Tribunes et entretiens

Lamento sur la Réforme de Luther par Charlotte Allen

Aujourd’hui on célèbre le cinq centième anniversaire du jour où Martin Luther « aurait » placardé ses quatre-vingt quinze thèses sur les portes de l’église du château de Wittenberg, donnant le coup d’envoi de la Réforme. En 1999, catholiques et luthériens ont fumé le calumet de la paix, « théologiquement » s’entend, en publiant une déclaration conjointe selon laquelle les deux branches du christianisme s’accordaient sur le point précis à l’origine de la rupture de Luther avec l’Eglise catholique : la « justification », c’est-à-dire le pardon des péchés des hommes par le pouvoir salvateur du Christ ne s’obtient qu’avec la grâce de Dieu, et pas par « le mérite », comme certains catholiques l’avaient soutenu (ou semblaient le soutenir). Ensuite, le 19 octobre de l’année en cours, l’évêque italien Nunzio Galantino, secrétaire général de la Conférence des évêques d’Italie, a fait un pas de plus et déclaré que Luther n’était même pas un hérétique et que la Réforme était « l’œuvre du Saint Esprit ». Je n’irai sûrement pas jusque-là, mais je me sens obligée, dans une perspective œcuménique, de dire un peu de bien de Martin Luther.

Mais c’est une tâche très difficile.

Pas la peine d’approuver la psychobiographie freudienne de Luther exposée dans l’ouvrage d’Erik Erikson Young Man Luther [non traduit en français] pour conclure que Luther souffrait de confusion mentale. Il était arrogant, égocentrique, théâtral et pensait que le monde entier tournait autour de lui parce qu’il était plus intelligent que tous les autres et spirituellement supérieur à eux.

Il passa le début de son âge adulte à se tâter avant de décider dans quelle voie s’engager (en gaspillant les frais de scolarité à la charge son père) à une époque (la fin du Moyen Âge) où les jeunes adultes ne pouvaient guère se payer ce luxe parce que la plupart d’entre eux ne dépassaient pas la quarantaine. Ensuite, quand il entra finalement dans un monastère des Augustins (avec l’un de ses grands gestes mélodramatiques habituels : Vous ne me reverrez « plus jamais »), il passa une dizaine d’années à s’apitoyer sur lui-même parce qu’il ne pouvait pas obtenir la garantie que son âme serait sauvée – un péché contre la vertu chrétienne d’espérance.

Lorsqu’il s’agit de « réformer » l’Eglise après 1517, ce que Luther voulait vraiment, ce n’était pas supprimer la vente des indulgences ou n’être « plus jamais » vu. Au contraire, on vit Luther partout : frayant avec de puissants princes allemands qui avaient des griefs contre le Saint Empire romain germanique, les aidant à confisquer des monastères un peu partout (Luther n’avait-il pas un seul bon souvenir des Augustins avec lesquels il avait passé de nombreuses années ?) et persécutant brutalement les ancêtres anabaptistes de ces gentilles dames amish qui vendent des tomates cultivées dans leur jardin sur mon marché local.

Luther prêchait exclusivement la lecture de la Bible (sola scriptura), mais ne se gênait pas pour trafiquer la Bible quand le texte ne correspondait pas à sa théologie. Il inséra le mot « seule » dans la phrase « C’est par la foi » [que le juste vivra] dans sa traduction en allemand de l’Epître de saint Paul aux Romains et essaya de reléguer la Lettre de saint Jacques au deuxième plan parce qu’elle affirme qu’il n’y a pas de vraie foi sans les actes. Quand il décida de se marier, il n’alla pas chercher la fille d’un bon bourgeois allemand. Mais non ! Il épousa une ex-religieuse, Katharina von Bora, qu’il avait personnellement fait sortir de son couvent.

N’avons-nous pas là l’affront suprême envers l’Eglise catholique ? Les deux comparses s’installèrent dans un monastère confisqué, ce qui revient un peu à expulser son voisin pour lui prendre sa maison. Luther fut responsable tout seul de la destruction intégrale d’œuvres d’art médiévales inestimables, de très nombreux Luthériens de fraîche date blanchissant allégrement à la chaux les fresques de leurs ex-églises catholiques et jetant les statues des saints au feu. Heureusement, Luther n’était pas italien, c’est pourquoi nous avons encore quelques Giotto.

