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Suisse – Le nouveau Notre Père catholique ne plait pas aux protestants

La nouvelle traduction du ‘Notre Père’ entrera officiellement en vigueur dans la Suisse francophone le 3 décembre 2017. “Ne nous laisse pas entrer en tentation” se substituera au traditionnel “ne nous soumets pas à la tentation”, indique la Conférence des évêques suisses. Une traduction plus proche du texte originel, mais qui n’est pas sans conséquence œcuménique.

Cette modification n’est pas anodine, car elle change le sens du verset en question. “Ne nous soumets pas à la tentation” laisse penser que c’est Dieu qui pousse les fidèles à commettre un péché alors que “ne nous laisse pas entrer en tentation” fait plutôt référence à un Dieu protecteur qui empêcherait les hommes de sombrer dans le péché.

La nouvelle traduction entrera en vigueur à l’occasion du premier dimanche de l’avent 2017 en Suisse ainsi qu’en France. Pour les fidèles, il s’agira de changer une habitude bien ancrée. La version actuelle est en effet utilisée depuis un demi-siècle. Elle résulte d’un compromis œcuménique passé en 1966, dans la foulée du concile Vatican II.

Un choix unilatéral

Cinquante ans plus tard, en Suisse, on ne peut pas vraiment parler de compromis. Anne Durrer, porte-parole de la Fédération des Églises protestantes de Suisse (FEPS), reconnaît que cette traduction est plus proche du texte originel. Mais elle regrette le choix unilatéral de la Conférence des évêques suisses en la matière. “Dans le sillage de la conférence épiscopale française, les évêques suisses ont pris la décision de changer les paroles du ‘Notre Père’. Nous en prenons acte et regrettons d’avoir été mis devant le fait accompli.”

Une frustration qui se retrouve sur le terrain. “Certains responsables d’Eglises des cantons de Genève et de Vaud, avec lesquels je me suis entretenue, sont irrités de ne pas avoir été intégrés à la réflexion. Dans le même temps, tous manifestent une volonté d’entrer dans une démarche œcuménique constructive, afin d’éviter qu’il y ait désormais deux ‘Notre Père’ : un catholique et un protestant”.

Annoncée à l’issue de l’assemblée ordinaire de la Conférence des évêques suisses (CES) qui s’est tenue à l’abbaye d’Einsiedeln (SZ) du 29 au 31 mai 2017, cette décision pose un problème œcuménique, reconnaît Encarnación Berger-Lobato, porte-parole de la CES. “Les évêques ont en conscience. Mais on ne pouvait pas être le seul pays francophone qui n’accepte pas cette modification. La pression ne nous a pas permis d’être en contact avec la FEPS jusqu’à maintenant, mais nous espérons pouvoir mettre en place une convention œcuménique qui permettra de prier ensemble avec les mêmes mots”.

 

 Source

Cette polémique a le mérité de poser le vrai problème de cette traduction progressivement abandonnée par les catholiques francophones. Outre la lourde problématique théologique qu’il était temps de résoudre officiellement, on a beaucoup caché ces dernières années l’influence protestante de l’ancienne traduction. C’est peut-être cette émancipation catholique de la coupe protestante qui déplaît, plus qu’une atteinte à œcuménisme. Car, comme le rappelait le pape François, l’œcuménisme n’est pas du syncrétisme. Il ne s’agit pas de fonder une religion du plus petit dénominateur commun, mais d’avancer ensemble vers la vérité toute entière. Une traduction œcuménique n’a de sens et n’est réellement œcuménique que si elle est vraie. Ce qui n’était pas le cas jusqu’à présent.

Il faut donc saluer ce pas vers la lumière. Les protestants ne demandent pas leur avis au pape pour ordonner des femmes ou célébrer des mariages gay.

Au même titre que la vérité retrouvée, cette émancipation catholique est aussi un pas vers la lumière et un signe plutôt encourageant du renouveau d’une Eglise catholique qui (selon un mot à la mode) se décomplexe vis à vis des protestants. C’était un pas fondamentalement nécessaire pour un œcuménisme véritable.

Pour aller plus loin, un peu d’histoire et de vocabulaire

Tribunes et entretiens

PMA-Euthanasie – Laïcité – Les catholiques face au nouveau président, par le Père Viot

« Il y a un moment pour tout, et un temps pour chaque chose sous le ciel. » (Ecclésiaste 3 v 1)

Et je complèterai par le 7e verset du même chapitre «  un temps pour déchirer, un temps pour coudre ». On prête à Catherine de Médicis cette parole à son fils Henri III après qu’il avait fait exécuter le duc de Guise : « Bien taillé mon fils, maintenant il faut coudre ! ». Dieu merci, pendant cette campagne électorale, on n’a tué personne, du moins physiquement ! Mais dans mon dernier blog, je parlais du goût de cendres de la campagne électorale d’avant le premier tour, et je persiste, après avoir observé entre les deux tours la neutralité justement requise par le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France.

Aujourd’hui un président est élu et investi. Le devoir de tout français est de respecter sa fonction, et celui particulier de tout catholique de prier pour lui. (ndlr rejoindre notre chaîne de prière)Ainsi le recommandait Saint Paul à son disciple Timothée : « Je recommande donc, avant tout, que l’on fasse des demandes, des prières, des supplications, des actions de grâce, pour tous les hommes, pour les rois et tous ceux qui détiennent l’autorité, afin que nous menions une vie calme et paisible en toute piété et dignité. » (I Tim 2 v 1 et 2). Après donc avoir, beaucoup « déchiré », beaucoup « taillé », jusqu’à laisser ce « goût de cendres », voici le temps pour tous les acteurs de la vie politique en France de « coudre », réunir, apaiser, tout en agissant !

