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Indonésie – Condamné à deux ans de prison, l’ancien gouverneur renonce à faire appel

Condamné le 9 mai dernier contre toute attente à deux ans de prison pour « blasphème » et incarcéré depuis dans une cellule du quartier général des forces spéciales de l’armée indonésienne, l’ancien gouverneur de Djakarta, Basuki Tjahaja Purnama, dit ‘Ahok’, a indiqué lundi 21 mai, par l’intermédiaire de ses avocats, renoncer à faire appel. Le lendemain, lors d’une conférence de presse, son épouse, Veronica Tan, particulièrement émue, a lu une lettre manuscrite de son mari exposant les motivations de cette décision surprenante.

Après avoir remercié ses partisans de l’avoir porté dans leurs prières et de lui avoir fait parvenir livres, lettres et fleurs, Ahok explique avoir renoncé à la procédure «  pour le bien de notre peuple et de notre nation ». Chrétien convaincu, il ajoute « [avoir] appris à pardonner et accepté » cette situation. « Je place mon espoir dans le Seigneur, maintenant et à jamais », écrit-il, en citant le psaume 123.

Les avocats de l’ancien gouverneur, qui entouraient Veronica Tan lors de la conférence de presse, ont largement commenté cette décision. L’un d’entre eux, I Wayan Sudirt, a déclaré que son client «  [voulait] être au service du peuple », ajoutant qu’Ahok « [avait] confiance en la volonté de Dieu » ; un autre, Ronny Talapessy, a indiqué qu’Ahok redoutait des violences et un ralentissement de l’activité économique du pays.

Une décision destinée à « protéger le cœur de la nation »

La décision de l’ancien gouverneur a été saluée par une partie des observateurs locaux. « Ahok a montré qu’il disposait d’une âme d’homme d’Etat », analyse le P. Antonius Benny Susetyo, secrétaire national de l’Institut Setara pour la paix et la démocratie, une organisation non gouvernementale qui milite pour les droits de l’homme et la liberté religieuse en Indonésie. « Cette décision est juste, [Ahok] privilégie l’intérêt supérieur de la nation pour que cessent les divisions. »

Ces « divisions » font suite aux propos tenus par le gouverneur Ahok, chrétien issu de la minorité chinoise, lors d’une réunion publique organisée en septembre 2016 dans le cadre de la campagne électorale pour le poste de gouverneur de Djakarta. Commentant la sourate al maidah du Coran, il avait expliqué aux musulmans que ceux qui utilisaient ce passage des écritures leur mentaient lorsqu’ils leur disaient qu’il était illicite pour eux de voter pour un non-musulman. Quelques semaines plus tard, le FPI (Front des défenseurs de l’islam), une organisation radicale connue pour ses manifestations violentes et ses attaques contre les minorités, avait porté l’affaire en justice et le gouverneur avait été poursuivi pour « blasphème ».

Ce procès avait très largement parasité la campagne électorale (le Jakarta Post la qualifiant même de campagne « la plus sale » de l’histoire de la capitale indonésienne), au terme de laquelle Ahok, élu en 2012 et disposant d’un bilan plutôt favorable, avait été battu au deuxième tour des élections du 19 avril dernier. Pendant la campagne, de nombreuses manifestations avaient été organisées par les détracteurs d’Ahok, certains revendiquant même « la peine de mort » contre le gouverneur chrétien issu de la minorité chinoise.

Mobilisation des Nations Unies en faveur de la « libération immédiate » de l’ancien gouverneur

La condamnation à une peine de prison avait contraint le gouverneur Ahok à démissionner, alors que la fin de son mandat était officiellement prévue en octobre. Le vice-gouverneur Djarot Saiful Hidayat avait alors dû le remplacer dans ses fonctions. Mais surtout, ce procès avait profondément divisé la société, un éditorialiste du Jakarta Post dénonçant même « l’équivalent d’une erreur judiciaire », et mobilisé l’opinion publique internationale.

En effet, le 12 mai dernier, Champa Patel, directrice du bureau régional Asie du Sud-Est et Pacifique d’Amnesty International, dénonçait « l’iniquité fondamentale de la législation indonésienne sur le blasphème », réclamant son abrogation immédiate. « Ce jugement va ternir l’image de nation tolérante dont bénéficie l’Indonésie », ajoutait-elle. Pour le P. Magnis-Suseno, jésuite d’origine allemande installé en Indonésie depuis 1961, une voix discrète mais influente de la vie intellectuelle en Indonésie, et fervent artisan du dialogue interreligieux, « il semble se mettre en place une coalition silencieuse faite de généraux à la retraite et de militants islamiques ».

