A la une #Articles #NLQ #Rome

Le Cardical Burke dénonce le “mauvais état” du collège cardinalice et l’accord avec la Chine

A l’occasion d’un très récent voyage en Australie, le cardinal Raymond Burke a évoqué avec Tess Livingstone de The Australianl’état actuel du collège des cardinaux, et dénoncé en terme particulièrement vigoureux la signature d’un accord entre le Saint-Siège et la Chine en rappelant les persécutions dont font l’objet les catholiques fidèles de la part du pouvoir central communiste.

Le collège des cardinaux, qui sera chargé dans un avenir plus ou moins proche d’élire le successeur du pape François, se trouve actuellement en « très mauvais état » alors que le pape ne l’a pas convoqué depuis quatre ans, a regretté le cardinal. Le collège des cardinaux, qui a pour tâche de conseiller le souverain pontife, se trouve ainsi de fait privé des moyens traditionnels de remplir sa tâche tandis que les cardinaux eux-mêmes se connaissent de moins en moins entre eux.
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Dans le Monde #NLQ #USA

USA : le Cardinal Burke s’exprime après les abus sexuel en Pennsylvanie

En anglais :

 

Brèves

Le Cardinal Burke à un colloque de l’Institut du Bon Pasteur sur Vatican II

Rencontre théologique à Courtalain… Critique constructive du Concile Vatican II et de ses conséquences. Avec le Card. BURKE, Mgr Bux, le Père Lanzetta, le prof. De Mattei et beaucoup d'autres !

Publiée par Institut du Bon Pasteur sur Mardi 26 juin 2018

Dans le Monde #Europe non francophone #NLQ

L. Fontana, ministre de la famille italien, préfère le cardinal Burke au pape François

Depuis le 1er juin, Lorenzo Fontana est le ministre de la famille du gouvernement Conte.

En novembre 2016, il répondait à liberoqutidiano.it à la question de savoir s’il était un “ultra-catholique” que “[il] essaye d’être catholique. Ce n’est pas facile”.

Interrogé sur son amour du pape François, “disons que je préfère le cardinal Burke” botta-t-il en touche.

Source : Gloria.tv

NLQ #Rome

Des chevaliers de l’Ordre de Malte demandent la démission du Grand chancelier Albrecht von Boeselager

Le Grand chancelier de l’Ordre de Malte, l’Allemand Albrecht von Boeselager, vient de faire l’objet d’une demande de démission de la part de chevaliers de haut rang, s’il faut en croire le site ChurchMilitant. Celui-ci affirme avoir eu connaissance d’un courriel envoyé le 30 avril à l’ensemble des membres de l’Ordre, dans la tourmente depuis que le pape François est intervenu pour mettre à l’écart l’ancien Grand Maître, Fra’ Matthew Festing, et vider de ses responsabilités le poste du cardinal Raymond Burke, cardinal patron de l’Ordre.

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NLH #Tribunes et entretiens

« Les limites de l’autorité du pape dans la doctrine de l’Eglise » – Cardinal Burke

Nous avons longuement hésité à classer cet article dans “Rome”, “Tribune” ou “formation”. Rome, parce que c’est une page des réalités romaines actuelles et que cette conférence est déjà interprétée par certains comme une charge contre le pape François. Tribune, car c’est une position d’un cardinal au cœur d’un conflit délicat et que nous n’en avons pas encore l’intégralité en français. Formation, parce qu’en tant que canoniste sa conférence est une page de formation. Nous avons opté pour la position libre de la tribune, en laissant le lecteur face à la complexité et du propos et de la situation.

 

Edward Pentin du New Catholic Register a donné les grandes lignes de la conférence prononcée par le cardinal Raymond Burke au colloque Où va l’Eglise qui se déroule aujourd’hui à Rome. C’est en tant que prince de l’Eglise que le cardinal a souligné ceci : «  L’autorité du pape dérive de l’obéissance au Christ. » Et il a évoqué un devoir de désobéissance à l’égard du pape si celui-ci n’agit  et n’enseigne pas conformément à la Révélation divine, à l’Ecriture sainte et à la Tradition. De telles expressions du pape doivent alors « être rejetées par les fidèles ».

Cette parole publique du cardinal Burke lors d’une journée placée sous le signe du cardinal Caffarra et où étaient également annoncés les cardinaux Brandmüller, Arinze et Zen, ainsi que Mgr Schneider, constitue sans doute la prise de position la plus nette qui ait eu lieu à ce jour à propos de la confusion qui règne actuellement dans l’Eglise, même s’il n’a pas explicitement nommé le pape François au cours de son allocution. Le contexte était pourtant parlant.