Cependant, pour le chef de l’Etat, agir c’est gouverner, et donc poser des choix qui diviseront inévitablement les Français. Le risque doit être couru. D’où la nécessité absolue d’éviter les divisions inutiles que suscitent des minorités dont on se demande si elles ne constituent pas une cinquième colonne formée pour détruire tout ce qui reste en France de civilisation. Les lois sociétales votées sous le précédent quinquennat ont été catastrophiques de ce point de vue ; nous en verrons de plus en plus les conséquences funestes. Il serait sage de s’arrêter dans ce domaine. Beaucoup de catholiques prient dans ce sens pour leur président. Et, disons-le, beaucoup se sont méfiés de lui et persistent dans cette attitude de méfiance à cause de cela. Le président a ainsi dans son entourage des gens qui sont favorables à l’euthanasie et au suicide assisté. Je lis ici ou là que les candidats « En Marche » feront campagne pour la PMA pour tous ! Pour un catholique, il me semble qu’on ne peut transiger sur ces sujets. La promotion de ces pratiques relève d’un état d’esprit intrinsèquement pervers qui doit être combattu sans indulgence ni merci !

Autre sujet de méfiance, si ce n’est de crainte : la question de la Laïcité. Il est plus que temps de renouveler son discours officiel. Depuis 2012, il a pris un tour odieux, en ce sens qu’il n’exprime plus la neutralité de l’Etat vis à vis des religions, mais son hostilité, surtout contre la religion catholique, du moins dans la bouche de certains politiques ! Et la gauche ne détient pas le monopole de ce ressentiment. L’Etat se doit, au nom de l’ordre public et des nécessités de la situation de guerre, de veiller à l’organisation du culte musulman en France. Mais nous ne sommes plus en 1905 ! La vision d’alors d’une séparation dans la douleur du politique et du religieux doit faire place à une autre vision, celle de la distinction nécessaire entre le politique et le religieux, de telle manière que le premier puisse travailler pour le Bien Commun et la sécurité de tous sans empiéter outre mesure sur la liberté religieuse à laquelle chacun a droit. Les catholiques n’ont pas à faire les frais de comportements religieux qui leur sont étrangers. Les pouvoirs publics doivent pouvoir apprécier la situation particulière de chaque culte, de chaque religion, et développer leurs politiques au cas par cas. La Laïcité promue de manière globale et aveugle est d’une absurdité totale au regard des différences profondes entre religions. C’est à cause le Laïcité que nous sommes gratifiés de politiques justifiant en son nom leur ignorance ou leur mépris du fait religieux. Jusqu’à semer les germes de la guerre civile !

La nomination d’une secrétaire d’Etat comme Marlène Schiappa inquiète ainsi, par son assentiment au port généralisé du voile islamique, et ce surtout en raison des motifs qu’elle a invoqués ! Je les résume : le refuser serait s’opposer à un signe religieux, et donc reconnaître le fait religieux qui, selon elle, est chose impossible à un État laïc ! Conclusion : il faut accepter le voile au nom de la Laïcité ! Et pourquoi pas le djihad, si l’on poursuit le raisonnement ? Il est vrai que son père, Jean-Marc Schiappa, est une des têtes pensantes de la libre pensée ! Qu’on se reporte à l’un de mes précédents blogs reproduisant les statuts de cette association et l’on en sera édifié… Sous couvert d’y propager et encourager la haine de toutes les religions par un laïcisme intransigeant, on refuse en fait de les comprendre. Les voiles islamiques ne s’en portent que mieux !

Dans cet esprit, on pourra continuer à construire de nouvelles mosquées et imaginer l’édification d’un islam de France, avec le concours des universités. On croira consolider une pratique raisonnée et acceptable du culte musulman, mais de fait, on suscitera fatalement, à cause de la nature même de l’islam, une opposition des fidèles à ces nouveaux imams formés dans des universités mécréantes, ou pire, par des musulmans traîtres collaborant avec les infidèles ! Qu’on se reporte au livre que j’ai cossigné avec Odon Lafontaine La Laïcité mère porteuse de l’islam ? pour comprendre pourquoi un tel projet ne peut être que voué à l’échec !

Enfin, les lecteurs de mon blog savent que je n’ai jamais aimé les discours et interventions du candidat Macron, principalement, ce que j’appellerais « l’incident d’Alger ». Mais « il y a un moment pour tout ». Les élections présidentielles ont eu lieu et la passation de pouvoirs est faite. Je n’ai entendu le président Emmanuel Macron qu’une seule fois le jour de son investiture, à l’hôtel de ville de Paris. L’heureux changement de ton m’a certes frappé, mais surtout son propos très clair, un peu étonnant après cette campagne, et qui me semble constituer une première dans la bouche d’un président de la République. Évoquant l’histoire de Paris, il a parlé du 14 juillet, fête nationale comme chacun sait, mais en précisant « fête de la Fédération » ! Nous sommes renvoyés à 1790, et non à 1789 et la prise de la Bastille. Certes la loi promulguée le 6 juillet 1880 se contente de dire que « La République adopte le 14 juillet comme jour de fête nationale ». Mais l’on avait bataillé au Sénat. La perspective de commémorer une journée aussi sanglante que celle de la prise de la Bastille déplaisait à de nombreux parlementaires qui avaient le souci de rassembler le pays autour de la République fraîchement consolidée (en 1875, par l’amendement Wallon). Henri Martin, républicain et historien, rapporteur de la loi devant la haute assemblée s’exprima ainsi : «  Après la journée du 14 juillet 1789, il y a eu la journée du 14 juillet 1790. Cette journée-là, vous ne lui reprocherez pas d’avoir versé une goutte de sang, d’avoir jeté la division d’un degré quelconque dans le pays. Elle a été la consécration de l’unité de la France. Oui elle a consacré ce que l’ancienne royauté avait préparé. L’ancienne royauté avait fait pour ainsi dire le corps de la France et nous ne l’avons pas oublié ; la Révolution, ce jour-là, le 14 juillet 1790, a fait, je ne veux pas dire l’âme de la France- personne que Dieu n’a fait l’âme de la France- mais la Révolution a donné à la France conscience d’elle-même ; elle a révélé à elle-même l’âme de la France. » (extrait du discours d’Henri Martin au Sénat le 29 juin 1880).