Il avait aussi une étrange fixation scatologique, utilisant des expressions très grossières quand il insultait ses ennemis, ce qui arrivait fréquemment parce qu’il en avait beaucoup. Et pour couronner le tout, il était férocement antisémite. Certes, les catholiques du Moyen Age n’étaient pas exemplaires en ce qui concerne le traitement des Juifs, mais au moins aucun d’entre eux n’a écrit un pamphlet intitulé Les juifs et leurs mensonges qui était l’un des livres favoris de Julius Streicher.

Et Martin Luther n’est pas l’inventeur de l’arbre de Noël. Il n’est pas non plus l’auteur de l’hymne « La chanson du berceau » [« Away in a Manger » composée au XIXe siècle en Amérique], mais il a presque réussi à supprimer Halloween en renommant la fête « Jour de la Réforme ». Quel rabat-joie. Il aurait pu choisir de placarder ces quatre-vingt-quinze thèses le 30 octobre !

En toute justice, il y a quand même quelques points positifs à rappeler à propos de Luther. Je vais les énumérer :

Entre bonne bière et Bach, vous trouverez les quelques points positifs sur France Catholique,

 

A la une #NLQ

L’édito – C’est à en perdre le sens commun !

Christophe Billan a annoncé sa démission du poste de président de Sens Commun, suite au lynchage dont son mouvement a été, une fois de plus, l’objet médiatique et politique. Depuis sa création, ce mouvement qui voulait influencer Les Républicains de l’intérieur a été controversé et chahuté. Moi-même, j’ai écrit, à plusieurs reprises, ma perplexité quant à la pertinence d’une telle initiative, tout en étant globalement toujours favorable aux inspirations qui donnaient, fut-ce tous azimuts, corps à l’après Manif. Un parti comme Les Républicains est avant tout une grosse machinerie à broyer les divergences et un tapis roulant pour qui se coule dans le moule. Mais la question demeure posée de l’entrisme ou du prophétisme, de l’infiltration ou de l’outsider. Jean-Frédéric Poisson avait choisi un entre deux en se présentant au nom du PCD à la Primaire de la droite. Plus qu’un choix c’est probablement une harmonisation de ces différents charismes qu’il faudrait envisager, mais l’expérience montre que très vite la question du nombre des troupes se posent dans un système qui par nature est celui du rapport de force. Et cela crée de vrais frères ennemis… en Christ cela va sans dire !

Le fait est que Sens Commun dérange beaucoup plus que le PCD dont pourtant les positions sont officiellement nettement plus tranchées. C’est que sens Commun a donné de vraies sueurs froides aux Républicains. Artisan de la victoire de Fillon à la Primaire, ils ont bien failli damer le pion aux dinosaures du parti. Lesquels dinosaures quittent tous la politique les uns derrières les autres. Alors pourquoi un tel haro sur le baudet ? Si Sens Commun  n’a pas réussi à influencer réellement la ligne du parti, ni à placer ses cadres ou avoir un nombre intéressant d’élus, le mouvement issu des Manifs de 2013 est une véritable épée de Damoclès pour le parti qui se revendique de droite, mais combine de plus en plus de mesures de gauche. Issu de la base, en dehors des circuits habituels des adhérents, et pourtant tous encartés, ils sont insaisissables, donc incontrôlables et par là impossible à museler faire taire. Mais que disent-ils qui dérange tant ? Quelques positions un peu trop catho ? Oui sans doute et cet épouvantail à médias terrifie les tenants d’une démagocratie désormais élue au sondage plus qu’au suffrage. Mais peut-être plus encore, ils sont le rappel permanent que la base ne pense pas comme l’élite qui pourtant ne tient sa légitimité que de cette base mystifiée. Et là, Sens Commun, pourtant relativement conciliant et adoptant facilement la stratégie du profil bas quand on l’assène de coup, ne peut être ligoté pour la raison simple qu’en matière d’intérêts ou de carrières, ils ne revendiquent rien.

