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Le cardinal Parolin dénonce la persécution des chrétiens dans le monde actuel

Dans le cadre du Festival des religions organisé à Florence ce week-end, le Secrétaire d’État du Saint-Siège s’est exprimé au sujet des persécutions anti-chrétiennes.

Le cardinal Parolin était invité à Florence, aux côtés notamment du patriarche de l’Église apostolique arménienne, Karékine II, pour la clôture du millénaire de la basilique San Miniato al Monte, qui porte le nom d’un martyr arménien.  Interrogé par le service italien de Vatican News, il revient sur l’actualité des persécutions :

Est-ce qu’il y a encore de la place pour la foi dans la société contemporaine ?

Je dirais qu’il y encore plus besoin de la foi dans la société contemporaine, justement parce qu’il y a le risque que l’homme se perde, comme cette accentuation forte de la dimension anthropologique : quand la transcendance est fermée, elle risque de mener l’homme à l’échec et de nombreux cris d’alarme qui proviennent de différentes parts disent justement cela. Donc la foi est justement le salut, la foi sauve l’homme dans sa dimension intégrale.

La rencontre entre des croyances différentes semble toujours plus difficile. Pourquoi ?

Je ne crois pas, car la rencontre entre des fois différentes est en acte depuis longtemps, il y a tout un dialogue interreligieux qui cherche à rapprocher les fois et à les faire collaborer dans de nombreux projets qui peuvent être d’utilité commune, de service au bien commun. Et peut-être que la difficulté naît au moment où il y a ces fondamentalismes… La défaite de la foi, de la vraie religion, empêche aux fois de dialoguer, mais quand il y a une recherche sincère du bien de tous et de chacun, je crois que les fois peuvent rencontrer de nombreux points communs, surtout pratiques.

Peut-on parler d’un nouveau martyre des chrétiens ?

Je crois que oui, aujourd’hui les chrétiens sont persécutés dans de nombreuses parties du monde. Moi je pense toujours à l’Évangile et à Jésus qui a décrit depuis le début la condition de ses disciples comme une condition de persécution et de refus de la part du monde.

L’Europe est en crise parce que les Européens ont perdu le sens religieux ?

Certainement, la perte du sens religieux, la perte de la référence à Dieu, est l’une des caractéristiques de notre société. Pour nous, c’est l’une des causes aussi de la crise européenne, de la crise de l’Europe, justement parce que les valeurs d’inspiration chrétienne devraient être les valeurs fondatrices. Quand Dieu vient à manquer, ces valeurs tombent aussi, et c’est alors que la crise arrive.

 

Source Vatican News

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Irak : le Cardinal Parolin en visite auprès d’une “Eglise martyre”

Entretien avec le Secrétaire d’État du Saint-Siège au retour de sa visite en Irak, où il a célébré Noël avec les communautés chrétiennes. Le cardinal évoque aussi la rencontre de février sur la protection des mineurs.

Cardinal Pietro Parolin, les images que nous avons pu recevoir de votre visite en Irak montraient une grande émotion. Qu’est-ce que cela a représenté pour vous, de célébrer Noël avec l’Église martyre en Irak ?

Je dirais que la parole que vous avez utilisée, « émotion », est la bonne : une grande émotion dans cette rencontre avec les communautés chrétiennes de l’Irak, et une grande joie de ma part bien sûr, et de leur part aussi me semble-t-il. Je me suis senti vraiment content de pouvoir leur apporter la proximité du Pape, son affection, sa bénédiction, l’attention avec laquelle il a toujours suivi leurs problèmes. Je crois que le voyage s’est bien passé parce qu’il s’est tenu dans ce temps spécial de Noël, dans lequel il y a un climat de fête et de joie. Naturellement, cela a été une occasion pour partager les souffrances des années récentes et aussi un peu les incertitudes du présent, mais dans le même temps, aussi les espérances pour le futur. En tout cas je le définirais vraiment comme un moment de grâce pour lequel je suis immensément reconnaissant au Seigneur.

Comment avez-vous trouvé cette communauté qui, comme vous le disiez, vit avec joie la foi au milieu de tant d’épreuves ? Quel témoignage, selon vous, donne une communauté comme celle-là aux autres chrétiens du monde ?

