NLH #Tribunes et entretiens

Un professeur de théologie brise le silence sur la métamorphose de l’Eglise

Un article de Sandro Magister pour diakonos.be :

« Catholica » est une revue internationale de culture, de politique et de religion éditée en France dans laquelle, en plus de trente ans d’existence, se sont succédées des signatures prestigieuses dans des domaines et des orientations divers et variés, d’Émile Poulat à Robert Spaemann, d’Ernst Wolfgang Böckenförde à Vladimir Bukowski, de Stanislaw Grygiel à Thierry Wolton, en passant par Jacques Ellul et Pietro De Marco.

Elle est dirigée par Bernard Dumont qui, dans le dernier numéro de la revue qui vient de sortir de presse, signe l’éditorial suivant, qu’on peut consulter en ligne même sans être abonné : Un temps pour parler

Cette « parole » que Bernard Dumont considère comme urgente, c’est celle qui viendrait briser « l’invraisemblable » silence de la quasi-totalité des cardinaux et des évêques – exception faite des signataires des « dubia » et de quelques rares personnes – face à la dissolution de la forme traditionnelle du catholicisme entreprise sous le pontificat de Jorge Mario Bergoglio, ou en d’autres mots face à cette fin du « catholicisme romain » dénoncée sur Settimo Cielo par le professeur Roberto Pertici.

Mais dans ce même numéro de « Catholica », une autre voix se lève également – non pas celle d’un cardinal ni d’un évêque mais celle d’un moine bénédictin et théologien de valeur – pour analyser et critiquer de fond en comble ce qui est sans doute le bouleversement le plus radical au sein du catholicisme actuel : le fait de donner le primat non plus au sacrement – « source et sommet » de la vie de l’Église, comme le dit le Concile Vatican II – mais bien à l’éthique.

C’est précisément ce bouleversement qui se trouve à la base aussi bien de la communion aux divorcés-remariés que de la soi-disant « intercommunion  » entre catholiques et protestants.

Giulio Meiattini, l’auteur de cette analyse critique, l’a mis en évidence de façon approfondie dans un livre qu’il a publié cette année :

> G. Meiattini OSB, « Amoris laetitia ? I sacramenti ridotti a morale », La Fontana di Siloe, Torino, 2018

Tandis que dans l’entretien qui se trouve dans le dernier numéro de “Catholica », dont nous reproduisons ci-dessous les passages les plus significatifs, il en expose les traits les plus saillants.

Le Père Meiattini est moine de l’Abbaye bénédictine de Notre-Dame de La Scala à Noci, il est professeur à la Faculté théologique des Pouilles et à l’Athénée Pontifical Saint-Anselme de Rome.

« Amoris laetitia » et l’oubli du sacrement

par Giulio Meiattini OSB
(morceaux choisis de l’interview du numéro 140 de « Catholica »)

Non pas du discernement mais de la ruse

La situation de confusion est évidente. Naturellement, il y a ceux qui nient qu’il s’agisse de confusion, n’y voyant que le résultat positif d’un style de gouvernement ecclésial trop enclin à «  initier des processus plutôt que d’occuper des espaces  » (cf. « Evangelii gaudium » 223). Par conséquent, le premier discernement à faire devrait précisément porter sur la nature de cette situation  : la confusion, les désaccords entre évêques sur des points doctrinaux sensibles, peuvent-ils être des fruits de l’Esprit Saint ? Il me semble bien que non  ! Discerner signifie aussi comprendre s’il est approprié de lancer des processus dans certains domaines, ou non, et aussi selon quels rythmes, avec quelles méthodes et en vie de quels objectifs.

Regardons, par exemple, la façon dont on est arrivé à la nouvelle discipline concernant les «  divorcés et remariés  ».

Une fois que la relation présentée par le cardinal Kasper au consistoire eut, disons, «  préparé le terrain  », les deux sessions synodales, après une année intermédiaire de discussions enflammées, n’ont pas réussi à donner naissance à une ligne commune sur le problème qui était en discussion. En lisant les rapports des « circuli minores » du synode de 2015, on se rend très bien compte qu’il n’y avait eu aucun accord sur le point en question.

On peut comprendre, cependant, une chose  : que la grande majorité des pères n’avait mûri aucune conviction de devoir changer la discipline traditionnelle. Si bien que sur le point controversé, les rédacteurs de la « Relatio finalis » se sont bien gardés d’introduire des nouveautés.

Et cependant – et voilà un autre petit pas – ils ont adopté des formulations de tonalité imprécise qui, tout en n’ouvrant pas l’accès aux sacrements, ont pour ainsi dire «  changé l’atmosphère  » à ce sujet. Ainsi a-t-il suffi de la «  non-opposition  » à ces formules hésitantes (qui avaient obtenu à grand peine les deux tiers des suffrages) pour permettre un autre petit pas en avant, avec les quelques petites notes ambiguës d’ »Amoris laetitia », qui n’admettent ni ne nient pas, mais qui indiquent «  une certaine direction  ».

Cette étape supplémentaire a divisé les fronts d’interprétation, jusqu’au moment où, à l’automne 2017, une autre étape se franchisse, avec l’approbation officielle du pape donnée aux Critères des évêques de la circonscription de Buenos Aires au sujet du chapitre  8 d’ »Amoris laetitia ».

Mais l’honnêteté impose de dire que ces critères ne sont pas une simple «  interprétation  » d’ »Amoris laetitia ». Ils constituent des ajouts et disent des choses qui ne se trouvent pas dans « Amoris laetitia » et qui, par-dessus tout, n’ont jamais été approuvées et n’auraient jamais pu l’être dans les Synodes. […]

Ainsi, par de petites étapes successives au cours de presque trois années, c’est une très grande étape qui a été franchie, modifiant lentement la discipline, et certainement pas, me semble-t-il, de manière très synodale.

Sauf erreur, ce modus operandi ne relève pas du discernement, mais plutôt de la ruse. À la place du dialogue argumenté et ouvert (pensez que les fameux « dubia » n’ont jamais reçu de réponse  !), c’est une «  stratégie de la persuasion  » et du fait accompli qui est mise en œuvre.

La foi réduite à l’éthique

Entre les exigences éthiques et le fondement sacramentel de l’existence chrétienne, le centre est sans aucun doute le sacrement, qui est la communication au croyant de la grâce salvatrice et, dans la mesure où elle est acceptée et transforme l’homme, elle est aussi un acte de glorification, une doxologie. […] L’éthique n’est ni le premier ni le dernier mot.

Au contraire, dans « Amoris laetitia », c’est la logique contraire qui est suivie  : on part de catégories tirées de la loi naturelle et de principes d’éthique générale (facteurs atténuants, relation entre norme universelle et situation subjective, non-imputabilité, etc.) et à partir de ces prémisses majeures on tire des conséquences pour la pastorale des sacrements.

Ainsi la dimension symbolique et sacramentelle, qui devrait fonder, embrasser et transcender la sphère morale, perd-elle son importance propre pour devenir un simple appendice de l’éthique.[…] La démonstration est donnée par le fait que le péché d’adultère perd concrètement son importance publique liée à l’aspect testimonial du sacrement et peut être renvoyé au for interne sans qu’il y ait à expliquer à la communauté pourquoi un conjoint qui contredit en public le signe sacramentel de la fidélité puisse accéder publiquement à l’eucharistie.

En somme, le résultat des choix d’ »Amoris laetitia » est la réduction de l’ordre du sacramentel à celui de la morale, le passage de la foi à l’éthique, ce qui ne me semble pas se réduire à une simple question de pastorale. Ici, quelque chose d’essentiel est en jeu dans la forme chrétienne.

Une « terrible charge » ?

Honnêtement, je ne comprends pas comment un évêque, surtout celui de Rome, peut écrire des phrases comme celle-ci  : «  Il ne faut pas faire peser sur deux personnes ayant leurs limites la terrible charge d’avoir à reproduire de manière parfaite l’union qui existe entre le Christ et son Église  » (« Amoris laetitia » 122).

Voici l’exemple flagrant de ce que j’ai dit précédemment d’une manière générale : si l’on sépare du sacrement l’éthique évangélique pour la réduire à une norme générale, elle devient « une terrible charge », comme la loi mosaïque, plutôt qu’« un joug suave et un fardeau léger ». Que devient dans cette perspective l’effet transformateur du sacrement  ? […] Nous pourrions alors nous demander si le fait d’exhorter à témoigner jusqu’au sang de la foi dans le Christ n’est pas un fardeau encore plus terrible à faire peser sur les épaules des hommes. […]

C’est à ces expressions que l’on en arrive dès lors qu’on s’habitue à penser le christianisme – peut-être sans s’en rendre compte – comme une éthique.

 « Simul iustus et peccator »

Amoris laetitia va jusqu’à dire que même en vivant extérieurement dans un état de péché objectif, on peut, à cause des circonstances atténuantes, être en état de grâce, voire «  grandir dans la vie de la grâce  » (n.  305). Il est clair que si tel est le cas, la solution de continuité entre le sacrement et l’action morale, déjà soulignée plus haut, conduit à des résultats rejoignant la conception luthérienne du « simul iustus et peccator » condamnée par le Concile de Trente. […] De cette façon, on peut à la fois être juste (devant Dieu, invisiblement) et pécheur (visiblement, devant l’Église). Les œuvres risquent de ne plus avoir la moindre importance dans le «  discernement  » de la grâce.

La communion catholique même à un bouddhiste ?

