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Un essai du pape Benoit XVI sur le silence chrétien

Préface de l’édition en anglais du livre du card. Sarah :

De la Cité du Vatican, le pape émérite Benoît XVI, qui sort pour cela de son silence monacal, écrit la préface de l’édition en anglais du livre du cardinal Robert Sarah « La force du silence », publié en français chez Fayard.

Plus qu’une préface c’est même un « essai » servant de préambule à cet entretien avec Nicolas Diat : « The Power of Silence : Against the Dictatorship of Noise » (« La force du silence : contre la dictature du bruit »), publié en anglais par Ignatius Press.

Le pape émérite répond à sa question en termes christologiques : « Nous savons par les Évangiles que Jésus passait fréquemment des nuits seul « sur la montage » en prière, en conversation avec son Père. Nous savons que son discours, sa parole, vient du silence et n’a pu mûrir que là. Il est donc raisonnable de penser que sa parole ne peut être correctement entendue que si nous aussi, nous entrons dans son silence, si nous apprenons à l’entendre de son silence. »

Il cite les paroles de saint Ignace d’Antioche (35-115), évêque syrien, père et docteur de l’Eglise, martyr : « Dès la première fois que j’ai lu les Lettres de saint Ignace d’Antioche, dans les années 1950, un passage de sa Lettre aux Éphésiens m’a particulièrement frappé : « Mieux vaut se taire et être que parler sans être. Il est bon d’enseigner, si celui qui parle agit. Il n’y a donc qu’un seul maître, celui qui ‘a dit et tout a été fait’ et les choses qu’il a faites dans le silence sont dignes de son Père. Celui qui possède en vérité la parole de Jésus peut entendre même son silence, afin d’être parfait, afin d’agir par sa parole et de se faire connaître par son silence. » (15, 1f.). »

Comme il le fait dans ses livres « Jésus de Nazareth », Benoît XVI redit son option pour une exégèse : «  Certes, pour interpréter les paroles de Jésus, la connaissance historique est nécessaire, elle qui nous enseigne à comprendre le temps et le langage de ce temps. Mais seul, cela ne suffit pas si nous voulons vraiment comprendre le message du Seigneur en profondeur. Aujourd’hui quiconque lit les commentaires de plus en plus épais des Évangiles est déçu à la fin. Il apprend beaucoup de choses utiles sur cette époque et de nombreuses hypothèses qui n’apportent finalement rien du tout à la compréhension du texte. À la fin, vous sentez que dans tout cet excès de paroles, il manque quelque chose d’essentiel : entrer dans le silence de Jésus d’où sa parole est née. Si nous ne pouvons pas entrer dans ce silence, nous n’entendrons toujours la parole qu’en superficie et nous ne la comprendrons donc pas réellement. »

« En lisant le nouveau livre du cardinal Robert Sarah, confie le pape émérite, toutes ces pensées ont traversé à nouveau mon âme. Sarah nous enseigne le silence – être silencieux avec Jésus, véritable calme intérieur, et c’est précisément de cette façon qu’il nous aide à saisir à nouveau la parole du Seigneur. »

Il cite cette question de Nicolas Diat : « Vous est-il arrivé dans votre vie que les mots deviennent trop encombrants, trop lourds, trop bruyants ? » Et la réponse : « Dans ma prière et dans la vie intérieure, j’ai toujours ressenti le besoin d’un silence plus profond, plus complet… Les journées de solitude, de silence et de jeûne total ont été un grand soutien. Elles ont été une grâce sans précédent, une lente purification et une rencontre personnelle avec… Dieu… Des journées de solitude, de silence et de jeûne, nourries seulement par la Parole de Dieu, permettent à l’homme de fonder sa vie sur ce qui est essentiel ». Ces lignes indiquent la source d’où vit le cardinal, qui donne à sa parole une profondeur intérieure. »

Pour Benoît Xvi le manque de silence est un « danger » pour l’Eglise et spécialement pour les évêques : « De ce point de vue privilégié, il peut alors voir les dangers qui menacent continuellement la vie spirituelle, des prêtres et des évêques aussi, et qui mettent donc en danger l’Église elle-même aussi, dans laquelle il n’est pas rare que la Parole soit remplacée par un verbiage qui dilue la grandeur de la Parole. J’aimerais juste citer une phrase qui peut devenir un examen de conscience pour tous les évêques : « Il peut arriver qu’un bon prêtre pieux, une fois élevé à la dignité épiscopale, tombe rapidement dans la médiocrité et une préoccupation pour le succès mondain. Submergé par le poids des devoirs qui lui incombent, inquiet pour son pouvoir, son autorité et les besoins matériels de son bureau, il s’épuise progressivement. ». »

Avec une traduction de Zenit, Constance Roques

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Le sens de l’avent expliqué par Benoît XVI

Benoît XVI nous rappelle le sens de l’Avent lors des premières vêpres

Synthèse de l’homélie du Saint-Père

Le 01 décembre – Eucharistie Sacrement de la Miséricorde –  A 17 h samedi, en la basilique vaticane, Benoît XVI a présidé les vêpres du premier dimanche de l’Avent. “L’Avent – a dit le Pape dans son homélie – est, par excellence, une halte spirituelle d’espérance au cours de laquelle l’Église entière est appelée à devenir espérance pour elle et pour le monde. Tout le peuple de Dieu se met en marche attiré par ce mystère ; notre Dieu est le Dieu qui vient et nous appelle à venir à sa rencontre surtout dans cette forme universelle d’espérance et d’attente qu’est la prière”. Puis il a rappelé que l’expression la plus haute de la prière était constituée par les psaumes. Après avoir cité le psaume 141:Seigneur, je crie vers toi, viens à mon aide, le Saint-Père a ajouté : “C’est le cri d’une personne qui se sent en grand danger, mais c’est aussi le cri de l’Église au milieu des nombreux pièges qui l’entourent et qui menacent sa sainteté, cette intégrité irréprochable dont parle l’apôtre Paul et qui doit, au contraire, être conservée pour la venue du Seigneur. Dans cette invocation, résonne aussi le cri de tous les justes, de tous ceux qui veulent résister au mal, aux séductions d’un bien inique et de plaisirs qui offensent la dignité humaine et la condition des pauvres. Au début de l’Avent, la liturgie de l’Avent pousse à nouveau ce cri et l’élève vers Dieu comme l’encens symbole de la prière et des cœurs tournés vers Dieu”.