Quelques jours plus tard, le 21 mai, l’Organisation des Nations Unies avait contacté le président de la République, Joko Widodo, ancien gouverneur de Djakarta qu’Ahok avait remplacé à ce poste en 2014, pour solliciter la libération immédiate d’Ahok et la révision des dispositions pénales relatives au blasphème, soulignant une réelle atteinte à la liberté d’expression dans un pays où la majorité de la population est de confession musulmane. Premier pays musulman au monde, avec 200 millions de fidèles (soit 85 % de la population), l’Indonésie est une République démocratique dont Constitution garantit la liberté religieuse. Pour autant, le blasphème constitue un délit, prévu à l’article 156(a) du Code pénal, et puni de cinq ans d’emprisonnement.

Désormais, le sort de l’ancien gouverneur est entre les mains du ministère public. Celui-ci, qui avait requalifié l’infraction en « insulte », et requis une sanction bien inférieure à celle que les juges avaient prises en première instance, a interjeté appel. Contacté par la presse, le bureau du procureur s’est pour l’instant refusé à tout commentaire.

Source : Eglises d’Asie

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Indonésie – Appel en faveur de l’abrogation de la loi sur le blasphème

« L’Indonésie devrait examiner sérieusement l’application de la loi sur le blasphème et l’abroger. Le gouvernement doit développer un standard permettant d’éliminer la haine religieuse ». C’est ce que demande la Commission asiatique pour les droits fondamentaux (AHRC), intervenant après la condamnation du gouverneur sortant de Djakarta, Basuki Tjahaja Purnama, dit Ahok à deux ans de réclusion pour blasphème.
La loi en question est en vigueur depuis 1965 et entend prévenir « l’abus et la diffamation des religions ». «  Dans de nombreux cas les accusations de blasphème sont manipulées et politisées ou avancées par des groupes intolérants. Par ailleurs, dans leurs décisions, les juges ignorent des preuves, des témoignages et les pétitions présentés par les inculpés ». « La loi sur le blasphème est souvent appliquée contre les religions minoritaires ou pour fomenter la haine » envers les chrétiens, les ahmadis, les chiites, relève la Commission. « Cette situation est due aux faiblesses de l’Etat et au manque de volonté visant à examiner sérieusement l’application de la loi sur le blasphème. Au cours de ces dix dernières années, la situation a empiré ».
Dans le cas de Basuki Tjahaja Purnama (Ahok), « l’affaire ne peut être séparée de l’arrière plan politique » et du fait que le sujet dispose d’une « double appartenance à des minorités par ses origines chinoises et son appartenance à la communauté chrétienne ». La Commission rappelle ce qu’a déclaré Basuki Tjahaja Purnama, accusé de blasphème : «  Ne croyez pas à ceux qui vous disent que vous ne pouvez pas voter pour moi parce [ces personnes] vous mentent en utilisant la sourate al maidah du coran ». La colère s’est déchaînée et les excuses publiques présentées par le gouverneur sortant de Djakarta n’ont servi à rien.
Son cas « constitue un précédent très dangereux pour l’application de la loi indonésienne ». Les pressions des groupes islamistes sur le gouvernement, la police et le tribunal ont été couronnées de succès et ceci constitue un fait préoccupant, conclut la Commission.
Entre temps, les manifestations publiques de soutien à Basuki Tjahaja Purnama se multiplient. Plus de 7.000 personnes ont participé hier, 11 mai, à une manifestation de prière pour exprimer leur solidarité au gouverneur sortant à Denpasar (Bali). Les participants, arrivés de différentes îles de l’archipel, sont descendus dans la rue en revêtant un vêtement noir et avec des cierges allumés. « Le vêtement noir symbolise la mort de la justice au sein du système judiciaire indonésien et le cierge représente la lumière au milieu de l’obscurité en Indonésie »explique l’un des organisateurs.
Les citoyens présents, musulmans, chrétiens, hindouistes et bouddhistes, demandent la révision du procès et la remise en liberté de Basuki Tjahaja Purnama. Les participants ont invité le gouvernement et l’ensemble de la nation à «  honorer les valeurs de la tolérance et de l’unité dans la diversité sur lesquelles est basée l’Indonésie », dans le respect du Pancasila – les cinq principes fondateurs de la coexistence civile en Indonésie. Des manifestations semblables ont également eu lieu à Djakarta, à Mandi, à Yogyakarta et à Medan, les participants voulant montrer leur soutien à Basuki Tjahaja Purnama et manifester contre la corruption et l’injustice. 

Source : Agence Fides

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Indonésie – “L’extrémisme islamique a été sous-évalué” commente un missionnaire suite à la condamnation du gouverneur

Pour de nombreux indonésiens, hier a été une triste journée. Battu au second tour des élections pour le renouvellement de son mandat comme gouverneur de la capitale, Basuki Tjahaja Purnama, chrétien protestant d’ethnie chinoise, connu également sous le surnom de Ahok, a été arrêté après qu’un tribunal l’ait condamné pour blasphème à deux années de réclusion.

