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Pape François : un effort collectif est nécessaire pour contrer les addictions

Comment prévenir les addictions aux drogues chimiques, à internet ou au sexe ? Au Vatican, une conférence internationale a réuni 450 experts cette semaine pour réfléchir à la manière dont ces dépendances affectent le développement humain et sur la manière d’accompagner ceux qui sont sortis du « tunnel de la drogue ». Ce samedi matin, le Pape a interpellé les acteurs politiques, les assurant du soutien de l’Église pour contrer ce fléau.

 

Comment ne pas être interpellé par « les dynamiques socio-culturelles et par les formes pathologiques qui dérivent d’un climat culturel sécularisé, marqué par un capitalisme consumériste, l’autosuffisance, la perte des valeurs, un vide existentiel, la précarité des liens et des relations » ? Du temps de Buenos Aires, le cardinal Bergoglio n’avait eu de cesse d’accompagner les victimes du Paco. La drogue bon marché faisait des ravages dans les bidonvilles argentins.

La drogue est une « blessure » qui emprisonne tant de personnes dans ses filets ; des victimes qui ont perdu leur liberté pour se retrouver esclaves d’une « dépendance chimique » qui nuit à la santé, la vie et à la société, affirme-t-il.

Santé, accompagnement et éducation

Si tous sont appelés à agir pour contrer « la production, l’élaboration et la distribution de drogue », François exhorte en particulier les gouvernements. C’est leur « devoir » de combattre « avec courage » « les trafiquants de mort ». Le Pape évoque également cet « espace virtuel » « risqué » qu’est internet. Les jeunes y sont attirés et plongent dans un esclavage dont il est difficile de sortir. Ils perdent le sens de la vie et parfois la vie elle-même. L’Eglise estime qu’il faut de instaurer manière urgente une forme d’humanisme qui remette la personne humaine au centre du discours socio-économico-culturel ; un humanisme dont le fondement est « l’Évangile de la Miséricorde ».

A partir de là, les chrétiens sont invités à mettre en place une action pastorale vraiment efficace afin de soulager, soigner et guérir les si nombreuses souffrances liées aux multiples formes d’addictions.

Au côté de la société civile, d’institutions nationales et internationales, l’Église est activement engagée, dit le Pape, dans la prévention, les soins, la réhabilitation des personnes dépendantes. Car pour triompher de ce mal, estime-t-il, « une politique isolée » ne fonctionnera pas. Un effort collectif des acteurs locaux portant notamment sur la santé, le soutien aux familles et l’éducation, est nécessaire, ainsi qu’une « meilleure coordination des politiques anti-drogue et anti-dépendance » afin de créer « un réseau de solidarité et proximité » avec les malades, pour qu’ils puissent « à leur tour » apaiser les souffrances de leurs frères.

Source : Vatican News

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Dicastère pour le développement humain intégral – Un an, bilan et perspectives

Au terme d’une année d’activité du Dicastère pour le service du développement humain intégral, entré en fonction le 1er janvier 2017, le cardinal Peter Turkson tire un bilan et évoque les grandes lignes d’action futures.

Le préfet du dicastère qui a rassemblé les compétences des Conseils pontificaux Justice et Paix, Cor Unum, Pastorale des Migrants et de la Santé, évoque les principales activités à l’antenne de Vatican Media en anglais, ce 5 janvier 2018 : il s’est agi de regrouper les anciens conseils pontificaux ; d’accompagner les équipes dans cette restructuration ; de trouver un siège, qui est pour l’instant “encore en construction” ; d’organiser des rencontres avec les Conférences épiscopales pour expliquer les objectifs du dicastère.

Le cardinal Turkson s’arrête notamment sur l’action du dicastère au service de l’environnement, en s’appuyant sur l’encyclique “Laudato Si” : un document qui est, selon le cardinal ghanéen, un « grand exemple d’action collégiale » car le pape cite de nombreuses conférences épiscopales, « suggérant qu’il enseigne avec les conférences des évêques locales ».

Pour 2018, le préfet souhaite organiser « une petite retraite » pour les responsables du dicastère, un temps de prière mais aussi d’apports d’experts. Le dicastère entend également poursuivre ses aides aux Eglises locales, en encourageant l’autonomie et les investissements éthiques afin de ne pas tout attendre des donations.

 

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Journée mondiale du tourisme – Message du cardinal Turkson

« L’Église offre sa contribution, en lançant des initiatives qui placent réellement le tourisme au service du développement intégral de la personne », explique le cardinal Turkson dans un message poru la Journée mondiale du tourisme.

Le Saint-Siège publie, ce 1er août 2017, ce message pour la Journée mondiale du Tourisme 2017, et en date du 29 juin 2017, et signé par le cardinal Peter Kodwo Appiah Turkson, préfet du Dicastère pour le Service du Développement Humain Intégral.

Cette Journée, promue par l’ONU, se fête tous les ans le 27 septembre, en l’anniversaire  de l’adoption des statuts de l’OMT , le 27 septembre 1970. « Son objectif est de rendre la communauté internationale plus consciente de l’importance du tourisme et de sa valeur sociale, culturelle, politique et économique. Cet événement est l’occasion de souligner la contribution de l’industrie touristique à la réalisation des objectifs de développement durable« , indique l’ONU.

Le thème de 2017 est : « Le tourisme durable – outil de développement ». Une conférence aura lieu à Doha, au Qatar, le 27 septembre 2017, dans le cadre de l’Année internationale du tourisme durable pour le développement 2017.

Pour le cardinl Turkson, il faut « parler de« tourisme à visage humain », qui se réalise en projets de « tourisme de communauté », « de coopération », « de solidarité », ainsi que dans la mise en valeur du grand patrimoine artistique qui est une véritable « voie de la beauté » ».

Voici le texte intégral du message du cardinal Turkson, du Ghana, dans la traduction officielle du Vatican.

AB

“Tourisme durable : un instrument au service du développement”

1.À l’occasion de la Journée Mondiale du Tourisme, qui comme d’habitude sera célébrée le 27 septembre prochain, l’Église s’unit à la société civile pour s’intéresser à ce phénomène, convaincue que toute activité authentiquement humaine doit trouver une place dans le cœur des disciples du Christ.1

Pour la première fois, ce message est publié par le nouveau Dicastère pour le Service du Développement Humain Intégral, étant donné que cela fait partie de sa mission.

L’Assemblée générale des Nations-Unies a proclamé l’année 2017 « Année internationale du tourisme durable pour le développement ». À juste titre, l’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT) a fait sienne cette décision en choisissant comme titre pour la Journée de 2017 : « Tourisme durable : un instrument au service du développement ».

2.Quand nous parlons de tourisme, nous faisons référence à un phénomène d’une grande importance, tant par le nombre de personnes concernées (voyageurs et travailleurs) que par les nombreux bienfaits et bénéfices qu’il peut offrir (aussi bien économiques que culturels et sociaux), mais aussi à cause des risques et des dangers qu’il peut représenter dans de nombreux domaines. Selon le dernier baromètre de l’Organisation Mondiale du Tourisme, se rapportant à l’année 2016, le nombre d’arrivées touristiques internationales s’élève à environ 1 milliard 235 millions. Au niveau mondial, le secteur représente 10 % du PIB et 7 % du total des exportations, compte tenu qu’un emploi sur 11 se situe dans le secteur du tourisme. Celui-ci occupe donc une place importante dans les économies des différents États et dans les politiques qui tendent au développement inclusif et à la durabilité environnementale au niveau global.

