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Débat – Réforme de la curie romaine – Un problème théologique de fond ?

Le cardinal Gerhard Ludwig Müller, ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi, a vivement critiqué le projet de réforme de la curie romaine voulu par le pape François.

Dans une interview publiée dans le journal « Passauer Neue Presse », le cardinal Müller parle d’une réforme relevant d’une « ignorance théologique ». A travers les médias, on constate que « plus aucun concept touchant à l’origine, à la nature et à la mission de l’Eglise n’est reconnaissable. »

Au lieu de se référer au concept d’Eglise tel que rappelé par le dernier Concile, « la Curie demeure dans un état d’apesanteur puisqu’elle n’est plus clairement affectée au service du pape de l’Église universelle. » Le document concernant la réforme de la curie a été approuvé par le Conseil pontifical du pape et se trouve actuellement à la disposition des principaux organismes chargés d’en faire l’examen.

Le cardinal Müller estime également que le rôle particulier de la Congrégation pour la doctrine de la Foi finira par être minimisé puisque « le projet consiste à juxtaposer au hasard seize organismes qui devront être au service du pape, des évêques individuels et des conférences épiscopales. » Le cardinal Müller dit très clairement : « Ce schéma laisse deviner une future Constitution apostolique élaborée à partir d’un ensemble d’idées subjectives, de voeux pieux, d’appels moraux avec des citations tirés de textes du Conseil [dont le cardinal Marx est la cheville ouvrière – ndlr -] et de déclarations du pape actuel. »

L’ancien évêque de Ratisbonne critique également le fait que le projet de réforme de la curie « ne fasse pas clairement la distinction » entre les interventions du pape relevant de questions temporelles et celles relevant de questions spirituelles. Les questions temporelles « ne sont que secondaires et en aucun cas significativement liées à la papauté ». La « mission suprême du pape » est « d’enseigner en tant que membre et chef du collège épiscopal ». Or, dans le projet de réforme de la curie, l’enseignement concernant les questions de la foi n’apparaît plus que comme « une tâche du pape parmi beaucoup d’autres ».

Le cardinal Müller montre surtout que dans la description des tâches de la nouvelle autorité pour la doctrine de la foi, « les auteurs du texte font preuve d’une ignorance théologique dramatique ». Ainsi, des concepts de base de la théologie catholique tels que la Révélation, les Evangiles ou le Magistère sont utilisés tantôt de façon juste, tantôt de façon erronée ».

Il ne reste qu’à espérer que « cette partie du document puisse être reprise de A à Z par quelqu’un qui soit un théologien et un canoniste réputé ».

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Vers une nouvelle Constitution apostolique pour organiser la Curie romaine

Le Conseil des cardinaux réuni autour du Pape François du lundi 8 au mercredi 10 avril, planche sur les contours de la nouvelle Constitution apostolique organisant la Curie romaine, et encore à l’étude de canonistes.

Praedicate evangelium (« Prêchez l’Évangile »), tel est le nom provisoire de la prochaine Constitution apostolique, décidé lors de la précédente session de travaux du Conseil des cardinaux, du 18 au 20 février dernier. Le texte sera soumis à relecture de plusieurs institutions catholiques, à commencer par les conférences épiscopales nationales, le synode des Églises orientales, les différents dicastères de la Curie, les conférences des Supérieurs et Supérieures générales, mais aussi par quelques universités pontificales.

Une Constitution publiée dans l’année
Cette nouvelle Constitution va être caractérisée par la synodalité, l’empreinte du Souverain pontife argentin. Elle doit être publiée et promulguée dans le courant de l’année 2019, indiquait le directeur par intérim de la Salle de presse du Saint-Siège, Alessandro Gisotti, lors du dernier Conseil des cardinaux en février.

« Praedicate Evangelium » a vocation à remplacer la Constitution apostolique « Pastor Bonus » promulguée par saint Jean-Paul II en 1988. Elle est également de type administratif, puisqu’elle vise à régir le fonctionnement de la Curie.

