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Appel pastoral aux Evêques pour une réaffirmation apostolique de l’Evangile

Dimanche du Bon Pasteur, 22 avril 2018

Votre Éminence ou Monseigneur,

En notre qualité de prêtres ayant reçu le sacrement de l’ordre afin de contribuer aux soins pastoraux du peuple de Dieu, nous nous permettons de vous écrire afin de solliciter votre aide de façon à répondre à une approche erronée de la vie morale chrétienne, à laquelle nous sommes fréquemment confrontés et qui porte un préjudice considérable à ceux qui se laissent égarer par elle. Nous estimons que ce dommage pourrait en grande partie être réparé ou atténué si vous réaffirmiez les enseignements du Christ et corrigiez ces erreurs avec toute l’autorité de votre ministère apostolique. Une telle action profiterait non seulement à ceux qui vous sont confiés en votre qualité d’évêque diocésain, mais aussi, en qualité de Successeur des Apôtres, vous contribueriez grandement à l’unité et au bien de l’Eglise universelle. Notre préoccupation pastorale nous amène à penser qu’en l’absence d’une telle assistance, cette situation préjudiciable va s’aggraver significativement.

Cette approche erronée revient à considérer en substance que les personnes qui commettent des actes objectivement mauvais tout en estimant qu’ils sont quittes de toute culpabilité doivent être permis à recevoir la Sainte Communion. Sous une forme plus développée, elle nie que certains actes soient mauvais dans tous les cas, et prétend que, dans certaines circonstances, ils correspondent au plus grand bien qu’il est possible d’obtenir de manière réaliste, ou en réalité qu’ils sont tous simplement bons. Dans une version plus extrême encore, de tels comportements peuvent être approuvés ou proposés par Dieu. La vie et les enseignements moraux du Christ sont dès lors présentés comme des idéaux abstraits qu’il convient d’adapter afin qu’ils correspondent aux circonstances de notre vie, et non comme des réalités déjà définies afin de nous libérer du péché et du mal en toute occasion.

Alors qu’une telle approche prétend constituer une évolution nouvelle et légitime, l’Eglise a toujours considéré que ces principes étaient contraires à l’Evangile. Au cours du vingtième siècle, elle s’est opposée à ses théories par des enseignements particulièrement vigoureux et précis. Tel fut tout particulièrement le cas au cours des cinquante dernières années depuis l’encyclique Humanae Vitae. Nous estimons que la résurgence récente de cette approche nocive malgré ces efforts ecclésiaux soutenus démontre la nécessité d’une réponse pastorale plus efficace que celle qui peut émaner du seul clergé paroissial ou de l’autorité limitée de déclarations classiques au niveau diocésain ou régional. Telle est la raison pour laquelle nous vous demandons d’exercer votre pleine autorité apostolique par une réaffirmation officielle de l’Evangile et une correction de ces erreurs. Ceci offrirait à l’ensemble de l’Eglise un témoignage apostolique, seul capable de soutenir et de guider le clergé et les laïcs dans sa mission urgente de venir en aide à ceux qui ont été lésés et de développer des initiatives pastorales authentiques visant à s’ouvrir au monde.

Nous sommes bien conscients que l’exercice de l’autorité apostolique et ses modalités d’expression relèvent de la décision de chaque évêque. En tant que prêtres, nous souhaitons, dans un esprit fraternel et filial, soumettre à votre examen les affirmations suivantes de l’Evangile, centrées sur dix points essentiels que nous espérons vous voir affirmer officiellement. Nous vous prions de bien vouloir les recevoir comme témoignage de la Foi que nous professons en communion avec le Collège des Evêques et à sa tête, l’Evêque de Rome :

1) Dieu est amour. Il a tout arrangé pour notre bien et nous a appelés à partager sa vie divine en Christ. Par conséquent, Dieu est absolument opposé au mal, au péché (à savoir le fait d’embrasser el mal volontairement et en plein connaissance de cause) et au préjudice dont ils sont la cause. Par suite, si Dieu peut choisir de tolérer la présence du mal et du péché, il ne les propose ou ne les approuve jamais.

2) Le Christ permet dans tous les cas aux Chrétiens vivant à demeure en communion avec Dieu (à savoir en état de grâce) de rester fidèles en évitant de choisir le mal volontairement et en pleine connaissance de cause ; ils sont dès lors coupables de tous les péchés qu’ils commettent (voir I Jn. 5:18 et Jas 1:13-15). Ceci est vrai même lorsque la fidélité impose la souffrance, la privation ou la mort, car ce qui est humainement impossible est possible avec le concours de la grâce divine (voir Mt 19:26 et Sir 15:15). La fidélité au Christ et à ses enseignements est dès lors un but réaliste et accessible, et non un idéal abstrait qu’il convient d’adapter aux circonstances de la vie.

3) Des Chrétiens en communion avec Dieu peuvent souffrir de leur propre ignorance ou d’obstacles limitant leur liberté dans une mesure suffisante pour réduire ou complètement éliminer leur culpabilité s’ils commettent un acte mauvais spécifique. Quoique ce qu’ils font soit en réalité (c’est-à-dire objectivement) mauvais et nuise dès lors aux autres et à eux-mêmes de diverses façons, ils peuvent personnellement (c’est-à-dire subjectivement) n’être coupables d’aucun péché et rester moralement indemnes.

4) Les Chrétiens qui commettent le mal sans culpabilité restent en communion avec Dieu, mais se trouvent pris au piège de situations effectivement nocives qui les empêchent de partager pleinement la vie abondante que Jésus est venu leur apporter. La tâche de l’Eglise consiste à les aider à guérir et à les libérer en apportant pleinement la grâce et la vérité de son Evangile.