Au cours de sa conférence, intitulée « Les limites de l’autorité du pape dans la doctrine de l’Eglise », le cardinal Burke a mis l’accent sur le devoir des papes de sauvegarder et de promouvoir l’unité de l’Eglise, ajoutant que toute expression de la doctrine ou de la pratique par un pontife romain se doit d’être un « exercice authentique » du ministère pétrinien. Cette autorité, désignée par la plenitudo potestatis, n’est pas,  nonobstant son nom, un pouvoir « magique ; elle dérive de son obéissance au Seigneur. »

C’est en tant que canoniste et préfet émérite de la Signature apostolique que le cardinal s’est également exprimé, se référant aux enseignements du canonistes du XIIIe siècle, le cardinal Henri de Suse, dit Hostiensis et aux écrits du professeur britannique John A. Watt, sur ce qu’on appelle l’absoluta potestas du pape, un pouvoir absolu qui diffère de celui théorisé par Machiavel ou mise en pratique par des dictateurs totalitaires dans la mesure où il sert à « apporter un remède aux défauts » de la loi existante soit que celle-ci « ne soit pas observée », soit qu’elle se révèle « inadaptée à des circonstances particulières ».

Il ne s’agit en aucun cas d’une autorité s’exerçant sur le Magistère de l’Eglise, mais plutôt d’une « nécessité » de la gouvernance «  en pleine fidélité » à l’égard du Magistère de l’Eglise, ce qui oblige à n’en user qu’avec « grande prudence », comme d’un pouvoir ordonné à « la construction, et non la destruction ».

Cette absoluta potestas est donnée par le Christ lui-même,  a ajouté le cardinal, et par conséquent « ne peut être exercé qu’en obéissance au Christ ». Ainsi, un pape peut  décider d’une dispense à la loi, ou encore interpréter celle-ci, mais seulement de manière à aider la loi à remplir son « véritable objet, jamais pour la subvertir ».

Le cardinal Burke a alors souligné que tout acte d’un pape considéré comme « hérétique ou peccamineux », ou qui puisse « favoriser l’hérésie ou le péché, sape les fondements de la société et serait dès lors nul et non avenu ».

Il est bien admis, a expliqué le cardinal, que la plénitude du pouvoir donnée à un pape ne lui permet pas d’« agir contre la foi apostolique », mais qu’il s’agit d’un pouvoir dont il doit user « avec parcimonie, et avec la plus grande prudence ». Et de rappeler que selon Watt, la plenitudo potestatis est ordonnée au service des âmes et à l’unité de l’Eglise, et non pas aux intérêts personnels des individus. « Si le pape devait agir de cette manière sine causa (sans cause) ou de manière arbitraire, il mettrait son salut en péril », a insisté le cardinal Burke.

Ayant établi ces principes,  le cardinal a expliqué comment les abus de ce type de pouvoir peuvent être corrigés. Déjà, Hostiensis avait expliqué que le pape doit être « averti de l’erreur de ses actions, y compris publiquement », et que le collège des cardinaux « doit servir de frein de facto par rapport à l’erreur du pape. » Mais il ne s’agit pas d’un « jugement contraignant » selon Hostiensis. Il soutenait plutôt que si, selon sa conscience bien formée, un fidèle croit qu’un acte pontifical d’exercice de la plénitude du pouvoir est « peccamineux », alors «  il faut désobéir au pape par devoir, et les conséquences de cette désobéissance doivent être endurées avec une patience chrétienne ».

 

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Amoris laetitia : le Cardinal Burke en appelle au Magistère de Pierre

Sortir des ambiguïtés en s’appuyant sur le charisme de Pierre. Un an après, jour pour jour, la publication de leurs dubia au Pape, le cardinal Burke s’exprime à nouveau publiquement, en demandant solennellement au Pape de faire ce pour quoi il a été appelé au Siège de Pierre : confirmer ses frères dans la foi « par une manifestation claire de la doctrine concernant la morale chrétienne et le sens de la pratique sacramentelle de l’Église » (entretien avec Edward Pentin, dans National Catholic Register de ce jour).

Il rappelle l’immense confusion consécutive à l’exhortation Amoris lætitia, suscitant, de la part des évêques eux-mêmes, des interprétations opposées, certaines allant notoirement contre la foi catholique. Il explique que la clarté est consubstantielle à l’enseignement de foi donné avec autorité au nom du Christ.

