Annonces #NLH #NLQ #Sorties/Animations

Les premières “franciscofolies” les 2 & 3 février 2019 à Sendets (64)

Les “Fraternités franciscaines” proposent aux jeunes de 18-25 ans une approche du message de Saint François d’Assise sous forme d’un week-end sur le thème : « A la suite de Saint François, oser la fraternité et vivre en liberté ».
Ce week-end de rencontres, partages, ateliers, danse, musique, louange… aura lieu à Sendets (près de Pau), du samedi 2 février 14h au dimanche 3 février 16h, avec logement en gîte.
Renseignements : Jean-Michel Baux, 06 22 79 31 04 ou jean-michel.baux@wanadoo.fr
Site internet pour la région Aquitaine :

Messes/Prières/Pèlerinages #NLH #NLQ

Pèlerinage à Assise pour les célibataires (25-35 ans) du 20 au 26 août 2018

Un pèlerinage organisé par Les Serviteurs de Jésus et Marie

Marche, prière, enseignements et visites… du 20 au 26 août 2018.

Célibataire, vous désirez vivre quelques jours de vos vacances avec d’autres jeunes dans une région d’une richesse exceptionnelle sur le plan spirituel, mais aussi du point de vue de la nature et de l’art, le tout dans une ambiance fraternelle  ?
Les Serviteurs de Jésus et de Marie vous proposent un pèlerinage sur les pas de Saint François et de Sainte Claire, rythmé par des temps de marche, de prière, de réflexion et d’échanges…

Ce pèlerinage s’achèvera Rome, la ville éternelle.
Au programme aussi, soleil d’Italie et dégustation de «  gelati  »  !

Assise 533 par 400

Deux prêtres de la communauté ainsi que deux couples proches de la communauté nous accompagneront toute cette semaine pour les enseignements ainsi que les temps de prière et d’écoute.

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A la une #Europe non francophone #NLQ

Crèche du Monde – Assise

Nous poursuivons notre petit tour du monde des crèches, grâce à la collection de Véronique L.

Vous pouvez les retrouver ici.

Aujourd’hui Assise

Tribunes et entretiens

D’Assisi utopia à Amoris laetitia : compléments ou précisions sur le courrier du 26 juin

L’auteur du courrier D’assisi utopia à Amoris laetitia a souhaité apporter un complément à son message.

 

Bonjour,

Je reviens un instant sur le passage de l’Assisi utopia à Amorias laetitia, de la fin des années 1970, ou du milieu des années 1980, à cette décennie.

A l’intérieur de ce passage, nous avons d’abord été en présence de clercs qui ont commencé à ne pas dire, ou à ne plus dire, que les croyants non chrétiens, qui sont trompés, et les croyances non chrétiennes, qui sont trompeuses, en matière religieuse, sur le plan théologal, sont réellement trompés et sont réellement trompeuses, en matière religieuse, sur le plan théologal, et nous sommes aujourd’hui en présence d’autres clercs, qui continuent dans la même direction, en ne précisant pas ou en ne rappelant plus que les personnes catholiques qui sont trompées, et que les conceptions des catholiques qui sont trompeuses, dans un domaine situé au croisement de la morale et des sacrements, sont réellement des personnes trompées et sont réellement des conceptions trompeuses, dans ce même domaine, situé au croisement de la morale et des sacrements.

Or, chacun peut comprendre ce qui suit : l’animation et l’orientation pastorales, sans régulation ni supervision par une doctrine orthodoxe, réfléchie et structurée, semblent vraiment être une animation et une orientation soumises à une logique de satisfaction consensuelle des interlocuteurs considérés ici, en l’occurrence les croyants non chrétiens, dans le cadre de l’Assisi utopia, et les catholiques situés au sein de telle ou telle “périphérie existentielle”, dans le cadre d’Amoris laetitia, cette logique de satisfaction consensuelle risquant fort d’être située “par-delà le vrai et faux”, respectivement en ce qui concerne ce qui est situé à la jonction de la religion et du théologal et pour ce qui a trait à ce qui est situé à la jonction de la morale chrétienne et des sacrements de l’Eglise.

