Annonces #Conférences/Formations #NLQ

Conférence “Le Transhumanisme en question” le 19 novembre 2019 à Paris

Par Bertrand Vergely, philosophe, professeur en classes préparatoires, auteur de nombreux ouvrages de philosophie et d’essais.

19 novembre à 19h30

Salles paroissiales St Thomas d’Aquin 3, place St Thomas d’Aquin – 75007 Paris

Philosophe, professeur en classes préparatoires, auteur de nombreux ouvrages de philosophie et d’essais, Bertrand Vergely met au jour les enjeux du transhumanisme, tout en alertant sur les dangers d’une nouvelle utopie voulant instaurer le bien sur la terre.

Entrée libre

Annonces #Conférences/Formations #NLQ

Conférence de Bertrand Vergely : “Prier, une philosophie” le 8 mars 2019 à Pau (64) et 9 mars à Urt (64)

  • Dans le cadre des “Plus de la Formation Permanente”, Bertrand Vergely, philosophe orthodoxe, donnera une conférence sur le thème : “Prier, une philosophie”, vendredi 8 mars 2019, à 20h, au Centre Diocésain du Béarn (11 avenue du Béarn) à Pau.
Libre participation.
Les personnes désirant prendre part à cette soirée sont priées de s’inscrire.
Renseignements ou inscriptions : sfp.cdb@wanadoo.fr
ou 05 59 84 94 23
  • L’abbaye Notre Dame de Belloc vous propose de participer, samedi 9 mars 2019, à 14h45, à la salle de conférence de l’abbaye, à la rencontre qu’elle organise avec le philosophe et théologien Bertrand Vergely sur le thème : “Prier : un philosophie”.
Entrée libre et libre participation aux frais.
Renseignements : belloc-accueil@orange.fr

Conférences/Formations #NLH #NLQ

Etats Généraux de la Bioéthique, Acte II Samedi 15 septembre 2018, à Lyon (69)

Madame, Monsieur, chers amis,

Permettez-moi de vous signaler que se tiendra à Lyon, le samedi 15 septembre 2018 de 9h30 à 17h30 à l’hôtel Mercure Chateau-Perrache une Journée de réflexion sur l’ouverture de la PMA aux femmes seules ou en couples lesbiens.

Nous recevrons les conférenciers suivants :

Professeur René Écochard  : Spécialiste de la fertilité
Docteur Christian Flavigny : Pédopsychiatre
Michel Joblot : Présentation du CCNE
Bénédicte Louis : Spécialiste des placements d’enfants dans les familles
Michel Mankonga : Prêtre salésien, éducateur, théologien
Aude Mirkovic : Juriste, maître de conférences en droit
Docteur Raphaël Nogier  : Auteur du manifeste des médecins
Ludovine de La Rochère : Présidente de la Manif Pour Tous
Blanche Streb : Pharmacien. Alliance Vita
Bertrand Vergely : Philosophe

 

Cet événement est exceptionnel et important pour la suite des événements.

Venez nombreux !

Ce sera l’occasion de réfléchir en profondeur sur un sujet qui implique la société toute entière et qui est véritablement une ligne rouge.

 

 

Bien respectueusement,

Docteur Raphaël Nogier

www.cosetteetgavroche.fr

Inscriptions

A la une #NLH #Tribunes et entretiens

La fin de l’homme a-t-elle commencé ? ou le pouvoir total, fantasme humaniste – Bertrand Vergely

https://youtu.be/c0WlXD4RiSc

Conférences/Formations #NLQ

Conférence-débat « La disparition du réel » le 24 mai 2018 à Pacé (35) avec Bertrand Vergely

Par l’Association « Les Rendez Vous de Saint Melaine  » en partenariat avec  » Les Amis de la Bibliothèque Diocésaine »

Conférence-débat avec Bertrand Vergely, philosophe et théologien orthodoxe, enseignant à Sciences Po à Paris, ,enseignant à l’Institut de théologie orthodoxe Saint Serge.

Entrée libre, participation aux frais.

Tribunes et entretiens

Bertrand VERGELY – Un éclairage sur le mensonge et la tyrannie du relativisme.

Le relativisme vient du terme relation et signifie le fait pour la pensée de relier une réalité posée comme absolue à un contexte matériel et historique afin de montrer que celle-ci n’a rien d’absolu. Pour ses défenseurs, le relativisme est un progrès majeur, l’absolu étant synonyme de fanatisme et donc de violence et de folie.

