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Le cardinal Müller met en garde contre une modernisation suicidaire de l’Eglise

Depuis plusieurs mois la Curie est en ébullition et les cardinaux se livrent à l’occasion d’un interview, d’une conférence ou d’une homélie, à des “confidences publiques” dont chacun est libre de penser ce qu’il veut, mais qui traduisent en tout cas un malaise grandissant au plus haut niveau de notre Eglise.

 

Au cours d’une récente conférence sur l’Encyclique “Veritatis Splendor” de Saint Jean-Paul II donnée dans le cadre de la Conférence des évêques Slovaquie et de l’Université Comenius de Bratislava, le cardinal Gerhard Müller a déclaré que « séparer l’enseignement dogmatique de l’enseignement moral revenait à transformer l’Eglise en une ONG soumise à ceux qui ne prétendent qu’à l’amélioration des conditions de vie ici-bas. » dans le monde intérieur. Et le cardinal d’ajouter qu’une telle façon de faire était « suicidaire » dans la mesure où l’on trompe les fidèles en les empêchant d’avoir accès à la vérité divine.

Interrogé sur “Amoris laetitia”, l’ancien préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi a répondu qu’il déplorait les différentes interprétations que font les Conférences épiscopales du document de François : « Pour ce qui touche aux questions dogmatiques, il ne saurait y avoir de pluralisme. Ainsi, le huitième chapitre d’“Amoris laetitia” doit être compris d’une façon “orthodoxe”. Par conséquent, ceux qui vivent en état de péché mortel ne peuvent pas recevoir la communion eucharistique. »

Enfin, le cardinal a révélé qu’il avait dit lui-même au pape François que « si les conférences des évêques donnent des interprétations différentes d’“Amoris laetitia”, alors l’Eglise sera dans une situation similaire à celle que connaissent les communautés issues de la Réforme. » Et au passage, il a ajouté qu’« on ne peut pas célébrer la Réforme qui a conduit à la division de l’Eglise. »

Source : “Tagespost”.

traduction

 

 

A la une #NLH #Tribunes et entretiens

L’Eglise catholique serait-elle en train de se protestantiser ?

 

Dans une tribune donnée pour le FigaroVox, Aline Lisotte, dénonce sans concession les ambiguïtés du synode sur la Famille.

Extraits

 

On veut donner plus de place, désormais, aux circonstances. Or la distinction classique montre qu’il y a des actes moraux qui sont objectivement graves.

 

Or, et c’est là le fond du problème, la condition de commettre, ou de ne pas commettre un adultère, ne dépend pas uniquement des conditions intérieures du jugement de conscience mais elle dépend de la validité, ou de la non validité du premier mariage.

L’Église peut évoluer sur des questions qui découle de son droit propre. Ainsi elle évolue sur beaucoup de questions : réformes liturgiques, réforme de la pénitence pendant le carême, réforme sur les fêtes de préceptes, reforme sur l’état clérical, reforme sur l’exercice de l’autorité dans l’Église (collégialité), reforme de procédures sur les demandes de décret de nullité du mariage, réforme sur les vœux de religion. Depuis Vatican II, on a vu s’abattre une somme de réformes qui ont façonné de façon directe notre comportement extérieur vis-à-vis de Dieu et notre agir communautaire envers nos frères. Les réformes ont d’ailleurs été tellement importantes qu’il a fallu réécrire et promulgué une nouveau Droit Canon (1983).

Mais il y a des domaines qui ne sont pas du droit de l’Église. D’abord parce qu’aucun Pape n’a fondé et ne fonde l’Église. C’est toujours Jésus-Christ qui bâtit son Eglise. Ensuite parce que le Christ a laissé à l’Église des moyens de participer à sa vie, à sa prière, à son mystère de salut, moyens qui sont liés à sa volonté : ce sont les sacrements et leur substance sur lesquels l’Église n’a aucun pouvoir. Il faut toujours de l’eau pour baptiser ; il faut toujours du pain et du vin pour une consécration eucharistique ; il faut toujours une accusation orale des péchés – on ne peut faire cela par correspondance ou par internet – pour recevoir le sacrement de la Réconciliation. Enfin il faut toujours que l’homme quitte son père et sa mère et s’attache à sa femme, pour qu’un consentement matrimonial ait valeur de sacrement. Cette substance sacramentelle n’appartient pas à l’Église.

A la une #NLH #NLQ #Rome

Amoris- Laetitia – Le cardinal Wim Eijk demande que le pape François mette fin aux « doutes »

Dans un entretien avec le quotidien néerlandais Trouw, l’archevêque d’Utrecht, le cardinal Wim Eijk vient d’appeler le pape François à apporter de la « clarté » face aux « doutes » semés par l’exhortation post-synodale Amoris Laetitia à propos de l’accès à la communion pour les divorcés « remariés ». S’il s’efforce d’affirmer, dans cet entretien paru vendredi dernier, que le pape n’a « jamais, nulle part » déclaré que ces couples pouvaient recevoir le sacrement de pénitence et de l’Eucharistie, il emploie tout de même des mots qui ont été ceux de nombreux évêques, universitaires et théologiens, mais aussi ceux des quatre cardinaux des « Dubia » demandant au pape François de faire la lumière sur cette question, sans jamais recevoir de réponse.