3.Le tourisme peut être un important instrument pour la croissance et pour la lutte contre la pauvreté. Cependant, selon la doctrine sociale de l’Église, le développement véritable « ne se réduit pas à la simple croissance économique »De fait, pour être authentique il « doit être intégral », c’està-dire « promouvoir tout homme et tout l’homme », comme le relève la Lettre encyclique Populorum progressio.2 Dans cette même ligne, Paul VI soulignait, par conséquent, la nécessité de promouvoir un « humanisme plénier », comprenant les exigences matérielles et spirituelles pour la maturation de chaque personne dans sa propre dignité.3Vingt ans plus tard, en 1987, l’ONU introduisait le concept de développement durable comme « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs  ».4 Pour l’Église, le concept d’intégralité, conjugué à l’expression « développement humain », permet d’inclure aussi la durabilité dont parlent les Nations Unies, en englobant tous les aspects de la vie : social, économique, politique, culturel, spirituel, en les intégrant en une synthèse unique, la personne humaine.

L’OMT a appliqué ces idées pour promouvoir le « tourisme durable ».5 Cela signifie qu’il doit être responsable, ni destructeur ni nuisible à l’environnement et, pour le contexte socioculturel sur lequel il exerce une incidence, en particulier vis-à-vis des populations et de leur patrimoine, il se doit de tendre à la sauvegarde de la dignité personnelle et des droits du travail et, enfin, d’être attentif aux personnes les plus défavorisées et vulnérables. De fait, le temps des vacances ne peut être un prétexte ni à l’irresponsabilité, ni à l’exploitation : au contraire, ce doit être un temps noble, dans lequel chacun peut ajouter de la valeur à sa propre vie et à celle des autres. Le tourisme durable est aussi un instrument de développement pour les économies en difficulté s’il devient le véhicule de nouvelles opportunités et non une source de problèmes.

Dans une résolution de 2017, les Nations Unies reconnaissent que le tourisme durable joue un rôle important « pour éliminer la pauvreté, protéger l’environnement, améliorer la qualité de vie et faciliter l’émancipation économique des femmes et des jeunes, ainsi que de sa contribution à la réalisation du développement durable dans ses trois dimensions, surtout dans les pays en développement ».6 En ce sens, sont encouragées la durabilité « écologique » qui fait en sorte de ne pas modifier les écosystèmes, la durabilité « sociale » qui se développe en harmonie avec la communauté qui accueille et la durabilité « économique » qui constitue une impulsion pour une croissance inclusive. Aussi, dans le contexte de l’Agenda 2030, l’Année internationale actuelle se présente comme une opportunité pour favoriser des politiques adéquates de la part des gouvernements et de bonnes pratiques de la part des entreprises du secteur, et pour sensibiliser les consommateurs et les populations locales, en mettant en évidence qu’une conception intégrale du tourisme contribue à un véritable développement durable.

4.Conscients que « dans tout son être et par tout son agir, l’Église est appelée à promouvoir le développement intégral de l’homme à la lumière de l’Évangile »,7 nous, les chrétiens, nous voulons offrir notre contribution afin que le tourisme puisse favoriser le développement des peuples, en particulier de ceux qui sont les plus défavorisés. C’est pourquoi nous proposons notre réflexion. Nous reconnaissons Dieu comme Créateur et Père de tous les hommes, qui nous rend frères les uns des autres. Nous accordons la place centrale à la personne humaine ; nous reconnaissons la dignité de chacun et l’interaction relationnelle entre les hommes ; nous partageons le principe du destin commun de la famille humaine et la destination universelle des biens de la terre. Ainsi, l’être humain n’agit pas comme un maître, mais comme un « administrateur responsable ».8 En nous reconnaissant frères, nous comprendrons « le principe de gratuité et la logique du don » 9 et nos devoirs de solidarité, de justice et de charité universelle.10

Or, nous nous demandons : de quelle façon ces principes peuvent-ils conférer un aspect concret au développement du tourisme ? Quelles conséquences en dérivent pour les touristes, pour les entrepreneurs, pour les travailleurs, les gouvernants et les communautés locales ? Cette réflexion demeure ouverte. Nous invitons toutes les personnes concernées à s’engager dans un discernement sérieux et à encourager des pratiques allant dans cette voie, en accompagnant des comportements et des changements au niveau des styles de vie pour adopter une nouvelle manière de se situer dans la relation à l’autre.

L’Église offre sa contribution, en lançant des initiatives qui placent réellement le tourisme au service du développement intégral de la personne. Voilà pourquoi on parle de « tourisme à visage humain », qui se réalise en projets de « tourisme de communauté », « de coopération », « de solidarité », ainsi que dans la mise en valeur du grand patrimoine artistique qui est une véritable « voie de la beauté ». 11

Dans son discours aux Nations Unies, le Pape François affirmait : « La maison commune de tous les hommes doit continuer à s’élever sur une juste compréhension de la fraternité universelle et sur le respect de la sacralité de chaque vie humaine, de chaque homme et de chaque femme […]. La maison commune de tous les hommes doit aussi s’édifier sur la compréhension d’une certaine sacralité de la nature créée ».12 Que nos efforts puissent être vécus à la lumière de ces paroles et de ces intentions !

Cité du Vatican, 29 juin 2017

Cardinal Peter Kodwo Appiah Turkson

Préfet

 

Source Zenit

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Le Vatican dénonce l’exploitation des travailleurs de la mer

« Confions les pêcheurs, ceux qui sont loin de chez eux et en difficulté à la même protection de Marie Etoile de la Mer  », dit le pape François dans un « tweet » posté sur son compte @Pontifex_fr, ce dimanche 9 juillet 2017, « Dimanche de la mer ».

A cette occasion, le Vatican publie le message du dicastère « pour le Service du développement humain intégral », signé par son préfet, le cardinal Peter Appia Kodwo Turkson.

Le dicastère adresse en effet ce message aux aumôniers, aux bénévoles, aux amis et aux soutiens de l’Apostolat de la Mer à l’occasion de ce Dimanche annuel.

Le message rappelle notamment l’importance de la protection des droits de ceux qui travaillent en mer, tels qu’ils sont exprimés dans la Convention du travail maritime (2006)et dénonce l’exploitation des trvailleurs d ela mer : « Il existe encore des cas trop nombreux d’équipages trompés sur leur salaire, exploités et victimes d’abus au travail, injustement accusés pour des accidents maritimes et abandonnés dans des ports étrangers. Tandis qu’il est de notre devoir de fournir toute l’assistance et tout le soutien nécessaires aux membres d’équipages qui subissent des privations et des difficultés, d’un autre côté nous aimerions appeler toutes les autorités maritimes à être plus vigilantes et attentives pour intervenir afin de prévenir les abus et de réparer les méfaits. »

Le message annonce aussi le XXIVe Congrès mondial de l’apostolat de la mer, qui sera consacré à la pêche et aux pêcheurs, et se tiendra à Kaohsiung (Taiwan), en octobre 2017.

« Demandons à Marie, Étoile de la Mer, de soutenir notre service et notre dévouement en faveur des marins, des pêcheurs et de leurs familles, et de protéger tout le peuple de la mer pour qu’il arrive au « bon port » du paradis », écrit le cardinal Turkson.

