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Le Pape François fait une catéchèse en français : “Vivre Noël, c’est se laisser bousculer par ses surprenantes nouveautés”

« C’est accueillir la revanche de l’humilité sur l’arrogance

« Vivre Noël, c’est se laisser bousculer par ses surprenantes nouveautés », rappelle le pape François en s’adressant aux francophones lors de l’audience générale de ce mercredi 19 décembre 2018, en la salle Paul VI du Vatican.

Le pape a mis en garde contre en quelque sorte le faux Noël : « Frères et sœurs, A six jours de Noël, les décorations et les lumières rappellent partout que ce sera la fête. Mais quel Noël voudrait Dieu, quels cadeaux et quelles surprises ? »

Il a invité à contempler le « premier Noël » pour trouver la réponse : « En regardant le premier Noël de l’histoire, nous découvrons les goûts de Dieu. Qu’il s’agisse de Marie ou de Joseph, Noël a apporté dans leur vie des changements inattendus. Mais c’est dans la nuit de Noël que survient la plus grande des surprises : le Très-Haut est un petit bébé et la Parole de Dieu est un enfant, « incapable de parler », accueilli par de simples bergers et non pas par les autorités de l’époque ! »

Le pape a invité à être disponible aux surprises de Dieu qui viennent à noël : « Ainsi, Noël est la célébration de l’inédit de Dieu, ou mieux encore, d’un Dieu inédit qui renverse nos logiques et nos attentes. Et vivre Noël, c’est se laisser bousculer par ses surprenantes nouveautés. »

Concrètement, le pape a souligné les choix à faire : « C’est accueillir la revanche de l’humilité sur l’arrogance, de la simplicité sur l’abondance, du silence sur le vacarme, de la prière sur mon temps, de Dieu sur mon ego ! Malheureusement, on peut se tromper de fête et préférer à la nouveauté du Ciel la routine de la terre ! S’il vous plaît, ne faisons pas de Noël une fête mondaine et ne mettons pas de côté le Roi de la fête : ne nous laissons pas entraîner sur la voie des futilités, mais soyons des veilleurs en priant ! »

Le pape a invité à regarder Joseph, Marie, Jésus, les bergers : « Comme Joseph, donnons de l’espace au silence ; comme Marie, ayons confiance en Dieu et disons-lui : « Me voici » ; comme Jésus, faisons-nous proches de celui qui est seul, du pauvre, pour trouver, à la suite des bergers, la lumière dans la pauvre grotte de Bethléem ! »

Source : Zenit.org

Doctrine / Formation

Vatican : Deuxième méditation de l’Avent par le prédicateur de la Maison pontificale

Le prédicateur de la Maison pontificale a poursuivi sa série de méditations, comme chaque vendredi de l’Avent, en s’arrêtant cette fois sur le thème « Le Dieu vivant est la Trinité vivante ».

« Le seul Dieu, celui qui dans la Bible dit : “Je suis !”, est le Père qui engendre le Fils et qui avec lui respire l’Esprit, leur communiquant toute sa divinité », a expliqué le prédicateur franciscain. « C’est le Dieu communion d’amour, en qui unité et trinité proviennent de la même racine et du même acte, et forment une Triunité, dans laquelle aucune des deux choses – l’unité et la pluralité – ne précède l’autre, ou n’existe sans l’autre, et où aucun des deux niveaux n’est supérieur à l’autre ou plus “profond” que l’autre. »

En utilisant une métaphore musicale, le père Cantalamessa a précisé que « la Trinité est comme l’un de ces triangles musicaux qui, de quelque côté qu’on le touche, vibre tout entier et émet le même son »« Le Dieu vivant des chrétiens n’est rien d’autre que la Trinité vivante. La doctrine de la Trinité est contenue, comme en germe, dans la révélation de Dieu en tant qu’amour. Dire : “Dieu est amour” (1 Jn 4, 8), revient à dire : Dieu est trinité. Chaque amour implique un amant, un aimé et un amour qui les unit. »

Le besoin d’unité dans l’amour

« Tous, nous voulons l’unité, tous nous la désirons du plus profond de notre cœur », a rappelé le père Cantalamessa.  « Pourquoi est-il alors tellement difficile de faire l’unité, si nous la désirons tous aussi ardemment ? C’est parce que nous voulons l’unité, oui, mais… autour de notre point de vue. Cela nous semble tellement évident, tellement raisonnable, que nous sommes surpris que les autres ne s’en rendent pas compte et qu’ils insistent au contraire sur leur point de vue. Nous traçons même délicatement la route aux autres pour qu’ils viennent là où nous sommes et qu’ils nous rejoignent dans notre centre. Le problème est que celui qui est devant moi fait exactement la même chose avec moi. Par ce chemin-là, on ne parviendra jamais à l’unité. On fait le chemin inverse », a-t-il averti.

