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Non Ratzinger n’est pas hérétique

L’attaque frontale de la part d’Enrico Maria Radaelli et d’Antonio Livi contre la théologie de Joseph Ratzinger  / Benoît XVI dont l’information a été donnée au début de cette année par Settimo Cielo a lancé un débat particulièrement vif.

Radaelli et Livi accusent Ratzinger d’avoir réinterprété la foi chrétienne « avec les schémas conceptuels propres au subjectivisme moderne, du transcendantal de Kant à l’idéalisme dialectique de Hegel » avec comme résultat de saper précisément « la notion de base du christianisme, celle de la foi dans la révélation des mystères surnaturels de la part de Dieu ».  Selon eux, en effet, dans la théologie de Ratzinger « cette notion est irrémédiablement déformée par l’adoption du schéma kantien de l’impossibilité d’une connaissance métaphysique de Dieu, ce qui comprend la négation des prémisses rationnelles de la foi ».

Face à cette accusation d’hérésie substantielle, Settimo Cielo avait déjà publié une première réponse rédigée par Antonio Caragliu.

En voici une seconde, rédigée par un magistrat administratif de Rome qui est également un auteur d’essais appréciés de philosophie et de théologie.

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Ni Kant ni Hegel, plutôt Paul à Athènes 

de Francesco Arzillo 

Je pense que la partie finale de l’inoubliable discours de Benoît XVI au Collège des Bernardins de Paris le 12 septembre 2008 peut nous donner une clé décisive pour comprendre en synthèse – mais également rétrospectivement – le cœur de la véritable pensée du « pape théologien ».

Voici ce qu’il déclarait textuellement :

« Le schéma fondamental de l’annonce chrétienne ad extra – aux hommes qui, par leurs questionnements, sont en recherche – se dessine dans le discours de saint Paul à l’Aréopage. N’oublions pas qu’à cette époque, l’Aréopage n’était pas une sorte d’académie où les esprits les plus savants se rencontraient pour discuter sur les sujets les plus élevés, mais un tribunal qui était compétent en matière de religion et qui devait s’opposer à l’intrusion de religions étrangères. C’est précisément ce dont on accuse Paul : « On dirait un prêcheur de divinités étrangères » (Ac 17, 18). Ce à quoi Paul réplique : « J’ai trouvé chez vous un autel portant cette inscription : « Au dieu inconnu ». Or, ce que vous vénérez sans le connaître, je viens vous l’annoncer » (cf. 17, 23). Paul n’annonce pas des dieux inconnus. Il annonce Celui que les hommes ignorent et pourtant connaissent : l’Inconnu-Connu. C’est Celui qu’ils cherchent, et dont, au fond, ils ont connaissance et qui est cependant l’Inconnu et l’Inconnaissable. Au plus profond, la pensée et le sentiment humains savent de quelque manière que Dieu doit exister et qu’à l’origine de toutes choses, il doit y avoir non pas l’irrationalité, mais la Raison créatrice, non pas le hasard aveugle, mais la liberté. »

« Toutefois, bien que tous les hommes le sachent d’une certaine façon – comme Paul le souligne dans la Lettre aux Romains (1, 21) – cette connaissance demeure ambigüe : un Dieu seulement pensé et élaboré par l’esprit humain n’est pas le vrai Dieu. Si Lui ne se montre pas, quoi que nous fassions, nous ne parvenons pas pleinement jusqu’à Lui. La nouveauté de l’annonce chrétienne c’est la possibilité de dire maintenant à tous les peuples : Il s’est montré, Lui personnellement. Et à présent, le chemin qui mène à Lui est ouvert. La nouveauté de l’annonce chrétienne ne réside pas dans une pensée, mais dans un fait : Dieu s’est révélé. Ce n’est pas un fait nu mais un fait qui, lui-même, est « Logos » – présence de la Raison éternelle dans notre chair. « Verbum caro factum est » (Jn 1, 14) : il en est vraiment ainsi en réalité, à présent, le « Logos » est là, le « Logos » est présent au milieu de nous. C’est un fait rationnel. Cependant, l’humilité de la raison sera toujours nécessaire pour pouvoir l’accueillir. Il faut l’humilité de l’homme pour répondre à l’humilité de Dieu. »

« Sous de nombreux aspects, la situation actuelle est différente de celle que Paul a rencontrée à Athènes, mais, tout en étant différente, elle est aussi, en de nombreux points, très analogue. Nos villes ne sont plus remplies d’autels et d’images représentant de multiples divinités. Pour beaucoup, Dieu est vraiment devenu le grand Inconnu. Malgré tout, comme jadis où derrière les nombreuses représentations des dieux était cachée et présente la question du Dieu inconnu, de même, aujourd’hui, l’actuelle absence de Dieu est aussi tacitement hantée par la question qui Le concerne. « Quaerere Deum » – chercher Dieu et se laisser trouver par Lui : cela n’est pas moins nécessaire aujourd’hui que par le passé. Une culture purement positiviste, qui renverrait dans le domaine subjectif, comme non scientifique, la question concernant Dieu, serait la capitulation de la raison, le renoncement à ses possibilités les plus élevées et donc un échec de l’humanisme, dont les conséquences ne pourraient être que graves. Ce qui a fondé la culture de l’Europe, la recherche de Dieu et la disponibilité à L’écouter, demeure aujourd’hui encore le fondement de toute culture véritable ».

Les férus de philosophie et de théologie retrouveront dans ces passages denses du discours de Benoît XVI les mille et un fils complexes de la question de la Révélation tels qu’elle se pose aujourd’hui dans la tête de ceux qui veulent rester fidèles à la richesse du contenu révélé et de la compréhension élaborée par le magistère de l’Eglise, surtout au cours des deux conciles du Vatican.  Comme l’enseignait Leo Scheffczyk, ces conciles doivent être lus dans une optique de stricte continuité – je dirais même de réciprocité – dont on peut déduire que :

D’une part, on retrouve déjà le concept de l’autorévélation de Dieu dans le concile Vatican I (DH 3004), il ne s’agit donc pas d’une nouveauté de Vatican II et que – en lui-même – ce concept est plus ancien que la reprise qu’en a fait ensuite l’idéalisme philosophique dans un autre contexte de pensée puisque Saint Bonaventure y faisait déjà référence.

D’autre part, le concile Vatican II doit être compris dans le sens que « les paroles et les actions effectuées par Dieu transmettent elles aussi la vérité et ne peuvent être en ce sens raisonnablement acceptées qu’en tant que vérité. » (cf. L. Scheffczyk, « Fondamenti del dogma. Introduzione alla dogmatica », Roma, Lateran University Press, 2010, pp. 82-83).

Dans le discours parisien de Benoît XVI, assez subtil mais aussi très concret, tout s’y retrouve en substance.  On y trouve une compréhension réaliste des « praembula fidei ».  On y trouve la question du salut.  On y trouve la raison humaine sous ses différentes formes ainsi que le Logos / Avènement.  On y trouve l’histoire humaine imbriquée dans celle du salut.

On n’y trouve en revanche aucune barrière préalable de type kantien ou en tout cas d’origine irrationnelle, pragmatiste ou antimétaphysique.

A cet égard, il convient de remarquer dans son discours « La foi et la théologie de notre temps » qu’il a tenu à Guadalajara au Mexique en mai 1996, Joseph Ratzinger qui était alors Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, n’hésitait pas à critiquer certaines formes du rationalisme néoscolastique en considérant la position de J. Pieper (qui était pourtant un penseur du courant thomiste) comme étant « la plus fondée historiquement et objectivement », ni surtout à critiquer les théories relativistes  de Hick, Knitter et d’autres théologiens, en mettant en évidence justement le fait que celles-ci se basaient en fin de compte « sur un rationalisme qui, à la manière de Kant, considère que la raison ne peut pas connaître ce qui est métaphysique » alors qu’en revanche « l’homme possède une dimension plus large de ce que Kant et les différentes philosophies postkantiennes lui ont attribué ».