5) La conscience constitue la norme immédiate de conduite, mais non la voix infaillible de Dieu. Elle peut se méprendre en raison d’une déformation innocente ou de distorsions résultant de péchés antérieurs. Dans ce dernier cas, celui qui suit sa conscience ou se juge quitte de toute culpabilité peut néanmoins s’être rendu coupable d’un péché. En raison de ces limitations, il y a besoin de conformer les jugements subjectifs à l’Evangile enseigné par le Christ et sans cesse proclamé par lui dans le témoignage apostolique authentique de l’Eglise (par exemple par le Magistère Ordinaire et Extraordinaire).

6) Le mariage est une alliance établie volontairement et en pleine connaissance de cause avec la considération et la maturité nécessaires par un homme et une femme libres de se marier. Il s’agit là d’une union exclusive qui ne peut être dissoute par aucune puissance humaine ni par aucune cause, si ce n’est le décès de l’un des conjoints. L’union sponsale du Christ et de l’Eglise constitue le fondement de ce lien conjugal tant dans la nature humaine que dans le Sacrement du Mariage (voir Gen 2:24 ; Mt 19:3-6 ; Eph 5:32 ; and II Tim 2:13).

7) Activité sexuelle hors mariage est en toute circonstance un mal grave. Le choix coupable de ce mal grave est un péché mortel qui, comme tous les péchés mortels, met un terme à la communion avec Dieu.

8) Afin de recevoir la Sainte Communion, les Chrétiens qui se reconnaissent coupables d’un péché mortel doivent avoir une contrition réelle de leurs péchés, et notamment la résolution d’éviter tout péché futur. Par ailleurs, ils doivent normalement recevoir au préalable le Sacrement de Pénitence et de Réconciliation.

9) La Réception de la Sainte Communion ne peut se réduire à un acte privé fondé sur un jugement subjectif d’innocence, car elle est témoignage d’une adhésion publique à la foi et à la vie communes de l’Eglise. Quelle que soit leur culpabilité, on peut à bon droit s’attendre à ce que ceux qui continuent à commettre un acte objectivement mauvais après avoir appris que leur jugement ou leur comportement est contraire au témoignage apostolique de l’Eglise s’abstiennent de recevoir la Sainte Communion ou exiger d’eux une telle abstention. Cette discipline ecclésiale est un moyen pastoral de les amener à reconnaître le mal et à y renoncer, de façon ce qu’ils en soient libérés et puissent partager plus pleinement la vie abondante du Christ. Cette approche reflète l’enseignement de Jésus et des Apôtres, qui ont fondé la discipline ecclésiale sur le échec objective de accorder à la vie de l’Eglise et non sur un jugement de culpabilité (voir Mt 18:17 ; I Cor 5:11-13 ; Gal 1:9 ; et I Jn 4:6). La Sainte Communion peut également être retenue afin d’éviter d’induire des tiers en erreur en ce qui concerne la foi et la vie dans l’Evangile (à savoir de ne pas susciter de scandale, voir Mt 18:6).

10) La Réception de la Sainte Communion dans des cas spécifiques par des personnes qui se sont remariées après un divorce dépend de la réalité objective du lien de leur premier mariage et de la nécessité d’éviter le péché et le scandale public, et non uniquement de leur intention privée d’éviter toute activité sexuelle future, de leur évaluation subjective de leur relation actuelle ou de leur jugement subjectif de leur innocence liée à leur activité sexuelle dans le cadre de cette relation (voir Mt 5:32).

En lançant notre appel, nous souhaiterions vous encourager à ne pas sous-estimer la valeur pastorale du soutien apostolique et de l’orientation que vous pouvez fournir à l’Eglise universelle, même en tant qu’évêque individuel. Comme prêtres, nous sommes profondément conscients que de nombreux clercs et laïcs ont été à ce point affectés par des mentalités séculières et par la fausse théologie morale des dernières décennies qu’ils en sont désormais venus à considérer que le témoignage apostolique de l’Eglise était idéaliste ou démodé, voire cruel. En conséquence, ils perçoivent par erreur que les affirmations pastorales de ce témoignage ne sont que des abstractions, des preuves de légalisme ou encore des condamnations personnelles. Ceci est extrêmement douloureux pour toutes les personnes concernées. Une telle expérience peut être décourageante pour les prêtres et peut nous amener à éviter d’offrir une présentation claire et authentique de l’Evangile. Nous sommes toutefois bienheureux de connaître de nombreux clercs et laïcs dont les vies ont été transformées pour avoir embrassé les enseignements du Christ, même lorsque ceci impliquait une souffrance. Ils se réjouissent désormais du témoignage de l’Eglise qui leur semblait autrefois irréaliste ou hostile. En parallèle, ils éprouvent un profond sentiment de douleur et de trahison en voyant défendre des erreurs qui laissent d’autres frères et sœurs prisonniers de situations dommageables similaires à celles qu’ils ont connues. Ils retrouvent néanmoins l’espoir et nous offrent des encouragements en nous rappelant qu’ils ont été libérés par le pouvoir de la grâce et de la vérité du Christ opérant grâce au témoignage sans ambiguïté et aimant d’un prêtre ou d’un laïc animé par la charité. Il n’en est que plus vrai que le témoignage personnel d’un évêque, exprimé avec le souci pastoral et la pleine autorité d’un Successeur des Apôtres donnerait au Christ un moyen efficace de rassembler, aider et guider son peuple.

Nous vous remercions d’avoir eu la courtoisie de prendre en compte le présent appel.

Nous prions pour que Dieu vous soutienne à Son service et nous vous demandons votre bénédiction.