“Dans le cri du Corps mystique – a poursuivi Benoît XVI – nous reconnaissons la voix du chef, du Fils de Dieu qui a pris sur lui nos souffrances et nos tentations pour nous donner la grâce de sa victoire. L’Église revit chaque fois la grâce de cette compassion, de cette venue du Fils de Dieu, dans l’angoisse humaine jusqu’à en toucher le fond. Le cri d’espérance de l’Avent exprime alors, depuis le début et de façon plus forte, toute la gravité de notre état, notre extrême besoin de salut. Nous attendons le Seigneur non comme une belle décoration pour le monde qui est déjà sauvé, mais comme voie unique de libération d’un danger mortel”. Après avoir fait de nouveau référence aux psaumes 141 et 142 de la liturgie du jour, il a souligné qu’ils “nous protègent en quelque sorte de toute tentation d’évasion et de fuite de le réalité. Ils nous préservent d’une fausse espérance qui voudrait peut-être entrer dans l’Avent et aller vers Noël en oubliant l’aspect dramatique de notre existence personnelle et collective. En effet, une espérance confiante et non trompeuse – a-t-il conclu – ne peut être qu’une espérance pascale, comme nous le rappelle le Cantique de l’Épître aux Philippiens qui loue le Christ fait chair, crucifié, ressuscité et Seigneur universel”.

Texte intégral de l’homélie du Saint Père ► Français – Italien

Regarder la vidéo en Italien ou en Français

AVANT ou AVENT ?

Nous avons tous connu, enfants, la difficulté d’écrire le son « en » avec un e ou avec un a et peut-être encore maintenant sommes-nous saisis d’un léger doute : en ou an ? Avent ou Avant ? Libérons-nous un instant des contraintes orthographiques et voyons quels bénéfices retirer d’un temps liturgique que l’on nommerait « l’Avant ». L’Avant, c’est bien sûr ce qui nous assure de l’après. Si l’on peut dire « avant », c’est toujours après coup, après l’événement. Soit parce que celui-ci s’est déjà produit et se répète, soit parce qu’on s’est assis au bord du chemin et que l’on regarde en arrière. Ainsi l’« Avant » attire vers le passé. Avant que les enfants ne soient partis, avant que je te connaisse, avant que Jésus ne soit sur la croix… « Avant » nous entraîne dans un lieu où tout est encore possible, indéterminé, là où nous aimerions pouvoir changer les choses, recommencer, faire d’autres choix. Peut-être est-ce la raison pour laquelle « l’avant » de la fête est mis en valeur. Les injonctions commerciales y sont pour beaucoup. Il faut préparer longtemps avant et parfois coûteusement sous peine de ne pas réussir la fête. Un avant-Noël est rempli de l’histoire biblique des peuples qui ont longtemps marché, des prophètes qui contre vents et marées ont appelé à la conversion du cœur.

Pourtant, nous n’en sommes plus là. Il n’y a plus, pour les chrétiens, de retour en arrière possible : « depuis le jour du sang versé nous savons bien que tout est grâce » (D. Rimaud). L’avant n’existe que sous forme de mémoire. Noël comme mémoire de la venue du Seigneur nous oblige à passer de l’avant à Y Avent, à choisir de renoncer au « an ». L’avant prend le deuil et si nous voulons vivre avec le Seigneur de la crèche et le Fils de Dieu au Jourdain, il faut entendre « advenir » dans l’Avent. L’Avent signifie la venue, l’avènement du Seigneur. Il vient vers les hommes. Lui, le Dieu invisible s’adresse aux hommes comme à des amis et les invite à partager sa vie divine. Ce mystère s’accomplit dans le Christ (Dei Verbum, Constitution conciliaire sur la Révélation divine, n° 2). Dès lors, la question n’est plus de préparer sa venue mais d’en vivre. Car il y a là une question de vie. L’Avent désigne l’invitation que Dieu fait aux hommes de partager sa vie. Il y a véritablement partage, échange, puisque le Christ qui prend corps de la Vierge Marie s’est fait homme (Credo) pour que nous soyons rendus participants à sa nature divine. L’Avent rend compte du désir de Dieu de se communiquer, de nous faire partager sa vie. L’Avent est la promesse que nos vies d’hommes et de femmes, quels que soient leurs « avants », sont dignes de partager la vie de Dieu.

Source E.S.M.
Ce document est destiné à l’information ; il ne constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde – (E.S.M.) 01.12.2008 – T/Benoît XVI –

T/Avent

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Veillée pour la vie le 1er décembre 2018 à Lyon (69)

Partout en France seront organisées dans les paroisses des veillées pour la vie, à l’occasion de l’entrée en Avent. Cette initiative de Benoit XVI permet, chaque année, depuis 2010, au moment d’entrer en Avent, de porter notre regard sur la Vierge Marie attendant de mettre au monde Jésus.

Dans le diocèse de Lyon, elle aura lieu à la cathédrale Saint-Jean-Baptiste, samedi 1er décembre à 20h30. Au programme un temps d’écoute de la Parole, un enseignement du cardinal Philippe Barbarin, suivi d’un temps de prière, de chants et d’adoration.

Informations pratiques

Cathédrale Saint-Jean-Baptiste.
20h30 – 23h30

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La Première Guerre mondiale dans le magistère de Benoît XVI

Voici l’exposé, intitulé « La Première Guerre mondiale dans le magistère de Benoît XVI », fait par Massimo Introvigne lors de la conférence « Le Bienheureux Charles de Habsbourg et l’Europe », organisé pour le 65e anniversaire de la rencontre entre le Président du Conseil italien Alcide de Gasperi et le ministre français des Affaires étrangères Georges Bidault. 

