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Bangladesh : les écoles catholiques sous pression

Suite au lancement d’une réforme du ministère bangladais de l’Éducation, depuis 2010 après la victoire de la Ligue Awami aux élections législatives nationales, l’Église catholique, qui a la charge de nombreux instituts dans le pays, est confrontée à de nombreux problèmes relatifs à la nouvelle politique. À commencer par la décision de modifier la structure des cycles primaires et secondaires, qui risque de causer des difficultés financières à beaucoup d’établissements. Les chrétiens représentent seulement 600 000 Bangladais sur une population de 160 millions d’habitants, mais ils sont reconnus pour la qualité de l’enseignement catholique dans le pays.

Les recommandations d’une réforme de l’éducation bangladaise – qui a été formulée en 2010 mais qui n’a pas encore été mise en œuvre – posent de graves problèmes aux établissements catholiques et pourrait entraîner la fermeture de plusieurs d’entre eux. La cause viendrait de la décision d’étendre le cycle de l’enseignement primaire du CM2 à la 4e,  et celui de l’enseignement secondaire de la 3e à la terminale. « Transformer des écoles, cela demande de l’argent, des infrastructures et de nouveaux enseignants, c’est pourquoi l’application de ces nouvelles règles a été menée aussi lentement », explique le père Hemanto Pius Rozario, directeur du Notre-Dame College de Dhaka.
Le prêtre ajoute que plusieurs écoles primaires catholiques ont ajouté de nouvelles classes pour se conformer à la réforme, mais qu’aucun lycée n’a pu le faire. « Il n’y a pas encore de véritable loi, c’est pourquoi nous n’avons pas ressenti de pressions à cause de cela. Mais cela pourrait devenir un sérieux casse-tête à l’avenir », souligne le père Rozario. Les chrétiens sont une faible minorité au Bangladesh, où ils représentent moins de 0,5 % des 160 millions d’habitants du pays avec près de 600 000 fidèles, dont une majorité de catholiques. Ils ont pourtant été vivement salués par beaucoup de musulmans à travers le pays pour leur contribution importante dans les secteurs de la santé et de l’éducation, ainsi que pour leur apport au développement socio-économique du pays. Beaucoup d’écoles et d’universités catholiques sont en effet classés parmi les établissements bangladais les plus prestigieux. L’Église gère 13 universités, 579 écoles et 13 instituts de formations à travers le pays, selon l’Enseignement catholique (BCEB), qui dépend de la Conférence épiscopale bangladaise. En tout, le BCEB est responsable de l’éducation de près de 100 000 élèves par an, dont une majorité de musulmans. De son côté, Caritas Bangladesh gère plus de mille écoles maternelles, destinées aux familles défavorisées, pour lesquelles l’organisation reçoit le soutien financier de l’Union européenne.

Politique libérale

Il y a huit ans, une commission d’État a formulé une nouvelle politique éducative après d’importantes recherches et de nombreux échanges avec les divers acteurs du secteur. Cette politique a été lancée deux ans après les élections législatives de 2008, aux cours desquelles la Ligue Awami a remporté une large victoire. Avant son élection, la Ligue Awami, l’un des deux principaux partis politiques du pays, avait annoncé que la réforme de l’éducation était au centre de son programme politique. Sur le papier, selon les analystes, la réforme en question comprenait une série de réformes et d’engagements d’inspiration libérale, dans la lignée de la Constitution du pays. Cette politique éducative est la sixième de ce genre à être introduite dans le pays depuis 1974. Elle est toujours considérée comme l’une des meilleures et des plus efficaces que le pays ait connues, la Ligue Awami l’a donc maintenue lors de sa réélection en 2014.
La réforme préconise notamment un cursus commun pour les élèves d’école primaire. Celle-ci est également rendue obligatoire dès le CM2, et des cours tels que l’anglais ou les technologies de l’information et de la communication sont rendus obligatoires. Les directives de la réforme introduisent également des méthodes plus créatives contre l’apprentissage par cœur, et cherchent à développer le patriotisme des élèves dès le plus jeune âge en insistant sur l’histoire du pays. Elles suggèrent aussi de profonds changements dans les méthodes d’évaluation des élèves, en se concentrant davantage sur leur créativité que sur leur capacité à mémoriser, tout en soutenant l’amélioration de la formation des enseignants. Cependant, l’éducation catholique dénonce une nouvelle augmentation du recours au soutien scolaire et aux cours particuliers, ce qui désavantage les familles les plus pauvres qui méritent une meilleure éducation.

L’ingérence de l’État

Autre source de tensions pour les écoles catholiques, celles-ci doivent choisir de rejoindre ou non un programme du gouvernement, destiné à la rémunération des enseignants des écoles publiques et privées depuis 1985. Selon la réforme, le gouvernement nommerait des enseignants et leur accorderait certains avantages. Mais l’Église s’est montrée réticente. « Cela doublerait effectivement le salaire des enseignants », explique le père Gomes, secrétaire de la BCEB. « Mais cela veut dire aussi que le gouvernement pourrait intervenir dans la gestion des établissements catholiques, y compris dans la nomination de leurs directions et du corps enseignant. C’est le problème que nous devons résoudre. Nous devons choisir entre accepter cela au bénéfice de nos enseignants, tout en sacrifiant notre indépendance, ou alors tout simplement refuser », confie le prêtre. Ainsi Alfred Ronjit Mondol, directeur du lycée Saint-Joseph de Khulna, qui accueille environ 1 800 élèves et 37 enseignants explique que deux enseignants sont partis récemment en recherche de meilleurs salaires.
Beaucoup d’établissements catholiques assurent qu’ils ont déjà beaucoup de mal à recruter des enseignants qualifiés, en particulier dans les zones rurales. Le père Gomes explique que quelques écoles parviennent à augmenter le salaire de leurs enseignants, mais pour lui, « le problème avec cela c’est que nous ne pouvons pas dépasser un certain montant pour les frais de scolarité ». La réforme éducative impose également aux directeurs d’établissements qu’ils aient plus de douze ans d’expérience et qu’ils possèdent une licence en sciences de l’éducation. « Il est vrai que nous manquons de prêtres et de religieux qui remplissent cette exigence, même s’il n’y a aucun doute sur leurs capacités », affirme le père Gomes. « L’Église bangladaise et plusieurs ordres religieux se sont déjà assurés que ceux qui dirigent les établissements catholiques sont compétents et bien formés, pour qu’ils soient capables de les gérer correctement. »