La direction qui se dessine autour de l’intercommunion entre catholiques et protestants obéit à la même logique : ce n’est pas le réalisme symbolique qui détermine le choix, mais la simple évaluation de la condition intérieure présumée : si un protestant est présumé en état de grâce sur la base des circonstances atténuantes que sont l’ignorance invincible, une responsabilité diminuée, la vie bonne, etc., alors pourquoi ne pourrait-il pas recevoir l’eucharistie catholique  ? Peut-être ne se rend-on pas compte que le fait de poser la question de la sorte pourrait conduire au même raisonnement pour un bouddhiste ou un hindou ayant une vie juste et bonne. Falsifier la relation entre la moralité et les sacrements peut en fin de compte aboutir à des conceptions ecclésiologiques non-catholiques.

Brèves

La mémoire du Pape François défaille : il oublie que les dubia lui ont été remises

de Sandro Magister sur diakonos.be

Ce 17 juin, au cours de son entretien avec Philip Pullella de l’agence Reuters, le Pape François a dit quelque chose au sujet des « dubia » qui lui ont été soumis en 2016 par quatre cardinaux.

Voici ce que Pullella rapporte :

« François a dit avoir entendu parler de la lettre des cardinaux qui le critiquaient ‘par les journaux… une façon de faire qui est, permettez-moi de le dire, fort peu ecclésiale, mais nous faisons tous des erreurs » ».

Rien de moins. Mais suffisamment pour provoquer une réponse du cardinal américain Raymnond Leo Burke, l’un des quatre signatures des « dubia » qui a fait cette réponse à une question de John-Henry Westen dans LifeSiteNews :

« La proposition des ‘dubia’ au Saint-Père a été faite selon la procédure habituelle en usage dans l’Église, c’est-à-dire qu’ils ont été soumis au Saint-Père sans leur donner la moindre publicité, de façon à ce qu’il puisse répondre pour le bien de l’Église. Le défunt cardinal Carlo Caffarra a remis en personne la lettre contenant les ‘dubia’ à la résidence du Pape et, en même temps, à la Congrégation pour la doctrine de la foi, le 16 septembre 2016, tout comme il l’a fait pour les lettres suivantes des quatre cardinaux concernant les ‘dubia’. Ce n’est que plusieurs semaines plus tard, alors qu’il n’y avait aucune signe de prise en considération des ‘dubia’ et à défaut de réponse à ces derniers et qu’on nous ait fait comprendre à nous cardinaux qu’il n’y aurait aucune réponse à ces questions concernant les sacrements du saint mariage et de la sainte eucharistie et concernant les fondements de l’enseignement moral de l’Église que les quatre cardinaux, moi compris, furent contraints, en âme et conscience, en tant que cardinaux, de rendre ces ‘dubia’ publics le 14 novembre 2016, de sorte que les fidèles soient conscients de ces graves questions qui touchent au salut des âmes ».

On peut ajouter que ce fut le site www.chiesa – avec l’accord des quatre cardinaux – qui public en six langues, le 14 novembre 2016, non seulement le texte des « dubia » mais également un préambule signé par eux quatre et la lettre par dans laquelle ils soumettaient les « dubia » au Pape ainsi l’ample note explicative qui l’accompagnait :

> « Faire la clarté ». L’appel de quatre cardinaux au pape

Dans le préambule, les quatre cardinaux – qui en plus du cardinal Burke comptaient l’italien Carlo Caffarra et les allemands Walter Brandmüller et Joachim Meisner – motivaient ainsi leur décision de rendre les « dubia » publics :

« Le Saint-Père a décidé de ne pas répondre. Nous avons interprété cette décision souveraine qu’il a prise comme une invitation à continuer cette réflexion et cette discussion calme et respectueuse. Et par conséquent nous informons de notre initiative tout le peuple de Dieu, en lui proposant toute la documentation. »

Ce qui est exactement ce que suggère Jésus en Matthieu 18, 16-17 : « S’il ton frère ne t’écoute pas, prends en plus avec toi une ou deux personnes afin que toute l’affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins.  S’il refuse de les écouter, dis-le à l’assemblée de l’Église. »

Le « Témoin » était dans le cas présent le cardinal Gerhard L. Müller, à l’époque préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi auquel, en plus du Pape, avaient été remis les « dubia ».

Doctrine / Formation #NLH

Mgr Colomb explicite Amoris Laetitae pour la préparation au mariage

Texte de la conférence prononcée par Mgr Georges Colomb sur la préparation au mariage à la communauté catholique francophone de Shanghai 

La préparation au mariage
Synodes des évêques 2014 et 2015 – exhortation apostolique post synodale Amoris Laetitia
1) Un appel prophétique :
-accompagnement – discernement – intégration
2) Une intention pastorale :
– la préparation s’inscrit sur un temps long – renouveler nos propositions – la préparation lointaine – la préparation proche – la préparation immédiate – accompagner les premières années de la vie matrimoniale
3) Conclusion

Le 19 mars 2016 paraissait l’exhortation apostolique post synodale Amoris Laetitia du pape François. Ce texte, particulièrement dense, a été élaboré au terme d’un long processus synodal (synodes de 2014 et 2015) après une large consultation des églises locales.
La préparation au mariage a été un sujet important du synode sur la famille. Le rapport final d’octobre 2015 invite à distinguer plusieurs temps pour repenser l’appel au mariage : “la préparation directe au mariage fait partie d’un parcours plus large sur la vocation” (Rapport final n°57).

Cette notion d’étapes dans la préparation au mariage sera reprise par le pape François dans Amoris Laetitia qui distinguera préparation lointaine, proche et immédiate.

Le Synode a également insisté sur l’importance de la mise en place d’un parcours de type catéchuménal. Certains évêques hispaniques n’hésitaient pas à évoquer la possibilité d’une sorte de “noviciat” préparatoire au mariage, alors que des évêques africains faisaient référence pour leur part aux questions liées aux mariages coutumiers, à la constitution de la dot et au mariage civil comme des étapes possibles avant le sacrement. (La Croix 13/10/2015)

Amoris Laetita, fruit des deux synodes, aura su entendre la multiplicité des réalités de terrain. C’est un document riche. Le Pape lui-même “ne recommande pas une lecture générale hâtive. Elle sera plus bénéfique, tant pour les familles que pour les agents de pastorale familiale, s’ils l’approfondissent avec patience, morceau par morceau, ou s’ils cherchent en elle ce dont ils peuvent avoir besoin dans chaque circonstance concrète.” (n°7)

En effet, si on veut rendre justice à ce texte qui ne marque aucune évolution de la pensée du magistère de l’Eglise sur la famille, il faut, avec patience et attention, comprendre qu’il opère une prise en compte inédite des types et modèles de familles existants, pour les illuminer de la lumière de l’Evangile. Chaque pays, chaque diocèse est invité à une inculturation et à une contextualisation propre des principes énoncés. Les normes européennes, qui ont été longtemps données comme universelles, se voient ramenées à leur poids relatif face à la richesse de la diversité des situations à évangéliser.

Outre ces particularismes géographiques et culturels, l’exhortation apostolique prend en compte les particularismes communs de notre temps tels que la précarisation, l’augmentation de la violence et des situations de guerres, le déracinement et l’exil….

On l’aura compris, la famille nucléaire occidentale telle que nous la connaissons en France, par exemple, ne saurait représenter à elle seule la vérité de toutes les familles de la terre.
Prenant acte de cette diversité et cherchant à rejoindre les hommes et les femmes de notre temps au plus près de leur vie quotidienne et de ses défis, le pape François, après avoir reçu l’immense travail des pères synodaux, scrute et interroge la Parole de Dieu pour voir comment elle peut éclairer et transfigurer le quotidien des familles de ce temps.

A tous il redit avec force, dans la lignée de ses prédécesseurs, parmi lesquels saint Jean-Paul II et Benoit XVI, la grandeur et la dignité du couple humain, homme et femme appelés dans ce qui est une authentique vocation à vivre l’amour avec sa grandeur et ses misères, ses richesses et ses pauvretés. Au cœur de cette union, le Dieu de l’Alliance est présent et s’engage.

1. Un appel prophétique

Le pape François affirme avec force que jamais l’Eglise ne renoncera à proposer le mariage comme vocation authentique pour l’homme et la femme de ce temps : “En tant que chrétiens nous ne pouvons pas renoncer à proposer le mariage pour ne pas contredire la sensibilité actuelle, pour être à la mode, ou par complexe d’infériorité devant l’effondrement moral et humain. Nous priverions le monde des valeurs que nous pouvons et devons apporter.” (n°35)

Cette proposition du mariage ne vise pas à faire ployer le couple humain sous le poids d’une loi devenue insupportable. Elle est un appel adressé aux hommes et aux femmes pour leur permettre d’entrer dans la joie de l’amour partagé et reçu comme une grâce, à l’image de l’amour du Christ pour son Eglise. “Il ne sert à rien non plus d’imposer des normes par la force de l’autorité dit le pape François. Nous devons faire un effort plus responsable et généreux, qui consiste à présenter les raisons et les motivations d’opter pour le mariage et la famille, de manière à ce que les personnes soient mieux disposées à répondre à la grâce que Dieu leur offre.” (idem)

Le pape François, tenant compte des réalités concrètes évoquées longuement par les pères synodaux, a souhaité envoyer un message simple, accessible et miséricordieux car “Le message de l’Église sur le mariage et la famille est un reflet clair de la prédication et des attitudes de Jésus, qui, en même temps qu’il proposait un idéal exigeant, ne renonçait jamais à une proximité compatissante avec les personnes fragiles, comme la samaritaine ou la femme adultère.” (n°38)
Le pape a voulu mettre l’accent sur la conversion du regard demandée à celles et ceux qui sont en charge de l’accueil des futurs époux. La modernité, sous toutes les latitudes, nous oblige à renoncer à l’illusion d’une norme universellement acceptable qui nous permettrait d’évaluer la capacité des futurs époux. C’est un regard résolument positif qui doit être porté sur les personnes en demande du sacrement du mariage. Ce regard bienveillant permet d’entrer dans une démarche d’accompagnement, de discernement et d’intégration.

