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L’Abbaye de Spencer : les premiers trappistes américains !

Un article proposé par Divine Box.

L’abbaye Saint-Joseph de Spencer est une abbaye trappiste américaine, fondée en 1950, et installée dans le Massachusetts. L’histoire de sa communauté remonte à la Révolution, où, pour échapper aux persécutions, certaines moines décidèrent de partir au « Nouveau-Monde » (l’Amérique), pour la survie de l’ordre…

Aujourd’hui, la cinquantaine de frères trappistes de l’abbaye confectionne notamment, entre ses 7 offices quotidiens, des habits liturgiques et des confitures, mais aussi des bières trappistes ! On vous raconte dans cet article !

Les moines trappistes de l’abbaye Saint-Joseph de Spencer se sont installés en 1950 dans le Massachusetts – Crédit Photo : Abbaye de Spencer

Tout commence à la Révolution française ⚔️

Pour échapper à la Révolution française, le supérieur de l’abbaye de la Trappe, le célèbre et charismatique dom Augustin de Lestrange, emmène provisoirement ses moines en Suisse, territoire neutre. Mais face à la montée des idées révolutionnaires, la Suisse ne suffit plus, et certains moines émigrent même jusqu’en Russie !

Dom Augustin envisage aussi le Nouveau-Monde comme seule possibilité pour la survie de l’ordre, et en août 1793, il envoie trois moines pour fonder au Canada : dom Jean-Baptiste, cellérier de la Valsainte, dom Eugène De Laprade, de l’abbaye Notre-Dame de la Grande Trappe de Soligny et le frère Jean-Marie de Bruyne.

Dom Augustin de Lestrange, qui est à l’origine (lointaine et indirecte) de l’abbaye de SpencerDivine Box

Tandis qu’ils cherchaient un moyen de rejoindre le Canada, car le port d’Amsterdam était bloqué à cause de la guerre, ces trois religieux rencontrèrent Monseigneur Nélis, l’évêque d’Anvers. Celui-ci leur fit savoir qu’il serait heureux d’accueillir des moines trappistes dans son diocèse et leur demanda de s’y établir. Les religieux consultèrent dom Augustin sur cette opportunité, qui les autorisa à répondre aux désirs de l’évêque. Ils fondent alors l’abbaye de Westmalle, aujourd’hui célèbre pour ses fameuses bières trappistes. Tentative ratée ? Pas vraiment donc !

C’est lors d’une de leurs tentatives pour rejoindre le Canada que les moines de dom de Lestrange fondèrent l’abbaye de Westmalle, en Belgique, qui deviendra rapidement célèbre pour ses bières trappistes – Divine Box

Le 22 avril 1794, dom Augustin envoie un nouveau groupe de moines pour l’Amérique, mais  arrivé à Amsterdam, celui-ci finit par se voir proposer une fondation en Angleterre à Lulworth dans le Dorset. Après échanges avec dom Augustin, celui-ci accepte cette fondation. L’Amérique, ce n’est donc pas encore pour tout de suite !

Dom de Lestrange envoie ensuite en 1803 un nouveau groupe de moines en Amérique du Nord. Mais ils reviennent bredouilles en France en 1815, et seul un moine, le père Vincent de Paul Merle , décide de rester sur place. Celui parvient finalement à fonder en 1825, après 10 ans de travail acharné, le monastère du Petit Clairvaux en Nouvelle-Écosse (une immense presqu’île située tout à l’est du Canada) ! Les moines ne sont que cinq et hélas, les vocations ont beaucoup de mal à suivre.

Le père Vincent de Paul et son confrère, le père Francis Xavier Kaiser, font bien plusieurs voyages en 1836 et 1845 pour raconter leur aventure et susciter des vocations, mais sans parvenir à revenir avec de nouvelles têtes… en vain… En 1853, le père Vincent de Paul Merle décède et c’est le père Francis Xavier Kaiser, qui prend à sa suite la tête de la petite communauté.