Vos frères dans le ministère sacerdotal et apostolique :

Pour une liste actuelle des signataires, voir

http://www.curapastoralis.org/view.php

Exposé explicatif sur l’Appel Pastoral à l’intention des Prêtres et autres personnes intéressées

A l’intention des prêtres : Nous vous remercions de bien vouloir envisager de signer le présent Appel et d’en adresser une copie à votre évêque (voir www.curapastoralis.org). En tant qu’acte pastoral et de témoignage sacerdotal du Christ et de son Evangile, cet Appel exige un engagement personnel, et non l’anonymat. Par ailleurs, nous ne pouvons à raison rester dans l’anonymat alors que nous demandons à nos évêques de poser un acte public.

Les prêtres signataires de ce document se sont engagés dans un effort pastoral, et non dans une initiative politique. Ils agissent en leur nom propre, et non en tant que membres d’un groupe ou d’un mouvement au sein de l’Eglise. Nous leur demandons, à l’occasion des discussions consacrées au présent Appel, de préciser qu’ils interviennent à titre personnel, et non pour le compte des autres signataires.

Nous reconnaissons que certains prêtres, tout en marquant leur accord sur les préoccupations fondamentales et les affirmations de l’Evangile exprimées dans cet Appel, choisissent de ne pas le signer pour des raisons prudentielles. Nous sollicitons le bénéfice de leurs prières.

Raison d’être : Le présent Appel est fondé sur deux observations de fait et sur un jugement pastoral qui en découle. Les faits sont les suivantes : 1) le problème pastoral et le préjudice graves causés par la résurgence d’une approche nocive et longtemps rejetée de la vie morale chrétienne ; et 2) le caractère inadéquat des efforts ecclésiaux, passés et actuels, tendant à mettre un terme à cette approche fausse. Notre jugement pastoral nous amène à considérer qu’en raison de cette histoire, nous avons besoin d’une correction formelle de ces erreurs et d’une réaffirmation de l’Evangile exprimée avec toute l’autorité du ministère apostolique ; sans cela, une situation déjà dommageable ne manquera pas de s’aggraver significativement.

Il est essentiel de noter que cette approche dommageable n’est pas nouvelle et que ses principes ont été corrigés de manière répétée et précise par l’Eglise. En conséquence, l’assistance pastorale que nous sollicitons dans cet appel n’exigerait pas de spéculations de la part d’un évêque, mais qu’il emploie l’ensemble de son autorité apostolique afin de réaffirmer les enseignements du Christ et la correction de ces erreurs par l’Eglise. Cette forme de témoignage apostolique du Christ et de l’Evangile se révèle d’une efficacité unique mettre pour un terme au dommage causé par l’erreur, car elle a été instituée et ordonnée par Dieu afin d’apporter sa grâce et la vérité aux hommes et les rassembler dans la foi et la vie de l’Eglise (voir Luc 10:16 ; Matthieu 28:18-20 ; Actes 2:42 ; I Thes. 2:13).

Buts : En notre qualité de prêtres répondant au préjudice créé par cette approche, nous souhaitons : 1) rendre un témoignage public du Christ et de ses enseignements, en conseillant ainsi ceux qui sont dans le doute ou qui ont été égarés et en apportant notre solidarité à ceux qui restent fidèles à l’Evangile dans des circonstances difficiles, et des encouragements à nos frères prêtres afin qu’ils puissent exercer leur ministère avec compassion et persévérance, en prêchant l’Evangile authentique, plutôt que de céder à l’impatience, la passivité ou l’ambiguïté délibérée ; 2) d’attirer l’attention sur les efforts déployés pendant des décennies récentes par l’Eglise afin de réparer ce préjudice en corrigeant ces erreurs ; 3) de demander, au vu du caractère inadéquat de ces efforts passés, que chaque évêque envisage de faire usage de toute son autorité apostolique afin de réaffirmer l’Evangile et de réfuter ces erreurs 4) et de présenter, de manière fraternelle et filiale, nos préoccupations pastorales et notre appel.

Style et portée : La langue utilisée est pastorale et religieuse, mais évite le recours à une terminologie théologique et canonique spécialisée. Ceci traduit notre souci essentiel qui, tout en portant sur des questions de doctrine, met avant tout l’accent sur la nécessité d’apporter en temps utile une assistance efficace aux personnes blessées par cette approche nocive de la vie chrétienne. Nous estimons également que le style de cet Appel correspond à son caractère filial et fraternel.

Les dix affirmations de l’Evangile présentes dans cet Appel sont des expressions positives de la foi catholique. Elles s’adressent aux enjeux fondamentaux soulevés par cette approche erronée, non à fournir une analyse ou une réfutation exhaustive de celles-ci.

Texte et Traductions : Le texte officiel anglais de l’Appel et ses traductions autorisées sont disponibles sur le site http://www.curapastoralis.org/

 

Source : France catholique

A la une #Tribunes et entretiens

L’Eglise en Occident est obsédée par les divorcés et l’accueil des homosexuels

Dans un entretien accordé à la radio publique autrichienne ORF, [le cardinal nigérian John Onaiyekan] dit son « étonnement » de voir l’Eglise d’Occident obsédée par le cas des divorcés remariés et de l’accueil aux homosexuels plutôt que de prendre conscience de son grand problème, celui des églises vides.

Et de souligner que l’Europe se laïcise de plus en plus et que beaucoup de gens ne viennent plus du tout dans les lieux de culte, alors qu’au Nigéria, l’Eglise catholique est en pleine croissance.