* * *

Benoît XVI a mis au centre de son Magistère une interprétation théologique de l’histoire. Comme il l’a expliqué dans l’homélie du 16 Octobre 2011 dans le cadre de la messe pour la nouvelle évangélisation, « la théologie de l’histoire est un aspect important, essentiel de la nouvelle évangélisation, parce que les hommes de notre temps, après la saison néfaste des empires totalitaires du XXe siècle, ont besoin de trouver un regard d’ensemble sur le monde et sur le temps, un regard vraiment libre ».

La théologie de l’histoire permet également d’identifier les causes de la dramatique crise de l’Europe, un autre thème cher au pape Ratzinger.

Ces causes sont multiples, mais Benoît XVI est souvent revenu sur un événement fondamental, la Première Guerre mondiale. Certes, avant aussi, il y avait des guerres terribles, mais la Grande Guerre de 1914-1918 représente une sinistre nouveauté non seulement pour la première utilisation massive d’armes de destruction de masse – tels sont considérés, encore aujourd’hui, les gaz asphyxiants – mais aussi parce que l’on y théorise et pratique la séparation entre la guerre et la morale.

Cette séparation est également évidente dans l’attaque – qui n’avait jusque-là que quelques précédents – des monuments historiques, y compris les églises, notamment la cathédrale de Reims, un événement sans précédent qui a causé une énorme émotion dans le monde entier.

Dans le premier de ses messages pour la Journée mondiale de la Paix, celui pour la XXXIXe Journée célébrée le 1er Janvier 2006, Joseph Ratzinger lie au drame de la Première Guerre mondiale, le choix même du nom de Benoît XVI.

« Le nom de Benoît, que j’ai a choisi le jour de l’élection à la Chaire de Pierre, est un signe de mon engagement convaincu en faveur de la paix. Je voulais évoquer fois à la fois le Saint Patron de l’Europe, inspirateur d’une civilisation de la paix sur l’ensemble du continent, et le pape Benoît XV [1854-1922], qui condamna la Première Guerre mondiale comme un “massacre inutile” et œuvra pour une reconnaissance par tous des exigences élevées de la paix ».
Une plaque, sur le mur d’une église. L’administration autrichienne réquisitionnait les cloches de bronze pour les fondre, afin d’en faire des canons… La plaque dit : “En souvenir de Charles d’Autriche qui, le 24 novembre 1917, épargna le superbe concert de ces cloches, dans le premier anniversaire de sa béatification, en présence de son fils, Otto de habsbourg, la population d’Ampezzo reconnaissante. 3 octobre 2005

La référence à Benoît XV est importante pour le jugement sur la Première Guerre mondiale. L’Europe a changé, et quand ses deux plus grandes autorités traditionnelles, le pape de Rome et l’empereur de ce qui subsistait du Saint Empire romain, le bienheureux Charles Ier de Habsbourg (1887-1922), tentent d’arrêter le conflit, observant que tout ce que les nations cherchent à obtenir par la guerre, elles peuvent l’obtenir par la paix, à peine sont-ils traités avec courtoisie et en tout cas, ils ne sont pas pris au sérieux. Bien sûr, le Pape, dont le père a combattu dans la Première Guerre mondiale, n’a pas l’intention de manquer de respect à ce qu’il appelle « le sacrifice de ces hommes tombés sur le champ de bataille pour l’amour de leur patrie » : à tous ceux qui dans cette guerre, de part et d’autre, ont foi dans la justesse de leur cause et se battent courageusement.

Le problème n’est pas les combattants, mais la guerre elle-même, où vient à échéance un “billet à ordre” (en italien : cambiale = lettre de change ?) laïc émis à l’époque de la Révolution française, quand commencent à se répandre en Europe des nationalismes sans nation, idéologies dans lesquelles chacun veut plus de pouvoir pour sa nation précisément parce que c’est la sienne et non pas parce qu’elle est porteuse de valeurs considérées comme moralement appréciables. Parce que, s’il s’agissait de valeurs, en descendant en profondeur – et dans le cours de la descente, on croiserait sans doute la fracture de la Réforme protestante – tous les pays européens les trouveraient dans ses racines, et ces racines sont communes, elles sont chrétiennes.

Au contraire, la Première Guerre mondiale est la conséquence de la séparation de l’idée de patrie et de nation de ses racines religieuses : le Kulturkampf en Allemagne, avec la ‘laïcité’ (en français dans le texte) en France, avec les campagnes laïcistes et anticléricales du XIXe siècle en Italie, avec l’affirmation presque partout d’idéologies qui marginalisent le christianisme.

Benoît XVI, qui a été un pape très attaché aux commémorations, a proposé son analyse de la Première Guerre mondiale surtout dans deux textes relatifs au 90ème anniversaire respectivement de la bataille de Verdun, et de la Note du 1er août 1917 du pape Benoît XV.

La bataille de Verdun, qui provoqua en 1916 250.000 morts et 500.000 blessés, représente une horreur à bien des égards sans précédent dans l’histoire de l’Europe. « Verdun – écrit Benoît XVI dans une lettre à Mgr. François Maupu, évêque de la ville française théâtre de la bataille, à la date anniversaire – moment obscur de l’histoire du continent, doit rester dans la mémoire des gens comme un événement à ne jamais oublier et à ne jamais revivre ».

 

À Verdun se sont manifestées les « forces obscures de l’histoire », en relation auxquelles le pape Ratzinger rappelle une fois de plus que « dans une note datée du 1er Août 1917, envoyées aux chefs des peuples belligérants, mon prédécesseur le Pape Benoît XV a proposé une paix durable et, en même temps, a lancé un appel urgent pour arrêter ce qu’il a appelé un “massacre inutile” ». Dans le même temps, Verdun a été le théâtre de gestes de réconciliation, comme la construction d’un ossuaire commun pour les morts de toutes les parties.

