Rochefort – Les Trappistes vont-ils devoir changer l’eau de leur bière ?

Le tribunal de Marche-en-Famenne a suspendu le permis délivré à l’entreprise Lhoist pour effectuer des tests de pompages dans le cours d’eau qui sert à la fabrication de la bière trappiste de Rochefort. A l’abbaye Notre-Dame de Saint-Remy, les moines respirent.

Le conflit qui oppose l’abbaye de Rochefort, qui produit la bière trappiste éponyme, n’est pas neuf. Le groupe Lhoist, un des leaders mondiaux de la production de chaux et de minéraux est propriétaire d’une carrière dans la région. Le problème est que celle-ci jouxte l’abbaye trappiste Notre-Dame de Saint-Remy ou plus exactement le cours d’eau qui sert à la production de la bière trappiste de Rochefort. Pour vérifier jusque où il est possible de creuser sans altérer l’eau de source, Lhoist avait obtenu un permis. Mais, les moines ne l’entendaient pas de cette oreille. L’abbaye Notre-Dame de Saint-Remy a donc demandé la suspension de l’exécution du permis autorisant l’industriel à réaliser des tests de pompage à la source de la Tridaine, sans en altérer la qualité. Cela permettrait de pérenniser l’activité extractive sur le site jusqu’en 2045 au lieu de 2023,avait avancé le groupe industriel. L’abbaye avait par ailleurs déjà introduit un recours contre le permis auprès du ministre compétent.

Demande recevable et partiellement fondée

Comparaissant en référé, le groupe Lhoist, par l’intermédiaire de ses avocats, a réaffirmé son engagement à ne pas mettre son permis en œuvre avant que le ministre compétent ne rende sa décision dans le cadre du recours introduit par l’abbaye.

Nos confrères de L’Echo annoncent que le tribunal de Marche a prononcé son ordonnance. Il juge la demande de l’abbaye « recevable et partiellement fondée », sans toutefois se prononcer sur le fond du dossier. Cette ordonnance en référé suspend donc, comme le conseil des trappistes le souhaitait, les effets du permis délivré par la Région wallonne à Lhoist le 6 juin dernier.

Le quotidien économique explique que ce n’est pas un bon signal pour Lhoist. Car, même si le tribunal de première instance ne se prononçait pas sur le fond, le ministre de tutelle, Carlo Di Antonio, pourrait être tenté de tenir compte de l’arrêt rendu ce lundi, qui gèle le permis délivré par son administration.

J.J.D. (D’après L’Echo)

 

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