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La PMA fera bien partie du projet de loi sur la bioéthique

Le député Guillaume Chiche (LREM) a renoncé jeudi à déposer sa « proposition de loi » sur la procréation médicalement assistée (PMA) aux femmes célibataires et aux couples de femmes. Elle était source de tension jusque dans la majorité. L’élu des Deux-Sèvres a indiqué que « le véhicule législatif retenu » par le gouvernement et la majorité était le « projet de loi » et il a précisé que Richard Ferrand, patron du groupe LREM, n’avait « pas souhaité [le] faire inscrire à l’ordre du jour ».

Laurent Wauquiez, président des Républicains et de la région Auvergne-Rhône-Alpes, a critiqué sur Europe 1 une « surenchère au sein de la majorité » et « une réponse de cacophonie du côté du gouvernement ». Il a désapprouvé une proposition de loi qui « fait le lien entre la PMA d’une part et la gestation pour autrui (GPA ) d’autre part », rappelant que pour lui, « la gestation pour autrui »consistait en une « marchandisation du corps de la femme ». « Je dis qu’on s’achemine vers quelque chose qui ne correspond pas à ma conception de l’éthique », a-t-il conclu.

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a, pour sa part, déclaré « ne pas comprendre »  les inquiétudes de députés sur l’élargissement de la PMA. Elle a confirmé que le gouvernement respectait le calendrier prévu et que la PMA ne pouvait être dissociée des autres sujets de bioéthique. « La question de la PMA ne peut pas être externalisée des questions de bioéthique en général. La PMA tire le fil d’un certain nombre de questions qui vont être traitées dans les lois de bioéthique (…). Nous ne pouvons pas traiter les sujets de bioéthique indépendamment les uns des autres », a-t-elle insisté.

Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a confirmé que ce sujet serait traité dans le cadre du projet de loi sur la bioéthique qui doit être présenté avant la fin de l’année, et débattu au Parlement en 2019.

Source : genethique.org

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PMA : “la question de la filiation est essentielle pour l’avenir de notre civilisation”

Le nouvel archevêque de Paris, monseigneur Aupetit, alerte le gouvernement sur les bouleversements engendrés par une révision des lois de bioéthique.

Entretien réalisé par le Point.fr :

Le Point.fr : Alors que le CCNE vient de remettre sa synthèse des états généraux de la bioéthique, quelles conclusions tirez-vous de cette phase de consultation nationale ?

Monseigneur Aupetit : La dernière loi de bioéthique de 2011 prévoyait une réévaluation au bout de sept ans sans qu’il s’agisse nécessairement d’une révision. Le gouvernement a voulu une large consultation de l’ensemble des Français par des états généraux. La question posée m’apparaît très importante, car elle situe exactement les enjeux : « quelle société voulons-nous » ? Il me semble très heureux que tout le monde ait pu s’exprimer, car les décisions qui seront prises vont avoir des conséquences durables sur nos façons de vivre et les valeurs qui les sous-tendent. Nous sommes, en effet, à la croisée des chemins entre deux visions sociétales. D’un côté, une société basée sur la fraternité où la personne est qualifiée par les relations qu’elle entretient avec autrui. Dans cette situation, la loi protège les plus vulnérables. D’un autre côté, une société individualiste où chacun revendique une autonomie. Dans ce cas, la loi s’ajuste au désir individuel avec le risque de revenir au droit du plus fort, du plus riche ou du plus puissant. Bien sûr, nous défendons une société fraternelle qui constitue encore l’humus de notre civilisation. Les débats ont été très ardents même si l’on peut regretter que l’ensemble de nos concitoyens n’ait pas mesuré l’importance des enjeux.

Si la synthèse du CCNE laisse apparaître que la PMA ne fait pas l’unanimité, plusieurs indices peuvent laisser présager l’intention du gouvernement de l’ouvrir à toutes les femmes, conformément au programme du président de la République. Quelles conclusions cela vous inspire-t-il ?

Il n’y a aucun consensus et d’importantes réserves ont été émises. Nombreux sont ceux qui se sont exprimés et il serait dommage de réduire la parole d’un si grand nombre à une simple mobilisation de « militants ». Lorsqu’il n’y a aucun consensus, ne faut-il pas adopter un principe de précaution ? Le président de la République a dit ne pas vouloir avancer en force, j’espère que le gouvernement et le Parlement sauront entendre les vives réserves qui se sont exprimées. Nous continuerons de faire entendre notre voix pour que notre société ne soit pas fondée sur la somme de désirs individuels, mais sur le bien commun. Et la question de la filiation est essentielle pour l’avenir de notre civilisation.