Message du card. Turkson pour le Dimanche de la Mer 2017

Chers aumôniers, volontaires, amis et bienfaiteurs de l’Apostolat de la Mer,

Dans notre vie quotidienne, nous sommes entourés et nous utilisons de nombreux objets et produits qui, à un certain moment de leur voyage, ont été transportés sur des bateaux. Il nous est difficile d’imaginer les visages de tous les marins qui ont permis de garantir une navigation aisée pour que ces bateaux puissent décharger leurs marchandises dans les ports.

Le Dimanche de la Mer, nous sommes invités à reconnaître et à exprimer notre gratitude pour cette force de plus d’un million et demi de marins (dont la plupart proviennent des pays en voie de développement) qui, grâce à leur travail et à leurs sacrifices, rendent notre vie plus confortable en transportant, entre les nations, sur les mers et les océans, presque 90 % des marchandises.

Ainsi, bien que leur contribution soit essentielle pour l’économie mondiale globale, nombreux sont les difficultés et les défis auxquels ces personnes doivent faire face et qui affectent leur vie et leur dignité. Je voudrais ici en rappeler quelques-uns.

En dépit de grands progrès technologiques, qui ont permis de faciliter les communications entre les marins et les personnes qui leur sont chères, les longs mois passés loin de leur famille constituent toujours un douloureux sacrifice, avec souvent des retombées négatives sur la vie familiale. Des mères sont seules et forcées de jouer des rôles multiples dans l’éducation des enfants en l’absence d’un père absent. Il est important, dans notre ministère pastoral, d’accorder une attention particulière aux familles des marins en lançant et en soutenant la création de groupes de femmes de marins pour favoriser une entraide et une assistance et mutuelles.

L’utilisation des réseaux sociaux peut, certes, permettre aux membres des équipages d’être connectés avec beaucoup de gens à travers le monde, mais déconnectés et isolés les uns des autres à bord, car chacun est isolé dans son monde virtuel où il cherche refuge durant ses moments libres. Notre fonction, spécialement au cours de nos visites à bord, est de tenter de créer une « connexion humaine » et de renforcer la « communication humaine » parmi les membres de l’équipage pour éviter la solitude, l’isolement et la dépression pouvant mener au suicide qui, selon une étude récente du P&I Club britannique, est la plus forte cause de mort des marins.

En raison de l’accroissement de la menace terroriste, de nouvelles mesures de sécurité constituent des limitations ultérieures dans certains ports, en empêchant la descente à terre des marins et, parfois même, l’accès aux navires des visiteurs en charge de leur bien-être. Bien que nous comprenions la nécessité de faire en sorte que les ports soient des « lieux sûrs » pour les gens et les marchandises, d’un autre côté nous devons nous assurer que personne ne subit de discriminations ni d’interdiction de descendre à terre à cause de sa nationalité, de sa race ou de sa religion et nous devons défendre les droits fondamentaux pour les équipages d’avoir « accès à des installations et services à terre afin d’assurer leur santé et leur bien-être ” (Convention sur le Travail Maritime (MLC 2006), Titre 4, Règle 4, 4).

Malgré l’adoption et l’entrée en vigueur, en août 2013 de la MLC 2006, qui fixe les exigences minimales internationales du droit humain et du travail des marins, il existe encore des cas trop nombreux d’équipages trompés sur leur salaire, exploités et victimes d’abus au travail, injustement accusés pour des accidents maritimes et abandonnés dans des ports étrangers. Tandis qu’il est de notre devoir de fournir toute l’assistance et tout le soutien nécessaires aux membres d’équipages qui subissent des privations et des difficultés, d’un autre côté nous aimerions appeler toutes les autorités maritimes à être plus vigilantes et attentives pour intervenir afin de prévenir les abus et de réparer les méfaits.

Bien que la menace des pirates aient diminué sur les routes maritimes par rapport à quelques années en arrière, les dangers d’attaques armées et de détournements sont toujours très élevés dans certaines aires géographiques. Nous souhaitons inviter la communauté maritime à ne pas baisser la garde et de développer toutes les mesures nécessaires pour garantir la sécurité et la protection, non seulement des cargaisons, mais surtout des équipages.

Enfin, je voudrais concentrer notre attention sur la pêche et les pêcheurs qui constitueront le thème du XXIVème Congrès mondial qui se déroulera à Kaohsiung (Taiwan) au mois d’octobre prochain.

En effet, alors que les pêcheurs passent de longues périodes en mer et naviguent souvent sur des bateaux de pêche qui sont dans des conditions de navigation désastreuses, et alors que leur profession est considérée comme l’une des plus dangereuses au monde, leurs salaires sont très bas et ils gagnent moins que les autres marinsLe secteur de la pêche est également frappé par des cas de trafic d’êtres humains et de travail forcé et il est sujet à la pêche illégale, non déclarée et non règlementée (IUU).

Durant le Congrès, grâce à des intervenants qualifiés, nous tâcherons de prendre davantage conscience et d’accorder une plus grande attention à ces questions particulières ; nous renforcerons notre réseau avec pour objectif d’accroître la coopération entre l’Apostolat de la Mer des différentes nations ; nous mettrons en commun nos ressources et nos meilleures pratiques pour développer nos compétences spécifiques, en particulier dans le secteur de la pêche.

Je renouvelle mon invitation pour que ce Congrès rassemble non seulement des experts, mais aussi le plus grand nombre possible d’aumôniers et de volontaires, car le secteur de la pêche et les pêcheurs sont une préoccupation de l’ensemble de l’Apostolat de la Mer et pas seulement de ceux qui y sont personnellement impliqués.

En conclusion, demandons à Marie, Étoile de la Mer, de soutenir notre service et notre dévouement en faveur des marins, des pêcheurs et de leurs familles, et de protéger tout le peuple de la mer pour qu’il arrive au « bon port » du paradis.

Cardinal Peter K.A. Turkson

Préfet

 

 

 

Source Zenit

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La corruption conduit à piétiner la dignité humaine – Cardinal Turkson

Non à la dignité humaine piétinée, c’est le cri de ralliement des participants au grand débat international sur la corruption, organisé par le Dicastère pour le service du développement humain intégral, le 15 juin 2017, au Vatican.

Le cardinal Peter Turkson, préfet du dicastère, explique à Radio Vatican l’objectif de l’initiative qui a eu lieu à la Casina Pio IV, siège de l’Académie pontificale des sciences sociales : « Il s’agit de faire face à un phénomène qui conduit à piétiner la dignité de la personne … Nous voulons dire qu’on ne peut jamais piétiner, nier, entraver la dignité des personnes … nous cherchons à attirer l’attention sur cette question ».

Des représentants de l’Eglise, de la justice, d’associations et de victimes de crimes, ont participé à cette rencontre conclue par le secrétaire délégué du Dicastère, Mgr Silvano Maria Tomasi. Toujours à l’antenne de Radio Vatican, il souligne l’importance de « sensibiliser l’opinion publique, de commencer à identifier des pas concrets qui peuvent aider à parvenir à des politiques et à des lois qui préviennent la corruption ».

« La corruption, ajoute-t-il, est comme un ver qui s’infiltre dans les processus de développement des pays pauvres ou dans les pays riches, qui ruine les relations entre institutions et entre personnes ». Mgr Tomasi invite à faire « l’effort » de « créer une mentalité, une culture qui combatte la corruption pour assurer le bien commun ».