La mission des écoles catholiques

En 2012, le gouvernement a introduit un système d’inscription en ligne pour les lycées, basé sur la moyenne générale obtenue par les élèves de seconde. Ceci a simplifié l’admission des élèves, qui n’ont plus à passer des examens d’entrée mais simplement à payer les frais de scolarité, pourvu que leurs moyennes soient suffisamment élevées. Selon le gouvernement, l’ancien système augmentait les risques de corruption. Les parents riches et bien placés pouvaient ainsi « acheter » les places de leurs enfants dans les écoles les plus prestigieuses. Mais trois écoles catholiques de Dhaka – Notre-Dame, Sainte-Croix et Saint-Joseph –, qui font partie des meilleures écoles du pays, ont refusé le nouveau système, le jugeant injuste. Selon eux, il prive les élèves de leur droit de prouver leurs mérites par les examens d’entrée. Les trois écoles ont fini par déposer une requête auprès de la Cour Suprême pour demander l’autorisation de continuer avec l’ancienne méthode, ce qu’ils ont obtenu.
Le père Rozario confie que c’est une source de tensions avec le gouvernement, mais les écoles en question restent protégées par la décision de la Cour Suprême. Il ajoute que la mission des écoles catholiques et ce qu’elles essaient d’accomplir ne sont pas toujours bien compris dans le pays. « Notre éducation est basée  sur des valeurs et un idéal, afin d’aider les élèves à devenir des personnes accomplies. Nous cherchons à éclairer à la fois leurs esprits et leurs cœurs », soutient le prêtre. « Beaucoup de personnes, y compris des membres du gouvernement, ont du mal à croire que nous offrons cela généreusement, sans chercher de profits. »
Depuis des années, l’Église bangladaise a dû faire pression sur le gouvernement et demander l’aide du Vatican afin de trouver des compromis sur ces questions. « Quand le premier ministre Sheikh Hasina a rendu visite au Vatican l’année dernière, il lui a été demandé d’intervenir pour qu’elle puisse contribuer à trouver une solution », explique le père Gomes. Depuis, l’Église a envoyé une proposition de dix points au ministère de l’Éducation, ajoute-t-il. «  Le gouvernement reconnaît tout ce que les établissements catholiques ont apporté, donc nous nous attendons à une réponse positive. Cela ne réglera peut-être pas tous nos problèmes, mais nous espérons que cela nous donnera suffisamment de marge de manœuvre pour pouvoir continuer notre travail. »

Source : Eglises d’Asie

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Bangladesh : le plan de l’Eglise pour la prochaine décennie

La conférence épiscopale bangladaise a publié, suite à son rassemblement annuel du 28 au 31 août à Dhaka, un rapport en douze points fixant les priorités de l’Église catholique au Bangladesh pour les dix prochaines années, intitulé « Communion : le témoignage de l’Église au Bangladesh ». Ces priorités comprennent des questions pastorales comme la formation de la foi, l’évangélisation, l’éducation, la vie de famille et la pastorale auprès des communautés marginalisées. Le pays compte environ 600 000 chrétiens sur une population de 160 millions d’habitants, dont 350 000 catholiques.

L’Église catholique au Bangladesh a décidé de se pencher en priorité, ces les dix prochaines années, sur la vie familiale et la pauvreté, ainsi que sur la protection de l’environnement et la situation des migrants. Les nouvelles directives qu’elle s’est fixée se veulent un « témoignage » de l’Église bangladaise. Elles ont été publiées en douze points dans un rapport du rassemblement annuel des évêques bangladais, qui s’est tenu à Dhaka du 28 au 31 août. Ces douze points, annoncés autour du thème « Communion : le témoignage de l’Église au Bangladesh », comprennent des priorités pastorales telles que la spiritualité de la communion dans la vie personnelle, familiale et sociale, la formation de la foi et l’évangélisation. Le rapport évoque également l’éducation, la vie familiale et la pastorale auprès des pauvres et des communautés marginalisées. De plus, le rapport donne la priorité au développement socio-économique et à l’autonomie, à l’harmonie interreligieuse et à l’unité des chrétiens, tout en appelant le développement des vocations religieuses.
Les évêques évoquent également, dans leur rapport, la protection de l’environnement, la sensibilisation sur les droits civils, le développement des services de soins, l’engagement politique, l’adoption des nouvelles technologies et les médias. La session a rassemblé près de deux cents participants, dont tous les archevêques et évêques des huit diocèses catholiques du pays, ainsi que des représentants du clergé, de la vie religieuse et des laïcs, aux côtés de responsables sociaux et politiques du pays. Les priorités pastorales de l’Église veulent faire face aux enjeux majeurs de notre temps, explique l’archevêque de Chittagong, Mgr Moses M. Costa, président du comité d’organisation de la session. Les priorités annoncées deviendraient l’éclairage de l’Église pour soutenir l’esprit de communion des fidèles, ajoute-t-il. Elles seront distribuées dans les diocèses, et ceux-ci devront déterminer comment les mettre en œuvre, explique Mgr Costa.