1.1. L’accompagnement
L’importance de l’accompagnement est soulignée par le pape François : “J’invite les communautés chrétiennes à reconnaître qu’accompagner le cheminement d’amour des fiancés est un bien pour elles-mêmes. Comme les évêques d’Italie l’ont si bien exprimé, ceux qui se marient sont pour leur communauté chrétienne “une précieuse ressource, car, en s’engageant, dans la sincérité, à grandir dans l’amour et dans le don réciproque, ils peuvent contribuer à rénover le tissu même de tout le corps ecclésial : la forme particulière d’amitié qu’ils vivent peut devenir contagieuse, et faire grandir dans l’amitié et dans la fraternité la communauté chrétienne dont ils font partie” (Conférence Épiscopale italienne, Commission 2012 – cité dans Amoris Laetitia n°207).
L’Eglise a pour mission de révéler le Dieu d’Amour présent au cœur même de l’aventure humaine de l’union d’un homme et d’une femme. La préparation au mariage nourrit le dialogue entre les futurs époux pour que chacun d’eux puisse s’engager en toute liberté et connaissance de cause le jour de la célébration du sacrement. Elle vise aussi à favoriser la construction de couples solides, aptes à s’inscrire dans la durée malgré les inévitables épreuves de la vie et à accueillir et élever les enfants à naître (ou parfois déjà nés).
La préparation au mariage est aussi le moment pour chacun des futurs époux, de faire le point sur sa vie de baptisé, pour approfondir voir (re)découvrir la foi.
La préparation au mariage n’est pas préparation à un examen pour l’obtention d’un diplôme ! Elle peut être vue comme une chance pour les futurs mariés de poser les questions qui les habitent concernant l’engagement, la fidélité, l’accueil des enfants à naître et leur éducation…
Le témoignage de vie des équipes d’accompagnement, autant que le magistère, sont porteurs de lumière pour les futurs époux.
C’est aussi l’ensemble de la communauté qui est engagée dans cet accueil des futurs mariés : le prêtre, bien entendu car c’est par lui que se déploie la dimension sacramentelle, mais aussi la communauté, familles, couples engagés dans la préparation au mariage… Les personnes qui demandent aujourd’hui le sacrement du mariage viennent d’horizons divers, de cultures lointaines, et manquent parfois des connaissances de base de la foi de l’Eglise. Il nous appartient de les accueillir avec bienveillance et ouverture d’esprit, de reconnaitre dans leur démarche même un fruit de l’Esprit-Saint qui travaille les cœurs.

1.2. Le discernement

Le discernement est un point essentiel et complexe. Il permet d’éclairer les engagements à la lumière de l’Ecriture et du magistère. Le discernement concerne le couple en tant que tel mais aussi chacun de ses membres. Mais le discernement est aussi celui de l’Eglise. Les futurs époux sont-ils prêts pour le Sacrement qu’ils désirent recevoir ? En d’autres termes, comment aider les futurs mariés à se situer entre idéal et réalité ?
Les futurs époux, même quand ils vivent ensemble depuis plusieurs années et sont parfois parents, portent en eux une certaine idée du mariage chrétien. Ils veulent donner une valeur sacrée à leur amour. Pour l’Eglise, l’alliance entre un homme et une femme est conçue comme un signe du lien entre le Christ et l’Église. C’est donc un immense idéal que l’Eglise présente aux futurs époux, configurant leur amour à celui du Christ pour l’Eglise.
Voici donc deux personnes qui ont chacune une histoire, parfois éloignée de l’Eglise, qui ont chacune un passé, des rêves, des espoirs et des limites aussi, auxquelles l’Eglise propose rien de moins que de configurer son union à celle du Christ avec son Eglise !
La marche est parfois très haute à franchir surtout si nous présentons le mariage comme parfait dès le jour de sa célébration !
Le pape François, conscient de cette réalité pastorale rappelle un point important : “Le mariage chrétien, reflet de l’union entre le Christ et son Église, se réalise pleinement dans l’union entre un homme et une femme, qui se donnent l’un à l’autre dans un amour exclusif et dans une fidélité libre, s’appartiennent jusqu’à la mort et s’ouvrent à la transmission de la vie, consacrés par le sacrement qui leur confère la grâce pour constituer une Église domestique et le ferment d’une vie nouvelle pour la société. D’autres formes d’union contredisent radicalement cet idéal, mais certaines le réalisent au moins en partie et par analogie. Les pères synodaux ont affirmé que l’Église ne cesse de valoriser les éléments constructifs dans ces situations qui ne correspondent pas encore ou qui ne correspondent plus à son enseignement sur le mariage.” (n°292)
L’Eglise domestique constituée par la famille est appelée à cheminer sur la durée d’une vie. Elle s’inscrit dans le temps long et peut vivre “au moins en partie et par analogie” l’idéal proposé par l’Eglise. Il faut pouvoir faire entrevoir aux futurs époux que le mariage est un processus dynamique qui dispose de la durée de la vie elle-même pour intégrer les dons de Dieu.
Si le Sacrement est tout entier, de manière plénière, donné et reçu le jour du mariage, la construction de la famille chrétienne qui s’ensuit s’inscrit dans un horizon fait de moments de grâce, de joies, mais aussi de peines, de combats, de chutes et de pardon, pardon de Dieu, pardon du conjoint.
La préparation au mariage, plus qu’un ensemble de commandements, doit donner aux futurs mariés le sens des responsabilités qui leur incombent l’un vis-à-vis de l’autre. Amour, patience et humilité, pardon réciproque, aideront à faire face aux embûches de la vie. La postmodernité impose des rythmes de vie effrénés. Elle fait courir le risque de la perte d’emploi, la nécessité des multiples reconversions professionnelles. Elle impose parfois de longues séparations pour la formation ou le travail. L’arrivée des enfants va générer de nouvelles contraintes, au-delà des joies. Toutes ces réalités soumettent le couple à de rudes épreuves et il est nécessaire qu’il soit aussi armé que possible pour y faire face. Heureusement, ils ne sont pas seuls. C’est l’intégration.

1.3. L’intégration

L’exhortation Amoris Laetitia en souligne l’importance plus particulièrement à l’égard des personnes en situation de fragilité (migrants, pauvres… n° 46 et s). Mais on peut noter un nombre grandissant de couples dans lesquels l’un des partenaires au moins vit une telle situation de fragilité vis-à-vis de l’Eglise dans laquelle il n’a pas grandi, même s’il a pu recevoir le baptême. C’est une communauté accueillante et ouverte qu’il doit rencontrer, une communauté qui le reçoit comme enfant de Dieu, malgré ses maladresses, son ignorance… C’est cette intégration dans la communauté qui fait trop souvent défaut, parfois à cause de la volonté des personnes elles-mêmes, parfois aussi, à cause de la distance qui peut caractériser certaines de nos communautés paroissiales.
Le rôle des prêtres, diacres, laïcs en mission, et de la communauté toute entière est d’être des témoins de ce qui se vit déjà dans le couple et des révélateurs de ce qui est possible et désirable en terme d’amour, de fidélité, de construction de la famille.

2. Une intention pastorale

Deux termes parcourent l’exhortation Amoris Laetita : grâce et miséricorde.
Dans un long développement relatif au sacrement du mariage en lien avec l’Ecriture et la tradition, le pape François rappelle que “Jésus, qui a réconcilié toutes choses en lui et qui a racheté l’homme du péché, n’a pas seulement ramené le mariage et la famille à leur forme originelle, mais il a aussi élevé le mariage au rang de signe sacramentel de son amour pour l’Église (cf. Mt 19, 1-12 ; Mc 10, 1-12 ; Ep 5, 21-32). C’est dans la famille humaine, réunie par le Christ, qu’est restituée ‘‘l’image et la ressemblance’’ de la Sainte Trinité (cf. Gn 1, 26), mystère d’où jaillit tout amour véritable. Par l’Église, le mariage et la famille reçoivent du Christ la grâce de l’Esprit Saint, pour témoigner de l’Évangile de l’amour de Dieu »” (n°71)
Un peu plus loin le pape affirme : “Le mariage est une vocation, en tant qu’il constitue une réponse à l’appel spécifique à vivre l’amour conjugal comme signe imparfait de l’amour entre le Christ et l’Église. Par conséquent, la décision de se marier et de fonder une famille doit être le fruit d’un discernement vocationnel.” (n°72)
Ce rappel pourrait sembler bien difficile à porter pour de jeunes couples, souvent éloignés de l’Eglise si n’était annoncées, dans un même mouvement, la compassion et la miséricorde divines : ” Le Synode s’est référé à diverses situations de fragilité ou d’imperfection. À ce sujet, je voudrais rappeler ici quelque chose dont j’ai voulu faire clairement part à toute l’Église pour que nous ne nous trompions pas de chemin… La route de l’Église, depuis le Concile de Jérusalem, est toujours celle de Jésus : celle de la miséricorde et de l’intégration […]. La route de l’Église est celle de ne condamner personne éternellement ; de répandre la miséricorde de Dieu sur toutes les personnes qui la demandent d’un cœur sincère …” (n°296)
Les situations particulières de l’existence sont toujours à prendre en compte, et pas uniquement pour ce qui concerne les “situations dites irrégulières”, notamment celle des divorcés-remariés.
Le pape nous rappelle qu’Il ne faut pas faire peser sur deux personnes ayant leurs limites la terrible charge d’avoir à reproduire de manière parfaite l’union qui existe entre le Christ et son Église ; parce que le mariage, en tant que signe, implique « un processus dynamique qui va peu à peu de l’avant grâce à l’intégration progressive des dons de Dieu ». (n°122)
2.1. La préparation au mariage : s’inscrire sur un temps long.
Chaque année, nos communautés accueillent des couples qui désirent se marier à l’Église. Les premiers mots du pape François dans son Exhortation apostolique Amoris Laetitia marquent bien ce dont nous sommes témoins en accueillant ces couples : ” La joie de l’amour qui est vécue dans les familles est aussi la joie de l’Église” (N°1). La joie des couples est en effet joie pour l’Eglise qui voit dans leur démarche l’amour de Dieu à l’œuvre.
Plus que jamais, la préparation au mariage exige du temps.
On peut rappeler ici la célèbre phrase du père Caffarel qui en 1948 déjà écrivait : “Les mariages chez nous sont-ils moins bâclés qu’ailleurs ? Quand l’Église veut faire un prêtre, elle y met six ans ; un communiant, trois ans. Quand des parents chrétiens conduisent leur fils ou leur fille à l’autel, ont-ils passé trois semaines à les préparer ? Et les intéressés y ont-ils eux-mêmes réfléchi ? ” (A. Caffarel : l’Anneau d’Or, n°21-22, 1948)
Le Saint-Père aime à répéter cette phrase un peu mystérieuse “le temps est supérieur à l’espace” (n°3). On peut la comprendre de la manière suivante : nous sommes tous liés par nos origines, le lieu de notre naissance, notre hérédité, notre patrimoine génétique… ce sont les lieux que nous habitons, nos espaces naturels et ils sont statiques. Face à ces “espaces”, le temps peut-être notre allié. Il est le paramètre variable qui permet la mise en route, le cheminement, l’évolution, la compréhension et l’entrée dans un chemin de foi et de sainteté.
Le plus souvent le jeune couple, en fonction des possibilités, est reçu par un prêtre ou un diacre. Il est accompagné dans sa démarche par des couples et des familles engagés dans la préparation au mariage. Les accueillants sont de mieux en mieux formés et les pratiques donnent lieu à des relectures régulières. Des documents d’aide sont aussi disponibles pour soutenir les accueillants. La préparation se déroule au moins sur une année soit une dizaine de rencontres, mais ces chiffres peuvent considérablement varier d’un lieu à l’autre et selon les disponibilités de chacun.
En 2002, la Conférence des Evêques de France a publié des Orientations nationales pour la pastorale du mariage. Ce texte a été suivi en 2014 par un autre document intitulé “la préparation au mariage dans le contexte de la nouvelle évangélisation”. Ces deux documents insistent sur l’importance de la durée dans la préparation du mariage et préconisent une proposition de cheminement “de type catéchuménal” pour permettre aux futurs mariés d’entrer dans un temps de maturation de leur projet.