À l’inverse, dans la Trinité, l’amour et l’unité se vivent toujours en direction de l’autre personne : « les trois personnes divines sont toujours occupées à se glorifier réciproquement. Le Père glorifie le Fils ; le Fils glorifie le Père (Jn 17, 4) ; le Paraclet glorifiera le Fils (Jn 16, 14) ».

Vivre la Trinité dans le quotidien

« L’atmosphère serait bien différente dans un corps social si l’on essayait de vivre avec ces idéaux sublimes devant les yeux ! », a remarqué le Prédicateur de la Maison pontificale. « Pensons à une famille dans laquelle le mari défend et exalte sa femme devant ses enfants et des étrangers, de même la femme par rapport à son mari ; pensons à une communauté dans laquelle on s’efforce de mettre en pratique la recommandation de saint Jacques : “Ne médisez pas les uns des autres, frères” (Jc 4, 11), ou de celle de saint Paul : “Que chacun regarde les autres comme plus méritants” (Rm 12, 10). Dans cette optique, une personne pourrait même se réjouir de la nomination d’une autre, qu’elle estime, à un rôle d’honneur (par exemple le cardinalat), comme si elle y était nommée elle-même », a déclaré le père Cantalamessa, dans un clin d’œil ironique au carrièrisme de certains prélats…

« La Trinité n’est pas seulement un mystère et un article de notre foi, c’est une réalité vivante et palpitante. Comme je le disais en commençant, le Dieu vivant de la Bible que nous recherchons n’est autre que la Trinité vivante. Que l’Esprit nous y introduise nous aussi et nous fasse goûter sa douce compagnie », a conclu le père Cantalamessa.

Source : Vatican News

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[Vidéo] L’amour est don de Dieu – par Jean-Marie BIGARD

L’humoriste Jean-Marie Bigard, interrogé par le frère Philippe Verdin, de Retraite dans la Ville, sur la joie de Dieu, la joie qui vient du ciel à Noël, a tenu à parler d’abord de l’amour de Dieu. Il est saisissant de sentir combien la Parole de Dieu, toujours nouvelle, touche les hommes les plus divers avec force aujourd’hui encore. Le mystère de Dieu est bien là : l’amour reçu et partagé. C’est ce que Dieu fait à Noël : il nous envoie l’amour incarné en son Fils pour que nous « diffusions à profusion cet amour ». Comme Jean-Marie, prions « derrière le rideau » ou dans notre chambre pour que la révolution de l’amour triomphe en ces jours de grâces.

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Concert et messe aux Sables d’Olonne (85) les 15 & 16 décembre 2018 – Académie Musicale de Liesse

Les élèves de l’Académie Musicale de Liesse chantent aux Sables d’Olonne les 15 et 16 décembre prochains !

Samedi 15 décembre à 17h : Concert

Dimanche 16 décembre à 11h : Messe chantée

Eglise Notre Dame de Bon Port.

Ce concert est entrée libre.

Retrouvez les dates des prochains concerts de l’Académie.

L’Académie Musicale de Liesse est une école maîtrisienne catholique. Elle accueille des garçons passionnés de chant et de musique du CM1 à la Terminale, en horaires aménagés (3 à 4H de musique chaque jour).

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Pape François : Les trois dimensions du temps de l’Avent (homélie)

Dans l’homélie qu’il a prononcée le 3 décembre 2018 en la chapelle de la Maison Sainte-Marthe, le Saint-Père a parlé du temps de l’Avent comme l’occasion de prendre soin de son lien personnel avec le Fils de Dieu, par la mémoire, l’espérance, et dans le temps présent.

 

Ce lundi matin, deuxième jour du temps de l’Avent, le Pape François a expliqué que ce chemin vers Noël est propice « pour purifier l’esprit, pour faire grandir la foi par cette purification ». La réflexion du Souverain Pontife s’articulait autour de l’Évangile du jour, tiré de saint Matthieu (8, 5-11) : la rencontre entre Jésus et le centurion à Capharnaüm, où ce dernier supplie le Seigneur à propos de son serviteur malade.

Le Pape a d’abord fait remarquer qu’on peut, aujourd’hui aussi, « s’habituer à la foi » : alors « nous perdons cette force de la foi, cette nouveauté de la foi qui se renouvelle toujours ». Puis le Saint-Père a décliné les dimensions temporelles de l’Avent.

Jésus-Christ au centre de la fête

La première dimension est le passé : le temps de l’Avent est celui de « la purification de la mémoire », a expliqué le Pape. Il faut « bien se rappeler que ce n’est pas le sapin de Noël qui est né », mais Jésus-Christ, à Bethléem : « le Rédempteur est né, celui qui vient nous sauver ». « Nous aurons toujours la tentation de mondaniser Noël », a averti le Pape, « quand la fête cesse d’être contemplation, une belle fête de famille avec Jésus au centre », qu’elle « commence à être une fête mondaine : faire les courses, les cadeaux, ceci et cela… », et alors « le Seigneur reste là, oublié ». Il est donc essentiel de faire mémoire de « ce temps passé, de cette dimension ».