Le fonctionnement du Conseil des cardinaux
Le Pape François a instauré ces rendez-vous de travail réguliers avec des cardinaux dès la première année de son pontificat, le 3 octobre 2013. Le Conseil est aujourd’hui composé de six cardinaux : le cardinal Maradiaga, archevêque de Tegucigalpa au Honduras et coordinateur du Conseil, le cardinal Bertello, président du Gouvernorat de l’État de la Cité du Vatican, le cardinal Gracias, archevêque de Bombay en Inde, le cardinal Marx, archevêque de Munich et Freising, le cardinal O’Malley, archevêque de Boston aux Etats-Unis, et enfin le Secrétaire d’État du Saint-Siège, le cardinal Parolin.

Deux évêques italiens prennent aussi part à ces réunions de gouvernance au titre de secrétaires : Mgr Marcello Semeraro, évêque d’Albano (diocèse suburbicaire de Rome), et Mgr Marco Mellino, évêque de Cresima.

 

Source VaticanNews

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“Praedicate evangelium” : le projet de nouvelle Constitution apostolique avance

Le document s’intitule « provisoirement », « Prêchez l’Evnagile » – « Praedicate evangelium » – : le projet de nouvelle Constitution apostolique avance, indique la directrice adjointe de la salle de presse du Saint-Siège, Paloma García Ovejero qui a proposé à la presse un compte-rendu de la XXVIe réunion du Conseil des cardinaux avec le pape François (10-12 septembre 2018), ce mercredi 12 septembre 2018, au Vatican.

« Une grande partie du travail du Conseil a été consacrée aux derniers ajustements apportés au projet de la nouvelle Constitution apostolique de la Curie romaine, dont le titre provisoire est Praedicate evangelium. Le Conseil des cardinaux a déjà remis le texte provisoire au Saint-Père qui, cependant, est destiné à une révision stylistique et à une relecture canonique », a-t-elle précisé.

Prévenir les abus

Mais il sera impossible d’annoncer l’Evangile si la question des abus n’est pas affrontée énergiquement, avait averti le cardinal Sean Patrick O’Malley, O.F.M. Cap., archevêque de Boston, et président de la Commission pontificale, lundi dernier  : « Si l’Église se révèle incapable de répondre de tout son cœur et de faire de ce thème une priorité, toutes nos autres activités d’évangélisation, de charité et d’éducation seront affectées. »

Justement, le cardinal O’Malley, a informé les membres du Conseil des travaux de la Commission pontificale.

Et, après avoir entendu le Conseil des cardinaux, le Pape, a convoqué une réunion des présidents des Conférences épiscopales du monde entier au Vatican, du 21 au 24 février 2019, pour parler de la prévention des abus sur des mineurs et des adultes vulnérables, comme annoncé dans la déclaration publiée aujourd’hui.

Solidarité avec le pape François

Comme cela a déjà été également annoncé lundi dernier, lors de la première session de cette XXVIe réunion, le Conseil des cardinaux a demandé au Pape une réflexion sur le travail, la structure et la composition du Conseil, en tenant compte de l’âge de certains membres.

Encore une fois, les cardinaux ont exprimé leur entière solidarité avec le pape François pour ce qui s’est passé ces dernières semaines.

Tous ont exprimé leur satisfaction pour le succès de la IXème Rencontre mondiale des familles à Dublin, félicitant également le cardinal Kevin J. Farrell et avec le Dicastère des laïcs, de la famille et de la vie qui ont organisé l’événement avec l’archevêque de Dublin, Mgr Diarmuid Martin.

Les travaux et leurs horaires

Comme prévu, le Conseil des cardinaux s’est réuni pendant trois jours : lundi 10, mardi 11 et mercredi 12 septembre.

Trois cardinaux étaient absents le cardinal George Pell (Australie), le cardinal Francisco Javier Errázuriz (Chili), et le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya (République démocratique du Congo).

Selon son habitude, le pape a participé aux travaux, même s’il était absent à trois moments :

-lundi en fin de matinée, pour l’audience du cardinal Beniamino Stella ;

-mardi matin, pour la visite ad limina apostolorum de la conférence épiscopale du Venezuela ;

-et ce mercredi matin pour l’audience générale.