Si cette tactique en a fait les cocus du Trocadéro, il faut reconnaître qu’elle en fait l’indécrochable sparadrap du capitaine hadock. Il ne reste dès lors plus qu’un moyen pour se défaire de cette détestable mouche du coche, la diaboliser selon la bonne recette mise au point il y a bientôt quarante ans par François Mitterrand. Si mon scepticisme demeure quant à ce que Sens Commun peut obtenir en matière de changement de ligne dans un parti pétri de médiatiquement correct, je dois bien confesser qu’il y a là quelque chose de prophétique dans l’entrisme. Tel un coin dans la bûche, à défaut de réussir une greffe de bon sens sur l’arbre mort, Sens Commun fera peut-être imploser le bois pourri.

Cyril Brun, rédacteur en chef.

 

Asie #NLQ

Inde – Cardinal Baselios Cleemis – Ce pays est le nôtre et nous devons répondre aux défis existants

« Pour nous, être une minorité ne constitue pas un désavantage puisque être petit est beau, être petit est efficace et que Jésus Lui-même a réuni et envoyé un petit groupe prêcher la Bonne Nouvelle et témoigner de l’Evangile. Ce pays est le nôtre et nous devons répondre de manière proactive aux défis existants » : c’est ce que déclare S.Em. le Cardinal Baselios Cleemis, Président de la Conférence des Evêques catholiques d’Inde (CBCI), Conférence qui regroupe les Evêques des trois rites présents en Inde – latin, syro malabar et syro malankare – en annonçant le thème de la prochaine Assemblée plénière, qui se tiendra à Bangalore du 1er au 9 janvier 2018, invitant les catholiques indiens à se libérer du « complexe de la minorité » et à reprendre leur mission de baptisés. »

Ainsi que l’indique une note parvenue à Fides et rédigée par S.Exc. Mgr Théodore Mascarenhas, Secrétaire général de la Conférence épiscopale, l’Assemblée sera centrée sur le thème « Unis dans la diversité pour une mission de miséricorde et de témoignage », alors que la réflexion de l’Episcopat partira de la péricope de l’Evangile selon Saint Matthieu dans laquelle Jésus dit : « Je suis avec bous tous les jours, jusqu’à la fin du monde ».

L’Eglise – explique la note des Evêques – part de la constatation qu’elle représente une minorité au sein d’une Inde qui est le carrefour de nombreuses religions, de groupes sociaux et communautés ethniques qui ont différentes cultures, langues, coutumes, styles de vie et traditions historiques. Dans le pays, les hindous, les musulmans, les chrétiens, les bouddhistes, les populations tribales, les juifs, des groupes et communautés diverses, des hommes et des femmes de toute langue et croyances ont vécu ensemble, en grande partie, dans une harmonie et une tolérance exemplaires. « La société indienne est merveilleusement différenciée et plurielle » remarque Mgr Mascarenhas.
Dans un tel contexte, l’Eglise s’interroge sur sa propre identité et sur son mandat missionnaire afin de renforcer les communautés régionales et locales, toujours en faisant confiance aux paroles du Christ, qui promet d’être « à nos côtés toujours jusqu’à la fin des temps ». « Nous sommes une petite partie de la population de cet immense pays – relève le Cardinal Cleemis – mais nous ne devons pas être alarmés. Persévérons en soutenant l’approche démocratique et laïque du pays et en promouvant l’importance de la Constitution » en tant que charte qui garantit les droits de tous.
Les Evêques citent l’histoire de Sœur Rani Maria, récemment béatifiée, comme expérience paradigmatique permettant d’affronter les défis de l’avenir et indiquent certains points sur lesquels s’articuleront la réflexion et la discussion : l’Eglise en Inde au service des bonnes nouvelles ; l’Eglise en tant que promotrice d’espérance ; la Communauté catholique aux côtés des populations tribales et des dalits, des marginalisés.

