A la une #NLQ

L’édito – Et Dieu redevient la variable d’ajustement

 

Nous voici rentrés à nouveau dans le temps dit ordinaire. Après les efforts de carême, le temps festif de Pâques et ses nombreux offices, la fin des privations et le retour de l’abondance avec la suspension de l’obligation du poisson du vendredi, nous voici donc retourné à l’ordinaire. Peu à peu le train train a repris son rythme de croisière effréné et les efforts de carême, suivis de la ferme résolution de rester proche de Dieu au sortir des quarante jours, s’est consumé plus rapidement que le cierge pascal que l’on rallumera de temps en temps, à l’occasion, au court de cet ordinaire dont il n’y aura guère que l’entrée en avent pour réveiller notre cœur lentement anesthésié par le quotidien ordinaire. Je ne sais si le terme est bien choisi pour rendre compte de ce qu’à d’extraordinaire le fait de vivre en ressuscités sauvés par le Christ, mais le fait est que nous faisons tous, probablement, l’expérience qu’en retournant à l’ordinaire, c’est au monde que nous retournons. Pourtant, nous ne sommes pas du monde et ces 90 jours qui encadrent ce mystère de la Résurrection nous l’ont bien rappelé. A des degrés d’intensité divers nous venons de passer près de trois mois « entre terre et ciel » et que ce soit par la conscience de notre péché et de notre misère ou par la grâce de transfigurations passagères, nous avons sans doute été un peu plus près du ciel qu’à « l’ordinaire ». Mais voilà, « la réalité » reprend ses droits, comme si cette situation unique du chrétien tendu vers le ciel n’était qu’un songe qui s’éloigne. Et peu à peu nous sommes engloutis dans et par cet ordinaire qui ne laisse souvent que peu de place à ce qui pourtant est notre quotidien, Dieu. Et Dieu devient la variable d’ajustement. Le chapelet quotidien du carême sert de monnaie d’échange avec l’heure de sport, l’adoration du jeudi part en fumée devant la liste des sorties attrayantes et, telle la grenouille dans son eau tiède, nous faisons de Dieu la variable d’ajustement. Messe anticipée pour pouvoir dormir ou aller faire une randonnée et l’horaire prévu pour la messe quotidienne devient la marge d’erreur pour rattraper le temps passé à autre chose. Et ainsi, avec les catholiques le monde retourne, lui aussi, à l’ordinaire.

A la une #NLQ

L’édito – Ramadan, le carême des musulmans.

 

 

Dans notre société déchristianisée, les repères chrétiens demeurent la norme de comparaison, une sorte d’étalon de mesure pour l’inconnu religieux et moral. Confronté à des réalités nouvelles en matière de mœurs et de religion, les sociétés qui se revendiquent postchrétiennes gardent pourtant un substrat culturel (parfois bien erroné) chrétien et utilisent un vague souvenir comme repère de leur propre réflexion. C’est assez fréquent avec les étudiants qui, encore de nos jours, tentent de comprendre les religions antiques en les comparant au christianisme. C’est commun dans l’univers médiatique et politique lorsqu’il faut situer l’islam et ses rites. Même Dieu, même religion d’amour, même tolérance et pratiques semblables, c’est en tout cas ce par quoi l’inculture religieuse grandissante tend à se repérer et à se rassurer. Le ramadan n’est qu’un exemple parmi d’autres et pourtant, il n’y a pas grand-chose de commun entre lui et le carême et pour cause, il n’y a pas grand-chose de commun entre l’islam et le catholicisme, n’en déplaise aux syncrétismes les plus autorisés soient-ils. Pour en prendre la mesure, nous vous proposons, en guise d’édito, en ces premiers jours de ramadan, l’étude approfondie et simple d’accès de l’association Clarifier.

 

Bon week-end de la Pentecôte de la part de toute l’équipe d’InfoCatho

Brèves #NLH #NLQ

Un tweet qui interpelle

Le tweet a été publié par un responsable politique. Peu importe le parti et ses options, il interpelle. Citons un extrait : “pourquoi les médias français annoncent-ils avec autant de ferveur le #Ramadan alors qu’ils restent totalement aphones sur le carême ?” Oui, pourquoi ?