Le cardinal Wim Eijk, connu pour ses positions fidèles à la tradition de l’Eglise en matière de morale familiale et conjugale, avait déclaré à l’issue des deux synodes sur la famille que l’Eglise catholique ne saurait modifier son enseignement traditionnel sur le refus de la communion aux couples divorcés « remariés », assurant alors que le pape ne changerait pas la doctrine à cet égard.

Le cardinal Wim Eijk reconnaît l’existence de « doutes » semés par Amoris Laetitia

 

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Conférences/Formations #NLQ

Rencontre Chemin d’Espérance 16 : Le Pardon – Angoulême (16) le 13 janvier 2018

 

 

S’ouvrir à un avenir, et envisager éventuellement le Pardon.

L’Exhortation Apostolique “Amoris Laeitita” (La Joie de l’Amour) nous accompagnera dans ce thème du pardon, régulièrement revisité à la demande du groupe.

  • Samedi 13 janvier 14:30-17:00 – Maison Paroissiale de St Cybard – 4 impasse Weiller- 16000 Angouleme Contact : 06 62 00 85 64 – 05 45 21 44 12 ou 06 82 10 86 89

Le pardon dans Amoris Laetitia

§ 105. Ne pas être impitoyable devant les erreurs de l’autre et laisser venir une soif de vengeance :
« Si nous permettons aux mauvais sentiments de pénétrer nos entrailles, nous donnons lieu à cette rancœur qui vieillit dans le cœur. La phrase logizetai to kakón signifie ‘‘prend en compte le mal’’, ‘‘en prend note’’ c’est-à-dire est rancunier. Le contraire, c’est le pardon, un pardon qui se fonde sur une attitude positive, qui essaye de comprendre la faiblesse d’autrui et cherche à trouver des excuses à l’autre personne, comme Jésus qui a dit : « Père, pardonne-leur : ils ne savent ce qu’ils font » (Lc 23, 34). Mais généralement la tendance, c’est de chercher toujours plus de fautes, d’imaginer toujours plus de méchanceté, de supposer toutes sortes de mauvaises intentions, de sorte que la rancœur s’accroît progressivement et s’enracine. De cette manière, toute erreur ou chute du conjoint peut porter atteinte au lien amoureux et à la stabilité de la famille. Le problème est que parfois on donne la même gravité à tout, avec le risque de devenir impitoyable devant toute erreur de l’autre. La juste revendication de ses propres droits devient une soif de vengeance persistante et constante plus qu’une saine défense de la dignité personnelle. »

§ 106. Un pardon difficile qui suppose un grand esprit de sacrifice et de recherche de la communion familiale qui passe par la compréhension, la tolérance, le pardon :
« Quand on a été offensé ou déçu, le pardon est possible et souhaitable, mais personne ne dit qu’il est facile. La vérité est que ‘ seul un grand esprit de sacrifice permet de sauvegarder et de perfectionner la communion familiale. Elle exige en effet une ouverture généreuse et prompte de tous et de chacun à la compréhension, à la tolérance, au pardon, à la réconciliation. Aucune famille n’ignore combien l’égoïsme, les dissensions, les tensions, les conflits font violence à la communion familiale et peuvent même parfois l’anéantir : c’est là que trouvent leur origine les multiples et diverses formes de division dans la vie familiale’. »

§107. Passer par l’expérience libératrice de nous comprendre et nous pardonner à nous-mêmes :
« Nous savons aujourd’hui que pour pouvoir pardonner, il nous faut passer par l’expérience libératrice de nous comprendre et de nous pardonner à nous-mêmes. Souvent nos erreurs, ou le regard critique des personnes que nous aimons, nous ont conduit à perdre l’amour de nous-mêmes. Cela fait que nous finissons par nous méfier des autres, fuyant l’affection, nous remplissant de peur dans les relations interpersonnelles. Alors, pouvoir accuser les autres devient un faux soulagement. Il faut prier avec sa propre histoire, s’accepter soi-même, savoir cohabiter avec ses propres limites, y compris se pardonner, pour pouvoir avoir cette même attitude envers les autres. »

Dieu est plus grand que nos erreurs. Faire l’expérience d’être pardonné par Lui, d’être justifié gratuitementet non pour nos mérites.