C’est le règne de la “bonne intention” jusqu’à la “bonne inversion” : par “bonne intention” “pastorale”, on en vient à annoncer Jésus-Christ sans préciser ou rappeler, d’une manière courageuse et dissensuelle, que ce qui éloigne de Lui ou oppose à Lui, dans un domaine situé au croisement de la religion et du théologal, ou dans un domaine situé au croisement de la morale et des sacrements, éloigne vraiment de Lui ou oppose vraiment à Lui, et cette “bonne intention” “pastorale” finit par déboucher sur une “bonne inversion” “pastorale”, dans le cadre de laquelle on considère globalement, entre autres choses, que les fidèles catholiques situés au sein de telle ou telle “périphérie existentielle” n’ont pas ou n’ont plus à se conformer au Catéchisme, mais que c’est à l’Eglise catholique qu’il appartient de faire en sorte que le Catéchisme soit “adapté”, en vue de la satisfaction de ces fidèles catholiques.

J’ai bien peur que la logique qui est à l’oeuvre ne soit aussi une logique “d’accommodements raisonnables”, dans le cadre d’une articulation entre “la demande” et “l’offre” : là où l’on commence par considérer que toute “demande” d’adaptation et d’orientation de “la pastorale”, dès lors qu’elle n’est pas “conservatrice” ou “traditionnelle”, est a priori légitime, on finit par considérer qu’à toute “demande” de cette nature doit pouvoir correspondre une “offre” correspondante, quitte à ce que l’on ne distingue plus jamais formellement et publiquement, ad intra et ad extra, d’une manière vigilante et résistante face à la mentalité dominante, entre la vérité et l’erreur, que ce soit dans un domaine situé à la jonction de la religion et du théologal ou dans un domaine situé à la jonction de la morale et ses sacrements.

Je me demande jusqu’à quel point les artisans, concepteurs, partisans, promoteurs, de ce néo-catholicisme, post-moderne et post-orthodoxe, ont bien conscience du fait que la logique qui semble vraiment être la leur est une logique commerciale et juridique digne de celle que l’on trouve sur un marché, en l’occurrence sur le marché de l’assouplissement du catholicisme, dans une seule direction dominante, mais bien dans presque tous les domaines : puisqu’il y a “de la demande” de remplacement de la vérité par le consensus, voire de remplacement de la sainteté par le suivisme, il faut bien que “l’offre” (ce qui est dit, ce qui est tu, ce qui est fait, ce qui est défait) s’adapte, évolue, innove, s’oriente, afin de ne pas être jugée intégrisante, intransigeante, nostalgique, passéiste, ringarde, sectaire, par les “agences de notation,” médiatiquement et mondialistement correctes, qui sévissent dans le domaine des “valeurs”.

Jusqu’où tout cela ira-t-il ? Jusqu’à une certaine forme de “banissement” des catholiques critiques ou sceptiques sur le concordisme interreligieux et sur l’adaptation des sacrements aux individus, ou jusqu’à un certain type de réveil du courage et de sursaut de la franchise des catholiques “orthodoxes” ?

Bonne journée.

Un lecteur.

 

Tribunes et entretiens

Courrier d’un lecteur – L’Eglise catholique n’a pas à diriger une Organisation des Religions Unies

Bonjour,

Je vous remercie vivement pour la publication de ce texte (sur Assise)

Je m’efforce de rédiger, le moins mal possible, les quelques mots qui suivent, sur une question qui nécessite autant de précision que de prudence.

Les conséquences collatérales intra-ecclésiales de l’adhésion à “l’esprit d’Assise” et du déploiement de “l’esprit d’Assise” seraient-elles imaginaires ?