A la une #Asie #Dans le Monde #NLH #NLQ

Chine – Arrestation de Mgr Vincent Guo Xijin, évêque de Mindong

Mgr Vincent Guo Xijin, évêque ordinaire de Mindong (Fujian), a été arrêté, la nuit dernière, par la police. Le chancelier du diocèse, le Père Fu, a lui aussi été arrêté par la police. Il y a quelques mois, Mgr Guo, âgé de 59 ans, avait été approché par un diplomate du Vatican, Mgr Claudio Maria Celli, lequel lui avait demandé de renoncer à son  diocèse au profit d’un évêque excommunié, Mgr Vincent Zhan Silu. Ce dernier est seulement reconnu par les autorités chinoises.  En contrepartie, Mgr Guo aurait été reconnu comme évêque auxiliaire de Mindong. Mgr Guo a été appelé, hier par le Bureau des affaires religieuses. Il devait rencontrer des responsables politiques. Mais, le soir, il a dû retourner à l’évêché pour récupérer ses affaires avant d’être interné. Ce n’est pourtant pas la première fois que Mgr Guo est confronté à la police. L’année dernière, il avait été interné avant de réapparaître vingt jours plus tard. En cette semaine sainte, le chemin de croix des chrétiens de Chine continue. Y compris à l’approche d’un accord entre Pékin et Rome que l’on dit imminent. Mais périlleux. Et certainement controversé dans ses implications pratiques.

Source AsiaNews.it

 

 

 

NLQ #Tribunes et entretiens

Dimanche des Rameaux 2018 : retour sur cet espoir des chrétiens d’Orient

Au Liban comme en Syrie, en Irak comme, ils étaient nombreux à célébrer le dimanche des Rameaux. Commémorant la venue du Christ à Jérusalem, mais annonçant aussi la douleur de la croix, les Rameaux sont comme un signe de Résurrection. Pâques avant les Rameaux ? Peut-être, mais sans ironie. Toutes ces célébrations témoignent d’un espoir qui renaît dans ces terres meurtries qui étaient celles des débuts du christianisme. Les chrétiens sont là, y compris dans ce qui fut encore, il y a peu, des lieux de souffrance. Pardon : de martyre. Certes, les difficultés ne disparaîtront pas pour autant. Les maux du Moyen-Orient ne sont pas nés avec Daesh. Ils ne cesseront pas, comme par enchantement, avec sa chute. Les sources de conflits sont, hélas, inépuisables. Mais ces célébrations témoignent bien d’une ferveur. S’il est une fête particulièrement à l’honneur chez nos frères d’Orient, c’est bien le dimanche des Rameaux, dont les cérémonies sont riches. Ainsi, chez les syriaques-catholiques, outre la bénédiction des Rameaux, il existe un office des vierges sages, qui consiste en une longue prière récitée à la fin de la messe. On pourrait multiplier les exemples et inviter les lecteurs d’InfoCatho à mieux les connaître.

 On peut le voir dans cette célébration chez les arméniens-catholiques de Beyrouth :

Évidemment, la ville de Qaraqosh a connu une intense célébration :

 

Enfin, il faut souligner aussi le dimanche des Rameaux à Maaloula, petit village chrétien de Syrie, qui avait été occupé entre 2013 et 2014 par les djihadistes :

Des petits signes d’espoir dans cet Orient tourmenté. Et surtout, honneur à Fraternité en Irak, à L’Oeuvre d’Orient et à SOS Chrétiens d’Orient pour leur précieux travail de soutien aux chrétiens d’Orient. On ne pourra que saluer les démarches de ces associations qui ont besoin d’être soutenues.

 

 

 

 

 

 

 

A la une #Doctrine / Formation

Carêméditation #40 : Vers les autres

Comme promis dans notre édito du mercredi des cendres, chaque jour nous vous partageons à méditer un texte du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine.

Jésus ne demande pas la lune à l’âme humaine. Il demande l’amour, le vrai, le sincère, le dense, sur chacun de nos actes, et sur chacune de nos pensées. Et pour tous. Voilà ce qu’Il espère. Seulement voilà, pour aimer si profondément les êtres connus et inconnus, il faut absolument – c’est une loi interne à l’amour qui assure son déploiement – que l’on déplace notre centre d’intérêt qui souvent repose sur l’édification de notre petit bonheur personnel, vers celui celui du bonheur des autres. Autrement dit, que l’on s’oublie soi-même et que l’on mette à mort tout ce qui pourrait gêner la marche de l’amour : habitudes égoïstes, contemplation du nombril, avarice, replis sur soi-même, jugements sur les autres, duretés de cœur, paresses, et autres tares qui empêchent l’amour de décoller et bloquent au ras des pâquerettes la bonification de notre être.

Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine, in Croire – Questions éternelles, réponses actuelles, p.75

Illustration : Le bon samaritain, 1960, par Boris Taslitzky, huile sur toile, 230 x 255 cm

A la une #Doctrine / Formation

Carêméditation #39 : La voie royale !

Comme promis dans notre édito du mercredi des cendres, chaque jour nous vous partageons à méditer un texte du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine.

Xavier, dans Le Passeur de Dieu, s’étonne que le Christ soit allé jusqu’à donner sa vie sur la Croix, et le père Stanislas lui répond…

– Xavier ! Seul ce qui est extrême et démesuré, et allons-y, fou, prouve l’engagement de la personne dans la cause qu’elle défend. Et c’est pour ne pas assez le croire, que nous nageons tous dans l’apathie, dans le consensuel, dans le médiocre, telles des lames de couteau qui ne coupent pas.”