On remarquera qu’à cette époque encore très marquée par la lutte sur la nature du régime politique qui devait prévaloir, on était encore entre gens de culture. On savait que La France n’avait pas commencé en 1789. On en savait gré aux rois et on choisissait une fête qui, justement, avait vu se rassembler tous les français autour de Louis XVI, leur roi légitime qui avait accepté solennellement ce jour l’évolution constitutionnelle de la monarchie. Le président Macron s’est donc situé par sa précision historique dans la continuité d’Henri Martin et de la majorité des parlementaires de 1880, soucieux de rassembler les français après l’humiliation de la défaite de Sedan et la perte de l’Alsace Lorraine. Ces politiques savaient « recoudre ». Le propos du président de la République n’est pas anodin. D’ailleurs, il faisait suite à deux actes symboliques, auxquels tous les français ne pouvaient qu’être sensibles – dans la mesure où tout cela procède d’une attitude sincère du président : la remontée des Champs Elysées en voiture militaire et la visite aux soldats blessés de l’hôpital Percy. La France a toujours aimé son armée, surtout en temps de guerre. Manifester visiblement qu’on est son chef constitue un acte éminemment rassembleur. La suite logique devrait être un effort budgétaire important en faveur de l’armée, dans l’intérêt de tous nos concitoyens. Sur ce point, comme sur d’autres, la cohérence politique et morale sera indispensable pour rassembler les Français !

Source blog du Père Viot

 

Tribunes et entretiens

Le vote blanc des catholiques

L’explosion du vote blanc lors du second tour de la présidentielle est la principale leçon de ce scrutin : il a été multiplié par plus de quatre entre les deux tours et a pulvérisé le précédent record de 1969 (6,4 %) pour atteindre 11,5 %. Parmi ces bulletins, le choix de nombreux catholiques qui, contrairement aux chiffres annoncés, ont donc moins voté pour Emmanuel Macron et Marine Le Pen que l’ensemble des Français.

Le sondage IFOP/Pèlerin sur le vote des catholiques pratiquants réguliers au second tour donne 71 % à Macron et 28 % à Le Pen. Dans la mesure où le vote blanc, qui n’a jamais été aussi élevé lors de ce scrutin sous la Ve République (11,50 %), n’est pas indiqué, cette répartition ne paraît ni juste ni honnête, surtout si l’on considère que l’électorat catholique était particulièrement fondé à ne pas se retrouver dans l’offre politique de ce deuxième tour.

D’après des estimations toutes personnelles, sur la base des enquêtes IFOP et Harris Interactive sur le vote catholique et sur les intentions de vote au second tour de l’électorat Fillon et Mélenchon, la répartition du vote catholique pratiquant régulier au second tour serait :
– Macron = 59,90 % (au lieu de 71 %)
– Le Pen = 23,87 % (au lieu de 28 %)
– blancs/nuls = 16,22 %

Cette estimation prend pour hypothèse que l’intention de vote blanc connue sur l’ensemble de ces électorats s’appliquerait aux catholiques dans les mêmes proportions, ce qui n’est pas évident : il peut être le même, ou plus ou moins prononcé.

Chez l’électorat Fillon, un quart des électeurs comptait voter blanc ; chez celui de Mélenchon, 36 % (et 29 % d’abstention).

Cette estimation ne prend pas non plus en compte les votes des « petits candidats » dont le volume est marginal, mais dont la totalité pourrait être significative si elle a fait un choix homogène en faveur du vote blanc ou nul.

Pour mémoire, le nombre total de votes blancs s’élève à 3.020.000, et celui des votes nuls à 1.050.000, soit 11,47 % des suffrages exprimés.

Conclusion certaine : le vote blanc « catholique » a été particulièrement élevé. Et en tout état de cause, les catholiques pratiquants réguliers ont moins voté pour Macron et Le Pen que l’ensemble des Français.

Philippe de Saint-Germain

 Source Boulevard Voltaire

Brèves

Les catholiques qui trouvent qu’il y a trop d’immigrés votent moins FN que les autres (au moins en 2012)

Nous publions ici la conclusion d’une étude sur Les catholiques, l’immigration étrangère et les tentations racistes en France. Les avis et remarques personnelles de son auteur, mêlée à la confusion des chiffres sont cependant à prendre avec d’autant plus de recul que cette enquête qu’on ressort ces jours-ci date de 2012.

Tandis que leurs opinions témoignent d’une assez forte hostilité à toute augmentation de l’immigration étrangère en France, les pratiquants réguliers ne votent pas davantage fn que les catholiques pratiquants occasionnels ou non pratiquants : le vote fn est même légèrement plus faible chez ceux et surtout chez celles qui fréquentent régulièrement les assemblées dominicales dans les églises.