On rappellera ici ce que sont ces conséquences collatérales, présentes et actives au sein même de l’Eglise catholique : elles sont minimisatrices ou neutralisatrices de la nécessité d’exhorter les catholiques à l’annonce, par la prédication et par le témoignage, de Jésus-Christ, avant tout en tant que Fils unique du seul vrai Dieu, et de la nécessité d’exhorter les croyants non chrétiens à la conversion vers Jésus-Christ, là aussi en tant que Fils unique du seul vrai Dieu : Jésus-Christ est LE chemin, LA vérité, LA vie, et nul ne va au Père que par Lui.

Jésus-Christ n’est pas le Bouddha, le Confucius, le Mahomet, le Moïse, le Socrate ou le Vishnou des chrétiens, mais est le seul Médiateur et le seul Rédempteur, le seul Seigneur et le seul Sauveur. A qui donc fera-t-on croire que la naissance, la croissance, la puissance de “l’esprit d’Assise” n’ont pas eu pour effet, hier, n’ont pas pour effet, aujourd’hui, de faire perdre de vue, notamment aux catholiques, chacune des précisions qui précèdent ?

Or, les hommes d’Eglise n’ont pas à se comporter, par expressions ou par omissions, comme si l’Eglise catholique avait pour mission d’être à la tête d’une “Organisation des religions unies”, et n’ont donc pas davantage à faire passer la religion chrétienne pour une religion qui serait avant tout UNE religion de la paix dans le monde, alors que la religion chrétienne est avant tout LA religion du salut en Dieu, le seul vrai Dieu étant Père, Fils, Esprit.

Et les hommes d’Eglise n’ont pas non plus à faire croire ou à laisser entendre à ceux qui adhèrent à une religion ou à une tradition croyante, non seulement différente dans sa forme, mais aussi divergente sur le fond, car éloignée, voire opposée, vis-à-vis de la plénitude de la révélation divine,

– qu’ils adhèrent à une religion ou une tradition qui n’induit pas en erreur et ne maintient pas en erreur sur Dieu, sur l’homme, sur le monde,

ou

– qu’il n’est pas si grave, ou pas très grave, qu’ils adhèrent à une religion ou à une tradition croyante qui ampute ou déforme la révélation divine,

dès lors qu’ils respectent des valeurs ou souscrivent à des valeurs telles que le dialogue et la rencontre, la dignité et la liberté, la justice et le partage, le respect des diverses sensibilités présentes en l’homme et le souci de la solidarité entre les hommes, la sauvegarde de la création et des créatures.

En d’autres termes, la Foi catholique a “notamment” une vertu informative relative au seul vrai Dieu, à la volonté de Dieu, Père, Fils, Esprit, et à la vocation de l’homme, de tout homme, de tous les hommes, à la conversion et au salut, et elle n’a pas seulement une vertu opérative qui se manifesterait dans une conception quasiment horizontale ou humanitaire de la charité chrétienne, dans le cadre de laquelle la charité fraternelle fonctionnerait à l’autocensure pacifiste, sans la moindre correction fraternelle, au bénéfice et à destination des croyants non chrétiens.

Le plus grand danger, ce n’est pas le sectarisme des uns, même s’il suffit probablement de mettre en doute publiquement “l’esprit d’Assise” pour se faire traiter de catholique “identitaire” ou “réactionnaire”, ce n’est pas davantage le syncrétisme des autres, même si l’on est en droit de s’interroger sur le degré d’orthodoxie de telle célébration, cérémonie, rencontre ou réunion, ambivalente, de prière interreligieuse ou islamo-chrétienne.

Le plus grand danger, c’est une certaine forme de concordisme interreligieux axiologisant, de confédération interreligieuse axiologisante, dans le cadre duquel ou de laquelle on célèbre des valeurs ou on communie autour de valeurs qui n’ont rien méprisable ni de négligeable, mais qui n’ont rien non plus de spécifiquement chrétien, et dans le cadre duquel ou de laquelle des croyants prient, les uns vers le seul vrai Dieu, Père, Fils, Esprit, les autres vers telle ou telle approche ou conception humaine de Dieu, de l’absolu, du créateur, de la transcencance, ou d’une inspiration universelle.