Les réunions de lundi et mardi ont eu lieu le matin de 9 heures à 12 h 30 et l’après-midi de 16 h 30 à 19 heures. La séance s’est terminée ce matin à 10h30.

Rendez-vous en décembre

La prochaine réunion du Conseil des cardinaux aura lieu les 10, 11 et 12 décembre 2018.

Le Conseil est jusqu’ici composé de neuf cardinaux représentant tous les continents : Oscar Andres Rodriguez Maradiaga (Honduras, coordinateur), Giuseppe Bertello (Vatican), Francisco Javier Errazuriz Ossa (Chili, pour l’Amérique latine), Sean Patrick O’Malley (États-Unis, pour l’Amérique du Nord), Oswald Gracias (Inde, pour l’Asie), Reinhard Marx (Allemagne, pour l’Europe), Laurent Monsengwo Pasinya (RDC, pour l’Afrique), George Pell (Australie, pour l’Océanie) et Pietro Parolin (Secrétaire d’État). Le secrétaire est Mgr Marcello Semeraro, évêque d’Albano.

Source : Zenit.org

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Au Vatican aussi, les prélats doivent rendre des comptes

Phil Lawler est un journaliste catholique chevronné et réputé aux États-Unis. Réputé mais… craint… Il a confié à Catholic Culture, le 13 août dernier, une chronique pleine de bon sens et qui “interpelle”. La voici traduite pour Riposte Catholique.

John Allen dans Crux a fait la remarque que si l’Église universelle entend que les prélats rendent des comptes, il est malheureux que le cardinal Angelo Sodano qui a une réputation méritée d’avoir essayé de protéger les auteurs de sévices sexuels et dissimulé des preuves, demeure doyen du Sacré Collège […] Dès lors que Sodano a dépassé les 90 ans, ce semblerait naturel qu’on annonce sa démission. En juin dernier, le pape a annoncé que quatre nouveaux cardinaux se verraient octroyer les privilèges accordés aux cardinaux évêques – c’est dans les rangs de ces derniers que le doyen est choisi. C’était une occasion opportune de nommer un nouveau doyen. Pourtant, le cardinal Sodano, ancien secrétaire d’État, est toujours titulaire.

Et tant que nous sommes sur ce sujet… Le pape François a créé le Conseil des cardinaux en avril 2013 et a nommé les huit premiers membres de ce groupe pour une durée de cinq ans. Un rapide calcul indique que leurs mandats s’achevaient en avril dernier. Encore une fois, c’eût été le moment opportun pour remplacer les cardinaux entachés par des scandales. Quatre de ces huit cardinaux sont à présent accusés, à tort ou à raison, d’avoir commis des abus sexuels ou d’avoir dissimulé des preuves de tels abus. Trois de ces quatre ont dépassé les 75 ans, âge auquel les évêques en activité doivent se retirer : dans leurs cas, il y avait donc deux raisons sous la main pour les remplacer. Mais les quatre sont toujours en place.

Si le pape François veut envoyer un message clair, les occasions sont là. Sinon, si tous ces cardinaux restent en place – alors qu’il aurait été si facile de les remplacer –, cela envoie aussi un message.

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Honduras : le bras droit du “cardinal des pauvres” tombe, le pape accepte sa démission

Depuis 2005, Mgr Pineda, religieux clarétain, exerçait sa charge pastorale dans le diocèse du cardinal Oscar Maradiaga, 75 ans, coordinateur du C9, le conseil des cardinaux chargé d’aider le pape François à réformer la Curie romaine. Ces derniers mois, l’évêque auxiliaire avait tenu les rênes de l’archidiocèse en l’absence du cardinal, traité pour un cancer de la prostate à Houston, au Texas.

Des anciens séminaristes accusent
En mars dernier, selon l’hebdomadaire états-unien National Catholic Register, des anciens séminaristes de la capitale hondurienne avaient accusé Mgr Pineda de “sérieuses inconduites sexuelles”. Les faits se seraient déroulés  au début de cette décennie, à une époque où le prélat enseignait au séminaire archidiocésain. Des accusations renforçant les “inquiétudes largement répandues” concernant la conduite de l’évêque.