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NLQ #Points non négociables PNN

Une prophétie de Jean-Paul II : les prêtres auraient à souffrir s’ils exprimaient leur opposition au remariage et à la contraception

LifeSite vient d’attirer l’attention sur un discours fait par Jean-Paul II aux prêtres sur le thème de la « procréation responsable » en 1984, dans lequel il les avertissait en termes prophétiques des difficultés qu’ils auraient à souffrir s’ils rappelaient avec constance l’enseignement de l’Eglise sur le mariage, le remariage et la contraception, invoquant naturellement l’encyclique Humanae vitae et les questions de conscience qui aujourd’hui sont disputées jusqu’au sein de l’Eglise. Sans doute le pape de Familiaris consortio et de la « théologie du corps » n’imaginait-il pas le tour que prendraient les événements alors que l’affirmation de la doctrine traditionnelle de l’Eglise sur la morale conjugale est aujourd’hui relativisée jusque dans des documents romains.

Il est donc utile de revenir vers cet enseignement qui éclaire l’actualité en pointant toutes les difficultés liées à ces exigences, mais qui affirme de manière éclatante la beauté et la nécessité de la vérité.

 

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Conférences/Formations #NLQ

Rencontre Chemin d’Espérance 16 : Réalités et défis de nos familles à Angoulême (16) le 24 mars 2018

Une rencontre samedi 24 mars de 14h30 à 17h pour comprendre et faire vivre nos familles, l’Exhortation Apostolique “Amoris Laetitia” (La Joie de l’Amour) nous parle de nos familles, de nous tels que nous sommes et peut être un support concret pour cheminer.

Samedi 24 mars 14:30-17:00
Maison diocésaine – salle St Ausone – 226 rue de Bordeaux – Angoulême

 

‘‘Où en sont réellement les enfants sur leur chemin ?

§ 261 « […] On ne peut pas avoir sous contrôle toutes les situations qu’un enfant pourrait traverser. Ici, vaut le principe selon lequel « le temps est supérieur à l’espace ». C’est-à-dire qu’il s’agit plus de créer des processus que de dominer des espaces. Si un parent est obsédé de savoir où se trouve son enfant et de contrôler tous ses mouvements, il cherchera uniquement à dominer son espace. De cette manière, il ne l’éduquera pas, ne le fortifiera pas, ne le préparera pas à affronter les défis. Ce qui importe surtout, c’est de créer chez l’enfant, par beaucoup d’amour, des processus de maturation de sa liberté, de formation, de croissance intégrale, de culture d’une authentique autonomie. C’est seulement ainsi que cet enfant aura en lui-même les éléments nécessaires pour savoir se défendre ainsi que pour agir intelligemment et avec lucidité dans les circonstances difficiles. […]. Par conséquent, les questions que je pose aux parents sont : « Essayons-nous de comprendre ‘‘où’’ en sont réellement les enfants sur leur chemin ? Où est réellement leur âme, le savons-nous ? Et surtout, cela nous intéresse-t-il de le savoir ? »

“Cheminons… Continuons… Ne désespérons pas, ne renonçons pas”

§ 325. […] comme nous l’avons rappelé plusieurs fois dans cette Exhortation, aucune famille n’est une réalité céleste et constituée une fois pour toutes, mais la famille exige une maturation progressive de sa capacité d’aimer […]. Tous, nous sommes appelés à maintenir vive la tension vers un au-delà de nous-mêmes et de nos limites, et chaque famille doit vivre dans cette stimulation constante. Cheminons, familles, continuons à marcher ! Ce qui nous est promis est toujours plus. Ne désespérons pas à cause de nos limites, mais ne renonçons pas non plus à chercher la plénitude d’amour et de communion qui nous a été promise.

Des questions pour préparer notre rencontre :

  • Quelles sont les ressources dont je dispose pour m’aider dans mon métier de parent, grand parent, éducateur… ?
  • Quelles sont mes attentes ? Avec qui ?
  • La réalité familiale est faite de milliers de gestes réels et concrets. De quelle manière je vis cela dans ma vie de famille

Pour approfondir notre échange autour des questions, nous nous appuierons sur l’Evangile de Luc 2, 41-52 : Jésus au temple.

Chaque année, les parents de Jésus se rendaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque.
Quand il eut douze ans, ils montèrent en pèlerinage suivant la coutume.
À la fin de la fête, comme ils s’en retournaient, le jeune Jésus resta à Jérusalem à l’insu de ses parents.
Pensant qu’il était dans le convoi des pèlerins, ils firent une journée de chemin avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances.
Ne le trouvant pas, ils retournèrent à Jérusalem, en continuant à le chercher.
C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi : il les écoutait et leur posait des questions, et tous ceux qui l’entendaient s’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses.
En le voyant, ses parents furent frappés d’étonnement, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme ton père et moi, nous avons souffert en te cherchant ! »
Il leur dit : « Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? »
Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait.
Il descendit avec eux pour se rendre à Nazareth, et il leur était soumis. Sa mère gardait dans son cœur tous ces événements.
Quant à Jésus, il grandissait en sagesse, en taille et en grâce, devant Dieu et devant les hommes.

En savoir plus

Contact : chemindesperance@gmail.com
06 62 00 85 64 – 05 45 21 44 12 ou 06 82 10 86 89

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Humanae vitae en danger ? Attaque et contre attaque dans les coulisses de la Curie

Le siège contre l’encyclique « Humanae vitae » de Paul VI datant de 1968 vient de connaître ces derniers jours deux nouveaux assauts. Mais également une vigoureuse contre-attaque.

Le premier assaut vient du cardinal Walter Kasper qui vient, dans un livret, de faire l’éloge du « changement de paradigme » inauguré par le Pape François avec l’exhortation « Amoris laetitia ». Un changement de paradigme – écrit Kasper – qui ne se limite pas à autoriser la communion aux divorcés remariés mais qui selon lui pourrait également légitimer la contraception.