 

Source Agence Fides

A la une #En France #NLQ

Famille et Bioéthique – Catholiques et évangéliques, même combat

Dimanche 5 novembre, à Lourdes, le pasteur Étienne Lhermenault, président du Conseil national des évangéliques de France, s’est brièvement adressé aux évêques français réunis en Assemblée plénière. C’est la première fois qu’un représentant de cette instance était invité. Son intervention ne figurait pas au programme et n’a duré qu’une poignée de minutes. C’est visiblement grâce à Mgr Vincent Jordy, évêque de Saint-Claude (Jura), qui a permis cette intervention, dans le cadre des travaux du Conseil d’Églises chrétiennes en France (CECEF).

Étienne Lhermenault a déclaré :

« Il reste entre nous des désaccords sérieux, sur les sacrements, les ministères et l’Église. Mais nous avons en commun de confesser le Christ crucifié, mort et ressuscité, et la mission d’aller partout par le monde faire des disciples. »

« Nous ressentons aussi une proximité avec une grande partie des catholiques sur des sujets de société, comme la famille ou la bioéthique ».« Il faudra s’entendre, à l’avenir, sur la manière dont nous pouvons agir ensemble pour être une présence chrétienne dans le monde ». « Pour l’instant, nous en sommes encore au stade de l’interpellation mutuelle. »

 

Source

Conférences/Formations #NLH #NLQ

Colloque Catholiques en Action le 18 novembre à Paris

Et maintenant, que faire ?
Une intelligence de la situation pour agir.
 
Les cartes politiques sont profondément rebattues, un nouveau cycle s’ouvre. Beaucoup de catholiques engagés se posent la question : « Et maintenant, que faire ? ». Ces derniers ont besoin de déployer une intelligence de la situation pour agir : quelles priorités, quelle prospective, quelle vision, quelles initiatives pour les catholiques en action ?
Nous réfléchirons ensemble à ces questions lors du colloque Catholiques en action de Paris le samedi 18 novembre 2017.

Europe non francophone #NLQ

Allemagne – Quand les pasteurs s’égarent, les fidèles s’égaillent

Le saint Curé d’Ars disait « Laissez une paroisse vingt ans sans prêtre : on y adorera les bêtes. ». Il rappelait aussi (en des termes similaires) qu’une paroisse avec un prêtre médiocre donnait des paroissiens mauvais. Une paroisse avec un prêtre bon donnait des paroissiens médiocres et une paroisse avec de saints prêtres avait de bons paroissiens.

N’est-ce pas ce qui arrive avec l’Allemagne, depuis si longtemps traversée par des courants modernistes ? Depuis de nombreuses décennies, l’Eglise d’Allemagne prend des initiatives avec la foi et les mœurs. Les courants les plus progressistes viennent du Rhin pour se jeter dans le Tibre, pour reprendre l’étonnante analyse d’un ouvrage (à se procurer ici), sur les dessous du Concile Vatican II, heureusement déjoués par l’Esprit Saint.

Barbara Hendricks, ministre allemande socialiste de l’environnement et Valérie Vauzanges, enseignante française, se sont « mariées » à Clèves le 30 octobre.

Barbara Hendricks est membre du Comité central des catholiques allemands (ZdK), la structure officielle qui représente les laïcs auprès de la hiérarchie catholique.

 

A la une #NLQ

L’édito du jour – Le politiquement correct et l’intimidation bien pensée.

 

Les intimidations dont les catholiques sont l’objet depuis de nombreuses années a porté longtemps du fruit et tend, aujourd’hui encore à effrayer quelques-uns d’entre nous. En tout cas c’est ce que semblent croire les censeurs du politiquement correct qui brandissent à la moindre occasion les anathèmes réchauffés dont les défenseurs de la vérité, de la vie, de la foi sont les victimes récurrentes.

Pourtant, si nous regardons de plus près que reproche-t-on aux catholiques (et avec quelle violence souvent), sinon d’énoncer les vérités du bon sens le plus élémentaire. Raison pour laquelle les ostracismes péremptoires ne cherchent pas à discuter, mais à ridiculiser, stigmatiser et disqualifier. Une minorité a décidé que désormais vert serait rouge et cette norme sans fondement  est imposée comme loi absolue. Au nom de cette loi de l’absurde, les opposants sont réduits à néant sans autre forme de procès.

