Rome rappelle la nécessité de suivre les formules prescrites pour le Baptême

Rome rappelle la nécessité de suivre les formules prescrites pour le Baptême

Dans une réponse donnée par la Congrégation pour la Doctrine de la foi datée du 24 juin 2020, mais rendue publique le 6 août dernier, Rome a rappelé qu’une formule qui s’écarterait de la formule traditionnelle prescrite par le Rituel romain rendrait le Baptême invalide. Ainsi, serait invalide une altération des paroles du Baptême qui donnerait la formule suivante : « Au nom du papa et de la maman, du parrain et de la marraine, des grands-parents, des membres de la famille, des amis, au nom de la communauté, nous te baptisons au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. »

La Congrégation pour la Doctrine de la Foi souligne la « dérive subjective » que traduit cette altération substantielle des formules du Baptême. En effet, « le recours à la motivation pastorale masque, même inconsciemment, une dérive subjective et une volonté manipulatrice ». La Congrégation s’appuie notamment sur l’enseignement de deux conciles qui ont souligné l’indisponibilité des sacrements. Le Concile Vatican II a affirmé, dans le sillage du Concile de Trente, « l’indisponibilité absolue du septénaire sacramentel pour l’action de l’Église ». Très clairement, « personne, fût-ce un prêtre, n’ajoutera, n’enlèvera, ou ne changera rien, de sa propre initiative, dans la liturgie ».

La Congrégation pour la Doctrine de la Foi donne la raison de sa position. Elle rappelle que « modifier la formule sacramentelle signifie aussi ne pas comprendre la nature même du ministère ecclésial, qui est toujours le service de Dieu et de son peuple, et non l’exercice d’un pouvoir qui va jusqu’à manipuler ce qui a été confié à l’Église par un acte qui appartient à la Tradition ». Pour la congrégation romaine, « en tout ministre du Baptême doit donc s’enraciner non seulement la conscience de devoir agir dans la communion ecclésiale, mais aussi la conviction que saint Augustin attribue au Précurseur, qui “a appris qu’il y aurait dans le Christ une propriété telle que, malgré la multitude de ministres, saints ou pécheurs, qui baptiseraient, la sainteté du Baptême ne pourrait être attribuée qu’à celui dont descendit la colombe et dont il a été dit : “C’est lui qui baptise dans l’Esprit Saint” (Jn 1, 33). Augustin commente donc : “Si Pierre baptise, c’est le Christ qui baptise ; si Paul baptise, c’est le Christ qui baptise ; et même si Judas baptise, c’est le Christ qui baptise” ». Une réponse qui entend donner à la communauté chrétienne impliquée dans le Baptême sa juste place.

La réponse avait été approuvée par le pape François le 8 juin 2020 lors d’une audience accordée au préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le cardinal Luis Ladaria Ferrer.

(Source : Vatican News)

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