Avant de voir si c’est le cas, voyons ce qui se passe derrière le relativisme.

  1. Retour sur la notion d’absolu. L’absolu désigne ce qui est sans lien avec quoi que ce soit d’autre que lui-même. Les Anciens disaient « ce qui se soutient par soi ». D’où une coupure radicale entre l’absolu et le reste. Il est à la mode de critiquer l’absolu en voyant là une figure du fanatisme et de la violence. Il s’agit là d’une erreur. Consultons notre expérience. Tout ce qui est grand est absolu. Ainsi prenons le vrai, le bien et le beau. Rien n’est vrai, bien ou beau parce que cela est relativement vrai, bien ou beau. Tout est vrai, bien ou beau parce que cela est absolument vrai, bien ou beau. On ne fait pas les choses à moitié. On les fait ou on ne les fait pas. D’où l’erreur de ceux qui croient bien faire en relativisant le vrai, le bien et le beau. En croyant sauver le vrai, le bien et le beau, ils le tuent. On croit que les violents et les assassins sont les fanatiques. De fait, ce sont eux qui sont les violents et les assassins.

Est-ce à dire que le relativisme n’a aucun sens ? Il en a. À condition que l’on comprenne pourquoi et comment. Ainsi il nous arrive sans cesse d’exagérer en donnant trop d’importance à ce qui n’en a pas. D’où des erreurs, en science et en morale.  Relativiser, dans ces conditions, s’avère salutaire afin d’éviter en science de fabriquer des obstacles épistémologiques et en morale des conflits. Hormis ces cas extrêmes, il n’y a aucun intérêt à relativiser. Au XVIIIème siècle pourtant, il en a été décidé autrement. Posant la religion comme une pathologie, les penseurs matérialistes ont décidé de relativiser la religion. Au XIXème siècle, ce principe s’est étendu à toute la sphère de l’esprit et des idées qui ont été relativisées, les idées et l’esprit étant censées faire le jeu de la religion. Résultat, nous vivons sous la dictature du relativisme qui tend à tout relativiser sauf le relativisme afin d’asseoir une vue matérialiste et athée de l’existence. Il importe de se délivrer d’une telle vision proprement pathologique.  L’absolu fait partie de nos vies. C’est ainsi. Rien de ce qui est essentiel ne se divise. Il faut en prendre acte et en être reconnaissant. C’est l’absolu qui sauve la vie de l’esprit. Tant il est vrai qu’avoir de l’esprit consiste

  1. L’absolu et le vrai. Il est de bon ton de répéter qu’il n’y a pas une vérité mais des vérités. Il s’agit là d’une erreur. Il y a des moments dans l’existence au cours desquels une parole est particulièrement juste et pertinente. On s’exclame alors « C’est vrai ». Cette parole est souvent tellement juste et tellement pertinente, qu’elle frappe non seulement une génération d’hommes et de femmes mais plusieurs générations. On s’interroge sur la nature de la vérité. On a la réponse. Celle-ci est une parole qui, sachant dire la réalité, traverse le temps en se révélant comme absolue et éternelle.

Le relativisme nie l’existence de la vérité. Il avance pour cela la diversité des discours sur la vérité dans l’histoire. En quoi il se trompe. Revenons à l’histoire. Pourquoi y a-t-il diversité de discours au sujet de la vérité ? Parce que ces discours sont les commentaires d’un discours originaire suffisamment vrai pour qu’on le commente.  Loin donc de réfuter la vérité, l’histoire confirme celle-ci en révélant cette vérité de la vérité. S’il n’y a pas une vérité, la vérité n’en est pas moins une. Mieux encore, c’est parce que la vérité est une qu’il n’y a pas une vérité, la vérité une s’enrichissant de tous les discours qui la commentent.

III. L’absolu et le bien. Tout comme il est de bon ton de proclamer qu’il n’y a pas une mais des vérités, il est de bon ton de proclamer également qu’il n’y a pas une mais des morales. Ce qui est une autre erreur. Il y a des moments dans la vie où certains êtres humains agissent de façon supérieure en allant au-delà d’eux-mêmes. Ils pourraient être égoïstes. Ils ne le sont pas. Ils pensent aux autres. Mieux encore, ils agissent en fonction d’un certain idéal d’humanité. Une humanité capable de se dépasser en vivant pour une humanité idéale, c’est-à-dure une humanité qui pense aux autres et qui a un idéal. Nous sentons tous en nous la possibilité de viv re pour nous de façon égoïste et limiotée ou bien la possibilité de vivre au-delà de nous pour un peu mieux que nous. On s’interroge sur la nature de la morale. On a la réponse.  La morale est cette action qui, sachant faire vivre l’humanité de façon supérieure, franchit les espaces et les cultures.