Pourtant, la vérité trace inexorablement son chemin pour peu que ceux qui la reconnaissent n’aient pas peur de la porter. Le politiquement correct ne peut intimider que ceux qui se préfèrent à la vérité.

Le catholique, plus que jamais, est le flambeau qui porte la lumière de la vérité. Si comme, Moïse il baisse les bras, les forces du mal gagnent du terrain. Le démon qui manigance tout cela ne peut éteindre la lumière et il le sait. Mais il peut effrayer les céroféraires. Tel est son jeu de dupes qu’il mène à l’école, au travail, mais plus encore dans les medias et dans l’arène politique. Alors qu’on parle de refondation de la droite, de place des catholiques en politique, n’oublions pas ce que fut cette immense procession aux flambeaux des manifs pour tous. Face au déferlement du mensonge qui gangrène le monde, notre temps plus que jamais à besoin que les porteurs de la flamme de la vérité ne faiblissent pas, ne se préfèrent pas à elle. Nous avons rendu hommage au combat de Christine Boutin, mais nous rendons aussi témoignage, par la multitude d’annonces qui nous parviennent et que vous pouvez retrouver sur notre carte agenda, à cette foule innombrable de témoins du Christ qui en France particulièrement, disent Dieu à temps et à contre-temps. En relatant la vie quotidienne des chrétiens d’Orient, nous rendons témoignage aussi aux milliers de martyrs qui de par le monde chaque jour souffrent et meurent pour que soit transmise cette flamme de la vérité.

Chacun est un des relais sur le parcours de cette flamme. Tous nous pouvons la brandir ou la mettre sous le boisseau. Telle est l’immense et merveilleuse responsabilité des catholiques où qu’ils se trouvent à toute heure du jour et de la nuit. Puisse InfoCatho y prendre modestement sa part.

 

Cyril Brun,

Rédacteur en chef

 

 

Afrique non francophone #NLQ

Kenya – Les catholiques peu convaincus par les responsables politiques

« Il existe de nombreuses choses qui vont mal actuellement dans ce pays alors que les moyens de communication semblent se focaliser seulement sur les hommes politiques » indique à l’Agence Fides Rose Achiego, laïque catholique engagée dans le secteur des communications. « Prenons par exemple – dit-elle – l’impact de la grève des infirmiers, qui a paralysé les activités du dispensaire d’Uthiru, où les enfants souffrent et meurent même suite à des maladies guérissables ».

« Les progrès qui ont été faits au fil des années semblent perdus » ajoute Rose Achiego, qui demande « aux responsables politiques de trouver une porte de sortie à l’impasse actuelle et d’unir le pays ».
Le Kenya connaît actuellement une crise politique dérivant de l’annulation du scrutin présidentiel du 8 août dernier de la part de la Cour Suprême et des polémiques relatives à la Commission électorale indépendante (IEBC) qui devra organiser et superviser la réitération des élections prévue pour le 26 octobre. Or l’un des principaux responsables de l’IEBC, Roselyn Akombe, a démissionné hier, 18 octobre, en affirmant que cet organisme n’était pas en mesure d’assurer un scrutin crédible.
La crise politique s’insère dans un climat déjà tendu à cause de la grève qui paralyse depuis des mois le secteur sanitaire et des tensions dans les écoles. « Malheureusement – se plaint Rose Achiego – les hommes politiques prononcent actuellement des discours qui, au lieu d’unir les kenyans, créent des fractures quotidiennes ».

« Attendu que nous sommes au mois d’octobre, les catholiques devraient dédier plus de temps à prier la Très Sainte Vierge Marie, Notre Mère, afin de trouver une solution à ce qui se passe. Nous ne savons pas bien où nous allons. Il existe une division flagrante entre les partisans de la NASA – la coalition d’opposition – et ceux du Jubilee – le parti du Président sortant, Uhuru Kenyatta ».

