Messes/Prières/Pèlerinages #NLQ

Pèlerinage de Chartres (28) de Notre-Dame de Chrétienté du 19 au 21 mai 2018

Il n’est pas trop tard pour participer au pèlerinage de Chartres de Notre-Dame de Chrétienté

Vous pouvez vous inscrire sur place en rejoignant les étapes du cortège :

Des navettes sont prévues, par l’organisation, aux gares suivantes :

  • Samedi 19 mai 2018 (pour rejoindre le bivouac) : St Rémy les Chevreuse de 18h00 à 21h00 (RER ligne B)
  • Dimanche 20 mai 2018 : St Rémy lès Chevreuse de 7h à 8h00 ; Rambouillet de 9h30 à 12h00 et Epernon de 18h30 à 21h00 (ligne Paris-Montparnasse-Chartres)
  • Lundi 21 mai 2018 : Chartres de 7h30 à 12h00. A noter que les navettes au départ de la gare de Chartres déposent selon l’horaire à la halte de milieu de matinée ou directement à la halte du déjeuner “adultes”, mais en aucun cas sur la colonne en marche.

Suivre le pèlerinage en direct

Le cardinal Sarah célebrera la messe de clôture du pèlerinage de Chartres

Du monde pour le Pèlerinage Paris-Chartres

Paris-Chartres : c’est parti !

Brèves #NLH

La démission de Benoît XVI a eu pour nous une saveur de Vendredi Saint – Cardinal Sarah

Brèves

Opus Dei : 31 nouveaux prêtres pour rendre le Christ présent parmi nous

Le cardinal Robert Sarah a ordonné samedi matin (5 mai 2018) 31 prêtres de la prélature de l’Opus Dei en la basilique romaine Saint-Eugène. « Demandons au Seigneur de nous donner beaucoup de saints prêtres » a-t-il supplié.

Ces 31 ordinants sont issus de quinze pays différents : Argentine (1), Brésil (1), Colombie (2), Côte d’Ivoire (1), Espagne (13) , France (1), Italie (1), Kenya (1), Nigeria (3),  Ouganda (1), Pays-Bas (1), Philippines (2), Slovaquie (1), Uruguay (1),Venezuela (1). Ils ont reçu leur ordination presbytérale après avoir exercé leur profession durant des années.

“Qu’est-ce qu’un prêtre, exactement ?” : telle est la question posée lors de l’homélie du cardinal Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements.

“La Bible présente le prêtre comme l’homme de la Parole de Dieu” […] L’homme contemporain s’adresse au prêtre en cherchant le Christ. Il peut consulter bien d’autres personnes compétentes sur des sujets économiques, sociaux ou politiques. Le prêtre est le prédicateur de la vérité du Christ, « il parle avec charité et, en même temps, avec une vraie liberté ».

Dans la Sainte Écriture, « le prêtre est aussi présenté comme l’homme du pardon […] Comme le saint curé d’Ars ou le Padre Pio, le prêtre est l’apôtre du confessionnal, disait le pape François, il y a quelques jours »

Le cardinal Sarah a aussi évoqué le prêtre “ami du Christ”. Un ami que l’on reconnaît tout spécialement dans l’Eucharistie « puisqu’il n’y a pas d’Eucharistie sans prêtre, tout comme il n’y a pas de sacerdoce sans eucharistie.[…] Aussi avons-nous besoin chaque jour de l’Eucharistie, pour vivre notre sacerdoce et être d’audacieux messagers de l’Évangile au cœur des souffrances, des difficultés et des hostilités qui peuvent nous assiéger”.

Le cardinal Sarah a invité les nouveaux prêtres à rechercher la sainteté et à être des hommes “d’une profonde vie intérieure ”. En citant saint Josémaria, il a expliqué que « le sentier qui conduit à la sainteté est un sentier de prière ; et la prière doit prendre peu à peu dans l’âme, comme la petite graine qui deviendra plus tard un arbre feuillu. » (Amis de Dieu, n. 295)

Le sacerdoce est un service envers l’Église et toutes les âmes. “Comme vous l’avez appris de saint Josémaria et de tous ses successeurs, soyez toujours très loyaux envers le Souverain Pontife, les évêques -successeurs des Apôtres-, et votre Prélat ; aimez les prêtres de tous les diocèses ; priez instamment le Seigneur d’envoyer beaucoup d’ouvriers à toute sa moisson, de nous donner beaucoup de saints prêtres, établis comme gardiens pour paître l’Église du Seigneur, qu’il s’est acquise par son propre sang (Act 20, 28)”

Le cardinal a félicité les parents, les frères et sœurs des nouveaux prêtres : “Désormais, vous avez quelqu’un de votre sang qui va spécialement intercéder pour vous devant le Seigneur. En même temps, nous devons tous prier pour eux, plus qu’auparavant, puisqu’ils ont assumé une grande responsabilité”.

À la fin de la cérémonie, le cardinal a offert à chaque nouveau prêtre un chapelet et une petite icône de la Vierge de la Tendresse.

“ Je vous la donne pour que vous soyez plus étroitement unis à la Très Sainte Vierge Marie et pour vous demander aussi de prier pour moi”

Source : Belgicatho

NLQ #Rome

Marie Mère de l’Eglise, le cardinal Sarah explique cette nouvelle fête

Le cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, a commenté le nouveau décret instaurant la mémoire de « Marie, mère de l’Église », a rapporté le Bureau de presse du Saint-Siège le 3 mars 2018. Pour le prélat guinéen, cette décision du pape François témoigne de l’importance du mystère de la « maternité spirituelle » de la sainte Vierge pour l’Église.

D′après le préfet de la Congrégation, en instaurant cette fête pour « toute l′Église » le lundi de la Pentecôte, le souhait est de rappeler que « tous les disciples du Christ » doivent ancrer leur vie dans trois grandes réalités : la croix, l′hostie et la Vierge.

« Ce sont trois mystères, déclare-t-il, que Dieu a donnés au monde pour structurer, féconder, sanctifier notre vie intérieure et nous conduire vers Jésus. Ce sont trois mystères à contempler dans le silence ».

