Points non négociables PNN

Un énième article qui relativise l’avortement dans la Croix…

Suite au rejet d’une loi pro-avortement par le Sénat argentin, le quotidien officiel du catholicisme se lamente en laisant la parole à Christophe Adam, médecin et chrétien, qui invite à repenser notre rapport à la vie… Ce partisan de la culture de mort écrit :

La décision du sénat argentin de ne pas légiférer sur le droit à l’avortement me paraît, comme français, médecin et chrétien, d’une autre époque. […] Comme professionnel de santé je ne peux me satisfaire que des femmes, pour mettre un terme à une grossesse quelles ne souhaitent pas, n’aient comme seule solution des pratiques illégales et dangereuses. Ce choix de l’avortement est trop important pour ne pas être accompagné et aucune société moderne ne peut tolérer que les risques qu’il entraîne, ne soient pas réduits à leur minimum. […]

Mgr Ginoux a réagi :

Source : Riposte-catholique

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Et si le féminisme était de briser enfin l’interdit autour de l’avortement ?

D’Anne-laure Debaecker sur le site de Valeurs Actuelles :

Avortement : une liberté tronquée

Loi du silence. De nombreux témoignages, au fil des ans, dévoilent un manque d’information et de suivi pour celles qui ont eu recours à l’IVG. Un livre écrit par la fondatrice d’Ivg.net revient sur ce tabou sociétal.

On est marqué au fer rouge. On souffre en cachette. Cela fait vingt ans que j’ai fait cet avortement. Mon corps et mon esprit sont mutilés. » Ce cri du coeur de Catherine, 45 ans, rejoint celui de milliers d’autres femmes, au sujet d’une douleur cachée car non reconnue. Plus que l’argent, le sexe ou même l’euthanasie, l’avortement est le sujet tabou en France. Le sujet que l’on ne peut évoquer sans risquer d’essuyer, d’emblée, une levée de boucliers scandalisés, une accusation d’entrave voire, désormais, des menaces de représailles judiciaires. Les séquelles physiques et psychologiques qui découlent malheureusement souvent de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) sont alors tout autant tues et négligées. Comment reconnaître qu’un acte médical que la société et la loi décrètent anodin pourrait avoir des conséquences aussi lourdes ?

« Au moment de l’IVG, c’est sûr que ce n’est pas un moment très agréable à passer », concède le site du gouvernement (Ivg.gouv.fr), qui compare la douleur découlant de l’arrêt d’un processus de vie à n’importe quelle douleur physique que certaines vivent plus ou moins bien. Et pourtant. Dépression, angoisse d’infertilité, syndrome de la date anniversaire, besoin de retomber rapidement enceinte, comportements d’évitement, troubles sexuels, colère, anxiété, refoulement, perturbations des relations humaines… Multiples sont les facettes du syndrome post-IVG qu’identifie Marie Philippe, fondatrice du site Ivg.net, après dix années passées à lire à et écouter personnellement plus de 8 500 appels et 1 500 témoignages écrits. Le site, qui reçoit plus de 3 000 appels par an pour 15 écoutantes, avait subi les foudres de Marisol Touraine, car sa popularité le faisait se trouver en tête des recherches Google. Il a, en effet, pour objectif de permettre aux femmes de faire le choix qui leur corresponde, en pleine conscience de l’acte qu’elles accompliront, quel qu’il soit, et de « libérer une parole ignorée ». Car, dénonce Marie Philippe dans un ouvrage édifiant qui expose le fruit de cette décennie d’écoute, l’IVG banalisée devient un véritable problème de santé publique.

Le syndrome post-IVG, décrit comme une sensation de vide, une douleur psychique proche d’une dépression, qui peut survenir plusieurs années après, fait l’objet de très peu de publications médicales en France, contrairement aux pays anglo-saxons et scandinaves. L’auteur y voit une autocensure plus ou moins consciente des médecins, qui ne veulent pas sembler se mettre en porte-à-faux d’un consensus autour d’un droit médiatisé et sacralisé. Paralysés par la peur de tomber sous le coup de la loi, ils optent alors pour une neutralité affichée, un refus de prendre position et même d’informer. La femme qui découvre une grossesse non attendue, très souvent ambivalente dans son désir de l’enfant à venir, désir qui survient souvent pendant la période de réflexion (qui était obligatoire jusqu’en 2016 entre la première demande d’acte d’IVG et l’acte lui-même), se retrouve ainsi très seule dans sa réflexion tout comme dans la gestion des conséquences qui en découlent, dans un monde qui pousse à aller de l’avant sans trop réfléchir. « On a banalisé cet acte. On a cru que nous avions cette “liberté”… mais c’est aussi un enfermement psychologique. L’avortement a un prix, et c’est de notre personne que nous payons », dénonce Marianne, 49 ans.