Plus remarquable encore, toujours selon cette grande enquête de 2006 réalisée par la sofres pour le cevipof, un catholique pratiquant étant “tout à fait d’accord” avec l’idée qu’il y a « trop d’immigrés en France » vote plus de trois fois moins souvent fn qu’un catholique non pratiquant ou qu’un “sans religion” ayant le même avis au sujet « d’un trop grand nombre d’immigrés en France ». Parmi cette dernière population le vote Le Pen à la présidentielle de 2007 avoisinait les 20 %. À partir de données agrégées, nous avons montré à plusieurs reprises que sur des territoires départementaux ou régionaux, le vote fn semblait favorisé par la faiblesse locale (communale, cantonale) de la pratique religieuse… ainsi que par celle du Parti communiste. Aussi caractéristiques et croyances individuelles, convictions et opinions sur des sujets politiques et contextes sociaux locaux influent-elles simultanément pour expliquer la plus ou moins grande fréquence des votes Front national parmi les différentes populations de catholiques.

Ainsi que suggéré plus haut, la géographie des oppositions à l’immigration ne peut être réduite ni à celle de l’implantation du catholicisme ni à son contraire. L’Alsace s’oppose au tout aussi pieux sud du Massif central, lui aussi terre historique d’implantation d’un vote de centre-droit majoritaire (Cantal, Haute-Loire). Le Front national a percé en Alsace, mais non dans le sud de l’Auvergne ni dans les Pays de la Loire. La géographie du vote fn a souvent été présentée comme l’opposé, Alsace exceptée, de la carte des solidarités familiales.

Par ailleurs, tant chez les catholiques que chez ceux qui se déclarent “sans religion”, c’est chez les divorcés que le vote fn est le plus fort, mais cette relation ne s’observe pas partout : en Île-de-France, région où l’on divorce le plus, le fn est désormais, depuis plus de dix ans, plus faible que dans la plupart des autres régions (carte 6)… Il est cependant net que dans les régions où les ménages complexes demeurent moins rares, le fn est plus faible, en particulier si l’on considère des territoires par ailleurs proches sur le plan d’autres critères sociaux (chômage, pauvreté, importance de l’immigration).

Source

 

Brèves

Réponse à Mme Pedotti – Chrétiens et démocrates combattent aussi les idées de Macron, et appellent à la liberté de conscience de chacun !

Cette réponse de Jean-Marie BEURNEL ancien maire, président d’Éthique et Vérité 88 dans les Vosges à Christine Pedotti, nous permet de donner un post l’article en question et son contrepoint, selon la forme ancienne de la disputatio

 

Rétablissons la vérité !

Cette fois, c’est fait, la barrière est franchie. On la voyait venir depuis plusieurs années, Christine Pedotti en a été le révélateur ; une partie du catholicisme français qu’elle veut ici représenter, renoue avec ses anciens démons, confond la foi avec le progressisme, et se laisse aller à croire que tout le christianisme est résumé dans la représentation d’une politique socialo-communiste, libéral-libertaire dont Mrs Hollande et Macron sont les Hérauts.

Voici que tente de ne pas disparaître un soi-disant catholicisme pour une France désintégrée dans un tout uniformisé, dont la principale utilité serait de veiller sur la bien-pensance des citoyens, sous prétexte de délit d’entrave. Sur le berceau de cet enfant monstrueux né par GPA, ayant comme pères Messieurs Hollande et Macron, se penchent les spectres de l’Union des Républiques Socialistes, de Cuba, de Ceaucescu et du herr Général socialiste Jaruzelski, et le cortège de tous ces socialos bobos, qui jugent que la “révolution internationale” est une chance pour la France qui allait de ce fait retrouver ses vraies racines de 1789. La guillotine pour les mal pensants est pour quand ?

Tout y est, la haine de l’autre, de celui qui ne pense pas pareil, la crainte de voir souillé le « Front Républicain », l’accusation de pétainisme– à l’époque des grandes manifs on a même dit nazisme à l’égard de La Manif Pour Tous, étonnant quand on sait que Hitler était bien un socialiste ! Et que c’est bien contre les projets d’un gouvernement socialiste qui a une dent contre la famille que l’on manifestait !

Contorsions morales

La Manif pour tous, Sens Commun, le Parti chrétien démocrate, défendent la vie humaine de la conception a la mort naturelle. J’invite Mme Pedotti à lire « l’évangile de la vie » de St Jean-Paul II qui dit ceci : « La vie étant sacrée, elle est dotée d’une inviolabilité inscrite depuis les origines dans le cœur de l’homme, dans sa conscience. Je déplore avec force les multiples crimes et attentats contre la vie humaine. Tout ce qui s’oppose à la vie elle-même, comme toute espèce d’homicide, le génocide, l’avortement, l’euthanasie, et même le suicide délibéré, tout ce qui constitue une violation de l’intégrité de la personne humaine, tout ce qui offense à, la dignité de l’homme, les déportations, l’esclavage, la prostitution, le commerce des femmes et des jeunes, les conditions de travail dégradantes qui réduisent les travailleurs au rang de purs instruments de rapport, toutes ces pratiques et d’autres analogues sont infâmes, elles corrompent la civilisation et insultent gravement à l’honneur du créateur » .

Mr Macron a déclaré je cite « être pour la GPA, mais pas maintenant car la société n’est pas prête ». Si Mme Pedotti était honnête elle reconnaîtrai que les programmes Hollande des 5 ans passés et Macron (Hollande bis), ne sont pas compatibles avec ce que dit St Jean-Paul II, et ce qu’ont répétés tous les papes depuis sur ce même sujet !

Quelles contorsions morales Mme Pedotti faut-il faire pour oser prétendre que ces programmes ne s’opposent absolument pas aux fondements même du christianisme ?