 

 

Cette nouvelle commémoration liturgique, obligatoire pour toute l’Église catholique de rite romain, permet de prendre davantage conscience du rôle de la Vierge Marie au sein de l′Église. Selon le cardinal-préfet, cette fête témoigne d′un « mystère à contempler » : la maternité spirituelle de Marie.

Cette décision pontificale souligne en effet, selon le cardinal Sarah, le lien qui existe entre « la vitalité de l’Eglise » à la Pentecôte et « la sollicitude maternelle de Marie » à l’égard de toute l’Église. La mère du Christ n’a jamais cessé de « prendre soin » des membres de l’Église, comme elle a pris soin du « disciple que Jésus aimait », l′évangéliste Jean. Elle a par conséquent une « mission maternelle » à accomplir.

Une mission rappelée dans le texte choisi pour la nouvelle fête dans l′évangile de saint Jean : « Femme, voici ton Fils (…) voilà ta mère ». C’est d’ailleurs à ce moment de la vie du Christ sur la croix que sont nés les sacrements de l’Église. « L’eau et le sang qui ont jailli du cœur du Christ sur la croix continuent sacramentellement à donner vie à l’Église à travers le Baptême et l’Eucharistie », rappelle le cardinal Sarah.

 

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Cardinal Sarah – Il faut repenser la manière de recevoir la communion

Le cardinal préfet du Culte Divin, Robert Sarah, vient de signer la préface d’un livre qui vient de sortir aujourd’hui en italien et qui dévoile les manigances et les subterfuges qui ont été mis en œuvre pour que la communion dans la main soit autorisée. Et il adresse cette mise en garde : « Pourquoi nous obstiner à communier debout et dans la main ? C’est question importante sur laquelle l’Eglise d’aujourd’hui doit se pencher pour repenser complètement la manière de distribuer la Sainte Communion ». Comment ? A commencer par l’Ange de Fatima jusqu’à Mère Teresa en passant par Jean-Paul II qui tous la recevaient dans la bouche et à genoux.

Les bons docteurs et le magistère de l’Eglise ont trouvé dans le mot « transsubstantiation » un bastion inexpugnable contre les hérésies et en même temps le terme le plus adapté pour décrire l’amour on ne peut plus réel qui est présent dans les saintes espèces, indépendamment des dispositions de l’homme et de sa pensée. Le principe d’immanence, c’est-à-dire l’erreur philosophique selon laquelle ce n’est plus la pensée qui doit s’adapter au réel mais que c’est le réel qui doit être encadré par la pensée, a cherché à infecter même la doctrine Eucharistique : la présence réelle objective (c’est-à-dire l’Amour sans condition) est donc relativisé en fonction de celui qui comprend le signe (transfinalisation) ou de celui qui en est nourri (transsignification).

Recevoir la communion dans la main entraîne nécessairement une grande dispersion de fragments. Au contraire, l’attention aux plus petites miettes, le soin apporté à la purification des vases sacrés, le fait de ne pas toucher l’hostie avec les mains moites deviennent des professions de foi dans la présence réelle de Jésus qui est là même dans les plus petites parties des espèces consacrées : si Jésus est la substance du pain Eucharistique, cela ne fait aucune différence si le morceau d’hostie est petit ou grand : la substance est la même, c’est Lui ! Au contraire le manque d’attention aux fragments fait perdre de vue le dogme et peu à peu la pensée qui prévaut c’est : « si même le curé ne fait pas attention aux fragments, s’il administre la Communion de façon à ce que les fragments puissent être dispersés, alors ça veut dire que Jésus n’est pas vraiment en eux, ou alors qu’il n’y est que jusqu’à un certain point ».

Je voudrais à ce sujet prendre l’exemple de deux grands saints de notre temps : Saint Jean-Paul II et Sainte Teresa de Calcutta. La vie entière de Karol Wojtyla a été marquée par un profond respect pour la Sainte Eucharistie. Il suffit de se rappeler des dernières années de son ministère pétrinien : un homme marqué dans son corps par la maladie qui l’a progressivement conduit de façon irréversible vers une dégradation physique presque totale. Mais malgré qu’il soit épuisé et sans force, Jean-Paul II ne se permettait jamais de s’asseoir face au Saint-Sacrement exposé. Qui ne se souvient avec émotion et affection de ces images du Pape Jean-Paul II, écrasé par la maladie, au bout du rouleau mais toujours à genoux devant le Saint-Sacrement pendant le parcours de la procession du Corpus Domini de Saint-Jean-de-Latran à la Basilique de Sainte Marie Majeure ? Même très malade, le Pape s’est toujours imposé de s’agenouiller devant le Saint-Sacrement. Il était incapable de s’agenouiller et de se lever seul. Il avait besoin d’aide pour plier les genoux et pour se relever. Jusqu’à ses derniers jours, il a ainsi voulu donner une grand témoignage de révérence envers le Saint-Sacrement. Pourquoi sommes-nous aussi orgueilleux et insensibles aux signes de Dieu lui-même nous offre pour notre croissance spirituelle et notre relation intime avec Lui ? Pourquoi ne pas nous agenouiller pour recevoir la Sainte Communion sur l’exemple des saints ? Est-ce vraiment tellement humiliant de se prostrer et de rester à genoux devant le Seigneur Jésus-Christ ? Et pourtant, « ayant la condition de Dieu, […] il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix. » (Ph 2, 6-8).

Mère Teresa elle-même s’abstenait de toucher le Corps transsubstancié du Christ, elle l’adorait plutôt et le contemplait en silence, restant longuement à genoux prostrée devant Jésus Eucharistie. En outre, elle recevait la Sainte Communion en bouche, comme un petit enfant qui ne laissait humblement nourrir par son Dieu. La Sainte était très peinée quand elle voyait des chrétiens recevoir la Sainte Communion dans leurs mains.

