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Élections : les évêques de Belgique exhortent les chrétiens à ne pas « rester à distance »

À un mois des élections régionales, fédérales et européennes, les évêques belges rappellent à la communauté catholique l’importance de participer au scrutin. Dans une déclaration datée du 26 avril, ils attirent son attention sur quelques enjeux actuels, tels que les inégalités économiques, le respect de la vie humaine ou encore la construction européenne.

Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

Les élections européennes se dérouleront du 23 mai au 26 mai prochain dans tous les États membres de l’Union européenne, dont la Belgique où elles auront lieu le 26 mai. Pour les Belges, ce scrutin se déroulera en même temps que les élections fédérales et régionales.

« À tous les niveaux de pouvoir, les défis sont immenses », estiment les évêques du pays dans leur déclaration. « Nous devons être conscients que les réponses à ceux-ci ne sont et ne seront jamais simples ».

Des choix économiques et scientifiques au service de l’être humain
L’économie est le premier élément évoqué. « La question du partage des richesses est un problème grave. Les inégalités sociales, le taux de pauvreté y compris dans notre pays, les questions connexes telles que l’habitat et l’accès au travail, doivent continuer à nous interpeler. Il serait d’ailleurs courageux de repenser le fonctionnement et les finalités de notre système économique », expliquent les prélats belges, qui plaident pour une économie sociale de marché « au service de l’être humain, et en particulier des plus fragiles ».

La vie humaine est ensuite mentionnée en tant que « don incomparable » méritant « le plus grand respect, dans toutes ses dimensions, du début à la fin ». « Notre société dispose d’un important réseau de soins de santé mais ce dernier ne peut être régi par la seule recherche d’efficacité et de rentabilité », alerte l’épiscopat. « La science est une richesse inestimable que nous devons partager, tout en étant conscients du pouvoir qu’elle octroie et des limites éthiques qu’il convient de lui apporter. Apprendre chaque jour nous aidera à construire un monde où nos choix culturels, idéologiques ou moraux ne seront pas imposés à des fins consuméristes », lit-on un peu plus loin.

L’Union européenne, « point de référence pour toute l’humanité »
Les prélats s’inquiètent aussi du défi du changement climatique, qui « implique de revoir la hiérarchie de nos besoins, avec les renoncements qui s’ensuivent, en privilégiant le spirituel au matériel ».

Concernant les questions migratoires, les évêques belges invitent à une réflexion sur « le monde que nous voulons transmettre aux générations futures. Un repli sur soi sans prendre sérieusement en considération les attentes des hommes et des femmes des pays pauvres et leur avenir, sont des voies sans issue », estiment-ils.

Enfin, le thème de la construction européenne figure dans cette déclaration, qui souligne que « l’Union européenne demeure un point de référence pour toute l’humanité ». Pour cette raison, « les citoyens doivent pouvoir compter sur un Parlement européen et des instances de l’Union qui, au-delà de mesures à caractère économique ou technocratique, déploient un vrai projet politique témoignant de la capacité de s’ouvrir aux autres, de dialoguer avec tous, d’engendrer de nouveaux modèles de vivre ensemble ».

Participer et discerner

Les évêques de Belgique terminent en rappelant que « les chrétiens ne peuvent rester à distance de ces échanges. Ils sont partie prenante de la vie en société et ne peuvent se désintéresser du politique ». Leur vote contribue à « restaurer une relation de confiance avec les élus ». Les prélats tiennent eux aussi « à participer activement à ces élections, en faisant entendre [leur] voix dans le débat démocratique, dans le respect de toute conviction ». Ils encouragent « les chrétiens catholiques à un véritable discernement » et expriment leur reconnaissance « envers celles et ceux qui acceptent de prendre leur part de responsabilités pour autrui, que ce soit par l’exercice d’un mandat public ou sous d’autres formes d’action citoyenne ».

 

Source Vatican News

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La beauté peut-elle sauver le monde ?

Le christianisme est une religion au plus haut degré personnelle. Le mot « personnelle » peut être compris de bien des façons, mais l’essentiel, c’est que Dieu est une personne et nous sommes des personnes, et notre relation avec Lui est personnelle. Comme le Christ est avec nous, ainsi sommes-nous avec nos voisins.