Une espérance plus pure

L’Avent nous porte aussi vers… l’avant ! Il permet de « purifier l’espérance », selon les mots du Pape. Nous attendons en effet le retour du Seigneur, qui sera vécu par « une rencontre personnelle ». Cette rencontre, « aujourd’hui nous l’aurons dans l’Eucharistie et nous ne pouvons pas avoir une telle rencontre, personnelle avec le Noël d’il y a 2000 ans ».

L’attention au Seigneur dans le moment présent

Enfin, le Pape François a invité chaque fidèle à prendre soin de sa propre « maison intérieure », malgré les soucis et les préoccupations de la vie quotidienne. L’Avent invite ainsi à l’attention au temps présent, où se manifeste le « Dieu des surprises » par des signes qu’Il nous adresse. « La troisième dimension est plus quotidienne », a déclaré le Saint-Père : « purifier la vigilance ». « Vigilance et prière sont deux mots pour l’Avent », a-t-il poursuivi, « parce que le Seigneur est venu dans l’Histoire à Bethléem, il viendra, à la fin du monde, et aussi à la fin de la vie de chacun d’entre nous. Mais il vient chaque jour, à chaque moment, dans notre cœur, avec l’inspiration de l’Esprit-Saint », a assuré le Pape en conclusion de son homélie.

Source : Vatican News

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Jean-Paul II : “Un avent d’espérance”

Audience générale de Jean Paul II,  Mercredi 17 décembre 2003

1. “Le Royaume de Dieu est proche :  soyez-en certains, il ne tardera pas”. Ces paroles, tirées de la Liturgie d’aujourd’hui, expriment le climat de notre préparation fervente et orante aux fêtes de Noël désormais proches.

L’Avent rend vive l’attente du Christ, qui viendra nous visiter, réalisant pleinement son Règne de justice et de paix. La révocation annuelle de la naissance du Messie à Bethléem renouvelle dans le coeur des croyants la certitude que Dieu est fidèle à ses promesses. L’Avent est donc une puissante annonce d’espérance, qui touche en profondeur notre expérience personnelle et communautaire.

2. Chaque homme rêve d’un monde plus juste et solidaire, où des conditions de vie dignes et une coexistence pacifique rendraient harmonieuses les relations entre les individus et entre les peuples. Mais, souvent, cependant, il n’en est pas ainsi. Des obstacles, des oppositions et des difficultés de tous types pèsent sur notre existence, allant parfois jusqu’à l’opprimer. Les forces et le courage de s’engager pour le bien risquent de céder le pas au mal, qui semble parfois l’emporter. C’est en particulier dans ces moments que l’espérance nous vient en aide. Le mystère de Noël, que nous revivrons dans quelques jours, nous assure que Dieu est l’Emmanuel – Dieu avec nous. C’est pourquoi nous ne devons jamais nous sentir seuls. Il est proche de nous, il est devenu l’un d’entre nous en naissant du sein virginal de Marie. Il a partagé notre pèlerinage sur la terre, nous garantissant de parvenir à cette joie et à cette paix, à laquelle nous aspirons du plus profond de notre être.

3. Le temps de l’Avent met en lumière un deuxième élément de l’espérance, qui concerne plus généralement la  signification  et la valeur de l’existence. Nous nous  demandons  assez fréquemment :  qui  sommes-nous,  où allons-nous, quel sens a ce que nous accomplissons sur terre, qu’est-ce qui nous attend après la mort ?

Certains objectifs sont indubitablement bons et honnêtes :  la recherche d’un plus grand bien-être matériel, la poursuite d’objectifs sociaux, scientifiques et économiques toujours plus élevés, une meilleure réalisation des attentes personnelles et communautaires. Mais ces objectifs suffisent-ils à satisfaire les aspirations les plus intimes de notre âme ?

La Liturgie d’aujourd’hui nous invite à élargir notre regard et à contempler la Sagesse de Dieu qui vient du Très-Haut et qui est capable de s’étendre jusqu’aux extrémités de la terre, en disposant toute chose “avec douceur et force” (cf. Antienne responsoriale).

Du peuple chrétien jaillit alors spontanément l’invocation :  “Viens Seigneur, ne tarde pas”.

4. Un troisième élément caractéristique de l’espérance chrétienne, que le temps de l’Avent met bien en évidence, mérite enfin d’être souligné. A l’homme, qui en s’élevant au-dessus des événements quotidiens cherche la communion avec Dieu, l’Avent et surtout Noël, rappellent que c’est Dieu qui a pris l’initiative de venir à sa rencontre. En se faisant enfant, Jésus a assumé notre nature et a établi pour toujours son alliance avec l’humanité tout entière.

Nous pourrions donc conclure que le sens de l’espérance chrétienne, reproposée par l’Avent, est celui de l’attente confiante, de la disponibilité active et de l’ouverture joyeuse à la rencontre avec le Seigneur. Il est venu à Bethléem pour rester avec nous, pour toujours.