Pourquoi nous obstiner à communier debout et dans la main ? Pourquoi cette attitude de manque de soumission aux signes de Dieu ? Qu’aucun prêtre n’ose prétendre imposer sa propre autorité sur cette question en refusant ou en maltraitant ceux qui désirent recevoir la Communion à genoux ou sur la langue : approchons-nous comme des enfants et recevons humblement à genoux et sur la langue le Corps du Christ Les saints nous montrent l’exemple. Ils sont les modèles à imiter que Dieu nous offre !

Extrait du livre : « La distribuzione della comunione sulla mano. Profili storici, giuridici et pastorali » publié chez Cantagalli et préfacé par le Préfet de la Congrégation pour le Culte divin et la discipline des sacrements, le Cardinal Robert Sarah.

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Quand les catéchèses du pape sur la messe sont inspirées du cardinal Sarah et de Benoît XVI

Merci à Paix liturgique pour cette recension

Depuis le mois de novembre 2017, le pape François consacre ses audiences générales du mercredi à la liturgie de la messe. Le 31 janvier 2018, il a prononcé sa huitième catéchèse à ce sujet. Nous vous proposons de parcourir aujourd’hui les différents points qu’il a examinés au cours de ses 4 premières interventions – celles des 8, 15 et 22 novembre 2017 et celle du 13 décembre 2017 – au cours desquelles il a voulu rappeler l’importance de l’assistance à la Sainte Eucharistie. 

1) Audience du 8 novembre 2017 (source)
Nous commençons aujourd’hui une nouvelle série de catéchèses, qui portera le regard sur le « cœur » de l’Église, c’est-à-dire l’Eucharistie. Il est fondamental pour nous chrétiens de bien comprendre la valeur et la signification de la messe, pour vivre toujours plus pleinement notre relation avec Dieu.

Au cours des prochaines catéchèses, je voudrais apporter une réponse à certaines questions importantes sur l’Eucharistie et la messe, pour redécouvrir, ou découvrir, comment à travers ce mystère de la foi resplendit l’amour de Dieu.

À travers ces catéchèses que nous commençons aujourd’hui, je voudrais redécouvrir avec vous la beauté qui se cache dans la célébration eucharistique et qui, une fois dévoilée, donne tout son sens à la vie de chaque personne.

Un thème central que les Pères conciliaires ont souligné est la formation liturgique des fidèles, indispensable pour un véritable renouveau. Et c’est précisément là également le but de ce cycle de catéchèses que nous commençons aujourd’hui : croître dans la connaissance du grand don que Dieu nous a donné dans l’Eucharistie.

Nous ne pouvons oublier le grand nombre de chrétiens qui, dans le monde entier, en deux mille ans d’histoire, ont résisté jusqu’à la mort pour défendre l’Eucharistie ; et ceux qui, aujourd’hui encore, risquent leur vie pour participer à la messe du dimanche.

Si nous ne pouvons pas célébrer l’Eucharistie, nous ne pouvons pas vivre, notre vie chrétienne mourrait. …
L’Eucharistie est un événement merveilleux dans lequel Jésus Christ, notre vie, se fait présent. Participer à la messe signifie vivre encore une fois la passion et la mort rédemptrice du Seigneur.

Il faut enseigner aux enfants à bien faire le signe de la croix. C’est ainsi que commence la messe, c’est ainsi que commence la vie, c’est ainsi que commence la journée. Cela veut dire que nous sommes rachetés par la croix du Seigneur. Regardez les enfants et enseignez-leur à bien faire le signe de la croix.

2) Audience du 15 novembre 2017 (source)
Pour comprendre la beauté de la célébration eucharistique, je désire tout d’abord commencer par un aspect très simple : la messe est prière, elle est même la prière par excellence, la plus élevée, la plus sublime, et dans le même temps la plus « concrète ». En effet, c’est la rencontre d’amour avec Dieu, à travers sa Parole et le Corps et le Sang de Jésus. C’est une rencontre avec le Seigneur.

Prier, comme tout véritable dialogue, est également savoir demeurer en silence – dans les dialogues il y a des moments de silence –, en silence avec Jésus. Quand nous allons à la messe, nous arrivons peut-être cinq minutes à l’avance et nous commençons à bavarder avec celui qui est à côté de nous. Mais ce n’est pas le moment de bavarder : c’est le moment du silence pour nous préparer au dialogue. C’est le moment de nous recueillir dans notre cœur pour nous préparer à la rencontre avec Jésus. Le silence est si important ! Rappelez-vous ce que j’ai dit la semaine dernière : nous n’allons pas à un spectacle, nous allons à la rencontre du Seigneur et le silence nous prépare et nous accompagne.

La première chose nécessaire pour prier est de savoir dire « Père ». Soyons attentifs : si je ne suis pas capable de dire « Père » à Dieu, je ne suis pas capable de prier. … Pour entrer dans le Royaume des cieux il est nécessaire de devenir petits comme des enfants. (…) C’est la première attitude : confiance et confidence, comme un enfant à l’égard de ses parents ; savoir que Dieu se rappelle de toi, prend soin de toi ; de toi, de moi, de tous.

La deuxième prédisposition, elle aussi propre aux enfants, est de se laisser surprendre. (…) Nous laissons-nous surprendre par Dieu qui est toujours le Dieu des surprises ?

Jésus Christ « est victime de propitiation pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier » (1 Jn 2, 2). Ce don, source de véritable consolation – mais le Seigneur nous pardonne toujours, cela console, c’est une véritable consolation – est un don qui nous est donné à travers l’Eucharistie, ce banquet nuptial au cours duquel l’Époux rencontre notre fragilité. Est-ce que je peux dire que lorsque je fais la communion pendant la messe, le Seigneur rencontre ma fragilité ? Oui ! Nous pouvons le dire parce que c’est vrai ! Le Seigneur rencontre notre fragilité pour nous reconduire à notre premier appel : celui d’être à l’image et à la ressemblance de Dieu. Tel est le cadre de l’Eucharistie, telle est la prière.

3) Audience du 22 novembre 2017 (source)
La messe est le mémorial du mystère pascal du Christ. Elle nous rend participants de sa victoire sur le péché et la mort et donne sa pleine signification à notre vie.