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Il faut faire une sérieuse révision de l’Évangile pour en arriver là. Il faut renverser toutes les hiérarchies morales pour réussir à faire passer le national socialisme libertaire pour une vertu chrétienne, pour balayer au nom de la défense du front Républicain, l’inviolabilité de la vie, le respect de la dignité humaine, de la famille, des travailleurs, qui sont des non-négociables, que nous défendons à la Manif Pour Tous et ailleurs, profondément en accord avec l’Évangile. C’est ce que le pape François ne cesse de rappeler et en cela, il est en parfait accord avec ses prédécesseurs. Mme Pedotti ne connaît pas semble-t-il notre raison d’être, ni nos statuts qui ont pour objet d’informer le citoyen et de lui « laisser le libre arbitre ». Nous laissons la liberté de choix, nous ne sommes pas des idéologues, ni d’extrême droite, ni d’extrême gauche à la sauce de Mme Pedotti. Il est toujours étonnant de voir quelqu’un combattre une idéologie extrême par une autre. Le social-communisme, comme le nazisme-socialiste n’ont donnés à ce monde que des millions de morts.

Une idéologie mortifère en remplace une autre.

Alors, quelle tristesse de voir Mme Pedotti et sa gauche bobo, s’empêtrer dans des circonvolutions déshonorantes, en refusant de dire clairement que le vote Macron n’est pas compatible non plus (évidemment) avec le christianisme. Elle en arrive même à nier le fait que M.Macron vienne de chez Rothschild, pourquoi nier une vérité si bien établie ? Y aurait-il a en rougir ? Je pense que non, pourquoi y aurait-il honte de réussir ? Cela ferait-il trop travail-famille-patrie ? Elle prends là une lourde responsabilité qui contribue à rendre illisible l’image de ces catholiques et inaudible leur parole.

Mais heureusement, ni le Pape, ni les Évêques pour la plupart ne suivent ses suppliques et pétitions. Si l’église est-ce qu’elle est depuis 2000 ans, c’est qu’elle a su éviter les « bons conseils », des Mmes Pedotti qui se sont mis en travers du chemin ! Quelle que soit l’issue des scrutins, quelque chose aura irrémédiablement changé. De ce point de vue, M. Macron a déjà gagné… une bataille. Du moins savons-nous où sont nos ennemis et s’il nous est demandé de les aimer, il ne nous est pas interdit de les combattre, mais ce n’est en aucun cas d’autres catholiques, comme le fait Mme Pedotti, qui prends le fer de sa plume pour lutter contre eux ! Celle-ci représente ici, la frange catholique qui par le passé, a préférè Cauchon et l’Angleterre, à Jeanne d’Arc et la France. Perdue dans ses relents à l’eau de la rose de ses romans professant le prêchi-prêcha de la 6e République et du 3e Vatican, elle ne voit que le verre à moitié plein des autres, pendant que le sien dégouline de son propre fiel. Peut-être devrait-elle tourner dans l’encrier 7 fois le fer acéré de sa plume d’acier avant de le jeter à la face des honnis mal-pensants que nous serions ? Cette gente dame, lanceuse de boules puantes et fumantes et sa dizaine d’amis à eux seuls, s’érigent en vainqueur de la socialie face au reste du monde (c’est à dire au moins tous ceux qui ne pensent pas comme elle), ce qui fait beaucoup de monde. Sus à l’ennemi, et qu’il n’en reste plus un. On a vu mieux comme chantre de la liberté, tout à l’image de sa propre idéologie, la grande inquisition en marche ! En mai et en juin chaque Français peut s’informer et choisir librement et doit avoir le droit de « combattre » comme elle le dit, non pas ses frères comme elle le fait, en s’en prenant à l’église toute entière et à toute sorte de mouvements qui agissent « eux », pour le bien commun de la société et non sa destruction, mais contre ce qui ne convient pas dans les différents programmes politiques des candidats !

Que chacun agisse les dimanches de mai et juin et après, en conscience éclairée, mais évitons l’angélisme du macronisme aigu à la sauce Pedotti !

Jean-Marie BEURNEL

En réponse à cela :

“Chrétiens et démocrates, nous appelons à voter pour Emmanuel Macron”

APPEL. Scandalisés par le manque d’engagement inédit de l’Eglise catholique et le refus de Sens commun de faire barrage au FN, Christine Pedotti et des personnalités du monde chrétien lancent un appel en faveur du vote Macron.

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Cette fois, c’est fait, le Rubicon est franchi. On le voyait venir depuis plusieurs années, la Manif pour tous en a été le révélateur ; une partie du catholicisme français renoue avec ses anciens démons, confond la foi avec la nostalgie, et se laisse aller à croire que tout le christianisme est résumé dans la représentation de l’Angélus de Millet.

Voici que renaît un catholicisme d’ordre moral dont la principale utilité serait de veiller sur la vertu des filles et la fécondité des étreintes conjugales pour le bien supérieur de la patrie. Sur le berceau de cet enfant monstrueux, se penchent les spectres de Barrès et Maurras et le cortège de tous ces ecclésiastiques, évêques et cardinaux qui jugèrent que la “révolution nationale” de Philippe Pétain était une chance pour la France qui allait de ce fait retrouver ses vraies racines.

Tout y est, la haine de l’autre, de l’étranger, la crainte de voir souillée la pureté du sang, l’accusation de cosmopolitisme – aujourd’hui on dit mondialisme –, et si on n’ose pas (pas encore) accuser un complot juif, on accuse “la Finance” et on grime Emmanuel Macron en banquier (de chez Rothschild !) suceur de sang.