Raffaele Cantone, président de l’Autorité nationale anticorruption italienne, salue cet événement : « Pour la première fois une institution mondiale en parle, une institution qui a une grande importance aussi comme magistère moral ». En effet, estime-t-il, « le thème de la corruption doit être affronté aussi et surtout sur le plan de la bataille culturelle et … avec une logique qui n’est pas seulement la logique nationale ».

« C’est un message fondamental à envoyer au monde entier, conclut-il : la corruption finit par affaiblir encore plus les pauvres et par voler l’avenir, surtout aux dépends des faibles ».

 

Source Zenit

Pour aller plus loin, préface sur pape sur le livre “vaincre la corruption” du cardinal Turkson

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Corruption – Le pape préface le livre du cardinal Turkson

La corruption, « la pire des plaies sociales », « forme de blasphème » et « cancer », et ses remèdes, sont au cœur de la préface du pape François pour le livre du cardinal Turkson « Corrosione. Vaincre la corruption dans l’Eglise et dans la société » en librairie ce jeudi 15 juin 2017 en Italie chez Rizzoli, au moment où le Vatican organise « un débat international sur la corruption ».

La préface est publiée par le quotidien italien Corriere della Sera. Le cardinal s’y interroge sur « l’origine intérieure » de la corruption qui atteint la vie humaine à tous les niveaux : une maladie du cœur.

Le pape indique le remède de fond : la miséricorde qui permet de se « dépasser ». Et la « beauté ». En somme un « nouvel humanisme » : celui des « flocons de neige » qui s’unissent pour une « avalanche » bienfaisante.

Le pape préface donc ce livre-entretien du cardinal Peter Kodwo Appiah Turkson avec Vittorio V. Alberti, ayant pour titre « Corrosione ». Le cardinal Turkson, originaire du Ghana, est en quelque sorte le ministre de l’environnement, de la justice et de la paix du pape François, en tant que préfet du dicastère pour le « Service du développement humain intégral ».

Les relations fondamentales

D’emblée, le pape définit la corruption, qu’il a combattue par ses propres écrits, ses paroles et ses gestes déjà lorsqu’il était archevêque de Buenos Aires, et qu’il voit comme une atteinte profonde aux trois relations fondamentales de l’homme : « La corruption, dans sa racine étymologique, définit une lacération, une rupture, une décomposition et une désintégration. En tant qu’état intérieur ou en tant que fait social, on peut comprendre son action en regardant les relations que l’homme a avec sa nature la plus profonde. En effet, l’être humain a une relation avec Dieu, une relation avec son prochain, une relation avec la création, c’est-à-dire l’environnement dans lequel il vit. Cette triple relation – dans laquelle entre aussi celle de l’homme avec lui-même – donne un contexte et un sens à son agir et, en général, à sa vie. Quand l’homme respecte les exigences de ces relations il est honnête, il assume ses responsabilités avec une rectitude de cœur, et il travaille pour le bien commun. Quand au contraire il subit une chute, c’est-à-dire qu’il se corrompt, ces relations se déchirent. Ainsi, la corruption exprime la forme générale de la vie désordonnée de l’homme déchu. »

Le bien particulier au lieu du bien commun

Plus encore, le pape souligne les conséquences sociales de cette « corruption » radicale qui va bien au-delà des pots-de-vin : “En même temps, toujours comme conséquence de la chute, la corruption révèle une conduite antisociale forte au point de dissoudre la validité des rapports et donc, ensuite, les piliers sur lesquels une société se fonde : le vivre ensemble des personnes et la vocation à le développer. La corruption brise tout cela en remplaçant le bien commun par un intérêt particulier qui contamine toute perspective générale. Elle naît d’un cœur corrompu et c’est la pire plaie sociale, parce qu’elle génère de très graves problèmes et des crimes qui impliquent tout le monde.”

Pour le pape, avant d’être une plaie sociale, la corruption est une maladie du cœur : « Le mot ‘corrompu’ rappelle le cœur rompu, le cœur brisé, taché par quelque chose, abîmé comme un corps qui, dans la nature, entre dans un processus de décomposition et dégage une mauvaise odeur. »

Par une série de questions, le pape interroge sur l’origine des maux des sociétés, en des termes qui interrogent les idéologies du XXe s. comme une invitation à aller jusqu’au bout de leur interrogation inachevée : « Qu’y a-t-il à l’origine de l’exploitation de l’homme par l’homme ? Qu’y a-t-il à l’origine de la dégradation et du manque de développement ? Qu’y a-t-il à l’origine du trafic des personnes, des armes, de la drogue ? Qu’y a-t-il à l’origine de l’injustice sociale et de la mortification du mérite ? Qu’y a-t-il à l’origine de l’absence de services pour les personnes ? Qu’y a-t-il à la racine de l’esclavage, du chômage, de l’incurie touchant les villes, les biens communs et la nature ? Qu’est-ce qui, en somme, mine le droit fondamental de l’être humain et l’intégrité de l’environnement ? »

Organisations criminelles

La réponse à tous ces mots tient, pour le pape, en un mot : « La corruption qui est en effet l’arme, qui est le langage le plus commun aussi des mafias et des organisations criminelles du monde. C’est pour cela qu’elle est un processus de mort qui fait la sève de la culture de mort des mafias et des organisations criminelles ». Et le pape vient de rencontrer au palais présidentiel du Quirinal le président italien Sergio Mattarella dont le frère, Piersanti Mattarella, a été assassiné par la mafia sicilienne, alors qu’il était gouverneur de la région de Sicile, le 6 janvier 1980 : le président Mattarella s’est alors engagé en politique.

Le pape invite à “affronter” cette “question culturelle profonde” qui dénote un « changement d’époque » : “Beaucoup aujourd’hui n’arrivent pas à seulement imaginer l’avenir ; aujourd’hui, pour un jeune, il est difficile de croire vraiment à l’avenir, quel qu’il soit, et de même pour sa famille. Ce changement d’époque, temps de crise très large, représente la crise plus profonde qui atteint notre culture. C’est dans ce contexte qu’il faut situer la corruption et que surgit la corruption sous ses différents aspects. »

Et le pape souligne l’enjeu de « l’espérance » : « Il en va de la présence de l’espérance dans le monde, sans laquelle la vie perd son sens de recherche et de possibilité d’amélioration. »

Une tentation toujours présente

D’où l’importance du livre du cardinal Turkson : “Dans ce livre, explique le pape, le cardinal Peter Kodwo Appiah Turkson, aujourd’hui préfet du dicastère pour le Service du développement humain intégral, et ancien président du Conseil pontifical Justice et Paix, explique bien les ramifications ce ces sens de la corruption, et il le fait en se concentrant en particulier sur l’origine intérieure de cet état qui, justement germe dans le cœur de l’homme et peut germer dans le cœur de tous les hommes. Nous sommes, en fait, tous très exposés à la tentation de la corruption : même quand nous pensons l’avoir vaincue, elle peut se présenter à nouveau. »

Le pape insiste sur l’unité de l’être humain et de ses activités : « L’homme doit être considéré sous tous ses aspects, il ne doit pas être scindé en fonction de ses activités, et ainsi, la corruption doit être lue – comme on le lit dans le livre – toute ensemble, pour tout l’homme, dans ses expressions criminelles ou politiques, économiques, culturelles, spirituelles. »