Le père Franz Magnis-Suseno SI, chercheur et enseignant universitaire connu, présent en Indonésie depuis 56 ans, a déclaré : « Il s’agit d’une décision injuste, prise par les juges à cause de fortes pressions des islamistes ». Analyste politique et directeur de l’école de Philosophie des Jésuites à Djkarta, le Père Magnis-Suseno fait état du phénomène du « populisme islamique ». « Les extrémistes chercheront à poursuivre leur campagne en vue des élections présidentielles de 2019 afin de battre le Président Joko Widodo dit Jokowi. Celui qui en bénéficierait serait Prabowo Subianto, l’homme que l’actuel Chef de l’Etat a battu en 2013. Ils chercheront à démontrer que Joko Widodo n’est pas un véritable musulman ».

Un autre scénario est encore plus préoccupant, ajoute-t-il : « Depuis plus d’un an, semble se mettre en place une coalition silencieuse faite de généraux en retraite et de militants islamiques. Une montée des désordres et du chaos social pourrait « contraindre » les militaires à prendre le pouvoir, avec l’appui des islamistes. Il faut remarquer que les vieux généraux n’ont jamais accepté la réforme démocratique mise en œuvre après la chute du dictateur Suharto ».
Selon le Père Magnis-Suseno, il existe deux leçons à apprendre aujourd’hui : « la première est que l’extrémisme islamique a été sous-évalué, même par les grandes organisations musulmanes de la société civile que sont Muhammadiyah et Nahdlatul Ulama (NU). Au cours des six derniers mois, derrière le responsable extrémiste Habib Rizieq Shihab, se sont groupés de manière enthousiaste les jeunes militants de NU et surtout de Muhammadiyah. Il est par suite possible que se vérifie déjà un changement dans l’équilibre de l’islam indonésien. Les radicaux se proclament représentants de l’ensemble de l’islam indonésien, insistant sur l’identité islamique et jouant un rôle central sur la scène politique ».
La seconde leçon concerne la minorité chrétienne : « Les paroles de Basuki Tjahaja Purnama et sa présence même en tant que candidat ont représenté depuis le départ une provocation. Le temps n’est pas encore venu pour l’Indonésie d’avoir un chrétien comme responsable national, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’un chrétien d’origine chinoise – attendu qu’il existe un sentiment antichinois au sein de la société – par ailleurs arrogant et hautain comme Basuki Tjahaja Purnama » qui a inutilement instigué les radicaux, au travers de son discours sur le coran. Dans tous les cas, conclut le Jésuite, « les citoyens chrétiens ont offert à Basuki Tjahaja Purnama un appui pacifique. En signe de solidarité, ils l’ont accompagné jusqu’à la prison, en chantant l’hymne national et en lançant ce message : les baptisés ne sont pas prêts à laisser l’Indonésie tomber entre les mains des fanatiques et des extrémistes ».

Source : Agence Fides

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Indonésie – Le gouverneur chrétien sortant de Djakarta condamné pour blasphème

Un tribunal de Djakarta a reconnu coupable et condamné à deux années de réclusion pour blasphème Basuki Tjahaja Purnama dit Ahok, chrétien d’ethnie chinoise et gouverneur sortant de la capitale. La Cour, dans sa décision de ce jour, 9 mai, a disposé une peine plus dure que celle requise par le Parquet – dont la réquisition s’était limitée à demander deux années de liberté surveillée – alors que les défenseurs du gouverneur sortant ont annoncé vouloir recourir en appel.
La déception est forte aujourd’hui parmi les partisans de Basuki Tjahaja Purnama à Djakarta alors que certains groupes musulmans sont descendus dans les rues de la capitale pour fêter la décision.
« Il s’agit d’une affaire particulièrement triste. Les groupes islamiques radicaux ont influencé cette décision et même l’ensemble de l’affaire, y compris la récente campagne électorale. Nous pouvons seulement dire que ce n’est pas fini : les défenseurs feront appel de la décision alors que nous chrétiens nous en remettons toujours à la justice de Dieu, qui est le Seigneur de l’Histoire » commente le père Agustinus Ulahayanan, secrétaire de la Commission pour le Dialogue interreligieux de la Conférence épiscopale d’Indonésie.
Il ajoute : «  Nous pouvons apprendre une leçon de cette histoire. Ce qu’il y a de positif est de voir que, malgré la déception des chrétiens et de nombreux secteurs de la société, les réactions sont pacifiques et demeurent dans le cadre de la démocratie : les chrétiens indonésiens croient au bien commun et nourrissent un profond respect pour le Pancasila, la charte des cinq principes à la base de l’Indonésie démocratique ». Ce qu’il y a en revanche de négatif est que «  aujourd’hui, nous prenons acte de la faiblesse du système judiciaire et de l’impact qu’ont obtenu les groupes radicaux. Au cours de ces derniers mois, on a assisté à une évidente manipulation de la foi islamique à des fins politiques et ceci constitue un phénomène qui pourra se répercuter également sur les prochaines élections nationales. Il faudra le surveiller et agir avec sagesse ».
Le Père Benny Susetyo, actuellement Secrétaire du Centre d’Etudes bien connu Setara Institute, indique pour sa part : « La condamnation de Basuki Tjahaja Purnama représente une défaite pour l’Etat de droit. Les groupes islamiques radicaux ont remporté la partie et ceci est dangereux pour l’avenir de cette nation ».
Le collège des magistrats d’une Cour du district du nord de Djakarta a déclaré Basuki Tjahaja Purnama coupable de blasphème pour avoir cité de manière impropre une sourate du coran. Le gouverneur sortant était accusé de blasphème au titre de l’article 156 du Code pénal indonésien. Le Parquet, à la fin du procès, en remarquant la faiblesse des preuves et aux vues de différentes circonstances atténuantes, avait requis une peine plus faible que celle décidée au final par la Cour.
Voici quelques jours, des milliers de ballons rouge et blanc ont été remis à Basuki Tjahaja Purnama par ses partisans, chrétiens et musulmans, et plus de 5.000 couronnes de fleurs ont été envoyées au bureau du gouverneur de Djakarta, pour saluer Basuki Tjahaja Purnama, en signe d’affection et de solidarité. Le gouverneur a en effet perdu les élections dans le cadre du ballottage du 19 avril et se prépare à quitter ses fonctions en faveur du nouvel élu, le musulman Anies Baswedan, qui prendra ses fonctions en octobre. Pour l’heure, le gouverneur sortant a été transféré dans une prison de Djakarta. 