En outre, en continuité avec ces prémisses, dans son discours au congrès international sur la loi naturelle organisé par l’Université pontificale du Latran le 12 février 2007, le Pape Benoît a attiré l’attention sur « un autre danger moins visible mais non moins inquiétant : la méthode qui nous permet de connaître toujours plus en profondeur les structures rationnelles de la matière nous rend toujours moins capables de voir la source de cette rationalité, la Raison créatrice.  La capacité de voir les lois de l’être matériel nous rend incapable de voir le message éthique contenu dans l’être, message que la tradition appelle ‘lex naturalis’, loi morale naturelle.  Ce mot est devenu aujourd’hui presque incompréhensible pour beaucoup en raison d’un concept de nature non plus métaphysique mais seulement empirique. »

Enfin, il ne semble pas inutile de noter que la pensée de Ratzinger a plutôt – et je dirais même surtout – fait l’objet de critiques de la part de l’aile « progressiste ».  Klaus Müller, dans une lecture posée et dense de l’œuvre du pape théologien, alors qu’il reparcourt la question du « platonisme » et de « l’hellénisation du christianisme », souligne que « Ratzinger n’a jamais développé une relation positive et créatrice avec la pensée moderne » et en premier lieu avec l’âge d’or de l’idéalisme allemand (K. Müller, « Il teologo papa », in  Supplemento a « Il Regno – Documenti » n. 3, 1 febbraio 2013).

Il me semble que ces quelques éléments peuvent contribuer à remettre la « question Ratzinger » sur la bonne voie.

Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.

 

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Doctrine / Formation

Benoît XVI présente saint Irénée

Alors que le cardinal Barbarin a demandé au pape François de déclarer saint Irénée, docteur de l’Eglise, voici ce qu’en disait  Benoît XVI lors de l’audience du 28 mars 2007 :

Dans les catéchèses sur les grandes figures de l’Eglise des premiers siècles, nous arrivons aujourd’hui à l’éminente personnalité de saint Irénée de Lyon. Les informations biographiques à son sujet proviennent de son propre témoignage, qui nous est parvenu à travers Eusèbe, dans le livre V de l’Histoire ecclésiastique. Irénée naquit selon toute probabilité à Smyrne (aujourd’hui Izmir, en Turquie), vers 135-140, où, encore jeune, il alla à l’école de l’Evêque Polycarpe, lui-même disciple de l’Apôtre Jean. Nous ne savons pas quand il se rendit d’Asie mineure en Gaule, mais son transfert dut coïncider avec les premiers développements de la communauté chrétienne de Lyon :  c’est là que, en 177, nous trouvons Irénée au nombre du collège des prêtres. C’est précisément cette année qu’il fut envoyé à Rome, porteur d’une lettre de la communauté de Lyon au Pape Eleuthère. La mission romaine qui permit à Irénée d’échapper à la persécution de Marc-Aurèle, dans laquelle au moins 48 martyrs trouvèrent la mort, parmi lesquels l’Evêque de Lyon lui-même, Pothin, âgé de 90 ans, mort des suites de mauvais traitements en prison. Ainsi, à son retour, Irénée fut élu Evêque de la ville. Le nouveau Pasteur se consacra entièrement au ministère épiscopal, qui se conclut vers 202-203, peut-être par le martyre.

Irénée est avant tout un homme de foi et un Pasteur. Du bon Pasteur, il possède le sens de la mesure, la richesse de la doctrine, l’ardeur missionnaire. En tant qu’écrivain, il poursuit un double objectif :  défendre la véritable doctrine des attaques des hérétiques, et exposer avec clarté les vérités de la foi. Les deux œuvres qui nous sont parvenues de lui correspondent exactement à ces objectifs :  les cinq livres Contre les hérésies, et l’Exposition de la prédication apostolique (que l’on peut également appeler le plus ancien “catéchisme de la doctrine chrétienne”). En définitive, Irénée est le champion de la lutte contre les hérésies. L’Eglise du II siècle était menacée par ce que l’on appelle la gnose, une doctrine qui affirmait que la foi enseignée dans l’Eglise ne serait qu’un symbolisme destiné aux personnes simples, qui ne sont pas en mesure de comprendre les choses difficiles ; au contraire, les initiés, les intellectuels, – on les appelait les gnostiques – auraient compris ce qui se cache derrière ces symboles, et auraient formé un christianisme élitiste, intellectuel. Bien sûr, ce christianisme intellectuel se fragmentait toujours plus en divers courants de pensées souvent étranges et extravagants, mais qui attiraient de nombreuses personnes. Un élément commun de ces divers courants était le dualisme, c’est-à-dire que l’on niait la foi dans l’unique Dieu, Père de tous, Créateur et Sauveur de l’homme et du monde. Pour expliquer le mal dans le monde, ils affirmaient l’existence, auprès de Dieu bon, d’un principe négatif. Ce principe négatif aurait produit les choses matérielles, la matière.

En s’enracinant solidement dans la doctrine biblique de la création, Irénée réfute le dualisme et le pessimisme gnostique qui sous-évaluaient les réalités corporelles. Il revendiquait fermement la sainteté originelle de la matière, du corps, de la chair, ainsi que de l’esprit. Mais son œuvre va bien au-delà du rejet de l’hérésie :  on peut dire, en effet, qu’il se présente comme le premier grand théologien de l’Eglise, qui a créé la théologie systématique ; lui-même parle du système de la théologie, c’est-à-dire de la cohérence interne de toute la foi. Au centre de sa doctrine réside la question de la “règle de la foi” et de sa transmission. Pour Irénée, la “règle de la foi” coïncide en pratique avec le Credo des Apôtres et nous donne la clé pour interpréter l’Evangile, pour interpréter le Credo à la lumière de l’Evangile. Le symbole apostolique, qui est une sorte de synthèse de l’Evangile, nous aide à comprendre ce qu’il veut dire, et la façon dont nous devons lire l’Evangile lui-même.

En effet, l’Evangile prêché par Irénée est celui qu’il a reçu de Polycarpe, Evêque de Smyrne, et l’Evangile de Polycarpe remonte à l’Apôtre Jean, dont Polycarpe était le disciple. Et ainsi, le véritable enseignement n’est pas celui inventé par les intellectuels au-delà de la foi simple de l’Eglise. Le véritable Evangile est celui enseigné par les Evêques qui l’ont reçu des Apôtres à travers une chaîne ininterrompue. Ceux-ci n’ont rien enseigné d’autre que précisément cette foi simple, qui est également la véritable profondeur de la révélation de Dieu. Ainsi – nous dit Irénée – il n’existe pas de doctrine secrète derrière le Credo commun de l’Eglise. Il n’existe pas de christianisme supérieur pour les intellectuels. La foi publiquement confessée par l’Eglise est la foi commune de tous. Seule cette foi est apostolique, elle vient des Apôtres, c’est-à-dire  de  Jésus  et  de Dieu. En adhérant à cette foi transmise publiquement par les Apôtres à leurs successeurs, les chrétiens doivent observer ce que les Evêques disent, ils doivent suivre en particulier l’enseignement de l’Eglise de Rome, prééminente et très ancienne. Cette Eglise, en raison de son origine antique, possède un caractère apostolique suprême ; en effet, elle tire son origine des piliers du Collège apostolique, Pierre et Paul. Toutes les Eglises doivent être en accord avec l’Eglise de Rome, en reconnaissant en elle la mesure de la véritable tradition apostolique, de l’unique foi commune de l’Eglise. A travers ces arguments, ici brièvement résumés, Irénée réfute à leur racine même les prétentions de ces gnostiques, de ces intellectuels :  avant tout, ils ne possèdent pas une vérité qui serait supérieure à celle de la foi commune, car ce qu’ils disent n’est pas d’origine apostolique, mais est inventé par eux ; en second lieu, la vérité et le salut ne sont pas le privilège et le monopole de quelques personnes, mais tous peuvent y parvenir à travers la prédication des successeurs des Apôtres, et surtout de l’Evêque de Rome. En particulier – toujours en remettant en question le caractère “secret” de la tradition gnostique, et en soulignant ses effets multiples et contradictoires entre eux – Irénée se préoccupe d’illustrer le concept authentique de Tradition apostolique, que nous pouvons résumer en trois points.