Très chers frères et soeurs, alimentons donc ces jours de préparation immédiate au Noël du Christ par la lumière et la chaleur de l’espérance. Tel est le voeu que je vous présente ainsi qu’à vos proches. Je le confie à l’intercession maternelle de Marie, modèle et soutien de notre espérance.

Source : Homélie.biz

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Lancement de la campagne “Crèche pour tous”

Cette campagne est assurée au plan technique et informatique par l’équipe du Salon beige, blogue d’actualité animé par des laïcs catholiques, qui avait déjà, en décembre 2014, décembre 2015 et décembre 2016, assuré la diffusion d’innombrables photos de crèches dans l’espace public pour soutenir les maires attachés aux racines chrétiennes de la France et à nos traditions.

Mais cette campagne n’appartient pas au Salon beige : chacun peut s’en saisir, pour des motivations éventuellement différentes de celles des animateurs du Salon beige.

Nous sommes, quant à nous, attachés à la crèche, parce qu’elle révèle de l’amour de Dieu, qui est allé jusqu’à s’incarner pour nous sauver et qu’il n’y a, pour un chrétien, rien de plus beau que cette humble mangeoire renfermant le Dieu tout-puissant, créateur de l’univers, devenu un bébé fragile.

Mais ceux qui ne partagent pas notre foi peuvent tout à fait défendre les crèches pour de tout autre motif, qu’il ne nous appartient pas de juger.

RETROUVER LE SITE DE LA CAMPAGNE

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Avent : lancement de la campagne de dons de l’Eglise

Dieu s’est fait proche de nous en nous donnant son fils Jésus. « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle » (Jean 3:16). C’est cette joie et cette espérance que nous célébrons à Noël : Dieu, par Amour, nous a donné son Fils unique Jésus. Il a pris notre condition humaine, partagé nos bonheurs et nos peines. Il s’est fait enfant pour rejoindre les petits, les faibles, les fragiles. Jésus est lumière dans nos vies. Nous sommes tous appelés à partager cette lumière !

Source : Lumière dans nos vies

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L’édito – Un jour une crèche !

Quoique l’on puisse dire de l’histoire de la crèche ou de l’Histoire des crèches, il est indéniable qu’elles ont toujours su traduire dans le langage d’une époque et d’un lieu, un seul et même message : Emmanuel, Dieu parmi nous. Si l’exégèse et la recherche historique nous donnent une image de plus en plus proche de la vérité historique de ce que dût être cette nuit de Noël, les stéréotypes culturels et folkloriques nous en ont toujours livré une des facettes du sens profond et inépuisable de cet insondable mystère. Qu’un Philipe de Champaigne mette en image la lumière qu’apporte le Christ, ou qu’une pastorale des santons de Provence en livre le message de paix et de bonté, l’un comme l’autre nous racontent, non pas tout Noël, mais ce qui les as le plus touché dans cette nuit merveilleuse. Lorsque Camille Saint-Saëns donne la parole aux anges dans un gloria somptueux de délicatesse, il offre à l’humanité la tendresse même de Dieu. Quand l’infini pénètre le fini, quand l’éternité se fait un chemin dans le temps, il est impossible à l’Homme d’épuiser en une crèche l’insondable indicible. Et il reste à chacun le soin d’y pénétrer et, comme les bergers et les mages, de contempler et d’adorer.

A travers le temps et les continents, chaque culture, chaque peuple, chaque époque s’est approprié cette douce nuit, ainsi que le chemin qui y conduit, pour mieux y introduire l’âme et le cœur des hommes de tous temps et tous lieux. La crèche refait le chemin du Christ en s’incarnant, là où se trouvent les humains, là où ils en sont, pour les prendre par la main, à partir de leur univers connu et les ouvrir à l’inconnu divin. Telle est l’incarnation, telle est l’inculturation voulue par Vatican II, mais pratiquée depuis toujours.

C’est un peu le chemin que nous vous proposons durant l’Avent sur InfoCatho, en voyageant entre Terre et Ciel, autour du monde, avec les crèches d’une collection privée, comme nous l’avions commencé l’an dernier. L’occasion de contempler d’autres facettes de ce même mystère qui nous révèle tout autant l’universalité de l‘Incarnation que l’universalité de l’Eglise.

Vous retrouverez donc chaque jour (ou presque) une photo d’une crèche provenant d’un des quatre recoins du globe. Merci à nos deux collectionneurs de nous faire partager leur passion pour l’incarnation et l’Enfant Jésus.

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Premier dimanche de l’avent : “Eduquer l’esprit et le coeur à l’attente” par Mgr Follo

« Que la joie de l’Avent soit la joie de la rencontre d’Amour », souhaite Mgr Francesco Follo, dans sa méditation sur les lectures de la messe du premier dimanche de l’Avent, ce dimanche 2 décembre 2018.

L’Observateur permanent du Saint-Siège à l’UNESCO propose de préparer son coeur comme un « berceau », par la prière et le jeûne.