Le père Vincent de Paul Merle (à gauche) et le père Francis Xavier Kaiser (à droite) ont été les deux premiers responsables de la petite communauté. Seul le deuxième verra leurs efforts communs récompensés – Crédit Photo : Abbaye de Spencer

L’abbaye du Petit Clairvaux : le décollage 🚀

Après plusieurs appels à l’aide, c’est l’abbaye de Westvleteren, en Belgique, qui envoie finalement 18 moines en 1857 pour redynamiser l’abbaye, youpi ! À partir de cette date, les bonnes nouvelles s’enchainent : en 1869, le monastère est officiellement affilié à la congrégation de la Trappe. La même année, l’abbaye de Gethsemani, dans le Kentucky, accepte de devenir la maison-mère du monastère.

Dès 1876, le monastère est érigé au rang d’abbaye, et les frères élisent leur premier père abbé, le père Dominic Schietecatte, l’un des premiers moines de Westvleteren arrivés sur place. Tout va pour le mieux, donc !

Ci dessus, la communauté du monastère du Petit Clairvaux en 1876, lors de la bénédiction abbatiale du premier père abbé Dominic Schietecatte – Crédit Photo : Abbaye de Spencer

 

La fin de l’aventure ? 😢

Malheureusement, le 4 octobre 1892, un terrible incendie ravage entièrement le monastère. Bâtiments, habits liturgiques, livres, archives…. Il ne reste plus rien. Tout est à reconstruire. Mais bien heureusement, aucun moine n’est blessé. Les moines relèvent donc la tête et se remettent à l’oeuvre, et dès 1894, de nouveaux bâtiments temporaires émergent à nouveau de terre.

Mais à l’automne 1896, soit à peine deux ans plus tard, alors que les bâtiments temporaires viennent juste d’être achevés, un nouvel incendie se déclare. Une fois de plus, tout part en fumée et il faut tout recommencer à zéro…

Cette succession d’événements n’est pas sans atteindre le moral de la communauté. Découragé et malade, le père abbé Dominic démissionne de sa charge et retourne avec plusieurs moines flamands à l’abbaye belge de Westvleteren. Les moines qui n’ont pas encore fait leurs voeux définitifs, eux, sont invités à partir et à trouver une autre communauté… D’autres moines encore s’installent pour travailler dans le diocèse local. Si bien qu’en janvier 1899, il ne reste plus que douze moines au Petit Clairvaux. L’ambitieux projet du père Vincent de Paul semble alors bien loin…

Peinture du père abbé Dominic Schietecatte, abbé émérite de l’abbaye du Petit Clairvaux, peu de temps avant sa mort – Crédit Photo : Abbaye de Spencer

L’abbaye Notre-Dame de la Vallée ⛪

Une fois de plus, l’admirable charité monastique fait son oeuvre. Cette fois-ci c’est l’abbaye de Notre-Dame du Lac, fondée près de Montréal  en 1881 par l’abbaye trappiste française de Bellefontaine, qui vient à la rescousse de la communauté. Elle lui envoie un nouveau père abbé, et l’aide à déménager puis à s’installer dans le Rhode Island.

Les treize moines se remettent alors au travail et construisent eux-mêmes tous les bâtiments avec du granit trouvé sur leur propre propriété. Tout redémarre petit à petit, et l’abbaye Notre-Dame de la Vallée sort de terre. Les moines rayonnent à nouveau, et plutôt bien même, puisqu’en 1943, ils sont 84 moines sur place ! Le troupeau et les récoltes suffisent à nourrir tout ce beau monde, si bien que l’abbaye est autosuffisante.