2.2. Renouveler nos propositions

“Les Pères synodaux ont signalé de diverses manières que nous avons besoin d’aider les jeunes à découvrir la valeur et la richesse du mariage Ceux-ci doivent pouvoir percevoir l’attrait d’une union plénière qui élève et perfectionne la dimension sociale de l’existence, donne à la sexualité son sens entier, et qui en même temps promeut le bien des enfants et leur offre le meilleur environnement possible pour leur maturation ainsi que pour leur éducation.” Ainsi s’exprime le pape François dans l’exhortation Amoris Laetitia. (n° 205)
Il distingue trois moments de la préparation du Sacrement : la préparation lointaine proche, immédiate. Ces trois étapes constituent une “pastorale du lien” (n°211) : “La pastorale pré-matrimoniale et la pastorale matrimoniale doivent être avant tout une pastorale du lien, par laquelle sont apportés des éléments qui aident tant à faire mûrir l’amour qu’à surpasser les moments durs”.
Avec le bon sens qu’on lui connait le Saint-Père insiste sur l’aspect pratique de cette pastorale : “Ces apports ne sont pas uniquement des convictions doctrinales, et ne peuvent même pas être réduits aux précieuses ressources spirituelles que l’Église offre toujours, mais ils doivent aussi être des parcours pratiques, des conseils bien concrets, des tactiques issues de l’expérience, des orientations psychologiques” (n°211).
Le pape n’hésite pas à promouvoir le conseil de spécialistes ou celui de familles particulièrement expérimentées pour aider les jeunes à passer des étapes difficiles, à côté de l’indispensable “Réconciliation sacramentelle, qui permet de placer les péchés et les erreurs de la vie passée, et de la relation elle-même, sous l’influence du pardon miséricordieux de Dieu et de sa force qui guérit” (idem).

2.2. 1. La préparation lointaine

“Il convient de trouver les moyens, à travers les familles missionnaires, les familles des fiancés eux-mêmes et à travers diverses ressources pastorales, d’offrir une préparation lointaine qui fasse mûrir leur amour réciproque, grâce à un accompagnement de proximité et de témoignage.” (n°208)
L’époque actuelle, au travers du cinéma, de la publicité, de la vie des stars, présente trop souvent à notre jeunesse des scénarii qui mettent en scène “le coup de foudre”, l’engagement (souvent éphémère il est vrai !) immédiat qui conduit au mariage “pour la vie”… “L’enchantement du début” (n°209) semble devoir durer toujours.
Or il est nécessaire de rappeler, même s’il est difficile de se faire entendre des principaux intéressés, “qu’apprendre à aimer quelqu’un n’est pas quelque chose qui s’improvise ni qui peut être l’objectif d’un bref cours préalable à la célébration du mariage.” (idem) et que “rien n’est plus volatile, plus précaire et plus imprévisible que le désir” (n°209).
Cette préparation dite lointaine, implique bien entendu les familles, les communautés, mais elle doit impliquer de manière toute particulière les mouvements de jeunes comme les scouts, les aumôneries… On ne peut plus faire l’économie, à notre époque de sur exposition médiatique et d’hyper sexualisation de la société, de l’information et de la formation des jeunes en matière affective et sexuelle.
Non sans humour le pape François rappelle que la Saint Valentin peut être un moment précieux pour cette préparation lointaine. A nous d’inverser la tendance pour faire mentir cette idée du Saint Père qu’elle “profite plus aux commerçants qu’à la créativité des pasteurs”(n°208).

2.2. 2. La préparation proche

La première personne que les fiancés vont rencontrer, une fois passée l’épreuve du répondeur téléphonique, des appels sans réponses et des mails, est l’accueil paroissial. Cet accueil doit être inconditionnel et bienveillant. Puis viennent les rencontres avec le célébrant et les membres de l’équipe de préparation. Voici ce que le Saint-Père nous recommande : “Les fiancés devraient être encouragés et aidés à pouvoir parler de ce que chacun attend d’un éventuel mariage, de sa conception de l’amour et de l’engagement, de ce qu’il désire de l’autre, du type de vie en commun qu’il voudrait projeter.” (n°209)
Si des désaccords ou des incompréhensions apparaissent, on doit chercher avec les futurs époux, dans un souci de “développer le meilleur de la personne… avec le ferme objectif de le promouvoir comme être humain”, “des ressources qui permettront de les affronter avec succès” (n°210).
La prise de conscience de la dimension vocationnelle du mariage est essentielle même si elle peut être progressive : “Le mariage est une vocation, en tant qu’il constitue une réponse à l’appel spécifique à vivre l’amour conjugal comme signe imparfait de l’amour entre le Christ et l’Église. Par conséquent, la décision de se marier et de fonder une famille doit être le fruit d’un discernement vocationnel” (n°72).
Ministres du sacrement, l’homme et la femme qui se marient sont appelés à accomplir une autre mission : celle d’éducateurs”. Ceux qui ont reçu le sacrement de mariage deviennent de vrais ministres éducateurs, car lorsqu’ils forment leurs enfants, ils édifient l’Église et en le faisant, ils acceptent une vocation que Dieu leur propose” (n° 85). Ils sont aussi appelés à être, selon le vœu des pères synodaux “les principaux acteurs de la pastorale familiale” (n°200).
Souvent la demande de mariage religieux recouvre d’autres réalités : désir de faire comme tout le monde, de faire plaisir à sa famille, de rompre la solitude en créant un lien sûr et durable, de “mettre Dieu de son côté”, de souscrire une sorte d’assurance contre les risques de la vie… On le voit, le passage à la prise de conscience de la dimension vocationnelle peut être long.