« Les restes de tous les morts, sans distinction de nationalité, reposent désormais dans l’ossuaire de Douaumont, grâce à votre [Mgr. Maupu] prédécesseur, Mgr [Charles] Ginisty [1864-1946], qui a pris l’initiative, faisant inscrire sur le fronton du bâtiment le mot qui résume tout, Paix ».

Le rappel est significatif : Mgr. Ginisty, après avoir été le patriotique « évêque du front » lors de la Première Guerre mondiale, est devenu l’évêque de la réconciliation, allant jusqu’aux États-Unis pour recueillir des fonds pour son ossuaire.

Verdun est donc aujourd’hui, affirme Benoît XVI, « également l’un des symboles réconciliation entre les deux grandes nations européennes autrefois ennemies, invitant tous les pays en guerre à une telle démarche qui apporte la joie aux gens, parce que seule la réconciliation permet de construire l’avenir et d’espérer ».

Ces gestes – auxquels on peut associer la cérémonie du 8 Juillet 1962, quand le chancelier allemand Konrad Adenauer (1876-1967) et le président français Charles de Gaulle (1890-1970) se sont rencontrés dans la cathédrale de Reims difficilement reconstruite – affirme Benoît XVI, répètent que « l’amour est plus fort que la haine et que, comme le dit saint Paul, le Christ, par sa Croix, a renversé le mur de la haine pour réconcilier les hommes entre eux (cf. Ep 2, 14-17) ».

La réconciliation est un don de Dieu, mais c’est aussi une notion politique. « Seule la réconciliation et le pardon réciproque peuvent conduire à une paix véritable. Provenant d’un esprit chrétien, ils appartiennent à leur tour aux critères de l’action politique. Telle est aujourd’hui la responsabilité des dirigeants, des peuples d’Europe et de toutes les nations ».

La réconciliation ne sera pas une utopie, mais un principe d’action réaliste, si l’on n’oublie pas la théologie de l’histoire. La réconciliation, conclut la lettre dédiée à Verdun par Benoît XVI, ne peut être fondée que « sur les racines et les valeurs chrétiennes qui ont largement contribué à la formation des nations européennes et des peuples européens ».

Ce fut en effet l’oubli des racines chrétiennes qui causa Verdun. Le 22 Juillet 2007 à Lorenzago di Cadore, dans le cadre des vacances d’été de cette année, Benoît XVI, en récitant l’Angélus, a commémoré le quatre-vingt dixième anniversaire de la tentative de Benoît XV d’intervenir sur le « drame de la liberté humaine dans le monde » mis en scène par la Première Guerre mondiale

« Je ne peux pas, en ce moment, ne pas aller par la pensée – a dit le Pape Ratzinger – à une date importante : le 1er Août 1917 – il y a exactement 90 ans – mon vénéré Prédécesseur, le Pape Benoît XV, adressa sa célèbre note aux puissances belligérantes, demandant qu’ils mettent fin à la Première Guerre mondiale. Alors faisait rage ce conflit inhumain, le Pape eut le courage d’affirmer qu’il s’agissait d’un “massacre inutile”. Son expression a été gravée dans l’histoire. Elle se justifiait dans la situation concrète de cet été de 1917, en particulier sur ce front vénitien. Mais ces mots, “massacre inutile”, contiennent également une valeur plus grande, prophétique ».

Les « émouvants chants [des chasseurs] alpins » eux-mêmes invitent à « faire trésor (tirer une leçon) des expériences négatives que malheureusement nos pères ont souffert, pour ne pas les répéter.”

La note de Benoît XV, rappelle le pape Ratzinger, « ne se limitait pas à condamner la guerre ; elle indiquait, sur un plan juridique, les moyens de construire une paix juste et durable : la force morale du droit, le désarmement équilibré et contrôlé, l’arbitrage dans les litiges, la liberté des mers, la condamnation réciproque des dépenses d’armement, la restitution des territoires occupés, et des négociations équitables pour résoudre les problèmes. La proposition du Saint-Siège était orientée vers l’avenir de l’Europe et du monde, selon un projet d’inspiration chrétienne, mais partageable par tous parce que basée sur le droit des gens ».

À un niveau plus profond, et théologique, Benoît XVI relie les horreurs de la Première Guerre mondiale au refus de beauté – un autre grand thème de son Magistère – de la part des hommes : un refus si absurde que l’on ne peut que supposer que derrière ces horreurs, il y a l’œuvre du diable, selon un schéma que le Pontife régnant François a évoqué à plusieurs reprises.

« La beauté de la nature – expliquait Benoît XVI en 2007 (à Lorenzago, encore) – nous rappelle que nous avons été placés par Dieu pour « cultiver et garder ce jardin qui est la terre (cf. Gn 2, 8-17) et je vois comment vous cultivez et préservez vraiment ce beau jardin de Dieu, un vrai paradis. Eh bien, si les hommes vivent en paix avec Dieu et les uns avec les autres, la terre ressemble vraiment un “paradis”. Malheureusement, le péché détruit toujours de nouveau le plan divin, provoquant la division et faisant entrer la mort dans le monde. Il advient ainsi que les hommes cèdent aux tentations du Malin et se font la guerre les uns contre les autres. La conséquence en est que, dans ce magnifique “jardin” qui est le monde, s’ouvrent également des espaces d'”l’enfer” ».

L’évocation de la Première Guerre mondiale, chez Benoît XVI, n’a pas seulement une valeur historique. Les problèmes de cette guerre font sentir leurs effets encore aujourd’hui. A Lorenzago di Cadore, le Pape a rappelé que la formulation de la note de Benoît XV est la même que « les Papes Paul VI [1897-1978] et John Paul II [1920-2005] ont suivie dans leurs discours mémorables à l’Assemblée des Nations Unies, répétant, au nom de l’Eglise : “Plus jamais la guerre”. De ce lieu de paix, où l’on ressent comme encore plus inacceptables les horreurs des “massacres inutiles”, je renouvelle mon appel à poursuivre avec ténacité la voie du droit, à refuser avec détermination la course aux armements, à repousser de façon plus générale la tentation de faire face à de nouvelles situations avec de vieux systèmes ».