L’archevêque italien invite aussi à préparer la maison avec une couronne de l’Avent et la crèche.

Comme lecture patristique il propose les sermons sur l’Avent de saint Bernard de Clervaux.

AB

Eduquer l’esprit et le cœur à l’attente

1) Un cœur d’Avent

Cette année encore, l’Avent, l’attente du Sauveur se répète de manière ponctuelle à la considération des Chrétiens, comme une sorte d’échéance habituelle, jamais répétitive, parce qu’il marque la nouvelle étape d’un chemin qui rend la foi dans le Rédempteur, plus forte et plus claire. Il s’agit d’un chemin qui a une suite toujours plus parfaite, jusqu’ à ce qu’on arrive à la rencontre définitive avec le Seigneur Jésus.

Dans l’Evangile de ce premier Dimanche de l’Avent, tout est décrit comme s’il s’agissait d’une catastrophe cosmique, qui change la trajectoire des étoiles et crée la plus grande confusion parmi les hommes (Lc. 21, 25-26).

Luc n’a pas l’intention d’annoncer la fin du monde. Il a recours au genre littéraire  des apocalypses pour dire que la chute de Jérusalem sera une étape décisive pour instaurer le Règne de Dieu sur le monde.

Concernant l’évènement de la destruction de Jérusalem, les premiers chrétiens en ont tiré cette conclusion : la fin de la ville sainte n’a pas coïncidé avec le retour final du Seigneur. Le retour du Seigneur n’est donc pas facile à prévoir mais les signes de son arrivée peuvent être reconnus par qui a  » un cœur d’Avent  » (Don Primo Mazzolari), un cœur tendu vers Dieu qui vient et qui se donne, un cœur d’Avent qui se prépare pour accueillir dignement le Sauveur, le  » Désiré  » des peuples, celui qu’attend le peuple élu.

Le  Christ est ce  » germe  » dont parle Jérémie, l’homme nouveau, l’envoyé de Dieu qui rétablit la justice, non pas une justice punitive mais un don de miséricorde qui redonne dignité de fils à chaque homme, et renouvelle la communion avec  Dieu qui est notre Père.
La liturgie de la Parole de Dieu de ce jour – don toujours nouveau qui nous fait comprendre la foi de Dieu – nous propose ce message de préparation à la venue du Seigneur, de l’Emmanuel : Dieu est avec nous. Le texte de l’Evangile est emblématique et n’admet aucune confusion.

Le Christ viendra sur les nuées du ciel avec la puissance divine qui est la sienne.

Nous sommes certains de cette venue. C’est pour cela que nous sommes appelés à nous préparer par la prière. Il ne s’agit pas de multiplier les temps de prière mais de vivre dans une attitude de prière constante. De fait, seul celui qui se présente avec l’humilité du cœur devant Dieu et met sa confiance en lui, peut attendre la venue du Christ sans peur ni ébranlements.
Mais, en plus de la prière, il est encore plus nécessaire de faire de son mieux dans la vie, concrètement par  des comportements  et des attitudes dignes de la lumière, comme nous le rappelle l’apôtre saint Paul  : « L’ heure est venue de sortir de votre sommeil. Car le salut est plus près de nous maintenant qu’à l’époque où nous somme devenus croyants. La nuit est bientôt finie, le jour est tout proche. Rejetons les activités des ténèbres, revêtons-nous pour le combat de la lumière. Conduisons-nous honnêtement, comme on le fait en plein jour » (Lettre aux romains 13, 11b.12-13a).

 

2) Un cœur d’Avent qui devient comme un berceau

 

L’invitation de l’Avent est principalement celle-ci : « quand ces évènements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche » (Lc 21,28), ouvrons donc notre intelligence et notre cœur pour accueillir celui qui est attendu du monde entier : Jésus.
Levons les yeux vers le Seigneur et vivons dans l’attente, vigilants dans la prière parce que chaque moment nous porte vers le salut. La liturgie nous dit d’ où nous venons et où nous allons. Lorsqu’on célèbre un baptême, il y a au début, un dialogue entre le prêtre et les parents du nouveau-né : »Que demandez-vous à l’Eglise pour cet enfant ? « . La réponse est « la vie éternelle« . Depuis le début nous connaissons l’arrivée. Le début et la fin sont inextricablement liés. Notre vie ne sera donc pas l’odyssée d’Ulysse mais l’exode d’Israël de l’esclavage à la liberté vers une Terre Promise, où l’on pratique la liberté de l’amour désintéressé envers Dieu et le service généreux envers nos frères.

Dieu se fait chair par amour et est livré à nos mains, si fragiles et à notre cœur qui devient berceau. Si nous vivons dans la charité, chaque moment est celui de la présence, de la venue du Seigneur en nous. Si nous vivons la charité, Dieu reste toujours dans notre cœur, le soir, à minuit, au chant du coq, le matin.