Quelques mois plus tôt, la revue italienne L’Espresso avait révélé qu’une enquête apostolique mandatée par le pape François avait été dirigée contre Mgr Pineda en mai 2017. Elle avait été menée par un évêque  argentin, retraité Mgr Jorge Pedro Casaretto. Cette enquête concernait notamment des malversations financières. Sur plusieurs années, l’auxiliaire aurait reçu de l’argent de la part de l’Université catholique du Honduras.

Cette dernière accusation avait également visé le cardinal Maradiaga, son supérieur hiérarchique. Le haut prélat avait qualifié de “diffamatoires” ces accusations, déjà été publiées en août 2016 par des médias locaux. En janvier dernier, il avait reçu le soutien du pape François.

Source : cath.ch

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L’histoire de la réforme depuis la curie romaine depuis 2013

Le Conseil des cardinaux au mis au point un projet de nouvelle Constitution apostolique, avec comme titre provisoire “Praedicate Evangelium”. Le texte sera soumis à l’examen du Pape François. Depuis cinq ans, toutefois, de nombreuses étapes ont déjà été accomplies dans le cadre de la réforme de la Curie romaine.

Cinq ans de travail, 139 réunions officielles en 24 sessions ont déjà amené à 25 interventions normatives. Le Conseil des cardinaux (surnommé le “C8” puis le “C9” après l’entrée en 2014 du Secrétaire d’État du Saint-Siège, le cardinal Pietro Parolin) a été au cœur des transformations déjà mises en œuvres dans la Curie romaine depuis cinq ans.

La naissance en 2013

Le 13 avril 2013, un mois exactement après l’élection du Pape François, un communiqué de la Secrétairerie d’État annonçait la constitution d’un Conseil de cardinaux pour conseiller le Pape dans le gouvernement de l’Église universelle et proposer la révision de la Constitution apostolique Pastor Bonus sur la Curie romaine, qui datait de 1988. Le Pape reprenait une suggestion qui avait émergé dans les Congrégations générales qui avaient précédé le Conclave. Le Conseil fut ensuite constitué avec un chirographe daté du 28 septembre, pour une première réunion fixée au 1er octobre 2013.

Le choix missionnaire est le principe inspirateur

Le cœur de ce travail fut le principe indiqué dans l’exhortation apostolique Evangelii Gaudium, c’est-à-dire celui d’un « choix missionnaire capable de transformer toute chose ». Un choix qui se décline sur trois critères : celui de la tradition, c’est-à-dire de la fidélité à l’histoire et de la continuité avec le passé, celui de la mise à jour dont s’inspirent le Secrétariat pour la Communication et le Conseil et le Secrétariat pour l’Économie, et la coordination, dans le sens de l’incorporation de certains dicastères. D’autre part, l’indication des « maladies curiales », le « catalogue des vertus nécessaires », et les 12 critères de la réforme. Le but de la réforme de la Curie est de favoriser l’harmonie entre les différents dicastères et bureaux pour atteindre une collaboration plus efficace. Mais la réforme « n’est pas une fin en elle-même, mais un moyen pour donner un fort témoignage chrétien », avait précisé François.

Les 25 interventions normatives de ces dernières années

Le C9 a mené à de nombreuses transformations sur des domaines très variés. Dans le domaine financier, notamment, a été institué le Comité de Sécurité Financière du Saint-Siège, pour la prévention et le combat contre le blanchiment, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive.

En 2014 ont été fondé le Secrétariat pour l’Économie et le Conseil pour l’Économie, avec l’objectif d’harmoniser les politiques de contrôle concernant la gestion économique du Saint-Siège et de la Cité du Vatican. Autres institutions aujourd’hui bien connues et instituées en 2014 et 2015 : la Commission pontificale pour la Protection des Mineurs, et le Secrétariat pour la Communication. En 2016 ont été institué le Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie, et celui pour le Service du Développement humain intégral.