Et ce n’est pas quelque chose d’éphémère. Selon l’enseignement et la compréhension chrétiennes, ces personnes sont toutes immortelles. Même la pire des personnes est immortelle, et c’est pourquoi, si vous y réfléchissez, il doit y avoir un Ciel et un Enfer.

Et cela ne peut être analysé comme nous avons l’habitude de le faire pour les oiseaux et les abeilles. Aucune personne, notons-le, ne peut être comprise de l’extérieur. C’est seulement quand elle se révèle elle-même qu’elle peut arriver à être connue.

C’est vrai aussi bien pour mon voisin que pour Dieu. Cela ne dépend pas de moi qu’il veuille se révéler. Et il est aussi obscur que Dieu est obscur. ; comme l’amour est obscur jusqu’à ce qu’il soit révélé. Nous pouvons être y être aveugles. Ou nous pouvons n’en avoir que l’intuition la plus fragile, le rayon le plus mince de lumière naissante.

Nous ne pouvons pas aller au plus profond de ces choses ; nous ne pouvons pas rendre compte de lieux où nous ne sommes jamais allés. La pleine « signification » d’une personne, de ce qui constitue une personne rejoint le mystère. Mais c’est assez pour nos besoins que nous sachions qu’une personne n’est pas seulement une chose.

Exemple : dire « tous les hommes sont égaux » a autant de sens que de dire « tous les hommes sont inégaux ». Ces affirmations sont également inutiles. Une personne humaine est unique, créée comme si c’était à partir de rien, mais sans y retourner. Nous sommes déjà libres dans la mesure où nous existons et nous existons absolument.

Ce sont des mots et les mots ne correspondent pas toujours parfaitement à leurs « référents ». Parfois cependant, ils chantent. Et même dire que les mots peuvent transmettre le faux, c’est impliquer qu’ils peuvent transmettre le vrai. La personnalité est une réalité comme nous pouvons le saisir immédiatement à travers nos sens – ce qui veut dire à travers notre expérience du monde.

« Un et un font deux » disons-nous. La mère et l’enfant sont de façon démontrable deux personnes. Même un bébé sait quand sa mère est partie
Quand nous disons « sauver », nous ne disons pas quelque chose de frivole. Et nous ne disons pas non plus quelque chose d’impersonnel, car le salut qu’offre le Christ n’est pas celui de sauver un déchet venu d’un dépôt d’ordures. C’est une salvation dans le Christ, extrêmement mystérieuse mais encore une fois nous savons assez ce qu’elle n’est pas.

La célèbre phrase de Dostoïevski de L’Idiot « La Beauté sauvera le monde » invite à s’interroger. Qu’entend-il par « beauté » ? Il met cette phrase dans la bouche d’un innocent, le prince Mychkine. Un autre personnage, Terentiev, demande à Mychkine s’il a dit cela et alors d’expliquer ce qui vraiment s’explique de soi-même.

Le contexte est élargi du fait de l’amour que porte Mychkine aux personnes qui souffrent et ensuite à Nastasia Filipovna qui fait souffrir, dont la beauté physique ne peut être mise en doute par aucun homme, mais dont on pourrait cependant craindre l’intelligence. Un portrait d’elle a fait connaître à Mychkine la souffrance qui se cache sous un beau visage. Les hommes l’aiment de façon possessive, même de façon criminelle. L’intérêt que prend Mychkine est pris pour une toquade. Il a compris la souffrance et y répond avec un amour qui est incompréhensible à celui qui est superficiel – car c’est un amour innocent et sans égoïsme.

La beauté ne peut être séparée de la souffrance.

Le prince épileptique, l’Idiot du roman semble être la seule personne saine dans un monde qui est devenu fou et sa remarque même semble folle aux autres.

Sa réaction à la peinture – à l’art – n’est pas frivole. Et particulièrement, d’un tableau de Holbein qui montre le Christ mort, enfermé dans son tombeau, il dit qu’il pourrait détruire la foi d’un homme. Mais en y prêtant davantage attention on discerne une beauté terrible. C’est l’opposé de toutes les illustrations douces et jolies qui ornent les boites de chocolats – cette beauté nous pouvons la rejeter car elle est uniquement dans l’œil de celui qui la voit.
Le prince Mychkine n’est pas influencé par une beauté qui est une mode ou une vaine image de soi ; plutôt par une beauté qui est le contraire du subjectif et complètement paradoxale.

