Rouen – Caméra dans les églises – Espace surveillé versus espace de liberté

La proposition de Martial Hauguel, vice-président du Département, d’installer des caméras de surveillance dans les églises, semble intéresser Mgr Lebrun, archevêque de Rouen.

Des églises de Seine-Maritime restent fermées en raison de la menace d’actes de vandalisme qui pèsent sur elles. Ainsi, pour maintenir les lieux de culte ouverts, Martial Hauguel, maire de Luneray (Seine-Maritime) et vice-président du Département de Seine-Maritime, a suggéré l’installation de caméras de vidéosurveillance.

Mgr Dominique Lebrunarchevêque de Rouen, ne semble pas opposé à cette idée :

Je suis très favorable à l’étude de cette solution, dans le respect des responsables, qu’il s’agisse des maires ou des curés. Cela pourrait permettre de laisser davantage d’églises ouvertes. Ce n’est pas à moi de décider de cela, il faut avant tout avoir l’opinion des curés. »

Plus de 600 églises dépendent du diocèse de Rouen. Celui-ci est lui-même propriétaire de 12 églises, toutes construites après 1905 et la séparation de l’Église et de l’État, et de 17 chapelles. Les églises construites avant 1905 sont la propriété des communes.
En 1907, l’État a décidé d’affecter ces bâtiments au culte catholique. « C’est une jouissance gratuite, exclusive et perpétuelle », rappelle Mgr Lebrun.

« On touche à un symbole »

S’il se dit favorable à l’étude du projet, Mgr Lebrun apporte une nuance en rappelant que « l’Église est un symbole de liberté » et que « chacun doit pouvoir y aller quand il veut, dans la plus grande discrétion ». De plus, selon l’archevêque :

On touche à un symbole. C’est bizarre de retrouver ce dispositif à l’entrée des églises, c’est contre nature.

Ainsi, il se crée un paradoxe entre la nécessité de sécuriser les lieux de culte et l’installation d’une technologie à l’entrée d’un lieu où s’exerce une religion.

« L’installation de la vidéosurveillance est un mauvais signe », s’inquiète Mgr Lebrun. « Cela signifie que la société ne protège plus ses lieux de culte et qu’il n’y a plus de respect de la part de certaines personnes. Aujourd’hui, ces lieux ne semblent pas sacrés pour tout le monde, et on se demande si c’est le moment d’agir ».

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