Unité et engagement des fidèles

L’évêque précise que les défis auxquels l’Église est confrontée pourraient causer des troubles parmi les fidèles, mais il ajoute que beaucoup peut être fait en travaillant ensemble. Des ateliers pastoraux diocésains pourraient être organisés afin de mettre en œuvre ces priorités, explique Mgr James Romen Boiragi, évêque de Khulna dans le sud du Bangladesh, une région confrontée au réchauffement planétaire. Beaucoup de catholiques approuvent ces nouvelles priorités pour l’Église bangladaise, mais leur mise en œuvre pourrait être difficile. « Aujourd’hui, beaucoup de fidèles s’éloignent peu à peu du clergé et des religieux, surtout parce qu’ils s’intéressent moins aux visites pastorales et familiales »,regrette Babli Talang, une catholique de l’ethnie Khasia, du nord-est du diocèse de Sylhet. « Les prêtres et les religieux doivent être proches des gens pour pouvoir mettre en œuvre le plan pastoral. »
« Des enjeux comme l’immigration, le changement climatique ou la pastorale auprès des pauvres et des communautés indigènes sont très importants », approuvent Kerubin Hembrom, un catholique de l’ethnie Santal, dans le nord du diocèse de Dinajpur. « Mais je crains que le clergé ne puisse pas mettre cela en œuvre si les laïcs ne sont pas fortement impliqués. Dans beaucoup de régions, les gens ne sont pas fermement attachés à l’Église même s’ils en font partie. L’Église a beaucoup à faire pour unir les fidèles et travailler pour le bien commun. » Le Bangladesh, majoritairement musulman, compte environ 600 000 chrétiens pour une population de 160 millions d’habitants, soit un peu moins de 0,5 %. On compte près de 350 000 catholiques répartis en huit diocèses différents.

Source : Eglises d’Asie

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Bangladesh : Témoigner de l’Evangile dans une pays à majorité islamique

L’Eglise catholique au Bangladesh réaffirme sa mission consistant à témoigner l’Evangile dans une nation à majorité islamique. C’est ce qui ressort de la rencontre qui a vu réunis à Dacca ces jours derniers des Evêques, des prêtres, des religieuses et des laïcs arrivés de toute la nation, engagés dans une confrontation sur le thème « Communion : le témoignage chrétien de l’Eglise au Bangladesh ». Ainsi que l’a appris Fides, S.Em. le Cardinal Patrick D’Rozario, Archevêque de Dacca et Président de la Conférence épiscopale du Bangladesh, a réaffirmé que « l’Eglise au Bangladesh a de grands espoirs pour l’avenir ». « Nous avons tous besoin de témoigner la Bonne Nouvelle dans notre pays en paroles et en actes » a-t-il déclaré. Le Cardinal a également mis en évidence les nombreux défis que le pays et l’Eglise doivent relever, en exhortant les participants à « collaborer avec les fonctionnaires du gouvernement et toutes les personnes de bonne volonté en vue du bien commun ».
Au cours du séminaire, ont émergé des nœuds et des perspectives concernant la présence de l’Eglise. « Nous vivons dans un pays à majorité musulmane. Dans ce contexte social, la contribution de l’Eglise à l’éducation, au développement social et à toute activité culturelle est orientée vers le témoignage de l’amour et de la paix, en tant que dons de Dieu » a déclaré à Fides Sagar Sonjib Corraya, l’un des participants. La communauté catholique au Bangladesh « accorde une grande attention aux jeunes, aux femmes et aux enfants afin de les éduquer et de les renforcer dans la foi avec amour et engagement » a-t-il expliqué.
Le Bangladesh est la quatrième nation musulmane la plus peuplée au monde. Environ 90 % des 160 millions d’habitants du pays sont musulmans, 8 % hindous, les chrétiens étant environ 600.000 dont 350.000 catholiques.

Source : Fides

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Bangladesh : des formations pour sortir de la pauvreté

Au Bangladesh, face à la montée du chômage, des projets professionnels lancés par Caritas permettent d’aider les élèves en décrochage scolaire, les paysans sans terre et les personnes marginalisées à trouver du travail face à la montée du chômage. Ainsi, Momita, 27 ans, et Proshenjit, 20 ans, ont pu trouver du travail grâce aux formations techniques fournies par l’organisation catholique. Sur 160 millions d’habitants, un quart de la population bangladaise est en situation de pauvreté. Près de la moitié d’entre eux vit avec moins d’1,25 dollar par jour et le pays comptait, en 2016-2017, 48,28 millions de demandeurs d’emploi.