La beauté qui sauvera le monde peut être une beauté terrible.
La première encyclique du pape François, Lumen Fidei, largement ébauchée par son prédécesseur le pape Benoît XVI et historiquement liée aux homélies du pape Jean-Paul II, insiste sur ce point. Il fait la même remarque que des écrivains orthodoxes russes, dont Alexandre Soljenitsyne, ont faite sur cette beauté sans égoïsme, naïve et « idiote », dont la puissance, dit Mychkine, sauverait le monde.

C’est une beauté qui n’est pas isolée, contrainte. Ce Beau ne peut finalement être distingué du Vrai et du Bien. Il est incarné dans l’art le plus haut et il est le reflet de cette mystérieuse lumière de la foi – cette « grâce salutaire » par laquelle le Christ a illuminé le monde.

Dans le tableau de Holbein la vérité de l’amour du Christ, transcendant la mort, n’a pas été cachée. Nous ne prenons pas l’art au sérieux, ou, quand nous le faisons, c’est rarement pour ce qu’il est mais pour des qualités extérieures, comme la valeur que la peinture peut prendre sur le marché de l’art. D’autres, intimidés par ce prix, sont hypnotisés par « l’importance » de la peinture. Pour l’historien de l’art aussi la peinture a une valeur mais dans la mesure de sa place dans le développement historique. Elle a de l’importance par rapport avec ce qui vient après ou est venu avant.

Les tableaux sont des objets ; je pourrais « également » mentionner les poésies ou les œuvres musicales ou d’autres exemples du grand art. Le véritable sens de « l’œuvre d’art » est perdu pour nos contemporains, pour qui discuter de relations entre bonté, vérité et beauté est pris comme l’équivalent d’un « nationalisme blanc ».

Ce que dit le prince Mychkine ne laisse pas supposer qu’il ait quelque opinion dans un tel débat. C’est plutôt une prophétie de cette beauté terrible qui traverse la surface de toute joliesse extérieure pour gagner cette Vérité qui est une Personne.

Vendredi 12 avril 2019

Source : https://www.thecatholicthing.org/2019/04/12/can-beauty-save-the-world/

David Warren est ancien rédacteur en chef de Idler magazine et éditorialiste dans des journaux canadiens. Il a une grande expérience du Proche Orient et de l’Extrême Orient. On pourra trouver son blog, Essays in Idleness, sur : davidwarrenonline.com.

 

Source France catholique

 

Lire aussi le beau, un bonheur métaphysique 

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Et si les catholiques ne tendaient plus l’autre joue ?

Alors que le nombre d’atteintes aux lieux de culte chrétiens augmente nettement, certains catholiques remettent en doute le bien-fondé de la ligne officielle, qui consiste à jouer l’apaisement pour éviter la surenchère victimaire. Enquête.

 

Cent cinquante-trois atteintes aux lieux de culte recensés en France en 2008 par le ministère de l’Intérieur, 1 057 en 2016, soit 690 % de hausse en huit ans. C’est ce qu’on appelle une tendance nette. Elle s’est légèrement infléchie en 2017, avec 978 profanations (– 7,5 %). Les chiffres 2018 ne sont pas encore connus. Églises, cimetières ou sanctuaires, les lieux de culte chrétiens sont les principaux visés, et de très loin. Ils représentent entre 75 % et 90 % du total des profanations, très loin devant les atteintes aux synagogues (entre 30 et 60 chaque année) et les tags ou tentatives d’incendie de mosquée (40 à 80 par an).