Vous étiez présent lors du dîner organisé en février dernier à l’Élysée, au sujet de la fin de vie. Dans quel climat celui-ci s’est-il déroulé ? Ces échanges ont-ils été fructueux ?

Le climat était tout à fait cordial entre les personnes présentes, pourtant d’opinions diamétralement opposées. Le président de la République a interrogé successivement chacun des convives, qui ont eu largement le temps de s’exprimer. Tout d’abord, les médecins et les personnels soignants en charge des malades en fin de vie. Puis, la parole fut donnée aux philosophes pour terminer par les représentants des religions. Il est difficile d’évaluer le fruit de cette consultation et l’impact les différents arguments sur nos gouvernants.

Lors de ce dîner, vous êtes-vous exprimé davantage en tant que médecin ou en tant qu’archevêque de Paris, représentant de l’institution religieuse catholique ?

Je me suis exprimé avec des arguments fondés en raison, seule façon de toucher l’intelligence et le cœur. J’ai insisté sur l’extraordinaire amélioration des fins de vie en France. Dans les années 1970, lorsque j’étais étudiant dans les hôpitaux, les patients qui ne pouvaient plus être accessibles à la thérapie étaient souvent abandonnés avec des antalgiques mineurs et des soins minimums. La formidable extension des soins palliatifs a permis une véritable réponse à la douleur de ces patients et une réelle prise en charge de la fin de vie. Contrairement à ce que l’on entend, on meurt beaucoup mieux en France aujourd’hui qu’il y a 40 ans. Ensuite, je me suis exprimé sur le plan philosophique en montrant que la dignité humaine tient à sa nature propre, comme l’affirme la Déclaration universelle des droits de l’homme. Elle ne dépend pas de son état de dépendance ou de fragilité. On meurt toujours dans la dignité quand la société est capable de vous accompagner parce que vous êtes précieux à ses yeux. À tout cela, l’archevêque de Paris ajouterait seulement que la dignité tient aussi à la transcendance qui habite la conscience de l’humanité depuis toujours.

Le président de la République vous semble-t-il à l’écoute de l’Église ? Et de ses arguments concernant les questions bioéthiques ?

Le président écoute chacun de nos arguments avec sérieux. Cela est vrai aussi de ceux qui ne pensent pas comme nous. Son discours au collège des Bernardins a montré qu’il ne considérait pas l’Église comme une quantité négligeable et qu’il reconnaissait son œuvre civilisatrice pour la France au cours des siècles.

Sur les questions de PMA et fin de vie, qui préoccupent particulièrement les Français, son avis vous paraît-il tranché ?

Je n’ai pas la faculté de lire dans les consciences, aussi je ne pourrais pas dire s’il a un avis tranché. Dans son programme présidentiel, il avait bien programmé le vote de la PMA qui ne serait pas seulement destinée aux personnes atteintes d’infertilité, mais qui répondrait également un « désir sociétal d’enfant ». La question qui se pose alors est celle-ci : « le désir d’enfant est-il plus important que le droit de l’enfant » ? La Déclaration des droits de l’enfant à l’ONU a déjà répondu non à cette question. Sur la fin de vie, qui ne faisait pas partie du programme des états généraux, le président m’a paru très prudent.

Vous avez rencontré le Premier ministre Édouard Philippe, le 18 avril dernier. Que retirez-vous de cet échange ?

Nous n’avons pas parlé que de bioéthique. Sur ce sujet, le Premier ministre m’a semblé en retrait sur la question de la fin de vie, malgré la pression de certains députés de sa majorité. Pour les autres questions, il m’a écouté avec bienveillance, mais je ne suis pas sûr de l’avoir convaincu.

L’engagement de l’Église dans le cadre de la révision des lois de bioéthique s’est-il arrêté en même temps que la phase de consultation générale menée par le CCNE ? Sinon, comment se poursuivra-t-il ?

Les chrétiens en général et les catholiques en particulier n’ont pas attendu les états généraux pour s’exprimer sur ce sujet crucial. À l’occasion de ces états généraux, nous avons voulu participer largement au débat et donner un argumentaire sérieux aux fidèles et à toutes les personnes de bonne volonté. La diffusion de plus de 100 000 petits livrets sur le diocèse de Paris et le travail fait par la Conférence des évêques qui publiera un livre en juin participent de ce dialogue. À Paris, nous continuons les soirées d’information où nous faisons intervenir des personnes spécialisées dans ce domaine. Ce travail, bien sûr, ne s’arrêtera pas avec la fin de la consultation. Il continuera même après le vote des lois, car, si nous obéissons aux lois de notre pays, nous devons toujours continuer d’éclairer les consciences de nos concitoyens.