Et il rappelle l’enseignement du Jubilé « extraordinaire » de la miséricorde de 2016 et il précise son diagnostic par des expressions très nouvelles comme « fatigue de la transcendance » : « La miséricorde permet de se dépasser en esprit de recherche. Qu’est-ce qui se passe lorsque l’on se recroqueville sur soi-même et quand la pensée et le cœur n’explore plus un horizon plus ample ? On se corrompt, et en se corrompant, on assume l’attitude triomphaliste de qui se sent meilleur et plus malin que les autres. Mais la personne corrompue ne se rend pas compte qu’elle est en train de se construire toute seule ses propres chaînes. Un pécheur peut demander pardon, un corrompu oublie de le faire. Pourquoi ? Parce qu’il n’a plus besoin d’aller plus loin, de chercher des pistes au-delà de lui-même : il est fatigué mais rassasié,  plein de lui-même. La corruption a en effet à son origine une fatigue de la transcendance, tout comme l’indifférence. »

La mondanité spirituelle : corruption

Voilà donc à quoi veut répondre le livre du cardinal Turkson, ajoute le pape : « Le cardinal Turkson (…) explore les différents passages où la corruption naît et s’insinue, de la spiritualité de l’homme jusqu’à ses constructions sociales, culturelles, politiques et criminelles aussi, en mettant ensemble ces aspects et même ce qui nous interpelle le plus : l’identité et le chemin de l’Eglise. »

Ni le livre ni le pape n’éludent la question de la corruption dans l’Eglise : « L’Eglise doit écouter, s’élever, se pencher sur les douleurs et les espérances des personnes selon la miséricorde et elle doit le faire sans avoir peur de se purifier elle-même, en recherchant assidûment la voie pour s’améliorer. »

Citant le cardinal français Henri de Lubac, qui disait que « le plus grand danger pour l’Eglise c’est la mondanité spirituelle », le pape ajoute : « donc la corruption », une mondanité spirituelle qui est « plus désastreuse que la lèpre infâme ».

Le pape François précise en employant le “nous” ecclésial cette fois : “Notre corruption c’est la mondanité spirituelle, la tiédeur, l’hypocrisie, le triomphalisme, le faire prévaloir seulement l’esprit du monde sur nos vies, le sens de l’indifférence. Et c’est avec cette conscience que nous, hommes et femmes d’Eglise, nous pouvons nous accompagner nous-même et l’humanité souffrante, surtout celle qui est la plus opprimée par les conséquences criminelles et de dégradation générées par la corruption. »

La beauté et le nouvel humanisme

Puis le pape souligne l’importance de la beauté dans la lutte contre la corruption : “Au moment où j’écris, je me trouve ici, au Vatican, dans des lieux d’une beauté absolue, où l’ingéniosité humaine a cherché à s’élever et à se transcender en tentant de faire vaincre l’immortel sur le caduque, le corrompu. Cette beauté n’est pas un accessoire cosmétique, mais quelque chose qui place la personne humaine au centre pour qu’elle puisse relever la tête face à toutes les injustices. La beauté doit épouser la justice. Ainsi, nous devons parler de la corruption, dénoncer les maux, la comprendre, manifester notre volonté d’affirmer la miséricorde sur l’étroitesse d’esprit, la curiosité et la créativité sur la fatigue résignée, la beauté sur le rien ».

Le pape achève sur un appel à qui croit et à qui ne croit pas à s’unir contre le fléau de la corruption : « Nous, chrétiens, et non-chrétiens, nous sommes des flocons de neige mais si nous nous unissons, nous pouvons devenir une avalanche : un mouvement fort et constructif. Voilà le nouvel humanisme, cette renaissance, cette recréation contre la corruption que nous pouvons réaliser avec une audace prophétique. Nous devons travailler tous ensemble, chrétiens, non-chrétiens, personnes de toutes les fois et non-croyants, pour combattre cette forme de blasphème, ce cancer qui mine nos vies. Il est urgent d’en prendre conscience, et pour cela, il faut une éducation et une culture miséricordieuse, il faut une coopération de la part de chacun selon ses possibilités, ses parents, sa créativité. »

 

Source Zenit

NLQ #Rome

Dégradation des océans – La feuille de route du cardinal Turkson

Le préfet du dicastère pour la promotion du développement humain intégral est intervenu, en tant que chef de la délégation du Saint-Siège, à la Conférence des Nations Unies intitulée « Conserver et utiliser durablement les océans, les mers et les ressources marines pour le développement durable ».  Sa déclaration se situait dans le cadre du Dialogue de partenariat 3, consacré au thème plus particulier : « Minimiser et traiter l’acidification des océans ».

Allocution du cardinal Turkson

Altesse sérénissime Prince Albert II,

Excellence, Monsieur le Ministre Agostinho Mondlane,

Mesdames et Messieurs,

Je vous apporte les salutations du pape François et je souhaite vous transmettre sa gratitude pour cette conférence, visant à trouver des mesures plus efficaces et à accroître les ressources nécessaires à la conservation et à l’utilisation durable de nos océans, de nos mers et de nos ressources marines. Il apprécie le travail accompli par des individus, des centres de recherche et diverses institutions internationales et nationales pour surveiller et étudier la santé de nos océans et de nos mers, contribuant ainsi à une meilleure collecte de données et à une meilleure compréhension de l’acidification des océans et à la recherche des mesures les plus efficaces pour y remédier.

Les émissions croissantes de dioxyde de carbone augmentent l’acidité des océans, car les océans absorbent au moins un quart du dioxyde de carbone émis. Si ces tendances actuelles se poursuivent, ce siècle peut bien être témoin d’une destruction sans précédent des écosystèmes, avec de sérieuses conséquences pour nous tous [1]. En outre, les détergents et les polluants chimiques continuent de se répandre dans nos rivières et dans les mers et les océans. Il est donc urgent d’aborder le problème de l’eau polluée liée aux océans.

Nous n’avons pas besoin qu’on nous rappelle combien les océans et les mers sont vitaux sur la planète, notre maison commune. Ils fournissent non seulement des aliments et des matières premières, mais aussi des avantages environnementaux essentiels tels que la purification de l’air, la régulation du climat et le cycle mondial du carbone, la gestion des déchets et le maintien des chaînes alimentaires et des habitats essentiels à la vie sur terre. Assurer leur santé et leur durabilité est donc dans l’intérêt de tous.

Le pape François a régulièrement énoncé des principes et des actions fondamentaux qui devraient guider notre action pour protéger  l’environnement et en prendre soin. Pour les catholiques individuellement et pour les institutions catholiques à travers le monde, ces principes sont devenus la feuille de route les inspirant et les motivant à l’action. Je voudrais concentrer ma contribution dans cette discussion en illustrant ces principes interconnectés qui encadrent la perspective et l’action du Saint-Siège, non seulement pour minimiser et traiter l’acidification des océans, mais aussi pour protéger  l’environnement en général et en prendre soin. Sans prétendre être exhaustif, j’aimerais mentionner cinq de ces principes directeurs interconnectés.

Tout d’abord, c’est un impératif moral de prendre soin de notre environnement. L’environnement est un don confié à notre gérance responsable. Parmi les nombreuses considérations découlant de ce principe fondamental figurent la solidarité intergénérationnelle et l’accent non seulement sur les droits, mais aussi sur les responsabilités. Le pape François a affirmé à plusieurs reprises que la solidarité intergénérationnelle n’est pas facultative, mais une question fondamentale de justice, puisque le monde que nous avons reçu appartient également à ceux qui nous suivront. [2] Ainsi, alors que nos soins pour nos océans et nos mers nous sont d’un profit immédiat, c’est également un cadeau pour les générations futures, leur évitant de payer le prix extrêmement élevé de la détérioration de nos océans, de nos mers et de nos ressources marines.