Depuis un an, le Pape n’a jamais répondu, ni à la demande des cardinaux, ni à aucune autre demande similaire, son approbation de l’interprétation des évêques de la province de Buenos-Aires ne pouvant constituer une réponse. L’ambiguïté demeure. La confusion s’étend. Volontairement ?

Cette ambiguïté, dit le cardinal avec la plus grande force, n’engendre rien moins qu’un processus de « subversion des parties essentielles de la Tradition  ». Elle met en péril l’enseignement permanent de l’Église, notamment sur les sacrements. En outre, si la conscience subjective devient la norme ultime, c’est toute la morale et toute la pratique sacramentelle qui se défont, et jusqu’à la notion même de sacrement.

En choisissant cette forme indirecte de correctio fraterna le cardinal présente en quelque sorte au Pape une magnifique occasion de se ressaisir par le haut, de manière pétrinienne. Ce faisant, il touche au cœur du problème magistériel d’aujourd’hui : les ambiguïtés mortifères du « pastoral » qui affligent l’Église. De l’enseignement « pastoral » ambigu, le cardinal Burke en appelle au Magistère de Pierre.

Abbé Claude Barthe

 

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NLQ #Tribunes et entretiens

Pèlerinage de Chartres, Fatima, le 10° anniversaire du Motu proprio, les Dubia : entretien avec le Cardinal Burke

Le Cardinal Burke, lors de son passage en France, a accordé un entretien exclusif à TV Libertés. Nous vous en avons retranscrit l’essentiel, mais vous pouvez l’écouter en intégralité : 

https://www.youtube.com/watch?v=RzRyXgVC0b8

Le Cardinal Burke était donc en France à l’occasion du pèlerinage de Chartres. Il a célébré la messe de clôture du lundi en la cathédrale de Chartres.

Il s’est dit très impressionné par sa visite du bivouac et la rencontre de tous ceux qui se sont mis au service des pèlerins. Il rappelle que le pèlerinage, déjà présent dans l’Ancien Testament, est le premier mode de dévotion dans l’Eglise, pratiquée par le Christ lui-même. Il souligne l’importance, aujourd’hui encore, de faire des pèlerinages, de laisser les circonstances de notre vie ordinaire pour aller, en faisant prière et pénitence, vers un lieu sacré, pour redécouvrir le caractère extraordinaire de notre vie. Ce pèlerinage de Chartres, centré sur la Sainte Liturgie, qui est la plus pleine, la plus haute expression de notre vie en Jésus, en est encore plus attrayant et le nombre de ses participants devrait augmenter dans les prochaines années.

Un mois plus tôt, le Cardinal était à Fatima, à l’occasion de la canonisation de Jacinthe et François. « Les apparitions de Fatima sont très actuelles parce que la mère de Dieu, dans ses apparitions à Fatima, en 1917, a affronté la situation du monde, la sécularisation, l’athéisme, le matérialisme, spécialement dans la forme politique du communisme. Cette situation a malheureusement duré, et nous affrontons aujourd’hui, dans un mode très fort, une sécularisation dans le monde et aussi dans l’Eglise. L’appel du Cœur Immaculé de Marie, de faire faire pénitence et de suivre la voie divine est encore plus actuel aujourd’hui que dans le temps des apparitions. C’est un appel, un message pour l’Eglise. »

A propos des écrits de sœur Lucie, qui explique que les derniers combats tourneraient autour de la famille : « Oui, sœur Lucie a écrit au Cardinal Caffara, alors Mgr Caffara, premier président de l’Institut Jean-Paul II pour la famille. Il avait demandé les prières de sœur Lucie parce qu’il avait à affronter beaucoup de problèmes aux commencements de l’Institut. Et sœur Lucie lui a écrit que l’attaque du démon dans l’Eglise sera contre la famille. Satan a attaqué, dans notre temps, le monde – et même l’Eglise – par les erreurs sur la famille et par la rébellion contre l’union de l’homme et de la femme dans le mariage qui fait la famille. Nous devons nous rendre compte de ce défi et combattre pour sauver la famille et sauver la famille dans son originalité, selon laquelle Dieu a créé la famille au commencement du monde. »

Le Cardinal Burke (et Mgr Schneider) avait évoqué le bien que constituerait pour l’Eglise et pour le monde une nouvelle consécration officielle de la Russie au Cœur douloureux et immaculé de Marie. A ce sujet il explique : « Je ne remets pas en question le fait que saint Jean-Paul II, en 1984, a consacré tout le monde, incluant la Russie, au Cœur Immaculé de Marie. Mais je pense que dans le temps actuel, où la Russie continue à être une force politique importante dans le monde, la Russie qui a connu une conversion du communisme à une politique plus chrétienne, il est plus important de faire maintenant, comme l’a demandé la mère de Dieu à Fatima, de faire une consécration spécifique de la Russie à son Cœur Immaculé »