Côté catholique, l’année 2019 démarre fort, avec six églises profanées entre le 4 et le 9 février, dans les Yvelines, en Côte-d’Or, dans le Tarn et dans le Gard. Une flambée, précision importante, qui intervient avant le pic de polémiques sur l’homosexualité et les affaires de pédophilie dans l’église. Ces dernières provoqueront-elles un regain d’agressivité envers les églises ? Difficile de le savoir, car, bien souvent, on ignore les motivations des agresseurs. En ont-ils seulement ? À Lavaur (Tarn), deux mineurs ont avoué avoir mis le feu à l’autel d’une chapelle de la cathédrale Saint-Alain, où ils s’étaient réfugiés pour échapper à la pluie, par désœuvrement. Il a fallu deux jours pour nettoyer les suies. Ils ont aussi tordu le bras d’un christ, pour lui faire prendre une pause particulière, popularisée par le footballeur Paul Pogba (un « dab »). À Dijon (Côte-d’Or), le coupable a brisé une statue de la vierge, ouvert le tabernacle et jeté les hosties. Un sacrilège pour les catholiques, car les hosties consacrées représentent le corps du christ. Idem à Nîmes (Gard). Les hosties de l’église Notre-Dame-des-Enfants ont été dispersées, avec en prime une croix d’excrément tracée sur un mur. Panache, classe et intelligence.

 

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Notre édito “la joue gauche point trop n’en faut

 

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Père de Mello : « Les jeunes crèvent de ne pas connaître le sens de la sexualité »

Le Père Vincent de Mello, prêtre du diocèse de Paris, aumônier du patronage du Bon Conseil (VIIe), a créé l’École de l’amour, une formation à la vie affective et sexuelle à destination des collégiens et de leurs parents.
Pourquoi cette urgence de l’éducation affective et sexuelle ?

La nature a horreur du vide ; si on ne nourrit pas nos enfants, ils vont aller se nourrir dans les poubelles ! Notre sexualité a besoin d’être éduquée et sauvée par la grâce. Or il y a aujourd’hui un refus d’affirmer qu’il y a une vérité dans ce domaine ; un relativisme s’impose dans les cœurs et les esprits.

Les jeunes crèvent parce qu’on ne leur donne pas le sens des choses. Parce qu’on ne leur a pas appris à aimer, ils s’abîment très tôt. Ils deviennent des zappeurs affectifs qui ne construisent pas leurs relations amicales et amoureuses, et se réfugient dans des modèles d’amour très consuméristes ; ils ne se voient pas dans une grande aventure.
Mais j’ai mieux à faire que de me battre contre les turpitudes du temps. Je n’éduque pas dans la peur de ce qui pourrait les salir, je tâche de leur transmettre le trésor que nous avons dans les mains. Il faut leur donner la joie de se construire, dans des lieux structurants, des lieux de plénitude.

N’est-ce pas difficile de transmettre cela dans le contexte actuel ?

Le discours sur la masculinité et la féminité les rejoint profondément. Mais ils vivent des choses dures dans ce domaine ; et leur souffrance me fait souffrir.
Ce qui est plus dur encore, c’est le scepticisme transmis par les parents, une méfiance qu’on peut lire jusque dans le regard des ados. Il est dur de convaincre les parents qu’il est prioritaire d’être éducateur sur ces questions ; que c’est plus important que de réussir sa classe prépa et d’entrer dans une école de commerce.
Pour tenir, on invite les jeunes à prier, à avoir une vie contemplative. Et à revenir à l’Ecole de l’amour une deuxième année ! Ensuite, ils deviennent eux-mêmes témoins de ce message.

Certains se blessent très jeunes dans ce domaine. Comment leur redonner un regard positif sur leur vie affective et sexuelle ?

Sur la question de la sexualité, le péché est un péché de séduction et de fascination qui vient se substituer en nous à la contemplation. Il faut les faire vivre dans la beauté, leur faire vivre de belles activités.
Mon souci comme éducateur, c’est d’offrir un cadre où des jeunes vont pouvoir nouer de vraies amitiés. Où leur vie devient une aventure à risquer et pas d’abord un risque dont il faut se protéger.
Cyril Douillet
 

Source Famille Chrétienne

L’abbé Vincent de Mello  ©P.RAZZO-CIRIC

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Conférence : L’homme face au travail – Mathieu DETCHESSAHAR, docteur en gestion – le 9 mai 2019 à La Roche-sur-Yon (85)

L’homme face au travail
« Travailler » ? Mais pourquoi ? Ce qu’en disent les cathos.