Le « massacre inutile » n’est pas un incident isolé. La théologie de l’histoire, comme Benoît XVI l’a montré dans ce pivot de son Magistère qu’est l’encyclique “Spe Salvi” en 2007, réclame un regard plus ample.

La Première Guerre mondiale ouvre une fenêtre sur l’ensemble de l’histoire récente, et crée à son tour des “billets à ordre” que l’Europe n’a pas encore fini de payer. Ce sont les billets à ordre impayés de la Grande Guerre – le traitement des vaincus, la question allemande, la destruction de l’Empire austro-hongrois – qui sont devenus le terreau du national-socialisme et la Seconde Guerre mondiale. C’est parce que dans le climat de la Première Guerre mondiale, on a permis aux communistes de prendre le pouvoir en Russie, que continua jusqu’en 1989 – mais dans quelques parties du monde jusqu’à aujourd’hui – ce que les historiens américains appellent la Troisième Guerre mondiale, la Guerre Froide entre l’Occident et le communisme.

Et c’est certainement aussi en raison de ce que beaucoup considèrent encore comme une erreur fatale – la destruction de l’Empire ottoman après la Première Guerre mondiale sans trop savoir quoi mettre à sa place – que du ressentiment musulman est né entre la Première et la Seconde Guerre mondiale le fondamentalisme islamique, qui depuis le 11 Septembre 2001 se manifeste comme protagoniste d’une quatrième guerre mondiale.

A la différence des trois premières, ce n’est pas une guerre civile européenne également exporté en dehors énergétiques des pays du Moyen-Orient producteurs de pétrole, fait sentir ses effets partout dans le monde.

Mais, d’un certain point de vue, tout commence à Verdun et dans les tranchées du Cadore et du Karst. Tout commence avec la Première Guerre mondiale, dont le début marque, selon les mots du secrétaire au Foreign Office Sir Edward Grey (1862-1933), le jour où « les lampes s’éteignent dans toute l’Europe, et dans notre vie, nous ne les verrons plus allumées ».

 

Source

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Lancement de l’organisation des Veillées pour la vie !

Merci d’avance de vous engager à organiser une veillée pour la Vie dans votre paroisse.

Ces veillées contribuent au renouveau de la culture de Vie dans notre société depuis 2010…

Chers amis !

Que pouvons-nous faire pour notre société avec plus de 220 000 avortements par an, une volonté constante de faire passer l’euthanasie et le suicide pour tous comme un progrès, sans compter la PMA et la GPA qui, outre la destruction d’embryons surnuméraires, engendre des orphelins légales et l’esclavage des mères porteuses… ? Que faire ?

Réagissons !

L’organisation des Veillées pour la Vie, c’est maintenant !

Le mouvement des veillées pour la Vie oeuvre depuis 2010 à favoriser la renaissance de la culture de Vie  dans notre société par la prière, la formation en bioéthique et par des actions concrète visant à soutenir des maisons d’accueil pour futures mères en détresse… Tout cela ne serait rien sans vous…

Cette année, l’entrée en avent aura lieu le samedi 1er décembre, et c’est maintenant qu’il faut en parler à votre évêque, à votre curé pour qu’il prévoit cette veillée dans son emploi du temps. Cette veillée ne s’organisera pas sans votre aide… Vous pourrez suivre toute l’actualité des veillées sur notre site http://veilleespourlavie.org Vous y trouverez un kit d’organisation prêt à l’emploi à télécharger, ainsi qu’un formulaire de déclaration de votre veillée.

Cette belle initiative, désirée par Saint Jean-Paul II, lancée par Benoît XVI a été bénie et encouragée par le Saint Siège, se développe pour donner un témoignage ecclésial commun pour une culture de la vie et de l’amour dans notre société au travers de presque 300 veillées chaque année… Combien aurons-nous de veillées en 2018 ?

Osons dépasser le cap des 400 veillées en 2018 !

1) Pour cela, téléchargez notre kit d’organisation prêt à l’emploi : Nous vous proposons un kit avec des trames de veillées toutes faites, des chants, des méditations, des affiches, des lettres, etc. Bref, tout ce dont vous avez besoin pour faciliter l’organisation de votre veillée pour la Vie !

2) Concours d’affiche primé : Nous vous proposons de participer à notre concours d’affiches et de gagner une médaille de baptême, des livres et des CD dédicacés en nous envoyant votre affiche. Les plus belles seront récompensées…

3) Soutien à des maisons d’accueil pour futures mères en détresse : trois chèques serons remis dans les jours qui viennent pour soutenir des actions concrètes de protection de la vie… Suivez l’actu du mouvement des Veillées pour la Vie sur notre blog

4) Formez-vous avec notre parcours Spi & Bioéthique « 9 jours pour 9 mois » : Nous vous proposons aussi de suivre notre neuvaine de formation Spi & Bioéthique qui aura lieu durant les 9 jours qui précéderont l’entrée en Avent 2018 : c’est l’idéal pour vous former à mieux accueillir et protéger la Vie ! Tous les détails sont sur notre site… Début de la neuvaine le 22 novembre 2018 !

En union de prières ; à la veille de l’Avent, prions, formons-nous et agissons pour favoriser la renaissance de la culture de Vie dans notre société !

“On doit commencer par renouveler la culture de la vie à l’intérieur des communautés chrétiennes elles-mêmes.” EV n°95

“Une grande prière pour la vie, qui parcourt le monde entier, est une urgence.” EV n°100

Saint Jean-Paul II, in Evangelium Vitae n°95 & n°100

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Soyez des apôtres de l’évangile de la Vie ! 

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Devenez des missionnaires de l’évangile de la Vie ! Diffusez cette neuvaine de formation et invitez largement tous vos amis à participer à votre veillée de prière pour la Vie. Vous trouverez une brochure présentant notre mouvement en pièce-jointe et nous restons à votre disposition sur : contact@veilleespourlavie.org pour répondre à vos questions concernant la création d’une veillée.

En union de prières !