Source : Agence Fides

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Indonésie – “Le principal perdant dans cette élection, c’est la diversité de ce pays”

Au lendemain des élections locales qui ont vu la défaite du gouverneur sortant à Djakarta, c’est l’éditorialiste du Jakarta Post qui l’affirme : après une campagne électorale de huit mois, qui a été « la plus sale »de l’histoire de la capitale indonésienne, « le principal perdant dans cette élection, c’est bien la diversité [ethnique et religieuse] de ce pays ». Un pays dont la devise nationale est Bhinneka Tunggal Ika, habituellement traduite par « L’unité dans la diversité » mais qui, en vieux javanais, signifie plutôt « (Bien que) divisée, elle est une ».

Dès que les résultats provisoires (les résultats définitifs seront prononcés le 5 mai prochain) ont été connus, le 19 avril, le vainqueur du second tour des élections pour le poste de gouverneur de Djakarta a tenu à apaiser le climat tendu d’une campagne marquée par la division et les tensions religieuses. « Notre attention porte sur la justice sociale et la fin des inégalités, et notre engagement est de protéger la diversité et l’unité », a ainsi affirmé Anies Badeswan, un ancien ministre de la Culture et de l’Education, qui se présentait contre Basuki Tjahaja Purnama, dit ‘Ahok’, le gouverneur sortant.

Une victoire aux dépens du pluralisme

Ahok était pourtant sorti en tête du premier tour, le 15 février dernier, avec 42,9 % des suffrages. L’avance sur son rival immédiat, Anies Baswedan, qui avait réuni 39,9 % des voix, était faible, mais les sondages laissaient entrevoir une possible victoire au second tour pour ce gouverneur proche du président de la République, Joko Widodo. Les sondages se sont lourdement trompés, Anies Baswedan et son co-listier remportant largement le scrutin avec plus de 57 % des suffrages.

Pour l’éditorialiste du Jakarta Post, l’utilisation à outrance d’une vidéo où le gouverneur sortant, un chrétien protestant d’origine chinoise, citait des versets du Coran afin de critiquer les radicaux qui instrumentalisent les sentiments religieux pour attaquer leurs opposants politiques, son exploitation lors d’un procès pour « blasphème », et la mobilisation des musulmans derrière des organisations radicales telles le Front des défenseurs de l’islam ont abouti à polariser l’élection sur la seule question de savoir s’il était permis à un musulman de voter pour un non-musulman. « A partir de là, les choses sont allées en empirant, écrit l’éditorialiste. Les musulmans ont commencé à soupçonner leurs voisins non musulmans. Les musulmans en sont même venus à se montrer suspicieux envers leurs coreligionnaires, à partir du moment où des affiches sont apparues appelant à ce que les partisans d’Ahok soient interdits de services funéraires conformes aux rites islamiques. » Après tout ce qui a été dit et tout ce qui a été fait, le verdict des urnes indique que désormais un candidat à une élection est jugé sur son appartenance religieuse plutôt que sur ce qu’il a fait ou propose de faire pour améliorer la vie des gens, déplore encore l’éditorialiste du principal quotidien anglophone de la capitale, qui ajoute que cette élection pourrait faire précédent et qu’il est à craindre que « dorénavant les hommes politiques jouent la carte de la religion et gagnent aux dépens du pluralisme ».