2.2. 3. La préparation immédiate

Il ne s’agit pas de la fin d’un parcours où toutes les étapes auraient été brillamment franchies ! Pour le pape François : “Aussi bien la préparation immédiate que l’accompagnement plus prolongé doivent assurer que les fiancés ne voient pas le mariage comme la fin du parcours, mais qu’ils assument le mariage comme une vocation qui les lance vers l’avant, avec la décision ferme et réaliste de traverser ensemble toutes les épreuves et les moments difficiles” (n°211).
Toutes les familles qui ont eu à préparer le mariage de leurs enfants se reconnaitront dans la savoureuse description sans concession que fait le pape de la préparation de la célébration. (n°212) : “La préparation immédiate du mariage tend à se focaliser sur les invitations, les vêtements, la fête et les détails innombrables qui consomment aussi bien les ressources économiques que les énergies et la joie. Les fiancés arrivent au mariage, stressés et épuisés, au lieu de consacrer leurs meilleures forces à se préparer comme couple pour le grand pas qu’ils vont faire ensemble.”
Le pape en appelle avec une affection toute paternelle aux fiancés pour les encourager à se comporter différemment : “Chers fiancés : ayez le courage d’être différents, ne vous laissez pas dévorer par la société de consommation et de l’apparence. Ce qui importe, c’est l’amour qui vous unit, consolidé et sanctifié par la grâce. Vous êtes capables d’opter pour une fête sobre et simple, pour placer l’amour au-dessus de tout. Les agents pastoraux et la communauté entière peuvent aider à ce que cette priorité devienne la norme et ne soit plus l’exception”.
La célébration du mariage doit cependant rester un grand moment festif car “La liturgie nuptiale est un événement unique, qui se vit dans le contexte familial et social d’une fête. Le premier signe de Jésus se produit au banquet des noces de Cana : le bon vin du miracle du Seigneur, qui égaye la naissance d’une nouvelle famille, est le vin nouveau de l’Alliance du Christ avec les hommes et les femmes de tout temps […]” (n° 216).
Par ailleurs, de plus en plus souvent : “le célébrant a l’opportunité de s’adresser à une assemblée composée de personnes qui participent peu à la vie ecclésiale ou qui appartiennent à une autre confession chrétienne ou à une autre communauté religieuse. Il s’agit là d’une occasion précieuse d’annoncer l’Évangile du Christ » (idem).
L’essentiel c’est bien ce qui se vit dans la célébration liturgique. Chaque geste, chaque mot, est le signe d’un engagement “si important comme celui qui exprime le consentement matrimonial, et l’union des corps qui consomme le mariage, lorsqu’il s’agit de deux baptisés, ne peuvent qu’être interprétés comme signes de l’amour du Fils de Dieu fait chair et uni à son Église dans une alliance d’amour” (n°213).
Les paroles et les gestes de la célébration ne “peuvent pas être réduites au présent ; elles impliquent une totalité qui inclut l’avenir : ‘‘jusqu’à ce que la mort les sépare’’ (n°214). Liberté et fidélité ne s’opposent plus dans une tension intenable mais au contraire “elles se soutiennent même réciproquement, que ce soit dans les relations interpersonnelles, ou dans les relations sociales.” (idem)
Le pape invite les futurs époux à prier l’un pour l’autre “en sollicitant l’aide de Dieu pour être fidèles et généreux, lui demandant ensemble ce qu’il attend d’eux, y compris en consacrant leur amour auprès d’une statue de Marie” (n°216).
Il appartient aux équipes de préparation au mariage d’initier, quand cela est nécessaire, les futurs époux à cette dimension de la vie : “Ceux qui les accompagnent dans la préparation du mariage devraient les orienter pour qu’ils sachent vivre ces moments de prière qui peuvent leur faire beaucoup de bien” (idem).

2.2. 4. Accompagner les premières années de la vie matrimoniale

La préparation attentive de l’union ne préservera pas les jeunes époux d’épreuves à venir. Pour le pape “il s’avère indispensable d’accompagner les premières années de la vie matrimoniale pour enrichir et approfondir la décision consciente et libre de s’appartenir et de s’aimer jusqu’à la fin. Bien des fois, le temps des fiançailles n’est pas suffisant, la décision de se marier est précipitée pour diverses raisons, et, de surcroît, la maturation des jeunes est tardive. Donc, les jeunes mariés doivent compléter ce processus qui aurait dû avoir été réalisé durant les fiançailles” (n°217).
Un des défis de la pastorale matrimoniale” est d’aider à découvrir que le mariage ne peut se comprendre comme quelque chose d’achevé. L’union est réelle, elle est irrévocable, et elle a été confirmée et consacrée par le sacrement de mariage. Mais en s’unissant, les époux deviennent protagonistes, maîtres de leur histoire et créateurs d’un projet qu’il faut mener à bien ensemble…” (n° 218).

CONCLUSION

En France, la préparation au mariage s’étend aujourd’hui environ sur une année. Des propositions d’accompagnement des premières années de la vie conjugale voient le jour. Les défis restent nombreux dans un monde rapide aux réalités mouvantes. Avec beaucoup d’humilité, le long travail synodal préparatoire a permis à l’Exhortation Amoris laetitia du pape François de présenter la construction de l’amour conjugal comme un processus, une dynamique sans cesse à revisiter en fonction des évolutions de nos sociétés diverses et fragiles.
La mise en place d’étapes dans l’accompagnement des couples apparait de plus en plus souhaitable. Une nouvelle conception des “fiançailles” pour permettre de revaloriser cette période de la vie comme un temps propice au discernement et à l’approfondissement de la connaissance de l’autre et de la vocation du couple.
La préparation au mariage proprement dite pourrait être proposée ensuite, permettant l’approfondissement d’une véritable spiritualité conjugale et familiale. Ce serait un temps proche de celui du catéchuménat.
Enfin, l’accompagnement des premières années de mariage devrait être renforcé.
L’exploration de ces différentes pistes, déjà entreprise en paroisses, et par des mouvements comme CANA ou les Equipes Notre Dame, permettra peut-être, enfin, de voir refluer le nombre de divorces, de stabiliser la vie des familles et par là la vie de la société toute entière.
Evidemment, la récente actualité en France, par l’adoption du mariage pour tous ou encore par les projets en cours d’examen concernant la GPA et la PMA, ne sont pas de nature à soutenir ces orientations. A cet égard, il semble important d’intégrer de plus en plus, au sein des équipes d’accompagnement des intervenants disposant, outre d’une formation pastorale, d’une formation et d’une pratique médicale ou scientifique afin de pouvoir accompagner les couples sur les questions liées à la stérilité.
Aucune famille “n’est une réalité céleste et constituée une fois pour toutes, mais la famille exige une maturation progressive de sa capacité d’aimer” (n°325). C’est pourquoi, et c’est ainsi que se termine l’exhortation du Saint-Père : “Tous, nous sommes appelés à maintenir vive la tension vers un au-delà de nous-mêmes et de nos limites, et chaque famille doit vivre dans cette stimulation constante. Cheminons, familles, continuons à marcher ! Ce qui nous est promis est toujours plus. Ne désespérons pas à cause de nos limites, mais ne renonçons pas non plus à chercher la plénitude d’amour et de communion qui nous a été promise”.

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Appel pastoral aux Evêques pour une réaffirmation apostolique de l’Evangile

Dimanche du Bon Pasteur, 22 avril 2018

Votre Éminence ou Monseigneur,

En notre qualité de prêtres ayant reçu le sacrement de l’ordre afin de contribuer aux soins pastoraux du peuple de Dieu, nous nous permettons de vous écrire afin de solliciter votre aide de façon à répondre à une approche erronée de la vie morale chrétienne, à laquelle nous sommes fréquemment confrontés et qui porte un préjudice considérable à ceux qui se laissent égarer par elle. Nous estimons que ce dommage pourrait en grande partie être réparé ou atténué si vous réaffirmiez les enseignements du Christ et corrigiez ces erreurs avec toute l’autorité de votre ministère apostolique. Une telle action profiterait non seulement à ceux qui vous sont confiés en votre qualité d’évêque diocésain, mais aussi, en qualité de Successeur des Apôtres, vous contribueriez grandement à l’unité et au bien de l’Eglise universelle. Notre préoccupation pastorale nous amène à penser qu’en l’absence d’une telle assistance, cette situation préjudiciable va s’aggraver significativement.

Cette approche erronée revient à considérer en substance que les personnes qui commettent des actes objectivement mauvais tout en estimant qu’ils sont quittes de toute culpabilité doivent être permis à recevoir la Sainte Communion. Sous une forme plus développée, elle nie que certains actes soient mauvais dans tous les cas, et prétend que, dans certaines circonstances, ils correspondent au plus grand bien qu’il est possible d’obtenir de manière réaliste, ou en réalité qu’ils sont tous simplement bons. Dans une version plus extrême encore, de tels comportements peuvent être approuvés ou proposés par Dieu. La vie et les enseignements moraux du Christ sont dès lors présentés comme des idéaux abstraits qu’il convient d’adapter afin qu’ils correspondent aux circonstances de notre vie, et non comme des réalités déjà définies afin de nous libérer du péché et du mal en toute occasion.

Alors qu’une telle approche prétend constituer une évolution nouvelle et légitime, l’Eglise a toujours considéré que ces principes étaient contraires à l’Evangile. Au cours du vingtième siècle, elle s’est opposée à ses théories par des enseignements particulièrement vigoureux et précis. Tel fut tout particulièrement le cas au cours des cinquante dernières années depuis l’encyclique Humanae Vitae. Nous estimons que la résurgence récente de cette approche nocive malgré ces efforts ecclésiaux soutenus démontre la nécessité d’une réponse pastorale plus efficace que celle qui peut émaner du seul clergé paroissial ou de l’autorité limitée de déclarations classiques au niveau diocésain ou régional. Telle est la raison pour laquelle nous vous demandons d’exercer votre pleine autorité apostolique par une réaffirmation officielle de l’Evangile et une correction de ces erreurs. Ceci offrirait à l’ensemble de l’Eglise un témoignage apostolique, seul capable de soutenir et de guider le clergé et les laïcs dans sa mission urgente de venir en aide à ceux qui ont été lésés et de développer des initiatives pastorales authentiques visant à s’ouvrir au monde.

Nous sommes bien conscients que l’exercice de l’autorité apostolique et ses modalités d’expression relèvent de la décision de chaque évêque. En tant que prêtres, nous souhaitons, dans un esprit fraternel et filial, soumettre à votre examen les affirmations suivantes de l’Evangile, centrées sur dix points essentiels que nous espérons vous voir affirmer officiellement. Nous vous prions de bien vouloir les recevoir comme témoignage de la Foi que nous professons en communion avec le Collège des Evêques et à sa tête, l’Evêque de Rome :

1) Dieu est amour. Il a tout arrangé pour notre bien et nous a appelés à partager sa vie divine en Christ. Par conséquent, Dieu est absolument opposé au mal, au péché (à savoir le fait d’embrasser el mal volontairement et en plein connaissance de cause) et au préjudice dont ils sont la cause. Par suite, si Dieu peut choisir de tolérer la présence du mal et du péché, il ne les propose ou ne les approuve jamais.

