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Asia Bibi est libre et au Canada

Asia Bibi a quitté le Pakistan !

Asia Bibi, symbole de la persécution religieuse au Pakistan a passé plus de 8 ans, dans plusieurs prisons pakistanaises jusqu’à ce qu’elle soit acquittée de toutes les accusions de blasphème à la fin de l’année 2018. Elle est au Canada, où ses filles l’attendent !

Plusieurs personnalités politiques (dont Jan Figel, le représentant spécial de l’UE pour la liberté religieuse et une source du ministère pakistanais des Affaires étrangères) ont confirmé à CitizenGO cette information.

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Asia Bibi peut quitter la Pakistan !

La Cour suprême du Pakistan étudiait la requête en révision de son arrêt du 31 octobre 2018 qui avait acquitté Asia Bibi.

Il s’agissait, pour la Cour, de décider si la requête déposée par le mollah Qari Muhammad Salam, est recevable ou non. La Cour suprême s’est opposée à l’ouverture d’une procédure en appel.

Asia Bibi peut désormais quitter le Pakistan ! 

Nous espérons qu’Asia Bibi va quitter le Pakistan, car de nombreux islamistes sont prêts à redescendre dans la rue afin de la tuer.

Mohammed Idriss, l’ancien employeur d’Asia Bibi précise : « Il y avait des gens qui voulaient la tuer et ne pas la remettre à la justice, mais nous avons préféré suivre la loi. Aujourd’hui, nous regrettons de ne pas avoir rendu justice de nos propres mains  ».

De nombreux pays sont annoncés afin d’accueillir Asia Bibi. Il semble que le Canada soit le pays le mieux placé.

Encore une fois, merci pour votre mobilisation.

 

Nous vous tenons au courant des nouvelles informations.

Alexandre,

Directeur de campagne CitizenGO France

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Asia Bibi craint pour la sécurité de ses filles

Acquittée le 31 octobre dernier par la Cour Suprême pakistanaise, Asia Bibi est toujours en lieu tenu secret, séparée de sa famille. Ses deux filles reçoivent régulièrement des menaces, comme le rapporte l’Aide à l’Église en Détresse.

« Nous avons peur. Ces derniers jours ont a tiré sur le portail de la maison où nous nous trouvons. Nous recevons constamment des menaces et plus d’une fois j’ai été suivi », témoigne Joseph Nadeem, le responsable de la Fondation Renaissance Education qui prend soin de la famille d’Asia Bibi au Pakistan depuis la condamnation de cette dernière en 2010.

La menace des islamistes

Aujourd’hui Joseph Nadeem et sa famille vivent avec Esha et Eisham, les filles d’Asia Bibi. « À peine Asia a-t-elle été acquittée, nous avons dû fuir », explique-t-il. « Elle et son mari se trouvent dans un lieu sûr protégé par le gouvernement, mais nous ne pouvons pas être avec eux », précise-t-il à l’association Aide à l’Église en Détresse (AED). Depuis le 31 octobre, date de l’acquittement d’Asia Bibi, ils ont changé quatre fois d’habitation. « Les islamistes nous poursuivent, et à chaque fois que nous nous rendons compte que nous sommes en danger, nous nous échappons immédiatement. Nous ne pouvons même pas sortir acheter à manger. Je sors seulement de nuit et le visage couvert », confie le tuteur de la famille d’Asia Bibi.

Asia Bibi est au courant de cette situation dangereuse pour ses proches : « Je l’ai rencontrée dès sa libération, et chaque jour nous parlons avec elle par téléphone. Elle est très inquiète pour ses filles », poursuit Joseph Nadeem.

L’espoir d’un Noël à Rome 

Même si le calvaire de la pakistanaise et de sa famille ne semble pas encore terminé, Asia Bibi garde une foi et une force remarquables : « C’est une femme incroyable ! », fait remarquer Joseph Nadeem. « Elle a conservé une foi inébranlable et une confiance infinie dans le Seigneur. Ça peut sembler étrange, mais c’est elle qui nous soutient dans ces moments difficiles. Elle nous invite à ne pas se décourager ». 