A chaque instant, le moment de la rencontre est caché. Veillez donc à saisir le sens des choses. Veillez sur le sens du temps. Veillez sur les temps de la vie. Parce que l’Avent est le temps béni où Dieu vient. L’Avent, temps de l’attente est le moment de la joie parce que chaque venue du Christ est don de grâce et de salut, qui nous pousse à vivre le présent comme moment de responsabilité et de vigilance. La « vigilance » signifie la nécessité, l’urgence d’une attente vive, active et certaine parce que nous pouvons compter sur Dieu fidèle.

3) Et si c’était le cœur de Dieu qui nous attendait ?

Pendant l’Avent, l’Eglise nous demande de vivre l’attente de Dieu qui nous rencontre. Il faut un cœur vraiment pur pour reconnaître l’Infini qui s’incarne dans un enfant déposé dans une crèche. Comment ne pas être heureux d’un Dieu si proche, qui naît à Bethléem (ville du pain) pour se faire Pain de Vie.

Un fait est certain : nous pouvons vivre en ignorant Dieu ou en le mettant parmi les choses sans importance, superflues, mais Dieu ne nous abandonne pas. Lui, par égard à notre liberté qu’il nous a  donnée,  attend que nous ouvrions les yeux afin de découvrir la tromperie que le diable a combinée rendant aveugle notre cœur aux choses (Cfr Soljenitsyne).

Les choses sans âmes, comme l’argent ou autre, peuvent-elles être le bonheur ? Si nous sommes sincères, nous sentons que « quelqu’ un » nous manque dans notre vie. Rien ne nous fascine, ni ne nous rassasie. Si nous sommes honnêtes, nous devons affirmer ce que dit le livre des Proverbes : « Vanité, tout est Vanité ».

Nous avons réellement besoin de Celui qui nous conduit au-delà de la vanité et de la pauvreté de cette terre. Mais nous ne savons pas ou nous ne voulons pas nous mettre à Sa recherche.
L’Avent est le moment pendant lequel nous devrions ouvrir les portes et les fenêtres de notre âme pour entendre les pas de Dieu qui vient parmi nous. Ce n’est pas le fait d’un sage que de cacher à soi-même  la nostalgie du Père, de ce Père qui nous attend comme le Père miséricordieux a attendu chaque jour l’enfant prodigue.

Le beau jour où le fils perdu (chacun de nous) revint, fut  « Noël », parce que le fils mort était revenu à la vie. Vivons l’Avent avec l’assurance d’être attendu par Dieu : dans la grotte de Bethléem, au cénacle, sur le calvaire, dans l’Eglise, et enfin, dans sa maison et dans notre maison. L’attitude du Chrétien n’est pas celle  du rêveur naïf parce qu’elle n’est pas basée sur les forces humaines ou sur le hasard, mais de celui qui sait que la vie change avec la rencontre avec la Vie.

L’attente, ce n’est pas  vivre repliés sur soi-même, c’est regarder autour de soi et se rendre compte qu’il existe beaucoup de frères et sœurs qui, comme nous, sont des  » mendiants d’amour  » . Donc, et nous devons regarder plus haut avec eux

La vie quotidienne peut alourdir le cœur, mais si on vit dans la ferveur envers Dieu et dans le partage avec le prochain, le cœur reste léger.

Pour cela, il y a l’exemple des vierges consacrées qui imitent la consécration de la Vierge Marie et Mère. La Madone, « la Vierge de l’attente et Mère de l’espérance  » (Benoît XVI) est le personnage principal de l’Avent et la « Porte » que le Fils a franchi pour entrer dans le monde. Ces femmes consacrées sont appelées à vivre dans la vigilance (Rituel de la consécration des Vierges, N° 21, Prière conclusive des litanies, avant la décision de virginité, devant l’Evêque qui prie : «  Conduis-les dans la voie du salut, pour qu’elles désirent ce qui te plait et soient toujours vigilantes pour l’accomplir  ». De ce fait, elles sont appelées à persévérer  dans leur zèle envers Dieu, en se donnant au Christ et elles contribuent ainsi à donner le Christ aux frères et sœurs, en servant Dieu et l’Eglise (Rituel de consécration N° 36 : « que l’Esprit-Saint, qui fut donné à la Vierge Marie et qui a consacré vos cœurs aujourd’hui, vous anime de sa force pour le service de Dieu et de l’Eglise »).

Conseils pratiques

1) En plus de la prière et du jeûne, préparons une couronne de l’Avent, une crèche à la maison. Cela nous aidera à lever les yeux, à nous souvenir du début de la venue de Dieu parmi nous, à ne pas étouffer la nostalgie de Dieu, évitant la sclérose des yeux et du cœur.

2) Pour celui qui a plus de temps, je propose les sermons sur l’Avent de Saint Bernard de Clervaux

http://www.clerus.org/bibliaclerusonline/es/jjb.htm#f

Ou la prière du Père de Grandmaison

 

Sainte Marie, Mère de Dieu,

garde-moi un cœur d’enfant, pur et transparent comme une source ;

obtiens-moi un cœur simple, qui ne savoure pas les tristesses ;

un cœur magnifique à se donner, tendre à la compassion,

un cœur fidèle et généreux qui n’oublie aucun bienfait et ne tienne rancune d’aucun mal.