Une véritable loi du silence s’abat désormais sur l’avortement : sur l’acte en lui-même, dont la réalité scientifique est complètement atténuée sur le site du gouvernement (on évacue le « contenu » ou l’« oeuf » de l’utérus…), et sur la souffrance qui peut en découler, avec des femmes interdites de parole. Cette omerta est d’autant plus grave que, et c’est là tout le paradoxe de ce droit, la libération tant vantée est un leurre. Le choix de l’avortement est, en effet, rarement pleinement libre : la femme ne reçoit pas des informations de vérité sur ce qu’elle compte faire. En outre, qui parle des pressions (médicales, institutionnelles, familiales) subies par celles qui décident finalement de poursuivre une grossesse, alors que la société estime que la situation justifie un avortement ? Plus grave encore : les femmes, depuis la loi Aubry de 2001, ne disposent plus de dispositifs légaux pour se protéger des pressions psychologiques qui les poussent à avorter, comme si cet acte était, d’emblée, un acte positif. Combien de femmes ont été contraintes par leur petit ami, conjoint, mari à avorter ? Dans les nombreux témoignages, ils sont les premiers demandeurs et défenseurs de l’avortement. « Trop souvent, l’IVG est un droit des femmes… utilisé par les hommes », déplore Marie Philippe. À l’époque du #Balancetonporc, et si le vrai féminisme était de briser enfin l’interdit qui règne autour de l’avortement et de le descendre de son piédestal imposé ?

Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202018-08-09%20a%CC%80%2011.26.44.png  Après l’IVG : des femmes témoignent, de Marie Philippe, éditions Artège, 208 pages, 11 euros

 

NLH #NLQ #Points non négociables PNN

L’Argentine refuse l’avortement mais devra probablement revoter l’année prochaine…

Par 31 voix pour, 38 contre et 2 abstentions, le Sénat argentin a rejeté la légalisation du meurtre de l’enfant à naître. La « journaliste » de France24 Mathilde Buenos, qui n’informe pas, est sous le choc :

Le pape François a multiplié les déclarations contre l’avortement. Dans une lettre adressée aux fidèles catholiques argentins, le pape avait appelé à se mobiliser contre le projet de loi.

Une messe pour la vie a été célébrée mercredi à 20h par le cardinal Mario Poli à la cathédrale de Buenos Aires. Le successeur du Pape François a concélébré avec, entre autres, Mgr Oscar Ojea, évêque de San Isidro et président de la conférence épiscopale.

Il y avait eu 5 millions de manifestants dans toute l’Argentine contre l’avortement.

Toutefois, les partisans de l’avortement espèrent gagner l’an prochain

L’échec de la légalisation du crime de l’enfant à naître en Argentine n’est que partie remise pour les partisans de l’avortement qui constatent tout de même que leur idéologie progresse. Julia Mendez, militante féministe, annonce :

« Et s’il ne passe pas la semaine prochaine, nous le représenterons l’année d’après. C’est la septième fois que nous le présentons, jamais nous n’avions été si proches du but. »

La féministe Senorita Bimbo ajoute :

« Demain, nous serons toujours le mouvement populaire et transversal le plus fort du pays. Demain nous sècherons nos larmes et nous continuerons d’avancer. Il n’y aura pas un pas en arrière. »

C’est la version pro-mort du “On ne lâche rien”…

A l’inverse, aux Etats-Unis, le mouvement pro-vie avance pas à pas pour interdire l’avortement et faire respecter la vie humaine dès la conception. C’est la constance dans les idées qui permet d’avancer. En France, la droite, complice dès l’origine de la culture de mort, a toujours tout lâché. Ainsi, Eric Ciotti, qui passe pour un député de droite, s’est senti obligé de se joindre à la gauche sur cette affaire :

Source : lesalonbeige

Brèves

“Jour du dépassement de la Terre” : objectif avortement !