Parmi les chrétiens de la capitale, issus d’une minorité qui représente quelque 10 % de la population au niveau national, l’inquiétude le dispute à un certain fatalisme. Interrogé par l’agence Ucanews, Kevin Reiner Hidayat, 22 ans, catholique d’origine chinoise, déclare « ne pas pouvoir imaginer ce qu’il va arriver [aux Sino-Indonésiens] tant les radicaux qui ont soutenu Anies Baswedan ont multiplié les déclarations dirigées contre les Chinois ». Ayant elle aussi voté pour Ahok, une catholique, Retno Setyawati, 53 ans, se dit déçue de la défaite de son candidat, « un gouverneur qui avait su faire changer les choses concrètement pour le mieux dans la capitale ces quatre dernières années ». « Mais qu’est-ce que j’y peux ? Je dois bien accepter le verdict des urnes », ajoute-elle, tout en doutant que le nouveau gouverneur puisse faire aussi bien que le gouverneur sortant. « Je crains que [Anies Baswedan] ne prête trop l’oreille à ceux qui l’ont élu et que cela fasse le lit du radicalisme à Djakarta », précise-t-elle.

« Gouverneur, président »

A en juger par certaines réactions du côté du QG électoral d’Anies Baswedan, l’inquiétude pourrait gagner les Indonésiens d’origine chinoise ou appartenant à des minorités religieuses. « Aujourd’hui nous avons gagné les élections et nous avons battu un gouverneur chinois qui a longtemps été au pouvoir et qui ne nous a pas considérés en tant que musulmans. Désormais, nous serons plus en capacité de mettre en œuvre ce que nous voulons », affirmait ainsi devant les journalistes Mohammad Saleh, ancien officier de l’armée et leader autoproclamé d’une milice musulmane. «  Cela comprend donner la priorité aux Indonésiens sur les étrangers, y compris les Chinois. Pendant longtemps, ils nous ont dominés. Faisons en sorte maintenant de gagner les élections de 2019 », continuait ce militant.

De fait, après ces élections à Djakarta, où, par le passé, le poste de gouverneur a pu servir de marchepieds vers la présidence de la République, les partisans d’Anies Baswedan, une fois leur victoire acquise, ont rapidement entonné le slogan « Gouverneur, président ». Pour eux, la victoire de Baswedan doit être le prélude au succès, aux présidentielles de 2019, de Prabowo Subianto, ancien général et candidat battu aux présidentielles de 2014 par Joko Widodo.

Dans le discours qu’il a prononcé pour reconnaître sa défaite, Ahok, 50 ans, a appelé chacun à retourner au travail dans le calme. « Nous avons six mois avant l’inauguration du nouveau gouverneur [en octobre 2017] et nous allons finir notre travail. Nous espérons qu’à l’avenir tout le monde oubliera cette campagne électorale », a-t-il affirmé, en ajoutant qu’il comptait sur Anies Baswedan et son co-listier pour « poursuivre notre œuvre [au service des habitants de la capitale]  ». Ahok n’a pas pour autant annoncé son retrait de la vie politique : « A nos supporters, je dis que nous comprenons que vous êtes déçus, mais c’est ainsi parce que Dieu l’a décidé ainsi. En 2007, j’avais aussi perdu les élections et j’avais dit à mes soutiens : ‘Soyez patients, c’est la volonté de Dieu’. Et vous savez quoi ? En 2024, je peux redevenir gouverneur de Djakarta, on ne sait jamais ! »

Dans l’immédiat, le procès pour blasphème intenté contre Ahok a connu une nouvelle étape ce jeudi 20 avril. Les parties en présence devaient entendre le réquisitoire du ministère public. Estimant que les preuves étaient insuffisantes pour une condamnation au titre de la loi contre le blasphème (passible de cinq ans d’emprisonnement), le procureur a requis une peine de prison d’un an pour « harcèlement envers les oulémas » ; il a aussi demandé deux ans de « mise à l’épreuve », équivalent à une peine de sursis. Les avocats de la défense plaideront le 25 avril, avant un verdict attendu pour la mi-mai.

Source : Eglises d’Asie

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Indonésie – Défaite du candidat chrétien à l’élection de gouverneur de Djakarta

Alors qu’est encore en cours le décompte des bulletins de vote, toutes les projections effectuées sur la base des bureaux de vote ayant déjà remis leurs décomptes concernant le choix du nouveau gouverneur de Djakarta attribuent la victoire avec une large marge au candidat Anies Baswedan, ancien Ministre indonésien de l’Education. La commission électorale ne communiquera pas de résultats officiels avant le début du mois de mai, mais une large victoire se dessine pour lui. Sur la base de ces projections, le gouverneur sortant, Basuki “Ahok” Tjahaja Purnama, chrétien protestant d’origine chinoise, qui était pourtant arrivé en tête au premier tour de ces élections régionales malgré les campagnes de propagande sectaires déchaînées contre lui et le procès dans le cadre duquel il était inculpé pour présumé blasphème, aurait donc été vaincu.