Dans les interventions que j’ai fait, surtout dans les homélies, j’ai beaucoup insisté sur ce point : « Vous êtes un témoignage pour l’Église universelle. L’Église universelle vous est reconnaissante pour ce que vous avez vécu, pour la façon dont vous l’avez vécu, et elle doit prendre exemple sur vous, sur cette capacité de supporter les souffrances, les afflictions pour le nom de Jésus. » Ils proposent cette attitude exemplaire à toute l’Église qui, comme dit le Concile, « vit entre les persécutions du monde et les consolations de Dieu ». Mais ce qui m’a particulièrement frappé a été la fierté, dans le bon sens du terme, avec laquelle ces frères et sœurs vivent leur foi : ils se sentent fiers d’être chrétiens et de continuer à l’être au milieu de tant de difficultés, de tant d’épreuves et de tant de luttes !

Un voyage qui vous a donné aussi de nombreuses images fortes, touchantes. Il y en a une qui vous a touché plus que l’autre, qui peut-être résume votre visite ?

Les images ont été très nombreuses, parce que chaque rencontre est bien présente, fixée dans ma mémoire. Certainement la destruction de Mossoul est une chose qui m’a profondément marqué, voir les églises, mais aussi les maisons, les immeubles, toute la partie de la ville qui a le plus souffert des combats. Mais une autre chose qui m’a beaucoup impressionné, c’était ces églises, qu’elles soient chaldéennes ou syro-catholiques, pleines de gens : des hommes, des femmes, des enfants, des jeunes. Tous chantaient et priaient. Tu te sentais transporté par leur façon de prier !

Une dernière image qui me semble aussi particulièrement adaptée pour la situation de l’Irak est celle-ci : quand nous étions à Mossoul, il était difficile de cheminer par la route parce qu’il y avait les ruines au milieu. Le gouverneur de Mossoul a voulu venir me saluer, et à un moment, il m’a pris par la main. Je l’ai ressenti comme un moment très beau qui devrait être symbolique de ce qu’est la collaboration entre chrétiens et musulmans : se prendre par la main et s’aider mutuellement. À ce moment-là, alors qu’il pleuvait des cordes, un bel arc-en-ciel est apparu dans le ciel. Quel symbole ! Aussi ceci, le symbole de la paix, de l’alliance. Ce sont les images principales, mais il y en a beaucoup d’autres.

Votre visite a rallumé évidemment les espérances pour une visite du Pape François en Irak : qu’est-ce que les gens que vous avez rencontré vous ont dit à ce sujet ?

Les gens ont été très contents pour cette présence. Ils ont ressenti aussi dans la présence du Secrétaire d’État la présence du Pape, parce que moi je suis allé là au nom du Pape pour apporter la proximité du Pape ! Mais tous justement, d’une seule voix, espèrent qu’il puisse lui-même visiter l’Irak au plus vite et les réconforter personnellement. Et je m’unis aussi moi-même à cette espérance des chrétiens irakiens : que se créent les conditions naturellement pour lesquelles le Saint-Père puisse se rendre en Irak et puisse partager des moments de prière et de rencontre avec nos frères. Ce serait certainement un très grand encouragement pour eux dans les difficultés qu’ils doivent encore affronter.

Dans le discours pour les vœux de Noël à la Curie, le Pape François a parlé de deux grandes afflictions : le martyre, justement, et ensuite les abus. Sur ce dernier thème délicat, quelles sont vos espérances en vue aussi de la rencontre de février ?

Je pense que ce sera une rencontre très importante, à laquelle on est en train de se préparer avec beaucoup d’engagement. Mes espérances sont que cette rencontre convoquée par le Pape, avec tous les présidents de conférence épiscopale, puisse renforcer, ou continuer, pour mieux dire, – puisque l’engagement de l’Église dans la lutte contre ce phénomène des abus existe déjà – , l’attention en faveur des victimes et surtout la création de conditions de sécurité pour les mineurs et pour les personnes vulnérables. Il me semble que c’est surtout sur ce point que se concentrera l’attention des participants : comment créer un environnement sûr pour les mineurs et les personnes vulnérables. Donc, moi j’espère que l’on chemine sur cette voie et en même temps qu’il y ait une approche qui devienne plus commune pour toute l’Église face à ce phénomène. Naturellement, ensuite, chacun pourra l’appliquer, aussi en fonction de sa situation locale, mais il faut que la politique soit claire pour toutes les Églises. Qu’il y ait aussi une approche qui prenne en compte tous les aspects du phénomènes, qui sont multiples et interconnectés entre eux, et qu’ensuite on procède à une approche qui s’inspire des critères évangéliques vis-à-vis de toutes les personnes.

Pour conclure, cardinal Parolin, 2019 se présente comme une année déjà riche d’engagements pour le Saint-Père : de nombreux voyages, de nombreux évènements importants. Quel souhait voulez-vous lui faire, en tant que son collaborateur le plus proche ?

