Sur le bras de fer entre Trump et François sur les migrants

de Gérard Leclerc sur France-catholique :
Faut-il parler d’une sorte de bras de fer entre Donald Trump et le pape François ? Il est incontestable que les positions du président des États-Unis et de l’évêque de Rome sont aux antipodes sur la question des migrants. Depuis que Donald Trump a pris des mesures très dures à l’égard des familles de sans-papiers, enfermant les enfants mineurs dans ce qu’on appelle des cages, l’indignation est à son comble. Le Pape n’accepte pas cette séparation des enfants de leurs parents. Et qui donc pourrait le lui reprocher, en tant que pasteur « présidant à la charité » pour reprendre l’expression de saint Ignace d’Antioche ? Si le Pape ne défendait pas cette exigence minimum de l’intégrité du lien familial, qui pourrait le faire à sa place, avec son degré d’autorité ? Mais en même temps, un autre langage s’exprime, auquel on ne peut dénier sa part de légitimité. Un langage sans doute dénué de la brutalité de Donald Trump, mais qui condamne néanmoins l’irréalisme d’une politique immigrationiste, par ailleurs de plus en plus insupportable aux peuples européens.

« Le populisme et les psychoses ne sont pas, dit François, des réponses aux problèmes mondiaux de l’immigration. La solution c’est le consentement, l’étude, la prudence. » Que faut-il entendre ici par consentement ? Sans doute ce qu’il y a de plus légitime dans la démocratie, c’est-à-dire l’acquiescement, autant que possible, réfléchi des citoyens à une orientation ou à une décision politiques. Mais alors il s’agit pour les citoyens d’intégrer toutes les données rationnelles d’un dossier, aussi complexe que celui des mouvements migratoires. Ce n’est pas du tout évident ! Les chrétiens, en tant que citoyens, doivent participer à cette réflexion, en tenant compte des principes de l’Évangile mais aussi des données concrètes sans lesquelles les principes confinent à un idéalisme dangereux.

Pourquoi ne pas le dire ? Face à un défi aussi redoutable que celui-là, il est plus que légitime d’être soi-même partagé entre des sentiments contraires, inspirés par la difficulté extrême du sujet. Il ne suffit pas de sauvegarder les vies menacées en Méditerranée. Il faut sérieusement réfléchir aux conditions d’intégration d’une population nouvelle, celle qui s’entasse dans les quartiers perdus de la République. Voilà qui relève aussi de l’étude et de la prudence recommandées par le Saint-Père.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 21 juin 2018.

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