Le relativisme nie l’existence d’une morale, une. Il proclame qu’il n’y a pas, une, mais des morales en avançant la diversité des modes sociaux et culturels dans le temps comme dans l’espace. Il commet là une confusion. Si la morale est une, les moyens d’y accéder sont divers. Il faut du temps pour apprendre à dépasser son égoïsme en vivant de façon supérieure. Cela passe par bien des médiations en fonction des lieux, des époques et des hommes et des femmes avec leur psychologie. La diversité des mœurs raconte ces parcours. De fait, une chose est la morale qui est une, une autre la façon dont elle est vécue qui est diverse. Le relativisme se trompe quand, parce que la morale est diversement vécue, il pense que celle-ci n’existe pas. Au contraire. La diversité des mœurs est bien la preuve de l’existence d’une morale, une, les mœurs étant le commentaire de la morale. Ce qui éclate le relativisme. Celui-ci confond les mœurs et la morale en ramenant la morale aux mœurs. Ce qui fait éclater la morale en la rendant obscure. Si l’on veut comprendre la morale, c’est l’inverse qui s’avère pertinent. Il importe de ramener les mœurs à la morale en voyant comment la diversité est une manière de s’unifier.

  1. L’absolu et le beau. Il faut enfin parler de l’esthétique. Tout comme il nie l’existence d’une vérité et d’une morale, unes, le relativisme nie l’existence d’un beau, un. En quoi il se trompe, comme pour la vérité et comme pour la morale. Il y a des moments dans l’existence où l’on fait l’expérience du beau. Il s’agit de moments au cours desquels on est proprement subjugué par l’harmonie, que ce soit celle de la nature ou des hommes. On vit alors un moment exceptionnel. L’idéal est sur la terre. On s’interroge sur la nature de la beauté. On a la réponse. Si le vrai est une parole qui sait dire ce qui est, si la morale est ce qui sait faire vivre l’humanité de façon supérieure, le beau est l’idéal devenu sensible.

Le relativisme nie l’existence du beau.  Il pense que celui-ci est une affaire de goût subjectif et non d’idéal. En quoi il se trompe. Comme pour la vérité, comme pour la morale, il importe de distinguer le beau de la manière dont il est vécu. Le beau en tant que tel ne connaît pas de limites spatiales ni historiques. La preuve : nous aimons d’autres paysages que ceux où nous vivons et nous admirons d’autres cultures et d’autres œuvres dans ces cultures que notre culture avec ses œuvres. Que le beau soit diversement vécu à travers le monde et l’histoire est une évidence. Qu’il n’existe pas à cause de cela est une erreur. Toutes les cultures recherchant à travers tous les temps et tous les espaces à faire vivre l’idéal dans le sensible en y parvenant plus ou moins heureusement. La modernité a remplacé le beau par le goût. Cela n’affecte pas l’existence du beau. Au contraire. Cela l’enrichit, le beau faisant vivre une expérience humaine. Est-ce parce qu’il y a une diversité d’expériences humaines à propos du beau que celui-ci n’existe plus ? Au contraire. Que le beau puisse être diversement vécu témoigne de sa richesse. Tous les artistes ne font pas du beau ni dans le beau, fera-t-on remarquer. Cela est vrai dans la forme mais pas dans le fond, le beau résidant dans le fait de rendre quelque chose exceptionnelle. Qu’il s’agisse du beau comme du laid. D’où ce paradoxe : quelque chose peut cesser d’être laid en étant exceptionnellement laid.

  1. Le combat pour l’absolu. Il importe d’être lucide. L’absolue suppose une transcendance sous la forme d’une éternité de la vérité, d’une supériorité de la morale et d’une idéalité du beau. On accède à l’absolu en admettant un plan de transcendance. Il est certain que cela ne va pas de soi et qu’il y aura toujours un combat à ce sujet. Pour admettre la transcendance, il faut aller au-delà de soi, ne pas discuter, en un mot être humble. L’orgueil humain n’est pas prêt à être humble. Le relativisme fait croire qu’il est prétentieux de parler d’éternité, de supériorité et d’idéalité. En vérité, c’est lui qui est prétentieux en ramenant tout à l’Homme et en faisant de l’absolu une production du relatif.