Je dirais, et je le fais vraiment à la fin de l’année mais aussi au début de l’année 2019, que le Seigneur soutienne le Saint-Père dans son don continu de lui-même en faveur de l’Église et des communautés chrétiennes qui se trouvent en situations de difficulté et de marginalité. Et qu’il puisse continuer à allumer cette espérance et cet amour dans le cœur des hommes, pour lequel beaucoup de gens l’apprécient et le sentent particulièrement proche ; beaucoup voient en lui une espérance d’un monde plus solidaire, un monde plus pacifique, d’un monde fait à la mesure de l’homme et de la fraternité. Voilà, face aux nombreux défis d’aujourd’hui, ceci est le souhait que je fais au Saint-Père pour la nouvelle année.

 

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COP24 : Y a-t-il une volonté politique suffisante ? demande le cardinal Parolin

« Les engagements actuels des États pour atténuer les changements climatiques et s’y adapter ne sont pas suffisants pour réaliser les objectifs fixés par l’Accord de Paris », souligne le cardinal Parolin en reprenant le dernier rapport du GIEC selon lequel il est « encore possible de limiter le réchauffement climatique ». Le secrétaire d’État du Saint-Siège pose la question : « Existe-t-il une volonté politique suffisante pour mettre en œuvre les nombreuses solutions dont nous disposons pour promouvoir le modèle de développement » proposé par le document ?

Le cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État du Saint-Siège, est intervenu lors du débat de haut niveau de la 24ème session de la Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP-24), qui s’est tenu le 3 décembre 2018, à Katowice, en Pologne.

Le représentant du Saint-Siège affirme par ailleurs que « le changement climatique est un problème de plus en plus moral et non technique » : « Les données scientifiques dont nous disposons montrent clairement qu’il est urgent d’agir rapidement, dans un contexte d’éthique, d’équité et de justice sociale », précise-t-il. Il invite les décideurs politiques à « prendre des décisions équitables et prospectives » en écoutant les acteurs non-étatiques, « souvent en première ligne de la lutte contre le changement climatique ».

Voici notre traduction du discours du cardinal Parolin.

HG

Discours du cardinal Pietro Parolin

  1. le Président,

Au nom de Sa Sainteté le pape François, je vous salue tous cordialement et vous assure de sa proximité, de son soutien et de son encouragement en ces jours d’efforts intenses pour un résultat fructueux de la présente réunion de la COP-24.

Après l’adoption de l’Accord de Paris, la réunion de Katowice a pour tâche fondamentale d’élaborer le programme de travail de l’Accord de Paris. Ce document devrait être un ensemble solide de directives, de règles et de mécanismes institutionnels visant à faciliter une mise en œuvre équitable et efficace de l’Accord, en particulier au niveau national. Nous sommes tous conscients de la difficulté de cette entreprise.

La complexité de cette tâche est cependant amplifiée par le grand sentiment d’urgence, comme le dernier rapport spécial du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) l’a clairement souligné [1]. De ce point de vue, les informations contenues dans ce rapport sont d’autant plus préoccupantes que les engagements actuels des États pour atténuer les changements climatiques et s’y adapter ne sont pas suffisants pour réaliser les objectifs fixés par l’Accord de Paris. Dans cette optique, le document du GIEC propose une voie difficile à suivre, à savoir qu’il est encore possible de limiter le réchauffement climatique, mais pour ce faire, il faudra une volonté politique claire, tournée vers l’avenir et forte pour promouvoir le plus rapidement possible le processus de transition vers un modèle de développement exempt des technologies et comportements qui influencent la surproduction d’émissions de gaz à effet de serre.

La question est donc la suivante : existe-t-il une volonté politique suffisante pour mettre en œuvre les nombreuses solutions dont nous disposons pour promouvoir le modèle de développement susmentionné ?

La manière dont le programme de travail de l’Accord de Paris est élaboré constituera une réponse à cette question.

Du côté du Saint-Siège, il est important que le programme de travail repose sur trois piliers : 1) un fondement éthique clair ; 2) l’engagement à atteindre trois objectifs inextricablement liés : promouvoir la dignité de la personne humaine, réduire la pauvreté et promouvoir le développement humain intégral, et atténuer l’impact du changement climatique par des mesures d’atténuation et d’adaptation responsables ; et 3) l’importance de répondre aux besoins du présent et de l’avenir.