A la veille de l’Avent, prions, formons-nous et agissons pour favoriser la renaissance de la culture de Vie dans notre société !

  veilleespourlavie.org

contact@veilleespourlavie.org

http://www.twitter.com/@VeilleesVie

Chaîne Youtube des Veillées pour la Vie

https://www.facebook.com/veillees.pour.la.vie/

Nous soutenir : https://www.veilleespourlavie.org/don/

NLQ #Sorties/Animations

Exposition sur Sainte Hildegarde de Bingen jusqu’au 30 septembre 2018 au Château de Fontaine-Henry (14) – Inauguration le 10 septembre

EXPOSITION EN IMAGES
« LES 920 ANS DE SAINTE HILDEGARDE DE BINGEN »

En 2012, Ste HILDEGARDE de BINGEN est canonisée par le Pape Benoît XVI, puis proclamée Docteur de l’Eglise et Prophète pour le 3è millénaire. Pourquoi ?
Cette religieuse bénédictine du XIIè siècle fut à la fois théologienne, auteur de livres et d’une  abondante correspondance encore conservée, musicienne et compositrice d’œuvres encore jouées. Elle est à l’origine d’une médecine surprenante dont la science commence à établir le bienfondé.
Ste HILDEGARDE a pour nous, au XXIè siècle, un aspect avant-gardiste, notamment en raison des réponses dont elle ouvre les pistes, à des questions concernant les grands problèmes de notre temps. Sa conception « holistique » de l’être humain, la relation homme-environnement, la terre et le cosmos en font une femme véritablement post-moderne.
HILDEGARDE a aussi eu des visions, dès l’âge de 3 ans ! Adulte, elle les a dictées à des miniaturistes qui en ont donc fait des peintures. Ces images sont surprenantes et méritent d’être regardées attentivement, car chaque détail y est chargé de sens.

Tarifs pour l’accès à l’exposition, chapelle, salles basses, parc, jeux anciens et labyrinthe : 5.5€ / adulte et 4€/enfant (7-15 ans).
Avec visite guidée du château : 8.50€/adulte et 5.5€/enfant (7-15 ans).

Le château de Fontaine Henry (Calvados) accueillera MONSEIGNEUR BOULANGER, évêque du diocèse de Bayeux-Lisieux, lundi 10 septembre à 14h30 pour inaugurer l’exposition « 920ème anniversaire Ste Hildegarde de Bingen.

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Benoit XVI : une réponse chrétienne à la question homosexuelle

Lu sur Belgicatho

En écho à l’article  « Rencontre mondiale des familles à Dublin : un plaidoyer poignant en faveur des LGBT »publié par Belgicatho, on peut relire utilement cet extrait de « Lumière du monde », un livre d’entretiens de Benoît XVI avec le journaliste et écrivain Peter Seewald publié aux éditions Bayard en 2010 : c’est concis, équilibré et précis (pp. 198-201) :

“Peter Seewald :

L’homosexualité pratiquée passe aujourd’hui en Occident pour une forme de vie largement reconnue. Les modernes estiment même que son acceptation est un critère du degré de progrès d’une société. Dans le catéchisme de l’Eglise catholique, dont vous avez assumé la responsabilité en tant que préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, on peut lire : » Un nombre non négligeable d’hommes et de femmes présente des tendances homosexuelles foncières […]. Ils doivent être accueillis avec respect, compassion et délicatesse. On évitera à leur égard toute marque de discrimination injuste. Ces personnes sont appelées à réaliser la volonté de Dieu dans leur vie […].

Mais dans le même catéchisme, on peut lire aussi : « S’appuyant sur la Sainte Ecriture qui les présente comme des dépravations graves, la Tradition a toujours déclaré les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés ». N’y a-t-il  pas dans cette phrase une certaine contradiction avec le respect pour les homosexuels exprimé dans celle que j’ai d’abord citée ?

Benoît XVI :  

Non. Le premier point, c’est qu’il s’agit de personnes humaines avec leurs problèmes et leurs joies, qu’en tant qu’êtres humains ils méritent le respect, même s’ils portent cette tendance en eux, et qu’ils ne doivent pas être rejetés à cause de cela. Le respect de l’être humain est tout à fait fondamental et décisif.

Mais, dans le même temps, la signification interne de la sexualité n’est pas la même. On pourrait dire, si l’on veut s’exprimer ainsi, que l’évolution a produit la sexualité pour permettre la reproduction de l’espèce. Cela vaut aussi du point de vue de la théologie. Le sens de la sexualité est de guider l’homme et la femme l’un vers l’autre et de donner ainsi à l’humanité une descendance, des enfants, un avenir. Toute autre représentation s’oppose au sens interne de la sexualité. C’est à cela que nous devons nous tenir, même si ça n’est pas dans l’air du temps.

Il s’agit de la vérité intérieure de ce que signifie la sexualité dans la construction de l’être humain. Si quelqu’un a des tendances homosexuelles profondes –on ignore à ce jour si elles sont vraiment innées ou si elles apparaissent dans la petite enfance- , en tout cas, si ces tendances tiennent cette personne en leur pouvoir, c’est pour elle une grande épreuve, à l’instar des autres épreuves  auxquelles un être humain peut être confronté. Mais cela ne signifie pas que l’homosexualité soit juste pour autant. Elle reste quelque chose qui s’oppose à l’essence même de ce que Dieu a voulu à l’origine.

Peter Seewald :

Ce n’est pas un secret : il y a aussi des homosexuels parmi les prêtres et les moines. Tout récemment, à Rome, un scandale autour de passions homosexuelles entre des prêtres a provoqué un grand émoi.

Benoît XVI :

L’homosexualité n’est pas conciliable avec la vocation de prêtre. Car dans ce cas, le célibat, comme renoncement, n’a pas de sens non plus. On courrait un grand risque si le célibat devenait en quelque sorte un prétexte pour faire entrer dans la prêtrise des gens qui ne peuvent de toute façon  pas se marier, parce qu’au bout du compte leur situation à l’égard de l’homme et de la femme est d’une certaine manière transformée, perturbée,  et qu’en tout cas elle ne se situe pas dans ce courant de création dont nous avons parlé.

