Rome – Tenue du synode de l’Église catholique chaldéenne

Le synode de l’Église catholique chaldéenne s’est ouvert à Rome le mercredi 4 octobre 2017. Il s’est tenu jusqu’au 8 octobre. Ses membres ont été reçus par le pape François. Le souverain pontife a d’abord salué cette Église unie à Rome, lointaine héritière des communautés nestoriennes, qui a été durement éprouvée ces dernières années. Il a constaté avec attention le retour – certes timide, mais réconfortant et prometteur – des chrétiens dans les terres où ils avaient été chassés par l’État islamique.

Un contexte tendu en raison de la situation en Irak

Le pape François ne pouvait être indifférent à une situation notamment marquée par le contexte du référendum kurde. En effet, la partition de l’Irak plane sérieusement, ce qui révèle que la fin des problèmes ne sera pas posée par la seule disparition de l’État islamique. L’Église chaldéenne est elle-même inquiète. Elle reste encore largement implantée en Irak, malgré les différents exils. À cet égard, le pape a souligné le « besoin d’un processus de réconciliation nationale et d’un effort conjoint de toutes les composantes de la société, afin de trouver des solutions partagées pour le bien du pays entier ». Il a appelé les évêques aux dialogue et à la collaboration avec les autorité publiques afin de « faciliter le retour des personnes déplacées et à guérir les divisions et les oppositions entre “frères” ».

«  Éviter d’accueillir dans les séminaires des personnes qui ne sont pas appelées par Dieu »

Le pape a évidemment abordé les questions spirituelles. Demandant aux évêques une proximité avec envers leurs prêtres et leurs séminaristes, il a appelé, en matière de vocations, à un véritable discernement pour « éviter d’accueillir dans les séminaires des personnes qui ne sont pas appelées par Dieu ». Il souhaite une véritable formation sacerdotale qui se déclinerait dans ses dimensions « humaine, spirituelle, pastorale et intellectuelle ». Un vaste chantier pour une Église confrontée à une crise des vocations, et plus généralement à une véritable crise spirituelle (on note un affaiblissement de la vie religieuse et un certain appauvrissement liturgique), malheureusement aggravée par les épreuves de ces dernières années. En tout point de vue, l’Église chaldéenne est fragile.

Repenser la diaspora

Le pape François  aussi abordé la question des exilés, appelant notamment à repenser “le thème de la diaspora” :

Je voudrais vous inviter, vous et les pasteurs de l’Église latine, à repenser le thème de la Diaspora. En tenant compte des situations concrètes dans lesquelles se trouvent à vivre les communautés ecclésiales, que ce soit du point de vue numérique ou du point de vue de la liberté religieuse.

Un appel à la communion avec l’Église latine

Le pape François a enfin appelé à la « communion » et à la « fraternité » avec les communautés de rite latin pour lutter contre ces « divisions et différends ». Phrase significative, qui peut avoir son sens dans le contexte œcuménique où les relations ad intra (celles au sein de l’Église catholique) peuvent conditionner les relations ad extra (les relations avec les autres chrétiens et les autres religions) : “Le dialogue œcuménique et interreligieux devra toujours repartir de notre unité et communion catholique”. Le pape a également assuré l’épiscopat catholique chaldéen du soutien de la Congrégation pour les Églises orientales.

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