Par-delà la question de l’humilité qui est importante, une autre chose est importante. Elle concerne la réalité et, avec elle, l’ontologie. Poser l’absolu consiste à poser l’existence de deux plans de réalité, le plan absolu et le plan du relatif. Pour le relativisme, cela est inacceptable, le relatif étant l’absolu. En ce sens, il importe d’apercevoir la vraie question qui se pose.  Celle-ci n’est pas de savoir si il y a un absolu ou pas, mais de savoir de quel absolu on parle, la vérité étant qu’il y a toujours un absolu. Il n’y a, à ce sujet, que deux possibilités : soit confondre l’absolu et le relatif en faisant du relatif l’absolu, soit, séparer l’absolu du relatif en posant que l’absolu vient de l’Autre avec un grand A et non du relatif. Il va de soi que pour le relativisme, l’absolu se confond avec le relatif. Ce qui a comme conséquences la création d’un certain nombre d’idoles.

  1. Première idole : le scepticisme. Il est important de douter à condition de comprendre ce que douter veut dire. Douter consiste à douter de soi et non de ce qui vient des autres ou de l’Autre. On l’oublie trop souvent. Nous avons tous tendance à ne pas avoir de recul par rapport à ce que nous pensons, imaginons, sentons en pensant que cela est vrai ou bien encore universel. Il importe de prendre des distances vis-à-vis e soi en disant notamment des choses que l’on a mûrement expérimentées. En fait, douter veut dire parler d’expérience par différence avec le fait de parler à la légère. C’est ce que fait Descartes. Douter lui permet de passer du discours spontané au discours mûri.

Ceci étant rappelé, il importe d’apercevoir que ce n’est pas du tout ce que nous vivons. Consultons notre expérience. À quoi assistons-nous ? Au triomphe du doute à l’égard des autres et du monde et non à l’égard de soi. Ce doute est le fait du joueur, du malin, du sophiste. Quand on veut prendre le pouvoir sur les consciences, il existe un bon moyen de subjuguer celles-ci : semer le doute. On y parvient en faisant apercevoir partout une faille. Le résultat est garanti. Quand le doute s’installe, alors que certains sont perdus, d’autres jubilent en jouant avec ceux qui sont perdus et en les manipulant à leur guise. Le relativisme est rempli d’un tel doute. Témoin ce qui se passe. Pourquoi relativise-t-on tant aujourd’hui ? Pour prendre le pouvoir. Ce qui est le cas. Relativisons en doutant du vrai, du bien ou du beau. On s’empare de la pensée en rendant toute pensée, impossible.  On parle du pouvoir dissolvant du doute. On a raison. Le doute est effectivement dissolvant. Un remède face à ce doute pervers ? Revenir au vrai doute en doutant de soi et, notamment de son propre doute, afin de ne pas se laisser séduire par le malin plaisir de dissoudre.

VII. Deuxième idole : le contextualisme. S’il est important de douter, il est important pour bien juger des choses de contextualiser.  Tout discours est le fait d’êtres humains s’exprimant dans une certaine société donnée à, avec une culture donnée, à un certain moment de l’histoire donné. Il est important de le rappeler pour mieux comprendre ces discours. Encore faut-il bien savoir le faire. Ce qui n’est pas toujours le cas. Le vrai, le bien et le beau sont vrais, bien et beaux parce qu’ils sont vivants. Ils sont vivants parce qu’ils sont incarnés. Ainsi, qu’est-ce qui fait qu’une vérité éternelle est vivante ? Une chose : le fait qu’elle surgisse dans le temps. Ou pour le dire autrement. Ce n’est pas en dehors du temps mais en lui que nous trouvons la profondeur des vérités éternelles. Et ce, parce que c’st le temps qui rend l’éternité nécessaire. La preuve, qui peut vivre dans l’éphémère ? Vivre, c’st trouver ce qui reste comme ce qui est essentiel. D’où l’importance des vérités éternelles. Vérités que l’on trouve parce que nous sommes confrontés au temps qui nie l’éternité. Même chose avec la morale et du beau. C’est parce que nous vivons dans un monde égoïste que la question de la morale se pose. Tout comme c’est parce que nous sommes confrontés à la laideur que nous aspirons au beau. En ce sens, si l’absolu existe, ce n’est pas simplement parce qu’il vient d’en haut. C’est aussi parce qu’il vient d’en bas.