Comprendre le soin de nos océans et de nos mers en tant qu’administration responsable nous aide à nous concentrer non seulement sur notre droit d’utiliser les ressources que les océans et les mers nous fournissent, mais aussi sur notre obligation de les conserver et de les utiliser de façon durable. Une grande partie du déclin de la santé des océans résulte de l’accent mis sur les droits et les autonomies au détriment des responsabilités personnelles et collectives. Des cadres réglementaires efficaces pour préserver la santé de nos océans sont souvent bloqués par ceux qui profitent le plus des ressources marines et qui ont l’intention de maintenir ou d’augmenter leurs avantages au détriment des peuples et des pays les plus pauvres.

Le deuxième principe directeur est ce que le pape François appelle l’écologie intégrale. Le terme exprime la multidimensionnalité fondamentale de nos relations : l’un avec l’autre, avec l’environnement dans son ensemble, et avec le Créateur qui nous a donné le don de la nature. Dans sa lettre encyclique Laudato Si ‘, le Pape François mentionne qu’une écologie intégrale englobe l’écologie environnementale, économique et sociale ; l’écologie culturelle ; l’écologie de la vie quotidienne ; le principe du bien commun et la justice entre les générations. [3] Dans cette compréhension, l’environnement n’est pas considéré comme quelque chose de séparé de nous ou comme un simple cadre dans lequel nous vivons. Nous en faisons partie, nous sommes inclus en lui, et ainsi en interaction symbiotique constante avec lui. Une crise de l’environnement signifie nécessairement une crise pour l’humanité. Une crise de nos océans et de nos mers signifie nécessairement une crise pour nous.

Le troisième principe est la nécessité d’une approche intégrée pour trouver des solutions à des problèmes qui ne sont pas seulement environnementaux mais aussi sociaux. Les considérations éthiques doivent être intégrées dans nos approches scientifiques des problèmes environnementaux, car la détérioration de l’environnement et la dégradation humaine et éthique sont étroitement liées. La science peut quantifier l’acidification des océans, prédire ses conséquences négatives et proposer des remèdes, mais elle ne peut pas donner la motivation à une action vertueuse. Les solutions techniques ne sont jamais suffisantes. « Ne laisser personne en arrière » est un appel à la solidarité et est une motivation inspirante qui devrait nous inciter à atteindre les objectifs de développement durable. En bref, la motivation à un comportement vertueux est une contribution précieuse que l’intégration d’une approche éthique peut et doit apporter à la recherche de mesures efficaces pour minimiser et traiter l’acidification des océans.

Le quatrième principe directeur est le rôle fondamental de l’éducation. Éduquer tout le monde dès le plus jeune âge à propos des merveilles de la nature conduit à l’aimer et à en prendre soin. L’éducation est d’autant plus nécessaire dans les endroits où le service public de l’élimination adéquate des déchets est soit rare, soit absent. J’ai observé que dans les pays et les endroits où il n’y a pas d’élimination adéquate des déchets publics, quand il pleut, les gens jettent tous les déchets – du plastique aux vieux vêtements, des métaux aux verres – dans les rivières et les cours d’eau, de sorte que les eaux de crue les emportent. Naturellement, les ordures polluent les sources d’eau terrestre avant d’étouffer nos mers et nos océans.

Le Saint-Siège utilise sa portée et sa présence internationale pour éduquer sur la nécessité de prendre soin de notre maison commune. L’écologie intégrale est devenue nécessaire dans de nombreuses écoles catholiques et activités confessionnelles pour stimuler et soutenir l’amour et le soin de l’environnement. Il encourage les initiatives visant à réduire les coûts de l’empreinte carbone et à maximiser l’utilisation des énergies renouvelables. Il pousse les petits entrepreneurs à mettre en place ou à soutenir des entreprises écologiques au niveau local ou de base. L’Etat de la Cité du Vatican s’efforce de donner un bon exemple non seulement pour les catholiques mais pour tous en s’efforçant de réduire son empreinte carbone au minimum et de devenir totalement sans carbone.

L’Église catholique s’appuie également sur un vaste réseau interconfessionnel et une collaboration avec des entités non gouvernementales et gouvernementales pour sensibiliser les enfants et les adultes à cette responsabilité. Par exemple, le thème du message du Saint-Siège pour les musulmans pour cette période du Ramadan est « Chrétiens et musulmans : prendre soin de notre maison commune ». Affirmant que la vocation commune d’être des gardiens de l’œuvre de Dieu n’est ni facultative ni approximative, mais essentielle pour rendre hommage à Dieu, le message invite à une « conversion mondiale » pour répondre adéquatement au défi de la crise écologique.

Une partie intégrante de cette sensibilisation éducative à l’amour et au soin de nos océans, que l’on soit ou non croyant, est le défi de changer les modes de vie et les modes de consommation qui causent la dégradation de la qualité de nos océans et de nos mers.

Le cinquième principe directeur est la nécessité de dialoguer et de collaborer à tous les niveaux, ce qui peut conduire à une prise de décisions, des politiques et des actions communes à l’échelle internationale, nationale et locale. Nous devons apporter à la conversation sur la santé de nos océans et de nos mers les contributions spécifiques des individus et des sociétés, des institutions de l’État et des organisations civiques. Dans un monde de plus en plus globalisé et complexe, les différentes perspectives sont de plus en plus étroitement liées et complémentaires, et tous doivent être réunis pour trouver les solutions et les mesures les plus efficaces. Les politiques d’État et la recherche académique sont importantes et nécessaires, mais le travail sur le terrain est le plus important de tous et la tâche de tous.

Les initiatives et les projets visant à promouvoir la santé de nos océans et de nos mers doivent être pratiques et participatifs pour stimuler la volonté de tous de contribuer à cette tâche commune pour le bien commun. Des initiatives spécifiques et ciblées visant à lutter contre les polluants les plus importants et communs de nos océans et de nos mers pourraient être saines et promouvoir la cohésion sociale. Par exemple, les écoles et les communautés pourraient recueillir des matières plastiques, des métaux, du verre et d’autres déchets qui, autrement, finiraient dans nos océans et nos rivières. Les organisations de base pourraient travailler avec les industries agricoles et minières pour empêcher les déchets industriels de polluer les systèmes d’eau. Les organisations non gouvernementales et les autorités publiques pourraient collaborer fructueusement pour aider les villages de pêcheurs pauvres à lutter contre la dégradation des écosystèmes côtiers qui affectent leur subsistance. Si chacun d’entre nous s’occupe vraiment de notre environnement, il devrait y avoir une collaboration plutôt qu’une opposition.

Mesdames et Messieurs,

Quels types d’océans et de mers voulons-nous laisser aux générations futures ? Quelle qualité d’eau voulons-nous voir couler dans nos plages, dans nos villes, nos villages et nos champs, dans nos éviers et nos douches ? Nous pouvons et devons inverser la dégradation de nos océans et de nos mers. Nous sommes capables du meilleur, de nous élever au-dessus de l’égoïsme personnel et des intérêts nationaux étroits. Ce vaste domaine bleu est le cadeau de Dieu pour nous. Soyons ses gestionnaires responsables.