En appliquant ces trois piliers, le Saint-Siège voudrait proposer, comme il l’a déjà fait en d’autres occasions, un certain nombre de points qui devraient être inclus au cœur du programme de travail de l’Accord de Paris. Parmi eux, je voudrais en citer quelques-uns seulement : encourager les pays développés à prendre l’initiative ; faire progresser les modes de consommation et de production durables et promouvoir l’éducation en matière de durabilité et de sensibilisation responsable ; renforcer les sources de financement et mettre au point des solutions de rechange financières en s’attachant en particulier à identifier les incitations, éliminer les subventions et prévenir la spéculation et la corruption ; assurer la participation pleine et effective des populations locales, notamment des peuples autochtones, aux processus de prise de décision et de mise en œuvre ; assurer un suivi et un examen des engagements dans un esprit transparent, efficace et dynamique, capable de relever progressivement le niveau d’ambition et de veiller au contrôle approprié [2].

En outre, une mise en œuvre correcte de l’Accord de Paris sera d’autant plus efficace que des possibilités d’emploi plus appropriées seront offertes. Une transition équitable de la main-d’œuvre et la création d’emplois décents sont importantes et doivent s’accompagner d’une attention particulière aux aspects tels que le respect des droits fondamentaux de l’homme, la protection sociale et l’élimination de la pauvreté, une attention particulière étant accordée aux personnes les plus vulnérables aux phénomènes climatiques extrêmes. Une telle transition passe par la formation, l’éducation et la solidarité.

  1. le Président,

Les données scientifiques dont nous disposons montrent clairement qu’il est urgent d’agir rapidement, dans un contexte d’éthique, d’équité et de justice sociale. La transition vers une réduction des émissions de gaz à effet de serre est un problème non seulement dans le domaine de la technologie, mais aussi une question de modèles de consommation, d’éducation et de modes de vie. [3] Nous prenons progressivement conscience que le changement climatique est un problème de plus en plus moral et non technique. De ce point de vue, il convient de souligner l’importante contribution que les autorités locales, le secteur des entreprises, la communauté scientifique et la société civile peuvent apporter à ce processus. Les acteurs non étatiques, souvent en première ligne de la lutte contre le changement climatique, qui font entendre la « voix du peuple », font preuve d’une dynamique importante pour trouver des moyens novateurs de promouvoir un système de production et de consommation durable, ainsi que pour encourager un changement de mode de vie. Tout cela devrait être encouragé : les acteurs non étatiques sont et peuvent faire beaucoup pour aider les décideurs politiques à prendre des décisions équitables et prospectives.

Comme l’indique le Pape François dans son encyclique Laudato si’, sur le soin de notre maison commune, « les stratégies pour une solution exigent une approche intégrée de la lutte contre la pauvreté, du rétablissement de la dignité des exclus et en même temps de la protection de la nature ». [4] Un changement de mentalité est nécessaire, axé sur des valeurs fondamentales capables de souligner la dimension éthique et humaine du changement climatique [5].

De ce point de vue, nous avons une grande responsabilité envers les générations futures. Les jeunes d’aujourd’hui sont très sensibles aux problèmes complexes et multiformes que pose le phénomène du changement climatique. C’est un défi éducatif, où les processus éducatifs peuvent éveiller et éveillent cette sensibilité chez les jeunes, qui représentent notre avenir. Nous ne pouvons toutefois pas nous attendre à ce que les générations futures absorbent les problèmes causés par les générations précédentes, en leur imposant tout le poids de cette responsabilité. Ce serait d’autant moins acceptable si l’on considère le sentiment d’urgence si clairement invoqué par la communauté scientifique. Comme l’a souligné le Pape François : « Bien que l’on se souvienne de la période postindustrielle comme de l’une des plus irresponsables de l’histoire, il y a lieu d’espérer qu’à l’aube du XXIe siècle, l’humanité restera gravée dans l’histoire pour avoir généreusement assumé ses graves responsabilités » [6].

Nous savons ce que nous pouvons faire et ce que nous devons faire devient un impératif éthique. Cela nous oblige à réfléchir sérieusement à la signification des investissements financiers et économiques, en les orientant vers des secteurs qui affectent réellement l’avenir de l’humanité, en préservant les conditions d’une vie digne sur une planète « saine ».