§108. L’expérience d’être pardonné gratuitement par Dieu :
« Mais cela suppose l’expérience d’être pardonné par Dieu, justifié gratuitement et non pour nos mérites. Nous avons été touchés par un amour précédant toute œuvre de notre part, qui donne toujours une nouvelle chance, promeut et stimule. Si nous acceptons que l’amour de Dieu est inconditionnel, que la tendresse du Père n’est ni à acheter ni à payer, alors nous pourrons aimer par-dessus tout, pardonner aux autres, même quand ils ont été injustes contre nous. Autrement, notre vie en famille cessera d’être un lieu de compréhension, d’accompagnement et de stimulation ; et elle sera un espace de tension permanente et de châtiment mutuel. »

• Des questions pour préparer notre rencontre :

o Comment résonne pour vous cet enseignement du Pape François sur le Pardon ?
o Parvenez-vous à mettre en œuvre ses recommandations ?
o Si oui, comment ?
o Si non, qu’est-ce qui vous en empêche ?

La parabole du débiteur impitoyable dans l’Evangile de Mathieu 18, 23-35
Nous prendrons cet Evangile pour chercher ce que la Parole nous dit en regardant comment, nous-même, nous sommes ouverts au pardon de Dieu :

« Ainsi, le royaume des Cieux est comparable à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs.
Il commençait, quand on lui amena quelqu’un qui lui devait dix mille talents (c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent).
Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser, le maître ordonna de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, en remboursement de sa dette.
Alors, tombant à ses pieds, le serviteur demeurait prosterné et disait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout.”
Saisi de compassion, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette.
Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons qui lui devait cent pièces d’argent. Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant : “Rembourse ta dette !”
Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai.”
Mais l’autre refusa et le fit jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait.
Ses compagnons, voyant cela, furent profondément attristés et allèrent raconter à leur maître tout ce qui s’était passé.
Alors celui-ci le fit appeler et lui dit : “Serviteur mauvais ! je t’avais remis toute cette dette parce que tu m’avais supplié. Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?” Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait.
C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. »

Pour poursuivre notre réflexion :

Notre cœur est-il ouvert au pardon ?
On ne peut rentrer sur ce chemin que si, nous-mêmes, nous sommes ouverts au pardon. C’est le sens de cette phrase si énigmatique du Notre Père : “Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés”. Ce serait donc du donnant-donnant ? Ce n’est pas exactement de cela qu’il s’agit. Prenons une comparaison : A la fin de l’été, les jardiniers disaient que la terre était tellement sèche que la pluie, même très drue, ne pouvait pas pénétrer dans la terre. Elle glissait dessus. Ainsi en est-il du pardon. Si notre terre est trop sèche, si nous ne nous entraînons pas à pardonner dans les petites choses, alors jamais nous ne pourrons accueillir le pardon dans la blessure grande ouverte du divorce, et jamais nous ne pourrons le donner un jour.
Jésus, sur ce sujet, a raconté une histoire, celle du débiteur impitoyable (Mt18, 21-35). Cet homme devait une somme colossale au roi. Ce dernier a eu pitié de lui et lui a remis sa dette. En sortant, il n’a rien trouvé de mieux que de jeter en prison un ami à qui il avait prêté une petite somme. Et de se demander comment cela pouvait être possible. C’est sans doute tout simplement que sa terre était très sèche ! Mais il y a un autre message dans cette parabole : il faudrait que nous prenions conscience de l’immensité de la dette remise par Dieu à notre égard. Et alors seulement le pardon au frère, aussi important soit-il, deviendra sans doute plus facile !
Il faudrait encore citer beaucoup d’autres paroles de Jésus sur le pardon, tant l’Evangile en est rempli. Mais ce qui est surtout essentiel, c’est de le regarder, Lui, dans son attitude avec les personnes, Zachée, Marie Madeleine ou la femme adultère… sa conscience si forte du péché qui nous paralyse et pour lequel le pardon jaillit de sa bouche et de son cœur avec le paralytique par exemple, et cet appel à la réconciliation avec le frère qui est plus important que l’offrande apportée à l’autel. “Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux.” Luc 6, 36.
Père Guy de Lachaux – Chrétiens Divorcés, Chemins d’Espérance- n°83

 

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Contact : chemindesperance@gmail.com
06 62 00 85 64 – 05 45 21 44 12 ou 06 82 10 86 89

NLQ #Récollections/Retraites

Après un divorce et un second mariage – week-end du 12 au 14 janvier 2018 à Gémenos (13)

Ce week-end s’adresse aux personnes divorcées remariées civilement (ou établies dans une nouvelle union) qui désirent lire leur nouvel engagement sous le regard de Dieu.

« Dieu bénit votre couple »

« Chaque famille, malgré ses faiblesses, peut devenir une lumière dans les ténèbres » (Pape François). L’exhortation apostolique Amoris laetita du pape François peut servir de guide pour baliser ce chemin (ou ce devenir), en aidant :

  • à découvrir comment ce couple peut être une parole de bénédiction, un chemin possible de grâce, un lieu de sanctification
  • à s’interroger sur les manières possibles de participer à la vie ecclésiale où chacun a sa place.