« Nous tous, y compris Asia, nous sommes reconnaissants envers ceux qui élèvent leur voix pour dénoncer notre situation », déclare par ailleurs M. Nadeem. Il espère « pouvoir quitter bientôt le Pakistan pour vivre dans un lieu sûr » avec tous ses proches. « Et nous espérons que nos deux familles puissent passer ce Noël à Rome, avec vous », conclut-il dans son témoignage à la branche italienne de l’AED.

Rome, où Asia Bibi est évoquée aujourd’hui puisqu’un congrès organisé par l’Alliance Catholique s’y tient sur le thème : « Asia Bibi, plus jamais ! Le Pakistan, la loi sur le blasphème et la liberté religieuse ». À l’heure actuelle, 400 personnes sont emprisonnées à cause de cette loi sur le blasphème.

Source : Vatican News

Tribunes et entretiens

Vanneste sur Asia Bibi : “il y a des aveugles et des sourds pour prétendre que l’islam est une religion de paix et d’amour”

Asia Bibi, cette chrétienne pakistanaise, a été condamnée à mort en 2010 pour blasphème avant d’être acquittée la semaine dernière. Cependant, elle demeure incarcérée en raison d’un accord entre le gouvernement et les islamistes radicaux, qui pèsent un poids particulièrement important au Pakistan, 2ème pays de l’Islam dans le monde (12,7 % des musulmans du monde entier).

Son « crime » ? Un « blasphème » – qu’Asia Bibi dément – pour avoir tenu des propos critiques envers l’islam, lorsque des voisines avaient refusé qu’elle boive de l’eau dans leur verre parce qu’elle n’était pas musulmane (la loi islamique interdit en effet aux non musulmans de boire dans la même source que les musulmans). Le 14 juin 2009, Asia Bibi, 47 ans, une ouvrière agricole du village de Ittan Wali, dans la province du Pendjab au Pakistan, travaillait dans un champ à la collecte de baies falsa. Deux femmes lui demandèrent de l’eau pour étancher leur soif. Elle alla chercher un gobelet dans un puits voisin, en boit une gorgée, puis tend le récipient à ses deux compagnes. L’une d’elles refusa d’en boire : Asia Bibi est chrétienne, elle avait donc « souillé » l’eau d’un puits réservé aux musulmans.

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Pour une histoire de verre d’eau, une puissance nucléaire mondiale a donc condamné à mort (avant d’acquitter) cette jeune femme. Des manifestations avec des individus qui en Europe apparaitraient sortis tout droit d’il y’a quelques siècles, ont exigé sa mort, dans un élan de folie furieuse et religieuse.

Laurent Wauquiez comme Marine Le Pen ou Anne Hidalgo ont demandé officiellement de pouvoir accueillir Asia Bibi en France – comme si leur maigre poids comptait aux yeux d’un pays de 180 millions d’habitants. Christian Vanneste, ancien député, actuel conseiller régional du Nord-Pas-de-Calais, estime lui dans une tribune écrite sur son blog, qu’ « Il y a des aveugles et des sourds pour prétendre que l’islam est une religion de paix et d’amour. »

Voici ce qu’il écrit à propos de l’affaire Asia Bibi : 

La chrétienne pakistanaise Asia Bibi vient d’être acquittée après avoir passé près de 10 ans en prison comme condamnée à mort pour blasphème. Au cours d’un travail en commun avec des musulmanes dans les champs, elle avait été prise à partie pour avoir bu de l’eau dans un puits « musulman » et avait osé répondre en invoquant Jésus face à Mahomet. Cette bonne nouvelle est toutefois accueillie par des manifestations hostiles qui réclament la mort de cette pauvre femme. Un gouverneur et un ministre qui avaient pris sa défense ont déjà été assassinés. La discrimination entre les religions, et entre les sexes, est ancrée dans la tradition islamique. Il faut lire  » Blasphème », l’émouvante histoire d’Asia Bibi, mais aussi le roman de Taslima Nasreen, « Lajja » dont le nom est celui d’une Hindouiste du Bengla Desh, ou encore « Sara », le récit tragique de la persécution des femmes yézidis par l’Etat islamique en Irak pour se convaincre de cette réalité, inscrite dans les textes, et pratiquée à des degrés divers partout où l’islam est dominant.