2) Le Christ permet dans tous les cas aux Chrétiens vivant à demeure en communion avec Dieu (à savoir en état de grâce) de rester fidèles en évitant de choisir le mal volontairement et en pleine connaissance de cause ; ils sont dès lors coupables de tous les péchés qu’ils commettent (voir I Jn. 5:18 et Jas 1:13-15). Ceci est vrai même lorsque la fidélité impose la souffrance, la privation ou la mort, car ce qui est humainement impossible est possible avec le concours de la grâce divine (voir Mt 19:26 et Sir 15:15). La fidélité au Christ et à ses enseignements est dès lors un but réaliste et accessible, et non un idéal abstrait qu’il convient d’adapter aux circonstances de la vie.

3) Des Chrétiens en communion avec Dieu peuvent souffrir de leur propre ignorance ou d’obstacles limitant leur liberté dans une mesure suffisante pour réduire ou complètement éliminer leur culpabilité s’ils commettent un acte mauvais spécifique. Quoique ce qu’ils font soit en réalité (c’est-à-dire objectivement) mauvais et nuise dès lors aux autres et à eux-mêmes de diverses façons, ils peuvent personnellement (c’est-à-dire subjectivement) n’être coupables d’aucun péché et rester moralement indemnes.

4) Les Chrétiens qui commettent le mal sans culpabilité restent en communion avec Dieu, mais se trouvent pris au piège de situations effectivement nocives qui les empêchent de partager pleinement la vie abondante que Jésus est venu leur apporter. La tâche de l’Eglise consiste à les aider à guérir et à les libérer en apportant pleinement la grâce et la vérité de son Evangile.

5) La conscience constitue la norme immédiate de conduite, mais non la voix infaillible de Dieu. Elle peut se méprendre en raison d’une déformation innocente ou de distorsions résultant de péchés antérieurs. Dans ce dernier cas, celui qui suit sa conscience ou se juge quitte de toute culpabilité peut néanmoins s’être rendu coupable d’un péché. En raison de ces limitations, il y a besoin de conformer les jugements subjectifs à l’Evangile enseigné par le Christ et sans cesse proclamé par lui dans le témoignage apostolique authentique de l’Eglise (par exemple par le Magistère Ordinaire et Extraordinaire).

6) Le mariage est une alliance établie volontairement et en pleine connaissance de cause avec la considération et la maturité nécessaires par un homme et une femme libres de se marier. Il s’agit là d’une union exclusive qui ne peut être dissoute par aucune puissance humaine ni par aucune cause, si ce n’est le décès de l’un des conjoints. L’union sponsale du Christ et de l’Eglise constitue le fondement de ce lien conjugal tant dans la nature humaine que dans le Sacrement du Mariage (voir Gen 2:24 ; Mt 19:3-6 ; Eph 5:32 ; and II Tim 2:13).

7) Activité sexuelle hors mariage est en toute circonstance un mal grave. Le choix coupable de ce mal grave est un péché mortel qui, comme tous les péchés mortels, met un terme à la communion avec Dieu.

8) Afin de recevoir la Sainte Communion, les Chrétiens qui se reconnaissent coupables d’un péché mortel doivent avoir une contrition réelle de leurs péchés, et notamment la résolution d’éviter tout péché futur. Par ailleurs, ils doivent normalement recevoir au préalable le Sacrement de Pénitence et de Réconciliation.

9) La Réception de la Sainte Communion ne peut se réduire à un acte privé fondé sur un jugement subjectif d’innocence, car elle est témoignage d’une adhésion publique à la foi et à la vie communes de l’Eglise. Quelle que soit leur culpabilité, on peut à bon droit s’attendre à ce que ceux qui continuent à commettre un acte objectivement mauvais après avoir appris que leur jugement ou leur comportement est contraire au témoignage apostolique de l’Eglise s’abstiennent de recevoir la Sainte Communion ou exiger d’eux une telle abstention. Cette discipline ecclésiale est un moyen pastoral de les amener à reconnaître le mal et à y renoncer, de façon ce qu’ils en soient libérés et puissent partager plus pleinement la vie abondante du Christ. Cette approche reflète l’enseignement de Jésus et des Apôtres, qui ont fondé la discipline ecclésiale sur le échec objective de accorder à la vie de l’Eglise et non sur un jugement de culpabilité (voir Mt 18:17 ; I Cor 5:11-13 ; Gal 1:9 ; et I Jn 4:6). La Sainte Communion peut également être retenue afin d’éviter d’induire des tiers en erreur en ce qui concerne la foi et la vie dans l’Evangile (à savoir de ne pas susciter de scandale, voir Mt 18:6).

10) La Réception de la Sainte Communion dans des cas spécifiques par des personnes qui se sont remariées après un divorce dépend de la réalité objective du lien de leur premier mariage et de la nécessité d’éviter le péché et le scandale public, et non uniquement de leur intention privée d’éviter toute activité sexuelle future, de leur évaluation subjective de leur relation actuelle ou de leur jugement subjectif de leur innocence liée à leur activité sexuelle dans le cadre de cette relation (voir Mt 5:32).

En lançant notre appel, nous souhaiterions vous encourager à ne pas sous-estimer la valeur pastorale du soutien apostolique et de l’orientation que vous pouvez fournir à l’Eglise universelle, même en tant qu’évêque individuel. Comme prêtres, nous sommes profondément conscients que de nombreux clercs et laïcs ont été à ce point affectés par des mentalités séculières et par la fausse théologie morale des dernières décennies qu’ils en sont désormais venus à considérer que le témoignage apostolique de l’Eglise était idéaliste ou démodé, voire cruel. En conséquence, ils perçoivent par erreur que les affirmations pastorales de ce témoignage ne sont que des abstractions, des preuves de légalisme ou encore des condamnations personnelles. Ceci est extrêmement douloureux pour toutes les personnes concernées. Une telle expérience peut être décourageante pour les prêtres et peut nous amener à éviter d’offrir une présentation claire et authentique de l’Evangile. Nous sommes toutefois bienheureux de connaître de nombreux clercs et laïcs dont les vies ont été transformées pour avoir embrassé les enseignements du Christ, même lorsque ceci impliquait une souffrance. Ils se réjouissent désormais du témoignage de l’Eglise qui leur semblait autrefois irréaliste ou hostile. En parallèle, ils éprouvent un profond sentiment de douleur et de trahison en voyant défendre des erreurs qui laissent d’autres frères et sœurs prisonniers de situations dommageables similaires à celles qu’ils ont connues. Ils retrouvent néanmoins l’espoir et nous offrent des encouragements en nous rappelant qu’ils ont été libérés par le pouvoir de la grâce et de la vérité du Christ opérant grâce au témoignage sans ambiguïté et aimant d’un prêtre ou d’un laïc animé par la charité. Il n’en est que plus vrai que le témoignage personnel d’un évêque, exprimé avec le souci pastoral et la pleine autorité d’un Successeur des Apôtres donnerait au Christ un moyen efficace de rassembler, aider et guider son peuple.

Nous vous remercions d’avoir eu la courtoisie de prendre en compte le présent appel.

Nous prions pour que Dieu vous soutienne à Son service et nous vous demandons votre bénédiction.

Vos frères dans le ministère sacerdotal et apostolique :

Pour une liste actuelle des signataires, voir

http://www.curapastoralis.org/view.php

Exposé explicatif sur l’Appel Pastoral à l’intention des Prêtres et autres personnes intéressées

A l’intention des prêtres : Nous vous remercions de bien vouloir envisager de signer le présent Appel et d’en adresser une copie à votre évêque (voir www.curapastoralis.org). En tant qu’acte pastoral et de témoignage sacerdotal du Christ et de son Evangile, cet Appel exige un engagement personnel, et non l’anonymat. Par ailleurs, nous ne pouvons à raison rester dans l’anonymat alors que nous demandons à nos évêques de poser un acte public.

Les prêtres signataires de ce document se sont engagés dans un effort pastoral, et non dans une initiative politique. Ils agissent en leur nom propre, et non en tant que membres d’un groupe ou d’un mouvement au sein de l’Eglise. Nous leur demandons, à l’occasion des discussions consacrées au présent Appel, de préciser qu’ils interviennent à titre personnel, et non pour le compte des autres signataires.

Nous reconnaissons que certains prêtres, tout en marquant leur accord sur les préoccupations fondamentales et les affirmations de l’Evangile exprimées dans cet Appel, choisissent de ne pas le signer pour des raisons prudentielles. Nous sollicitons le bénéfice de leurs prières.

Raison d’être : Le présent Appel est fondé sur deux observations de fait et sur un jugement pastoral qui en découle. Les faits sont les suivantes : 1) le problème pastoral et le préjudice graves causés par la résurgence d’une approche nocive et longtemps rejetée de la vie morale chrétienne ; et 2) le caractère inadéquat des efforts ecclésiaux, passés et actuels, tendant à mettre un terme à cette approche fausse. Notre jugement pastoral nous amène à considérer qu’en raison de cette histoire, nous avons besoin d’une correction formelle de ces erreurs et d’une réaffirmation de l’Evangile exprimée avec toute l’autorité du ministère apostolique ; sans cela, une situation déjà dommageable ne manquera pas de s’aggraver significativement.

Il est essentiel de noter que cette approche dommageable n’est pas nouvelle et que ses principes ont été corrigés de manière répétée et précise par l’Eglise. En conséquence, l’assistance pastorale que nous sollicitons dans cet appel n’exigerait pas de spéculations de la part d’un évêque, mais qu’il emploie l’ensemble de son autorité apostolique afin de réaffirmer les enseignements du Christ et la correction de ces erreurs par l’Eglise. Cette forme de témoignage apostolique du Christ et de l’Evangile se révèle d’une efficacité unique mettre pour un terme au dommage causé par l’erreur, car elle a été instituée et ordonnée par Dieu afin d’apporter sa grâce et la vérité aux hommes et les rassembler dans la foi et la vie de l’Eglise (voir Luc 10:16 ; Matthieu 28:18-20 ; Actes 2:42 ; I Thes. 2:13).