Contorsions morales

La Manif pour tous, Sens Commun, le Parti chrétien démocrate (au nom si usurpé) Christine Boutin… Ils n’hésitent pas : “surtout pas Macron !”. Leurs raisons avouées sont bien minces, fragiles même. En effet, Marine Le Pen n’apparaît pas immédiatement comme le meilleur soutien de l’abrogation du mariage pour tous que d’ailleurs elle a très très mollement combattu. Certes, elle s’oppose à la libération de la PMA pour les couples de femmes, ce que le candidat d’En Marche compte faire. En revanche, elle promet de fermer les frontières, de refouler les étrangers, les migrants demandeurs d’asile, de refuser les soins médicaux ou la scolarisation des enfants à tous les irréguliers. Quelles contorsions morales faut-il faire pour oser prétendre que cela ne s’oppose absolument pas aux fondements même du christianisme ?

S’inscrire

Il faut faire une sérieuse révision de l’Évangile pour en arriver là. Il faut renverser toutes les hiérarchies morales pour réussir à faire passer l’égoïsme national pour une vertu chrétienne, pour balayer au nom de la défense de la “civilisation chrétienne”, toute l’universalité du christianisme, qui lui fit, dès son origine accueillir les “Grecs”, c’est-à-dire les païens, quitter Jérusalem pour Rome, puis convertir les “barbares”, et finalement aller, jusqu’au bout de la Terre. Cette histoire n’est pas linéaire, très loin de là, mais au bout du compte, c’est bien l’universalité de la famille humaine et l’unité du genre humain qui apparurent comme profondément en accord avec l’Évangile. C’est ce que le pape François ne cesse de rappeler et en cela, il est en parfait accord avec ses prédécesseurs.

Alors, quelle tristesse de voir les hiérarques catholiques, par la voix officielle de la Conférence des évêques, s’empêtrer dans des circonvolutions déshonorantes, en refusant de dire clairement que le vote frontiste n’est pas compatible avec le christianisme. Ils prennent là une lourde responsabilité qui contribue à rendre illisible l’image des catholiques et inaudible leur parole. Quelle que soit l’issue du scrutin, quelque chose aura irrémédiablement changé. De ce point de vue, Madame Le Pen a déjà gagné… une bataille. Du moins savons-nous où sont nos ennemis et s’il nous est demandé de les aimer, il ne nous est pas interdit de les combattre.

Christine Pedotti

 

Christine Pedotti est rédactrice en chef de “Témoignage Chrétien” et co-fondatrice de la Conférence des baptisé(e)s. Elle est à l’initiative d’une pétition appelant les Chrétiens à voter contre le Front national.

Tribunes et entretiens

Consignes de vote – Gérard Leclerc répond au “magistère suprême” du Monde “désolé, nous sommes des hommes libres”

L’éditorialiste du Monde est mécontent de l’attitude de l’épiscopat français, qui s’est refusé à entrer dans le jeu politique, préférant proposer des éléments de discernement à des fidèles auxquels il appartient de se déterminer librement. Est-ce qu’au Monde, on se montrerait nostalgique du bon vieux cléricalisme d’antan, pourtant si brocardé, lorsque M. le curé, en chaire, indiquait quel était le bon candidat ? Mais notre éditorialiste est surtout parfaitement insensible à ce que le concile Vatican II appelle l’autonomie du politique. Autonomie sans laquelle il n’y pas d’autonomie du spirituel. C’est la séparation du spirituel et du temporel, qui confère au premier toute son autorité spécifique. Refuser de désigner un candidat ne signifie pas, pour les évêques, s’abstenir de tout jugement moral sur le contenu des programmes. Bien au contraire, c’est parce qu’ils n’appartiennent pas à un camp politique ou idéologique que leurs injonctions sont crédibles. Et par ailleurs, ces injonctions ne valent pas qu’à l’égard d’un seul programme, elles les concernent tous.

Mais le même éditorialiste semble aussi totalement insensible au fait que les catholiques sont des citoyens majeurs et vaccinés. C’est eux qui décideront de leurs suffrages, dimanche prochain, et nul n’est habilité à entrer dans leur for intérieur pour leur imposer leur bulletin de vote. Ce ne sont pas les évêques qui sont comptables de ce qu’on appelle curieusement le vote catholique, ce sont les catholiques eux-mêmes ! Si l’on n’est pas content de leur positionnement politique, c’est avec eux qu’il faut s’expliquer. Les prendrait-on pour des esprits infantiles et pour des sortes de zombies manipulés depuis les évêchés ?

Curieuse psychologie, que l’on pourrait peut-être expliquer pour des motifs cliniques. Juché sur son perchoir médiatique, l’éditorialiste du quotidien, qui se veut de référence, s’estime doté d’un magistère suprême qui l’autorise à faire la leçon au monde entier. Désolé, jusqu’à preuve du contraire, nous sommes des hommes libres, libres de choisir d’autres directeurs de conscience que ceux qui s’érigent en juges universels.

 

Source France Catholique

Doctrine / Formation

Saint Jean XXIII “Aucun catholique ne peut adhérer au socialisme même modéré”

Citant son prédécesseur Pie XI, Saint Jean XXIII rappelait dans Mater et Magistra 

Entre le communisme et le christianisme, le Pape rappelle que l’opposition est radicale. Il ajoute qu’on ne peut admettre en aucune manière que les catholiques donnent leur adhésion au socialisme modéré, soit parce qu’il est une conception de vie close sur le temporel, dans laquelle le bien-être est considéré comme objectif suprême de la société ; soit parce qu’il poursuit une organisation sociale de la vie commune au seul niveau de la production, au grand préjudice de la liberté humaine ; soit parce qu’en lui fait défaut tout principe de véritable autorité sociale.

Voir aussi la condamnation du communisme par Pie XI dans Divini Redemptoris

Brèves

Guillaume de Thieulloy – Sans Sens commun, François Fillon n’aurait même pas été sur la ligne de départ.