Les moines sont si nombreux qu’ils fondent en 1946 au Nouveau-Mexique. Mais cela ne suffit pas, et les murs deviennent trop étroits… En effet ils sont 137 frères sur place en 1948 ! Sans compter l’urbanisation croissante autour de l’abbaye, qui nuit à la tranquillité des moines…

Ci-dessus, le tout premier monastère de Notre-Dame de la vallée en 1900 (à gauche), et le nouveau quelques années plus tard (à droite) – Crédit Photo : Abbaye de Spencer

L’abbaye de Spencer, enfin… 🏁

Le 21 mars 1950, l’abbaye est à nouveau ravagée par le feu et la dévastation est complète.   C’est la troisième fois en 60 ans que la communauté se retrouve à la rue… Décidément ! Seuls subsistent quelques pans de l’église abbatiale. Encore une fois, la communauté, composée de 140 personnes, se retrouve sans abri. Une fois de plus, il faut déménager et reconstruire. Mais où ?

Bien heureusement, la communauté avait acquis en 1949 une immense propriété agricole  à Spencer, dans le Massachusetts. Cette ferme devait servir d’éventuel replis pour la communauté dans les années suivantes, si l’urbanisation de Rhode Island ne cessait pas. Prévoyants ces moines ! Ce nouvel incendie décide donc les moines d’accélérer leur processus de déménagement. Dès 1950, 84 moines s’installent donc à Spencer pour y fonder le monastère Saint-Joseph. Nous y voilà enfin ! Les autres moines de la communauté se rendent à Berryville, en Virginie, et y fondent l’abbaye Notre-Dame de la Sainte Croix.

Les moines de l’abbaye Notre-Dame de la Vallée se recueillent après l’incendie de leurs église, en 1950 – Crédit Photo : Abbaye de Spencer

La croissance de l’abbaye est spectaculaire. En trois ans, les travaux sont terminés, et en 1957, soit 7 ans après la fondation, les frères sont déjà 186 sur place ! L’abbaye fonde alors dans le Colorado, en Argentine et au Chili.

Mais pour financer tous ses travaux de fondations et faire vivre tout ce beau monde, l’abbaye a besoin d’une nouvelle activité économique…

Ci dessus, les moines de l’abbaye Spencer construisent leur abbaye en 1951 – Crédit Photo : Abbaye de Spencer

Abbaye de Spencer : et aujourd’hui ? 🙏

Aujourd’hui, les moines de l’abbaye de Spencer sont une cinquantaine. Ils suivent toujours la règle « ora et labora » de saint Benoît (VIe siècle) qui leur demandent de chercher Dieu dans la prière et le travail. Ils prient ainsi sept offices par jour (le premier est à 3h30 du matin !), chantés en anglais et grégorien. Côté travail, ils sont bien occupés dans leur atelier d’artisanat monastique. En effet, ils confectionnent depuis 1954 d’incroyables gelées et confiture, l’un de leurs produits monastiques phares. Ils sont aussi bien occupés dans leur atelier de vêtements liturgiques. Sans compter la prise en charge des frères les plus âgés de la communauté !

Les moines ont aussi lancé en 2013 leur brasserie ! Aujourd’hui, elle connaît un tel succès que les moines ont dû augmenter leur production (500 000 litres annuels) et diversifier leur gamme. Plusieurs moines sont physiquement impliqués dans le brassage, aidés de 4 salariés. Mais impossible de les différencier, car dans la brasserie, moines et salariés ont le même tablier !

Un frère trappiste travaille le tissu pour confectionner des vêtements liturgiques — Crédit Photo : Abbaye de Spencer

Et pour acheter les bières de l’abbaye de Spencer ?

Les Etats-Unis ce n’est pas la porte à côté, heureusement la boutique monastique en ligne de Divine Box est là ! Cliquez ici pour acheter les bières de l’abbaye de Spencer.

Sinon, vous pouvez cliquer ici pour apprendre encore plus d’anecdotes rigolotes sur l’abbaye Saint-Joseph de Spencer : ses gelées et confitures, sa clôture naturelle…

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Découvrez les pâtes de fruit de l’abbaye Notre-Dame de Tournay !