Voilà ce que veut dire contextualiser. Loin de nier l’absolu, cette méthode consiste à fait apparaître combien m’absolu est l’absolu parce qu’il surgit au cœur des choses en étant appelées par elles. On devrait toujours contextualiser ainsi. On aurait une lecture riche du relatif. Ce qui n’est pas le cas. Reportons nous au relativisme. Quand il contextualise, ce n’est pas pour faire vivre l’absolu mais pour le faire mourir. Ce qui se fait sur le mode d’un abus. S’il est vrai que tout discours s’enracine dans un contexte, ce n’est pas parce qu’il s’enracine ainsi dans un contexte que l’absolu n’existe pas. Nous l’avons vu, au contraire. Si tout discours s’inscrit dans un contexte, tout contexte appelle un discours. On devrait le rappeler. On ne le fait pas, le relativisme se servant du contexte pour nier l’absolu et ce afin de prendre le pouvoir sur la pensée.

VIII. Troisième idole : le culturalisme. Si le relativisme s’emploie à éliminer l’absolu  de façon théorique grâce au contextualisme, il l’élimine pratiquement grâce au culturalisme. Terme vague en apparence, mais précis en réalité, celui-ci consistant à montrer que tout est culture en usant pour cela du psychologisme, du sociologisme et du culturalisme proprement dit. Nous faisons partie d’une société qui obéit à une culture laquelle est l’expression d’une psychologie donnée. C’est là une évidence. Que tout discours absolu s’enracine dans ce contexte, c’est là une autre évidence. Quand un individu parle du vrai, du beau et du bien, il le fait dans une société, en parlant à cette société, en lui répondant, en dialoguant avec elle. Cela dit, ce n’est ps parce que cet absolu s’inscrit dans un dialogue avec la société qu’il n’existe pas. Au contraire. C’est bien parce qu’il fait vivre un dialogue qu’il est vivant et réel.

En ce sens, cessons de dire que l’absolu n’existe pas, tout étant culturel, ainsi que le fait le relativisme. Cessons d’utiliser la culture pour détruire toute pensée, toute vérité transcendante, toute valeur universelle, tout goût universel. Tant il s’agit là d’une erreur. Tant il s’agit là également  d’un renoncement à sa propre liberté. On ne ‘en rend pas toujours compte ? mais quand on dit que tout est culturel, on donne l’impression de relativiser. Ce qui n’est qu’une apparence. On fait, de fait de la culture et de l’explication culturaliste, des absolus à la place de l’absolu. Où l’on retrouve ce que nous disons plus haut. Il y a toujours un absolu, disions-nous. Aussi l’important est-il non pas de savoir s’il existe ou pas, mais quel est-il. Le culturalisme en est l’illustration. Quand il nie l’absolu, ce n’est pas pour le nier qu’il le nie, mais pour prendre sa place.

Quatrième idole : l’historicisme. Si tout est culturel, tout est historique, nous dit enfin le relativisme. Propos là encore ambigu. Il va de soi que tout est historique. Vivant dans un contexte culturel, nous vivons également dans un contexte économique, social et politique. En ce sens, ce n’est jamais abstraitement que nous nous posons les questions du vrai, du bien et du beau, mais concrètement. Ainsi, c’est parce qu’il existe une trahison de la vérité que nous nous posons la question du vrai comme c’est parce qu’il existe des phénomènes de tyrannie et de servitude que nous posons la question de la morale. Cela dit, ce n’est pas parce les grandes questions que nous nous posons sont dictées par les  circonstances, que ces questions n’ont pas de valeur propre. Elles en ont une, la vérité et la morale créant des circonstances et pas simplement les circonstances la vérité et la morale.  Ainsi, s’il est vrai que l’on se pose la question de la vérité parce qu’il existe des trahisons en son sein, c’est parce que nous avons une idée de la vérité que nous pouvons nous rendre compte des trahisons qui ont lieu.

Le relativisme là encore n’est pas prêt à l’entendre. Pour une raison simple que le politologue Léo Strauss a bien aperçue. Posons que tout est une affaire de circonstances. Tout devient possible. Tout devient permis. La volonté de puissance n’a plus aucun frein. Il suffit pour cela de provoquer des circonstances. On peut obéir à l’absolu comme Autre. Comme on peut confondre l’absolu à soi en n’obéissant qu’à soi. Avec l’historicisme, constatons-le, il est possible de n’obéir qu’à soi. D’où le lien entre historicisme et relativisme, l’historicisme étant l’accomplissement du relativisme.