Nomita Murmu, une catholique appartenant au groupe ethnique Santal, une communauté traditionnelle bangladaise, a cru durant des années que la pauvreté de sa famille avait décidé de son sort pour de bon, sans aucun recours possible. Comme beaucoup de Bangladais des communautés défavorisées, elle a quitté l’école très tôt afin d’aider ses parents à nourrir leurs trois enfants. En l’absence de plans d’aides publiques, elle ne voyait aucun espoir. « Je pensais que mes chances de réussir et de trouver un emploi digne de ce nom s’étaient évanouies pour toujours », explique la jeune femme de 27 ans du nord du district de Rajshahi. Ses bons résultats comptaient peu, puisque la réalité de devoir subvenir aux besoins de la famille l’a fait quitter l’école en 2011. Mais la vie de Nomita a changé quatre ans plus tard, quand Caritas Rajshahi, une branche locale du mouvement international catholique, lui a lancé une bouée de sauvetage sous la forme d’une formation professionnelle.
Bientôt, elle avait terminé une formation de couturière de six mois, avant de décrocher un contrat à durée déterminée auprès de World Vision, une ONG chrétienne. À la fin de son contrat de 45 jours, elle a pu obtenir son salaire de 15 000 takas (155 euros), qu’elle a utilisé pour acheter une machine à coudre pour pouvoir subvenir à ses besoins. Aujourd’hui, elle dirige un atelier de couture à Hargathi, son village de naissance, et gagne jusqu’à 4 500 takas par mois (47 euros). Cela lui permet de soutenir sa famille et de couvrir les frais de scolarité de ses plus jeunes frères et sœurs. De plus, cela lui a donné une indépendance financière et de bonnes raisons d’espérer un meilleur avenir, alors qu’elle prévoit de développer son commerce. « Aujourd’hui, j’ai une belle vie, et l’avenir semble prometteur. Les pauvres et les personnes marginalisées comme moi peuvent trouver une vie meilleure grâce aux aides que j’ai eu la chance de recevoir », confie-t-elle.

Du pousse-pousse à l’usine

Proshenjit Dev, 20 ans, hindou et fils d’un tireur de pousse-pousse du nord du district de Dinajpur, est l’aîné de trois enfants. Il a quitté l’école dès la sixième, afin d’aider son père à gagner suffisamment d’argent pour faire vivre la famille, et il pensait avoir touché le fond. « Je pensais que ma vie était déjà finie, tout comme mon éducation », témoigne-t-il. En 2016, il est tombé sur une annonce de Caritas Dinajpur à propos d’un programme de formation. Il a alors passé six mois à apprendre la soudure, comprenant qu’avec un peu d’encouragement et de soutien, le futur n’était pas si sombre et que tout un nouveau monde d’opportunités s’ouvrait à lui.
Les équipes de Caritas l’ont aidé à trouver du travail dans une usine de China Bangla Industries, dans le district de Naraynganj près de Dhaka, la capitale, où il gagne aujourd’hui 7 500 takas par mois (78 euros) comme machiniste, tout en étant nourri et logé. En déduisant ses dépenses, il peut envoyer environ 60 % de son salaire à sa famille, ce qui couvre également les frais de scolarité de ses frères et sœurs. Il partage également sa fierté en se souvenant de la joie de ses parents, quand il leur a dit qu’il avait pu racheter une partie du terrain que sa famille avait été obligée de vendre quelques années plus tôt. « Il y a beaucoup de personnes pauvres et sans défense dans mon pays, qui vivent dans des conditions misérables sans aucun repère ni soutien », regrette-t-il. « Je remercie juste ma bonne étoile d’avoir pu bénéficier du soutien dont j’avais besoin pour pouvoir avancer. Aujourd’hui, l’avenir est prometteur. »
Près d’un quart des 160 millions d’habitants du pays est en situation de pauvreté. Sur ce chiffre, près de la moitié est considérée comme « très pauvres » (vivant avec moins d’1,09 euros par jour), selon la Banque Mondiale. Le pays est de plus en proie à un niveau de chômage particulièrement alarmant. Selon le Bureau des statistiques bangladais, le Bangladesh comptait 46,6 millions de demandeurs d’emploi en 2015-2016, et 48,28 millions en 2016-2017.

Nouvelle donne

Depuis les années 1970, Caritas Bangladesh s’attelle à alléger la pauvreté en venant en aide à la population locale, à travers des formations techniques et professionnelles. Deux projets en particulier ont permis d’améliorer la situation de beaucoup de personnes sans terre, dans le besoin, demandeurs d’emploi ou encore illettrés, sans compter les élèves en situation de décrochage scolaire et les femmes maltraitées ou divorcées. Aujourd’hui, Caritas dirige vingt écoles techniques mobiles et onze écoles permanentes à travers le pays. Les formations proposées par l’organisation comprennent les panneaux solaires, la mécanique automobile, le génie électrique, la réfrigération, la téléphonie mobile, la soudure, la couture, la broderie et l’élevage de bétail, confie Dominic Dilu Peris, de Caritas. « Près de 80 % de nos étudiants sont capables de trouver un bon travail. Nous avons un taux d’environ 10 % de décrocheurs. En moyenne, nous formons environ 2 000 étudiants par an. »
Cela coûte à Caritas 8 000 takas (83 euros) pour financer un mois de formation pour un étudiant, mais l’organisation leur demande moins de 10 % de ce coût. Ils doivent payer 750 takas par mois (7,76 euros). Les formations durent entre trois et six mois. Pourtant, certains s’inquiètent de l’avenir de ces programmes avec la baisse des dons étrangers. « Chaque année, les dons étrangers chutent de 10 à 20 % », explique Dominic Dilu Peris. « 60 % de nos formations sont financées par des sources locales, mais 40 % d’entre elles fonctionnent grâce à des bienfaiteurs étrangers, la chute des dons est donc une inquiétude majeure. » 
Le gouvernement bangladais, qui est conscient de la situation, a donné de plus en plus la priorité, ces dernières années, aux formations techniques, assure le Dr Nurul Islam, directeur du département Formation professionnelle et technique du gouvernement. Le pays, dit-il, compte 3 500 instituts techniques publics et 4 500 instituts privés. « Nous voyons ces formations comme une issue pour sortir de la pauvreté et du chômage, mais nous rencontrons beaucoup de difficultés », ajoute-t-il. « Cela inclut le manque de personnel enseignant qualifié et d’instituts, ainsi que le manque de financements et d’équipement. D’ici 2020, le pays projette de former 20 % de sa population active. »