Le Pakistan, le pays des « purs », est lui-même le fruit d’une volonté discriminatoire. A l’origine il a été constitué par les régions de l’Empire britannique des Indes à majorité musulmane. Muhammad Ali Jinnah, l’indépendantiste musulman ne supportait pas l’idée que les musulmans soient minoritaires dans une Inde indépendante dominée par les Hindouistes.  Avant Narendra Modi, le 1er Ministre indien était un Sikh et l’un des derniers Présidents était musulman. Gandhi et Nehru souhaitaient l’unité de l’Inde. La différence entre les deux Etats est patente. Il faut espérer que la proche libération d’Asia Bibi soit le signe d’une évolution. A la suite des dernières élections, les deux partis traditionnels, la Ligue musulmane et le Parti du Peuple, ont laissé la place (là aussi) au Mouvement du Pakistan pour la Justice fondé plus récemment par un ancien champion de cricket philanthrope, Imran Khan. Il a sans doute pesé sur cette sage décision et appelle aujourd’hui les fanatiques à se calmer, mais il avait pendant la campagne renoncé à faire abolir la loi sur le blasphème, instaurée lors d’une des dictatures militaires qui jalonnent l’histoire du Pakistan. L’islam ne fait pas souvent bon ménage avec la démocratie.  Il est, hélas, probable que des islamistes s’en prendront à Asia Bibi qui devra quitter le pays, et à ceux qui ont participé à son acquittement.

Il y a des aveugles et des sourds pour prétendre que l’islam est une religion de paix et d’amour. Elle ne l’est pas, et ne l’a jamais été. Dans « Décadence », Michel Onfray dissipe l’illusion rétrospective sur l’Andalousie musulmane, elle aussi discriminatoire. Il rappelle certes que les chrétiens se souvent écartés de l’esprit évangélique, mais le problème avec les musulmans, c’est que leurs excès sont, au contraire, déjà encouragés par les textes fondateurs. On ne peut donc qu’espérer une évolution politique et sociale de certains pays musulmans qui diluera l’extrémisme conquérant de cette religion. On mesure sans doute aujourd’hui à quel point le soutien de la France aux islamistes qui ont cherché à abattre Assad en Syrie a été criminel. Ce régime fait coexister la majorité sunnite avec les minorités, notamment chrétienne. Ce n’est pas le cas de notre « allié » saoudien dont les rapports avec le droit sont terrifiants.

C’est pourquoi il est sans doute utopique de vouloir trouver une règle commune aux différentes religions en France, comme le souhaite le nouveau ministre de l’Intérieur, assez ignare dans ce domaine puisqu’il assimilait naguère le fichu de nos grands-mères au voile islamique d’aujourd’hui. On se rend bien compte que, dès qu’ils sont majoritaires, ne serait-ce que dans un quartier, les musulmans ont tendance à préférer la loi de leur communauté à celle de la nation. Lorsque s’ajoute à ce séparatisme, une rancoeur nourrie par la guerre d’Algérie, entretenue par l’Etat algérien et encouragée par les discours stupidement anticolonialistes des communicants, des enseignants, et même du Président de la République, il y a du souci à se faire pour l’avenir. Prions tous les Saints du Paradis pour qu’il éclairent les Français sur les dangers de l’ignorance et de la naïveté. Seuls le courage et la lucidité pourront résoudre cette question.