  1. Cinquième idole : le nihilisme. Tout cela pour apercevoir en définitive le véritable enjeu du relativisme, à savoir, le nihilisme. Depuis la fin du Moyen Âge, l’Occident est engagé dans un processus qui est celui de la mort de Dieu, l’important aux yeux de la culture humaniste étant de remplacer dieu par l’Homme et son moi. Ce processus culmine aujourd’hui devant nous puisque c’est effectivement l’homme-dieu contrôlant tout qui sert de référent à la civilisation occidentale post-moderne.

Dans ce processus, le relativisme revêt une importance décisive. Il suffit de se reporter à l’expérience. Quand on veut prendre le pouvoir, que fait-on ? On relativise toute valeur autre que celle que l’on veut défendre avant d’imposer les siennes par un coup de force. Ainsi, que fait-on pour éliminer Dieu ? On le ramène à une production humaine dans un certain contexte culturel et historique. L’ayant ainsi relativisé en voyant en lui une production arbitraire, il devient facile de passer en force en s’imposant comme le maître de la vérité puisque l’on a dit la vérité de Dieu.

Une fois de plus on s’en aperçoit, relativisme et pouvoir sont liés, le relativisme donnant immédiatement du pouvoir en se faisant passer pour la vérité de la vérité.  Il y a un combat, avons-nous dit, entre l’ego de l’Homme et l’absolu. Le relativisme marque le refus de l’absolu par l’égo afin de faire passer celui-ci pour l’absolu. Il est possible de sortir de ce mensonge et de cette tyrannie. Il suffit pour cela de retourner le relativisme en démystifiant les démystificateurs. On y parvient en ne se laissant pas intimider par eux et en n’étant pas dupe de leur jeu.

Bertrand VERGELY pour l’Institut Montalembert

 

NLQ #Points non négociables PNN

PMA, GPA : cette pression idéologique qui pousse les Français à se “convertir” sans nécessairement adhérer profondément à la vision de la société qu’on leur propose

Atlantico : Il ressort de ce sondage que les Français sont désormais favorables à 58 % à la PMA en ce qui concerne les couples de femmes et à 55 % à la GPA en ce qui concerne les couples d’hommes. Que révèle ce sondage ? Comment la société a-t-elle pu changer ainsi ? Les convenances personnelles et les désirs individuels expliquent-ils ce changement de l’opinion ? 

Bertrand Vergely : La société a-t-elle changé ? N’est-ce pas plutôt la façon de lui présenter les questions concernant la PMA et la GPA qui s’est affinée ? Une chose me frappe quand je lis la façon dont ces questions ont été posées dans ce sondage : l’utilisation de la formule « bonnes conditions ». Posez comme questions aux Français « Pensez-vous qu’un enfant peut être élevé dans de bonnes conditions par un couple homosexuel ? ». Il est certain que vous allez obtenir des réponses favorables avec des taux variant entre 55 % et 58 %.

Pour deux raisons. 

 

La première est de l’ordre de l’intimidation. Quand on pose comme question : « Pensez-vous que les couples homosexuels peuvent élever un enfant ? » qui va oser dire « Non. Je ne le pense pas ». Peu de monde. Parce qu’il est intimidant de dire non et ainsi de passer pour intolérant, discriminatoire, homophobe. Il n’est pas sûr que les Français soient pour les nouvelles parentalités. La GPA quand elle prend l’allure d’une tractation commerciale passe mal. Pas de père, pas de père pour un enfant, cela passe mal également. Mais les Français n’aiment pas passer pour intolérants. Surtout dans l’ambiance actuelle où les medias diffusent matin, midi et soir des appels à la tolérance. Dans ce contexte, demandez aux Français si ils ont un apriori cotre les couples homosexuels en matière d’éducation des enfants. Vous aurez comme réponse : « Non. Je ne vois pas pourquoi j’interdirai a priori aux homosexuels la possibilité d’élever un enfant ». Notez la malignité avec laquelle la question est posée. Quand il est question des nouvelles parentalités, on n’interroge pas les Français sur la façon de faire un enfant, ici sans père, là sans mère, mais de l’élever. L’accent mis sur l’éducation occulte la conception. Du coup, l’éducation permet de faire avaler la nouvelle conception des enfants sans père et sans père.