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En France, une naissance sur trente via la PMA en 2018 ?

Selon les chiffres de l’Institut national d’études démographiques (Ined), « en France, en 2018, 1 enfant sur 30 (3,4 %) devrait être conçu grâce à une technique d’AMP [Aide médicale à la procréation], qu’il s’agisse d’une fécondation in vitro (FIV) ou d’une insémination artificielle ». Pour 70 % des enfants conçus par PMA, la méthode utilisée est celle de la fécondation in vitro (FIV).

L’Ined indique que le nombre de bébés nés par FIV a augmenté de manière linéaire depuis les années 1980.  Selon l’Institut, « 300.000 enfants ont été conçus par FIV entre 1981 et fin 2014. Si la tendance se poursuit, un total de 400.000 sera atteint fin 2019 ». Avec un taux de grossesses gémellaires plus important : 100 accouchements donnent naissance à 110 enfants pour une FIV, plus que pour une grossesse naturelle (101 enfants pour 100 accouchements).

L’Ined précise que « la quasi-totalité des enfants conçus par AMP en France (95 % en 2015) le sont avec les gamètes de leurs deux parents »[1]. Le don de gamètes concerne majoritairement « le don de spermatozoïdes avec 4 % des naissances AMP, soit environ 1000 enfants par an, et de manière marginale le don d’ovocytes avec 1 % des naissances AMP, soit environ 250 enfants par an ».

Selon  Elise de La Rochebrochard, chercheuse à l’INED/Inserm et auteur de l’étude, cette croissance est due à plusieurs facteurs : « l’augmentation de l’âge de la parentalité », et le fait que maintenant, « on consulte un médecin rapidement en cas de problème car l’attente est moins bien acceptée ». D’autre part, « les médecins ont tendance à enclencher rapidement un processus d’aide à la procréation car le taux de succès des FIV diminue rapidement à partir de 35 ans », souligne la chercheuse.

[1] NdlR : Le don de gamètes (ovocytes ou spermatozoïdes) est utilisé en cas d’infertilité due à une malformation de gamètes

Source : genethique.org

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Bioéthique – Quel monde voulons-nous pour demain ? 18 avril 2018 à La Roche-sur-Foron (74)

Soirée d’information, de réflexion et de d’échanges, ouverte à tous, pour chercher ensemble ce qui est juste et bon pour chacun et pour la société. Une proposition du diocèse d’Annecy.La loi de bioéthique va être révisée en 2019. Les sujets abordés sont cruciaux pour notre société : fin de vie, procréation (ouverture de la PMA à toutes les femmes, GPA, anonymat du don de gamètes, diagnostic prénatal), recherche sur l’embryon et cellules souches, intelligence artificielle, usage du big data, etc. Nous sommes tous invités à prendre part dans ce débat…

..car nous sommes tous concernés, même sans être experts sur ces sujets : la consultation de tous les citoyens est ouverte jusqu’à fin avril sur : www.etatsgenerauxdelabioethique.fr.

Mercredi 18 avril à 20h

Mais avant de donner son avis, il est utile de s’informer : voir les liens ci-dessous.

Vous êtes invités à une soirée d’information, de réflexion et de d’échanges pour chercher ensemble ce qui est juste et bon pour chacun et pour la société : le 18 avril à 20h au lycée de la Sainte-Famille à La Roche-sur-Foron, 261 avenue des Voirons 74800 La Roche-sur-Foron

P. Emmanuel Blanc (Vicaire Général),
P. Vincent Grillet (Sedifor)
Françoise Ouziel (Pastorale Familiale)
et Daniel Pignal (Pastorale de la Santé)

Informez-vous

  1. Avec le dossier publié par Jean Matos, présent à Annecy le 23 janvier pour une conférence à la Maison du Diocèse qui a réuni 200 personnes. ►Accéder au dossier en cliquant ici 
  2. Sur le site de la Conférence des Evêques de France, où vous trouverez des fiches pour chaque thème : Don d’organe, diagnostic prénatal, AMP, Intelligence Artificielle, recherche sur l’embryon, etc...►Accéder aux fiches en cliquant ici
  3. Sur le fonctionnement des Etats Généraux, consultez le dossier de presse publié par le CCNE le 18 janvier 2018

Donnez votre avis
1- En ligne sur www.etatsgenerauxdelabioethique.fr 

2- En participant aux débats proposés sur notre région : www.ererra.com (espace de réflexion éthique de la région Rhône-Alpes
3- sur les réseaux sociaux : #bioethique, #bioethique2018, #EtatsGenerauxBioethique