Je vous remercie.

 

 Source et traduction

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L’appel du Cardinal Turkson à défendre la Terre, « reçue comme un jardin »

Le cardinal Peter Turkson, préfet du Dicastère pour le Service du Développement Humain Intégral, a lancé un plaidoyer pour la défense de la Terre et de la dignité humaine, mercredi 25 mai 2017. Il s’exprimait devant les participants au rassemblement œcuménique « Les Églises sont plus proches dans la maladie et dans la souffrance (500 ans après la Réforme de Luther) », qui se déroule du 24 au 25 mai à l’Institut Camillianum international de théologie pastorale sanitaire de Rome.

Au cours de son intervention, sur le thème « Protéger la Terre et donner dignité à l’humanité », le cardinal Turkson a rappelé que « le Saint Père nous a tous invités à être des protecteurs de l’environnement et des pauvres », définis comme « deux fragilités », « deux éléments qui crient vers nous pour être écoutés ». « Nous avons reçu la Terre comme un jardin, gare à nous si nous la laissons comme un désert », a-t-il notamment estimé.

La charité au cœur du développement durable

« Nous avons clairement besoin d’un changement pour protéger la Terre et les personne qui l’habitent. Tout dérive du principe essentiel que nous sommes faits à l’image et à la ressemblance de Dieu, donc que nous sommes des personnes en possession d’une dignité intacte qui ne peut jamais être niée », a poursuivi le prélat ghanéen.

S’appuyant sur le « principe de solidarité de Jean-Paul II » et sur les écritures judéo-chrétiennes, il a rappelé que « le don de la Terre est un don pour tous », que ses ressources ne sont pas réservées à un petit nombre et que cela « nous engage à la réalisation du bien d’autrui ». « Les citoyens des pays les plus riches sont particulièrement tenus d’aider leurs frères, en apaisant les effets du changement climatique », a assuré le cardinal ghanéen, appelant « chaque personne de bonne volonté à embrasser les vertus qui fondent le développement durable, la plus importante d’entre elles étant la charité », dont les effets bénéfiques concernent aussi « ceux qui ne sont pas encore nés ».

« Sans le changement du cœur, les règles politiques ne sont pas efficaces »

Pour le préfet du Dicastère pour le Service du Développement Humain Intégral, la protection de la Terre et la défense de la dignité humaine « ne sont pas des problèmes contractuels mais doivent être fondés sur la morale », à travers trois solutions : « le respect, la réconciliation et la solidarité ». « Sans le changement du cœur, les règles politiques ne sont pas efficaces. Sans cette base éthique, il manquera à l’humanité le courage de proposer les meilleurs politiques possibles », a estimé le prélat, selon qui « avec l’individualisme, le développement durable ne se produira jamais, il n’y aura jamais de justice et de responsabilité ».

Certes l’Église « n’est pas une experte en science et en technologie », a concédé le cardinal, mais « une experte en humanité ». C’est pour cela qu’elle lit les signes des temps « dans les moments clés de l’histoire », comme l’a fait le Pape François à l’ONU en invitant à sauvegarder la Maison commune. « Au XIXème siècle, l’Église a exprimé sa préoccupation face à l’industrialisation, dans la seconde moitié du XXème siècle elle a tourné son attention vers l’accumulation des armes durant la Guerre Froide et elle doit maintenant parler avec force du plus grand défi de notre temps : le développement durable », a conclu le cardinal Turkson.

Le rassemblement œcuménique « Les Églises sont plus proches dans la maladie et dans la souffrance (500 ans après la Réforme de Luther) » réuni pendant deux jours catholiques et protestants autour de différents intervenants. « D’un côté nous constatons les avancées de la science et de meilleurs résultats concernant la capacité à contrôler la douleur, de l’autre nous identifions un déficit spirituel qui concerne la compréhension de la souffrance », indique le dépliant de l’événement. Il vise ainsi à « trouver des parcours communs de protection de la fragilité ».

 

Source Radio Vatican

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Entretien – Etre enraciné et universel – Cardinal Turkson

Ce mardi 16 mai, l’Unesco accueille un colloque intitulé : « Dialogue social et rapprochement des cultures par les langues ». A une époque où les migrants n’ont jamais été aussi nombreux et où dans le même temps des pays manifestent des réticences à les accueillir, la mission d’observation du Saint-Siège auprès de l’Unesco réfléchit à l’usage des langues comme instrument de communication ainsi que comme outil de rapprochement entre les peuples et les cultures.

Signe de l’intérêt du Saint-Siège pour ces questions, le cardinal Turkson, préfet du nouvellement créé Dicastère pour le service du développement humain intégral, à Rome, intervient à ce colloque, où il a présenté une communication consacrée au « dialogue social, chemin vers la paix ». De passage à Paris, le cardinal ghanéen a accordé l’interview ci-dessous à Eglises d’Asie.

Organisé en partenariat avec les Missions Etrangères de Paris (MEP), le programme du colloque est consultable ici.

Eglises d’Asie : Eminence, le Saint-Siège organise à l’Unesco un colloque consacré au « rapprochement des cultures par les langues ». En revenant au récit biblique où, après le Déluge, les hommes construisent une tour pour toucher le ciel et où Dieu brouille leur langue pour qu’ils ne se comprennent plus, comment comprendre la diversité des langues dans le plan de Dieu ? Une malédiction ou une chance pour les hommes ?

Cardinal Peter Turkson : Avant même d’arriver au récit de la tour de Babel, on peut revenir au récit de la Création : l’homme entend la parole de Dieu, la parole créatrice, celle qui nomme pour donner existence. Au premier chapitre de l’Evangile de saint Jean, on retrouve la parole qui est Dieu : « Au commencement était le Verbe, et le Verte était en Dieu, et le Verbe était Dieu. »

Les onze premiers chapitres du livre de la Genèse précèdent le chapitre où on trouve l’appel à la vocation d’Abraham. Ces chapitres sont comme une préparation à la vocation d’Abraham ; leur objet est de nous introduire à la manière dont la Création a commencé. Un des commencements que présente la Genèse est la diversité des langues et cette diversité n’est pas présentée seulement comme une malédiction en réponse à l’orgueil des hommes, mais comme une conséquence de la volonté de l’homme de se hisser, d’atteindre, de tendre vers quelque chose qui est plus grand que lui, qui le dépasse.

Du chapitre premier au chapitre onzième de la Genèse, on peut compter cinq fois l’usage du mot ‘malédiction’. Puis, dans le chapitre douzième, celui de la vocation d’Abraham, on compte cinq fois l’usage du mot ‘bénédiction’. Il y a donc là comme un renversement, un recommencement : tout ce qui était dominé par la malédiction, avec Abraham est remplacé par la bénédiction. Par contraste avec la tour de Babel où se sont les hommes qui cherchent à se faire grand, dans ce douzième chapitre, c’est Dieu qui dit à Abraham que son nom sera grand et qu’il fera de lui une grande nation.

Qui est responsable ? Qui fait grand le nom de l’autre ? L’homme ou Dieu ? Dans cette perspective, quand l’homme veut se faire grand, veut placer au firmament son propre nom, cela aboutit à la dispersion de l’humanité en une diversité infinie de langues et à la confusion. Mais là où Dieu fait grand le nom d’une personne, Abraham en l’occurrence, le résultat est autre et traverse les âges. C’est en ce sens-là que je peux répondre à votre question sur la diversité des langues, chance ou malédiction pour l’humanité.