Il s’exprime également à propos du 10° anniversaire du Motu proprio Summorum Pontificum, libérant la célébration de la forme extraordinaire du rite romain : « Le Motu proprio a répondu à une situation, après le concile Vatican II, d’une fausse interprétation de la réforme liturgique voulue par les pères du concile. La fausse interprétation pense que la nouvelle forme de la Sainte Liturgie doit être complètement différente de la forme de la Sainte Liturgie pendant des siècles. C’est une contradiction, parce que la Sainte Liturgie est organique, transmise pendant des siècles par la tradition apostolique. Alors, avec le Motu proprio, nous avons la possibilité de restaurer l’unité dans la forme de la Sainte Liturgie pour souligner la réalité constante de la présence de Jésus entre nous spécialement pour la Sainte Liturgie. Je pense que la célébration dans la forme extraordinaire va croître, parce que dans toutes mes visites je vois beaucoup de jeunes qui sont attachés à la forme extraordinaire de la messe. Ce qui les attire, c’est la sainteté du rite. La forme extraordinaire, souligne plus évidemment la sainteté, qui est une action de Dieu lui-même : Jésus, assis dans sa gloire à la droite du Père, descend sur l’autel pour se rendre à nouveau présent dans son sacrifice. Les jeunes, les jeunes familles, sont très attirés par la forme extraordinaire. Je ne dis pas que la forme ordinaire n’est pas sainte ! Certainement elle est sainte, mais la réforme a, dans un certain sens, dénudé la forme du rite et a rendu plus difficile l’accès à cette sainteté. »

Dernier sujet abordé lors de cet entretien, les Dubia, adressées à l’automne dernier au Saint Père avec les cardinaux Brandmüller, Caffara et Meisner, ces interrogations concernant l’exhortation apostolique Amoris Laetitia et en particulier son article 8 : « Les interrogations sont très importantes, parce qu’après la publication de l’exhortation apostolique Amoris Laetitia, il y a eu une confusion immense dans l’Eglise, une confusion entre les fidèles, les prêtres, les évêques. C’est une confusion très très grave parce qu’elle touche au salut des âmes. Pour les mariés, le sacrement du mariage est lié au salut éternel. Pour l’Eglise, le mariage est la première cellule de la vie de l’Eglise et de la société. Cette confusion touche aussi aux sacrements de l’Eucharistie et de la pénitence : les dispositions nécessaires pour accéder à ces sacrements ne sont pas claires. Nous avons donc posé ces questions avec tout notre respect envers le Saint Père, pour lui offrir la possibilité de clarifier les questions les plus importantes autour de l’exhortation post-synodale. Nous espérons encore une réponse du Saint-Père et nous continuons à implorer une réponse pour le bien de toute l’Eglise. Cette confusion est difficile, spécialement pour les prêtres. Dans mes voyages dans les diverses parties du monde, les prêtres tout spécialement me disent que c’est pour eux une difficulté parce que les fidèles demandent des choses pour eux impossibles. Par exemple, une personne qui vit dans une situation matrimoniale irrégulière demande de recevoir la Sainte Eucharistie sans corriger sa situation… C’est très difficile pour les prêtres. J’ai un très fort sentiment de compassion, de compréhension envers les prêtres qui se trouvent dans cette situation. »

 

En conclusion, le Cardinal nous adresse un fort mot d’encouragement : « La situation du monde, de l’Eglise, peut créer un sentiment de découragement. Et je voudrais dire ‘Bon courage’ parce que le Seigneur est toujours avec nous. Quand nous affrontons des défis comme aujourd’hui, des défis très difficiles, nous devons compter toujours plus sur Lui, par la prière, la pénitence, mais aussi par notre engagement à faire avancer la vérité et l’amour du Christ dans le monde. Lui ne manquera jamais à répondre à nos prières, à nos efforts d’évangélisation aujourd’hui ».

Brèves #NLH

Pour le Cardinal Burke, l’enseignement de l’Église à propos des personnes divorcées et remariées n’a pas changé

Dans un nouvelle entretien publié dimanche, le cardinal Burke a réaffirmé que les personnes divorcées et remariées pouvaient recevoir la communion, mais à la condition qu’elles prennent la ferme résolution de vivre dans la chasteté et qu’elles s’en donnent les moyens.