Pour comprendre la valeur de la messe, nous devons avant tout comprendre la signification biblique du « mémorial ». (…) Ce n’est pas seulement un souvenir, non, c’est davantage : c’est rendre présent ce qui s’est produit il y a vingt siècles.

L’Eucharistie nous conduit toujours au sommet de l’action du salut de Dieu. (…) « Chaque fois que le sacrifice de la croix, par lequel le Christ, notre agneau pascal, a été immolé, est célébré sur l’autel, l’œuvre de notre rédemption s’effectue. » (Lumen Gentium, 3)

Participer à la messe, en particulier le dimanche, signifie entrer dans la victoire du Ressuscité, être éclairés par sa lumière, réchauffés par sa chaleur. À travers la célébration eucharistique, l’Esprit Saint nous rend participants de la vie divine qui est capable de transfigurer tout notre être mortel. Et dans son passage de la mort à la vie, du temps à l’éternité, le Seigneur Jésus nous entraîne nous aussi avec lui pour faire la Pâque. Pendant la messe, on fait la Pâque. À la messe, nous sommes avec Jésus, mort et ressuscité, et il nous entraîne vers la vie éternelle. À la messe, nous nous unissons à lui. Ou plutôt, le Christ vit en nous et nous vivons en lui.

La messe, c’est cela : entrer dans cette passion, cette mort, cette résurrection et cette ascension de Jésus ; quand nous allons à la messe, c’est comme si nous allions au calvaire, c’est la même chose.

Quand nous entrons dans une église pour célébrer la messe, pensons à cela : j’entre au calvaire, où Jésus donne sa vie pour moi. Et ainsi, le spectacle disparaît, les bavardages disparaissent.

La participation à l’Eucharistie nous fait entrer dans le mystère pascal du Christ, nous donnant de passer avec lui de la mort à la vie, c’est-à-dire là, sur le calvaire. La messe, c’est revivre le calvaire, ce n’est pas un spectacle.

4) Audience du 13 décembre 2017 (source)
Nous nous demandons aujourd’hui : pourquoi aller à la messe le dimanche ?

La célébration dominicale de l’Eucharistie est au centre de la vie de l’Église. Nous, chrétiens, allons à la messe le dimanche pour rencontrer le Seigneur ressuscité ou, mieux, pour nous laisser rencontrer par Lui, écouter sa parole, nous nourrir à sa table, et devenir ainsi Église, c’est-à-dire son Corps mystique vivant dans le monde.

Le dimanche est un jour saint pour nous, sanctifié par la célébration eucharistique, présence vivante du Seigneur parmi nous et pour nous. C’est donc la messe qui fait le dimanche chrétien ! Le dimanche chrétien tourne autour de la messe. Quel dimanche cela est-il, pour un chrétien, s’il manque la rencontre avec le Seigneur ?

Certaines sociétés sécularisées ont égaré le sens chrétien du dimanche illuminé par l’Eucharistie. Cela est un péché !

Sans le Christ, nous sommes condamnés à être dominés par la fatigue du quotidien, avec ses préoccupations, et par la peur du lendemain. La rencontre du dimanche avec le Seigneur nous donne la force de vivre l’aujourd’hui avec confiance et courage et d’aller de l’avant avec espérance.

En conclusion, pourquoi aller à la messe le dimanche ? Il ne suffit pas de répondre que c’est un précepte de l’Église ; cela aide à en préserver la valeur, mais cela seul ne suffit pas. Nous, chrétiens, avons besoin de participer à la messe du dimanche parce que ce n’est qu’avec la grâce de Jésus, avec sa présence vivante en nous et parmi nous, que nous pouvons mettre en pratique son commandement, et être ainsi ses témoins crédibles.

LES RÉFLEXIONS DE PAIX LITURGIQUE 

1) Le premier point important de cette catéchèse du pape c’est tout banalement son existence. Le pape François apparaît aux yeux de beaucoup comme uniquement préoccupé des questions sociales et politiques. Pourtant, le voici qui consacre, dans l’écrin le plus adapté qui soit, celui des audiences publiques du Vatican, son magistère à l’Eucharistie, « cœur » de la vie de l’Église. Et que dit-il en ouverture de cette série d’interventions ?
a- Que la messe est un « mystère de la foi » dont la beauté, « une fois dévoilée, donne tout son sens à la vie de chaque personne ».
b- Qu’elle est un « don de Dieu » dans le quel Notre Seigneur Jésus-Christ « se fait présent ».
c- Que sans la messe « notre vie chrétienne mourrait ».
d- Qu’elle commence par « le signe de la croix » pour nous rappeler qu’y participer « signifie vivre encore une fois la passion et la mort rédemptrice du Seigneur ».

2) Le pape nous rappelle que la découverte de la beauté de la Sainte Eucharistie n’est possible qu’à travers la prière. La messe est même la prière « par excellence » puisqu’elle est « rencontre d’amour avec Dieu, à travers sa Parole et le Corps et le Sang de Jésus ». À cette rencontre avec le Seigneur, nous devons nous préparer par le silence car « nous n’allons pas à un spectacle, nous allons à la rencontre du Seigneur ». Le silence, en outre, nous prépare à retrouver notre âme d’enfants et à faire preuve d’humilité devant Celui qui est notre Père pour nous laisser « surprendre par Dieu ». L’éloge appuyé du silence dans la liturgie est d’autant plus intéressant qu’il semble directement inspiré des réflexions développées par le cardinal Sarah, Préfet du Culte divin, dans son ouvrage « La force du silence ».

3) « Quand nous allons à la messe, c’est comme si nous allions au calvaire, c’est la même chose ». Le pape renoue avec un thème que l’on rencontre dans la catéchèse de Paul VI et de Jean-Paul II : célébrer la messe, dit-il, « ce n’est pas seulement un souvenir, non, c’est davantage : c’est rendre présent ce qui s’est produit il y a vingt siècles ». Thème important, mais dont nous avons remarqué dans notre lettre 623, qu’il est plus faible que le message doctrinal de Trente appuyé sur la messe traditionnelle. Celui-ci enseigne que la messe rend présent le Corps et le Sang du Christ, et que cette double consécration reproduit de manière sacramentelle mais réellement sacrificielle, hic et nunc, le sacrifice de la Croix. Si donc on prend la peine d’interpréter la parole du pape : « La messe, c’est revivre le calvaire, ce n’est pas un spectacle », à la lumière de la doctrine et de le liturgie traditionnelles, elle prend une bien plus grande force.