Un article proposé par Divine Box.

Les dix-huit frères bénédictins de l’abbaye Notre-Dame de Tournay (prononcer Tournaille), dans les Hautes-Pyrénées, sont notamment réputés pour leurs incroyables pâtes de fruits artisanales. Pourquoi les moines se sont-ils lancés dans cette activité de confiserie ? Comment les fabriquent-ils ? Pourquoi ont-elles autant de succès ? Divine Box vous propose de tout découvrir sur les pâtes de fruits de l’abbaye de Tournay, en avant !

L’abbaye de Tournay, spécialisée dans les pâtes de fruits depuis 48 ans, se trouve dans les Hautes-Pyrénées, près de Lourdes – Divine Box

Pourquoi faire des pâtes de fruits ?

 

La confection de pâtes de fruits représente un double intérêt pour les moines de Tournay.

  • Tout d’abord, cela leur permet d’équilibrer leur vie, centrée sur la prière et la méditation, comme le demande la règle de saint Benoît (VIe siècle). Leurs journées doivent donc aussi se partager équitablement entre des temps de prière et de travail (« ora et labora » en latin).
  • Ensuite, cela leur permet de vivre dignement et d’être indépendant financièrement. Ils peuvent ainsi assurer eux-mêmes leur subsistance grâce au travail de leurs mains. Et ainsi participer directement à la préservation des bâtiments de leur abbaye !

 

Comment le travail des moines de Tournay s’organise-t-il ?

 

C’est donc toute la communauté de l’abbaye de Tournay qui participe à cet artisanat monastique de pâtes de fruits : épluchage des fruits, mais aussi cuisson, découpage des pâtes, ou encore emballage et expédition… Les moines font tout eux-mêmes à la main et il n’y a pas de quoi chômer !

Le coeur de la confection est assuré par les plus jeunes frères. Ils sont deux à surveiller la cuisson et la découpe. En revanche, l’enrobage de sucre et de chocolat, et la mise en sachet, sont réalisés avec l’aide de tous les frères, y compris les plus anciens !

Les moines ont même embauché un laïc extérieur à la communauté, pour avoir un petit coup de main du côté des expéditions et de la relation avec les clients. Ainsi, les moines peuvent se concentrer pleinement sur leur activité de réalisation de pâtes de fruits ! Sympa non ?

C’est le jeune frère Nicolas qui prépare les pâtes de fruits avant qu’elles ne soient mises à cuire – Crédit Photo : DDM, S.V. (La Dépêche)

Des pâtes de fruits « pur fruit »

 

Au tout début, les moines préparaient leurs pâtes de fruits comme la majorité des artisans, c’est-à-dire à partir d’une purée de pommes, à laquelle ils ajoutaient des arômes. Ils ont finalement décidé depuis quelques années d’augmenter la qualité de leurs pâtes de fruits ! Désormais, ils ne produisent que des confiseries « pur fruit » ! Cela veut dire que la base de pomme a été supprimée : les pâtes de fruits sont faites uniquement à partir de la pulpe du fruit lui-même. Résultat ? Il n’y a pas besoin de colorant alimentaire, et le goût du fruit reste 100 % naturel !

Les pâtes de fruits des moines de Tournay sont « pur fruit », c’est-à-dire faites directement avec la pulpe du fruit. C’est ce qui en fait un des produits monastiques les plus savoureux ! – Divine Box

Une recette artisanale

 

À Tournay tout est fait à la main. C’est ce qui fait le charme et le succès de leurs pâtes de fruits. Voici les étapes principales :