La COP-24 pourrait marquer un tournant, si elle peut montrer que l’esprit de collaboration et de proactivité de Paris est toujours vivant. Des attitudes comme l’indifférence, la résignation et le déni, ou l’espoir limité dans quelque solution technologique qui peut n’être que partial ou même contreproductif, ne doivent pas prévaloir. [7] De plus, il serait tragique que des intérêts individuels ou privés l’emportent sur le bien commun, surtout lorsqu’ils tendent à manipuler l’information pour protéger leurs propres initiatives [8] Il faut éviter de tomber dans ces attitudes dangereuses qui ne favorisent certainement pas un processus dans lequel un dialogue sincère et productif, la solidarité et la créativité sont si nécessaires pour la construction du présent et de l’avenir de notre planète.

Nous nous trouvons devant un défi de civilisation pour le bien commun. C’est clair, comme il est clair aussi que les solutions dont nous disposons sont nombreuses et souvent à notre portée. Face à une question aussi complexe que le changement climatique, où la réponse individuelle ou nationale en elle-même ne suffit pas, nous n’avons d’autre choix que de tout faire pour mettre en œuvre une réponse collective responsable et sans précédent, dans l’intention de « travailler ensemble pour construire notre maison commune » [9].

Au nom de Sa Sainteté le pape François, j’exprime mes meilleurs vœux pour le travail de la COP-24, en espérant qu’il sera fructueux et qu’il réussira à construire notre maison commune. Sur tous les participants à cette importante conférence, j’invoque la bénédiction du Dieu Tout-Puissant, et je vous demande de la rapporter aux citoyens des pays que vous représentez.

Je vous remercie de votre attention.

  1. Cf. GIEC : Résumé à l’intention des décideurs du Rapport spécial sur les effets du réchauffement de la planète de 1,5 °C au-dessus des niveaux préindustriels et les voies d’émission de gaz à effet de serre mondiales connexes, dans le contexte du renforcement de la réponse mondiale à la menace du changement climatique, du développement durable et des efforts visant à éliminer la pauvreté, 6 octobre 2018.
  2. Cf. Pape François, Discours aux participants à la Conférence internationale marquant le 3e anniversaire de l’encyclique « Laudato Si’ », 6 juillet 2018, dans lequel il a affirmé : « Réduire les gaz à effet de serre exige honnêteté, courage et responsabilité, surtout de la part des pays les plus puissants et les plus polluants et nous ne pouvons pas nous permettre de perdre du temps ».
  3. Cf. Pape François, Discours à l’Office des Nations Unies à Nairobi (ONUN), 26 novembre 2015.
  4. Laudato si’, n. 139.
  5. Cf. Pape François, Message à la COP 22, 10 novembre 2016.
  6. Laudato si’, n. 165.
  7. Cf. Pape François, Message à la COP 23, 7 novembre 2017.
  8. Cf. Laudato si’, n. 54.
  9. Laudato si’, n. 13.

© Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

Source : zenit.org

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Vidéo – Le Colisée “rouge martyr” – En retournant à Dieu nous pouvons être des artisans de paix

 

Vous pouvez également retrouver le discours du cardinal Parolin : En retournant à Dieu nous pouvons être des artisans de paix

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Entretien- Cardinal Parolin – Les jeunes et la famille au cœur de l’année du Pape en 2018

En ce début d’année 2018, le cardinal Parolin a accordé une interview exclusive à Vatican News. Le secrétaire d’État du Saint-Siège y évoque de nombreux sujets, du voyage apostolique au Chili et au Pérou à l’attention de l’Église envers les jeunes, en vue du Synode d’octobre, en passant par la Rencontre mondiale des familles à Dublin en août, les discussions autour d’Amoris Laetitia et la réforme de la Curie.

Entretien réalisé par Alessandro Gisotti – Cité du Vatican

Parmi les nombreux sujets qui marqueront cette nouvelle année, le secrétaire d’État du Saint-Siège a particulièrement insisté sur le thème des jeunes.

Cardinal Parolin : Bien sûr, cette année, l’attention de l’Église sera justement concentrée à tous les niveaux sur les jeunes, sur leurs attentes, leurs aspirations, sur les défis qu’ils doivent affronter et aussi sur les espérances qu’ils portent en eux, ainsi que sur les faiblesses et les peurs. Ce sera donc une année importante : le Pape l’a déjà rappelé, y compris dans ses récents discours de la période de Noël. Je crois que cette approche innove surtout par la recherche d’une nouvelle relation de l’Église avec les jeunes, empreinte d’un paradigme de responsabilité exempt de tout paternalisme. L’Église veut vraiment entrer en dialogue avec la réalité de la jeunesse, veut comprendre et aider les jeunes. En même temps, je voudrais faire allusion à ce fameux discours que fit John Kennedy à sa prise de fonction, en 1961, quand il dit : « Vous ne devez pas vous demander ce que votre pays peut faire pour vous, mais ce que vous pouvez faire, ce que vous devez faire, pour votre pays. » En fin de compte, je crois que c’est là l’innovation, c’est-à-dire que le Pape et l’Église demandent aux jeunes ce qu’ils peuvent faire, eux, pour l’Église, quelle contribution ils peuvent apporter à l’Évangile, aujourd’hui ! Et je crois que les jeunes sauront répondre à cette invitation avec leur générosité et aussi leur enthousiasme.