Si l’on préfère, le plus grand danger, couru depuis l’apparition puis la propagation de l’esprit d’Assise (et il y a eu un esprit d’Assise avant la lettre, qui a été préconfiguré par une partie de la théologie des années 1970), et couru par les catholiques eux-mêmes, n’est autre que la perte de conscience du fait qu’il y a une différence de nature, et non une différence de degré, entre la religion chrétienne et les diverses religions non chrétiennes.

Dans le domaine de la religion, la bonne intention et la sincérité des croyants sont évidemment nécessaires, mais elles ne sont pas suffisantes : il est tout à fait possible d’adhérer et de croire, d’une manière bien intentionnée, durablement et profondément sincère, à n’importe qui, à n’importe quoi.

Par ailleurs, il n’est pas impossible de considérer que ce n’est pas par hasard, mais par nécessité, inspirée par Dieu, que la religion chrétienne

– est monothéiste et personnaliste, et non panenthéiste, comme le bouddhisme, ni polythéiste, comme l’hindouisme,

– comporte, pour ainsi dire, une théo-logie, dans l’ordre de la foi en Dieu, et une théo-nomie, dans l’ordre de l’action dans le monde,

et

– ne débouche, notamment, ni sur du théocratisme à destination du plus grand nombre, ni sur du théosophisme au bénéfice d’un petit nombre.

Rien de ce qui précède ne méprise les croyants non chrétiens, rien de ce qui précède ne découle d’une attitude négligente à l’égard des ressources culturelles, sapientielles, spirituelles, présentes dans telle religion ou tradition croyante non chrétienne, mais la conception et la pratique actuellement dominantes du dialogue interreligieux, selon lesquelles “l’esprit d’Assise” bénéficie, d’une manière totalement et uniquement légitime, d’un caractère quasiment hégémonique et irréversible, au sein et autour de l’Eglise catholique, rendent-elles encore possible le rappel public de ce qui précède ?

Sur ces questions comme sur d’autres, nous vivons dans une ambiance, une culture, une époque, caractérisées par des tendances au confusionnisme et au consensualisme, à l’imprécision et à l’indistinction. Or, ce n’est pas parce que ces tendances sont peut-être très altruistes et bien intentionnées, et qu’elles tendent à faire prévaloir la prise en compte bienveillante de la sincérité des croyants, au préjudice de la prise en compte vigilante de la véracité des croyances, qu’elle ne posent pas un problème de fond, pour le présent et pour l’avenir de l’Eglise catholique et de la Foi catholique.

En particulier et plus précisément, il est tout à fait possible de reconnaître que ce qui s’inscrit dans le sillage de “l’esprit d’Assise”

– n’a pas pour objectif officiel d’inciter les croyants chrétiens et les croyants non chrétiens à adhérer à la conception, anthropocentrique, constructiviste, rationaliste, utilitariste, d’après laquelle aucune religion ne met en relation, d’une manière véridique, avec Dieu, et selon laquelle chaque religion est utile à l’homme et au monde, dès lors qu’elle est pour “la paix” et non opposée, par principe, au relativisme et au subjectivisme,

mais

– a bien pour résultat effectif de donner à croire que la religion en général, et chaque religion ou tradition croyante, en particulier, sont globalement réductibles à une même éthique, qui n’a évidemment pas à être anti-humaniste, mais qui n’aurait pas “le droit” de dire oui à l’Esprit de Dieu, donc non à l’esprit du monde, c’est-à-dire, notamment, non au relativisme et au subjectivisme qui sévissent en matière religieuse et en matière morale.