4) Enfin, parce que la messe est « au centre de la vie de l’Église », le pape rappelle l’importance de sanctifier le dimanche, jour de notre rencontre avec le Seigneur. Au passage, il fustige les « sociétés sécularisées » qui ont oublié « le sens du dimanche chrétien » et insiste sur le fait que seule la messe « fait le dimanche chrétien ».

5) Nous n’ignorons pas qu’il règne une grande confusion à Rome et que celle-ci s’étend aussi à la liturgie comme l’ont montré les résistances à l’œuvre du pape Benoît XVI. Sans relativiser les dommages doctrinaux et disciplinaires actuels, nous voudrions faire remarquer qu’ils ne font en réalité que porter à un degré supérieur la crise qui frappe depuis un demi-siècle l’Église. Cependant, parce que l’Église a les paroles de la vie éternelle, la grâce et la vérité ont toujours coulé, et coulent encore, de leur source romaine, même si c’est parfois comme un filet en pleine sécheresse. Par cette série de catéchèses du mercredi sur le sens du sacrifice eucharistique, le pape François a jusqu’ici choisi de s’inspirer de l’enseignement dispensé par le pape Benoît XVI comme par le cardinal Sarah. Il est bon, dans le brouhaha médiatique qui entoure ce pontificat, de le relever et de s’en féliciter.

 

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Belgique – Interview du cardinal Sarah – L’Eglise aujourd’hui affronte la question de sa fidélité à Jésus

Les 6 et 7 février, le cardinal Robert Sarah, préfet de la congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, était en Belgique. Il a accordé un entretien exclusif à Cathobel*. Homme profondément spirituel, le cardinal Sarah développe une vision traditionnelle de la foi et porte un regard très critique sur l’évolution de la civilisation occidentale.

Quels sont aujourd’hui, selon vous, les principaux défis que doit relever l’Eglise catholique, en particulier en Europe occidentale ?

Je crois que l’Eglise affronte aujourd’hui de grandes questions. D’abord, sa fidélité à Jésus, à son Evangile, sa fidélité à l’enseignement qu’elle a toujours reçu des premiers papes, des conciles. C’est le grand défi aujourd’hui. Ce n’est pas évident, parce que l’Eglise désire s’adapter à son milieu, à la culture moderne.

Le deuxième défi, c’est la foi. La foi a chuté, non seulement au niveau du Peuple de Dieu, mais même parmi les responsables d’Eglise, on peut se demander quelquefois si nous avons vraiment la foi. A Noël, un prêtre, pendant la messe du dimanche, a dit aux chrétiens : « Aujourd’hui, nous n’allons pas réciter le ‘Je crois en Dieu’, parce que moi, je n’y crois plus. Nous allons chanter un chant qui va exprimer notre communion ensemble. » Je pense qu’aujourd’hui, il y a une grande crise de foi, une grande crise aussi de notre relation personnelle à Dieu.

Après son élection, le pape Benoît XVI, qui percevait les grands défis de l’Eglise, a immédiatement voulu une année saint Paul. Il voulait ainsi nous amener à avoir une relation personnelle avec Jésus. La vie de cet homme, qui persécutait l’Eglise, a été totalement transformée quand il a rencontré Jésus. Il a dit : « Je vis, mais ce n’est plus moi qui vit, c’est le Christ qui vit en moi. Pour moi, vivre, c’est le Christ. »

Ensuite, Benoît XVI a voulu une année consacrée au sacerdoce. Il y a aussi une grande crise sacerdotale. Non parce qu’il n’y a pas assez de prêtres. Au VIIe siècle, le pape Grégoire le Grand disait déjà qu’il y avait trop de prêtres. Aujourd’hui, il y a 400.000 prêtres. Mais est-ce que les prêtres vivent vraiment leur vocation ? Enfin, Benoît XVI a voulu une année de la foi. Ce sont là les trois grands défis de l’Eglise aujourd’hui.

Comment les chrétiens peuvent-ils davantage découvrir Dieu, et le faire (re)découvrir par celles et ceux qui ne le connaissent pas, ou plus ?

Comment découvre-t-on une amitié ? C’est dans la relation. Un ami, je le connais de plus en plus si je le fréquente réellement et en profondeur. Eh bien, Jésus, Dieu, nous le connaissons et nous avons une relation avec lui si nous prions. Or, je crois qu’on discute beaucoup, mais qu’on prie peut-être peu. Je pense qu’une des façons de redécouvrir Dieu et d’avoir une relation personnelle avec lui, c’est la prière, la prière silencieuse, la prière qui est uniquement un vis-à-vis. La prière, ce n’est pas dire des choses, c’est se taire pour écouter Dieu qui prie en nous. Saint Paul dit : « Nous ne savons pas prier. » Laissons l’Esprit Saint nous envahir et prier. Il crie en nous : « Abba, Père« . Et la plus belle prière, c’est le « Notre Père ».

Sa Parole est également un moyen pour entrer en relation avec Dieu. Sa Parole, c’est Lui-même qui est là, c’est Dieu qui s’est exprimé, et, en lisant sa Parole, nous connaissons davantage son Cœur. Nous connaissons ses grandes ambitions pour l’homme. Il voudrait que nous soyons saints comme Lui, notre Père, est saint.

Nous pouvons également entrer en relation avec Dieu à travers les mystères des sacrements. Les sacrements, ce sont les moyens que Dieu a inventés pour que nous soyons réellement en lien avec lui. Quand je suis baptisé, comme disait le pape Benoît XVI, je suis plongé dans la Trinité. Quand je reçois le corps du Christ, c’est vraiment le Christ qui vient en moi et je suis en lui. Par la confession, on rétablit les liens qui étaient cassés entre un homme et Dieu. Donc, tous les moyens sont là pour que l’homme puisse retrouver Dieu en vérité.

