivains publics. Moi, ce sujet m’a plu, alors je l’ai fait.

 

Je pense à ceux qui ne s’engagent pas par peur de supposées « conséquences » : qu’est-ce que ces gens ont donc à perdre en s’engageant ? Un niveau de vie moyen comme quarante millions de personnes ? Un calme d’individu dans le troupeau ? Même en restant dans les rangs ils ne trouveront pas la paix. Alors autant vivre sa mission avec passion.

 

Le monde culturel catholique français vous a-t-il fait bon accueil ? Quelles ont été les aides que vous avez reçues ? Et quelles sont au contraire les scléroses de ce milieu si particulier ?

 

J’ai reçu un accueil merveilleux dans la presse catholique fidèle à la foi en Jésus-Christ. Ils ont totalement fait leur travail. Ils ont relayé l’évènement. Ils ont montré des photos. Ils m’ont interviewé à droite et à gauche. Et cela continue avec vous. C’est de l’esprit de corps. Une compréhension du Bien commun.

 

Je ne vois quant à moi pas de sclérose dans cette profession.

 

S’il y a sclérose parmi nous, je parlerai peut-être de gaspillage de vies ou d’embourgeoisement. Ce serait peut-être celle des « gens bien » qui s’assurent que leurs enfants font de Grandes écoles afin d’avoir de bons salaires. Ils ne s’assurent pas que leurs enfants s’engagent pour rénover notre civilisation. Pendant ce temps, la culture est laissée aux ennemis de la foi, dans le cinéma, le journalisme, la publicité.

 

Comment va-t-on survivre si l’on perd la culture ? Et il faut être très concret, très moderne ici : il faut s’investir dans la chanson, le jeu vidéo, les réseaux sociaux, Facebook, Twitter, etc…

 

Que font tous ces retraités qui visitent des lieux qu’ils connaissent déjà lors des journées du patrimoine ? Ils sont saturés de choses qu’ils connaissent. Ils pourraient plutôt s’investir pour aider la culture qui façonne les âmes aujourd’hui. Or la culture se créé aujourd’hui tous les jours. La culture qui inspire ou corrompt les âmes aujourd’hui n’est pas dans les statues ou les plaques commémoratives. Elle est dans les écrits courts sur internet, les séries télévisées que des millions regardent, les photos publiées dans les médias.

 

Le Christ est-Il l’acteur principal, quoiqu’invisible, de cette œuvre ?

 

Malgré moi, je dis bien malgré moi oui, le Christ est le protagoniste de cette œuvre.

Je dirais aussi oui en ce sens que je pense que la production a été abondamment aidée par la Providence divine. En effet curieusement la plupart des portes se sont assez ouvertes pour faire une bonne œuvre, mais jamais pour avoir une vie de confort.

 

 Votre docu-film soulève la question du rapport entre le peuple, l’autorité politique et Dieu : quelle leçon pouvons-nous tirer, nous français du XXIème siècle, de l’héroïsme des vendéens ?

 

Que l’Etat n’est pas un dieu. L’Etat et toutes ses promulgations de morale ne doit pas avoir le dernier mot dans nos consciences et même nos actes. Ce n’est que du temporaire. Cela passera. Pour moi, c’est la leçon principale de cette rébellion sur ce sujet.

 

Ainsi aujourd’hui, une gigantesque partie de la nouvelle morale est écologique. Il faut laver le plastique avant de le mettre dans la bonne poubelle sous peine d’être un « mécréant ». Mais on se permet d’être grivois et manquer de respect aux femmes. De rabaisser le niveau à propos des rapports hommes femmes. Ou encore on ne surveille pas sa langue, on médit abondamment.

 

J’en profite pour ajouter que mis à part certains médias, le journalisme français me semble réduit à être un journalisme d’Etat, non indépendant. Il est la voix du maître. Ne serait-ce que parce que la plupart des journalismes pensent comme les gens au pouvoir. Ils sont formes en gros par les mêmes écoles. Des écoles qui sont presque toutes politiquement correctes. Ils ont le même « catéchisme ».

 

 Qu’est-ce qui vous émerveille le plus dans cette tragédie de l’histoire ?

 

La noblesse des âmes des paysans vendéens. Ce sont les enfants de la civilisation chrétienne française. Pour moi, ils montent en flèche de la terre au ciel grâce à cette foi. Ce sont des réussites humaines. Un ami écrivain a Los Angeles est tombé amoureux de ces vendéens en lisant leurs lettres. Il écrit un roman sur ces paysans que je mettrai peut-être en script. Ces gens-là, et beaucoup de paysans encore, avaient et peuvent encore avoir une vraie noblesse d’âme.

 

 

 

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