Comme chaque année, les pleureuses de l’écologisme politique célèbrent le « jour du dépassement » de la Terre, celui où les hommes sont censés avoir consommé plus de ressources naturelles qu’elle n’en renouvelle. L’objectif est de terroriser l’humanité pour limiter les naissances et justifier l’avortement.

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Amérique latine #Dans le Monde #NLQ

Brésil : les évêques mobilisés pour la vie, contre la dépénalisation de l’avortement

La légalisation de l’avortement va à nouveau s’inviter dans la vie politique brésilienne à l’occasion d’une audience publique à la Cour suprême fédérale, convoquée du 3 au 6 août prochain par la ministre Rosa Weber. L’Église brésilienne fait plus que jamais appel à défendre la vie.

La dépénalisation de l’avortement jusqu’à douze semaines de grossesse pourrait bientôt entrer en vigueur au Brésil. Pour l’archevêque de Rio de Janeiro, le cardinal Orani João Tempesta, pareille loi irait « à l’encontre de la Constitution brésilienne fondée sur  l’inviolabilité de la vie humaine », déclare-t-il à Vatican News.

La commission pour la pastorale et la famille de l’épiscopat brésilien a d’ailleurs réaffirmé la position très claire de l’Eglise à ce sujet : « défendre l’intégrité, l’inviolabilité et la dignité de la vie humaine, depuis sa conception jusqu’à la mort naturelle ».

Une prière au pied du Christ rédempteur le 2 août
De nombreuses initiatives essaiment ces derniers jours dans le pays pour lutter contre cette proposition de dépénalisation. Le 2 août prochain, jour du Pardon d’Assise, la prière du chapelet de la Divine Miséricorde se tiendra au pied du monument du Christ Rédempteur de Rio, et toutes les cloches des églises de l’État de Rio retentiront pour attirer l’attention sur « ce moment grave que connaît le pays ».

« Nous sommes en faveur de la culture de la vie, et en tant que citoyens, nous avons le droit de nous faire entendre », ont écrit les évêques dans une note de la Commission pour la vie pastorale et la famille de la conférence épiscopale intitulée « Avortement et démocratie ».

Un débat parlementaire plutôt que judiciaire
Les deux points essentiels du document s’articulent autour de la défense de la vie à chaque étape, et de la protection du système démocratique. Sur le premier point, les évêques rappellent qu’ « il est urgent de lutter contre les causes de l’avortement, à travers la mise en œuvre des politiques publiques qui aident efficacement les femmes dans le domaine de la santé, la sécurité, l’éducation sexuelle, en particulier dans les régions pauvres du Brésil ».

Les évêques rappellent aussi que « l’Église aide les plus vulnérables des plus vulnérables, c’est-à-dire les enfants à naître sans défense ». En ce qui concerne la protection du système démocratique, les évêques soulignent l’importance du débat parlementaire, mentionnant que la population avait toujours rejeté les tentatives de légalisation de l’avortement ces dernières années. Malgré cela, les propositions de loi persistent, « violant toutes les règles de la démocratie, car elles passent par une autorité judiciaire et non parlementaire », déplorent les évêques, plaidant pour un retour du débat parlementaire sur ces questions.

En Amérique latine, l’avortement est entièrement légal dans trois pays : le Guyana, la Guyane française, et l’Uruguay, ainsi que dans la capitale fédérale du Mexique, Mexico.

Source : Vatican News 

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Dans la Sarthe, un hôpital ne pratique plus d’avortements

Dans le Sud de la Sarthe, le centre hospitalier du Bailleul de la Flèche ne pratique plus d’interventions volontaires de grossesse (IVG) depuis janvier 2018.

Au centre hospitalier, sur les cinq gynécologues en poste en 2017, trois ont fait valoir leur clause de conscience. « La clause de conscience, c’est, pour le médecin, le droit de refuser la réalisation d’un acte médical pourtant autorisé par la loi mais qu’il estimerait contraire à ses propres convictions personnelles, professionnelles ou éthiques ».

Après le départ d’un quatrième médecin en retraite, le centre n’est plus en capacité de répondre de répondre aux demandes d’avortement des femmes, qui se rendent désormais pour cette intervention médicale à l’hôpital du Mans ou d’Angers.

L’Agence Régionale de Santé évoque un problème plus général de manque de moyens. « La loi permet à trois gynécologues sur les quatre praticiens de l’hôpital du Bailleul de refuser l’IVG, pour des raisons éthiques. Un fait qui s’ajoute aux problèmes de ressources médicales connu dans ce territoire rural », explique Yves Lacaze, délégué territorial.