« Si nous voyons beaucoup de difficultés, elles sont un appel à libérer en nous les énergies de l’espérance, en les traduisant en rêves prophétiques, en actions qui transforment et en imagination de la charité » (Amoris laetitia, n. 57).

Il y aura quelques apports pour engager la réflexion, mais seront privilégiés les temps à deux pour ensemble écrire un projet.

Quand ?
Du vendredi 12 janvier, 20h30
au
dimanche 14 janvier, 17h

Où ?
Au Prieuré de Saint-Jean de Garguier
2237 route de Saint-Jean-de-Garguier 13420 GÉMENOS

Combien ?
170 € / personne
(105 € demandeur d’emploi)

Comment s’inscrire ?
En allant sur le site Jésuites en Provence >>>

Besoin d’en parler avec un des animateurs avant de vous inscrire ?
Envoyez-nous un courrier électronique avec votre numéro de téléphone et nous vous appellerons. Notre adresse contact@jesuitesenprovence.com

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Téléchargez le tract en cliquant ci-dessous

 

 

Lire l’édito d’Infocatho sur Amoris Laetitia.

A la une #NLH #NLQ #Points non négociables PNN

Mgr Schneider – Amoris laetitia – Profession des vérités immuables sur le mariage sacramentel

En faisant cette profession publique devant notre conscience et devant Dieu qui nous jugera, nous sommes sincèrement convaincus d’avoir ainsi rendu un service de charité dans la vérité à l’Église actuelle et au Souverain Pontife, Successeurde Pierre et Vicaire du Christ sur la terre.

C’est ainsi que Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d’Astana conclut sa profession de foi.

Profession des vérités immuables

sur le mariage sacramentel

Après la publication de l’exhortation apostolique ‘Amoris laetitiae’ (2016), divers évêques ont émané, au niveau local, régional et national, des normes d’application sur la discipline sacramentelle des fidèles, dits « divorcés-remariés » qui, bien que le conjoint auquel ils sont unis par un lien valide du mariage sacramentel vive encore, ont toutefois entamé une cohabitation stable à la manière des époux avec une personne autre que leur conjoint légitime.

Ces normes prévoient entre autres que, dans des cas individuels, les personnes dites « divorcées-remariées » puissent recevoir le sacrement de Pénitence ainsi que la Sainte Communion bien qu’ils continuent de vivre habituellement et intentionnellement à la manière des époux avec une personne autre que leur conjoint légitime. De telles normes pastorales ont reçu l’approbation de plusieurs autorités hiérarchiques. Quelques-unes de ces normes ont même reçu l’approbation de l’autorité suprême de l’Église.

La diffusion de telles normes pastorales approuvées ecclésiastiquement, a causé une confusion notable et toujours plus grande tant chez les fidèles que dans le clergé. Confusion qui touche tellement au cœur de la vie de l’Église par des manifestations comme le mariage sacramentel, la famille, église domestique, et le sacrement de la Très-Sainte-Eucharistie.

D’après la doctrine de l’Église, une église domestique n’est constituée que par le seul lien matrimonial sacramentel (cf. Concile Vatican II, Lumen gentium 11). L’admission des fidèles dits « divorcés-remariés » à la Sainte-Communion, qui est l’expression la plus haute de l’unité du Christ-Époux avec Son Église, signifie dans la pratique l’approbation ou légitimation du divorce. En ce sens, elle introduit en quelque sorte le divorce dans la vie de l’Église.

Les normes pastorales évoquées contribuent de fait et dans le temps à la diffusion de « l’épidémie du divorce », expression utilisée par le Concile Vatican II (cf. Gaudium et spes 47). Cette diffusion de « l’épidémie du divorce » intervient dans la vie même de l’Église, alors même que l’Église, par sa fidélité inconditionnelle à la doctrine du Christ, devrait être un rempart et un signe incomparable de contradiction contre la plaie du divorce toujours plus répandue dans la société civile.

De manière absolument univoque et sans admettre aucune exception, Notre Seigneur et Rédempteur Jésus Christ a solennellement reconfirmé la volonté de Dieu quant à l’interdiction absolue du divorce. Une approbation ou légitimation de la violation de la sacralité du lien matrimonial, même indirectement par la nouvelle discipline sacramentelle évoquée, contredit gravement la volonté expresse de Dieu et Son commandement. Une telle pratique altère donc substantiellement la discipline sacramentelle bimillénaire de l’Église, ce qui entraînera aussi avec le temps une altération de la doctrine correspondante.

Le Magistère constant de l’Église, commençant avec les enseignements des Apôtres et celui de tous les Souverains Pontifes, a conservé et fidèlement transmis l’enseignement cristallin du Christ sur l’indissolubilité du mariage : tant la doctrine (dans la théorie) que la discipline sacramentelle (dans la pratique). Elle l’a fait sans équivoque, sans l’ombre d’aucun doute et toujours dans les mêmes sens et signification (eodem sensu eademque sententia).