Depuis fin 2014, vous aidez le pape à veiller sur la vie liturgique de l’Eglise. En quoi la liturgie, principalement l’eucharistie, est-elle si importante pour l’Eglise ?

L’eucharistie est le sommet et la source de la vie chrétienne. Sans eucharistie, on ne peut pas vivre. Jésus a dit : « Sans moi, vous ne pouvez pas vivre. » C’est pourquoi il faut célébrer l’eucharistie avec beaucoup de dignité. Ce n’est pas un rassemblement entre amis, ce n’est pas un repas qu’on prend de manière légère, c’est vraiment Dieu qui se donne à nous, pour qu’Il reste avec nous. Dieu est notre vie, Dieu est notre nourriture, Dieu est tout pour nous. Et il veut manifester cela dans l’eucharistie. L’eucharistie doit être quelque chose de tellement sacré, de tellement beau !

Mon dicastère essaie de promouvoir cette beauté de la liturgie. La liturgie n’appartient à personne, elle n’appartient pas à l’évêque, ni au prêtre, qui ne peut décider de faire ceci ou cela. Il doit suivre ce qu’indiquent les rubriques, ce qu’indique la liturgie, les lois de l’Eglise. C’est une forme d’obéissance. Il y a peut-être des choses qui me gênent, qui me paraissent dépassées, mais je les fais parce que c’est le Seigneur qui le demande.

Nous essayons de faire comprendre que la liturgie est un grand cadeau fait aux chrétiens, qui se doivent de conserver ce qui a toujours été vécu. On s’adapte au moment d’aujourd’hui, on peut s’exprimer et chanter dans nos langues. L’inculturation est possible, mais il faut bien la comprendre. Il ne s’agit pas de mettre de la poudre sur le christianisme, une poudre africaine, une poudre asiatique… L’inculturation, c’est laisser Dieu pénétrer ma culture, laisser Dieu pénétrer ma vie. Et quand Dieu pénètre ma vie, il ne me laisse pas intact, il me transforme. C’est comme l’incarnation : Dieu a pris notre humanité, non pas pour nous laisser à l’horizontale mais pour nous élever à lui. Saint Irénée a dit : « Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu« . La liturgie, justement, nous fait devenir Dieu, parce que nous communions avec lui, et c’est pourquoi il est également important de soigner le silence dans la liturgie. On demandait à Romano Guardini (théologien allemand du XXe siècle, ndlr.) : « Quand commence vraiment la vie liturgique ?« . Il répondait : « Par l’apprentissage du silence« .

Depuis une cinquantaine d’années, notre civilisation occidentale s’éloigne de ses racines chrétiennes, ce qui implique des changements importants dans la vision de l’homme et de la société. Est-ce que, pour vous, l’Occident est en train de perdre son âme ?

Non seulement l’Occident est en train de perdre son âme, mais il est en train de se suicider. Parce qu’un arbre qui n’a plus de racines est condamné à la mort. Je pense que l’Occident ne peut pas renoncer à ses racines qui ont créé sa culture, ses valeurs. Je pense que c’est une crise, mais toute crise finit un jour, nous l’espérons en tout cas.

Il y a des choses ahurissantes qui se passent en Occident. Je pense qu’un parlement qui autorise la mort d’un enfant innocent, sans défense, est une grave violence faite contre la personne humaine. Quand on impose l’avortement, surtout aux pays en voie de développement, en leur disant que, s’ils ne le font pas, on ne les aidera plus, c’est une violence. Ce n’est pas étonnant. Dès qu’on a abandonné Dieu, on abandonne l’homme, on n’a plus de vision claire de l’homme. Il y a une grande crise anthropologique aujourd’hui en Occident. Et cela mène à traiter la personne comme un objet.

Je suis certain que, si l’Occident, si l’Europe renonce absolument à son identité chrétienne, la face du monde changera tragiquement. Vous avez été amenés à apporter la civilisation chrétienne en Asie, en Afrique… et vous ne pouvez pas dire d’un seul coup que ce que vous nous avez donné n’a aucune valeur. Parmi les jeunes, on voit apparaître une certaine opposition à cette manière de de traiter l’homme. Il faut prier pour que l’Occident reste ce qu’il est.

En 2012, l’Eglise catholique a célébré les cinquante ans de l’ouverture du Concile Vatican II. Peut-on dire aujourd’hui que le Concile Vatican II a été effectivement appliqué dans l’Eglise ?

Je ne peux que vous répéter ce que Benoît XVI a dit. Il y a deux conciles. D’une part, le vrai concile, qui a donné des textes, et d’autre part le concile des médias, qui ont commenté les textes du concile ; et les gens ne connaissent que le concile des médias. Et donc, on a négligé d’aller aux textes. Je prends par exemple la liturgie. Aujourd’hui, on applique la liturgie, mais sans aller au texte, Sacrosanctum Concilium (Constitution du concile Vatican II sur la liturgie, ndlr.)

Par exemple, au numéro 22, au paragraphe 3, il est dit qu’aucun prêtre ne peut ni changer, ni modifier, ni retrancher ce qui est écrit dans les livres sacrés. Mais aujourd’hui, on improvise, on invente des choses, donc on ne peut pas dire qu’on applique le concile. Je pense que nous avons encore beaucoup à faire pour connaître le concile. C’est-à-dire aller aux textes, et essayer de les vivre comme si c’étaient des textes révélés, parce que c’est l’Esprit Saint qui était présent durant ce concile.

Dans le domaine de la liturgie, il y a eu beaucoup d’abus. Beaucoup ont cru qu’ils pouvaient inventer de nouvelles liturgies, alors qu’il y a une continuité à maintenir. Il n’y a aucune rupture dans l’Eglise, il y a toujours une continuité. Le concile a effectivement provoqué une autre vision de la place de l’Eglise par rapport au monde, mais je pense que si on avait respecté les textes, nous ne vivrions pas ce que nous vivons aujourd’hui.