Le ballottage a enregistré lui aussi l’hyperactivité de mouvements radicaux islamistes tels que le Tamasya Al-Maidah, qui avait appelé tous les indonésiens à se rendre à Djakarta pour « faire la garde » aux bureaux de vote au cours des opérations de vote. Pour éviter des formes d’intimidation physique ou psychologique des électeurs, la police avait interdit les rassemblements et mobilisations au cours du scrutin.
Mgr Ignatius Suharyo, archevêque de Djakarta, dans son message de Pâques, se référant au rendez-vous électoral n’avait pas cité explicitement les groupes religieux extrémistes mais, mentionnant certains responsables musulmans indonésiens, il avait répété que l’islam est, lui aussi, une religion de paix et qu’elle rejette la violence. L’archevêque avait invité la population à exercer son droit de vote avec sérénité, rappelant comme priorité la lutte contre la corruption et remerciant le gouvernement pour les efforts faits afin d’assurer un déroulement pacifique aux opérations de vote.
Des analystes catholiques indonésiens considèrent que le profil du nouveau gouverneur de Djakarta, éloigné des positions extrémistes, représente dans tous les cas une garantie et qu’il pourra contribuer à rasséréner le climat, laissant décanter les tensions sectaires qui ont caractérisé la campagne électorale.

Source : Agence Fides

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Indonésie – L’archevêque de Jakarta appelle à voter pour le gouverneur

L’archevêque de Jakarta a lancé un appel à l’occasion du deuxième tour de l’élection du gouverneur de la ville, qui se tiendra le 19 avril 2017. Lors du premier tour, c’est le gouverneur chrétien, jugé pour insulte à l’islam, et candidat à sa réélection qui est arrivé légèrement en tête. L’archevêque Ignatius Suharyo Hardjoatmodjo a appelé tous les catholiques de la capitale indonésienne à aller voter, rapporte l’Osservatore Romano.

Le choix du candidat doit se baser sur sa propre conscience, a rappelé le prélat, ajoutant qu’un « bon vote est une contribution significative à la garantie de l’unité de la République d’Indonésie. » La lettre de l’archevêque appelle aussi au calme pour ne pas agiter le climat électoral, déjà mis à mal par les fortes tensions religieuses.

Source : Radio Vatican

 

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Indonésie – Les adversaires du gouverneur Ahok attisent les tensions religieuses

Le 19 avril prochain, les Indonésiens retournent aux urnes pour le deuxième tour des élections locales dans sept des trente-quatre provinces du pays ainsi que dans 76 districts et 18 municipalités. L’attention est concentrée sur la ville de Djakarta, où le candidat qui est sorti en tête à l’issue du premier tour du 15 février dernier fait face à des attaques répétées sur son appartenance religieuse. Selon bon nombre d’analystes locaux, ces élections, qui se jouent sur le terrain politico-religieux, viennent tester l’identité plurielle et démocratique de l’Indonésie post-Suharto.

Du premier tour, le gouverneur sortant, Basuki Tjahaja Purnama, plus connu sous le nom de « Ahok », est sorti en tête, avec 42,9 % des suffrages et une faible avance sur son rival immédiat, Anies Rasyid Baswedan, qui a réuni 39,9 % des voix. D’origine chinoise et de religion chrétienne, Ahok mène campagne alors qu’il est sous le coup d’une procédure judiciaire pour « insulte à la religion », un chef d’inculpation qui peut lui valoir jusqu’à cinq ans d’emprisonnement. Après une déclaration en septembre dernier sur l’utilisation du Coran à des fins politiques, le gouverneur de Djakarta avait été attaqué en justice par le Front des défenseurs de l’islam, une organisation musulmane radicale bien connue pour sa volonté d’imposer une lecture rigoriste de l’islam au pays.

Musulman mais « infidèle » car allié à Ahok le chrétien

Tandis que la justice suit son cours (on ne s’attend pas à un verdict avant plusieurs semaines), la campagne électorale bat son plein. Et l’on constate que les partisans d’Anies Baswedan n’hésitent pas à user de la carte religieuse pour signifier aux musulmans l’impossibilité pour eux de voter pour un non-musulman. Le 11 mars dernier, des musulmans ont ainsi barré le passage à Djarot Saiful Hidayat, le co-listier d’Ahok. Musulman, ce dernier voulait se rendre dans une mosquée de Djakarta-Est pour y prier ; il s’est vu refuser l’accès au lieu de culte au prétexte qu’il était un « infidèle », du fait de son association politique avec le chrétien Ahok.