  1. Tout d’abord, les moines achètent des fruits frais (orange, citron, pamplemousse, mandarine…) à l’extérieur, et les épluchent avec soin à la main.
  2. Dans un second temps, les moines broient la pulpe des fruits afin de les mettre en purée. Puis ils ajoutent du sucre, du glucose et de la pectine, et parfois selon le fruit, de l’acide citrique, qui va jouer avec la pectine. Le seul fruit qu’ils ne broient pas est la framboise (autrement, elle se détacherait lors de la cuisson).
  3. Les frères regroupent ensuite ce mélange par fournées de 50kg, qui sont cuites à la vapeur à 120°C dans une grande cuve, fermée par un couvercle.
    D’ailleurs, petite anecdote exclusive : les moines ont baptisé leur cuve « Désirée. » La raison ? Des petits soucis de livraison ont obligé les moines à l’attendre plus longtemps que prévu. Mais vraiment plus. Si bien qu’elle lorsqu’elle est enfin arrivée, elle était très, mais alors très… désirée. Tous contents, les moines lui ont donc donné ce petit nom affectif ! Rigolo non ?
  4. Lorsque la délicate cuisson est terminée (le nombre de minutes est très précis !), les moines peuvent placer les plaques de pâtes de fruits (qui contiennent 90 bâtonnets) à la verticale.
  5. Pour éviter que la matière ne tombe par terre, ils les placent dans une chambre froide pour les solidifier. Lorsqu’ils démoulent ensuite la pâte, les frères la sucrent, puis la laisse sécher, et la découpent en carrés. Cette étape est toujours effectuée le matin, par souci de commodité. Le tour est joué, il n’y a plus qu’à se régaler !
    Et les pâtes de fruits enrobées de chocolat ? Elles ne sont pas passées dans le sucre, mais enrobées dans du bon chocolat à 60 % de cacao… Miam !

Frère Julien fait découvrir à quelques visiteurs comment il réalise les pâtes de fruits de l’abbaye – Crédit Photo : La Dépêche

 

Et pour acheter des pâtes de fruits de Tournay ?

Sur place à la boutique près de l’abbaye bien sûr ! Ou sinon sur la boutique monastique en ligne de Divine Box : cliquez ici pour acheter des pâtes de fruits de l’abbaye de Tournay.

Sinon, vous pouvez cliquer ici pour en savoir encore plus sur les pâtes de fruits de l’abbaye de Tournay : différentes sortes, savoir-faire, cuisson des pâtes de fruits aux agrumes etc…

Conférences/Formations #NLH #NLQ

Conférences de carême : « Heureux les artisans de paix » à Lyon (69) les 25 février et 4, 11, 18 et 25 mars 2018

Nous célébrerons le dimanche 11 novembre prochain le centenaire de l’armistice de 1918, qui sonna la fin de la Première guerre mondiale. Dans notre diocèse, la libération de Mossoul en juillet dernier, après plus de trois années sous le joug de Daesh, a été une grande joie. Le sort de notre diocèse jumeau nous a rappelé la fragilité de la paix. C’est ce que les six conférenciers qui se succèderont chaque dimanche à 15h30 à Fourvière vont nous rappeler. Ils nous diront aussi comment « être des artisans de paix », par nos paroles, par nos actes et par la prière.

La Raison, pour une paix difficile

Le 18 février
Par Jean-Noël Dumont, philosophe, fondateur du Collège supérieur.

Jean-Noël Dumont parlera en philosophe de l’exercice de la raison comme un chemin de paix, difficile et exigeant, une prière naturelle de l’esprit. Il expliquera en quoi « Toute pensée est un monastère d’un moment ». Jean Noël Dumont est philosophe, longtemps professeur en classes préparatoires, enseignant au Grand séminaire, fondateur du Collège supérieur et élu à l’Académie catholique de France. Parmi ses dernières publications : Houellebecq, la vie absente, Éditions Manucius et Pour une alternative catholique, Éditions Le Cerf.

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S’engager dans l’armée… dans la guerre, pour servir la paix

Le 25 février
Par le Général Pierre de Villiers, Ancien Chef d’Etat-Major des Armées.