Au sein de structures déjà existantes, de nouvelles procédures canoniques ont été mises en place pour l’examen des causes de nullité de mariage, et pour les négligences commises par les évêques dans l’exercice de leur fonction, en particulier au sujet des cas d’abus sexuels commis sur mineurs et adultes vulnérables. Dans un tout autre domaine, dans le cas des procédures canoniques pour les béatifications et canonisations est désormais reconnue « l’offrande de la vie » comme un critère à part entière, tout comme le martyre.

Cette liste non-exhaustive permet de relever quelques-uns des champs d’intervention du Conseil des cardinaux durant ces cinq dernières années, afin d’arriver, en suivant un principe de gradualité, à ce projet de nouvelle Constitution apostolique, marqué en préalable par un travail d’analyse et par les propositions faites par les dicastères de la Curie, les conférences épiscopales et les organismes compétents dans les domaines concernés.

Source : Vatican News – Debora Donnini

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Le C9 a préparé un nouveau projet de Constitution apostolique pour concrétiser la réforme de la Curie

Une grande partie du travail de la 25e réunion du Conseil des cardinaux avec le Pape François a été consacrée au projet “Praedicate Evangelium” qui sera remis au Pape François pour concrétiser la réforme de la Curie romaine.
Le titre provisoire du projet de nouvelle Constitution apostolique de la Curie romaine est Praedicate Evangelium (“Annoncez l’Évangile”). Un premier texte est prêt à être remis au Pape pour les considérations qu’il retiendra comme opportunes, utiles et nécessaires. C’est ce qu’a déclaré le directeur de la Salle de Presse du Saint-Siège, Greg Burke, durant un briefing avec les journalistes au sujet de la 25e réunion du C9, qui s’est tenue du lundi 11 au mercredi 13 juin.

Réforme financière
Outre l’examen du projet de Constitution apostolique ont été rappelés certains pas de la réforme de la structure financière et organisationnelle du Saint-Siège et du Gouvernorat. Mgr Brian Ferme, secrétaire du Conseil pour l’économie, a illustré les objectifs et principes fondamentaux, parmi lesquels éviter les gaspillages, favoriser la transparence et assurer l’application correcte des principes comptables.

Une meilleure attention aux dépenses
Mgr Ferme a aussi rappelé certains résultats positifs. Il a notamment expliqué qu’une procédure uniforme était mise en place pour la préparation des budgets prévisionnels et effectifs, une meilleure attention aux dépenses, une meilleure coopération et compréhension de la réforme financière, un changement graduel de mentalité pour ce qui concerne la transparence. La prochaine réunion du Conseil des cardinaux se tiendra les 10, 11 et 12 septembre prochains.

Les principes fondateurs de la réforme
Durant le point presse a aussi été distribué un document sur le processus de réforme de la Curie romaine, élaboré par le Conseil des cardinaux. Il rappelle que le principe inspirateur, pour la poursuite des travaux, est ce que le Pape avait exprimé dans son exhortation apostolique Evangelii Gaudium. « Je rêve d’un choix missionnaire capable de transformer toute chose… pour qu’elle devienne un canal adéquat pour l’évangélisation du monde actuel. »

Les critères de la réforme
Le C9 rappelle les critères qui ont présidé à la réforme. Le premier est celui de la tradition , c’est-à-dire de la fidélité à l’histoire, en continuité avec le passé. Le deuxième est celui de « l’aggiornamento », la mise à jour, processus dont s’inspirent les pas accomplis par le Dicastère pour la Communication, le Conseil et le Secrétariat pour l’Économie. Le troisième critère est la coordination, et donc aussi la simplification. C’est ce critère qui a mené à l’incorporation progressive de plusieurs dicastères en un seul.

Source : Vatican News

Tribunes et entretiens

Le C9, le groupe de cardinaux chargé de réfléchir à la réforme de la Curie, s’effrite. Trois cardinaux quittent le groupe.

Lorsque le Pape François l’avait mis sur pied, six mois après son élection, on aurait dit le début d’une révolution : un conseil composé de huit cardinaux issus de cinq continents avec pour mission de seconder le pape pour réformer la Curie et surtout pour « gouverner l’Église universelle ».