Vous êtes ghanéen, un pays qui compte neuf langues nationales, 81 langues au total et l’anglais y fait office de langue officielle. L’anglais fait de plus en plus figure de lingua franca dans le monde. Selon votre expérience de Ghanéen et de responsable de l’Eglise universelle, la rencontre entre les cultures et les peuples passe-t-elle par l’apprentissage d’une langue commune qui serait le latin hier, l’anglais aujourd’hui ?

Votre question suggère que le développement exige le recours à une langue unique. Ma réponse serait : pas nécessairement. Au Ghana par exemple, oui, il existe une grande diversité de langues locales, tribales pour ainsi dire. La présence dans notre pays des Portugais, des Hollandais puis des Anglais a laissé un héritage, des traces ; par exemple, dans les différentes langues tribales, pour dire ‘sandales’, on utilise un unique mot d’origine portugaise. Ceci dit, aujourd’hui, c’est l’anglais qui a été adopté de manière à ce qu’il n’y ait aucun conflit entre les différentes tribus. Il existe une langue ghanéenne qui pourrait être utilisée partout et comprise par tous, mais aucun gouvernement n’a eu le courage de l’imposer comme la langue nationale. Car cela aurait entraîné une révolte des groupes linguistiques qui se seraient estimés défavorisés. De ce fait, dans les médias, à l’école, dans l’administration, on utilise l’anglais, même si les langues locales subsistent. Et paradoxalement, cette généralisation de l’anglais et le multilinguisme qu’il induit pour chacun d’entre nous au Ghana se transforme en avantage comparatif dans le contexte de la mondialisation : les communications avec le reste du monde se font en anglais. La mondialisation entraîne le fait que nous sommes en contact les uns avec les autres et la langue est le moyen privilégié de ce contact. Le pape François parle d’une « culture de la rencontre », et cette rencontre se réalise par l’échange à travers une langue commune.

Au sein de la communauté chrétienne, nous avons une institution comme l’Eglise qui a su répondre à l’exigence de l’inculturation. Qu’est-ce que l’inculturation ? Que les gens expriment leur foi et rendent le culte dans leurs propres langues et cultures. De l’usage généralisé du latin, nous sommes passés à cette situation où l’Eglise ressent le grand besoin de faire une place, une large place aux langues locales de telle façon que la foi devienne incarnée, localement. Je ne dis pas que le latin est condamné, mais la participation des peuples locaux passe par un usage des langues locales. Nous devons maintenir une tension entre l’exigence d’être enraciné localement et celle d’être universel. Une universalité qui passe par la promotion d’une langue commune, le latin hier, l’anglais aujourd’hui. Cette tension est de tous les temps, elle n’est pas propre à notre époque mondialisée.

C’est une tension non pas destructrice mais c’est bien une tension féconde. L’Eglise n’appelle pas tout le monde à être polyglotte mais il est bien que chacun puisse maîtriser une ou plusieurs langues étrangères. Un exemple concret : en Afrique de l’Ouest, vous aviez une conférence épiscopale anglophone et une conférence épiscopale francophone. Désormais, depuis 2007, il n’y a plus qu’une seule et unique conférence épiscopale régionale, pour toute l’Afrique occidentale. Les évêques francophones et les évêques anglophones ont dû apprendre à travailler ensemble et pour cela à communiquer ensemble, directement. Ils ont décidé que tous les prêtres, au séminaire, apprendraient la langue de l’autre et à travailler en anglais et en français. L’exigence d’universalité passe par la nécessité d’être enraciné dans sa propre culture.

Vous êtes africain, vous vivez à Rome et voyagez partout dans le monde. A l’heure où les identités chinoise et indienne s’affirment de plus en plus nettement sur la scène internationale, voyez-vous une spécificité asiatique en matière de dialogue entre les cultures ?

Une anecdote : il y a trois semaines, j’ai rencontré au Vatican un universitaire chinois de haut rang dans le cadre d’un séminaire d’études sur Laudato Si’. En marge du motif de sa présence à Rome, il nous a fait part de son désir de se rendre dans les Archives du Vatican. Il cherchait des informations sur la présence de l’Eglise en Chine autrefois pour en tirer des enseignements sur la manière dont l’Eglise peut aujourd’hui être présente auprès des Chinois.

Les catholiques aujourd’hui en Chine sont une petite minorité, mais si vous y ajoutez les croyants des autres confessions chrétiennes, ceux qui découvrent la foi dans ces fameuses « Eglises domestiques », la présence chrétienne en Chine ne peut plus être tenue pour si marginale que cela. La présence chrétienne en Chine n’est plus si invisible que cela.

Pour ce qui concerne l’Afrique, vous savez l’intensification des liens économiques entre la Chine et les pays africains. Une conséquence est que, dans beaucoup d’universités africaines, les étudiants ont désormais la possibilité d’apprendre le chinois. Il y a quelque temps, les pays arabes ont financé des cours d’apprentissage de l’arabe dans les universités, mais cela n’a pas vraiment fonctionné. Derrière les financements venus d’Arabie Saoudite, il y a avait la volonté de propager le Coran. Derrière l’apprentissage du chinois, on ne trouve pas de volonté d’imposer une religion, mais seulement un désir de commercer. Plus profondément, il y a une volonté aujourd’hui chez les Africains, parmi les Ghanéens tout du moins, de comprendre comment le développement de la Chine a pu se produire, comment le décollage économique s’est produit. Il existe différents paradigmes du développement économique et la Chine peut nous apprendre en matière d’urbanisation et d’industrialisation. C’est à nous, à nos élites, à nos dirigeants politiques d’apprendre de la réussite de la Chine, à voir ce qui se cache derrière le rideau.

Au Ghana, nous avons coutume de rappeler que nous avons eu l’indépendance à peu près au même moment que l’Inde. Certes, l’Inde est un géant comparé au Ghana, mais les deux pays étaient colonie de l’Angleterre. Aujourd’hui, l’Inde est bien plus avancée économiquement que nous. Comment expliquer cela ? Quels sont les facteurs en jeu ?

Les succès de l’Asie ne doivent pas susciter l’envie mais ils peuvent être compris comme autant d’aiguillons pour les Africains. La réussite de l’Asie est comme un défi que les Africains doivent être capables de relever. On a parlé des « Tigres asiatiques » pour des pays comme Taiwan, Singapour, la Corée du Sud ; il devrait y avoir des « Tigres africains » ! Cette recherche de la croissance économique ne peut aller de pair qu’avec un respect de la dignité de la personne humaine. Les abus sont nombreux et nous les connaissons. Le pape François nous le rappelle souvent : l’être humain est la seule créature qui a été créée pour elle-même ; aucun homme ne devrait pouvoir exploiter un de ses semblables. En toute chose, il faut rechercher le développement humain intégral.

Source Eglise d’asie

 

 

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Entretien – Cardinal Turkson – Sans liberté religieuse il ne peut y avoir de développement humain

Le Vatican a célébré les cinquante ans de Populorum Progressio, l’encyclique du développement humain intégral, titre du nouveau dicastère que préside le cardial Turkson.

Le préfet ghanéen revient sur ce nouveau dicastère et sur la liberté religieuse.

Il répond à Radio Vatican

L’athéisme pratique est un obstacle à la liberté religieuse. Le développement inclut la liberté religieuse. L’homme est spirituel et matériel.