Alessandro Gisotti : Les jeunes font penser, bien sûr, à la famille. En août, à Dublin, la Rencontre mondiale des familles sera un rendez-vous important, qui arrive deux ans après la publication d’Amoris laetitia. Quel bilan peut-on tirer de la réception de ce document et pourquoi a-t-il suscité une controverse si vive dans le monde catholique ?

Cardinal Parolin : Évidemment, après la célébration des deux Synodes et la publication de l’exhortation apostolique Amoris laetitia, l’Église a pris cette direction. Et je pense que la célébration de la Journée mondiale des familles à Dublin sera une étape importante parce que c’est la première, en fin de compte, après la publication du document. Une étape de réflexion, une étape d’approfondissement et une étape aussi pour poursuivre ce processus d’application des indications d’Amoris letitia. Là aussi, j’emploierais un terme que j’ai déjà utilisé, c‘est-à-dire qui’Amoris laetitia résulte d’un nouveau paradigme que le Pape François porte avec sagesse, avec prudence et aussi avec patience. Il est probable que les difficultés qui ont émergé et qui existent encore dans l’Église soient justement dues, au-delà de certains aspects du contenu, à ce changement de comportement que le Pape nous demande. Un changement de paradigme, vraiment inhérent au texte lui-même, qui nous est demandé : cet esprit nouveau, cette approche nouvelle ! Donc, évidemment, chaque changement comporte des difficultés, mais ces difficultés sont prises en compte et sont affrontées avec force, pour trouver des réponses qui soient des moments de croissance ultérieure, d’approfondissement ultérieur. Là aussi je crois qu’Amoris laetitia, au-delà d’être une étreinte que l’Église fait à la famille et à ses problématiques dans le monde d’aujourd’hui, peut vraiment aider à incarner l’Évangile à l’intérieur de la famille – qui est déjà un Évangile : l’Évangile de la famille – et aider les familles pour qu’elles collaborent et contribuent à la croissance de l’Église.

Alessandro Gisotti : Éminence, le mois de mars marquera le cinquième anniversaire de l’élection du Pape François. Un des points forts du Pontificat, comme nous le savons, est le processus de réforme de la Curie mais pas seulement. Comment, selon vous, pourra-t-on développer ce processus dans le futur proche ?

Cardinal Parolin : Il y a déjà eu tant de pas en avant, des pas considérables. L’an dernier déjà, dans son discours à la Curie, le Pape énumérait la majorité des mesures prises après réflexion, surtout par le Conseil des cardinaux du C9. Mais il me semble que dans ces discours – et c’est une raison qui revient constamment dans le Magistère du Pape François, quand on parle de la Curie – il ne s’agit pas tant d’insister sur les réformes structurelles, avec la promulgation de nouvelles lois, de nouvelles normes, de nominations, etc. ; mais plutôt de l’esprit profond qui doit animer chaque réforme de la Curie, la dimension fondamentale de la vie chrétienne, c’est-à-dire la conversion. Donc, faire en sorte que la Curie puisse vraiment devenir – toujours davantage et toujours mieux, en ôtant aussi ces ombres qui peuvent faire obstacle à cet engagement et cette mission – une aide au Pape pour annoncer l’Évangile, pour témoigner de l’Évangile, pour évangéliser le monde d’aujourd’hui. J’insisterais encore une fois sur cela, même si c’est un regard à distance qui n’entre pas dans le caractère concret de chaque réforme ou de chaque changement, qui sont déjà là et qui continueront. Des approfondissements qui concernent d’autres organismes de la Curie romaine sont en cours, mais voilà la perspective fondamentale que le Pape nous rappelle continuellement et sur laquelle je voudrais mettre l’accent.

Alessandro Gisotti : En cette année 2018 qui commence, il y aura un voyage apostolique pour le Pape François. D’ici quelques jours, il retourne en Amérique latine. Que signifie cette visite au Chili et au Pérou ?