Sur les réseaux sociaux, devenus ces dernières années le principal moyen d’information des Indonésiens, des appels circulent pour que les imams interdisent de cérémonie funéraire les musulmans « qui votent pour un dirigeant infidèle ou blasphémateur ». Toujours sur les réseaux sociaux, des messages sont répandus pour dire que ceux qui votent pour un non-musulman n’auront pas accès au paradis.

La répétition de ce genre de messages semble faire son effet. Gouverneur populaire pour s’être attaqué de front à nombre de maux qui étouffent la capitale indonésienne (déficit de logements, insuffisance des infrastructures, corruption endémique, lutte contre les islamistes), Ahok est désormais en deuxième position dans les sondages. Selon Pollster Indonesian Survey Circle, le gouverneur sortant n’est plus crédité que de 40 % des intentions de vote, tandis que son adversaire Anies Baswedan recueille 49 % d’intentions de vote. Un autre sondage, réalisé par Indonesian Survey Institute, donne Ahok à 39,7 % et Baswedan à 46,3 %.

Instrumentalisation de la religion à des fins électoralistes

Selon Bonar Tigor Naipospos, du Setara Institute for Democracy and Peace, ONG qui milite pour les droits de l’homme et la liberté religieuse en Indonésie, la chute d’Ahok dans les sondages indique que la politisation de la religion « a pris racine » dans l’électorat musulman. « Instrumentaliser la religion est la seule manière que les rivaux d’Ahok ont de le battre car le bilan du gouverneur [élu vice-gouverneur en 2012, il est gouverneur de Djakarta depuis 2014] l’a rendu populaire auprès d’une majorité des habitants de la capitale », explique-t-il, ajoutant que bien que 65 % des habitants de la métropole se déclarent satisfaits de son action, ils disent aussi ne pas vouloir de lui pour un deuxième mandat du seul fait qu’il n’est pas musulman.

Pour Usep Ahyar, analyste politique au Populi Center, un think-tank local, il est clair que « de nombreux électeurs sont en train de perdre leur liberté de choix : la peur les domine et ils ne savent pas comment contrer la tactique mise en œuvre par des religieux et les groupes qui combattent Ahok ». Pour autant, l’influence des religieux sur le vote ne doit pas être surestimée, explique-t-il, ajoutant que tout se jouera dans le secret de l’isoloir.

En attendant le 19 avril et le verdict des urnes, face à la pression exercée via les réseaux sociaux, où les « fake news » le disputent aux informations vérifiées, relativement rares sont ceux qui se risquent à dénoncer l’instrumentalisation de la religion dans cette élection. Le P. Yohanes Kristoforus Tara, prêtre franciscain bien connu, anime le centre Justice, Peace and Integrity of Creation ; il dénonce la campagne des opposants à Ahok comme «  la plus ignominieuse des manœuvres politiques menée à des fins communautaristes ». Il fustige en particulier l’appel à interdire l’accès aux cérémonies funéraires. « Il faut rendre la religion à son essence. Rendre à la religion son pouvoir libérateur pour ses adeptes. Sanctuariser les lieux de culte. Et laisser les gens mourir en paix pour se préparer à faire face à Dieu », lance-t-il à l’intention des auteurs de ces manœuvres.

Ahmad Syafii Maarif est un intellectuel musulman reconnu en Indonésie. Président de 1998 à 2005 de la Muhammadiyah, l’une des deux plus importantes organisations musulmanes de masse d’Indonésie, il déplore la tournure prise par la campagne électorale et estime que la religion « est vendue à vil prix ». Il ne cache pas qu’il espère que près de vingt ans après la chute du dictateur Suharto (au pouvoir de 1966 à 1998), la maturité démocratique des électeurs fera qu’ils sauront, le 19 avril, faire la part des choses entre une instrumentalisation de l’islam par les milieux radicaux alliés pour la circonstance aux cercles conservateurs, et la défense d’une société démocratique au sein d’une nation diverse et plurielle.

Source : Eglises d’Asie

Brèves

Indonésie – Première place du candidat chrétien dans le cadre des élections à Djakarta