Il y a quelques années, la Congrégation pour l’éducation catholique a publié un décret affirmant que les candidats homosexuels ne peuvent pas devenir prêtres parce que leur orientation sexuelle les éloigne du véritable rôle de père, du cœur même de la prêtrise. La sélection les candidats à la prêtrise doit donc être très attentive. Il faut y apporter la plus grande attention, pour éviter que s’instaure une confusion de ce type et qu’au bout du compte  le célibat  des prêtres soit pour ainsi dire assimilé à la tendance à l’homosexualité.

Peter Seewald :

Il ne fait pourtant aucun doute que dans les monastères, parmi les religieux, il existe une homosexualité qui n’est peut-être pas vécue et donc justement pas pratiquée.

Benoît XVI :

Cela aussi fait partie des difficultés de l’Eglise. Et les personnes concernées doivent au moins essayer de ne pas céder à cette tendance activement afin de rester fidèles à la mission inhérente à leur ministère”.

… La plus grande difficulté étant que désormais tout le sens des mots relevant de la bioéthique – sexe, mariage, paternité, procréation, gestation ou autres- est perverti par une idéologie occidentale qui asservit la science elle-même à l’assouvissement de ses fantasmes déconnectés du réel.

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Le théologien Benoît XVI toujours actif

.. et toujours percutant – et c’est la bonne nouvelle. Un essai sur le dialogue judéo-catholique, qu’il a écrit fin 2017 et qui est aujourd’hui publié dans la revue Communio crée la polémique (certains parlent de bombe ! !), notamment dans certains milieux juifs. (16/8/2018)

>>> Le texte de l’essai de Benoît XVI est disponible en allemand ici : www.communio.de

Pour le moment, nous devons nous contenter d’extraits distillés au compte-gouttes par la presse. Seule la lecture du texte complet pourra permettre de vérifier que les extraits choisis ne sont pas grossis exagérément, cités hors-contexte, voire déformés.
Mois d’août oblige, sans doute, mais curieusement, l’article de Benoît XVI (qui en réalité est daté du mois d’octobre 2017, et qui ne paraît qu’aujourd’hui dans Communio) a reçu peu d’écho dans les médias ;

J’ai choisi de traduire, en plus de la réflexion de Marco Tosatti, que j’avais lue en premier, cet article de Il Giornale, un quotidien moins partisan que d’autres, qui tout en reprenant à peu près les mêmes éléments me paraît fournir un aperçu équilibré.

Force est de constater que ses ennemis ne désarment pas (voir par exemple le ton de l’article publié sur le site de La Vie)

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Prier Saint Dominique avec Benoît XVI

BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Castel Gandolfo
Mercredi 8 août
 2012

[Vidéo]

Chers frères et sœurs,

Aujourd’hui, l’Eglise célèbre la mémoire de saint Dominique de Guzmán, prêtre et fondateur de l’Ordre des frères prêcheurs, appelés dominicains. Dans une précédente catéchèse, j’ai déjà illustré cette éminente figure et la contribution fondamentale qu’elle a apportée au renouveau de l’Eglise de son temps. Je voudrais aujourd’hui mettre en lumière un aspect essentiel de sa spiritualité : sa vie de prière. Saint Dominique fut un homme de prière. Amoureux de Dieu, il n’eut d’autre aspiration que le salut des âmes, en particulier de celles qui étaient tombées dans les filets des hérésies de son temps ; à l’imitation du Christ, il incarna radicalement les trois conseils évangéliques, en unissant à la proclamation de la Parole le témoignage d’une vie pauvre ; sous la direction de l’Esprit Saint, il progressa sur la voie de la perfection chrétienne. A chaque instant, la prière fut la force qui renouvela et rendit toujours plus fécondes ses œuvres apostoliques.

Le bienheureux Jourdain de Saxe (mort en 1237), son successeur à la tête de l’Ordre, écrivit ce qui suit : « Pendant la journée, personne ne se montrait plus sociable que lui… Inversement, la nuit personne n’était plus assidu que lui à veiller en prière. Il consacrait la journée à son prochain, mais il donnait la nuit à Dieu » (P. Filippini, San Domenico visto dai suoi contemporanei, Bologne 1982, pag. 133). Chez saint Dominique, nous pouvons voir un exemple d’intégration harmonieuse entre contemplation des mystères divins et activité apostolique. Selon le témoignage des personnes les plus proches de lui, « il parlait toujours avec Dieu ou de Dieu ». Cette observation montre sa communion profonde avec le Seigneur et, dans le même temps, son engagement constant pour conduire les autres à cette communion avec Dieu. Il n’a pas laissé d’écrits sur la prière, mais la tradition dominicaine a recueilli et transmis son expérience vivante dans une œuvre intitulée : Les neuf manières de prier de saint Dominique. Ce livre a été rédigé entre 1260 et 1288 par un frère dominicain ; il nous aide à comprendre quelque chose de la vie intérieure du saint et nous aide nous aussi, avec toutes nos différences, à apprendre quelque chose sur la manière de prier.