a) La Tradition apostolique est “publique”, et non pas privée ou secrète. Pour Irénée, il ne fait aucun doute que le contenu de la foi transmise par l’Eglise est celui reçu par les Apôtres et par Jésus, par le Fils de Dieu. Il n’existe pas d’autre enseignement que celui-ci. C’est pourquoi, celui qui veut connaître la véritable doctrine doit uniquement connaître “la Tradition qui vient des Apôtres et la foi annoncée aux hommes” :  tradition et foi qui “sont parvenues jusqu’à nous à travers la succession des évêques” (Adv. Haer. 3, 3, 3-4). Ainsi, succession des Evêques, principe personnel et Tradition apostolique, de même que principe doctrinal coïncident.

b) La Tradition apostolique est “unique”. En effet, tandis que le gnosticisme est sous-divisé en de multiples sectes, la Tradition de l’Eglise est unique dans ses contenus fondamentaux que – comme nous l’avons vu – Irénée appelle précisément regula fidei ou veritatis :  et parce qu’elle est unique, elle crée ainsi une unité à travers les peuples, à travers les diverses cultures, à travers les différents peuples ; il s’agit d’un contenu commun comme la vérité, en dépit de la diversité des langues et des cultures. Il y a une phrase très précieuse de saint Irénée dans le livre Contre les hérésies :  “L’Eglise, bien que disséminée dans le monde entier, préserve avec soin [la foi des Apôtres], comme si elle n’habitait qu’une seule maison ; de la même façon, elle croit dans ces vérités, comme si elle n’avait qu’une  seule âme et un même cœur ; elle proclame, enseigne et transmet en plein accord ces vérités, comme si elle n’avait qu’une seule bouche. Les langues du monde sont différentes, mais la force de la tradition est unique et la même :  les Eglises fondées dans les Germanies n’ont pas reçu ni ne transmettent de foi différente, pas plus que celles fondées dans les Espagnes, ou encore parmi les Celtes ou dans les régions orientales, ou en Egypte ou en Libye ou dans le centre du monde” (1, 10, 1-2). On voit déjà à cette époque, nous sommes en l’an 200, l’universalité de l’Eglise, sa catholicité et la force unificatrice de la vérité, qui unit ces réalités si différentes, de la Germanie à l’Espagne, à l’Italie, à l’Egypte, à la Libye, dans la vérité commune qui nous a été révélée par le Christ.

c) Enfin, la Tradition apostolique est, comme il le dit dans la langue grecque dans laquelle il a écrit son livre, “pneumatique”, c’est-à-dire spirituelle, guidée par l’Esprit Saint :  en grec Esprit se dit pneuma. Il ne s’agit pas, en effet, d’une transmission confiée à l’habileté d’hommes plus ou moins savants, mais à l’Esprit de Dieu, qui garantit la fidélité de la transmission de la foi. Telle est la “vie” de l’Eglise, ce qui rend l’Eglise toujours fraîche et jeune, c’est-à-dire féconde de multiples charismes. Pour Irénée, Eglise et Esprit sont inséparables :  “Cette foi”, lisons-nous encore dans le troisième livre Contre les hérésies, “nous l’avons reçue de l’Eglise et nous la conservons :  la foi, par l’œuvre de l’Esprit de Dieu, comme un dépôt précieux conservé dans un vase de valeur rajeunit toujours et fait rajeunir également le vase qui la contient. Là où est l’Eglise se trouve l’Esprit de Dieu ; et là où est l’Esprit de Dieu, se trouve l’Eglise et toute grâce” (3, 24, 1).

Comme on le voit, saint Irénée ne se limite pas à définir le concept de Tradition. Sa tradition, la tradition ininterrompue, n’est pas traditionalisme, car cette Tradition est toujours intérieurement vivifiée par l’Esprit Saint, qui la fait à nouveau vivre, qui la fait être interprétée et comprise dans la vitalité de l’Eglise. Selon son enseignement, la foi de l’Eglise doit être transmise de manière à apparaître telle qu’elle doit être, c’est-à-dire “publique”, “unique”, “pneumatique”, “spirituelle”. A partir de chacune de ces caractéristiques, on peut conduire un discernement fructueux à propos de l’authentique transmission de la foi dans l’aujourd’hui de l’Eglise. De manière plus générale, dans la doctrine d’Irénée la dignité de l’homme, corps et âme, est solidement ancrée dans la création divine, dans l’image du Christ et dans l’œuvre permanente de sanctification de l’Esprit. Cette doctrine est comme une “voie maîtresse” pour éclaircir avec toutes les personnes de bonne volonté l’objet et les limites du dialogue sur les valeurs, et pour donner un élan toujours nouveau à l’action missionnaire de l’Eglise, à la force de la vérité qui est la source de toutes les véritables valeurs du monde.

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Entretien- Père Lombardi – La théologie de Benoit XVI est une théologie vécue

Le pape émérite Benoît XVI vient de faire l’objet d’une forme de correction, comme le pape François. Pour alimenter la réflexion, nous republions cet entretien du père Lombardi.

La théologie de Benoît XVI « n’est pas une théologie seulement conceptuelle, abstraite (…) mais elle est vécue », assure le père Federico Lombardi, président du Conseil d’administration de la Fondation vaticane Joseph Ratzinger-Benoît XVI. Dans un entretien à Radio Vatican le 22 novembre 2016, il donne quelques réflexions sur le prochain symposium de la fondation et sur la remise du Prix Ratzinger.

Il note que « l’intérêt pour la figure et pour la pensée du pape émérite est très grand » : « J’entends dire que, parmi les doctorants des facultés théologiques romaines, les deux auteurs qui rencontrent le plus d’intérêt sont actuellement Von Balthasar et Ratzinger (…). Il y a une appréciation de la grande valeur de la théologie de Ratzinger, une valeur non seulement momentanée mais à long terme dans l’Église ».

Pour le père Lombardi, la théologie de Benoît XVI a pour caractéristique d’être « profondément vécue aussi d’un point de vue spirituel, ce n’est pas une théologie seulement conceptuelle, abstraite, faite d’un peu de paroles, mais elle est vécue ». C’est « une théologie qui est vécue dans la foi et qui est reliée à l’expérience chrétienne, (…) une théologie profondément tissée de prière et de foi ».

Il rapporte que lors d’un entretien en septembre dernier avec le pape émérite, ce dernier a encouragé la Fondation – constituée avec les revenus des droits d’auteur de ses livres – à « favoriser le développement de la théologie de l’intérieur ». En effet, a souligné le père Lombardi, « la théologie grandit (…) si sa recherche répond à sa vocation de réflexion sur la foi dans l’Église de manière profonde, ecclésiale » et si elle a conscience de « la beauté de son service pour l’Église ».