Le second vient du journal des évêques italiens “Avvenire” qui vient de publier un commentaire alambiqué d’un très beau livre qui vient de sortir sur la genèse de “Humanae vitae” contenant de nombreux documents inédits de la correspondance de Jean-Paul II. Malgré la qualité de l’ouvrage, Avvenire tente de faire passer Jean-Paul II pour un fondamentaliste rigide qui aurait fait pression sur un Paul VI ouvert.

Face à ces deux interprétations malhonnêtes, Luigi Melina, Melina, l’ancien président de l’Institut pontifical Jean-Paul II d’études sur le mariage et la famille, remet les pendules à l’heure.

 

 

On entend aujourd’hui parler d’un « changement de paradigme » historique qu’il faudrait appliquer à la morale sexuelle catholique. Dans le but de l’imposer, on est en train de se livrer à une tentative discutable de relecture historique qui oppose les personnages de Paul VI et de Jean-Paul II, voyant dans le second un traditionnaliste rigide et intransigeant qui aurait compromis l’attitude ouverte et flexible du premier.

En réalité, cette falsification grossière et arbitraire ne vise qu’à faciliter une manipulation idéologique du magistère du Pape Paul VI. La mise entre parenthèses de l’enseignement de Saint Jean-Paul II sur la théologie du corps et sur les fondements de la morale, de ses catéchèses et de « Veritatis splendor » au nom du nouveau paradigme pastoral du discernement au « cas par cas » ne nous fait faire aucun pas en avant, au contraire, il nous fait reculer vers le casuistique, avec le désavantage que celle-ci était au moins soutenue par un solide contexte ecclésial et culturel de vie chrétienne tandis qu’aujourd’hui elle ne pourrait qu’aboutir en une totale subjectivisation de la morale.

Le Pape François a récemment approuvé la publication de la part de la Congrégation pour la doctrine de la foi de la lettre « Placuit Deo », qui met entre autre en garde contre une résurgence du néo-gnosticisme. Ne serait-ce pas cela le venin qui se cache derrière ces soi-disant relectures et actualisations de « Humanae vitae » qui, en prétendant dépasser la lettre voudraient pour en atteindre l’esprit ou qui, en niant avec suffisance sa pertinence normative (« le problème de ‘Humanae vitae’ ce n’est pas oui ou non à la pilule ») en exalte une vague dimension prophétique anthropologique creuse, une affirmation de valeurs ensuite laissées à l’interprétation subjective, en fonction des circonstances ?

A l’opposé de ces tendances le livre de Pawel Galuszka est un puissant remède qui nous permet de respirer la bonne théologie morale de Karol Wojtyla, qui a été le fils fidèle et dévoué de Paul VI avant de lui succéder sur la chaire de Saint Pierre.

Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.

Luigi Melina

 

 

Source Diakonos.be

Tribunes et entretiens

Amoris laetitia – Le cardinal Eijk pointe du doigt les dangers de la confusion engendrée aux Pays-Bas et dans le monde

Nous continuons de donner la parole au débat sur Amoris Laetitia. Aujourd’hui l’avis du cardinal Eijk.

 

Il ne fait pas partie des quatre cardinaux qui avaient soumis leurs « dubia » au Pape François en 2016.

Pourtant, il épouse pleinement leur cause quand il dit que « la source de la confusion, c’est l’exhortation post-synodale ‘Amoris laetitia’ » et qu’il ajoute ensuite  : «  C’est pour cela que je serais ravi si le Pape pouvait faire la clarté sur ce point, de préférence sous la forme d’un document magistériel   ».

À 65 ans, ce médecine et théologien hollandais expert en bioéthique est archevêque d’Utrecht depuis 2007. Il a présidé jusqu’en 2016 la Conférence épiscopale des Pays-Bas.  Le cardinal Willem Jacobus Eijk n’est pas du genre à garder sa langue dans sa poche.

Il a toujours combattu au grand jour les thèses favorables à la communion aux divorcés remariés, avant, pendant et après les deux synodes sur la famille.

Il a fait partie des onze cardinaux qui, pendant l’été 2015, s’étaient publiquement prononcés dans un livre en faveur de la doctrine de toujours.

C’est également l’un des treize cardinaux qui avaient écrit au pape, au début de la seconde session du synode, cette lettre qui l’avait mis en colère, pour défendre la liberté et la justesse des débats synodaux.

Il est aujourd’hui l’un des plus ardents critiques de la confusion provoquée par  Amoris laetitia , comme on peut le voir dans l’interview que nous reproduisons ci-dessous et qui constitue la partie finale d’un entretien avec Lorenzo Bertocchi parue dans le numéro de mars du mensuel italien « Il Timone ».

Dans un autre passage de cette interview, le cardinal Eijk décrit et dénonce la pente glissante, « the slippery slope », qui dans plusieurs pays, à commencer par la Hollande, mène à une légalisation et à une acceptation de plus en plus généralisée et à des niveaux de plus en plus extrêmes, de l’euthanasie, des mariages homosexuels, de l’idéologie du « gender », avec une Eglise catholique à son tour traversée par une crise de foi qui la rend aveugle face au danger.

Mais voici comment il considère précisément la crise générée par « Amoris laetitia », une crise qui « est en train de briser l’Eglise » sans que jamais une parole clarificatrice ne parvienne de la chaire de Pierre.

Eminence, que pensez-vous de la question controversée de l’accès aux sacrements pour les couples de divorcés remariés ? 

– La question de savoir si l’on peut autoriser les soi-disant divorcés-remariés civilement à recevoir l’absolution sacramentelle et donc l’Eucharistie est en train de briser l’Eglise.  On assiste à un débat, parfois assez virulent, à tous les niveaux, entre cardinaux, évêques, prêtres et laïcs.  La source de cette confusion, c’est l’exhortation post-synodale « Amoris laetitia », rédigée par le Pape François en conclusion du synode sur la famille de 2014 et de 2015.