Il fallait s’y attendre. Certains caciques LR, anxieux de laisser passer des prébendes, cherchent à donner toujours plus de gages au successeur de M. Hollande, le sémillant M. Macron. Et il n’était pas difficile de deviner quels gages il leur faudrait apporter dans la corbeille de la mariée : la tête de ceux qui, vaille que vaille, avaient défendu les convictions de droite durant cette campagne surréaliste – et tout particulièrement celle de Sens commun. Comme la plupart des lecteurs du Salon beige le savent, j’ai fait, pour ma part, un choix différent de Sens commun aux primaires, préférant soutenir Jean-Frédéric Poisson qui me semblait plus cohérent et plus proche de nos convictions que tout autre candidat. Mais ces choix différents ne m’empêchent pas d’admirer l’engagement de nos amis de Sens commun et d’être écœuré par les attaques des Estrosi, des Chatel, des Lagarde, des Juppé ou des Bussereau.

C’est très largement grâce à la mobilisation du peuple de droite, déçu par le quinquennat de Nicolas Sarkozy et inquiet des dérives soixante-huitardes du programme d’Alain Juppé, que François Fillon a remporté la primaire.

C’est encore ce peuple de droite qui a sauvé la tête du candidat quand tous les caciques appelaient à le remplacer et qu’en trois jours, fut organisé un rassemblement monstre au Trocadéro pour s’opposer aux manipulations du clan Hollande et au diktat des juges et des médias « bien-pensants ».

Ce peuple de droite ne demandait rien en échange. C’est sans doute cela qui a troublé les hiérarques. D’habitude, il y a toujours moyen de « s’arranger » : Tu mets en veilleuse tel thème un peu gênant, tu fermes les yeux sur telle turpitude, et je te trouve une investiture aux prochaines régionales. Là, non. Sens commun et, de façon générale, tous ceux qui, discrètement, avec abnégation, ont fait la campagne de Fillon, sous des tombereaux d’insultes – et pas seulement de la part de la gauche –, ne demandaient rien en échange. Nous (je veux dire, nous, leurs camarades de combat des grandes manifestations contre la loi Taubira, qui n’étions pas encartés dans un parti et ne souhaitions pas donner un chèque en blanc à quelque candidat que ce soit) leur demandions bien de réclamer davantage de circonscriptions, des clarifications sur tel ou tel point du programme. Nous leur disions bien que la politique est aussi une question de rapport de forces et que, si on ne montre pas les crocs de temps à autre, on n’est pas « calculé » comme disent les politiciens professionnels, et on ne fait pas avancer ses idéesNous pensions même que le meilleur service à rendre au candidat Fillon aurait été de taper du poing sur la table pour le forcer à choisir : s’il avait franchement opté pour la ligne Sens commun, il serait aujourd’hui, probablement, au deuxième tour, tant sont nombreux les électeurs issus de la Manif pour tous qui ont été excédés par cette politique de louvoiement permanent et de soumission systématique devant la bien-pensance de la gauche soixante-huitarde.

Mais non. Obstinément, les militants de Sens commun faisaient campagne sans rien demander en échange, avalant des marmites de couleuvres, mais labourant le terrain – dans un parti devenu un parti de notables, déserté par les militants.

Même la main tendue aux traîtres de l’UDI n’a pas suffi à les décourager. Même pas la « désinvestiture » de Xavier Lemoine, le courageux maire de Montfermeil, ou d’Anne Lorne, la dynamique dirigeante de Sens commun en Rhône-Alpes. Non, ce petit peuple de droite restait seul à faire la campagne pour des personnes dont il était visible qu’elles le détestaient et méprisaient ses convictions profondes.

Le sommet de l’ignominie fut atteint quand, dans la dernière semaine de campagne, les dirigeants centristes et juppéistes se permirent de dire qu’une participation de Sens commun à un hypothétique gouvernement de François Fillon serait une « faute » (l’expression de Dominique Bussereau, ancien ministre chiraquien). Oui, oui, une faute, pas simplement une erreur tactique, mais bien une faute morale ! Comme si, dans la France de 2017, avoir manifesté contre le nihilisme libertaire, refuser à l’Etat le pouvoir totalitaire de priver un enfant de son père ou de sa mère, rendait définitivement infréquentable…

Et, maintenant, ils viennent nous dire que c’est à cause de Sens commun que François Fillon n’a pas été qualifié pour le second tour !

Chatel prétend que le soutien de François Fillon à Sens commun (tu parles d’un soutien !) lui a fait perdre la qualification au second tour. Et M. Estrosi, otage du PS qui l’a fait élire à la région PACA, appelle carrément à les exclure des « Républicains », sous prétexte qu’ils ne font pas assez « barrage à l’extrême droite ».

Mais de qui se moquent-ils ? Sans Sens commun, François Fillon n’aurait même pas été sur la ligne de départ. Ce qui a plombé la campagne, c’est la désastreuse politique à la godille ; la volonté d’être apprécié par les médias de gauche comme un bon « républicain » – et « donc » pas quelqu’un qui pourrait parler d’identité de la France ou d’anthropologie, pas quelqu’un qui s’attaquerait aux enjeux civilisationnels et remettrait en cause la domination culturelle de la gauche… Ce qui a plombé la campagne, c’est de donner une centaine de circonscriptions à l’UDI, alors même que ce parti, qui ne représente rien, réclamait, trois jours avant l’accord, le départ de François Fillon. Ce qui a plombé la campagne, c’est, en un mot, que le candidat de droite a fait presqu’exactement la campagne d’Emmanuel Macron, oubliant, contre tout bon sens, le volet civilisationnel qui avait fait sa réussite aux primaires !