Au fil de l’interview, le jésuite évoque notamment le VIe symposium international organisé par la Fondation les 24 et 25 novembre sur le thème « Eschatologie : analyse et perspectives ». « Une des activités principales de la Fondation, rappelle-t-il, est de promouvoir (…) des congrès de valeur scientifique, sur des thèmes intéressants du point de vue de la théologie de Joseph Ratzinger. Et l’eschatologie est précisément un de ces grands thèmes, parce que le professeur Joseph Ratzinger s’est occupé, de façon très approfondie, des thèmes de l’eschatologie ». Même en tant que pape : « l’encyclique Spe salvi nous parle avec beaucoup de profondeur des thèmes de l’espérance chrétienne et de la vie éternelle ».

Il note que « la question de l’eschatologie, qui veut dire justement les questions ultimes de notre vie et de notre histoire, la vie éternelle, la mort, le jugement, sont des thèmes qui ont souvent été laissés un peu de côté parce qu’ils ne sont pas faciles à aborder, mais qui nous touchent de manière vitale ».

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Benoît XVI, “Les mages sont le début d’une grande procession qui s’avance dans l’Histoire”

Chers frères et sœurs !

Pour l’Église croyante et priante, les Mages d’Orient qui, sous la conduite de l’étoile, ont trouvé la route vers la crèche de Bethléem sont seulement le début d’une grande procession qui s’avance dans l’histoire. À cause de cela, la liturgie lit l’évangile qui parle du cheminement des Mages avec les splendides visions prophétiques d’Isaïe 60 et du Psaume 72, qui illustrent par des images audacieuses le pèlerinage des peuples vers Jérusalem. Comme les bergers qui, en tant que premiers hôtes auprès de l’Enfant nouveau-né couché dans la mangeoire, personnifient les pauvres d’Israël et, en général, les âmes humbles qui vivent intérieurement en étant très proches de Jésus, ainsi les hommes provenant de l’Orient personnifient le monde des peuples, l’Église des Gentils – les hommes qui à travers tous les siècles se mettent en marche vers l’Enfant de Bethléem, honorent en Lui le Fils de Dieu et se prosternent devant Lui. L’Église appelle cette fête « Épiphanie » – la manifestation du Divin. Si nous regardons le fait que, dès le début, les hommes de toute provenance, de tous les continents, de toutes les diverses cultures et de tous les divers modes de pensée et de vie ont été et sont en marche vers le Christ, nous pouvons vraiment dire que ce pèlerinage et cette rencontre avec Dieu dans la figure de l’Enfant est une Épiphanie de la bonté de Dieu et de son amour pour les hommes (cf. Tt 3, 4).

Selon une tradition commencée par le Bienheureux Pape Jean-Paul II, nous célébrons aussi la fête de l’Épiphanie comme le jour de l’ordination épiscopale pour quatre prêtres qui, en des fonctions diverses, collaboreront désormais au Ministère du Pape pour l’unité de l’unique Église de Jésus Christ dans la pluralité des Églises particulières. Le lien entre cette ordination épiscopale et le thème du pèlerinage des peuples vers Jésus Christ est évident. En ce pèlerinage, l’évêque a la mission non seulement de marcher avec les autres, mais de précéder et d’indiquer la route. Dans cette liturgie, je voudrais toutefois réfléchir encore avec vous sur une question plus concrète. À partir de l’histoire racontée par Matthieu, nous pouvons certainement nous faire une certaine idée du type d’hommes qu’ont dû être ceux qui, en suivant le signe de l’étoile, se sont mis en route pour aller trouver ce Roi qui aurait fondé un nouveau type de royauté, non seulement pour Israël, mais aussi pour l’humanité entière. Quel genre d’hommes ceux-ci étaient-ils donc ? Et, à partir d’eux, demandons-nous aussi si, malgré la différence d’époque et de missions, on peut percevoir quelque chose de ce qu’est l’évêque et sur la façon dont il doit accomplir sa mission.

Les hommes qui partirent alors vers l’inconnu étaient, en tout cas, des hommes au cœur inquiet. Des hommes poussés par la recherche inquiète de Dieu et du salut du monde. Des hommes en attente qui ne se contentaient pas de leur revenu assuré et de leur position sociale peut-être reconnue. Ils étaient à la recherche de la réalité la plus grande. Ils étaient peut-être des hommes instruits qui avaient une grande connaissance des astres et qui probablement disposaient aussi d’une formation philosophique. Mais, ils ne voulaient pas seulement savoir beaucoup de choses. Ils voulaient savoir surtout l’essentiel. Ils voulaient savoir comment on peut réussir à être une personne humaine. Et c’est pourquoi, ils voulaient savoir si Dieu existe, où et comment il est. S’il prenait soin de nous et comment nous pouvons le rencontrer. Ils voulaient non seulement savoir. Ils voulaient reconnaître la vérité sur nous, sur Dieu et sur le monde. Leur pèlerinage extérieur était une expression de leur cheminement intérieur, du pèlerinage intérieur de leur cœur. Ils étaient des hommes qui cherchaient Dieu et, en définitive, ils étaient en marche vers lui. Ils étaient des chercheurs de Dieu.

Mais avec cela, nous arrivons à la question : comment doit être un homme à qui on impose les mains pour l’ordination épiscopale dans l’Église de Jésus Christ ? Nous pouvons dire : il doit être avant tout un homme dont l’intérêt est tourné vers Dieu, car c’est seulement alors qu’il s’intéresse vraiment aussi aux hommes. Nous pourrions aussi le dire en sens inverse : un évêque doit être un homme à qui les hommes tiennent à cœur, un homme qui est touché par les situations des hommes. Il doit être un homme pour les autres. Toutefois, il peut l’être vraiment seulement s’il est un homme conquis par Dieu. Si pour lui, l’inquiétude pour Dieu est devenu une inquiétude pour sa créature, l’homme. Comme les Mages d’Orient, un évêque ne doit pas aussi être quelqu’un qui exerce seulement son métier et ne veut rien d’autre. Non, il doit être pris par l’inquiétude de Dieu pour les hommes. Il doit, pour ainsi dire, penser et sentir avec Dieu. Il n’est pas seulement l’homme qui porte en lui l’inquiétude innée pour Dieu, mais cette inquiétude est une participation à l’inquiétude de Dieu pour nous. Puisque Dieu est inquiet de nous, il nous suit jusque dans la mangeoire, jusqu’à la Croix. « En me cherchant, tu as peiné ; tu m’as sauvé par ta passion : qu’un tel effort ne soit pas vain », prie l’Église dans le Dies irae. L’inquiétude de l’homme pour Dieu et, à partir d’elle, l’inquiétude de Dieu pour l’homme ne doivent pas donner de repos à l’évêque. C’est cela que nous comprenons quand nous disons que l’évêque doit être d’abord un homme de foi. Car la foi n’est pas autre chose que le fait d’être intérieurement touché par Dieu, une condition qui nous conduit sur le chemin de la vie. La foi nous introduit dans un état où nous sommes pris par l’inquiétude de Dieu et fait de nous des pèlerins qui sont intérieurement en marche vers le vrai Roi du monde et vers sa promesse de justice, de vérité et d’amour. Dans ce pèlerinage, l’évêque doit précéder, il doit être celui qui indique aux hommes le chemin vers la foi, l’espérance et l’amour.