Buts : En notre qualité de prêtres répondant au préjudice créé par cette approche, nous souhaitons : 1) rendre un témoignage public du Christ et de ses enseignements, en conseillant ainsi ceux qui sont dans le doute ou qui ont été égarés et en apportant notre solidarité à ceux qui restent fidèles à l’Evangile dans des circonstances difficiles, et des encouragements à nos frères prêtres afin qu’ils puissent exercer leur ministère avec compassion et persévérance, en prêchant l’Evangile authentique, plutôt que de céder à l’impatience, la passivité ou l’ambiguïté délibérée ; 2) d’attirer l’attention sur les efforts déployés pendant des décennies récentes par l’Eglise afin de réparer ce préjudice en corrigeant ces erreurs ; 3) de demander, au vu du caractère inadéquat de ces efforts passés, que chaque évêque envisage de faire usage de toute son autorité apostolique afin de réaffirmer l’Evangile et de réfuter ces erreurs 4) et de présenter, de manière fraternelle et filiale, nos préoccupations pastorales et notre appel.

Style et portée : La langue utilisée est pastorale et religieuse, mais évite le recours à une terminologie théologique et canonique spécialisée. Ceci traduit notre souci essentiel qui, tout en portant sur des questions de doctrine, met avant tout l’accent sur la nécessité d’apporter en temps utile une assistance efficace aux personnes blessées par cette approche nocive de la vie chrétienne. Nous estimons également que le style de cet Appel correspond à son caractère filial et fraternel.

Les dix affirmations de l’Evangile présentes dans cet Appel sont des expressions positives de la foi catholique. Elles s’adressent aux enjeux fondamentaux soulevés par cette approche erronée, non à fournir une analyse ou une réfutation exhaustive de celles-ci.

Texte et Traductions : Le texte officiel anglais de l’Appel et ses traductions autorisées sont disponibles sur le site http://www.curapastoralis.org/

 

Source : France catholique

A la une #Tribunes et entretiens

L’Eglise en Occident est obsédée par les divorcés et l’accueil des homosexuels

Dans un entretien accordé à la radio publique autrichienne ORF, [le cardinal nigérian John Onaiyekan] dit son « étonnement » de voir l’Eglise d’Occident obsédée par le cas des divorcés remariés et de l’accueil aux homosexuels plutôt que de prendre conscience de son grand problème, celui des églises vides.

Et de souligner que l’Europe se laïcise de plus en plus et que beaucoup de gens ne viennent plus du tout dans les lieux de culte, alors qu’au Nigéria, l’Eglise catholique est en pleine croissance.

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NLQ #Points non négociables PNN

Une prophétie de Jean-Paul II : les prêtres auraient à souffrir s’ils exprimaient leur opposition au remariage et à la contraception

LifeSite vient d’attirer l’attention sur un discours fait par Jean-Paul II aux prêtres sur le thème de la « procréation responsable » en 1984, dans lequel il les avertissait en termes prophétiques des difficultés qu’ils auraient à souffrir s’ils rappelaient avec constance l’enseignement de l’Eglise sur le mariage, le remariage et la contraception, invoquant naturellement l’encyclique Humanae vitae et les questions de conscience qui aujourd’hui sont disputées jusqu’au sein de l’Eglise. Sans doute le pape de Familiaris consortio et de la « théologie du corps » n’imaginait-il pas le tour que prendraient les événements alors que l’affirmation de la doctrine traditionnelle de l’Eglise sur la morale conjugale est aujourd’hui relativisée jusque dans des documents romains.

Il est donc utile de revenir vers cet enseignement qui éclaire l’actualité en pointant toutes les difficultés liées à ces exigences, mais qui affirme de manière éclatante la beauté et la nécessité de la vérité.

 

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Conférences/Formations #NLQ

Rencontre Chemin d’Espérance 16 : Réalités et défis de nos familles à Angoulême (16) le 24 mars 2018

Une rencontre samedi 24 mars de 14h30 à 17h pour comprendre et faire vivre nos familles, l’Exhortation Apostolique “Amoris Laetitia” (La Joie de l’Amour) nous parle de nos familles, de nous tels que nous sommes et peut être un support concret pour cheminer.

Samedi 24 mars 14:30-17:00
Maison diocésaine – salle St Ausone – 226 rue de Bordeaux – Angoulême

 

‘‘Où en sont réellement les enfants sur leur chemin ?

§ 261 « […] On ne peut pas avoir sous contrôle toutes les situations qu’un enfant pourrait traverser. Ici, vaut le principe selon lequel « le temps est supérieur à l’espace ». C’est-à-dire qu’il s’agit plus de créer des processus que de dominer des espaces. Si un parent est obsédé de savoir où se trouve son enfant et de contrôler tous ses mouvements, il cherchera uniquement à dominer son espace. De cette manière, il ne l’éduquera pas, ne le fortifiera pas, ne le préparera pas à affronter les défis. Ce qui importe surtout, c’est de créer chez l’enfant, par beaucoup d’amour, des processus de maturation de sa liberté, de formation, de croissance intégrale, de culture d’une authentique autonomie. C’est seulement ainsi que cet enfant aura en lui-même les éléments nécessaires pour savoir se défendre ainsi que pour agir intelligemment et avec lucidité dans les circonstances difficiles. […]. Par conséquent, les questions que je pose aux parents sont : « Essayons-nous de comprendre ‘‘où’’ en sont réellement les enfants sur leur chemin ? Où est réellement leur âme, le savons-nous ? Et surtout, cela nous intéresse-t-il de le savoir ? »

“Cheminons… Continuons… Ne désespérons pas, ne renonçons pas”

§ 325. […] comme nous l’avons rappelé plusieurs fois dans cette Exhortation, aucune famille n’est une réalité céleste et constituée une fois pour toutes, mais la famille exige une maturation progressive de sa capacité d’aimer […]. Tous, nous sommes appelés à maintenir vive la tension vers un au-delà de nous-mêmes et de nos limites, et chaque famille doit vivre dans cette stimulation constante. Cheminons, familles, continuons à marcher ! Ce qui nous est promis est toujours plus. Ne désespérons pas à cause de nos limites, mais ne renonçons pas non plus à chercher la plénitude d’amour et de communion qui nous a été promise.

Des questions pour préparer notre rencontre :

  • Quelles sont les ressources dont je dispose pour m’aider dans mon métier de parent, grand parent, éducateur… ?
  • Quelles sont mes attentes ? Avec qui ?
  • La réalité familiale est faite de milliers de gestes réels et concrets. De quelle manière je vis cela dans ma vie de famille

Pour approfondir notre échange autour des questions, nous nous appuierons sur l’Evangile de Luc 2, 41-52 : Jésus au temple.

Chaque année, les parents de Jésus se rendaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque.
Quand il eut douze ans, ils montèrent en pèlerinage suivant la coutume.
À la fin de la fête, comme ils s’en retournaient, le jeune Jésus resta à Jérusalem à l’insu de ses parents.
Pensant qu’il était dans le convoi des pèlerins, ils firent une journée de chemin avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances.
Ne le trouvant pas, ils retournèrent à Jérusalem, en continuant à le chercher.
C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi : il les écoutait et leur posait des questions, et tous ceux qui l’entendaient s’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses.
En le voyant, ses parents furent frappés d’étonnement, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme ton père et moi, nous avons souffert en te cherchant ! »
Il leur dit : « Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? »
Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait.
Il descendit avec eux pour se rendre à Nazareth, et il leur était soumis. Sa mère gardait dans son cœur tous ces événements.
Quant à Jésus, il grandissait en sagesse, en taille et en grâce, devant Dieu et devant les hommes.

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A la une #NLH #Tribunes et entretiens

Humanae vitae en danger ? Attaque et contre attaque dans les coulisses de la Curie

Le siège contre l’encyclique « Humanae vitae » de Paul VI datant de 1968 vient de connaître ces derniers jours deux nouveaux assauts. Mais également une vigoureuse contre-attaque.

Le premier assaut vient du cardinal Walter Kasper qui vient, dans un livret, de faire l’éloge du « changement de paradigme » inauguré par le Pape François avec l’exhortation « Amoris laetitia ». Un changement de paradigme – écrit Kasper – qui ne se limite pas à autoriser la communion aux divorcés remariés mais qui selon lui pourrait également légitimer la contraception.

Le second vient du journal des évêques italiens “Avvenire” qui vient de publier un commentaire alambiqué d’un très beau livre qui vient de sortir sur la genèse de “Humanae vitae” contenant de nombreux documents inédits de la correspondance de Jean-Paul II. Malgré la qualité de l’ouvrage, Avvenire tente de faire passer Jean-Paul II pour un fondamentaliste rigide qui aurait fait pression sur un Paul VI ouvert.

Face à ces deux interprétations malhonnêtes, Luigi Melina, Melina, l’ancien président de l’Institut pontifical Jean-Paul II d’études sur le mariage et la famille, remet les pendules à l’heure.

 

 

On entend aujourd’hui parler d’un « changement de paradigme » historique qu’il faudrait appliquer à la morale sexuelle catholique. Dans le but de l’imposer, on est en train de se livrer à une tentative discutable de relecture historique qui oppose les personnages de Paul VI et de Jean-Paul II, voyant dans le second un traditionnaliste rigide et intransigeant qui aurait compromis l’attitude ouverte et flexible du premier.

En réalité, cette falsification grossière et arbitraire ne vise qu’à faciliter une manipulation idéologique du magistère du Pape Paul VI. La mise entre parenthèses de l’enseignement de Saint Jean-Paul II sur la théologie du corps et sur les fondements de la morale, de ses catéchèses et de « Veritatis splendor » au nom du nouveau paradigme pastoral du discernement au « cas par cas » ne nous fait faire aucun pas en avant, au contraire, il nous fait reculer vers le casuistique, avec le désavantage que celle-ci était au moins soutenue par un solide contexte ecclésial et culturel de vie chrétienne tandis qu’aujourd’hui elle ne pourrait qu’aboutir en une totale subjectivisation de la morale.