Cette confusion concerne surtout le numéro 305 de l’exhortation.  On observe que certaines conférences épiscopales ont introduit des règles pastorales qui impliquent que les divorcés-remariés puissent être admis à la communion sous une série de conditions et au terme d’un parcours de discernement pastoral de la part du prêtre qui les accompagne.  En revanche, d’autres conférences épiscopales l’excluent.  Or, ce qui est vrai à un endroit A ne peut pas être faux à un endroit B.  Ces interprétations différentes de l’exhortation, qui portent sur des questions doctrinales, causent la confusion chez les fidèles.  Je serais donc ravi si le Pape pouvait faire la clarté sur ce point, de préférence sous la forme d’un document magistériel.

Ayant moi-même participé aux deux synodes sur la famille, j’ai défendu le fait que l’on ne pouvait pas permettre aux divorcés civilement remariés de recevoir la communion.  Je l’ai également écrit dans un article publié dans l’intervalle entre les deux synodes dans un livre contenant les interventions de onze cardinaux.

Pourriez-vous brièvement expliquer votre position ?

– Jésus lui-même nous dit que le mariage est indissoluble.  Dans l’Evangile selon Matthieu (19, 9, cf. 5, 32), il semble admettre une exception, c’est-à-dire que l’on pourrait répudier sa propre femme « en cas d’union illégitime ».  Cependant, le sens du mot grec « porneia » que l’on traduit ici par « union illégitime », est incertain : il signifie très probablement une union incestueuse à cause d’un mariage entre niveaux de parentés interdits (cfr. Lv 18, 6-18, Ac 15, 18-28).

L’argument fondamental, c’est que l’on ne peut pas autoriser aux divorcés-remariés de recevoir la communion sur base de l’analogie entre le rapport entre mari et femme et celui entre le Christ et l’Eglise (Ep. 5, 23-32).  Le rapport entre le Christ et l’Eglise est un don mutuel total.  Le don total de Christ à l’Eglise se réalise dans le don de sa vie sur le croix.  Ce don total est rendu présent dans le sacrement de l’Eucharistie.

Donc, celui qui participe à l’Eucharistie doit être prêt à un don total de lui-même qui s’inscrit dans le don total de l’Eglise au Christ.  Celui qui divorce et se remarie civilement, alors que le premier mariage n’a pas été déclaré nul, viole le don mutuel total que ce premier mariage implique.  Le second mariage civil n’est donc pas un véritable mariage.  Le fait de violer le don total du premier mariage qu’il faut encore considérer comme valide et l’absence de la volonté de s’en tenir à ce don total rend la personne en question indigne de participer à l’eucharistie qui rend présent le don total de Christ à l’Eglise.  Ceci n’empêche cependant en rien les divorcés-remariés de participer aux autres célébrations liturgiques, y compris à l’Eucharistie, sans recevoir la communion, ni que les prêtres les accompagnent pastoralement.

Dans le cas où les divorcés civilement remariés ne peuvent pas se séparer, par exemple à cause de leurs obligations envers leur enfants, ils ne peuvent être admis à la communion et au sacrement de la réconciliation que s’ils répondent aux conditions mentionnées au numéro 84 de « Familiaris consortio » et au numéro 29 de « Sacramentum caritatis ».  L’une de ces conditions, c’est qu’ils doivent s’engager à vivre comme frère et sœur, c’est-à-dire s’abstenir d’avoir des rapports sexuels.

Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.

Source

 

Pour y voir plus clair dans ce débat notre dossier

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Le cardinal Müller met en garde contre une modernisation suicidaire de l’Eglise

Depuis plusieurs mois la Curie est en ébullition et les cardinaux se livrent à l’occasion d’un interview, d’une conférence ou d’une homélie, à des “confidences publiques” dont chacun est libre de penser ce qu’il veut, mais qui traduisent en tout cas un malaise grandissant au plus haut niveau de notre Eglise.

 

Au cours d’une récente conférence sur l’Encyclique “Veritatis Splendor” de Saint Jean-Paul II donnée dans le cadre de la Conférence des évêques Slovaquie et de l’Université Comenius de Bratislava, le cardinal Gerhard Müller a déclaré que « séparer l’enseignement dogmatique de l’enseignement moral revenait à transformer l’Eglise en une ONG soumise à ceux qui ne prétendent qu’à l’amélioration des conditions de vie ici-bas. » dans le monde intérieur. Et le cardinal d’ajouter qu’une telle façon de faire était « suicidaire » dans la mesure où l’on trompe les fidèles en les empêchant d’avoir accès à la vérité divine.

Interrogé sur “Amoris laetitia”, l’ancien préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi a répondu qu’il déplorait les différentes interprétations que font les Conférences épiscopales du document de François : « Pour ce qui touche aux questions dogmatiques, il ne saurait y avoir de pluralisme. Ainsi, le huitième chapitre d’“Amoris laetitia” doit être compris d’une façon “orthodoxe”. Par conséquent, ceux qui vivent en état de péché mortel ne peuvent pas recevoir la communion eucharistique. »

Enfin, le cardinal a révélé qu’il avait dit lui-même au pape François que « si les conférences des évêques donnent des interprétations différentes d’“Amoris laetitia”, alors l’Eglise sera dans une situation similaire à celle que connaissent les communautés issues de la Réforme. » Et au passage, il a ajouté qu’« on ne peut pas célébrer la Réforme qui a conduit à la division de l’Eglise. »

Source : “Tagespost”.

traduction

 

 

A la une #NLH #Tribunes et entretiens

L’Eglise catholique serait-elle en train de se protestantiser ?

 

Dans une tribune donnée pour le FigaroVox, Aline Lisotte, dénonce sans concession les ambiguïtés du synode sur la Famille.