Fais-moi un cœur doux et humble, aimant sans demander de retour,

joyeux de s’effacer dans un autre cœur devant ton divin Fils ;

un cœur grand et indomptable,

qu’aucune ingratitude ne ferme, qu’aucune indifférence ne lasse ;

un cœur tourmenté de la gloire de Jésus-Christ blessé de son amour

et dont la plaie ne guérisse qu’au ciel.

Etymologie du mot AVENT :

Signification : « arrivée, venue ». Nous attendons l’arrivée, la venue du Seigneur Jésus, c’est très clair.

 

 

Lecture Patristique

Saint Bernard de Clairvvaux (1090 – 1153)

Premier Sermon de l’Avent

 

De l’Avènement de notre Seigneur et de ses six circonstances.

  1. Mes Frères, nous célébrons aujourd’hui le commencement de l’Avent. Le nom, comme celui des autres solennités, en est familier et connu de tout le monde ; mais peut-être ne tonnait-on pas aussi bien la raison pour laquelle il est ainsi appelé. Car, les infortunés enfants d’Adam négligeant les vérités salutaires, s’attachent de préférence aux choses fragiles et transitoires. A qui assimilerons-nous les hommes de cette génération, à qui les comparerons-nous quand nous voyons qu’on ne peut ni les enlever ni les arracher aux consolations matérielles de la terre ? Je les comparerai aux gens qui se noient. En effet, voyez comme il serrent ce qu’ils peuvent saisir ; rien ne saurait leur faire lâcher prise et quitter le premier objet qui s’est trouvé sous leur main quel qu’il soit, quand même il ne saurait leur être d’aucune utilité, comme des racines d’herbe et d’autres objets pareils. Et même, si quelqu’un vient à leur secours, ils le saisissent ordinairement de telle sorte, qu’ils l’entraînent avec eux et le mettent hors d’état de les sauver et de se sauver lui-même. Voilà comment les malheureux enfants d’Adam périssent dans cette mer vaste et profonde ; ils ne recherchent que des soutiens périssables et négligent les seuls dont la solidité leur permettrait de surnager et de sauver leurs âmes. Ce n’est pas de la vanité mais de la vérité qu’il a été dit : « Vous la connaîtrez et elle vous délivrera (Joan., VIII, 32). » Pour vous donc, mes Frères, vous à qui Dieu révèle comme à de petits enfants, les choses qui sont cachées aux sages et aux prudents du monde, appliquez avec soin toutes vos pensées à ce qui est vraiment salutaire, pesez attentivement la raison de l’Aventet demandez-vous quel est celui qui vient, pourquoi il vient, quand il vient et par où il vient. C’est là une curiosité louable et salutaire ; car l’Eglise ne célébrerait point l’Aventavec tant de piété, s’il ne cachait pour nous quelque grand mystère.2.. En premier lieu, considérez avec le même étonnement et la même admiration que l’Apôtre, quel est celui qui vient. C’est, dit l’ange Gabriel, le fils même du Très-Haut, Très-Haut lui-même par conséquent. Car on ne saurait sans crime penser que Dieu a un fils dégénéré ; il faut donc le proclamer l’égal de son Père en grandeur et en dignité. Qui ne sait en effet, que les enfants des princes sont eux-mêmes princes et que les fils de rois sont rois ? D’où vient cependant que des trois personnes que nous croyons, que nous confessons et que nous adorons, dans la suprême Trinité, ce n’est ni le Père, ni le Saint-Esprit, mais le Fils qui vient ? Je ne saurais croire qu’il en est ainsi sans cause aucune. Mais qui a pénétré les desseins de Dieu ? ou qui est entré dans le secret de ses conseils (Rom., XI, 34) ? Or, ce n’est point sans un très-profond dessein de la Trinité qu’il a été réglé que ce serait le Fils qui viendrait. Si nous considérons la cause de notre exil, peut-être pourrons-nous connaître, du moins en partie, quelle convenance il y avait que nous fussions sauvés plutôt par le Fils de Dieu que par l’une des deux autres personnes divines. En effet, ce Lucifer qui se levait le matin, ayant voulu se faire semblable au Très-Haut et tenté de se rendre égal à Dieu, ce qui est le propre du Fils, fut à l’instant précipité du haut du Ciel, parce que le Père prit la défense de la gloire de son Fils et montra par les faits la vérité de ce qu’il dit quelque part : « La vengeance m’est réservée et c’est moi qui l’exercerai (Rom., XII, 19). » Et je voyais alors Satan tomber du Ciel comme un éclair (Luc, X, 18). Qu’as-tu donc à l’enorgueillir, ô toi qui n’es que cendre et que poussière ? Si Dieu n’a point épargné les anges eux-mêmes dans leur orgueil, combien moins t’épargnera-t-il toi qui n’es que corruption, que vers ? Satan n’avait rien fait, il n’était encore coupable que d’une pensée d’orgueil, et à l’instant même, en un clin d’œil, il se voit à jamais précipité dans l’abîme, parce que, selon l’Evangéliste : « Il n’est point resté ferme dans la vérité (Joan., VIII, 44). »