Le pèlerinage intérieur de la foi vers Dieu s’effectue surtout dans la prière. Saint Augustin a dit un jour que la prière, en dernière analyse, ne serait autre chose que l’actualisation et la radicalisation de notre désir de Dieu. À la place de la parole “désir”, nous pourrions mettre aussi la parole “inquiétude” et dire que la prière veut nous arracher à notre fausse commodité, à notre enfermement dans les réalités matérielles, visibles et nous transmettre l’inquiétude pour Dieu, nous rendant ainsi ouverts et inquiets aussi les uns des autres. Comme pèlerin de Dieu, l’évêque doit être d’abord un homme qui prie. Il doit être en contact intérieur permanent avec Dieu ; son âme doit être largement ouverte vers Dieu. Il doit porter à Dieu ses difficultés et celles des autres, comme aussi ses joies et celles des autres, et établir ainsi, à sa manière, le contact entre Dieu et le monde dans la communion avec le Christ, afin que la lumière du Christ resplendisse dans le monde.

Revenons aux Mages d’Orient. Ceux-ci étaient aussi et surtout des hommes qui avaient du courage, le courage et l’humilité de la foi. Il fallait du courage pour accueillir le signe de l’étoile comme un ordre de partir, pour sortir – vers l’inconnu, l’incertain, sur des chemins où il y avait de multiples dangers en embuscade. Nous pouvons imaginer que la décision de ces hommes a suscité la dérision : la plaisanterie des réalistes qui pouvaient seulement se moquer des rêveries de ces hommes. Celui qui partait sur des promesses aussi incertaines, risquant tout, ne pouvait apparaître que ridicule. Mais pour ces hommes touchés intérieurement par Dieu, le chemin selon les indications divines était plus important que l’opinion des gens. La recherche de la vérité était pour eux plus importante que la dérision du monde, apparemment intelligent.

Comment ne pas penser, dans une telle situation, à la mission d’un évêque à notre époque ? L’humilité de la foi, du fait de croire ensemble avec la foi de l’Église de tous les temps, se trouvera à maintes reprises en conflit avec l’intelligence dominante de ceux qui s’en tiennent à ce qui apparemment est sûr. Celui qui vit et annonce la foi de l’Église, sur de nombreux points n’est pas conforme aux opinions dominantes justement aussi à notre époque. L’agnosticisme aujourd’hui largement dominant a ses dogmes et est extrêmement intolérant à l’égard de tout ce qui le met en question et met en question ses critères. Par conséquent, le courage de contredire les orientations dominantes est aujourd’hui particulièrement urgent pour un évêque. Il doit être valeureux. Et cette vaillance ou ce courage ne consiste pas à frapper avec violence, à être agressif, mais à se laisser frapper et à tenir tête aux critères des opinions dominantes. Le courage de demeurer fermement dans la vérité est inévitablement demandé à ceux que le Seigneur envoie comme des agneaux au milieu des loups. « Celui qui craint le Seigneur n’a peur de rien » dit le Siracide (34, 16). La crainte de Dieu libère de la crainte des hommes. Elle rend libres !

Dans ce contexte, un épisode des débuts du christianisme que saint Luc rapporte dans les Actes des Apôtres me vient à l’esprit. Après le discours de Gamaliel, qui déconseillait la violence envers la communauté naissante des croyants en Jésus, le sanhédrin convoqua les Apôtres et les fit flageller. Ensuite il leur interdit de parler au nom de Jésus et il les remit en liberté. Saint Luc continue : « Mais eux, en sortant du sanhédrin, repartaient tout joyeux d’avoir été jugés dignes de subir des humiliations pour le nom de Jésus. Et chaque jour … ils ne cessaient d’enseigner et d’annoncer la Bonne Nouvelle du Christ Jésus » (Ac 5, 40ss.). Les successeurs des Apôtres doivent aussi s’attendre à être à maintes reprises frappés, de manière moderne, s’ils ne cessent pas d’annoncer de façon audible et compréhensible l’Évangile de Jésus Christ. Et alors ils peuvent être heureux d’avoir été jugés dignes de subir des outrages pour lui. Naturellement, nous voulons, comme les apôtres, convaincre les gens et, en ce sens, obtenir leur approbation. Naturellement, nous ne provoquons pas, mais bien au contraire nous invitons chacun à entrer dans la joie de la vérité qui indique la route. L’approbation des opinions dominantes, toutefois, n’est pas le critère auquel nous nous soumettons. Le critère c’est Lui seul : le Seigneur. Si nous défendons sa cause, grâce à Dieu, nous gagnerons toujours de nouveau des personnes pour le chemin de l’Évangile. Mais inévitablement nous serons aussi frappés par ceux qui, par leur vie, sont en opposition avec l’Évangile, et alors nous pouvons être reconnaissants d’être jugés dignes de participer à la Passion du Christ.

Les Mages ont suivi l’étoile, et ainsi ils sont parvenus jusqu’à Jésus, jusqu’à la grande Lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde (cf. Jn 1, 9). Comme pèlerins de la foi, les Mages sont devenus eux-mêmes des étoiles qui brillent dans le ciel de l’histoire et nous indiquent la route. Les saints sont les vraies constellations de Dieu, qui éclairent les nuits de ce monde et nous guident. Saint Paul, dans la Lettre aux Philippiens, a dit à ses fidèles qu’ils doivent resplendir comme des astres dans le monde (cf. 2, 15).

Chers amis, ceci nous concerne aussi. Ceci vous concerne surtout vous qui, maintenant, allez être ordonnés évêques de l’Église de Jésus Christ. Si vous vivez avec le Christ, liés à nouveau à lui dans le sacrement, alors vous aussi vous deviendrez des sages. Alors vous deviendrez des astres qui précèdent les hommes et leur indiquent le juste chemin de la vie. En ce moment nous tous ici nous prions pour vous, afin que le Seigneur vous remplisse de la lumière de la foi et de l’amour. Afin que cette inquiétude de Dieu pour l’homme vous touche, pour que tous fassent l’expérience de sa proximité et reçoivent le don de sa joie. Nous prions pour vous, afin que le Seigneur vous donne toujours le courage et l’humilité de la foi. Nous prions Marie qui a montré aux Mages le nouveau Roi du monde (Mt 2, 11), afin qu’en Mère affectueuse, elle vous montre aussi Jésus Christ et vous aide à être des hommes qui indiquent la route qui conduit à lui. Amen.

 Homélie du 6 janvier 2013

 

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L’hérésie au pouvoir – Benoît XVI, à son tour, visé par une forme de “correction”

L’attaque portée ces derniers jours contre le théologien Ratzinger se trouve dans un livre qui vient de sortir de presse sous la plume d’Enrico Maria Radaelli, connu comme étant le plus fidèle disciple de Romano Amerio (1905-1997), le philosophe suisse qui, en 1985, avait publié « Iota Unum », l’accusation la plus systématique et la mieux argumentée contre l’Eglise catholique de la seconde moitié du vingtième siècle à laquelle il reproche d’avoir subverti les fondements de la doctrine au nom du subjectivisme moderne. (VoirICI et LA)

Le livre de Radaelli s’intitule « Au cœur de Ratzinger, au cœur du monde » et une première mouture vient d’être éditée par Aurea Domus, l’éditeur dont ce même auteur est propriétaire auprès duquel il peut être acheté par courrier électronique ainsi que dans quelques librairies de Rome et de Milan.

Ce qui a décidé Radaelli à incriminer également la théologie de Ratzinger d’avoir été subversive c’est la lecture et l’analyse de son œuvre théologique la plus connue et la plus lue, « Einführung in das Christentum », Introduction au christianisme [paru en français sous le titre « La foi chrétienne hier et aujourd’hui », NdT]. Publié pour la première fois en 1968 avant d’être réédité des dizaines de fois et d’être traduit dans plusieurs langues jusqu’à aujourd’hui.