Parce qu’établie par Dieu, la discipline des sacrements ne doit jamais contredire la parole révélée de Dieu ni la foi de l’Église dans l’indissolubilité absolue du mariage ratifié et consommé.

« Non seulement les sacrements supposent la foi, mais encore, par les paroles et les choses, ils la nourrissent, ils la fortifient, ils l’expriment ; c’est pourquoi ils sont dits sacrements de la foi » (Concile Vatican II, Sacrosanctum Concilium, 59). « Même l’autorité suprême dans l’Église ne peut changer la liturgie à son gré, mais seulement dans l’obéissance de la foi et dans le respect religieux du mystère de la liturgie » (Catéchisme de l’Église Catholique 1125). La foi catholique, par sa nature, exclut une contradiction formelle entre la foi professée d’un côté et la vie et la pratique des sacrements de l’autre. C’est en ce sens qu’on peut comprendre l’affirmation suivante du Magistère : « Ce divorce entre la foi dont ils se réclament et le comportement quotidien d’un grand nombre est à compter parmi les plus graves erreurs de notre temps » (Concilio Vatican II, Gaudium et spes 43) et « la pédagogie concrète de l’Église doit toujours être liée à sa doctrine et jamais séparée d’elle » (Jean-Paul II, Exhortation Apostolique Familiaris consortio 33).

 

Au vu de l’importance vitale que constituent tant la doctrine que la discipline du mariage et de l’Eucharistie, l’Église est obligée de parler d’une seule voix. Les normes pastorales sur l’indissolubilité du mariage ne doivent donc pas se contredire d’un diocèse à l’autre, d’un pays à l’autre. Depuis les temps apostoliques, l’Église a observé ce principe comme l’atteste saint Irénée de Lyon : « En effet, l’Église, bien que dispersée dans le monde entier jusqu’aux extrémités de la terre, ayant reçu des apôtres et de leurs disciples la foi (…) la garde avec soin, comme n’habitant qu’une seule maison, elle y croit d’une manière identique, comme n’ayant qu’une seule âme et qu’un même coeur, et elle les prêche, les enseigne et les transmet d’une voix unanime, comme ne possédant qu’une seule bouche » (Adversus haereses I, 10, 2). Saint Thomas d’Aquin nous transmet le même principe pérenne de la vie de l’Église : « Il n’y a qu’une seule et même foi depuis les Anciens jusqu’aux Modernes, autrement, ce ne serait pas la même et unique Église (Questiones Disputatae de Veritate, q. 14, a. 12c).

L’admonition du Pape Jean-Paul II demeure actuelle et valide : « la confusion créée dans la conscience de nombreux fidèles par les divergences d’opinions et d’enseignements dans la théologie, dans la prédication, dans la catéchèse, dans la direction spirituelle au sujet de questions graves et délicates de la morale chrétienne, finit par amoindrir, presque au point de l’effacer, le véritable sens du péché ? » (Exhortation Apostolique Reconciliatio et paenitenia, 18).

À la doctrine et à la discipline sacramentelle sur l’indissolubilité du mariage ratifié et consommé, s’applique pleinement le sens des affirmations suivantes du Magistère de l’Église :

·         « En effet l’Église du Christ, gardienne et protectrice des dogmes dont elle a reçu le dépôt, n’y change jamais rien, n’en retranche jamais rien ; mais ce qui est ancien, qui a pris forme aux temps anciens et que la foi des Pères a semé, elle met tout son soin à le polir et à l’affiner de manière que ces anciens dogmes de la doctrine céleste reçoivent l’évidence, la lumière, la distinction, tout en gardant leur plénitude, leur intégrité, leur caractère propre, et qu’ils croissent seulement selon leur genre, c’est-à-dire dans la même doctrine, dans le même sens, dans la même pensée » (Pie IX, Bulle dogmatique Ineffabilis Deus).

·         Quant à la substance de la vérité, l’Église a, devant Dieu et les hommes, le devoir sacré de l’annoncer, de l’enseigner sans aucune atténuation, comme le Christ l’a révélée et il n’est aucune condition de temps qui puisse atténuer la rigueur de cette obliation. Ce devoir lie en conscience tout prêtre à qui est confiée la charge d’enseigner, d’admonester et de guider les fidèles » (Pie XII, Discours aux curés et aux prédicateurs de Carême, 23 mars 1949).

·         « L’Église n’historicise pas, ne relativise pas sa nature au gré des métamorphoses de la culture profane. La nature de l’Église est toujours égale et fidèle à elle-même, telle que le Christ la voulut et que l’authentique tradition la perfectionna » (Paul VI, Homélie du 28 octobre 1965).

 

 

·         « Ne diminuer en rien la salutaire doctrine du Christ est une forme éminente de charité envers les âmes » (Paul VI, Encyclique Humanae Vitae, 29).