Mathieu DETCHESSAHAR, docteur en gestion,
Université de Nantes, auteur de “Le Marché n’a pas de morale” (Cerf)

Jeudi 9 mai 2019 – 20h30
ICES –
17 boulevard de Belges – La Roche-sur-Yon

>>>   Inscription en ligne   <<<

 

Contact : 02 51 44 15 09 – communication@catho85.org

 

Docteur en gestion, agrégé des Universités, professeur à l’Institut d’Economie et de Management de l’Université de Nantes, auteur du livre Le Marché n’a pas de morale (Cerf, 2015). Mathieu Detchessahar est membre du conseil scientifique de l’Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail (ANACT), il est également membre fondateur du Groupe de Recherche Anthropologie Chrétienne et Entreprise (GRACE). Auteur de nombreux articles scientifiques, il a coordonné la publication de l’ouvrage “L’entreprise délibérée” (Nouvelle Cité, 2018), et écrit l’ouvrage “Le marché n’a pas de morale – ou l’impossible société marchande” (Editions du Cerf, 2015).

 

Cette nouvelle question sociale dépasse les frontières, comme le montre l’extension du symbole des gilets jaunes au-delà de la France. Dans de nombreux pays, en Europe et dans le monde, la valeur travail, la dignité des travailleurs, leur droit à un juste salaire et à un environnement sain, sont quotidiennement bafoués. Cela concerne les structures économiques mais aussi la responsabilité de chacun, alors que la culture du « toujours moins cher » fait oublier que derrière chaque produit et chaque service, il y a des travailleurs et leur famille. Dans le passé, des catholiques sociaux se sont levés pour défendre la classe ouvrière. Aujourd’hui, les catholiques doivent se lever pour soutenir le peuple de France et lutter pour un système économique mondial et une Europe au service du développement humain intégral. Nous devons avoir conscience que les fractures françaises ne seront pas résolues seulement par des lois mais par l’engagement de chacun. (…) Nous sommes membres d’un peuple. La dignité de chacun est de participer à une grande œuvre commune et au bien de notre pays. Le devoir des catholiques, en ce temps crucial de l’histoire, n’est pas de défendre les intérêts d’une communauté, mais de penser et mettre en œuvre un nouveau catholicisme social au service de l’universel et de notre pays.

Extrait de la tribune : “Appel pour un nouveau catholicisme social”, parue dans la Vie
début janvier 2019, co-signée par plusieurs personnalités dont Mathieu Detchessahar

 

 

2019-05-09 Mathieu DETCHESSAHAR - Affiche Web

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Les catholiques déploient des stratégies de reconquête culturelle et politique.

Yann Raison du Cleuziou, les dessous d’une « contre-révolution »
Pour le politologue, à droite comme à gauche, les catholiques déploient des stratégies de reconquête culturelle et politique. Décryptage.
Propos recueillis par Jérôme Cordelier, Le Point

 

Dans son nouvel ouvrage, ” Une contre-révolution catholique ” (Seuil), le politologue décortique La Manif pour tous comme matrice de l’engagement des jeunes au nom de la perpétuation d’un ordre social.

Le Point : Les catholiques affrontent-ils l’une des plus graves crises de leur histoire ?

Yann Raison du Cleuziou : On l’a oublié, mais l’Eglise a traversé une crise très grave et très profonde durant les années 1960-1970. En France, plusieurs milliers de prêtres ont alors quitté leur sacerdoce. La pratique religieuse s’est effondrée et les fidèles se sont profondément divisés. Le pape Paul VI s’est inquiété des ” fumées de Satan ” qui entraient dans l’Eglise. La crise actuelle des abus sexuels est très différente. Sans doute les prêtres violeurs ou pédophiles représentent-ils peu de chose dans une religion qui comporte 1,3 milliard de fidèles, mais la portée mondiale de ces abus et surtout la compromission des sommets de l’institution ecclésiale dans une omerta coupable dévoilent un problème structurel que le pape François appelle le cléricalisme. Les catholiques de base sont doublement victimes de ces scandales sexuels : ils concernent leurs enfants, et leur foi se trouve discréditée à cause des agissements des abuseurs. Les quatre fondements de la ” nouvelle évangélisation ” entreprise par Jean-Paul II sont ébranlés : la morale sexuelle, la jeunesse, la centralisation du pouvoir à Rome, les communautés nouvelles.