Le plus frappant c’est que Radaelli n’est pas le seul à démolir la théologie de Ratzinger puisqu’il a rapidement reçu le soutien de l’un des théologiens et philosophes les plus renommés, Mgr Antonio Livi, le doyen émérite de la faculté de philosophie de l’Université pontificale du Latran, académicien pontifical et président de l’International Science and Commonsense Association.

En effet, selon Mgr Livi, Ratzinger et sa théologie ont contribué de façon notable à la montée en puissance de ce qu’il appelle « la théologie moderniste et sa dérive hérétique évidente » qui est devenue de plus en plus hégémonique dans les séminaires, les athénées pontificaux, les commissions doctrinales, les dicastères de la Curie ainsi qu’aux plus hauts échelons de la hiérarchie, jusqu’à la papauté.

Nous ne pouvons pas résumer ici les arguments avancés par Radaelli dans son réquisitoire contre le théologien puis pape Ratzinger.  Il suffit d’en lire la présentation très claire qu’en fait Mgr Livi dans cette autre page de Settimo Cielo, au titre sans équivoque :

> L’eresia al potere (l’hérésie au pouvoir) 

Il en ressort qu’aujourd’hui, François n’est pas le seul pape à être la cible d’une « correction » pour hérésie puisque même son prédécesseur émérite n’est plus à l’abri.

Radaelli comme Livi figurent parmi les premiers signataires de la « correctio » adressée au Pape François l’été dernier.  Et aujourd’hui également de celle contre Benoît XVI.

 

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Benoît XVI – Pour la Sainte Écriture, contempler le visage de Dieu est le plus grand bonheur

A quelques jours de la solennité de Marie Mère de Dieu, nous vous proposons de redécouvrir la dernière homélie du pape Benoît XVI pour cette fête liturgique qui ouvre l’année civile.

 

Chers frères et sœurs !

« Que Dieu nous bénisse, qu’il fasse resplendir sur nous son visage ». C’est ainsi que nous avons acclamé, avec les paroles du Psaume 66, après avoir écouté dans la première lecture, l’antique bénédiction sacerdotale sur le peuple de l’alliance. Il est particulièrement significatif qu’au début de chaque nouvelle année, Dieu projette sur nous, son peuple, la lumière de son saint Nom, le Nom qui est prononcé trois fois dans la formule solennelle de la bénédiction biblique. Et il est non moins significatif qu’au Verbe de Dieu – qui « s’est fait chair et a habité parmi nous » comme la « vraie Lumière, qui éclaire tout homme » (Jn 1, 9.14) – soit donné huit jours après sa naissance le nom de Jésus, comme nous le raconte l’Évangile d’aujourd’hui (cf. Lc 2,21).

C’est dans ce nom que nous sommes réunis ici. Je salue cordialement toutes les personnes présentes, à commencer par les Ambassadeurs du Corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège. Je salue avec affection le Cardinal Bertone, mon Secrétaire d’État, et le Cardinal Turkson, avec tous les membres du Conseil pontifical Justice et Paix ; je leur suis particulièrement reconnaissant pour leur engagement à diffuser le Message pour la Journée mondiale de la Paix, qui cette année, a pour thème « Bienheureux les artisans de paix ».

Bien que le monde soit malheureusement encore marqué par des « foyers de tension et d’opposition causés par des inégalités croissantes entre riches et pauvres, par la prévalence d’une mentalité égoïste et individualiste qui s’exprime également au travers d’un capitalisme financier sans régulation », en plus des différentes formes de terrorisme et de criminalité, je suis persuadé que « les nombreuses œuvres de paix dont le monde est riche, témoignent de la vocation innée de l’humanité à la paix. En chaque personne, le désir de paix est une aspiration essentielle qui coïncide, d’une certaine façon, avec le désir d’une vie humaine pleine, heureuse et accomplie… L’homme est fait pour la paix qui est don de Dieu. Tout ce qui précède m’a conduit à m’inspirer, pour ce Message, des paroles de Jésus-Christ : « Heureux les artisans de paix, parce qu’ils seront appelés fils de Dieu » (Mt 5,9) (Message, n. 1). Cette béatitude « dit que la paix est à la fois don messianique et œuvre humaine… C’est la paix avec Dieu, en vivant selon sa volonté. C’est la paix intérieure avec soi-même et la paix extérieure avec le prochain et avec toute la création » (id. nn. 2 et 3). Oui, la paix est le bien par excellence à invoquer comme don de Dieu et, en même temps, à construire avec effort.

Nous pouvons nous demander : quel est le fondement, l’origine, la racine de cette paix ? Comment pouvons-nous sentir en nous la paix, malgré les problèmes, les obscurités, les angoisses ? La réponse nous est donnée par les lectures de la liturgie d’aujourd’hui. Les textes bibliques, surtout celui tiré de l’Évangile de Luc, qui vient d’être proclamé, nous proposent de contempler la paix intérieure de Marie, la Mère de Jésus. Pour elle s’accomplissent durant les jours où « elle mit au monde son fils premier-né » (Lc2,7), tant d’événements imprévus : non seulement la naissance de son Fils, mais auparavant le voyage fatigant de Nazareth à Bethléem, le fait de ne pas trouver de place à l’auberge, la recherche d’un refuge de fortune dans la nuit ; et puis le chant des anges, la visite inattendue des bergers. En tout cela, cependant, Marie ne se trouble pas, elle ne s’agite pas, elle n’est pas bouleversée par des faits qui la dépassent ; elle considère simplement, en silence, ce qui arrive, le garde dans sa mémoire et dans son cœur, y réfléchissant avec calme et sérénité. C’est cela la paix intérieure que nous voudrions avoir au milieu des événements parfois tumultueux et confus de l’histoire, événements dont souvent nous ne saisissons pas le sens et qui nous déconcertent.

Le passage évangélique se termine avec une allusion à la circoncision de Jésus. Selon la Loi de Moïse, huit jours après la naissance, un petit garçon devait être circoncis et à ce moment lui était donné son nom. Dieu lui-même, par son messager, avait dit à Marie – et aussi à Joseph – que le nom à donner à l’Enfant était « Jésus » (cf. Mt 1, 21 ; Lc 1, 31) ; et ce fut ainsi. Ce nom que Dieu avait déjà établi avant que l’Enfant fut conçu, est donné maintenant officiellement au moment de la circoncision. Et cela marque aussi une fois pour toutes l’identité de Marie : elle est « la mère de Jésus », c’est-à-dire la mère du Sauveur, du Christ, du Seigneur. Jésus n’est pas un homme comme n’importe quel autre, mais il est le Verbe de Dieu, une des Personnes divines, le Fils de Dieu : par conséquent, l’Église a donné à Marie le titre de Theotokos, c’est-à-dire « Mère de Dieu ».

La première Lecture nous rappelle que la paix est don de Dieu et est liée à la splendeur du visage de Dieu, selon le texte du Livre des Nombres, qui transmet la bénédiction utilisée par les prêtres du peuple d’Israël dans les assemblées liturgiques. Une bénédiction qui par trois fois répète le saint nom de Dieu, le nom imprononçable, et chaque fois le relie à deux verbes indiquant une action en faveur de l’homme : « Que le Seigneur te bénisse et te garde. Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’il se penche vers toi. Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix » (6, 24-26). La paix est donc le sommet de ces six actions de Dieu en notre faveur, dans lesquelles il tourne vers nous la splendeur de son visage.