Les manières de prier selon saint Dominique sont donc neuf et chacune de ces neuf manières de prier, qu’il accomplissait toujours devant Jésus crucifié, exprime une attitude corporelle et une attitude spirituelle qui, intimement compénétrées, favorisent le recueillement et la ferveur. Les sept premières manières suivent une ligne ascendante, comme les pas d’un chemin, vers la communion intime avec Dieu, avec la Trinité : saint Dominique prie debout en s’inclinant pour exprimer l’humilité, étendu par terre pour demander pardon pour ses péchés, à genoux en faisant pénitence pour participer aux souffrances du Seigneur, avec les bras ouverts en fixant le Crucifix pour contempler l’Amour suprême, le regard tourné vers le ciel, se sentant attiré dans le monde de Dieu. Il y a donc trois positions : debout, à genoux, étendu par terre ; mais toujours avec le regard tourné vers le Seigneur crucifié. Les deux dernières manières, en revanche, sur lesquelles je voudrais m’arrêter brièvement, correspondent à deux pratiques de piété habituellement vécues par le saint. Tout d’abord la méditation personnelle, dans laquelle la prière acquiert une dimension encore plus intime, fervente et rassérénante. Au terme de la récitation de la liturgie des heures, et après la célébration de la Messe, saint Dominique prolongeait son colloque avec Dieu, sans se donner de limite de temps. Tranquillement assis, il se recueillait en lui-même, dans une attitude d’écoute, en lisant un livre ou en fixant le Crucifix. Il vivait si intensément ces moments de relation avec Dieu, que même extérieurement on pouvait percevoir ses réactions de joie ou de tristesse. Il a donc assimilé en lui, en méditant, les réalités de la foi. Les témoins racontent que, parfois, il entrait dans une sorte d’extase en ayant le visage transfiguré, mais immédiatement après, il reprenait humblement ses activités quotidiennes rechargé par la force qui vient d’En-haut. Il y avait ensuite la prière au cours de ses voyages entre un couvent et l’autre ; il récitait les laudes, l’heure du milieu du jour, les vêpres avec ses compagnons et, traversant les vallées ou les collines, il contemplait la beauté de la création. De son cœur jaillissait alors un chant de louange et d’action de grâces à Dieu pour ses nombreux dons, en particulier pour la plus grande merveille : la rédemption opérée par le Christ.

Chers amis, saint Dominique nous rappelle qu’à l’origine du témoignage de la foi, que chaque chrétien doit apporter en famille, au travail, dans son engagement social, et également dans les moments de détente, se trouve la prière, le contact personnel avec Dieu ; ce n’est que ce rapport réel avec Dieu qui nous donne la force pour vivre intensément chaque événement, en particulier les moments les plus difficiles. Ce saint nous rappelle également l’importance des attitudes extérieures pendant notre prière. S’agenouiller, être debout devant le Seigneur, fixer le regard sur le Crucifié, s’arrêter et se recueillir en silence, ne sont pas des choses secondaires, mais nous aident à nous placer intérieurement, avec toute notre personne, en relation avec Dieu. Je voudrais rappeler encore une fois la nécessité pour notre vie spirituelle de trouver quotidiennement des moments pour prier avec tranquillité ; nous devons prendre ce temps, en particulier pendant les vacances, avoir un peu de temps pour parler avec Dieu. Cela sera également une manière d’aider ceux qui sont proches de nous à entrer dans le rayon lumineux de la présence de Dieu, qui apporte la paix et l’amour dont nous avons tous besoin. Merci.

* * *

Je salue avec joie les pèlerins de langue française, particulièrement ceux venus de Russ et de Mayenne ! Aujourd’hui, nous célébrons la mémoire de Saint Dominique de Guzman, prêtre et fondateur de l’Ordre des prêcheurs, appelés Dominicains. À son école, nous pouvons être des amoureux de Dieu, des imitateurs du Christ, des hommes et des femmes de prière, sève nourricière de nos actions et de notre témoignage. En ce temps de vacances, laissons-nous guider davantage par l’Esprit-Saint pour approfondir notre communion avec Dieu et avec les autres. Bon séjour et bon repos à tous !

Source : Vatican.va

Doctrine / Formation #Théologie

Benoit XVI réfute la théologie de la substitution selon laquelle l’Eglise aurait remplacé intégralement Israël

La réfutation de la théologie de la substitution n’empêche pas l’évangélisation des juifs.

« Miséricorde et vocation sans repentance » : c’est le titre d’un article de la revue théologique internationale « Communio » – co-fondée par Joseph Ratzinger – dans lequel le pape émérite Benoît XVI évoque les questions liées au dialogue judéo-catholique, depuis le concile Vatican II, et il y réfute notamment toute « théorie de la substitution » : Israël n’est pas remplacé par l’Église, et, comme l’explique saint Paul dans l’Epître aux Romains l’alliance n’a jamais été révoquée entre Dieu et le peuple juif (Rm ch. 9-11). Le pape émérite insiste sur la « grandeur » de la réalité ainsi évoquée.

Et Vatican News en italien (Alessandro De Carolis) signale l’importance de cette publication.

L’article de Benoît XVI, qui n’est pas encore en ligne en français, approfondit la réflexion sur un document publié en 2015 par la Commission du Saint-Siège pour les relations religieuses avec le judaïsme, 50 ans après la Déclaration conciliaire « Nostra Aetate », et il porte sur la réfutation de la théologie de la substitution à la lumière de la théologie de l’Alliance.

Dans la préface de l’article, en date du 26 octobre 2017, indique la même source, le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, et de la Commission pour les relations religieuses avec le judaïsme, explique que l’essai écrit par Benoît XVI constituait d’abord une réflexion personnelle du pape émérite, sans ambition de publication. Mais le cardinal suisse a convaincu le pape émérite de le publier : il constitue une contribution importante « à un approfondissement du dialogue théologique entre l’Église catholique et le judaïsme », que Joseph Ratzinger « a toujours eu très à cœur ».

Benoît XVI explique que l’idée que l’Église aurait pris la place d’Israël « n’a jamais existé en tant que telle ». En effet, pour les chrétiens, le judaïsme a un statut particulier : « Ce n’est pas une religion parmi d’autres », écrit-il, mais il se trouve « dans une situation particulière et en tant que tel il doit être reconnu par l’Eglise ».

Pour Benoît XVI, la question de l’alliance  jamais révoquée « entre Dieu et les Juifs »  – une affirmation de Jean-Paul II qui fait maintenant partie de l’horizon d’interprétation évidente du judaïsme du point de vue chrétien – « doit être considérée comme correcte », mais dans le détail, elle « nécessite encore beaucoup de clarifications ».

« La formule de l’Alliance jamais révoquée » a sans aucun doute été une grande aide dans la première phase du nouveau dialogue entre juifs et chrétiens, fait observer le pape émérite, mais à long terme elle est insuffisante pour exprimer la grandeur de la réalité de façon suffisamment appropriée ».

Source : zenit.org