Une immense perte de crédit pour l’Eglise, même auprès de ses plus fidèles ?

Certainement, mais, en même temps, le scandale des abus sexuels est la manifestation ecclésiale d’une dynamique qui traverse toutes les sociétés occidentales et se prolonge même au-delà : la remise en question de la domination masculine et des violences qu’elle facilite ou légitime. Cette question fait imploser toute une série d’institutions, avec les affaires DSK, Beaupin, MeeToo ou la Ligue du LOL. On retrouve partout des formes d’abus de pouvoir à des fins sexuelles, protégées et banalisées par une omerta. Mais ces abus sont encore plus insoutenables dans l’Eglise en raison de l’idéal évangélique revendiqué et parce que l’action de ces hommes engage Dieu lui-même. Le viol des corps se double d’un viol de la conscience spirituelle. C’est un grave degré de perversion. La mansuétude à l’égard d’une telle ” absolutisation ” du mensonge laisse pantois.

Le catholicisme a-t-il manqué son ancrage dans le monde contemporain ?

J’observe un paradoxe : à partir des années 1960, le catholicisme s’est tourné vers le monde, a affiché son désir de dialogue, et la fine fleur des militants catholiques s’est engagée dans tous les combats contre les injustices sans chercher à faire valoir sa foi en contrepartie. Or ce catholicisme marqué par Vatican II, tout en restant dominant, s’épuise. Ce que je montre dans mon livre, c’est que cette ligne conciliatrice s’est trouvée discréditée par l’évolution de la société : les lois bioéthiques, le mariage homosexuel, la remise en question de la valeur de l’héritage chrétien… La loi de la République a achevé de rompre avec la matrice qu’était la morale chrétienne. Cette sécularisation a validé le positionnement contre-culturel des courants les plus conservateurs.

Partagez-vous le diagnostic de Jérôme Fourquet, de l’Ifop, dans ” L’archipel français ” (Seuil), sur le fait que la société française serait entrée dans une ” ère post-chrétienne ” ?

Ce diagnostic, Danièle Hervieu-Léger l’avait déjà formulé en 2003. Oui, les courbes – baptêmes, mariages, obsèques religieuses… – continuent de chuter. Le séminaire de Lille a fermé la semaine dernière. Les paroisses ne cessent d’être fusionnées pour correspondre au nombre de prêtres résiduels. Et je ne parle pas des difficultés financières. Jérôme Fourquet envisage une ” disparition “, moi, je réfléchis sur ce qui va demeurer. Le devenir de l’Eglise dépend de ceux qui resteront. Or les courants conciliaires parviennent moins à se perpétuer que les courants conservateurs. Il suffit d’observer le profil des jeunes qui vont encore à la messe ou des vocations sacerdotales résiduelles pour le mesurer.

A vous lire, une ” contre-révolution catholique est en cours “. Mais contre qui et pour quoi ?

Je prends ce terme de ” contre-révolution ” dans l’acception très précise que lui a donné le penseur royaliste Joseph de Maistre en 1797 : ” La contre-révolution ne sera pas une révolution en sens contraire, mais le contraire d’une révolution. ” Il ne s’agit pas d’un retour au passé, mais de la perpétuation d’un ordre. Ce qui m’intéresse, c’est la capacité des catholiques conservateurs à transmettre au sein de leurs familles une conception de l’ordre social fondé sur le religieux. Ils résistent à la sécularisation et, tout spécialement depuis le pontificat de Jean-Paul II, ils ont fait de la morale sexuelle leur bastion à défendre contre le libéralisme sociétal. Leur combat se situe sur deux fronts : il s’agit à la fois de restaurer l’Eglise catholique, qu’ils estiment attiédie par une interprétation abusive de Vatican II, et de restaurer la France en lui redonnant son identité chrétienne. A partir des communautés nouvelles, ils déploient des stratégies de reconquête.

Vous dites que La Manif pour tous s’inscrit ” dans l’histoire de la reconstruction d’un catholicisme politique “. Mais, si ce mouvement mobilise dans la rue, son impact sur les décisions est bien moindre, non ?