Source : genethique.org

Tribunes et entretiens

Le style du pape François a-t-il facilité le vote pour l’avortement en Irlande ?

On s’est beaucoup demandé pourquoi et comment l’Irlande si catholique a pu approuver la modification de sa constitution afin de rendre possible la légalisation de l’avortement. La première réponse, la plus facile, est que l’Irlande est de moins en moins catholique puisque la pratique religieuse se contracte au fil des générations, et ce même si près de 80 % de la population se dit catholique. La seconde, c’est que les évêques ont préféré faire profil bas, jugeant l’Eglise trop victime d’une mauvaise presse liée à divers scandales, réels ou supposés, pour pouvoir peser sur le débat. Mais il y a une troisième raison, mise en avant par une ex-religieuse dans un des quotidiens « mainstream » de l’Ile d’Emeraude : le style du pape François a eu une influence sur le vote, le « oui » à 66 % pour l’avortement n’est pas sans lien avec son refus de porter des jugements sur des comportements gravement peccamineux que le monde entier a retenu à travers ses célèbres paroles, « Qui suis-je pour juger ».

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Brèves #NLH

La stérilisation forcée et l’avortement de milliers de personnes au Japon a eu lieu pendant la seconde guerre mondiale

Selon LifeSite, le gouvernement japonais est confronté à un nombre croissant de procès intentés par des victimes de son programme de stérilisation massive inspiré en droite ligne du nazisme qui a privé des dizaines de milliers de personnes de leurs capacités de reproduction sur plusieurs décennies.

On estime qu’entre 1948 et 1996, 25 000 personnes ont été stérilisées par la loi japonaise sur la protection de l’eugénisme, dont 16 500 involontairement, selon des sources gouvernementales. Jusqu’à 60 000 avortements forcés auraient également été pratiqués, sous prétexte de purifier le pays des maladies héréditaires, en particulier des troubles mentaux perçus comme étant d’origine génétique.

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L’objection de conscience des pharmaciens menacée par l’avortement

D’un côté, un pharmacien qui refuse de délivrer la pilule du lendemain à un homme suscite l’indignation sur les réseaux sociaux, et le relai interrogateur de la presse. De l’autre, en Arizona aux Etats-Unis, une femme enceinte se voit refuser la pilule abortive de la part d’un pharmacien objecteur. Joël Hautebert, Professeur de droit des Universités et membre de l’association Objection !, rappelle pour Gènéthique les enjeux de ce débat.

Gènéthique : En France, en juin dernier, un homme se voit refuser la pilule du lendemain qu’il demandait pour sa fille. Les réactions offusquées des internautes sont-elles justifiées ?

Joël  Hautebert : Je crois utile de rappeler en premier lieu que le rapport du client avec le pharmacien est avant tout basé sur une relation de confiance. Indépendamment de la question précise qui concerne la pilule abortive, le pharmacien est légalement responsable des produits qu’il vend. De par sa fonction, il exerce un rôle de conseil, que les clients attendent d’ailleurs de lui. Or quand il s’agit de produit abortifs, il semble qu’il soit soumis à une injonction de délivrance, une obligation systématique et irresponsable de vente, comme si toutes les obligations usuelles qui sont attendues de lui n’existaient plus et ce, quelques soient les circonstances. C’est assez frappant et manifeste dans l’attitude de celui qui a livré l’information sur les réseaux sociaux. Sur la contraception d’urgence, on n’attend plus du professionnel qu’il prenne les précautions d’usage à la délivrance de ses produits. Du fait de leur dosage et de leur action, ces pilules devraient pourtant être concernées au premier chef parmi les produits qui requièrent de telles précautions. Souvent, on oublie que la responsabilité du pharmacien est engagée dans la délivrance des produits qu’il vend. Il est doublement tenu à la vigilance.

Ensuite, les professionnels sont alertés par des utilisations frauduleuses ou tout à fait inadéquates qui imposent encore davantage de précautions : des hommes qui ne veulent pas que leur femme ou leur compagne aient des enfants et qui s’arrangent pour leur faire ingérer, à leur insu, ces comprimés surdosés, sur lesquels il n’existe aucun contrôle, mais qui ne sont pas sans incidence sur la santé.