Deuxième raison qui explique les scores du sondage effectué par BVA : la manipulation. Quand Michel Foucault et les sciences humaines veulent critiquer la morale, comment s’y prennent-ils ? Ils ne critiquent pas la morale. Ils critiquent l’ordre moral, la morale étant les principes fondamentaux qui permettent à l’existence humaine de se conserver et de prospérer et l’ordre moral la façon dont les hommes vivent les règles sociales. Ramenons la morale à une affaire de règles sociales et de modes de comportements, d’habitus, comme le dit Pierre Bourdieu. Il n’est pas difficile de faire passer une critique de « la » morale.  Ici, il en va de même. Quand il est question de faire avaler la PMA et la GPA, comment s’y prend-t-on ? On ne parle pas de la conception de l’enfant, mais de son éducation. Qui plus est on interroge les Français sur « les bonnes conditions ». Dans ces conditions, comment être contre les nouvelles parentalités ? Si les nouvelles parentalités portent sur, non pas la conception de l’enfant mais sur les conditions de son éducation, on ne voit pas pourquoi les couples homosexuels ne pourraient pas former de nouvelles familles. S’ils ont décidé d’élever un enfant, ce geste est bien mieux que le fait de l’abandonner. Par ailleurs, si les conditions sont bonnes, on ne voit pas pourquoi on priverait un enfant de bonnes conditions.

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Conférences/Formations #NLH #NLQ

Les Nouvelles Attentes Ecologiques – Colloque à Notre-Dame du Chêne (72) : 13-14 et 15 Avril 2018

Prenant conscience de la fragilité de notre monde aux niveaux économique, social, climatique, etc. de nombreuses initiatives alternatives apparaissent. Celles-ci révèlent des nouvelles attentes qu’il est bon de voir et de discerner.

Certains espèrent en la technique qui pourrait augmenter les capacités humaines et proposent de nouveaux choix de vie (transhumanisme) ; d’autres veulent revaloriser le potentiel de la terre et mettre la science au service de la sagesse de la nature. Le souci d’un développement personnel pouvant apporter un bien-être accessible gagne tous les esprits et change le monde de l’entreprise et le discours des politiques. L’essor des réseaux sociaux est l’occasion, pour beaucoup, de dénoncer les injustices criantes du monde contemporain. Alimentation, santé, travail et éducation sont des questions qui rassemblent les jeunes et les moins jeunes qui se sentent responsables de leur avenir et de celui de leurs enfants.

Mais à la recherche d’une efficacité illimitée, d’une satisfaction ou d’une santé quasi permanente, ou d’une concorde quasi universelle, sommes-nous encore dans le vrai monde ? Le monde fragilisé que nous connaissons suscite des attentes peut-être toutes aussi fragiles que lui ! Toutes s’inscrivent cependant dans le légitime souci de l’humanité et de son environnement. Elles peuvent être dites écologiques, mais sont-elles pertinentes, utopiques ou réalistes ?cropped-academie-final-logo-copie-001.jpg

Cette question rassemblera du 13 au 15 avril 2018 des médecins, des agronomes, des philosophes, des paysans, des éducateurs et des théologiens dans un Colloque organisé par l’Académie pour une Ecologie Intégrale, au Sanctuaire Notre-Dame du Chêne, près de Sablé-sur-Sarthe.

Inscriptions / informations / programme

 

 

 

Programme

Doctrine / Formation #Philosophie

Bertrand Vergely, point de vue du philosophe sur l’euthanasie

L’euthanasie signifie la douce mort. Cette douce mort désigne le fait, pour un médecin, d’abréger les souffrances d’un malade incurable en lui donnant la mort. Beaucoup de personnes voient dans l’euthanasie un moyen de soulager la souffrance de certaines fins de vie. Avant de leur donner raison, il importe de voir ce qu’il y a derrière et ce qui risque d’advenir après si celle-ci est légalisée.

I. LA VIOLENCE

En premier lieu, il importe de rappeler que l’euthanasie ne consiste pas dans le fait simple d’abréger les souffrances d’un malade, mais dans le fait complexe de donner la mort pour abréger les souffrances d’un malade. La nuance est importante. Dans un cas, on a affaire à un geste humanitaire. Dans un autre cas, on est en face d’une violence inouïe. Tant il est vrai qu’il est désastreux de devoir tuer quelqu’un pour abréger ses souffrances.