Cette mobilisation de masse a montré que, désormais, au sein de l’Eglise les réseaux les plus dynamiques et jeunes sont du côté conservateur. Et aujourd’hui, politiquement, la captation de cette capacité de mobilisation est devenue un enjeu de la recomposition des droites. Une jeune génération de catholiques est née à la politique dans ces manifs, et j’ai constaté que cela a infléchi ses trajectoires. Tous ces jeunes n’ont pas rejoint un parti, certains ont choisi de devenir enseignants, mais ce qui est certain, c’est qu’ils ont désormais un rapport engagé vis-à-vis de la société.

Est-ce la base politique que Laurent Wauquiez tente de récupérer en plaçant François-Xavier Bellamy à la tête de la liste LR aux européennes ?

Attention, cet univers militant est divisé quant à la stratégie politique à adopter. Beaucoup de commentateurs ont écrasé toute la complexité du catholicisme conservateur. Sens commun n’a jamais fait l’unanimité parmi les militants de La Manif pour tous, et son choix de rallier François Fillon a été dénoncé par ceux qui pensaient que Jean-Frédéric Poisson ou Marion Maréchal, surtout, incarnaient de façon plus crédible leur projet. François-Xavier Bellamy ne fait pas non plus l’unanimité. Il n’utilise pas d’arguments confessionnels et a toujours refusé de penser son combat politique comme une défense des intérêts catholiques. Cela dit, il ne masque pas son ancrage personnel dans la foi. Les réseaux catholiques sont source de créativité politique à droite : si, pour l’instant, ils n’aboutissent guère, on peut penser qu’à long terme ils joueront un rôle dans le renouvellement des figures politiques. Voyez le dynamisme de revues comme L’Incorrect , proche de Marion Maréchal, ou encore, à gauche, Limite , qui agitent le débat intellectuel. Leurs combats sont d’abord culturels, mais ils préparent le terrain aux combats politiques futurs.

Sur quels fondements ?

J’observe que la référence aux ” racines chrétiennes de la France ” est désormais un topique des discours de droite. En tant que matrice de l’identité nationale, le catholicisme est instrumentalisé comme une frontière culturelle afin d’affirmer l’incompatibilité de l’islam avec la France. Embrigadé par la rhétorique populiste, ce catholicisme n’a plus rien de spirituel, il n’est plus qu’un patrimoine mobilisable à des fins identitaires. A ce titre, exposer une crèche dans une mairie est bien une démarche politique et non religieuse. Et c’est pourquoi les catholiques, y compris conservateurs, sont divisés quant à l’attitude à avoir à l’égard de ce regain tardif d’attachement à des symboles catholiques alors que les églises sont désertées.

Vous insistez sur le ” sentiment de déclassement ” des catholiques…

Aujourd’hui, les catholiques souffrent vraiment d’une absence de reconnaissance. Ils ont le sentiment d’être des citoyens exemplaires prenant à bras-le-corps les urgences sociales, en étant des partenaires très efficaces des services de l’Etat, comme l’est le Secours catholique. Mais, en même temps, ils sont les victimes de petites phrases d’élus qui ne peuvent pas s’empêcher de les caricaturer ou de les dénigrer gratuitement, comme si ces attaques étaient sans conséquences. Cette hostilité donne une fois encore raison aux plus conservateurs et marginalise ceux qui recherchent le compromis

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Comment les catholiques se rebiffent

Déboussolés par une Église et une société « postchrétienne », ils n’ont pas renoncé à jouer un rôle majeur jusqu’au plus haut niveau. Revue des troupes.
Par Jérôme Cordelier (Le Point)

L’Eglise est en crise, mais, de l’édition à la politique, du football au stylisme, les « cathos » jouent un rôle grandissant dans la société.