En d’autres termes, il est tout à fait possible de reconnaître que “l’esprit d’Assise” est plus apposé à la mentalité selon laquelle ce qui importe, en matière religieuse, c’est “le respect de la sensibilité de chacun, dans le souci de la solidarité entre tous”, qu’opposé à cette mentalité, qu’il ne s’agit pas, notamment ci-dessus, de “diaboliser”, de faire passer pour “hérétique”, mais qu’il ne s’agit pas non plus de faire passer pour catholique.

Oui, c’est tout à fait possible, ou plutôt non, c’est tout à fait impossible, puisque c’est un crime de lèse-majesté contre “l’esprit d’Assise” lui-même…

Un lecteur.”

 

Tribunes et entretiens

Courrier d’un lecteur – D’Assisi utopia à Amoris laetitia.

Bonjour et merci pour ceci (notre article sur la demande d’audience de 4 cardinaux et la tribune de Thibaud Collin)

 

Ce qui suit n’est qu’un rappel, le rappel de l’articulation entre l’Assisi utopia (qui n’a certainement pas attendu Assise 1986 pour commencer à se manifester dans l’Eglise) et Amoris laetitia (qui n’a évidemment pas attendu Amoris laetitia 2016 pour commencer à se manifester dans l’Eglise), ce rappel essayant de permettre de comprendre le fonctionnement de l’état d’esprit qui est à l’origine de bien des difficultés actuelles.

1. En effet, dans un premier temps, bien des hommes d’Eglise ont commencé puis ont continué à faire croire ou à laisser entendre

– que tout chrétien doit avoir “un respect total pour les convictions (religieuses non chrétiennes) de ceux qui croient autrement”,

– que “toute prière authentique est suscitée par l’Esprit-Saint qui est mystérieusement présent dans le cœur de tout homme”.

2. Mais pourquoi donc tout chrétien devrait-il avoir “un respect total pour les convictions (religieuses non chrétiennes) de ceux qui croient autrement”, alors que certaines convictions religieuses non chrétiennes sont éloignées, voire opposées à la foi surnaturelle, à la raison naturelle, au respect et au souci du bien commun, de la loi naturelle, de la personne humaine, de la vérité, notamment dans l’ordre du croire, et alors que certaines convictions religieuses non chrétiennes comportent ou constituent des risques ou des sources d’erreurs, sur Dieu, sur l’homme, ou sur le monde ?

3. Et pourquoi donc tout chrétien devrait-il avoir ce “respect total”, alors que les convictions religieuses non chrétiennes ne sont pas seulement différentes dans leur forme, mais sont avant tout divergentes sur le fond, sur le plan théologal ?

4. Par ailleurs, quelqu’un peut-il préciser ou rappeler, de la manière la plus explicite et la plus objective possible,

a) ce qu’est vraiment une “prière authentique” du point de vue catholique, non iréniste ni postmoderne, mais orthodoxe,

b) à quelles conditions ou sous quelles conditions une “prière authentique” est, plus ou moins assurément, “suscitée par l’Esprit-Saint”,

c) en quoi l’Esprit Saint est-il “mystérieusement présent dans le cœur de tout homme” : en puissance ou en acte ?

5. Ensuite, dans un deuxième temps, bien des hommes d’Eglise ont commencé puis ont continué à faire croire ou à laisser entendre

– que tout chrétien doit avoir, pour ainsi dire, un respect total pour les conduites (morales non chrétiennes) de ceux qui vivent autrement,

– que tout amour authentique est suscité par l’Esprit-Saint qui est mystérieusement présent dans l’amour de tout homme.

6. Mais pourquoi donc tout chrétien devrait-il avoir, en quelque sorte, un respect total pour les conduites (morales non chrétiennes) de ceux qui croient autrement, alors que certaines conduites morales non chrétiennes sont éloignées, voire opposées à la foi surnaturelle, à la raison naturelle, au respect et au souci du bien commun, de la loi naturelle, de la personne humaine, de la vérité, notamment dans l’ordre de l’agir, et alors que certaines conduites morales non chrétiennes comportent des entraves ou des obstacles au respect et au souci de Dieu, de l’homme, ou du monde ?