Extraits

 

On veut donner plus de place, désormais, aux circonstances. Or la distinction classique montre qu’il y a des actes moraux qui sont objectivement graves.

 

Or, et c’est là le fond du problème, la condition de commettre, ou de ne pas commettre un adultère, ne dépend pas uniquement des conditions intérieures du jugement de conscience mais elle dépend de la validité, ou de la non validité du premier mariage.

L’Église peut évoluer sur des questions qui découle de son droit propre. Ainsi elle évolue sur beaucoup de questions : réformes liturgiques, réforme de la pénitence pendant le carême, réforme sur les fêtes de préceptes, reforme sur l’état clérical, reforme sur l’exercice de l’autorité dans l’Église (collégialité), reforme de procédures sur les demandes de décret de nullité du mariage, réforme sur les vœux de religion. Depuis Vatican II, on a vu s’abattre une somme de réformes qui ont façonné de façon directe notre comportement extérieur vis-à-vis de Dieu et notre agir communautaire envers nos frères. Les réformes ont d’ailleurs été tellement importantes qu’il a fallu réécrire et promulgué une nouveau Droit Canon (1983).

Mais il y a des domaines qui ne sont pas du droit de l’Église. D’abord parce qu’aucun Pape n’a fondé et ne fonde l’Église. C’est toujours Jésus-Christ qui bâtit son Eglise. Ensuite parce que le Christ a laissé à l’Église des moyens de participer à sa vie, à sa prière, à son mystère de salut, moyens qui sont liés à sa volonté : ce sont les sacrements et leur substance sur lesquels l’Église n’a aucun pouvoir. Il faut toujours de l’eau pour baptiser ; il faut toujours du pain et du vin pour une consécration eucharistique ; il faut toujours une accusation orale des péchés – on ne peut faire cela par correspondance ou par internet – pour recevoir le sacrement de la Réconciliation. Enfin il faut toujours que l’homme quitte son père et sa mère et s’attache à sa femme, pour qu’un consentement matrimonial ait valeur de sacrement. Cette substance sacramentelle n’appartient pas à l’Église.

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Amoris- Laetitia – Le cardinal Wim Eijk demande que le pape François mette fin aux « doutes »

Dans un entretien avec le quotidien néerlandais Trouw, l’archevêque d’Utrecht, le cardinal Wim Eijk vient d’appeler le pape François à apporter de la « clarté » face aux « doutes » semés par l’exhortation post-synodale Amoris Laetitia à propos de l’accès à la communion pour les divorcés « remariés ». S’il s’efforce d’affirmer, dans cet entretien paru vendredi dernier, que le pape n’a « jamais, nulle part » déclaré que ces couples pouvaient recevoir le sacrement de pénitence et de l’Eucharistie, il emploie tout de même des mots qui ont été ceux de nombreux évêques, universitaires et théologiens, mais aussi ceux des quatre cardinaux des « Dubia » demandant au pape François de faire la lumière sur cette question, sans jamais recevoir de réponse.

Le cardinal Wim Eijk, connu pour ses positions fidèles à la tradition de l’Eglise en matière de morale familiale et conjugale, avait déclaré à l’issue des deux synodes sur la famille que l’Eglise catholique ne saurait modifier son enseignement traditionnel sur le refus de la communion aux couples divorcés « remariés », assurant alors que le pape ne changerait pas la doctrine à cet égard.

Le cardinal Wim Eijk reconnaît l’existence de « doutes » semés par Amoris Laetitia

 

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Conférences/Formations #NLQ

Rencontre Chemin d’Espérance 16 : Le Pardon – Angoulême (16) le 13 janvier 2018

 

 

S’ouvrir à un avenir, et envisager éventuellement le Pardon.

L’Exhortation Apostolique “Amoris Laeitita” (La Joie de l’Amour) nous accompagnera dans ce thème du pardon, régulièrement revisité à la demande du groupe.

  • Samedi 13 janvier 14:30-17:00 – Maison Paroissiale de St Cybard – 4 impasse Weiller- 16000 Angouleme Contact : 06 62 00 85 64 – 05 45 21 44 12 ou 06 82 10 86 89

Le pardon dans Amoris Laetitia

§ 105. Ne pas être impitoyable devant les erreurs de l’autre et laisser venir une soif de vengeance :
« Si nous permettons aux mauvais sentiments de pénétrer nos entrailles, nous donnons lieu à cette rancœur qui vieillit dans le cœur. La phrase logizetai to kakón signifie ‘‘prend en compte le mal’’, ‘‘en prend note’’ c’est-à-dire est rancunier. Le contraire, c’est le pardon, un pardon qui se fonde sur une attitude positive, qui essaye de comprendre la faiblesse d’autrui et cherche à trouver des excuses à l’autre personne, comme Jésus qui a dit : « Père, pardonne-leur : ils ne savent ce qu’ils font » (Lc 23, 34). Mais généralement la tendance, c’est de chercher toujours plus de fautes, d’imaginer toujours plus de méchanceté, de supposer toutes sortes de mauvaises intentions, de sorte que la rancœur s’accroît progressivement et s’enracine. De cette manière, toute erreur ou chute du conjoint peut porter atteinte au lien amoureux et à la stabilité de la famille. Le problème est que parfois on donne la même gravité à tout, avec le risque de devenir impitoyable devant toute erreur de l’autre. La juste revendication de ses propres droits devient une soif de vengeance persistante et constante plus qu’une saine défense de la dignité personnelle. »