Le Pape François a récemment approuvé la publication de la part de la Congrégation pour la doctrine de la foi de la lettre « Placuit Deo », qui met entre autre en garde contre une résurgence du néo-gnosticisme. Ne serait-ce pas cela le venin qui se cache derrière ces soi-disant relectures et actualisations de « Humanae vitae » qui, en prétendant dépasser la lettre voudraient pour en atteindre l’esprit ou qui, en niant avec suffisance sa pertinence normative (« le problème de ‘Humanae vitae’ ce n’est pas oui ou non à la pilule ») en exalte une vague dimension prophétique anthropologique creuse, une affirmation de valeurs ensuite laissées à l’interprétation subjective, en fonction des circonstances ?

A l’opposé de ces tendances le livre de Pawel Galuszka est un puissant remède qui nous permet de respirer la bonne théologie morale de Karol Wojtyla, qui a été le fils fidèle et dévoué de Paul VI avant de lui succéder sur la chaire de Saint Pierre.

Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.

Luigi Melina

 

 

Source Diakonos.be

Tribunes et entretiens

Amoris laetitia – Le cardinal Eijk pointe du doigt les dangers de la confusion engendrée aux Pays-Bas et dans le monde

Nous continuons de donner la parole au débat sur Amoris Laetitia. Aujourd’hui l’avis du cardinal Eijk.

 

Il ne fait pas partie des quatre cardinaux qui avaient soumis leurs « dubia » au Pape François en 2016.

Pourtant, il épouse pleinement leur cause quand il dit que « la source de la confusion, c’est l’exhortation post-synodale ‘Amoris laetitia’ » et qu’il ajoute ensuite  : «  C’est pour cela que je serais ravi si le Pape pouvait faire la clarté sur ce point, de préférence sous la forme d’un document magistériel   ».

À 65 ans, ce médecine et théologien hollandais expert en bioéthique est archevêque d’Utrecht depuis 2007. Il a présidé jusqu’en 2016 la Conférence épiscopale des Pays-Bas.  Le cardinal Willem Jacobus Eijk n’est pas du genre à garder sa langue dans sa poche.

Il a toujours combattu au grand jour les thèses favorables à la communion aux divorcés remariés, avant, pendant et après les deux synodes sur la famille.

Il a fait partie des onze cardinaux qui, pendant l’été 2015, s’étaient publiquement prononcés dans un livre en faveur de la doctrine de toujours.

C’est également l’un des treize cardinaux qui avaient écrit au pape, au début de la seconde session du synode, cette lettre qui l’avait mis en colère, pour défendre la liberté et la justesse des débats synodaux.

Il est aujourd’hui l’un des plus ardents critiques de la confusion provoquée par  Amoris laetitia , comme on peut le voir dans l’interview que nous reproduisons ci-dessous et qui constitue la partie finale d’un entretien avec Lorenzo Bertocchi parue dans le numéro de mars du mensuel italien « Il Timone ».

Dans un autre passage de cette interview, le cardinal Eijk décrit et dénonce la pente glissante, « the slippery slope », qui dans plusieurs pays, à commencer par la Hollande, mène à une légalisation et à une acceptation de plus en plus généralisée et à des niveaux de plus en plus extrêmes, de l’euthanasie, des mariages homosexuels, de l’idéologie du « gender », avec une Eglise catholique à son tour traversée par une crise de foi qui la rend aveugle face au danger.

Mais voici comment il considère précisément la crise générée par « Amoris laetitia », une crise qui « est en train de briser l’Eglise » sans que jamais une parole clarificatrice ne parvienne de la chaire de Pierre.

Eminence, que pensez-vous de la question controversée de l’accès aux sacrements pour les couples de divorcés remariés ? 

– La question de savoir si l’on peut autoriser les soi-disant divorcés-remariés civilement à recevoir l’absolution sacramentelle et donc l’Eucharistie est en train de briser l’Eglise.  On assiste à un débat, parfois assez virulent, à tous les niveaux, entre cardinaux, évêques, prêtres et laïcs.  La source de cette confusion, c’est l’exhortation post-synodale « Amoris laetitia », rédigée par le Pape François en conclusion du synode sur la famille de 2014 et de 2015.

Cette confusion concerne surtout le numéro 305 de l’exhortation.  On observe que certaines conférences épiscopales ont introduit des règles pastorales qui impliquent que les divorcés-remariés puissent être admis à la communion sous une série de conditions et au terme d’un parcours de discernement pastoral de la part du prêtre qui les accompagne.  En revanche, d’autres conférences épiscopales l’excluent.  Or, ce qui est vrai à un endroit A ne peut pas être faux à un endroit B.  Ces interprétations différentes de l’exhortation, qui portent sur des questions doctrinales, causent la confusion chez les fidèles.  Je serais donc ravi si le Pape pouvait faire la clarté sur ce point, de préférence sous la forme d’un document magistériel.

Ayant moi-même participé aux deux synodes sur la famille, j’ai défendu le fait que l’on ne pouvait pas permettre aux divorcés civilement remariés de recevoir la communion.  Je l’ai également écrit dans un article publié dans l’intervalle entre les deux synodes dans un livre contenant les interventions de onze cardinaux.

Pourriez-vous brièvement expliquer votre position ?

– Jésus lui-même nous dit que le mariage est indissoluble.  Dans l’Evangile selon Matthieu (19, 9, cf. 5, 32), il semble admettre une exception, c’est-à-dire que l’on pourrait répudier sa propre femme « en cas d’union illégitime ».  Cependant, le sens du mot grec « porneia » que l’on traduit ici par « union illégitime », est incertain : il signifie très probablement une union incestueuse à cause d’un mariage entre niveaux de parentés interdits (cfr. Lv 18, 6-18, Ac 15, 18-28).

L’argument fondamental, c’est que l’on ne peut pas autoriser aux divorcés-remariés de recevoir la communion sur base de l’analogie entre le rapport entre mari et femme et celui entre le Christ et l’Eglise (Ep. 5, 23-32).  Le rapport entre le Christ et l’Eglise est un don mutuel total.  Le don total de Christ à l’Eglise se réalise dans le don de sa vie sur le croix.  Ce don total est rendu présent dans le sacrement de l’Eucharistie.

Donc, celui qui participe à l’Eucharistie doit être prêt à un don total de lui-même qui s’inscrit dans le don total de l’Eglise au Christ.  Celui qui divorce et se remarie civilement, alors que le premier mariage n’a pas été déclaré nul, viole le don mutuel total que ce premier mariage implique.  Le second mariage civil n’est donc pas un véritable mariage.  Le fait de violer le don total du premier mariage qu’il faut encore considérer comme valide et l’absence de la volonté de s’en tenir à ce don total rend la personne en question indigne de participer à l’eucharistie qui rend présent le don total de Christ à l’Eglise.  Ceci n’empêche cependant en rien les divorcés-remariés de participer aux autres célébrations liturgiques, y compris à l’Eucharistie, sans recevoir la communion, ni que les prêtres les accompagnent pastoralement.

Dans le cas où les divorcés civilement remariés ne peuvent pas se séparer, par exemple à cause de leurs obligations envers leur enfants, ils ne peuvent être admis à la communion et au sacrement de la réconciliation que s’ils répondent aux conditions mentionnées au numéro 84 de « Familiaris consortio » et au numéro 29 de « Sacramentum caritatis ».  L’une de ces conditions, c’est qu’ils doivent s’engager à vivre comme frère et sœur, c’est-à-dire s’abstenir d’avoir des rapports sexuels.

Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.

Source

 

Pour y voir plus clair dans ce débat notre dossier

NLH #NLQ #Rome

Le cardinal Müller met en garde contre une modernisation suicidaire de l’Eglise

Depuis plusieurs mois la Curie est en ébullition et les cardinaux se livrent à l’occasion d’un interview, d’une conférence ou d’une homélie, à des “confidences publiques” dont chacun est libre de penser ce qu’il veut, mais qui traduisent en tout cas un malaise grandissant au plus haut niveau de notre Eglise.

 

Au cours d’une récente conférence sur l’Encyclique “Veritatis Splendor” de Saint Jean-Paul II donnée dans le cadre de la Conférence des évêques Slovaquie et de l’Université Comenius de Bratislava, le cardinal Gerhard Müller a déclaré que « séparer l’enseignement dogmatique de l’enseignement moral revenait à transformer l’Eglise en une ONG soumise à ceux qui ne prétendent qu’à l’amélioration des conditions de vie ici-bas. » dans le monde intérieur. Et le cardinal d’ajouter qu’une telle façon de faire était « suicidaire » dans la mesure où l’on trompe les fidèles en les empêchant d’avoir accès à la vérité divine.

Interrogé sur “Amoris laetitia”, l’ancien préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi a répondu qu’il déplorait les différentes interprétations que font les Conférences épiscopales du document de François : « Pour ce qui touche aux questions dogmatiques, il ne saurait y avoir de pluralisme. Ainsi, le huitième chapitre d’“Amoris laetitia” doit être compris d’une façon “orthodoxe”. Par conséquent, ceux qui vivent en état de péché mortel ne peuvent pas recevoir la communion eucharistique. »

Enfin, le cardinal a révélé qu’il avait dit lui-même au pape François que « si les conférences des évêques donnent des interprétations différentes d’“Amoris laetitia”, alors l’Eglise sera dans une situation similaire à celle que connaissent les communautés issues de la Réforme. » Et au passage, il a ajouté qu’« on ne peut pas célébrer la Réforme qui a conduit à la division de l’Eglise. »

Source : “Tagespost”.

traduction