Pour la Sainte Écriture, contempler le visage de Dieu est le plus grand bonheur : « Tu le réjouis de bonheur près de ta face », dit le psalmiste (Ps 21, 7). De la contemplation du visage de Dieu naissent joie, sécurité et paix. Mais que signifie concrètement contempler le visage du Seigneur, comment cela peut-il être compris dans le Nouveau Testament ? Cela veut dire le connaitre directement, pour autant qu’il est possible en cette vie, par Jésus Christ, en qui il s’est révélé. Jouir de la splendeur du visage de Dieu veut dire pénétrer dans le mystère de son Nom qui nous est manifesté par Jésus, comprendre quelque chose de sa vie intime et de sa volonté, afin que nous puissions vivre selon son dessein d’amour sur l’humanité. L’apôtre Paul l’exprime dans la seconde Lecture, tirée de la Lettre aux Galates (4, 4-7), en parlant de l’Esprit qui, dans l’intime de nos cœurs, crie : « Abba ! Père ! ». C’est le cri qui jaillit de la contemplation du vrai visage de Dieu, de la révélation du mystère du Nom. Jésus affirme : « J’ai fait connaître ton nom aux hommes » (Jn 17,6). Le Fils de Dieu qui s’est fait chair nous a fait connaître le Père, il nous a fait percevoir dans son visage humain visible le visage invisible du Père ; à travers le don de l’Esprit Saint répandu dans nos cœurs, il nous a fait connaître qu’en Lui nous sommes nous aussi enfants de Dieu, comme affirme saint Paul dans le passage que nous avons entendu : « Et voici la preuve que vous êtes des fils : envoyé de Dieu, l’Esprit de son Fils est dans nos cœurs, et il crie vers le Père en l’appelant ’Abba ! Père !’ » (Ga 4, 6).

Voici, chers frères et sœurs, le fondement de notre paix : la certitude de contempler en Jésus Christ la splendeur du visage de Dieu Père, d’être fils dans le Fils, et d’avoir ainsi, sur le chemin de la vie, la même sécurité que l’enfant éprouve dans les bras d’un Père bon et tout puissant. La splendeur du visage du Seigneur sur nous, qui nous donne la paix est la manifestation de sa paternité ; le Seigneur tourne vers nous son visage, se montre Père et nous donne la paix. C’est là le principe de cette paix profonde – « la paix avec Dieu » ‑ qui est liée indissolublement à la foi et à la grâce, comme écrit saint Paul aux chrétiens de Rome (cf. Rm 5, 2). Rien ne peut ôter aux croyants cette paix, pas même les difficultés et les souffrances de la vie. En effet, les souffrances, les épreuves et les obscurités n’érodent pas mais accroissent notre espérance, une espérance qui ne déçoit pas parce que « l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné » (Rm 5, 5).

Que la Vierge Marie, que nous vénérons aujourd’hui avec le titre de Mère de Dieu, nous aide à contempler le visage de Jésus, Prince de la Paix. Qu’elle nous soutienne et nous accompagne en cette nouvelle année ; qu’elle obtienne pour nous et pour le monde entier le don de la paix. Amen !

 

Pape Benoît XVI, homélie du 1er janvier 2013

 

 

 

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Avent – Benoît XVI explique le sens du mot “venue”

Chers frères et sœurs !

Avec cette liturgie des vêpres, nous commençons l’itinéraire d’une nouvelle année liturgique, en entrant dans le premier des temps qui la composent : l’Avent. Dans la lecture biblique que nous venons d’écouter, tirée de la Première Lettre aux Thessaloniciens, l’apôtre Paul utilise précisément ce terme : “venue”, qui en grec se dit “parusia” et en latin “adventus” (1 Ts 5, 23). Selon la tradition commune de ce texte, Paul exhorte les chrétiens de Thessalonique à demeurer irrépréhensibles “pour la venue” du Seigneur. Mais dans le texte original on lit “dans la venue” , comme si l’avent du Seigneur était, plus qu’un point du temps dans l’avenir, un lieu spirituel où cheminer déjà dans le présent, pendant l’attente, et au sein duquel être justement parfaitement gardés dans toutes nos dimensions personnelles. En effet, c’est précisément cela que nous vivons dans la liturgie : en célébrant les temps liturgiques, nous actualisons le mystère – dans ce cas-là, la venue du Seigneur – de manière à pouvoir, pour ainsi dire, “cheminer en elle” vers sa pleine réalisation, à la fin des temps, mais en puisant déjà sa vertu sanctificatrice, étant donné que les temps derniers ont déjà commencé avec la mort et la résurrection du Christ.

Le terme qui résume cet état particulier, où l’on attend quelque chose qui doit arriver, mais que dans le même temps l’on entrevoit et l’on pressent, est “espérance”. L’Avent est par excellence la saison spirituelle de l’espérance, et en lui, l’Eglise tout entière est appelée à devenir espérance, pour elle-même et pour le monde. Tout l’organisme spirituel du Corps mystique assume, pour ainsi dire, la “couleur” de l’espérance. Tout le peuple de Dieu se remet en chemin attiré par ce mystère : que notre Dieu est “le Dieu qui vient” et qui appelle à aller à sa rencontre. De quelle manière ? Tout d’abord sous cette forme universelle de l’espérance et de l’attente qui est la prière, qui trouve son expression éminente dans les Psaumes, paroles humaines à travers lesquelles Dieu lui-même a placé et place continuellement sur les lèvres et dans le cœur des croyants l’invocation de sa venue. Arrêtons-nous donc quelques instants sur les deux Psaumes sur lesquels nous venons de prier et qui se suivent également dans le Livre biblique : le 141 et le 142, selon la numérotation juive.

“Seigneur, je t’appelle : accours vers moi ! / Ecoute mon appel quand je crie vers toi ! / Que ma prière devant toi s’élève comme un encens, / et mes mains comme l’offrande du soir” (Ps 141, 1-2). C’est ainsi que commence le premier psaume des premières vêpres de la première semaine du Psautier : des paroles qui, au début de l’Avent, prennent une nouvelle “couleur”, parce que l’Esprit Saint les fait résonner en nous toujours à nouveau, dans l’Eglise en chemin entre le temps de Dieu et le temps des hommes. “Seigneur… accours vers moi” (v. 1). C’est le cri d’une personne qui se sent en grave danger, mais c’est aussi le cri de l’Eglise parmi les multiples pièges qui l’entourent, qui menacent sa sainteté, cette intégrité irrépréhensible dont parle l’apôtre Paul, qui doit en revanche être conservée pour la venue du Seigneur. Et dans cette invocation résonne également le cri de tous les justes, de tous ceux qui veulent résister au mal, aux séductions d’un bien-être inique, de plaisirs qui offensent la dignité humaine et la condition des pauvres. Au début de l’Avent, la liturgie de l’Eglise fait à nouveau sien ce cri, et elle l’élève à Dieu “comme un encens” (v. 2). L’offrande des Vêpres de l’encens est en effet le symbole de la prière, de l’effusion des cœurs tournés vers Dieu, vers le Très-Haut, ainsi que “les mains que j’élève, en offrande du soir” (v. 2). Dans l’Eglise, l’on n’offre plus de sacrifices matériels, comme cela advenait également dans le temple de Jérusalem, mais on élève l’offrande spirituelle de la prière, en union avec celle de Jésus Christ, qui est dans le même temps Sacrifice et Prêtre de l’Alliance nouvelle et éternelle. Dans le cri du Corps mystique, nous reconnaissons la voix même de la Tête : le Fils de Dieu qui s’est chargé de nos épreuves et de nos tentations, pour nous donner la grâce de sa victoire.