Difficile il est vrai de dire que les Islamistes pakistanais, deuxième représentation musulmane dans le monde il faut le souligner, ne seraient pas représentatifs de l’Islam…Pour rappel, les pays dont la législation s’inspire plus ou moins fortement de la charia, la loi islamique sont les suivants : l’Arabie saoudite, le Koweït, le Bahreïn, les Émirats arabes unis, le QatarOman, le Yémen, l’Iran, le Pakistan, l’Afghanistan, la Libye, la MalaisieBrunei et l’Indonésie. Une large majorité des musulmans du monde donc, vit et accepte de vivre selon les préceptes de la loi islamique.

Source : Breizh-Info

Brèves

Anne Hidalgo offre l’hospitalité à Asia Bibi

L’Osservatore Romano en italien du 7 novembre 2018 relève que la maire de Paris, Mme Anne Hidalgo, a lancé un appel aux autorités françaises pour « sauver la vie » d’Asia Bibi, cette « chrétienne innocentée par la cour suprême du Pakistan de l’accusation de blasphème pour laquelle elle avait été condamnée à mort ».

« Après la sentence d’acquittement et dans l’attente du recours déjà présenté par l’accusation, le gouvernement d’Islamabad a interdit à la femme de quitter le Pakistan. Mais on craint que quelque extrémiste ne la tue. Asia Bibi et les membres de sa famille ont déjà reçu de nombreuses menaces de mort », souligne le quotidien du Vatican publié ce mardi soir.

« C’est pour cette raison qu’Hidalgo s’est dite prête à l’accueillir dans la capitale française, ajoute la même source qui cite : « L’acquittement d’Asia Bibi a été un soulagement pour tous ceux qui avaient demandé qu’elle soit relâchée », a dit la maire de Paris à l’AFP. « Mais sa situation demeure particulièrement précaire puisqu’elle-même et sa famille font l’objet de nombreuses menaces de mort », a-t-elle ajouté. »

« La France, a conclu Mme Hidalgo, a donc le devoir de l’aider, ainsi que sa famille, en intercédant auprès du Pakistan pour lui permettre de se réfugier dans un autre pays où elle sera en sécurité et où elle sera en mesure de pratiquer sa religion dans une liberté totale », toujours selon la citation de L’Osservatore Romano.

Le quotidien du Vatican rappelle que « l’acquittement a provoqué de violentes protestations et plusieurs jours de désordre au Pakistan : les fondamentalistes insistent pour obtenir la peine capitale à l’encontre de la femme pakistanaise. Entretemps, la police de l’État pakistanais du Punjab a arrêté hier environ 1100 personnes, soupçonnées d’avoir blessé des agents et d’avoir endommagé des propriétés privées et publiques au cours des nombreuses protestations de rue organisées par les partis islamiques contre l’acquittement d’Asia Bibi. C’est ce qu’on rapporté des fonctionnaires pakistanais cités par l’agence de presse locale DPA ».

Il souligne que « l’intervention des autorités pour calmer les révoltes a été coordonnée par les administrations provinciales et par les agences fédérales, sur les ordres du ministère de l’intérieur ».

« L’acquittement d’Asia Bibi de l’accusation de blasphème est arrivé après presque dix ans, rappelle aussi L’Osservatore Romano. Cette histoire a mobilisé le monde entier. En attendant que soit prononcé le recours, la femme a été transférée de la prison de Multan dans un lieu sûr. Son mari, Ashiq Masih, a demandé de l’aide à divers pays européens. »

Source : Zenit.org

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Asia Bibi, enlèvement au Nigéria, migrations des jeunes africains, points de vue divergents d’évêques sur le Synode- La revue de Presse en un clic

L’essentiel de la revue de presse du monde catholique

MONDE

Asia Bibi enfin libérée avec effet immédiat

NIGERIA – Enlèvement de cinq religieuses dans le sud-est du Nigeria

Selon l’Archevêque d’Addis Abeba : Seuls 20 % des migrations juvéniles concernent le Proche-Orient et l’Europe. 80 % de celles-ci demeurent à l’intérieur de l’Afrique

 

ROME

Espagne : le Vatican ne s’est pas prononcé sur la sépulture de Francisco Franco

Mgr Macaire : De grandes divisions parmi les évêques au synode

Paolo Ruffini : le Synode a montré une Église unie pour annoncer l’Évangile

 