Il a dit toute sa compassion pour les personnes qui souffrent de ces difficultés matrimoniales, mais leur donner une réponse qui serait en-deça de la vérité n’est pas digne d’elles.

Je pense que l’Église a toujours enseigné qu’une compassion particulière, une aide adaptée, un soin pastoral spécial devaient être offerts aux couples qui se retrouvent dans cette situation (…) mais ce soin pastoral ne peut inclure l’accès aux sacrements, rappelle-t-il. Et il ajoute : cela n’aurait aucun sens“.

Source

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Ordre de Malte, le malaise du tout et son contraire

Son Altesse Fra’ Matthew Festing quitte donc ses fonctions de Grand Maître de l’Ordre de Malte. La Presse titre qu’il a remis sa démission au pape, ce qui est inexact, puisque ce n’est pas dans le pouvoir du pape de recevoir, ni d’exiger, la démission du Grand Maître d’un ordre souverain. Fra’ Matthew a dû accepter, lors de son entrevue avec le pape le 24 janvier, de présenter sa renonciation au Souverain Conseil de l’Ordre, lequel devra, selon le droit de l’Ordre, présenter cette renonciation au Saint-Père, ce qui ne sera effectif que le 28 janvier date de réunion du Souverain Conseil.

L’information amalgamée tend à faire croire que le pape serait le véritable Grand Maître de l’ordre et qu’il y exercerait son autorité par le truchement du cardinal légat, en l’occurrence le cardinal Burke. Ce qui n’est juridiquement pas le cas.

Il y a bien un précédant en la matière, mais qui a abouti à la clarification juridique des relations entre les deux institutions toutes deux souveraines, selon les formes qui leurs sont propres.

Il s’agit de la crise de 1951 lorsque Pie XII mit pratiquement l’Ordre sous tutelle du Saint-Siège en chargeant une commission de cardinaux de le diriger. Devant la protestation du Grand Maître de l’époque, le Souverain Pontife institua le 10 décembre 1951 un tribunal spécial composé de six cardinaux afin de dire le droit. Il fallut attendre le 24 janvier 1953 pour obtenir son jugement. Le tribunal reconnaissait la qualité souveraine de l’Ordre qui donc jouissait de certaines prérogatives en tant que sujet du droit international, mais il rappelait que l’Ordre de Malte n’était pas un État en tant qu’ordre religieux approuvé par le Saint-Siège, encore que cette qualité d’ordre religieux ne s’applique qu’aux seuls chevaliers ayant fait leurs vœux, c’est-à-dire à une minorité des membres de l’Ordre…

Que s’est-il donc passé pour en arriver là ? Il est bien difficile de le savoir exactement car à la traditionnelle opacité des affaires vaticanes s’ajoutent les “on dit” et les récupérations idéologiques.

Le Grand Maître était-il un despote autoritaire, court-circuitant les instances officielles de l’Ordre ? Y a-t-il un conflit idéologique entre conservateurs et progressistes autour de la question de la distribution de préservatifs par l’Ordre ? N’est-ce qu’un prétexte, un déplacement du conflit qui opposerait le pape au cardinal Burke sur Amoris laetitia ? Serait-ce une volonté de purge anti-Franc-Maçonne au sein de l’Ordre ? Est-ce un abus de l’autoritarisme du pape lui-même ?

Ce ne sont là qu’une partie des hypothèses toutes issues “de sources sûres”.

Elle révèlent en tout cas une chose, les tensions au Vatican montent d’un cran et les camps qui s’affrontent font feu de tout bois. Le pape, comme souvent ses prédécesseurs, ne fait pas l’unanimité. Ses décisions souvent incomprises et, il faut le dire, peu expliquées sinon par des symboles, crispent autour de sa propre personne. La réforme de la Curie ne se fait pas sans heurts et les méthodes considérées comme autoritaires du pape créent, aux dires du personnel du Vatican, un climat d’inquiétude. Alors que les prises de positions du Saint-Père sur certains sujets de morale ou de liturgie crispent une partie non négligeable de catholiques, elles troublent de plus nombreux fidèles qui, tout en voulant rester confiants dans le successeur de Pierre, sont ébranlés.

Cette affaire, grave au demeurant, l’est plus encore, comme témoin d’une situation explosive dans l’Eglise catholique. Raison pour laquelle nous avons lancé une neuvaine pour le pape et la Curie, car le démon doit bien rigoler de ses divisions scabreuses.