« Il s’agit d’une situation tendue mais de nombreux kenyans ont pris leur décision sur leur affiliation politique. Toutefois, je crois qu’il existe une population au Kenya qui ne se préoccupe pas de la personne du Président mais de son propre poste de travail et de la manière dont défendre les besoins des familles » affirme Magdalene Nafula, membre de l’association Jeunes Adultes de Sainte Joséphine Bakhita de la Paroisse Sainte Marie de Mukuru (Nairobi).

« Il existe une grande confusion dans notre pays et il n’est pas certain que les élections aient bien lieu le 26 » déclare à Fides Sœur Margaret Mutiso, qui coordonne l’Association des étudiants du Collège universitaire de Tangaza, à Nairobi. Elle ajoute : « L’état d’âme semble indiquer qu’il ne peut y avoir d’élections vues les dernières révélations faites par le Commissaire qui vient de démissionner et les pressions extérieures exercées sur l’IEBC. Le pays ne semble pas prêt pour la réitération des élections et ceci est préoccupant parce que nous ne savons vraiment pas ce qui se passera », sentiments qui sont partagés également par Sœur Béatrice Merceline, qui œuvre au sein du Diocèse de Bungoma.
Sœur Mutiso attribue l’incertitude présente dans le pays aux hommes politiques, déclarant, en se référant au Président Uhuru Kenyatta et à Raila Odinga, que « la confusion est accentuée par le manque de volonté des deux principaux responsables de s’asseoir et de dialoguer, chacun voulant remporter la victoire et ce sans chercher à créer une atmosphère permettant des élections libres et crédibles dont les résultats puissent être acceptés ».

 

Source agence Fides

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De la responsabilité des catholiques sur le monde

Si l’état du monde n’est guère brillant, dresser la liste des maux de notre temps s’apparenterait à une triste litanie dépressive. Pourtant, il ne serait peut-être pas inintéressant de s’employer à recenser l’abyssale réalité qui certains nient, quand d’autres préfèrent l’ignorer, faute de pouvoir y remédier. La situation économique désastreuse tient l’échine du peuple courbée sous le fardeau de la dette, contraignant l’humanité à trimer aveuglément pour survivre. Dans cette course folle à la nécessité matérielle, la dignité humaine se voit réduite à sa plus simple expression animale. L’âme et l’esprit étouffent, incapables et pour cause, de s’extraire de l’immédiateté contingente, mais ô combien existentielle.  Souffrant de cet abandon, plus ou moins forcé, plus ou moins conscient, plus ou moins volontaire, de sa dimension spirituelle, l’être humain se rue dans le monde compensatoire de la consommation et de l’évasion. Fuite trompeuse, puisqu’il s’agit d’apaiser un vide spirituel et intellectuel par des succédanés matériels qui réduisent tout autant le corps que l’âme à l’état servile de la dépendance matérialiste.

Tel est le cheminement qui va du vide au vide. Cercle vicieux qui maintient l’Homme à terre. Avilissement dévoyé, pain béni du consumérisme, véritable opium du peuple, nous trouvons là la racine de l’état actuel du monde dans lequel nous évoluons. Un monde qui contraint même les plus spirituels d’entre nous, tant il est vrai que pour ne pas être de ce monde, nous n’en sommes pas moins en son milieu.

Comment en sommes-nous arrivés là ? Certes par bien des chemins humains, faits de ruptures, de violences, de légers écarts cumulés et le démon, dont la négation, n’est pas le moindre de ces petits écarts, s’en est donné à cœur joie. Mais la source de cette spirale infernale ne serait-elle pas tout simplement le décrochage progressif des catholiques eux-mêmes ? Le monde n’est pas une puissance agissante en elle-même. Ce sont toujours des êtres humains très concrets qui agissent, posent des actes. C’est vous et c’est moi qui alimentons la spirale du mal ou au contraire nourrissons le cercle vertueux de la vie chrétienne.