§ 106. Un pardon difficile qui suppose un grand esprit de sacrifice et de recherche de la communion familiale qui passe par la compréhension, la tolérance, le pardon :
« Quand on a été offensé ou déçu, le pardon est possible et souhaitable, mais personne ne dit qu’il est facile. La vérité est que ‘ seul un grand esprit de sacrifice permet de sauvegarder et de perfectionner la communion familiale. Elle exige en effet une ouverture généreuse et prompte de tous et de chacun à la compréhension, à la tolérance, au pardon, à la réconciliation. Aucune famille n’ignore combien l’égoïsme, les dissensions, les tensions, les conflits font violence à la communion familiale et peuvent même parfois l’anéantir : c’est là que trouvent leur origine les multiples et diverses formes de division dans la vie familiale’. »

§107. Passer par l’expérience libératrice de nous comprendre et nous pardonner à nous-mêmes :
« Nous savons aujourd’hui que pour pouvoir pardonner, il nous faut passer par l’expérience libératrice de nous comprendre et de nous pardonner à nous-mêmes. Souvent nos erreurs, ou le regard critique des personnes que nous aimons, nous ont conduit à perdre l’amour de nous-mêmes. Cela fait que nous finissons par nous méfier des autres, fuyant l’affection, nous remplissant de peur dans les relations interpersonnelles. Alors, pouvoir accuser les autres devient un faux soulagement. Il faut prier avec sa propre histoire, s’accepter soi-même, savoir cohabiter avec ses propres limites, y compris se pardonner, pour pouvoir avoir cette même attitude envers les autres. »

Dieu est plus grand que nos erreurs. Faire l’expérience d’être pardonné par Lui, d’être justifié gratuitementet non pour nos mérites.

§108. L’expérience d’être pardonné gratuitement par Dieu :
« Mais cela suppose l’expérience d’être pardonné par Dieu, justifié gratuitement et non pour nos mérites. Nous avons été touchés par un amour précédant toute œuvre de notre part, qui donne toujours une nouvelle chance, promeut et stimule. Si nous acceptons que l’amour de Dieu est inconditionnel, que la tendresse du Père n’est ni à acheter ni à payer, alors nous pourrons aimer par-dessus tout, pardonner aux autres, même quand ils ont été injustes contre nous. Autrement, notre vie en famille cessera d’être un lieu de compréhension, d’accompagnement et de stimulation ; et elle sera un espace de tension permanente et de châtiment mutuel. »

• Des questions pour préparer notre rencontre :

o Comment résonne pour vous cet enseignement du Pape François sur le Pardon ?
o Parvenez-vous à mettre en œuvre ses recommandations ?
o Si oui, comment ?
o Si non, qu’est-ce qui vous en empêche ?

La parabole du débiteur impitoyable dans l’Evangile de Mathieu 18, 23-35
Nous prendrons cet Evangile pour chercher ce que la Parole nous dit en regardant comment, nous-même, nous sommes ouverts au pardon de Dieu :

« Ainsi, le royaume des Cieux est comparable à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs.
Il commençait, quand on lui amena quelqu’un qui lui devait dix mille talents (c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent).
Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser, le maître ordonna de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, en remboursement de sa dette.
Alors, tombant à ses pieds, le serviteur demeurait prosterné et disait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout.”
Saisi de compassion, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette.
Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons qui lui devait cent pièces d’argent. Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant : “Rembourse ta dette !”
Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai.”
Mais l’autre refusa et le fit jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait.
Ses compagnons, voyant cela, furent profondément attristés et allèrent raconter à leur maître tout ce qui s’était passé.
Alors celui-ci le fit appeler et lui dit : “Serviteur mauvais ! je t’avais remis toute cette dette parce que tu m’avais supplié. Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?” Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait.
C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. »

Pour poursuivre notre réflexion :

Notre cœur est-il ouvert au pardon ?
On ne peut rentrer sur ce chemin que si, nous-mêmes, nous sommes ouverts au pardon. C’est le sens de cette phrase si énigmatique du Notre Père : “Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés”. Ce serait donc du donnant-donnant ? Ce n’est pas exactement de cela qu’il s’agit. Prenons une comparaison : A la fin de l’été, les jardiniers disaient que la terre était tellement sèche que la pluie, même très drue, ne pouvait pas pénétrer dans la terre. Elle glissait dessus. Ainsi en est-il du pardon. Si notre terre est trop sèche, si nous ne nous entraînons pas à pardonner dans les petites choses, alors jamais nous ne pourrons accueillir le pardon dans la blessure grande ouverte du divorce, et jamais nous ne pourrons le donner un jour.
Jésus, sur ce sujet, a raconté une histoire, celle du débiteur impitoyable (Mt18, 21-35). Cet homme devait une somme colossale au roi. Ce dernier a eu pitié de lui et lui a remis sa dette. En sortant, il n’a rien trouvé de mieux que de jeter en prison un ami à qui il avait prêté une petite somme. Et de se demander comment cela pouvait être possible. C’est sans doute tout simplement que sa terre était très sèche ! Mais il y a un autre message dans cette parabole : il faudrait que nous prenions conscience de l’immensité de la dette remise par Dieu à notre égard. Et alors seulement le pardon au frère, aussi important soit-il, deviendra sans doute plus facile !
Il faudrait encore citer beaucoup d’autres paroles de Jésus sur le pardon, tant l’Evangile en est rempli. Mais ce qui est surtout essentiel, c’est de le regarder, Lui, dans son attitude avec les personnes, Zachée, Marie Madeleine ou la femme adultère… sa conscience si forte du péché qui nous paralyse et pour lequel le pardon jaillit de sa bouche et de son cœur avec le paralytique par exemple, et cet appel à la réconciliation avec le frère qui est plus important que l’offrande apportée à l’autel. “Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux.” Luc 6, 36.
Père Guy de Lachaux – Chrétiens Divorcés, Chemins d’Espérance- n°83

 

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