7. Et pourquoi donc tout chrétien devrait-il avoir ce respect total, alors que les conduites morales non chrétiennes, compte tenu de leur diversité, ne sont pas uniquement différentes dans leur forme, mais sont également divergentes sur le fond, en ce qui concerne le bonheur ou les valeurs ?

8. Par ailleurs, quelqu’un peut-il préciser ou rappeler, là aussi, de la manière la plus explicite et la plus objective possible,

a) ce qu’est vraiment un amour authentique, du point de vue catholique, non iréniste ni postmoderne, mais orthodoxe,

b) à quelles conditions ou sous quelles conditions un amour authentique est, plus ou moins certainement, suscité par l’Esprit-Saint,

c) en quoi l’Esprit Saint est-il mystérieusement présent dans l’amour de tout homme : en puissance ou en acte ?

9. Qui ne voit que nous sommes en présence d’une christianisme catholique contemporain dans lequel, littéralement, “on mélange tout”, à commencer par le respect dû aux personnes non chrétiennes et le respect (total ? vraiment ?) dû aux convictions religieuses et aux conduites morales non chrétiennes ?

10. Et qui ne voit que si cela continue, ou plutôt puisque cela continue, on assistera prochainement à la transformation du catholicisme en une religion du respect de la sensibilité de chacun (mais pas du respect de la sensibilité dite conservatrice ou traditionnelle…), dans le souci de la solidarité entre tous, au sein de laquelle le respect et le souci, en plénitude, de ce qui est à la fois catholique et orthodoxe, sur le plan théologal comme sur le plan sacramentel, seront de plus en plus considérés comme hors-la-loi, au sein même de l’Eglise catholique ?

De l’apparition de l’Assisi utopia à la publication d’Amoris laetitia, nous sommes vraiment en présence d’une dynamique tout à fait singulière, sinon suicidaire…

Bonne journée.

Un lecteur.

A la une #NLH #NLQ #Rome

Quand le pape interprète son pontificat à la lumière du dépouillement de Saint François

Le pape François écrivant à l’évêque d’Assise-Nocera, Mgr Domenico Sorrentino, pour l’inauguration du Sanctuaire du Dépouillement dans l’église Sainte Marie Majeure, antique cathédrale d’Assise, prévue le 20 mai 2017, expose d’une certaine façon l’nspiration de son pontificat et sa vision de l’Eglise.

À mon vénéré frère Mgr Domenico Sorrentino, évêque d’Assise-Nocera Umbra-Gualdo Tadino

Tu m’as informé, cher frère, de ton initiative liée de manière particulière à la visite que tu as faite à Assise le 4 octobre 2013 quand, dans l’évêché, tu t’es arrêté dans la Salle du Dépouillement. Là, on se remémore le geste du jeune François qui se dépouilla, jusqu’à la nudité, de tous ses biens terrestres pour se donner entièrement à Dieu et à ses frères. Pour mettre en lumière cet épisode singulier, tu as voulu ériger, dans l’église Sainte Marie Majeure, antique cathédrale d’Assise, et dans les lieux de l’évêché qui furent témoins de l’événement, le Sanctuaire du Dépouillement. Ainsi, tu as ajouté une perle au panorama religieux de la « Ville séraphique », offrant à la communauté chrétienne et aux pèlerins une autre grande opportunité de laquelle ils peuvent à juste titre espérer des fruits spirituels et pastoraux. Je suis donc heureux d’accompagner par une réflexion et une bénédiction l’inauguration officielle que tu en feras le 20 mai prochain.