FRANCE

Cahors inquiétante baisse du denier

L’importance du tourisme religieux en France

 

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Pakistan : Asia Bibi, la rue islamiste hurle à la mort, mais la Cour Suprême a pris sa décision

Depuis la date de parution de l’article de World Watch Monitor, dont nous publions la traduction d’extraits, des manifestations se sont déroulées au Pakistan pour exiger qu’Asia Bibi soit pendue. Celle du vendredi 12 octobre a réuni une foule considérable. Les islamistes sont convaincus que la Cour suprême a acquitté in petto Asia Bibi, d’où leurs menaces de mort contre les juges ou leur exigence que, si Asia Bibi est acquittée, on ne lui permette pas de quitter le Pakistan – afin de pouvoir lui appliquer la sentence de mort d’une manière extrajudiciaire… Les meilleures sources convergent pour suggérer que la décision des juges, déjà prise, est celle de l’acquittement, mais qu’ils en repoussent la communication officielle pour permettre à la famille de prendre ses dispositions afin de quitter le Pakistan. Les groupes radicaux au Pakistan ont appelé à des protestations de masse et ont menacé les juges de la Cour suprême d’Islamabad, au Pakistan, avant même de connaître leur verdict sur la procédure d’appel dans l’affaire du blasphème de la femme chrétienne Asia Bibi. Le parti musulman extrémistes Tehreek e Labaik Pakistan (TLP) a déclaré, dans une conférence de presse [diffusée] sur Youtube, que si Aasiya Noreen, communément connue comme Asia Bibi, obtenait la clémence [de la Cour suprême], ses juges devraient faire face à une fin « horrible », a signalé l’AFP. Dans le même temps, un autre groupe religieux [sunnite], celui de la Mosquée rouge (Lal Masjid) d’Islamabad, a exigé de la Cour suprême, si Asia Bibi était libérée, qu’elle ne soit pas autorisée à quitter le pays. « Les forces occidentales s’efforcent de faire sortir Asia Bibi du pays, mais il faut qu’elle soit pendue », a déclaré à l’AFP Hafiz Ihtesham Ahmed [l’initiateur de la pétition à la Cour suprême]. […] La Cour suprême a tenu lundi 8 octobre, l’audience d’appel qui avait été plusieurs fois repoussée. Elle n’a pas annoncé sa décision déclarant qu’elle « réservait son jugement » de plusieurs jours, voire de plusieurs semaines. World Watch Monitor, 11 octobre – © CH pour la traduction

Source Christianophobie Hebdo

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Urgence prière pour Asia Bibi !

Asia Bibi a été condamnée à mort pour “blasphème” en novembre 2010 au Pakistan. A Islamabad ce lundi 8 octobre, le dernier recours possible a été examiné : c’est le dernier recours judiciaire pour cette femme en prison depuis 9 ans. Dans ce dossier particulièrement délicat, les audiences ont fait l’objet de renvois à de nombreuses reprises – les magistrats subissant des menaces de la part des islamistes. La Cour suprême du Pakistan a différé son jugement, et on ignore quand il pourrait être rendu…

Dans un pays où l’islam est religion d’État, cette affaire particulièrement médiatisée divise l’opinion publique car le blasphème constitue un sujet extrêmement sensible. De simples allégations se terminent régulièrement par des lynchages et les chrétiens, minorité persécutée, sont fréquemment visés.*

 

Si la Haute Cour devait confirmer la sentence, seule une grâce présidentielle pourrait sauver Asia Bibi. Le nouveau Premier ministre pakistanais, Imran Khan a déclaré durant la dernière campagne électorale qu’il soutenait la législation en vigueur.

Au service des chrétiens persécutés, l’AED s’est résolument engagée aux côtés d’Asia Bibi et de sa famille. L’Eglise catholique au Pakistan a appelé à adopter une certaine discrétion sur cette affaire, afin de ne pas compromettre l’éventuelle libération d’Asia Bibi et de ne pas mettre en danger ses proches.