Source : Eglises d’Asie

Brèves

Bangladesh : Un peu moins de 600 000 ouvriers concernés par l’esclavage moderne

Il s’agit d’un thème évoqué par le Pape dans un message de mai dernier : 

Le rapport mondial 2 018 sur l’esclavage (Global Slavery Index), publié par la fondation australienne Walk-Free le 19 juillet, indique qu’au moins 592 000 personnes vivent au Bangladesh dans des conditions s’apparentant à de l’esclavage moderne. Le rapport classe le pays au 92e rang sur 167, et à la 19e place sur 28 pays de la région Asie-Pacifique. Il dénonce notamment les bas revenus et les conditions de travail dangereuses que subissent beaucoup d’ouvriers.
Un nouveau rapport mondial vient d’annoncer que 592 000 personnes vivaient, au Bangladesh, dans des conditions semblables à de l’esclavage moderne, provoquant des réactions mitigées de la part du gouvernement, des syndicats et de l’Église. Le Bangladesh, selon le rapport mondial 2 018 sur l’esclavage (Global Slavery Index) publié le 19 juillet par la fondation australienne Walk-Free, est classé 92e sur 167 pays, et 19e sur 28 pays de la région Asie-Pacifique. Le rapport souligne la vie dure à laquelle sont confrontés beaucoup d’ouvriers du secteur industriel bangladais, a déclaré Babul Akhter, président de la fédération bangladaise Garment and Industrial Workers (ouvriers du textile et du secteur industriel), basée à Dhaka, la capitale.
« Après mes années d’expérience du secteur du travail au Bangladesh, je peux confirmer que ce chiffre [de 592 000 personnes] devrait être encore bien plus élevé. Il y a environ 50 millions de personnes qui travaillent dans le secteur industriel, dont 4 millions pour le textile, et ils subissent des conditions semblables à de l’esclavage, avec notamment de mauvaises pratiques professionnelles, des bas salaires et des conditions de travail dangereuses », dénonce Babul Akhter. Selon lui, cette situation de quasi-esclavage vient de la négligence, la corruption, le manque de transparence et du nombre insuffisant de fonctionnaires pouvant assurer la surveillance.

12 à 14 heures de travail par jour

Ataul Gazi et sa femme travaillent tous les deux dans le secteur textile à Dhaka. Ataul, 34 ans, explique que son faible salaire et ses conditions de travail peuvent être considérés comme de l’esclavage. « Je suis dans cette industrie depuis douze ans et je gagne environ 14 000 takas (165 dollars) par mois, et ma femme gagne 8 000 takas par mois. Nous travaillons durant de longues heures, jour et nuit, mais à la fin du mois, nous ne pouvons rien épargner après les dépenses de la famille et les frais de scolarité de nos deux enfants », regrette Ataul. Les retenues sur salaire, les longues périodes de travail pouvant aller jusqu’à douze ou quatorze heures par jour et les mauvais traitements de la direction sont très courants dans l’usine, ajoute-t-il.
Le père Liton Hubert Gomes, de la congrégation de Sainte-Croix, responsable de la commission Justice et Paix de l’archidiocèse de Dhaka, confirme que ces conditions déplorables sont une réalité au Bangladesh. « Beaucoup, dans le pays, ne peuvent pas subvenir à leurs besoins les plus fondamentaux. Des gens sont forcés d’accepter des emplois épuisants pour de faibles salaires, parce qu’ils doivent trouver de l’argent pour se nourrir. Et il y a un sérieux manque de contrôle de la part du gouvernement. Le drame est que souvent, les propriétaires sont influents sur les plans financiers et politiques, et cela force le gouvernement à les favoriser et à rester silencieux », explique le père Gomes.
Shibnath Roy, directeur général du département du Travail du gouvernement, s’est montré réticent face au rapport. « Nous avons des institutions publiques comme la commission des salaires (Wage Board) et des équipes de contrôle afin d’assurer des conditions de travail décentes. Nous pouvons reconnaître nos limites, et nous admettons que beaucoup d’ouvriers n’ont pas un salaire équitable, mais apparenter ces conditions à de l’esclavage est incorrect. Nous travaillons dur et nous espérons régler les problèmes un jour », a déclaré Shibnath Roy. Le rapport indique que 40 millions de personnes vivent dans des conditions d’esclavage dans le monde, dont 8 millions d’Indiens. À eux cinq, l’Inde, la Chine, le Pakistan, la Corée du Nord et le Nigeria représentent 60 % des victimes de l’esclavage moderne dans le monde, selon le rapport.

Source : Eglises d’Asie

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Asie : l’indice mondial de la paix recule en 2018

L’Indice mondial de la paix ou Global Peace Index (GPI), publié chaque année par l’Institute for Economics and Peace (IEP), analyse et classe 162 pays selon leur niveau de paix et de sécurité. Le classement des pays asiatiques par l’édition 2018 a fortement chuté, en particulier pour la Birmanie, le Cambodge et le Bangladesh.