·         « Aussi ne cesse-t-elle de faire entendre ses appels et ses encouragements à résoudre les difficultés conjugales éventuelles sans jamais falsifier ni compromettre la vérité » (Jean-Paul II, Exhortation Apostolique Familiaris consortio, 33).

·         « L’Église n’est ni l’auteur ni l’arbitre d’une telle norme [de la loi morale divine]. Par obéissance à la vérité qui est le Christ, dont l’image se reflète dans la nature et dans la dignité de la personne humaine, l’Église interprète la norme morale et la propose à tous les hommes de bonne volonté, sans en cacher les exigences de radicalisme et de perfection » (Jean-Paul II, Exhortation Apostolique Familiaris consortio, 33).

·          « L’autre principe est celui de la vérité et de la cohérence, en vertu duquel l’Église n’accepte pas d’appeler bien ce qui est mal et mal ce qui est bien. En se fondant sur ces deux principes complémentaires, l’Église ne peut qu’inviter ses fils qui se trouvent dans ces situations douloureuses à s’approcher de la miséricorde divine par d’autres chemins, sans que ce soit cependant celui des sacrements de la Pénitence et de l’Eucharistie, tant qu’ils ne remplissent pas les conditions requises ». (Jean-Paul II, Exhortation Apostolique Reconciliatio et paenitentia, 34).

·         « La fermeté de l’Église dans sa défense des normes morales universelles et immuables n’a rien d’humiliant. Elle ne fait que servir la vraie liberté de l’homme : du moment qu’il n’y a de liberté ni en dehors de la vérité ni contre elle » (Jean-Paul II, Encyclique Veritatis splendor, 96).

·         « Par rapport aux normes morales qui interdisent le mal intrinsèque, il n’y a de privilège ni d’exception pour personne. Que l’on soit le maître du monde ou le dernier des ‘misérables’ sur la face de la terre, cela ne fait aucune différence : devant les exigences morales, nous sommes tous absolument égaux » (Jean-Paul II, Encyclique Veritatis splendor, 96).

·         « le devoir de réaffirmer cette non-possibilité d’admettre à l’Eucharistie [les divorcés remariés] est une condition de vraie pastorale, d’authentique préoccupation pour le bien de ces fidèles et de toute l’Église, parce qu’il indique les conditions nécessaires pour la plénitude de cette conversion, à laquelle tous sont toujours invités » (Conseil Pontifical pour les textes législatifs, Déclaration sur la communion pour les personnes divorcées et remariées, 24 juin 2000).

En tant qu’évêques catholiques, suivant l’enseignement du Concile Vatican II, nous devons défendre l’unité de la foi et la discipline commune de l’Église et veiller à faire surgir pour tous les hommes la lumière de la pleine vérité (cf. Lumen gentium, 23). Face à la confusion actuellement toujours grandissante, nous sommes ainsi obligés en conscience de professer l’immuable vérité et la discipline sacramentelle tout aussi immuable sur l’indissolubilité du mariage, conformément à ce qu’enseigne le Magistère de l’Église de manière inaltérable depuis 2000 ans. Dans cet esprit, nous rappelons que :

·         Les rapports sexuels entre des personnes non liées par un mariage valide – ce qui est le cas des « divorcés-remariés » – sont toujours contraires à la volonté de Dieu et constituent une grave offense faite à Dieu.

·         Aucune circonstance ou finalité, pas même une possible diminution de l’imputabilité ou de la culpabilité, ne peuvent rendre de telles relations sexuelles moralement positives ou agréables à Dieu. Cela vaut pour tous les autres préceptes négatifs des Dix Commandements de Dieu. En effet, « il y a des actes qui, par eux-mêmes et en eux-mêmes, indépendamment des circonstances, sont toujours gravement illicites, en raison de leur objet. (Jean-Paul II, Exhortation Apostolique Reconciliatio et paenitenia,, 17).

·         L’Église ne possède pas le charisme infaillible de juger de l’état interne de grâce d’un fidèle (cf. Concile de Trente, sess. 24, cap. 1). La non-admission à la Sainte Comunion des « divorcés-remariés » ne revient donc pas à juger leur état de grâce devant Dieu mais à juger le caractère visible, public et objectif de leur situation. À cause de la nature visible des sacrements et de l’Église même, la réception des sacrements dépend nécessairement de la situation correspondante, visible et objective, des fidèles.

·         Il n’est pas moralement licite d’entretenir des rapports sexuels avec une personne qui n’est pas le conjoint légitime pour éviter soi-disant un autre péché. En effet, la Parole de Dieu enseigne qu’il n’est pas licite de « faire le mal afin qu’advienne le bien » (Rm 3, 8).

·         L’admission de telles personnes à la Sainte-Communion ne peut être permise que lorsque, avec l’aide de la grâce de Dieu et un accompagnement pastoral individualisé et patient, ils se proposent sincèrement désormais de cesser de tels rapports sexuels et d’éviter le scandale. C’est ainsi que se sont toujours exprimés dans l’Église le véritable discernement et l’authentique accompagnement pastoral.