Seule la force juste et légitime peut faire reculer la violence. La force doit être affirmée quand la violence se déchaîne. Aujourd’hui, certains Etats se comportent comme des bandes armées et des bandes armées se déclarent être des Etats. Toutefois, la force militaire n’est qu’une partie de la réponse à la violence. Gagner la guerre ne suffit pas à gagner la paix. Une stratégie construite autour des seuls effets militaires passe à côté des racines de la violence qui se nourrissent du manque d’espoir, d’éducation, de justice, de développement…

Au-delà de l’absence de guerre, la paix se fonde aussi sur une conception équilibrée de la personne humaine et requiert l’édification d’un ordre selon la justice et la charité. C’est avec cette force intérieure, chacun à notre place, que nous pouvons être les artisans d’une paix d’avance. Notre jeunesse s’engage dans l’armée, dans la guerre, pour servir la paix. Nos militaires recherchent avant tout à épancher cette soif d’idéal et de valeurs. Aimons notre jeunesse, elle nous le rendra. Elle est un signe d’espérance et d’unité.

> Informations pratiques

Construire la paix jour après jour, en couple, en famille, au travail, dans nos quartiers…

Le 4 mars
Par Françoise Keller, formatrice certifiée en communication non violente, auteure de plusieurs ouvrages sur le sujet.

Comment faire grandir la paix en nous, au sein de nos couples et de nos familles, au travail, dans nos engagements et nos quartiers ? Des conflits, il y en au sein des couples et des familles, entre les générations, au travail et dans bien d’autres secteurs de la vie sociale. Comment, dans notre quotidien, pouvons-nous contribuer à la paix ?

Comment pouvons-nous prendre conscience des violences ordinaires et les transformer pour contribuer à plus de paix ? Nous explorerons comment la Communication NonViolente, la CNV, et la foi chrétienne s’éclairent mutuellement et nous donnent des repères concrets pour vivre la paix au quotidien, accessibles à tous : cultiver la gratitude pour trouver le courage de faire le premier pas, réserver notre force à un usage protecteur, mettre notre énergie sur ce que nous pouvons vivre à partir de maintenant, accueillir pleinement nos jugements et ceux d’autrui pour donner de l’espace à la Vie qui cherche à se déployer à travers nos besoins fondamentaux, demander de l’aide et reconnaître le travail de l’Esprit.

> Informations pratiques

Des chrétiens oeuvrent pour la paix. L’exemple de la communauté Sant’Egidio

Le 11 mars
Par le Professeur Jean-Dominique Durand, professeur des Universités.

La démarche de paix de la Communauté de Sant’Egidio, est singulière, sans d’autres armes que la force de la prière, la patience, la volonté d’établir des relations humaines confiantes fondées sur l’amour.

Cette singularité est d’autant plus remarquable que la Communauté agit aussi en des domaines connexes comme l’engagement contre toutes les formes de misère et pour les droits humains. Ne rien laisser au hasard, parvenir à unir toutes sortes d’initiatives, des initiatives de paix dans les contextes les plus tendus, à l’établissement de réseaux de solidarités à travers le monde entier, au dialogue entre les religions, tout cela sous l’égide de la prière et de la Parole de Dieu. C’est cette aptitude qui permet de souligner le caractère unique de Sant’Egidio au sein du christianisme.

« Si tu veux la paix aime les pauvres ». Cette formule résume bien l’action de la Communauté. Selon le théologien orthodoxe Olivier Clément,  « Dans les Communautés de Sant’Egidio, grâce à une synthèse d’amour pour les pauvres et pour la prière, il n’y a plus d’ambiguïtés ni de tentations idéologiques : la prière fonde le service des pauvres et la recherche de la paix. » C’est que dans cette communauté étonnante dans le paysage ecclésial contemporain, capable aussi bien d’apporter un soutien basique aux SDF que de recevoir dans ses locaux chefs d’États et ministres, et de mettre en oeuvre de solides accords de paix, on a la conviction que tout se tient.