Selon l’Indice mondial de la paix 2018, publié par l’Institute for Economics and Peace (IEP), la paix a reculé en Asie cette année, en particulier dans le cadre de la dégradation de la situation en Birmanie, au Bangladesh et au Cambodge. L’IEP, basé en Australie, classe chaque année 163 pays selon leur niveau de paix et de sécurité. L’indice prend en compte, notamment, le degré de militarisation des pays ainsi que l’impact des conflits en cours. L’indice de la Birmanie a chuté de quinze places et se retrouve 122e du classement 2018, en particulier suite aux violences contre la minorité rohingya. Le Cambodge se voit perdre dix-huit places pour se classer 96e de l’indice 2018, suite à la suppression, par le premier ministre Hun Sen, du principal parti d’opposition. La crise humanitaire birmane a eu également un fort impact sur le Bangladesh voisin, qui est classé 93e et perd dix places, ce qui constitue la chute la plus importante en Asie du Sud. Malgré des améliorations de la stabilité politique et de la lutte contre le terrorisme au Bangladesh, les relations du pays avec ses voisins se sont détériorées, en partie à cause de la vague des 700 000 réfugiés rohingyas. « Le niveau de paix des régions et sous-régions asiatiques a tendance à s’améliorer ou à chuter d’un seul bloc, ce qui incite à trouver des solutions aux conflits sur le plan régional plutôt que sur le plan national », note le rapport de l’Indice mondial de la paix 2018.

La région Asie-Pacifique a vu sa « note » grimper de 5 % concernant le « terrorisme politique », suite à la montée des tensions dans la région et à la progression de régimes devenus plus autoritaires. Les Philippines ont perdu une place et se retrouvent 137e, notamment à cause des meurtres liés à la drogue et aux conflits de Mindanao contre les militants islamistes. Au Cambodge, le porte-parole du ministère de la défense, Chhum Socheat, a déclaré que la chute de l’indice du pays était injuste en l’absence de conflit violent. Le leader de l’opposition cambodgienne, Kem Sokha, a été arrêté en septembre suite à des accusations controversées de trahison et son parti, le Parti du sauvetage national du Cambodge (Cambodia National Rescue Party) a été dissous de force.

Un impact économique de 1988 dollars par personne

Quant à la Birmanie, elle aurait dû selon Maung Zarni, un conseiller du Centre européen d’étude de l’extrémisme (EuroCSE), être classée bien plus bas. « La Birmanie aurait dû être classée tout en bas de la liste, aux côtés de la Syrie et du Yémen », affirme le conseiller. Maung Zarni confie avoir rencontré des dizaines de femmes et d’enfants rohingyas ayant fui au Bangladesh. « Leur traumatisme n’est pas moindre que celui dont souffrent d’autres survivants de génocides », ajoute-t-il. « Ils sont marqués à vie. » Sur le plan mondial, l’impact économique de la violence s’élève, selon l’Institut, à 14,76 mille milliards de dollars, soit une hausse de 2 % par rapport à l’année précédente. Cet impact économique, qui représente 1 988 dollars par personne dans le monde, est le plus élevé de la dernière décennie.
On constate une légère amélioration pour le Pakistan, qui reste tout de même le pays le moins bien classé en Asie, à la 151e place… Juste derrière la Corée du Nord, placée 150e. Singapour, classé 8e, et le Japon, 9e, sont les deux seuls pays asiatiques dans le top dix. Selon l’index, la situation en Inde s’est également légèrement améliorée et le pays grimpe d’un rang à la 136e place

Source : Eglises d’Asie

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Bangladesh : L’archidiocèse de Chittagong exproprié par le moine Ucha Hla

L’archidiocèse de Chittagong, dans le sud-est du Bangladesh, est en pleine bataille judiciaire contre un moine bouddhiste influent. Celui-ci s’était approprié, il y a quatre ans, quelque 2,25 hectares de terrains appartenant à l’église Saint-Paul de Roangchaari, dans le district de Bandarban. Le Bangladeh fait partie des pays les plus densément peuplés au monde (1083 habitants par km²) et les litiges fonciers y sont nombreux.

La conférence épiscopale du Bangladesh est en pleine bataille judiciaire afin de tenter de récupérer des terres qui ont été saisies par un moine bouddhiste influent dans le diocèse de Chittagong il y a quatre ans. En 2014, Prakash ucha Hla, un Bhante (prêtre bouddhiste) a saisi de force environ 2,25 hectares de terrain appartenant à l’église Saint-paul de Roangchaari, selon l’archidiocèse de Chittagong. Il s’un centre de mission dépendant de la paroisse Reine de Fatima, dans le district de bandarban. Selon l’Église, le terrain a été acheté par le diocèse en 1971-1972. Le diocèse comprend trois district montagneux et forestiers appelés collectivement le CHT – Bandarban, Rangamati et Khagrachhari. On compte comptent environ 20 400 catholiques indigènes parmi les quelque 30 000 catholiques de l’archidiocèse. Le 25 mai, celui-ci a envoyé une lettre au ministère des Affaires du CHT afin de lui demander son soutien afin de récupérer le terrain.
Les tensions remontent au 4 mai 2014, quand des centaines de fidèles du moine bouddhiste Bhante Ucha Hla auraient envahi le terrain et détruit des rizières, selon le père Jérôme D’Rozario, secrétaire de la commission foncière de l’archidiocèse de Chittagong. Le prêtre affirme que les attaquants ont battu et chassé des agriculteurs catholiques avant d’ériger des maisons de tôle ondulée. Romesh Tripura, catholique et président du comité d’union local, a déposé plainte en 2014 auprès du tribunal d’instance afin de récupérer le terrain. « À la fin de l’année, nous avons gagné le procès, nous donnant le droit de récupérer le terrain, car nous possédions tous les documents fonciers valides. Pourtant, Bhante a déposé une requête en révision, dont les autorités ecclésiales n’ont pas été mises au courant, et il a pu récupérer le terrain. Nous avons donc déposé une requête auprès de la cour suprême, qui est toujours en cours »,explique Romesh.