Cet épisode malheureux révèle le tabou qui entoure désormais l’avortement, qui doit être possible quelques soient les circonstances. Au nom de la liberté de la femme, on fait la promotion de pratiques qui l’aliène.

De plus, il semble que dans cette histoire, le pharmacien ne connaissait pas l’homme qui lui demandait le produit et, à la demande du pharmacien de voir sa fille ou de l’entendre par téléphone, il a répondu qu’elle « n’était pas en état » de le faire. Le rôle du pharmacien peut-il sur ces questions se résumer à n’être qu’un distributeur ? Son exigence de conseil s’arrête-t-elle à l’IVG ? Pourquoi ?

G : Petit détour maintenant en Arizona, où les Medias se sont aussi fait le relai de l’histoire d’une femme enceinte venue demander un produit abortif que le pharmacien, objecteur de conscience, lui a refusé. Etait-ce légitime de part et d’autres ?

JH : Tout d’abord aux Etats-Unis, en Arizona, un pharmacien n’est pas obligé de délivrer un produit abortif même sur présentation d’une ordonnance. Cette liberté permet aux professionnels d’exercer leur métier dans le respect de leurs convictions et conformément à leur vocation de soignants. Cela étant dit, la couverture médiatique de cette affaire surprend. Lorsqu’on lit attentivement les articles de presse, les conditions de la demande et du refus ne sont pas claires : certains articles de presse font état d’un enfant mort, son cœur ne bat plus, les médias américains parlent de leur côté plus volontiers d’un bébé non viable.

Si l’enfant à naitre est décédé, la délivrance du produit qui doit permettre l’expulsion ne pose pas de problème éthique, mais si le bébé est réputé non viable, c’est qu’il est, au moment de la prescription et de la prise, encore vivant. La délivrance de la pilule abortive conduira de facto à un avortement et donc à la mort du fœtus. Dans ce domaine, les exemples ne manquent pas de fœtus non viable, nés vivants et qui le demeurent bien après leur naissance !

Ce qui interroge, c’est la façon dont l’information a été donnée et qui ne permet pas de déterminer le bien-fondé ou non de la réponse du professionnel. Et la question se pose une nouvelle fois : l’obligation d’information s’arrête-t-elle aux questions d’avortement ? Cette information diffusée sur les réseaux sociaux, reprise par les militants et la presse n’a pas été passée au crible d’un esprit critique et ne permettent pas d’apprécier les faits. Par contre, le lynchage du pharmacien est l’occasion de remettre en cause le bienfondé de l’objection de conscience. Etait-ce finalement le véritable enjeu de cette surenchère ? On peut légitimement se poser la question.

Source : genethique.org

Dans le Monde #Europe non francophone #NLQ

Belgique : l’avortement reste pénalisé mais est possible jusqu’à 18 semaines

Certains se réjouiront de ce que le pire a été (provisoirement ?) évité grâce à l’adoption du texte de compromis concocté par la majorité, mais, pour les défenseurs de la vie, c’est une nouvelle défaite : c’est ainsi que le délai pour pratiquer un avortement est repoussé de 12 à 18 semaines ! Ce qui est particulièrement inquiétant, c’est qu’il n’y a plus aucune formation politique pour se désolidariser de ce type de décision, même pas le cdH, cet héritier rabougri de ce qui fut jadis le parti catholique. Quant aux écologistes, ils souscriraient à une loi dépénalisant totalement l’avortement car tout, dans la nature, mérite d’être protégé sauf les petits d’homme en gestation qui peuvent être envoyés sans le moindre scrupule dans les poubelles des avortoirs…

D’Annick Hovine sur le site de la Libre :

La commission de la Justice de la Chambre approuve la sortie du Code pénal de l’IVG

Le texte déposé in extremis par la majorité a été voté mardi soir sans amendements. Débat tendu.

La tension était palpable, mardi, en commission de la Justice de la Chambre, où on poursuivait le délicat débat sur la dépénalisation, plus large ou non, de l’avortement. Et pour cause. Le dépôt, mardi dernier, par quatre députés de la majorité (le MR David Clarinval, l’Open VLD Carina Van Cauter, la N-VA Valérie Van Peel et la CD&V Els Van Hoof), d’une proposition de loi visant à sortir l’interruption volontaire de grossesse (IVG) du Code pénal, a coupé l’herbe sous le pied de l’opposition laïque.