> Informations pratiques

Comment être artisan de paix dans un pays en guerre

Le 18 mars
Par Sa Béatitude Louis Raphaël Sako, Patriarche de l’Eglise chaldéenne (Bagdad, Irak).

Monseigneur Sako témoignera de son expérience au coeur du conflit dont la région de Mossoul a été libérée en juillet dernier, après trois ans d’occupation de Daesh.

> Informations pratiques

Considérer la personne humaine dans son intégralité : une manière de travailler à la paix

Le 25 mars
Par Mgr Bruno-Marie Duffé, docteur en Philosophie, Maître de Conférence en Ethique, prêtre du diocèse de Lyon, secrétaire du Dicastère pour le Service du Développement Humain Intégral (Vatican)

La mémoire de la guerre réactive en nous la question fondamentale : l’homme peut-il consentir à construire une maison commune avec son frère ? Le « syndrome de Caïn » nous habite tous dès lors que vient à la conscience la violence avec laquelle nous refusons l’autre. Essayer de comprendre ce qui nous conduit à la guerre nous appelle donc à essayer de comprendre cette humanité, traversée par la ligne entre le refus et l’accueil de l’altérité.

Au lendemain de la « Grande guerre », nos anciens ont voulu croire au droit et à la coopération internationale, au-delà de la mort dont ils portaient en eux-mêmes la trace et la douleur. C’est en osant affirmer que le développement est le nouveau défi de la paix que l’Église a apporté une contribution et un témoignage essentiel, sur ce sujet, à l’histoire de notre humanité contemporaine. Mais il importe de définir ce développement car ce n’est pas seulement la capacité de produire et l’accès à posséder plus qui fondent la paix. Il importe de penser et de déployer un développement « humain et intégral ».

L’expression qui apparaît, dès 1967, dans l’Encyclique de Paul VI  Populorum progressio, est au coeur de la pensée contemporaine de l’Église en la matière. Elle appelle à vivre le développement comme une écoute et une rencontre de toute personne humaine et de toutes les communautés, dans leurs liens à la Création, à Dieu, aux autres et à eux-mêmes. En dotant l’Église d’un Dicastère pour le service du développement humain intégral, le Pape François appelle les baptisés à être des témoins d’une Parole qui appelle chacun à participer à un développement où il apporte son talent et son espérance (Cf.  Laudato Si’). Cette considération de l’autre (l’homme, la femme, l’enfant, la création et tout vivant) comme messager et comme frère, conduit à une veille et à une conversion. Il s’agit de recevoir la paix pour pouvoir la donner. Et de développer les conditions d’une rencontre où chacun est en vérité avec lui-même.

> Informations pratiques

Orient

La relance économique de la plaine de Ninive a commencé ! – Appel aux dons par Fraternité en Irak

Dans la plaine de Ninive libérée, Fraternité en Irak encourage la relance de l’activité économique pour soutenir le retour des réfugiés. Elle a ainsi créé un fonds dédié qui vise à permettre aux artisans et petits entrepreneurs de redémarrer leur activité et d’être acteur de la renaissance de leur ville. Elle a également missionné deux bénévoles qui se consacrent entièrement à ce projet. Près de 6 mois après son lancement, découvrez comment fonctionne ce programme !

LE PROJET EN DÉTAIL

Déjà une vingtaine d’artisans ont pu ré-ouvrir ou créer leur activité, et employer des salariés, faisant ainsi vivre plusieurs dizaines d’autres familles. Aujourd’hui, zoom sur deux d’entre eux : Adnan qui souhaite relancer sa menuiserie à Qaraqosh et Thamir qui s’apprête à ramasser les premiers légumes de l’après-Daech.

Adnan, menuisier à Qaraqosh
Thamir, agriculteur à Bartella

Vous pouvez, vous aussi, contribuer à la relance de la plaine de Ninive en faisant un don !

FAIRE UN DON !