Cardinal Parolin : C’est toujours la rencontre avec les Églises, avec les communautés chrétiennes. Le Pape y va comme pasteur de l’Église universelle pour rencontrer les Églises locales ; naturellement, des Églises qui sont particulièrement vives, particulièrement actives comme l’Église au Chili, comme l’Église au Pérou, et qui, d’un autre côté, doivent affronter de nombreux défis dans la réalité du monde d’aujourd’hui. Il y a tant de défis ! J’en citerais deux, en particulier, qui tiennent à cœur le Pape. C’est d’abord le défi des populations indigènes. Je fais ici aussi référence au Synode sur l’Amazonie qui a été convoqué par le Pape récemment et qui se tiendra en 2019. C’est-à-dire se demander quel est le rôle de ces populations à l’intérieur de chaque pays, quelle est leur contribution à la société. Ensuite, un thème cher au Pape et sur lequel il est revenu avec des paroles très marquées : celui de la corruption, qui empêche le développement et qui empêche aussi de surmonter la pauvreté et la misère. Je crois que ce ne sera pas un voyage simple, mais ce sera un voyage passionnant.

 

Source Radio Vatican

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Cardinal Parolin – On ne peut pas distinguer le fait d’être religieux du fait d’être “interreligieux”

« Aujourd’hui on ne peut pas distinguer le fait d’être religieux du fait d’être “interreligieux” » car « une relation positive entre les religions semble une nécessité absolue », a déclaré le cardinal Pietro Parolin depuis Zagreb, où il a rencontré les leaders religieux croates, à l’occasion de sa visite dans le pays du 29 au 31 octobre 2017.

Dans son intervention rapportée par L’Osservatore Romano en italien du 1er novembre, le « numéro 2 » du Vatican a souligné l’urgence du « partage de ses richesses spirituelles et de la valorisation de ce qui unit, y compris les croyances diverses ». « Cela exige une évolution courageuse », et une « sincère acceptation de l’autre » puisque l’ignorance a « souvent été motif d’intolérance, de luttes et de divisions ».

Dans le pays qui montre historiquement une « coexistence durable de la culture latine, byzantine et islamique », le cardinal a rappelé que « les croates furent le premier peuple slave à se convertir à l’Evangile » et que le christianisme joue dans le pays « un rôle irremplaçable ». « La Croatie représente un modèle de pluralisme où la conscience de ses racines spirituelles ne s’est pas affaiblie. »

Lors d’un dialogue avec les évêques, il a aussi évoqué la dictature communiste, qui de 1945 à 1990 « a tout fait pour couper le lien qui unit les personnes de Croatie au Saint-Siège, en rendant l’Eglise objet d’une persécution systématique ». Il a rendu hommage à la fidélité des chrétiens : « ni les camps de concentration, ni la tentative d’athéisme systématique » n’a « pu effacer » la « maturité de cette Eglise ».

Le cardinal a exhorté les évêques à « protéger et développer cet héritage » afin que « l’identité chrétienne de la Croatie ait non seulement un passé et un présent, mais aussi un avenir ».

Enfin, le secrétaire d’Etat a remercié l’archevêque de Zagreb, le cardinal Bozanić, et l’évêque de Požega, Mgr Škorčević, « pour le travail réalisé au sein de la Commission mixtes d’experts croates et serbes pour une relecture de la figure du bienheureux cardinal Alojzije Stepinac. Cela a été un geste d’une grande valeur œcuménique envers les frères orthodoxes. Je me réjouis que vous soyez parvenus au terme des travaux avec la joie et l’espérance d’une concorde plus profonde ».

Au cours de sa visite, précise le quotidien du Vatican, le cardinal Parolin a rencontré la présidente de la République Kolinda Grabar-Kitarović et le premier ministre Andrej Plenković.

Source Zenit

 

Pour ne pas donner une interprétation syncrétiste aux propos du secrétaire d’Etat du Vatican, rappelons que le pape François s’oppose à tout œcuménisme qui serait du syncrétisme.

 

NLQ #Rome

Le pape François à Moscou ?

Un voyage du pape François à Moscou ? C’est une hypothèse rappelée dans une dépêche d’Aleteia, notamment à la suite de la récente visite du cardinal Parolin, Secrétaire d’État du Vatican, à Moscou. Elle aurait suscitée “des réactions partagées”, ce qui signifie que ce n’est pas tout à fait à l’ordre du jour. Pour sa part, le « numéro 2 » de l’Église orthodoxe russe, le métropolite Hilarion, “appelle à agir conjointement avec l’Église catholique pour défendre les valeurs chrétiennes traditionnelles”. En effet, il affirme que “le moment est venu d’agir de manière conjointe pour défendre les idéaux des Évangiles”, que ce soit en matière de vie sociale, familiale ou de vie privée. Le métropolite Hilarion suggère de défendre les valeurs chrétiennes traditionnelles au sein des enceintes internationales ou européennes.  Il a rappelé “la position commune qu’affichent déjà les deux Églises à l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) sur la question des discriminations contre les chrétiens en Europe.”