·         Les personnes ayant des rapports sexuels non conjugaux violent par ce style de vie le lien nuptial indissoluble envers leur conjoint légitime. Pour cette raison, ils ne sont pas capables de participer « en esprit et en vérité » (cf. Jn 4, 23) au repas des noces eucharistiques du Christ, suivant la parole du rite de la Sainte-Communion « Heureux les invités au repas de noces de l’Agneau ! ».

·         Accomplir la volonté de Dieu, révélée dans Ses Dix Commandements et dans son interdiction explicite et absolue du divorce, constitue le vrai bien spirituel de la personne ici-bas sur terre et la conduira à la vraie joie de l’amour dans le salut pour la vie éternelle.

Les évêques, par leur office (munus) pastoral sont « cultores catholicæ et apostolicæ fidei » : ils « veillent fidèlement sur la foi catholique reçue des Apôtres » (cf. Missale Romanum, Canon Romanus). Nous sommes conscients de cette grave responsabilité et de notre devoir face aux fidèles qui attendent de nous une profession publique et sans équivoque de la vérité et de la discipline immuable de l’Église sur l’indissolubilité du mariage. Pour cette raison, il ne nous est pas permis de nous taire.

Nous affirmons ainsi, dans l’esprit de saint Jean-Baptiste, de saint John Fisher, de saint Thomas More, de la bienheureuse Laura Vicuña et de nombreux confesseurs et martyrs, connus et inconnus, de l’indissolubilité du mariage :

Il n’est pas permis (non licet) de justifier, d’approuver ou de légitimer, ni directement, ni indirectement, le divorce et une relation sexuelle stable non conjugale en admettant les soi-disant « divorcés-remariés » à la Sainte-Communion, puisqu’il s’agit en ce cas d’une discipline autre que celle conforme à la Tradition de la foi catholique et apostolique.

En faisant cette profession publique devant notre conscience et devant Dieu qui nous jugera, nous sommes sincèrement convaincus d’avoir ainsi rendu un service de charité dans la vérité à l’Église actuelle et au Souverain Pontife, Successeur de Pierre et Vicaire du Christ sur la terre.

31 décembre 2017, Fête de la Sainte-Famille, en l’année du centenaire des apparitions de Notre-Dame à Fátima.

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NLH #NLQ #Rome

Non le pape ne vient pas d’autoriser la communion à tout va

Amoris Laetitia n’en finit pas de faire couler de l’encre et, disons-le, cela devient aussi fatigant qu’inquiétant. Fatigant, parce qu’au fond les propos tournent en rond sans plus rien apporter de neuf. Inquiétant car désormais, deux camps se font face dans l’Eglise catholique. Inquiétant parce que bien que tournant en rond, les déclarations des uns ou des autres (que vous pouvez retrouver ici), n’en ajoute pas moins de l’huile sur un feu qui n’a rien de sacré. Inquiétant enfin car les propos de la lettre sont tirés des deux côtés, surexploités, pour finalement créer un pseudo Amoris laetitia.

Le cardinal Parolin vient donc d’envoyer à l’épiscopat argentin, une lettre du pape François validant leur interprétation de sa lettre apostolique. Validation qu’il avait déjà confirmé par oral dès la sortie du document.

Le cardinal Müller avait lui-même fait savoir qu’une lecture de ce document pouvait être conforme à la tradition de l’Eglise. En effet, une vie de chasteté et le ferme propos de ne plus demeurer en état de péché (en clair de ne plus recommencer) pourrait permettre l’accès à la communion de personnes séparées, mais vivant « en frère et sœur ». Toute la question porte sur ce ferme propos qu’il est difficile de cerner publiquement quand les personnes, pour des raisons familiales, vivent sous le même toit. Mais Dieu seul sonde les reins et les cœurs sur ce point-là.

En revanche, affirmer, comme un certain média français catholique, que les divorcés remariés peuvent désormais accéder à la communion, est faux et, si la lecture de la lettre du pape aux évêques argentins ne clarifie guère les choses, malheureusement, elle n’ouvre pas à une telle possibilité.

Rappelons que le pape n’a pas le pouvoir de changer la discipline et la théologie de l’Eglise par simple lettre apostolique.

L’exhortation apostolique post-synodale Amoris laetitia, n’autorise en aucune manière un « accès sans restriction aux sacrements ». C’est ce qu’expliquaient les évêques Argentins en 2016, dans une interprétation de son texte validé par le pape François dans une lettre. Les deux documents sont publiés en espagnol par le site Internet du Vatican.

Vous trouverez ici traduction des deux lettres, par Zenit

 

NLH #Tribunes et entretiens

La communion des « divorcés remariés » : une révolution pastorale ?