1083 habitants par km²

Bhante Ucha Hla est connu pour l’appropriation des biens des pauvres et plus faibles, selon Dilip Barua, un politicien bouddhiste. Le moine a déjà saisi près de 40 hectares de terrains appartenant à des bouddhistes, à un groupe d’aide sociale bouddhiste et à l’Église, assure Dilip Barua, secrétaire de la Barua Welfare Society, un groupe de défense des droits des bouddhistes de l’ethnie Barua. « Bhante était juge dans le passé, et il a profité de son pouvoir et de son argent pour saisir par la force les propriétés de beaucoup de personnes. Nous voulons nous débarrasser de son emprise », se défend Dilip. Shahidul Islam, responsable de la police de Roangchaari, ajoute : « Nous sommes au courant de l’appropriation forcée du terrain, actuellement en cours de procès. Le tribunal prendra sa décision quant à cette affaire, donc nous n’avons pas de commentaires. » Le moine Bhante Ucha Hla a refusé quant à lui tout commentaire.
Les 160 millions d’habitants du Bangladesh sont « coincés » dans seulement 147 570 mètres carrés (1083 habitants par km² – contre 112 en France). Près de trois millions d’affaires civiles et criminelles attendent d’être jugées par la justice bangladaise, dont 75 % sont liées à des litiges fonciers, selon l’Association pour la réforme et le développement fonciers, basée à Dhaka.

Source : Eglises d’Asie

NLQ #Rome

Retrouvez les étapes et discours du pape au Bangladesh

En arrivant au Bangladesh, deuxième étape de son 21e voyage apostolique international après la Birmanie, ce 30 novembre 2017, le pape François a été accueilli à l’aéroport de Dacca par une cérémonie de bienvenue aux couleurs locales : danses traditionnelles et honneurs militaires.

L’avion du pape, en provenance de Rangoun, a atterri sur le sol bangladais aux environs de 15h heure locale (10h à Rome). A sa descente sur le tapis rouge, il a été salué par le président de la République du Bangladesh, Abdul Hamid. Le pape a reçu un gerbe de fleurs et de la terre du pays, des mains de deux enfants en costumes traditionnels aux couleurs du Vatican – blanc et jaune.

Outre des autorités politiques et civiles, une dizaine d’évêques étaient présents sur le tarmac, ainsi qu’une quarantaine d’enfants qui ont dansé pour le pape. Ce dernier a reçu les honneurs militaires, avec l’exécution des hymnes du Bangladesh et du Saint-Siège, et des coups de canon.

Après cet accueil festif dans une température de près de 30 degrés celsius, le pape a rejoint en voiture le National Martyr’s Memorial di Savar, à quelques kilomètres de la capitale, qu’il devait visiter à 16h (11h à Rome). Devant le monument dressé en mémoire de ceux qui se sont battus pour l’Indépendance d’avec le Pakistan, en 1971, durant la « guerre de libération », le pape devait déposer une couronne de fleurs.

Le pape devait également signer le Livre d’Or et planter un arbre dans le “Jardin de la paix”, avant de se rendre au Bangabandhu Memorial Museum pour rendre hommage au “Père de la Nation” Sheikh Mujibur Rahman. A son arrivée prévue à 16h45 heure locale (11h45 à Rome), le pape sera accueilli par des membres de la famille de Sheikh Mujibur Rahman, assassiné en 1975. Le pape se recueillera devant le mémorial.

Il s’est ensuite rendu au palais présidentiel.

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Asie #NLQ

Bangladesh – Disparition d’un prêtre catholique, peut-être enlevé par un groupe djihadiste

Le Père William Walter Rozario a disparu depuis lundi dernier et la préoccupation s’accroît quant à son sort. Telle est la nouvelle dramatique qui parvient à l’Agence Fides en provenance du district de Natore, dans le nord du Bangladesh, au cours des heures qui ont précédé la visite apostolique du Pape François, dont l’arrivée est prévue pour demain à Dacca, capitale du pays. Ainsi que l’a appris Fides, l’alarme concernant la disparition du Père William Walter Rozario, Vicaire de la Paroisse de Borny, dans le village de Jonail et responsable de l’école Saint Louis, l’une des nombreuses institutions éducatives gérées par l’Eglise au Bangladesh, a été lancée par la famille de ce dernier, qui en a perdu les traces lundi après-midi. Hier, une plainte a été déposée devant les autorités de police, qui ont débuté les recherches, pour l’heure sans résultats.


« Depuis lundi, on est sans nouvelle de sa part. Le téléphone portable est éteint » a déclaré à la presse locale le Chef de la Police locale, Biplop Bijoy Talukder. L’Evêque du Diocèse de Rajshahi, S.Exc. Mgr Gerver Rosario, craint que le prêtre n’ait été enlevé tout comme son frère. Dans ce même village, l’an dernier, un commerçant catholique, Sunil Gomez, avait été tué alors qu’il ouvrait son magasin, sis non loin de la maison du Père William Walter Rozario. Depuis 2015, ce sont au moins trois catholiques qui ont été tués dans le cadre d’attaques que certains attribuent à l’un des groupes diversifiés de la galaxie djihadiste locale, le Jamayetul Mujahideen Bangladesh.