La réforme liturgique voulait que tous ceux qui croient au Christ soient unis en vivant bien la liturgie, et que tous ceux qui ne croient pas au Christ viennent dans l’Eglise de Dieu. Mais, en vérité, il y en a qui partent de l’Eglise, et ceux qui ne connaissent pas le Christ ne viennent pas non plus. Il y a des choses qui ont été bien appliquées, mais nous avons appliqué le concile comme nous l’avons voulu, sans aucune règle.

Le pape François a entamé certaines réformes dans l’Eglise. Est-ce que l’Eglise doit être constamment réformée ? Et si oui, en quel sens ?

Oui, parce que l’Eglise est formée des pauvres pécheurs que nous sommes. Donc, nous avons toujours besoin d’une conversion, de nous réformer. Je ne pense pas que cette réforme concerne uniquement les structures de l’Eglise. Parce que si les structures sont bien réorganisées, il faut encore qu’elles fonctionnent bien. Or, ce sont les hommes qui les font fonctionner. Et si nous-mêmes ne sommes pas réformés, changés, il n’y a pas de réforme.

Et puis, il y a deux façons de réformer l’Eglise. Ou on réforme l’Eglise à la manière de Luther, en critiquant l’Eglise, en l’abandonnant. Ou bien, nous pouvons réformer l’Eglise à la manière de saint François d’Assise, par la radicalité de l’Evangile, la pauvreté radicale. Or, c’est cela la vraie réforme de l’Eglise : vivre pleinement l’Evangile, vivre pleinement ce que nous avons reçu de Jésus-Christ et de la tradition.

Je pense que la vraie réforme est cet appel constant à la conversion. La vraie réforme, c’est ce que nous dit le concile, c’est l’appel universel à la sainteté. La beauté de l’Eglise, ce sont les saints. Le printemps de l’Eglise, ce sont les saints qui le réalisent. Ce n’est pas le nombre des chrétiens, ce ne sont pas les nouvelles structures que nous faisons, mais la sainteté de la vie chrétienne.

Quel est le cœur du christianisme ?

C’est « Dieu est Amour ». Et l’amour est exigeant. L’amour vrai va jusqu’à la mort. Aimer vraiment, c’est mourir. L’exemple nous est donné par Jésus. Il nous a aimé jusqu’à la fin, jusqu’à donner sa vie. Si nous arrivions à vivre pleinement selon cet exemple de Dieu qui se révèle comme le Dieu d’amour, et qui veut que nous soyons nous-mêmes amour, parce que nous sommes Christ, nous arriverions à changer le monde. Dieu est Amour. C’est le cœur du christianisme.

Propos recueillis par Christophe HERINCKX

*Retrouvez l’intégralité de cette interview sur www.cathobel.be, ainsi que l’entretien que le cardinal Sarah a accordé à l’hebdomadaire Tertio

Source Cathobel

Doctrine / Formation

La prière consiste à …. Réponse du cardinal Sarah

« Si l’homme ne possède pas de puits, il ne peut puiser d’eau. De la même manière, sans la prière, l’homme se dessèche car il n’a plus ni profondeur, ni intériorité, ni fontaine pour irriguer sa vue. La prière ouvre sur un oasis sans limites […]

En fait, la prière consiste finalement à se taire pour écouter Dieu qui nous parle et pour entendre l’Esprit-Saint qui parle en nous. Je crois  important de dire que nous ne savons pas  et ne pouvons pas prier seuls : c’est l’Esprit-Saint qui prie en nous et pour nous. Saint Paul nous dit : «  L’Esprit en personne se joint à notre esprit  pour attester que nous sommes enfants de Dieu ». Il poursuit : « Pareillement, l’Esprit vient au secours de notre faiblesse. Car nous ne savons que demander pour prier comme il faut. Mais l’Esprit lui-même intercède pour nous dans des gémissements ineffables. Celui qui sonde les cœurs sait quel est le désir de l’Esprit-Saint » (Rm 8, 16-26).

Bien sûr, il ne fait aucun doute que les hommes doivent parler à Dieu ; mais la véritable prière laisse Dieu libre de venir à nous selon sa volonté. Nous devons savoir l’attendre dans le silence. Il faut durer dans le silence, dans l’abandon  et dans la confiance. Prier, c’est savoir se taire longtemps ; nous sommes si souvent sourds, distraits par nos paroles […]

Hélas, il n’est pas évident que nous sachions écouter l’Esprit-Saint qui prie pour nous. Plus nous persévérerons dans le silence, plus nous aurons la chance d’écouter le  murmure de Dieu. Souvenons-nous que le prophète Elie est resté longtemps caché dans une grotte avant d’entendre le doux murmure du Ciel. Oui, je le redis, la prière consiste d’abord à rester longtemps silencieux. Il nous faut souvent nous blottir auprès de la Vierge du silence pour lui demander demander de nous obtenir la grâce du silence de l’amour et de la virginité intérieure, c’est-à-dire une pureté du cœur et une disponibilité à l’écoute qui bannit toute présence qui n’est pas celle de Dieu. L’Esprit-Saint est en nous, mais nous sommes souvent remplis d’orchestres qui couvrent sa voix…

Je crois que la prière appelle en quelque sorte une absence de mots, car le seul langage que Dieu entende vraiment est le silence de l’amour. La contemplation des saints se nourrit exclusivement d’un face à face avec Dieu dans l’abandon. Il n’y a de fécondité spirituelle que dans un silence virginal, qui ne soit pas mêlé de trop de mots et de bruit intérieur. Il faut savoir se mettre à nu devant Dieu, sans fard. La prière a besoin de l’honnêteté d’un cœur sans tache. La virginité est l’essence même de l’absolu où Dieu nous garde […]