Je me souviens bien de l’émotion de ma première visite à Assise. Ayant choisi pour inspiration de mon pontificat le nom de François, la Salle du Dépouillement me faisait revivre avec une intensité particulière ce moment de la vie du saint. Renonçant à tous les biens terrestres, il se déliait du charme du dieu-argent qui avait séduit sa famille, en particulier son père, Pietro di Bernardone. Le jeune converti n’entendait certainement pas manquer du respect dû à son père, mais il se rappelait qu’un baptisé doit mettre l’amour du Christ au-dessus de ses liens affectifs les plus chers. Sur une peinture qui décore la Salle du Dépouillement, le regard contrarié de son père est bien visible, lorsqu’il s’éloigne avec l’argent et les vêtements de son fils tandis que celui-ci, nu mais désormais libre, se jette dans les bras de l’évêque Guido. Dans la Basilique supérieure de Saint François, le même épisode est évoqué par une fresque de Giotto qui souligne l’élan mystique du jeune désormais projeté vers son Père céleste, tandis que l’évêque le couvre de son manteau, pour exprimer l’étreinte maternelle de l’Église.

En venant visiter la Salle du Dépouillement, je t’ai demandé de me faire surtout rencontrer une représentation de pauvres. Dans cette salle si éloquente, ils étaient le témoignage de la scandaleuse réalité d’un monde encore tellement marqué par le fossé entre le nombre sans fin des indigents, souvent privés du strict nécessaire, et la minuscule portion de ceux qui possèdent et détiennent la plus grande partie de la richesse, prétendant déterminer le destin de l’humanité. Malheureusement, deux mille ans après l’annonce de l’Évangile et après huit siècles du témoignage de François, nous sommes devant un phénomène d’ « inégalité mondiale » et d’ « économie qui tue » (cf. exh. ap. Evangelii gaudium, 52-60). La veille exactement de mon arrivée à Assise, dans les eaux de Lampedusa, une grande hécatombe de migrants avait eu lieu. En parlant, dans le lieu du « dépouillement », avec une émotion causée par cet événement qui nous endeuillait, je sentais toute la vérité de ce dont avait témoigné le jeune François : c’est seulement lorsqu’il s’approchait des plus pauvres, à l’époque représentés surtout par les malades de la lèpre, en exerçant envers eux la miséricorde, qu’il expérimentait la « douceur de l’âme et du corps » (Testament, FF 110).

Le nouveau sanctuaire d’Assise naît comme la prophétie d’une société plus juste et solidaire, tout en rappelant à l’Église son devoir de vivre sur les traces de François, en se dépouillant de la mondanité et en se revêtant des valeurs de l’Évangile. Je répète ce que j’ai dit dans la Salle du Dépouillement : « Nous sommes tous appelés à être pauvres, à nous dépouiller de nous-mêmes : et pour cela, nous devons apprendre à rester avec les pauvres, à partager avec celui qui est privé du nécessaire, à toucher la chair du Christ ! Le chrétien n’est pas quelqu’un qui remplit la bouche des pauvres, non ! C’est quelqu’un qui les rencontre, qui les regarde dans les yeux et qui les touche ». Aujourd’hui, il est plus que jamais nécessaire que les paroles du Christ caractérisent le chemin et le style de l’Église. Si, dans tant de régions du monde traditionnellement chrétiennes, on observe un éloignement de la foi, nous sommes donc appelés à une nouvelle évangélisation, le secret de notre prédication ne réside pas tant dans la force de nos paroles mais dans la fascination exercée par le témoignage, soutenu par la grâce. Et la condition est que nous n’oubliions pas les indications que le Maître a données à ses apôtres dans le discours sur la mission, faisant à la fois appel à la générosité des évangélisateurs et à l’attention fraternelle à leur égard : « Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. Ne vous procurez ni or ni argent, ni monnaie de cuivre à mettre dans vos ceintures, ni sac pour la route, ni tunique de rechange, ni sandales, ni bâton. L’ouvrier, en effet, mérite sa nourriture. » (Mt 10,8-10)