Au cours de cette dernière période, le Père Rozario s’occupait de l’organisation du voyage de quelques 300 fidèles en direction de Dacca, à l’occasion de la visite du Pape François. Pour le Saint-Père se mobilisent actuellement toutes les Paroisses du pays à majorité islamique, dans lequel les catholiques sont au total 380.000 sur une population totale de quelques 170 millions de personnes.


Ces jours derniers, l’Agence Fides avait recueilli les opinions de nombreux membres du Diocèse et de la communauté catholique. Tous espèrent que, par son message centré sur les thèmes de la paix et de l’harmonie, le Pape François facilite la coexistence interreligieuse, compromise par ces événements et par d’autres, tout aussi préoccupants. « Nous nous en remettons au Saint-Père afin qu’il parvienne à rétablir la coexistence et favorise la réconciliation entre toutes les communautés religieuses du pays » a déclaré à l’Agence Fides Sœur Zita, religieuse des Sœurs salésiennes de Marie Immaculée, s’occupant d’activités sociales et humanitaires à Chittagong, ville portuaire de 5 millions d’habitants. « Le terrorisme nous préoccupe. Il préoccupe les chrétiens en tant que minorité et il préoccupe l’ensemble du Bangladesh, qui désire la stabilité et la paix » a-t-elle déclaré.
Pour le Père Terence Rodrigues, Curé de la Cathédrale Notre-Dame du Saint Rosaire de Chittagong, « le message d’harmonie du Pape François est crucial. Aujourd’hui, nous en avons besoin plus encore que par le passé parce que le fondamentalisme islamiste a augmenté et avec lui nos préoccupations. Le Bangladesh dispose d’une coexistence historique entre religions différentes mais certains petits groupes cherchent à la menacer. Nous devons être prêts à la protéger. Le Saint-Père, en venant à Dacca et en témoignant Jésus Christ nous aidera. Pour nous, il s’agit d’une bénédiction 

 

Source Agence Fides

Asie #NLQ

Le pape à la découverte des Bengalais

« La visite du Saint-Père constitue l’occasion pour montrer au monde la richesse du Bangladesh, où des communautés différentes de par leur confession religieuse et leurs traditions sociales et culturelles parviennent à coexister ».

C’est ce que soutient dans un entretien accordé à l’Agence Fides le Père Kamal Corraya, délégué par les Evêques en qualité de responsable du Comité pour les moyens de communication de masse mis en place dans le cadre de la visite apostolique du Pape François, qui arrivera dans la capitale, Dacca, le 30 novembre en début d’après-midi en provenance du Myanmar. Originaire de la ville de Gazipur, où la présence catholique est particulièrement significative, le Père Corraya se trouve au sein de la structure qui accueille l’église du Saint Rosaire de Dacca, « la première Cathédrale du Bangladesh » remarque-t-il. Il s’agit d’un édifice remontant à 1677 et plusieurs fois restauré qui abrite également les tombes des missionnaires portugais. Au matin du 2 décembre, après avoir visité l’adjacente Maison Mère Teresa de Tejgon, le Pape rencontrera dans cette Cathédrale « quelques 2.000 prêtres, religieux, consacrés, séminaristes et novice », avant de se rendre au cimetière paroissial et de rencontrer les jeunes au Collège Notre-Dame. « Au Collège, sont attendus 10.000 étudiants provenant de tous les coins du pays, de toutes cultures et religions. C’est cela la richesse du Bangladesh – remarque le prêtre – sa diversité, sa capacité à savoir coexister malgré les difficultés ».

« Le Saint-Père, au travers de son message de paix et d’harmonie, nous aidera à faire mieux connaître le très riche patrimoine culturel de notre pays, dont nous sommes fiers, mais qui est souvent offusqué par les stéréotypes liés à la pauvreté, à l’extrémisme et aux catastrophes environnementales » explique le Père Corraya alors que des ouvriers finissent l’installation du plancher et d’autres s’occupent des parterres. « Ce sont des travaux que nous réalisons pour l’accueillir au mieux. L’Eglise en finance seulement une partie. Le reste provient de très nombreuses donations privées. Parmi les bienfaiteurs, se trouvent aussi des musulmans. Au sein de la communauté islamique, nombreux sont ceux qui reconnaissent le rôle de l’Eglise, en particulier dans le domaine de l’instruction, et plus encore ceux qui apprécient le message du Pape ». Au Bangladesh, les catholiques représentent une petite minorité. Ils sont quelques 370.000 selon les estimations gouvernementales sur une population totale de près de 170 millions de personnes.

« Le Saint-Père a commencé à se faire connaître et apprécier davantage après le massacre au Rana Plaza », l’édifice qui accueillait des entreprises textiles et s’est effondré en 2013, causant la mort de plus de 1.000 personnes. A cette occasion, rappelle le Père Corraya, « le Pape François a condamné ceux qui exploitent les nouveaux esclaves, se référant aux travailleurs, et ceci a beaucoup frappé les personnes, qui l’ont senti proche ». Même dans un pays à majorité islamique, il existe une consonance entre les paroles du Pape et les sentiments de la population. « Le message du Pape est accessible à tous, simple mais fort. Nous, bengalais, sommes ainsi faits : simples, pauvres mais forts parce que nous savons nous réjouir du peu que nous avons. Il s’agit d’un bonheur souvent incompréhensible pour ceux qui viennent des pays riches mais il existe et il nous appartient. Au travers de la visite du Pape François, nous réussirons à le consolider et à le faire connaître au monde ».

 

Source Agence Fides