Sans Sens commun, sans le petit peuple de la droite de conviction qui a fait l’énorme succès des Manifs pour tous, qui a fait aussi le succès de François Fillon aux primaires, et encore le succès du rassemblement au Trocadéro, le candidat de droite aurait été derrière le candidat communiste !

Alors, entendre des leçons de morale de ces prébendiers qui avaient tous le « trouillomètre à zéro » pendant la campagne, et qui, dans un lâche soulagement munichois, se jettent dans les bras du sieur Macron, de la marionnette de Hollande et Bergé, sans même lui demander la moindre précision sur son programme, est tout simplement insupportable.

Oui, nous le redisons tout net : les partis politiques ne sont pour nous que des moyens – et pas les meilleurs – pour faire gagner nos convictions, dont nous croyons qu’elles sont une condition de survie pour la France.

Les insultes des Estrosi, des Chatel ou des Bussereau laisseront des traces. Ils pourront, bien sûr, être élus sous l’étiquette « En Marche ». Grand bien leur fasse ! Mais il est clair qu’il ne faudra plus qu’ils comptent sur les voix de ce qu’ils pensaient être leur « électorat naturel ».

Les élections de 2017 marquent un tournant : désormais plusieurs centaines de milliers de catholiques de conviction paraissent voter en fonction de leurs convictions, et sans plus tenir compte des étiquettes des sectes partisanes. Nous verrons ce que cela entraînera pour le deuxième tour et pour les législatives, mais il est, d’ores et déjà, clair que bon nombre des électeurs de premier tour de François Fillon sont plus proches de Sens commun que de l’UDI, plus proches de la « ligne Marion » que de la ligne NKM. J’espère d’ailleurs que certains élus Sens commun franchiront le Rubicon et diront qu’ils votent pour faire battre Macron au deuxième tour (j’en connais plusieurs qui le feront dans l’isoloir ; mais il serait souhaitable, pour la recomposition à venir de la droite, que certains au moins le disent publiquement). Il y a, en tout cas, fort à parier que ces profiteurs d’un parti en déroute électorale et idéologique totale vont payer cher aux prochaines échéances leurs insultes à leurs propres électeurs. Et ce ne sera que justice…

Guillaume de Thieulloy

Source 

Brèves

Monique Baujard fait l’exégèse du communiqué des évêques – Sans ambiguïté c’est Macron

Monique Baujard, ancienne directrice du Service national Famille et Société de la Conférence des évêques de France, qui avait créé un scandale pour avoir voulu inviter une idéologue du gender,répond à La Croix et donne une interprétation du communiqué des évêques sur l’entre deux tours.

« Revenons alors au communiqué des évêques pour constater que le choix d’Emmanuel Macron s’impose. Les évêques rappellent le respect de la vie et tout ce que cela suppose : le soutien des familles, l’attention aux pauvres et aux plus faibles et l’accueil de l’étranger. L’Évangile est sans ambiguïté : « J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger (…), j’étais un étranger et vous m’avez recueilli (…) », et le texte des évêques est tout aussi explicite. Il indique que la France doit prendre part à l’accueil des migrants avec d’autres pays : « Notre volonté de solidarité ne peut pas se réduire au cadre restreint de notre pays  ». Le programme de Marine Le Pen est en contradiction totale avec la position de L’Église sur ce point. Il ne s’agit pas de nier les difficultés liées à l’immigration, mais de voter pour une société qui respecte la dignité de toute personne humaine, indépendamment de sa couleur de peau, de sa religion, de son orientation sexuelle ou de ses papiers en règle, et d’en tirer les conséquences politiques pour la France.

Ndlr sur le respect de la dignité de la vie, rien n’est dit de  la question de l’avortement. Or Emmanuel Macron veut renforcer le Planning familial. Marine Le Pen veut aider les mères et interdire la recherche sur les embryons ainsi que révoquer le délit d’entrave à l’avortement.

Voir à ce sujet la position de l’Eglise

A la une #En France #NLQ

Quand Henri Tinq voudrait des évêques engagés (derrière lui)

Le journaliste, Henri Tinq,  considéré par ses pairs comme spécialiste du catholicisme n’en décolère pas, les évêques sont des lâches, des gestionnaires qui se discréditent.

Où sont donc les prophètes de 2002 qui faisaient rempart contre le FN ? Mais aussi aussi où sont les La Croix, La Vie qui n’osent parler de peur de perdre leur électorat. Comment ces évêques ne crossent-ils pas leurs troupes “au mieux Fillonnistes” au pire pro le Pen ?

Cette dernière petite phrase en dit long sur l’objectivité de Monsieur Tinq dans un article qui titre sa honte d’être catholique. Il n’aura pas pourtant échappé aux lecteurs assidus du spécialiste qu’il connait bien mal la foi catholique et que son dernier papier semble bien éloigné du combat même du pape François.

La vérité est que les évêques sont plus divisés qu’en 2002 avec une forte perte de vitesse d’une ancienne garde plus sociale face à une génération montante plus Benoit XVI et pape François. Une génération issue de la vague Jean-Paul II qui correspond aussi à la réalité sociologique des catholiques aujourd’hui.

La vérité c’est que les catholiques ne se laissent plus intimider par les fulminations et ostracismes de la gauche médiatique. Aujourd’hui les catholiques sont avant tout catholiques et cela est difficilement compréhensible par des générations et des idéologies opportunistes. Les catholiques se sont tellement fait taper dessus qu’ils ont maintenant le cuir tanné.

Dieu premier servi est leur mot d’ordre. Il n’est pas idéologique, il n’est pas militant, il n’est pas extrémiste, il est fidélité et amour au Christ, chemin, vérité et vie.