Là, le moine ferma les yeux et m’apparut envahi d’une tristesse empreinte de dégoût. Puis il ajouta sur un rythme très lent :

“Le Christ, lui, notre frère, s’est emparé de la démesure pour exprimer l’amour et contrebalancer la tiédeur accumulée des hommes de tous les temps, et pour ce faire – et il a bien fait ! (le père serra les dents en prononçant ces derniers mots) – il a choisi le supplice de la croix, à la fois dégradant et écrasant, au sens strict du terme. C’était donc la voie royale, et non seulement il l’a choisie, mais il l’a même embrassée, cette croix, pour mettre à mort le péché de l’homme que Barrès définit comme “la tiédeur, le gris, le manque de fièvre, c’est-à-dire tout ce qui contrarie l’amour”, parole cueillie dans ma jeunesse, jamais oubliée.

Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine, in Le Passeur de Dieu, p. 126

George Desvallières (1861-1950). “L’Eglise douloureuse”. Peinture à l’huile sur papier marouflé sur toile. 1926. Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, Petit Palais. Dimensions : 255 x 151 cm

A la une #Doctrine / Formation

Carêméditation #38 : Aimer est un travail

Comme promis dans notre édito du mercredi des cendres, chaque jour nous vous partageons à méditer un texte du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine.

Aimer est un travail, je le crois dur comme marbre, au sens où Rodin, l’un de mes démiurges, l’entendait : ” Le travail est mystérieux, répétait-il. Il accorde beaucoup aux patients et aux simples ; il refuse aux pressés et aux vaniteux ; il accorde à l’apprenti et refuse à l’élève : et un jour la merveille naît des mains du modeste travailleur.” Et cette merveille, c’est le résultat du bon geste ; et celui qui part d’une main pour rejoindre celle des autres est divin.

Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine, in L’Amour – Une affaire sacrée, une sacrée affaire, p. 84

Illustration : La cathédrale, par Auguste Rodin, 1908

 

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Carêméditation #37 : Qui veut imiter le Christ doit commencer par être délicat

Comme promis dans notre édito du mercredi des cendres, chaque jour nous vous partageons à méditer un texte du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine.

Pour vous, ô Marie, l’évidence est criante : Jésus, sorti de votre corps, sort du Père. Et à le regarder vivre, ce dont vous ne vous lassez jamais, par là vous entrez dans la connaissance absolue de l’Incréé. Au jour le jour, la perfection de Dieu prendra pour vous le visage d’une simple vertu que vous repérez en tous les actes du Christ, si fine par nature qu’elle pourrait être jugée secondaire. Vous l’avez deviné, aux mots fléchés du Ciel : c’est la délicatesse. En effet, qu’il mange, qu’il serve, qu’il prie, qu’il dorme ou travaille, cette humble vertu sévit en continu par-dessous, éclusant des flots de pur amour sous les gestes anodins, rendant de sa subtilité unie à la justesse d’esprit, Dieu présent sous les espèces du quotidien. Qui veut donc imiter le Christ doit commencer par là, par cette volonté farouche d’être délicat.

Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine, in Marie, mon secret, p.122

Illustration : L’enfant Jésus bénissant saint Jean – François Boucher, 1758, 90 x 44 cm

A la une #Doctrine / Formation

Carêméditation #36 : Sur l’accueil des vocations au sacerdoce

Comme promis dans notre édito du mercredi des cendres, chaque jour nous vous partageons à méditer un texte du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine.

Mets-toi à genoux devant la jeune vie qui veut se donner à Dieu dans le sacerdoce au lieu de prendre le pied à coulisse pour mesurer ses aptitudes.

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On fait la fine bouche devant les garçons qui se présentent pour devenir prêtres, on les jauge, on les mesure, on les analyse, on les triture, on les suspecte, on les inspecte, et pendant ce travail on crache sur Dieu qui les envoie.

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De toute évidence, de nombreux formateurs de prêtres ont raté leur vocation de psychologues. On ne saurait que trop les encourager à se réorienter afin de sauver du nombrilisme ceux dont ils ont la charge. Qui sont les plus malades ?

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Si nous avions sous nos yeux les têtes des apôtres, leur parcours, leur culture, leur allure, sans nul doute nous conviendrions ensemble que la majorité d’entre eux ne devrait pas être admise au séminaire.

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Les apôtres, loin d’être armés de diplômes, l’étaient d’amour à donner. Et c’est ainsi que sous l’illettrisme de la plupart – allons jusque là – le christianisme, avant de s’écrire, s’est gravé dans les cœurs.

Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine, in Au diable la tiédeur, p.99-101

Illustration : Jésus-Christ et les petits enfants, esquisse, par Hippolyte Flandrin, 1837, huile sur toile, 50 x 61 cm (source)