Lorsque Jean-Paul II priait, il était abîmé en Dieu et pris par une présence invisible, comme un roc qui semblait totalement étranger à ce qui se passait autour de lui. Karol Wojtyla était toujours à genoux devant Dieu, immobile, pétrifié, et comme mort dans le silence devant la grandeur de son Père. En pensant à ce saint successeur de Pierre, je me remémore souvent cette phrase de Jean de la Croix dans la Montée au Carmel : « Pour jouir de l’union divine, tout ce qui est dans l’âme, grand ou petit, peu ou beaucoup, doit mourir » […]

Ainsi, je pense depuis longtemps que la prière ne peut prendre corps que dans la nuit. Dans l’obscurité, nous ne sommes illuminés que par Dieu. Comme Jacob, et à l’exemple des moines, il est important d’apprendre à prier en pleine nuit, alors que toute la création cherche le sommeil. La prière de la nuit nous replonge dans les ténèbres de la mort de Jésus-Christ, que nous commémorons au cours des célébrations de la nuit pascale. Alors, selon Thomas Merton dans Le Signe de Jonas, « l’obscurité sera comme une fontaine d’où nous sortirons lavés et illuminés, non plus séparés mais unis dans le Christ ressuscité ».

Par la prière, l’homme est recréé dans l’immensité de Dieu ; elle est une petite anticipation de l’éternité. Par la prière, nous ressemblons au Christ qui aimait se recueillir toute la nuit : « Or il advint, en ces jours-là, qu’il s’en alla dans la montagne pour prier, et il passait toute la nuit à prier Dieu » (Lc, 6, 12).

(Extrait de Robert Sarah, Dieu ou rien, Fayard, 2015, pp 299 et sq.)

 

Source (et merci) Belgicatho

A la une #NLQ #Rome

Pour Mgr Victor Manuel Fernandez, les cardinaux Muller et Sarah font comme si le pape n’était pas pape

Nous relevons depuis quelques temps les tensions grandissantes au sein même de la Curie. ce n’est pas nouveau et les historiens auraient sans doute peu de peine à montrer qu’il en a toujours été ainsi. Mais chaque époque est tendue à sa manière et les conflits, attaques et autre coups plus ou moins avouables, nous disent quelque chose de la réalité ecclésiale du moment. 

Celle de 2018 est une crispation autour de la personne même du pape. une tension qui cristallise des camps aux contours et aux alliances multiformes et mouvants. Intérêts de pouvoir, lignes de front théologique, conflits de personnes, rien n’épargne la maison de Saint-Pierre.

En voici un nouveau soubresaut, assez frontal et, selon les nouvelles habitudes cléricales, médiatique.

Mgr Victor Manuel Fernandez vient de publier une tribune dans le journal argentin La Nacion pour dénoncer l’attitude du cardinal Sarah et du cardinal Müller qui agissent, selon lui, comme si François n’était pas pape. Recteur de l’université catholique d’Argentine, archevêque « ad personam » par la grâce du pape François, auteur d’un livre sur le baiser intitulé Guéris-moi avec ta bouche, celui qu’on appelle familièrement « Tucho » Fernandez a fortement influencé la rédaction d’Amoris laetitia comme le montre la conformité de ses écrits antérieurs avec les passages les plus controversés de l’exhortation. Il est à 100 % derrière les nouveautés du pape François. En s’en prenant à deux cardinaux connus pour leur classicisme mais qui n’ont jamais qualifié ces enseignements d’inacceptables, fût-ce par le biais de Dubia, le prélat argentin laisse deviner une escalade dans l’entreprise de déstabilisation.

 

Lire l’article sur Reinformation.TV

A la une #NLQ

L’édito – Fake news ou quand le monde préfère créer un mensonge pour ne pas se retrouver face à la vérité

 

 

 

Combattre les fake news est devenu le dernier chic à la mode. Pourtant, les fausses nouvelles ne datent pas de la trêve des confiseurs 2017. Outre le fait qu’il pourrait bien y avoir une récupération politique à des fins liberticides, il n’est pas impossible que cette nouvelle lubie soit l’avatar ultime de la peur du silence qui impose, par nature, de se confronter au réel que le bruit cherche bien souvent à masquer. Notre monde, c’est indéniable a un très gros problème avec la vérité. Elle lui fait peur, elle le dérange, parce que, par une de ces bizarreries de l’esprit humain, la vérité apparait comme dangereuse pour son bonheur. Ce qui sous-entend que l’homme cherche son bonheur ailleurs dans le réel, puisqu’il préfère nier le lien entre vérité et bonheur. De là a construire un monde et un homme virtuels, il n’y a qu’un pas que plus aucune digue ne retient de nos jours. Ce que le cardinal Sarah exprime en ces termes dans son livre sur le silence (n 74) «  Dans ce théâtre d’ombres, il ne reste qu’une blessure purulente de mots mécaniques, sans relief, sans vérité, sans fondement. Bien souvent la vérité n’est plus qu’une pure et fallacieuse création médiatique corroborée par des images et des témoignages fabriqués. Dès lors, la parole de Dieu s’efface, inaccessible et inaudible. (…) Le bruit veut empêcher Dieu Lui-même de parler. Dans cet enfer du bruit, l’homme se désagrège et se perd ; il est morcelé en autant d’inquiétudes, de fantasmes et de peurs. » N’avons-nous pas ici une formidable analyse de la fake news ? A ceci près cependant, que pour la doxa moderne, une fake news est d’abord ce qui ne correspond pas à cette vérité créée dont parle le cardinal Sarah.

Et pourtant, dans ce brouhaha mensonger, il nous appartient non seulement de faire entendre, mais de rendre audible la parole de Vérité qu’est le Christ. Tâche difficile dans un monde où tout est relativisé et où le syndrome de la fake news rend toute vérité suspecte. Tâche titanesque quand on considère la distance qui chaque jour s’accroît entre le monde virtuel imposé par les medias, les politiques et d’autres intérêts financiers ou idéologiques et la vérité pourtant intangible qui, elle ne peut pas ne pas être. Mais le Christ envoie ses disciples porter la Parole, c’est-à-dire Lui-même. Alors, semons, aplanissons les routes, prions, défendons la vérité et non une vérité revisitée et … à la grâce de Dieu.

 

Cyril Brun, rédacteur en chef.