L’AED continue d’apporter un soutien moral, spirituel et financier à Asia Bibi et à sa famille : Aujourd’hui, nous vous invitons à prier pour la libération d’Asia Bibi.

 

* Selon la Commission Justice et Paix de la Conférence épiscopale du Pakistan, 964 personnes ont été condamnées pour blasphème entre 1986 et 2009. Parmi eux, on compte 479 musulmans, 119 chrétiens, 340 ahmadis, 14 hindous et dix appartenant à d’autres religions.

Seigneur,

Partout dans le monde aujourd’hui,
tant de chrétiens sont emprisonnés,

comme Asia Bibi au Pakistan.

Nous te prions aujourd’hui tout spécialement pour elle,
Et nous te confions aussi ses persécuteurs.

Que le sacrifice et le pardon de ceux qu’ils oppriment
les mènent sur un chemin de conversion.

 
Amen

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Pakistan : jugement différé pour Asia Bibi, condamnée à mort

Asia Bibi a été condamnée en 2010 à la peine capitale pour « blasphème » après une simple dispute. La Cour suprême s’est réunie lundi, mais a différé son jugement. Au Pakistan, les accusations de blasphèmes, portées par un islam rigoriste, frappent particulièrement les minorités chrétiennes.

L’attente dans le couloir de la mort se prolonge pour Asia Bibi. La Cour suprême du Pakistan s’est penchée lundi sur un recours déposé par cette chrétienne née en 1971 et condamnée pour blasphème, mais a différé son jugement.

« Nous réservons le jugement pour le moment », a déclaré le juge Saqib Nisar à l’issue d’une audience de près de trois heures dans la capitale Islamabad. On ignore dans l’immédiat quand il pourrait être rendu. Les juges de la Cour suprême ont semblé s’interroger sur la véracité de l’accusation. « Je ne vois aucune remarque désobligeante envers le Coran dans le rapport d’enquête », a observé le juge Nisar, tandis qu’un second juge, Asif Saeed Khan Khosa, relevait plusieurs points de non-respect des procédures.

Asia Bibi, mère de cinq enfants, avait été condamnée en 2010 à la peine capitale suite à une dispute avec une musulmane au sujet d’un verre d’eau, suscitant l’indignation à l’étranger. Le mari d’Asia Bibi, Ashiq Masih, continue de croire que sa femme reste « forte ». « Elle est psychologiquement, physiquement et spirituellement forte. En ayant une foi très forte, elle est prête à mourir pour le Christ. Elle ne se convertira jamais à l’islam », a-t-il récemment déclaré à l’Association britannique des chrétiens pakistanais (BPCA).

Son exécution serait une première au Pakistan, où une quarantaine de personnes se trouveraient dans les couloirs de la mort ou serviraient une peine de prison à perpétuité pour blasphème, selon un rapport paru cette année de la Commission américaine sur la liberté de religion dans le monde. Si la Cour suprême devait valider la sentence, Asia Bibi, qui a toujours nié les accusations, pourrait en dernier recours solliciter la grâce du président pakistanais, Arif Alvi. Celui-ci est un allié du nouveau premier ministre Imran Khan qui, vu comme plutôt libéral au début de sa carrière politique, a évolué vers une ligne plus conservatrice, déclarant notamment, durant la dernière campagne électorale, soutenir inconditionnellement la loi. « Le gouvernement n’est pas forcément hostile aux minorités, mais des groupes islamistes exercent sur lui de fortes pressions », explique au Figaro Béatrice Challan Belval, membre de SOS Chrétiens d’Orient, citant notamment le cas d’Afzal Qadri, religieux musulman pakistanais, qui a lancé des menaces de mort contre tous ceux qui essaieraient de sauver Asia Bibi.