Et pourtant, cinq années et vingt-quatre sommets autour de François plus tard, la Curie est plus mal en point qu’avant, l’Église universelle baigne dans la confusion et ce conseil de cardinaux tombe en pièces. Un instantané impitoyable du pontificat actuel, qui mérite qu’on y regarde de plus près.

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Entretemps, ils sont rapidement passés de huit à neuf, avec l’entrée du secrétaire d’État Pietro Parolin qui était au départ la victime toute désignée de la soi-disant réforme de la Curie alors qu’il pèse aujourd’hui plus lourd que tous les autres mis ensemble.

Mais le coordinateur de ce « C9 », comme l’ont baptisé les médias, c’est toujours le cardinal hondurien Andrés Rodríguez Maradiaga que François s’obstine à garder près de lui malgré que sa réputation ait volé en éclats, même auprès des cardinaux qui siègent à ses côtés.

[Mgr Maradiaga est accusé d’avoir détourné des fonds]

« L’Espresso » a été le premier à publier à plusieurs reprises les accusations qui planent sur la tête de Maradiaga et qui sont depuis un an sur le bureau du Pape, rassemblées dans un rapport sévère du visiteur apostolique, l’évêque argentin Alcides Casaretto qui avait été envoyé au Honduras pour enquêter sur le scandale.

Mais des accusations plus graves encore continuent à pleuvoir sur son ami intime et évêque auxiliaire à Tegucigalpa, José Pineda Fasquelle concernant de sombres affaires de mauvaise gouvernance financière et d’abus sexuels à répétition, entre autres dans son séminaire diocésain.

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Et puis il y a ce deuxième cardinal du « C9 » qui est dans les ennuis pour des méfaits similaires : le chilien Francisco Javier Errázuriz Ossa, l’archevêque émérite de Santiago.

On le soupçonne d’avoir couvert l’un de ses confrères, l’évêque d’Osorno Juan Barros, à son tour disciple et complice d’un prêtre charismatique et autrefois très respecté, Fernando Karadima, à la fois guide spirituel et prédateur en série d’une quantité innombrable de jeunes et d’adolescents, qui a été découvert et condamné par les autorités vaticanes en 2011.

C’est le cardinal Errázuriz qui avait, en 2014, déconseillé au Pape François de nommer Juan Carlos Cruz, la principale victime et accusateur de Barros, à la Commission pontificale pour la protection des mineurs qui venait d’être mise sur pied. Et François y avait consenti de bonne grâce, puisqu’il était lui aussi plus que convaincu de l’innocence de Barros et du caractère mensonger de ce qu’il qualifiait de « calomnies ».

Au cours du récent voyage papal au Chili, tout cela lui a explosé au visage comme un bombe, à tel point qu’à son retour à Rome, François s’est vu contraint d’envoyer dans ce pays un inquisiteur expérimenté en la matière, l’évêque maltais Charles Scicluna. Le rapport que ce dernier a fourni a finalement convaincu le Pape de reconnaître qu’il s’était trompé et de mettre en cause celui qui lui avait donné des « informations non véridiques », c’est-à-dire « in primis » le cardinal Errázuriz.

Fin avril, François a reçu plusieurs victimes et à la mi-mai, il a appelé au rapport à Rome tous les évêques du Chili. Après quoi ce pourrait bien être le clap de fin non seulement pour Barros mais également pour Errázuriz.

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Et ce n’est pas tout. Le cardinal australien George Pell est également inculpé dans son pays pour des accusations similaires qui remontent à une cinquantaine d’années. Et il y a des mois qu’il ne met plus le pied à Rome et qu’il ne participe plus au « C9 ».

Mais au Vatican, son sort était déjà scellé bien avant et pour d’autres raisons, depuis qu’il a été privé, alors qu’il était préfet du tout nouveau Secrétariat pour l’économie, des pouvoirs de contrôle sur tous les services administratifs et financiers du Saint-Siège, qui depuis ont recommencé à fonctionner comme ils l’entendaient, comme avant la soi-disant réforme bergoglienne, sans compter que la Secrétairerie d’État est plus intouchable que jamais.