C’était bien clair pour François d’Assise. Il l’avait assimilé dans la méditation de l’Évangile, mais surtout dans la contemplation du visage du Christ dans les lépreux et sur le Crucifié de Saint Damien, de qui il avait reçu le mandat : « François, va réparer ma maison ». Oui, comme  au temps de François, l’Église a toujours besoin d’être « réparée ». En effet, elle est sainte dans les dons qu’elle reçoit d’en-haut, mais elle est formée de pécheurs et, pour cette raison, elle a toujours besoin de pénitence et de renouvellement. Et comment pourrait-elle se renouveler, sinon en regardant son Seigneur « nu » ? Le Christ est le modèle originel du « dépouillement » comme tu as voulu, cher frère, le souligner en promulguant ta lettre d’institution du nouveau sanctuaire en la solennité de Noël. Dans l’enfant de Bethléem, la gloire divine s’est pour ainsi dire cachée. Elle sera encore plus voilée sur le Golgotha. « Ayez en vous les dispositions qui sont dans le Christ Jésus : Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix. » (Ph 2,5-8).

De Noël à Pâques, le chemin du Christ est tout un mystère de « dépouillement ». La toute-puissance, d’une certaine manière, s’éclipse afin que la gloire du Verbe fait chair s’exprime surtout dans l’amour et dans la miséricorde. Le dépouillement est un mystère d’amour ! Elle ne signifie pas le mépris des réalités du monde. Et comment le pourrait-elle ? Le monde vient tout entier des mains de Dieu. Dans le Cantique de Frère Soleil, François lui-même nous invite à chanter et à garder la beauté de toutes les créatures. Le dépouillement nous fait bénéficier de celles-ci d’une façon sobre et solidaire, avec une hiérarchie de valeurs qui met l’amour à la première place. En substance, il faut se dépouiller plus que des choses, de soi-même, en mettant à part l’égoïsme qui nous fait nous retrancher dans nos propres intérêts et dans nos biens, nous empêchant de découvrir la beauté de l’autre et la joie de lui ouvrir le cœur. Un chemin chrétien authentique ne mène pas à la tristesse mais à la joie. Dans un monde marqué par tant de « tristesse individualiste » (exh. ap. Evangelii gaudium, 2), le Sanctuaire du Dépouillement se propose d’alimenter dans l’Église et dans la société la joie évangélique, simple et solidaire.

Un bel aspect du nouveau sanctuaire est donné par le fait que, dans l’événement du dépouillement de François, émerge aussi la figure d’un pasteur, l’évêque Guido, qui l’avait probablement connu, sinon carrément accompagné dans son chemin de conversion, et qui maintenant l’accueillait dans son choix décisif. C’est une image de la maternité de l’Église qui mérite d’être redécouverte, tandis que la condition des jeunes, dans un contexte général de crise de la société, soulève des interrogations sérieuses que j’ai voulu mettre en avant en convoquant un synode qui leur soit dédié. Les jeunes ont besoin d’être accueillis, valorisés et accompagnés. Il ne faut pas craindre de leur proposer le Christ et les idéaux exigeants de l’Évangile. Mais il faut pour cela se mettre au milieu d’eux et marcher avec eux. Le nouveau sanctuaire acquiert ainsi aussi la valeur d’un lieu précieux où les jeunes peuvent être aidés dans le discernement de leur vocation. En même temps, les adultes y sont appelés à s’unir d’intentions et de sentiments pour que l’Église fasse émerger toujours plus son caractère familial, et que les nouvelles générations se sentent soutenues dans leur chemin.

Je bénis donc de tout cœur le nouveau sanctuaire, étendant ma bénédiction aux pèlerins qui le visiteront et à toute la communauté diocésaine. Que la Vierge Sainte, à laquelle le sanctuaire reste dédié, fasse sentir toute sa maternelle protection.

Le 16 avril 2017, Pâques de Résurrection.

Traduction de Zenit, Constance Roques