Malgré une campagne de haine sectaire menée contre lui et le procès pour blasphème dans le cadre duquel il est inculpé, Basuki Tjahaja Purnama dit Ahok, candidat chrétien protestant d’ethnie chinoise, a remporté le premier tour des élections régionales.
Basuki Tjahaja Purnama, par ailleurs gouverneur sortant, a été pris pour cible par différents rassemblements massifs et manifestations organisés dans les rues de Djakarta par des groupes musulmans tels que l’Islamic Defenders Front (FPI). Différents responsables islamiques ont exhorté les électeurs à ne pas élire un non musulman comme gouverneur de la capitale d’un pays à majorité musulmane.
Toutefois Basuki Tjahaja Purnama a survécu aux attaques sectaires lancées contre lui. Les résultats des premiers décomptes du scrutin du 15 février montrent qu’il a été soutenu par un nombre énorme de citoyens de la capitale, dont de nombreux musulmans. Sur la base des projections, différents sondages Basuki Tjahaja Purnama et son vice, Djarot Saiful Hidayat, de religion musulmane, auraient obtenu environ 42 % des voix contre 39 % à Anies Baswedan et Sandiaga Salahuddin et 17 % à Harimurti Yudhoyono et Sylviana Murni.
Attendu que Basuki Tjahaja Purnama ne devrait pas obtenir plus de 50 % des suffrages exprimés, un ballottage sera nécessaire, la Commission électorale l’ayant fixé au 19 avril.
Selon le Père Benny Susetyo, Secrétaire du Setara Institute for Democracy and Peace, centre d’études bien connu de Djakarta, « la victoire d’Ahok est due à son image d’honnêteté et de transparence. Toutefois, la lutte idéologique croissante, qui a été mise en évidence dans le cadre de cette campagne électorale, demeure dangereuse pour l’avenir de la démocratie indonésienne ».
Par ailleurs, Jimmy Leo, laïc catholique, indique que « Les citoyens de Djakarta ont pris part avec enthousiasme au scrutin pour élire leur gouverneur. La majeure partie des personnes nourrit l’espoir d’avoir un gouverneur comme Ahok. Malgré l’accusation de blasphème, de nombreux musulmans ont voté pour lui et le feront de nouveau. Ahok dispose d’un solide soutien parmi la population et nous espérons qu’il remportera le second tour ». « Les habitants de la capitale – ajoute-t-il – apprécient ce qu’Ahok a fait pour la ville alors que certains musulmans ont peur de voter pour lui à cause de la fatwa émise par le Conseil des oulémas indonésiens, qui interdit de voter pour un non musulman ».
Au plan politique, le soutien du candidat exclu du ballottage pourrait maintenant résulter décisif. 

Source : Agence Fides

Asie

Indonésie – Message de l’archevêque de Djakarta en vue des élections du 15 février

Alors qu’est enregistrée dans le pays une tension et une polarisation croissante en vue de l’élection du gouverneur de Djakarta, prévue pour le 15 février, l’archevêque de la ville, Mgr Julius Suharyo, a diffusé un message invitant les fidèles à affronter « avec calme et sérénité la situation actuelle, soutenant tous les efforts promus par le gouvernement pour maintenir la paix » et « exerçant le droit de vote en conscience ».
L’Archevêque souhaite que « les catholiques privilégient avant tout le sens de la nationalité » et cette « diversité » entendue comme « signification positive pour l’intégrité de la République d’Indonésie qui se base sur l’idéologie du Pancasila » (la charte des cinq principes fondamentaux ndlr). Mgr Suharyo invite les fidèles à continuer à prier « afin que Dieu protège toujours notre nation et que les responsables de notre pays aient toujours la sagesse de manière à ce qu’ils puissent construire une société pacifique et prospère ».
Se référant au principe fondamental de l’Etat, à savoir « l’unité dans la diversité », l’archevêque rappelle aux catholiques qu’ils ne doivent pas faire de l’Eglise « le lieu ou l’instrument d’une forme quelconque de campagne politique », invitant d’autre part les fidèles à prier une neuvaine et à réciter le chapelet afin que le candidat chrétien Basuki Tjahaja Purnama, connu aussi sous le surnom de Ahok, puisse sortir vainqueur du scrutin. Il est pour l’heure inculpé de présumé blasphème mais ceci ne l’empêche pas de continuer à mener sa campagne et de participer aux élections.
Ces jours derniers, dans le cadre de l’un des événements de la campagne électorale, le candidat a déclaré : « Nous croyons que Djakarta a besoin d’un responsable honnête. Si le responsable est honnête alors les fonctionnaires auront la même attitude. Par ailleurs, le responsable devrait être transparent et compétent ».
Maxi Paat, laïc catholique travaillant au Secrétariat de la Commission épiscopale pour les Affaires œcuméniques et interreligieuses, déclare « Les catholiques se mêlent aux autres électeurs. Je voterai pour Ahok non pas à cause de ses origines religieuses ou ethniques mais parce qu’il a fourni une excellente preuve de son travail dans le domaine du développement de Djakarta ». Félix Lengkong, Psychologue de l’Université catholique Atma Jaya de Djakarta, remarque que « Ahok est soutenu également par de nombreux musulmans, du moment que nombreux sont ceux qui croient en son honnêteté et dans sa correction ».
Aujourd’hui, 7 février, le candidat chrétien Basuki Tjahaja Purnama a été présent à la IX° audience du procès dans le cadre duquel il est inculpé de blasphème. La plainte déposée contre lui par le groupe radical Islamic Defenders Front remonte au 6 octobre dernier et a pour base son discours du 27 septembre dans lequel le candidat avait cité la sourate al maidah du coran. Après des semaines d’enquête, la police a renvoyé en jugement l’homme politique chrétien pour présumé blasphème.

Source : Agence Fides