Le Secrétariat pour l’économie est désormais une coquille vide, sans préfet, sans secrétaire, sans réviseur général aux comptes, depuis que le premier et le dernier titulaire, Libero Milone, ait été chassé sous l’accusation d’avoir enquêté là où il ne fallait pas.

Il ne serait donc pas surprenant que le grand conseil des neufs cardinaux se délite peu à peu de la même manière.

Source : Diakonos.be

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Le conseil des cardinaux (C9) planche sur une ébauche de la nouvelle constitution pour la curie romaine

Du 23 au 25 avril 2018, durant la XXIVe réunion du Conseil des cardinaux (C9), la structure créée en 2013 pour aider le pape dans la réforme de la Curie romaine, les participants se sont notamment penchés sur une ébauche de la nouvelle constitution, qui remplacera Pastor Bonus (1988).

Le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, Greg Burke, a tenu un briefing au terme des trois jours de travaux avec le pape, ce 25 avril, précisant qu’il avait été également question des efforts réalisés pour la protection des mineurs.

Une grande partie des travaux a été dédiée « à la relecture de l’ébauche de la nouvelle Constitution apostolique sur la Curie romaine », a précisé Greg Burke : « Au terme de la rédaction, qui demandera encore un peu de temps, les cardinaux approuveront le texte à remettre au pape pour des consultations supplémentaires et pour l’approbation finale. »

Parmi les thèmes qui formeront le nouveau document, Greg Burke en met quatre « d’une importance particulière » en évidence : « la Curie romaine au service du pape et des Eglises particulières ; le caractère pastoral des activités de la curie ; l’institution et le fonctionnement de la Troisième section de la Secrétairerie d’Etat ; l’annonce de l’Evangile et l’esprit missionnaire comme perspective qui caractérise l’activité de toute la Curie ».

Le cardinal Sean O’Malley a parlé devant le C9 des « nombreux efforts accomplis dans le monde entier pour la protection des mineurs et des adultes vulnérables ». Il a rappelé qu’au cours de sa récente assemblée plénière, la Commission pontificale pour la protection des mineurs qu’il préside, avait écouté « les témoignages de membres tout juste nommés, provenant du Brésil, d’Ethiopie, d’Australie et d’Italie ».

Le cardinal a mis en évidence « l’engagement réalisé et la grande compétence des membres de la Commission qui représentent très bien la variété des cultures du monde ». Il a aussi confirmé « la priorité » : « partir du vécu des personnes, en continuant le travail d’écoute des victimes et en accueillant leurs expériences ».

Par ailleurs, les cardinaux ont auditionné Mgr Lucio A. Ruiz, secrétaire du Secrétariat pour la communication, qui a exposé l’état actuel de la réforme du système de communication.

Tous les membres du C9 étaient présents, excepté le cardinal George Pell. La prochaine réunion aura lieu du 11 au 13 juin 2018.

Le C9 est composé de neuf cardinaux représentant tous les continents : Oscar Andres Rodriguez Maradiaga (Honduras, coordinateur), Giuseppe Bertello (Vatican), Francisco Javier Errazuriz Ossa (Chili, pour l’Amérique latine), Sean Patrick O’Malley (États-Unis, pour l’Amérique du Nord), Oswald Gracias (Inde, pour l’Asie), Reinhard Marx (Allemagne, pour l’Europe), Laurent Monsengwo Pasinya (RDC, pour l’Afrique), George Pell (Australie, pour l’Océanie) et Pietro Parolin (Secrétaire d’État).

Source : Zenit

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La Réforme de la Curie avortée en silence ?

Le discours que le Pape adresse chaque année au corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège était ce lundi 8 janvier marqué par une empreinte inimitable : celle du secrétaire d’Etat, le cardinal Pietro Parolin.

C’était le discours d’un grand professionnel de la diplomatie, entièrement dépourvu de ces admonestations tiers-mondistes si chères à Jorge Mario Bergoglio. Signe que la « revanche » de Parolin, qui est désormais parvenu à reprendre le plein contrôle de la Curie vaticane, a fini par atteindre François.