    3. O mes Frères, fuyez, fuyez l’orgueil de toutes vos forces, je vous en conjure. L’orgueil est le principe de tout péché, c’est lui qui a si rapidement plongé dans d’éternelles ténèbres ce Lucifer, qui brillait naguère d’un plus vif éclat que tous les astres ensemble ; c’est lui, dis-je, qui a changé en un démon non pas un ange seulement, mais le premier des anges. Après cela, devenant tout à coup jaloux du bonheur de l’homme, il fit naître, dans le coeur de ce dernier, l’iniquité qu’il avait d’abord conçue dans le sien, et lui conseilla de manger du fruit défendu, en lui disant qu’il deviendrait aussi semblable à Dieu, connaissant le bien et le mal. O malheureux, quelles espérances donnes-tu, que promets-tu à l’homme, quand il n’y a que le Fils du Très-Haut qui ait la clef de la science, ou plutôt quand il n’y a que lui qui soit « la clef de David qui ouvre, et personne ne ferme (Apoc., III, 7) ? » C’est en lui que tous les trésors da la sagesse et de la science divines se trouvent renfermés (Coloss., II, 3) ; iras-tu les dérober pour en faire part à l’homme ? Voyez si, comme le dit le Seigneur lui-même, « Il n’est pas un menteur et le père même du mensonge (Joan., VIII, 44). » En effet ne ment-il point quand il dit : « Je serai semblable au Très-Haut (Isa., XIV, 94) ? » Et n’est-il pas le père même du mensonge, quand il sème dans le coeur de l’homme le germe de ses faussetés, en lui disant : « Vous serez comme des dieux (Gen., III, 6) ? » Et toi, ô homme, si tu vois le voleur, tu te mets à sa suite. Vous vous rappelez, mes frères, le passage d’Isaïe que nous lisions cette nuit, où il est dit : « Vos princes sont des infidèles (Isa., 1, 23), » ou, selon une autre version, « sont des désobéissants et les compagnons des voleurs. »

    4. En effet nos premiers parents, Adam et Eve, la source de notre race, sont désobéissants, et compagnons de voleurs, puisqu’ils veulent, sur les conseils du serpent ou plutôt sur les conseils du diable lui-même par l’organe du serpent, ravir au fils de Dieu ce qui lui appartient en propre. Mais Dieu le Père ne ferme point les yeux sur l’injure faite à son fils, « car le Père aime le Fils (Joan., V, 20), » et à l’instant même, il tire vengeance de l’homme et appesantit son bras sur nous. Tous en effet nous avons péché en Adam et tous nous avons été condamnés en lui. Que fera le fils, en voyant que son Père prend en main sa défense et que pour lui il n’épargne aucune créature ? Voilà, se dit-il, que mon Père, à cause de moi ; perd toutes ses créatures. Le premier des anges a voulu usurper la grandeur qui m’est propre et il a trouvé de l’écho parmi ses semblables. Mais à l’instant mon Père a pris avec ardeur la défense de ma cause en main, et il a frappé d’un coup cruel, d’une blessure incurable l’ange rebelle et tous ses partisans. De son côté l’homme a voulu aussi s’arroger la science qui est mon partage exclusif, et mon Père n’a point eu non plus pitié de lui, son oeil ne l’a point épargné. « Dieu s’occupe-t-il des boeufs (I Cor., IX, 6) ? » Il avait fait deux nobles créatures, auxquelles il avait donné la raison en partage et qu’il avait faites susceptibles de bonheur, l’ange et l’homme. Or voici qu’à cause de moi il a perdu une multitude d’anges et tous les hommes. Mais moi, pour qu’ils sachent que j’aime mon Père, je veux lui rendre ceux qu’il semble n’avoir perdus qu’à cause de moi. « Si c’est à cause de moi que cette affreuse tempête s’est déchaînée sur vous, dit Jonas, prenez-moi et jetez-moi à la mer (Joan., I, 12). » Ils portent tous un regard d’envie sur moi, eh bien ! me voici, je vais me montrer à eux en tel état que quiconque voudra nie porter envie et ambitionnera de devenir semblable à moi, n’aura cette ambition et ce désir que pour son bien. Quant aux anges, je sais bien qu’ils n’ont déserté la bonne voie que par un sentiment mauvais et inique et qu’ils n’ont péché ni par faiblesse ni par ignorance, aussi ont-ils dû périr quoiqu’ils ne le voulussent point, car l’amour du Père et la majesté du Roi suprême éclatent dans sors amour pour la justice (Psalm., XCVII, 3).

Source : Zenit.org