Dans la suite de notre étude sur Amoris Laetitia que vous pouvez retrouver ici. Nous vous proposons cette analyse parue dans le n° 140 de sa revue “Sedes Sapientiæ” (Fraternité Saint Vincent Ferrier)

A lire in extenso ici

Conférences/Formations #NLQ

La Joie de l’Amour – Théologie morale conjugale – 16 et 17 décembre au Plantay (01)

Publiée à l’issue d’un processus synodal de deux années voulu par le pape François, l’exhortation apostolique Amoris laetitia suscite une réception active dans l’Église de France et ailleurs dans le monde. Cette session aura pour but de lire le texte en profondeur, d’en saisir la cohérence interne et d’en caractériser les enjeux théologiques et pastoraux. On attachera une attention particulière aux chapitres 7 et 8 et à leur manière d’aborder la vie morale, sans les détacher toutefois de l’ensemble du document. On aidera les participants à dégager des lignes d’action pastorale.

16-17 décembre (samedi 9h30 – dimanche 17h), à  l’abbaye Notre Dame des Dombes, 01330 LE PLANTAY
itd@chemin-neuf.org

L’intervenant : Mgr Philippe Bordeyne est prêtre du diocèse de Nanterre. Professeur de théologie morale, spécialiste du Concile Vatican II, il est recteur de l’Institut Catholique de Paris depuis 2011. Il a été expert au Synode de
2015 sur la famille.

Consulter le dossier Infocatho sur Amoris Laetita.

En France #NLQ

Amoris lætitia, le diocèse de Lyon irait-il trop loin ?

[Dans un ] contexte de confusion pastorale et doctrinale que s’est tenu le 15 octobre à la cathédrale Saint-Jean de Lyon un temps de rencontre auquel le cardinal Barbarin avait convié « les fidèles ayant vécu une rupture conjugale », qu’ils soient remariés civilement ou non. L’intention manifestée du cardinal était de panser les blessures dont ces fidèles ont été victimes dans l’Église. Il a donc commencé son propos en leur demandant pardon « pour toutes ces blessures par un regard, un jugement ou un rejet brutal  ». Puis, il a tenté de présenter le changement qu’incarne Amoris lætitia en citant les mots du cardinal Schönborn : « Le pape François a sorti la doctrine de l’Église de son carcan réglementaire, sans la changer du tout. » On aimerait en savoir plus sur ce qu’il faut entendre par « carcan réglementaire ». Familiaris consortio et le texte du cardinal Ratzinger cité plus haut seraient-ils des exemples d’un tel carcan dont la doctrine a enfin été libérée ? Nous ne le saurons pas.

Cependant « il est clair, dit le cardinal, que la phrase de Jésus : “Ce que Dieu a uni que l’homme ne le sépare pas” ne va pas cesser d’être valide par décision du Pape.  » Il s’agit plutôt donc d’un changement dans la manière d’être auprès de ces personnes en souffrance. Écoute, patience, compassion sont nécessaires ce qui exige d’abandonner les deux « attitudes simplistes » : soit l’interdiction pure et simple, soit l’absence de toute règle. Notons qu’une telle alternative manifeste que le sujet serait abordé dans une perspective légaliste. Mais renvoyer dos à dos ces deux attitudes pour privilégier une attitude d’accompagnement et de discernement des cas singuliers peut l’être tout autant ! En effet, la soi-disant position médiane entre le rigorisme et le laxisme reste au même niveau, sur le même plan, à savoir une approche légaliste de la vie chrétienne (morale et sacrements) dans laquelle la conscience doit arbitrer un conflit entre la loi et la liberté. La conscience est alors vue comme une instance autonome devant se déterminer et non plus comme un acte de la raison par lequel la lumière de vérité sur le bien (la loi morale dans une approche non légaliste) éclaire l’acte à poser hic et nunc. Ici le principe moderne de la liberté de conscience ne prend-il pas l’ascendant sur le principe catholique de la conscience tel que saint Thomas, le bienheureux Newman et saint Jean-Paul II l’ont exposé ?

De fait, le cardinal archevêque de Lyon poursuit son discours : « Quand une personne divorcée remariée ne supporte pas de ne pas pouvoir communier, et finalement décide, à cause de cette brûlure intérieure, de ne plus venir à la messe, il serait absurde et inhumain de continuer à brandir devant elle un panneau d’interdiction. Ce serait la conduire à une rupture plus grave encore et l’enfermer dans son amertume. Quand quelqu’un vit cette situation et décide en conscience d’aller communier, personne ne le juge. » Dans une telle situation, la vie sacramentelle semble réduite à un besoin de la subjectivité individuelle devant laquelle le pasteur s’efface de peur d’apparaître comme un censeur inhumain. Cet exemple illustre le faux dilemme dans lequel la manière légaliste d’aborder la situation plonge et le fidèle et le pasteur. L’impossibilité de communier dont parlait le cardinal Ratzinger n’est pas d’abord un interdit. Elle n’est que l’expression concrète de ce que signifient les sacrements dans leur organicité ecclésiale.

 

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