Au début du pontificat, les choses étaient très différentes. François avait rassemblé autour de lui un grand conseil de huit cardinaux, et le secrétaire d’Etat n’en faisait pas partie, bien au contraire, la réforme de la Curie qu’on faisait tant miroiter visait principalement ses services qui, depuis l’époque de Paul VI, concentraient le plus de pouvoirs, ce que nombreux membres de la Curie trouvaient excessif.

Et, de fait, c’est dans cette direction que la réforme s’est dirigée dès le départ. En mars 2014, un an après son élection comme pape, Bergoglio créait un tout nouveau secrétariat pour l’économie auquel il confiait le contrôle de la totalité du patrimoine de tous les départements du Vatican, y compris des montants considérables ne figurant pas dans la comptabilité publiée par le Saint-Siège administrés par un service tout-puissant de la secrétairerie d’Etat auquel obéissait l’APSA elle-même, l’Administration du Patrimoine du Siège Apostolique, le coffre-fort des biens mobiliers et immobiliers du Vatican.

Le cardinal australien George Pell que François a nommé à la tête du nouvel organisme, n’avait pas fait dans le détail. Il avait publiquement dévoilé le montant de l’argent non comptabilisé en possession de la Secrétairerie d’Etat et d’autres services du Vatican, soit 1,4 milliards de dollars, en exigeant bien entendu d’en obtenir le contrôle, et avait laissé entendre que l’absorption de l’APSA avec son propre secrétariat serait imminente.

Mais rien de toute cela n’est arrivé. Sans bruit, les centres de pouvoir assiégés par Pell ont résisté et ensuite contre-attaqué.  Et au fil du temps, le Pape a commencé à les écouter et à les contenter davantage eux que le cardinal australien pendant que Parolin, que François avait entretemps également ajouté aux huit cardinaux du grand conseil, tirait les ficelles de la contre-offensive.

Le résultat se trouve aujourd’hui sous nos yeux à tous.

Pell s’est retiré depuis plusieurs mois en Australie, englué dans un procès dans lequel il apparaît davantage comme une victime que comme un coupable, sans que le pape ne lui ait désigné de successeur à la tête du secrétariat pour l’économie.

Depuis juin dernier, le second poste clé, celui de réviseur général aux comptes, est également vacant depuis que son premier et dernier titulaire, Libero Milone, en ait été chassé brutalement sous prétexte d’avoir enquêté là où il ne devait pas.

Le cardinal préfet de l’APSA, Domenico Calcagno, a dans les faits pris leur place à tous les deux, avec le soutien total de Bergoglio qui l’invite souvent à manger à sa table dans le réfectoire de la Maison Sainte-Marthe.

Et Parolin en sort plus fort que jamais, grâce notamment à la préférence du pape François pour les ecclésiastiques qui, comme lui, appartiennent à la corporation des diplomates.

En effet, deux autres cardinaux clés de ce pontificat sont également issus de la diplomatie : Lorenzo Baldisseri, que Bergoglio a nommé secrétaire général du Synode des évêques et Beniamino Stella, placé par le pape à la tête de la Congrégation pour le clergé. Aucun des deux n’a de compétences spécifiques mais ils exécutent avec une très grande fidélité les volontés de François de faire avancer les choses dans les directions qu’il a fixées : de la communion aux divorcés remariés à l’ordination de prêtres mariés.

A la Secrétairerie d’Etat, c’est « l’adjoint » Angelo Giovanni Becciu, encore un diplomate de carrière, qui fait office d’exécuteur des désidératas du pape et de coupeur de têtes, comme ce fut par exemple le cas avec Milone ou les Chevaliers de Malte.

Dans ce dernier cas, Parolin lui-même était monté au créneau pour chasser le Grand-Maître. Mais il est rare qu’il s’expose lui-même, préférant laisser le sale boulot aux autres.  Quant à lui, il préfère survoler tout cela de haut.  De tellement haut qu’il est aujourd’hui le seul candidat à la succession de François à avoir de sérieuses chances d’être élu pape.

Cette note est parue dans « L’Espresso » n. 2 de 2018, en vente en kiosque le 14 janvier, à la page d’opinion intitulée « Settimo Cielo », confiée à Sandro Magister.

 

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