PS, Défi, Ecolo-Groen, SP.A et PTB venaient de s’accorder sur un texte commun dépénalisant quasi totalement l’avortement. Cet amendement, rédigé à la suite de l’audition d’une vingtaine d’experts, supprime du Code pénal le chapitre consacré à l’IVG toujours considéré comme “un crime contre l’ordre des familles et la morale publique”.

Quasi dépénalisé

Surtout, il allonge le délai autorisé par la loi de 1990 pour pratiquer un avortement de 12 semaines à 18 semaines de grossesse. Le délai de réflexion de 6 jours, imposé à la patiente avant de recourir à l’IVG, jugé culpabilisant, est ramené à 48 heures, voire à néant en cas d’extrême urgence. Et il supprime la notion d’état de détresse de la femme. En cas de non-respect de ces nouvelles conditions, très élargies –  en clair  : si l’avortement est pratiqué au-delà de 18 semaines – le médecin risquerait des sanctions pénales. Mais plus les femmes.

Du côté de la majorité, l’Open VLD avait déposé une proposition très semblable (IVG autorisée jusqu’à 18 semaines). Et, sachant qu’au MR, le vote sur les questions bioéthiques est laissé à la libre conscience des parlementaires, une majorité alternative existait sur papier.

Potentiellement explosif

Mais ce scénario était potentiellement explosif pour l’équipe de Charles Michel. La dépénalisation de l’IVG ne figure pas dans l’accord gouvernemental. Et on sait que le CD&V et la N-VA y sont farouchement opposés. Il fallait trouver une porte de sortie. D’où le compromis que la majorité a sorti, in extremis, de son chapeau.

Il prévoit de retirer l’avortement du Code pénal pour l’inscrire dans une loi spécifique. Les conditions principales d’accès à l’IVG prévues par la loi de dépénalisation partielle de 1990 ne sont pas modifiées. Le délai légal maximum dans lequel peut se pratiquer une IVG reste à 12 semaines de grossesse, même si le texte précise qu’il pourra être prolongé de 6 jours (soit la durée du délai de réflexion, maintenu “sauf raison médicale urgente”) au cas où la femme se présente à la consultation in extremis. Dans la pratique, on pourrait arriver à quasi 13 semaines de gestation.

Pour les demandes tardives d’IVG (au-delà de 12 semaines), les femmes devront donc être dirigées, comme aujourd’hui, vers un centre aux Pays-Bas. Elles sont entre 500 et 1000 chaque année.

Un “copier-coller”

En cas de non-respect de ce dispositif, les sanctions pénales restent exactement les mêmes que dans la loi de 1990, tant pour les femmes que pour les médecins. Sur ce point, la nouvelle loi est un “copier-coller” de la loi de 1990. Si l’IVG sort du Code pénal, elle n’est pas dépénalisée.

L’opposition crie au leurre. Elle dénonce aussi un marchandage qui offre aux opposants à l’avortement (entendez la N-VA et le CD&V) une reconnaissance symbolique d’un statut au fœtus en cas de fausse couche. Au cours de la négociation intramajoritaire, il a fallu, de fait, leur donner des gages. Un accord est donc intervenu sur un avant-projet de loi permettant aux parents qui le souhaitent de déclarer un enfant né sans vie après une grossesse de 140 à 179 jours. Dans l’accord gouvernemental, l’équipe Michel s’était engagée à aboutir sur ce dossier.

Donnant-donnant

Pour les défenseurs du droit à l’avortement, l’inscription d’un fœtus dans un registre d’état civil risque d’empiéter sur l’IVG. Il y a des précédents. La Hongrie a reconnu le statut de personne à l’embryon dans sa Constitution de 2012 : depuis lors, les femmes ne peuvent quasiment plus y avorter même si la loi les y autorise.

Dans sa proposition de loi initiale sur les bébés nés sans vie, le CD&V plaidait pour une reconnaissance très précoce du fœtus né sans vie  : à partir de 85 jours, ce qui correspond à 12 semaines de grossesse. Un abaissement qui aurait anéanti les possibilités d’allongement du délai pour mener un avortement en toute légalité. Il a dû reculer. L’avant-projet de loi fixe un minimum de 140 jours, soit 20 semaines de grossesse. Mais il n’y aura pas de majorité alternative sur l’IVG. Donnant-donnant.

Source : Belgicatho