Le regard tourné vers Dieu est happé vers Dieu, tandis que les yeux figés sur le nombril aspirent vers la glaise. Détourner notre regard de Dieu, relativiser le chemin de vérité qui conduit au cœur à cœur avec la Trinité, finalement mettre Dieu à la seconde, puis la troisième et enfin la dernière place, opère un insensible glissement de terrain. Dans cette coulée de boue imperceptible, nous passons de Dieu premier servi à Moi premier servi. Mais le drame de l’humanité, créée pour recevoir l’infini qu’est Dieu, est de ne pas trouver en elle-même ce bonheur comblant dont le vide crée ce mal être existentiel nourricier de tous les vices.

Nous avons relativisé la prière, réduit notre quotidien liturgique, accommodé le chemin de vérité à nos modes de  vie de plus en plus tournés vers l’Homme et dont Dieu n’est finalement plus qu’un élément parallèle quand il n’est pas parasite.

Comme on vit on prie, comme on prie on vit.

Toute notre vie devrait-être orientée vers la contemplation, tendue vers l’amour divin. Mais sous le prétexte, un peu facile, d’être de toute façon pêcheur, nous nous accordons bien souvent nous-même la miséricorde divine, sans voir que le fond du problème n’est pas tant le péché, mais notre manque d’intérêt pour Dieu qui fait passer notre nombril et par voie de conséquence le monde, avant Dieu. Cette désorientation nourrit grassement notre péché qui n’est autre précisément qu’un refus de Dieu.

C’est ainsi que nous nous satisfaisons bien des milles entorses du monde, au point de gommer la frontière qui demeure infranchissable pourtant et qu’exprime le Christ nous rappelant que si nous sommes dans le monde, nous ne sommes pas du monde. Loin de cloisonner la citadelle assiégée, il convient de renverser la pente mortifère, pour nous comme pour l’humanité entière. Ce n’est pas en gommant la ligne de front entre le monde et le royaume que nous donnerons au monde le Christ. Bien au contraire, c’est en étant pleinement du Royaume que nous pourrons être, en vérité plus proche de ce monde qui a vocation, lui aussi, à être du royaume.

Mais que veut dire ne pas être du monde sinon n’avoir d’autre aspiration que le Ciel ? Ce n’est qu’ainsi que les catholiques peuvent renverser la vapeur d’un monde qui a tourné le dos à Dieu. Le catholique n’est pas d’abord un homme généreux habité de bons sentiments. Il est en exil sur cette Terre et cet exil est une plaie béante qui lui fait désirer le Ciel. Ce désir, s’il est vrai, bannit tout relativisme et fait alors en vérité Dieu premier servi dans notre vie. A force de donner au monde l’image de catholiques relativisant Dieu dans leur vie, le monde finit par déserter un Dieu qui de second est devenu absent puis inexistant.

Finalement notre relativisme, un rien nombriliste, a ni plus ni moins qu’éteint la lumière et affadi le sel. Notre responsabilité est lourde, abyssale même. Mais elle n’est pas fataliste. Nous avons en nous, à tout instant la puissance d’illuminer le monde.

Notre vie est comme un allogène. Son intensité lumineuse dépend de la radicalité de notre vie en Dieu. Radical ne veut pas dire excessif, mais tout simplement que Dieu est le tout de notre vie. Moins nous relativiserons Dieu, plus nous le rayonnerons.

 

M’est avis que nous trouverions ici l’acte politique le plus efficace contre la déferlante qui avant d’être une catastrophe économique ou même anthropologique est un refus (conscient ou non) de Dieu. Aux catholiques, comme aux tenants de la laïcité désordonnée, qui estiment possible, voire souhaitable, d’exclure Dieu du domaine public, il convient de rappeler que l’Homme est tendu vers Dieu de tout son être, ou ne l’est pas. Tout ce que nous ferons sera toujours une voie sans issue, si le chemin proposé ne conduit pas à Dieu. Même en politique.

NLQ #Sorties/Animations

Week-end 3D – Aix-en-Provence 23-24 septembre

Le week-end 3D, le rassemblement chrétien des étudiants et jeunes pros du Sud-Est, aura lieu du samedi 23 (13h30) au dimanche 24 septembre (19h) à Aix-en-Provence

Renseignements et inscriptions : https://www.weekend3d.org