Chrétiens persécutés au Pakistan

« Les juges se sentent menacés », ajoute la chargée de communication de l’ONG, qui lance une pétition « pour sauver Asia Bibi ». « Le jugement n’ayant pas été rendu public nous espérons qu’en cas de condamnation à mort, une mobilisation en Occident pourrait influer sur la situation », précise-t-elle. En 2016, une précédente audition de l’affaire Bibi devant l’instance judiciaire la plus élevée au Pakistan avait été annulée à la suite du désistement au dernier moment de l’un des trois magistrats appelés à se prononcer. « Celui-ci s’opposait en réalité à la condamnation d’Asia Bibi, c’est pour cette raison qu’il a démissionné », ajoute Béatrice Challan Belval.

Au Pakistan, l’histoire de cette chrétienne d’origine modeste divise fortement l’opinion. Les tenants de la ligne dure exigent régulièrement son exécution. Nombre d’entre eux l’ont encore exigée lundi sur Twitter et les autres réseaux sociaux. Certains tweets, réunis sous le hashtag #PunishAsiaUnder_295c, sont particulièrement violents :

 

Deux responsables politiques soutenant la jeune femme ont été assassinés ces dernières années. Le ministre des minorités religieuses, Shahbaz Bhatti, a été assassiné en mars 2011 après avoir tenté de défendre Asia Bibi et critiqué la « loi blasphème ». Toujours en 2011, un ancien gouverneur du Pendjab, Salman Taseer, qui avait pris la défense de la jeune condamnée à mort, a lui été abattu en plein cœur d’Islamabad par son garde du corps. L’assassin, Mumtaz Qadri, a été pendu début 2016. La décision, saluée par les libéraux, a poussé les conservateurs à manifester en exigeant qu’Asia Bibi soit à son tour exécutée.

Le cas d’Asia Bibi avait eu un retentissement international, attirant l’attention des papes Benoît XVI et François. En 2015, l’une des filles d’Asia Bibi avait rencontré le pape François. Elle a également reçu le soutien du maire de Paris Anne Hidalgo, qui a réclamé sa grâce et l’avait élevée en 2015 au rang de citoyenne d’honneur de sa ville. Les défenseurs des droits de l’Homme voient en Asia Bibi un emblème des dérives de la loi réprimant le blasphème au Pakistan, souvent instrumentalisée, selon ses détracteurs, pour régler des conflits personnels.

Le blasphème est un sujet extrêmement sensible dans ce pays conservateur où l’islam est religion d’État. La loi prévoit jusqu’à la peine de mort pour les personnes reconnues coupables d’offense à l’islam. En 2010, le parlement européen a estimé que cette loi était utilisée pour justifier la censure, la persécution, et même le meurtre de membres des minorités religieuses. Des appels à changer la législation ont souvent donné lieu à des violences et ont été rejetés. De simples allégations se terminent régulièrement par des lynchages aux mains de la foule ou d’extrémistes. Les chrétiens, minorité persécutée, sont fréquemment visés.

Les personnes accusées de blasphème sont souvent emprisonnées sans preuve et pour une durée indéterminée, la justice rechignant à se saisir de leurs cas car plusieurs juges ou des avocats qui les avaient défendues ont été attaqués par des extrémistes ces dernières années. Alors que les Chrétiens, souvent pauvres, représentent de 2 à 3 % des quelque 207 millions d’habitants de la République islamique du Pakistan, ils représentent en revanche 15 % des condamnations pour blasphème, rappelle sur son site la BPCA. « Les chrétiens se cachent au Pakistan », conclut Béatrice Challan Belval, de SOS Chrétien d’Orient.

Source : le Figaro 

Brèves

Pakistan : Inquiétude sur la santé mentale d’Asia Bibi

« Je suis en contact avec un journaliste étranger qui a rencontré Asia et qui a décrit des symptômes relatifs à sa santé mentale, comme la perte de mémoire et la confusion. Comme infirmière, j’y vois clairement des signes de démence. Elle ne reçoit aucun traitement au Pakistan et le personnel de la prison la qualifie simplement de folle ». Noreen Barkat, chrétienne pakistanaise, communiqué de la British Pakistani Christian Association, 24 septembre

Source Christianophobie Hebdo

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