Le passé témoigne de ce désastre. C’est sur les champs de bataille, quand on ne pouvait pas faire autrement, que l’on achevait les blessés. Par ailleurs, c’est le nazisme qui a formulé le projet d’euthanasier les vieux et les déficients mentaux, ceux-ci étant jugés inutiles et trop coûteux pour la société. La débâcle des champs de bataille. Le nazisme. La mémoire de l’euthanasie est chargée. Si  la mémoire est lourde, le présent l’est tout autant. Le meurtre est interdit par la loi. La peine de mort a été abolie. Qu’on le veuille ou non, avec l’euthanasie, on a affaire au retour de l’un et de l’autre.

La débâcle des champs de bataille. Le nazisme. La mémoire de l’euthanasie est chargée. Si  la mémoire est lourde, le présent l’est tout autant. Le meurtre est interdit par la loi. La peine de mort a été abolie.

II. LA PRECIPITATION

S’agissant du malade, il semble qu’il y ait une confusion. Une chose est de désirer ne pas souffrir, une autre de mourir. Ce n’est pas parce que l’on désire ne pas souffrir que l’on désire mourir. Attention donc de ne pas prendre le désir de ne pas souffrir pour un désir de mort ! Attention au fait de donner la mort sous prétexte d’éviter la souffrance ! Attention au fait de faire croire qu’avec la mort, les souffrances vont cesser ! Quand on fait de la mort la médecine suprême, on se précipite et l’on attise les désirs de mort.

Aujourd’hui, la médecine en Occident est devenue très performante. Si performante qu’elle est d’un certain point de vue responsable de la question de l’euthanasie, celle-ci ramenant des personnes à la vie mais dans un triste état ou les faisant vivre artificiellement. La loi Léonetti de 2005 se propose d’autoriser la médecine à cesser les soins et selon l’heureuse expression de Marie de Hennezel de « permettre la mort » au lieu de « donner la mort ». L’expérience montre que cette loi qui est bonne est mal expliquée et mal appliquée. Si on l’appliquait, 95 % des problèmes d’euthanasie seraient résolus. D’où cette question : pourquoi n’applique-t-on pas la loi Léonetti ? Quantité de témoignages montrent que, quand il y a dialogue entre médecin, malade et famille, quand il y a un vrai accompagnement, quand en outre la fin de vie se déroule dans un contexte spirituel, les malades partent paisiblement sans qu’il soit besoin de leur donner la mort.

Autre question : pourquoi ne développe-t-on pas une culture de l’accompagnement aux mourants en s’appuyant sur le dialogue et la spiritualité ? Plutôt que de penser à donner la mort, ne ferait-on pas mieux d’aider la médecine moderne à acquérir le sens de ses propres limites et la société contemporaine à retrouver un rapport à la mort ?

Source Cyrano.net

Doctrine / Formation #Livres

Livre – Traité de résistance pour le monde qui vient – Bertrand Vergely

En 1978, Vaclav Havel publie un texte retentissant, Le Pouvoir des sans-pouvoirs, annonçant la fin du communisme et l’avènement d’un post-totalitarisme mêlant consommation et idéologie. Ce présage n’est-il pas aujourd’hui ce que la bien-pensance ambiante veut nous imposer à travers des projets comme « la réussite pour tous » ou bien encore « le mariage pour tous » ? Un mélange de socialisme et de libéralisme qui paralyse les consciences en étouffant la pensée ?
C’est le constat effectué par Bertrand Vergely qui nous invite à la résistance face à cette montée post-totalitaire dans notre société contemporaine. Le philosophe propose une réflexion stimulante articulée autour de trois questions fondamentales :
– Qu’avons-nous fait de l’amour ?
– Que faisons-nous de la société, sur quoi repose notre pacte social aujourd’hui ?
– Quelle est notre conception de l’Homme ?

Bertrand Vergely appelle à un sursaut des consciences pour rebâtir notre société sur un socle de vérité, la seule voie envisageable pour vivre ensemble.

Présentation par l’Institut Montalembert

Nous avons déjà publié une étude du philosophe orthodoxe sur l’euthanasie.

Bertrand Vergely est philosophe. Il enseigne en classes préparatoires à Orléans, ainsi qu’à l’Institut Saint-Serge à Paris. Il est l’auteur d’un grand nombre d’ouvrages de philosophie générale et d’essais, parmi lesquels Petite Philosophie du bonheur (2002), Le Silence de Dieu (2006), Retour à l’émerveillement (2010), Deviens qui tu es (2014) et La tentation de l’Homme-Dieu (Le Passeur Éditeur, 2015). Il a également coécrit avec Marie de Hennezel Une vie pour se mettre au monde (2010).

Son dernier livre, Traité de résistance pour le monde qui vient, est à commander ici.