Cette identification du Christ avec le Psalmiste est particulièrement évidente dans le deuxième Psaume (142). Ici, chaque parole, chaque invocation fait penser à Jésus dans la passion, en particulier à sa prière au Père sur le Gethsémani. Lors de sa première venue, à travers l’incarnation, le Fils de Dieu a voulu partager pleinement notre condition humaine. Naturellement, il n’a pas partagé le péché, mais pour notre salut il en a souffert toutes les conséquences. En priant le Psaume 142, l’Eglise revit chaque fois la grâce de cette compassion, de cette “venue” du Fils de Dieu dans l’angoisse humaine jusqu’à en toucher le fond. Le cri d’espérance de l’Avent exprime alors, dès le début et de la manière la plus forte, toute la gravité de notre état, notre besoin extrême de salut. Comme pour dire : nous attendons le Seigneur non à la manière d’une belle décoration sur un monde déjà sauvé, mais comme unique voie de libération d’un danger mortel. Et nous savons que Lui-même, le Libérateur, a dû souffrir et mourir pour nous faire sortir de cette prison (cf. v. 8).

Ces deux Psaumes nous mettent, pour ainsi dire, à l’abri de toute tentation d’évasion et de fuite de la réalité ; ils nous préservent d’une fausse espérance, qui consisterait à entrer dans l’Avent et aller vers Noël en oubliant le caractère dramatique de notre existence personnelle et collective. En effet, une espérance fiable, qui ne soit pas trompeuse, ne peut qu’être une espérance “pascale”, comme nous le rappelle chaque samedi soir le cantique de la Lettre aux Philippiens, avec laquelle nous louons le Christ incarné, crucifié, ressuscité et Seigneur universel. Tournons vers Lui notre regard et notre cœur, en union spirituelle avec la Vierge Marie, Notre Dame de l’Avent. Plaçons notre main dans la sienne et entrons avec joie dans ce nouveau temps de grâce que Dieu offre à son Eglise, pour le bien de l’humanité tout entière. Comme Marie et avec son aide maternelle, soyons dociles à l’action de l’Esprit Saint, pour que le Dieu de la paix nous sanctifie pleinement, et que l’Eglise devienne signe et instrument d’espérance pour tous les hommes. Amen !

Benoît XVI, homélie des premières vêpres de l’Avent 2008

 

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Veillée de prière pour la vie au Luc-en-Provence (83) le 2 décembre

Chaque année, à la veille de l’entrée en Avent, les chrétiens se rassemblent partout en France pour prier pour la cause de la Vie. Le mouvement des Veillées pour la Vie appelle les fidèles à organiser une veillée de prière dans leur paroisse…
Promouvoir une culture de vie est une exigence de l’amour du chrétien. A l’heure où la vie est menacée de toute part il est urgent et indispensable de prier pour la vie. Répondre à cette urgence devrait être une préoccupation majeure pour tout chrétien.

Le Seigneur nous appelle à soutenir nos frères, et particulièrement les plus faibles et les plus vulnérables. « Ce que vous avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » Se préoccuper de la Vie menacée des enfants à naître et des personnes âgées est une exigence de l’Amour et une urgence. C’est ainsi que Saint Jean-Paul II conclu son encyclique Evangelium Vitae par sa grande
« Prière pour la Vie ».

C’est pour cela que notre paroisse se joint à toutes les veillees organiser partout en France pour prier pour la vie.

RDV le samedi 2 decembre à 19h à l’église du Luc en Provence.

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Veillée pour la vie le 2 décembre à Montligeon, Alençon et Sées (61)

Prière pour toute vie naissante à Alençon, Montligeon et Sées.

Depuis 2010, à l’initiative du pape Benoît XVI, des veillées de prières pour la Vie ont lieu le samedi, vigile du premier dimanche de l’Avent. Dans notre diocèse, trois soirées sont proposées cette année ce samedi 2 décembre :
– A Alençon, à la basilique à 20h30, présidée par Mgr Habert avec le lancement dans le diocèse d’une antenne « Mère de Miséricorde ».
– A Montligeon, à 20h30 également. A noter à Montligeon, un concert le lendemain dimanche 3 décembre « Chansons pour une naissance ».

– A Sées, basilique de l’Immaculée  à 20h30 Louange – Prière – chants polyphoniques – Adoration eucharistique.
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En savoir plus sur les veillées pour la vie organisées près de chez vous.

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Veillée pour la vie, samedi 2 décembre à Laval (53)

Chaque année, l’évêque de Laval invite les croyants à prier pour la vie. Promouvoir la culture de vie, accompagner la détresse, déposer ses intentions personnelles, prier ensemble, se laisser toucher par Dieu… autant de bonnes raisons d’y participer. Interview…

Quel est l’enjeu d’une telle veillée, qui se passe dans de nombreux diocèses ce même soir ?

Pour sa septième édition, près de 200 veillées, vont se dérouler dans toute la France.. Elles sont pour la plupart recensées sur le site Veillées pour la vie. L’enjeu c’est de prier ensemble pour promouvoir une culture de vie. S’arrêter dans nos vies souvent bien remplies … pour se poser, confier, pour mieux être acteur.

La loi bioéthique va être révisée en 2018, sur quoi les croyants doivent-ils être attentifs ?

Sur le respect de toute vie humaine. « La qualité d’une civilisation se mesure au respect qu’elle porte aux plus faibles de ses membres  » disait le professeur Le jeune. Que le droit à l’enfant ne l’emporte pas sur le droit de l’enfant. Que l’objection de conscience soit respectée pour le personnel de santé. Et sur bien d’autres sujets. C’est la maladie, la détresse qu’il faut combattre, pas le malade, ni le plus  fragile. Que nous soyons attentifs que se développe toujours plus l’entraide, l’accompagnement, l’écoute, l’amour et le respect du plus fragile.

Des bonnes raisons de participer à cette veillée de prière, le 2 décembre ?

– Répondre à l’appel de l’Eglise de prier pour la vie. -Venir déposer vos intentions de prière, nous en avons tous et comme c’est réconfortant de les déposer par un geste, au pied de Jésus.

– Venir recevoir une bénédiction et demander à l’Esprit Saint de nous éclairer pour que nous soyons acteurs de cette culture de VIE, dès aujourd’hui. Nous avons chacun une mission que ce soit par la prière, par l’écoute, par l’entraide, par le soutien, par un don pour une association qui ouvre pour la vie… A commencer au sein de nos propres familles. Comment nous réagissons à l’annonce d’une grossesse rapprochée, imprévue, à l’annonce d’un éventuel handicap,…

– Se reposer dans le cœur de Jésus, il nous donne rendez-vous.

– Se réconcilier, il sera proposé de recevoir le sacrement de réconciliation.

-Pour tous ceux qui se donnent dans leur  famille, travail, diocèse, vie sacerdotale, se laisser porter,  se laisser toucher pour le feu d’Amour de Jésus.

-Pour ne pas se sentir seul. Notre-Dame de Pontmain, notre invitée cette année, va nous prendre par la main pour nous amener à son fils. Nous l’invoquerons plus spécialement en première partie de la veillée.

Alors RDV le 2 décembre à 20h30 autour de notre évêque, pour cette VEILLEE DE PRIERE ET D’ADORATION  POUR LA VIE 2017 !

A noter les illuminations de Laval seront cette année le weekend d’avant, donc pour le stationnement cela devrait être plus facile.

Jacqueline, Guillemette et Agnès

Pour savoir si une veillée pour la vie est organisée près de chez vous, consultez le site qui y est consacré.