La question d’une rencontre à Moscou entre le pape François et le patriarche Cyrille Ier à Moscou a donc été soulevée “trop tôt”, mais il convient de mettre en oeuvre ce qui a été convenu à la rencontre de La Havane en 2016. En effet, le métropolite Hilarion estime que « pour réaliser cet objectif, cela exige bien plus qu’une année ». Bref, affaire à suivre.

SOURCE – Aleteia

 

Asie #NLQ

Chine – Le dialogue est déjà un fait positif

Le dialogue entre Pékin et Rome est « déjà un fait positif », estime le cardinal secrétaire d’Etat Pietro Parolin. Dans un entretien publié le 27 juillet 2017 par la revue catholique italienne Il Regno, il défend le « droit de professer librement sa foi » en étant de « bons citoyens ».

Le numéro 2 du Vatican évoque l’Extrême-Orient et « le chemin de dialogue entrepris depuis longtemps avec les gouvernements de certains pays de la région, parmi lesquels la République populaire de Chine ».

« Le dialogue en soi est déjà un fait positif qui ouvre à la rencontre et fait grandir la confiance. Nous l’abordons dans un esprit de sain réalisme, en sachant bien que le sort de l’humanité est avant tout dans les mains de Dieu », assure-t-il.

Dans cette région du monde « très vaste, complexe et diversifiée » il entrevoit « d’importantes pistes pour la rencontre entre les cultures ».

« Concrètement, explique-t-il, l’Église catholique demande que lui soit garanti le droit de professer librement sa foi dans l’intérêt de tous et pour l’harmonie de la société. Les catholiques désirent vivre sereinement leur foi dans leurs pays respectifs en bons citoyens, s’engageant au développement positif de la communauté nationale ».

Des négociations discrètes entre le Saint-Siège et la Chine populaire ont repris depuis trois ans. Récemment, d’après l’agence des Missions étrangères de Paris Eglises d’Asie (EDA), Rome a accueilli à nouveau une délégation venue de Pékin pour discuter de la finalisation d’un éventuel accord entre l’Eglise catholique et le régime en place.

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Cardinal Parolin « L’origine et la fin du développement humain », c’est Dieu

Dieu est « l’origine et la fin du développement humain, qui est toujours un don de sa part », a affirmé le cardinal secrétaire d’État Pietro Parolin lors d’une messe à l’autel de la Chaire de la Basilique Saint-Pierre, le 3 avril 2017.

Le « numéro 2 » du Vatican a célébré avec les participants au Congrès international sur les « Perspectives pour le service du développement humain intégral à 50 ans de Populorum progressio » organisé au Vatican. Un événement organisé par le nouveau Dicastère au service du développement humain intégral.

Dans son homélie rapportée par L’Osservatore Romano, le cardinal Parolin a invité à ne jamais oublier que Dieu est « l’origine et la fin du développement humain, qui est toujours un don de sa part ». L’homme doit devenir porteur de ce don, « en particulier au profit des plus démunis », c’est-à-dire promouvoir « un monde où personne ne soit marginalisé ou ne soit la proie d’une violence persistante et de l’extrême pauvreté, un monde sans l’indifférence mondialisée aux besoins des autres ».

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Une mise en perspective pour nous rappeler que l’Homme est fait pour le Ciel et que tout ce qu’il fait sur terre est en vue du ciel.

 

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Tribunes et entretiens

Diplomatie vaticane, le Cardinal Parolin répond à Famille Chrétienne

Le bras droit du pape met en lumière le rôle unique de la diplomatie vaticane, qui agit discrètement aux quatre coins du monde pour la paix. Entretien exclusif.

Homme discret, travailleur infatigable, diplomate de haute volée, le cardinal Pietro Parolin ne s’exprime que très rarement dans les médias. « Légat » du pape François à Lourdes, le 11 février, pour la célébration de la Journée mondiale du malade, il a accepté de prendre la parole dans les colonnes de Famille Chrétienne, alors que la voix singulière de la diplomatie vaticane semble toujours plus présente et nécessaire dans un contexte international incertain et en pleine mutation. Celui qu’on nomme aussi le « Premier ministre » du Vatican rentrait tout juste d’une longue tournée en Afrique.

 

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