 

Comment croire encore en la bonne nouvelle quand s’amoncellent les mauvaises ? Cela faisait longtemps, vers Pâques, que les catholiques n’avaient pas enduré un tel chemin de croix. Scandaleuse, vermoulue, déconnectée, l’Eglise fait la une des médias, mais pour sa face (trop) longtemps cachée, sordide… C’est la grande nuit du catholicisme. La déchristianisation a sapé une religion hier dominante qui, aujourd’hui, indiffère la majorité des Européens. La crise actuelle frappe au coeur du sacré, accable ses serviteurs les plus actifs, laisse au bord du chemin les fidèles qui oscillent entre abattement et colère froide. Un courroux qui désormais n’épargne plus les évêques, discrédités pour leur silence. ” Le renouveau ne viendra pas d’eux “, lâche un paroissien du Nord, pourtant pas boutefeu. Même parmi les plus loyalistes, on a du mal à comprendre que le pape refuse la démission de l’archevêque Barbarin ou laisse en fonction ” son ” ambassadeur en France, le nonce Luigi Ventura, sous le coup de trois plaintes pour agressions sexuelles – révélées par La Croix -, attendant que le Saint-Siège ” prenne ses responsabilités ” , comme l’a déclaré l’ex-ministre Nathalie Loiseau, catholique pratiquante.

Hostilité. Prêtres et religieux craignent d’être pris à partie, parce qu’ils incarnent une Eglise souillée. Sur les ondes, les humoristes s’en donnent à coeur joie. Pis, Marlène Schiappa parle de ” convergence idéologique ” entre les militants de La Manif pour tous et ” les terroristes islamistes “, dans un entretien à Valeurs actuelles validé au sommet de l’Etat, et personne n’y trouve à redire – elle s’est excusée depuis, face au tollé. Après le saccage d’un temple franc-maçon à Tarbes, Christophe Castaner dégaine sur Twitter : ” Après les juifs, les franc-maçons… ” Pas un mot sur les catholiques. Aucun mot du ministre des Cultes sur les vandalismes qui ont frappé des églises récemment en France… Que s’est-il passé pour qu’en si peu de temps on passe des ” sacrifices ” du père Hamel et d’Arnaud Beltrame, du discours aux Bernardins d’un président éduqué par les jésuites et le protestant Ricoeur, soucieux de ” réparer ” le lien ” abîmé ” entre l’Eglise et l’Etat, à une indifférence, voire à de l’hostilité ?

Les responsables de l’Eglise sont poliment reçus par le pouvoir. Ecoutés ? Alors que se profilent les projets de révision des lois de bioéthique – pour juin -, les catholiques peinent à imposer un débat pourtant crucial. ” Le législateur n’est plus inspiré par l’éthique chrétienne ” , lâche, dépité, Mgr Georges Pontier, président de la Conférence des évêques de France qui part à la retraite. Jérôme Fourquet, directeur de l’Ifop, dresse un constat sans appel d’une France ” postchrétienne ” , en décortiquant les statistiques en déclin des baptêmes, des mariages, des obsèques religieuses et des vocations. Lucide ou sévère ? A observer le pays, on peut se montrer plus optimiste. Les catholiques continuent d’irriguer la société française.

Front social. Ils sont aux avant-postes sur le front social, s’engageant dans nombre d’associations, parmi lesquelles de puissantes ONG comme le Secours catholique, la Fondation d’Auteuil, Habitat et Humanisme. L’enseignement catholique (7 364 écoles, 2 millions d’élèves de la maternelle au postbac, soit 18 % des effectifs) refuse du monde. Les établissements élitistes jésuites font le plein, et le réseau hors contrat Espérances banlieues se développe dans les quartiers populaires. A Lille, Lyon, Paris, étudiants et mécènes se pressent dans les Instituts catholiques. Et, loin de l’attention médiatique, les listes d’attente se multiplient pour les troupes scouts, toutes en progression.

Recours. Vous ne les avez peut-être pas repérés, mais ils sont partout les catholiques, comme le disait l’humoriste (juif) Patrick Timsit. Et pas seulement au Puy du Fou, le parc vendéen construit sur un fondement chrétien par Philippe de Villiers, qui draine les foules. Un Villiers qui triomphe en librairie, comme son frère Pierre – ancien chef d’état-major des armées opposé à Emmanuel Macron -, qui, aujourd’hui, fait salle comble et que certains verraient bien à Matignon… Vice-président honoraire du Conseil d’Etat, Jean-Marc Sauvé incarne la figure du grand commis de l’Etat et multiplie les présidences d’institutions (Cité U, Fondation d’Auteuil). C’est lui que les évêques ont appelé à la rescousse pour prendre la tête de la commission indépendante sur les abus sexuels.

Des recours pour un pays désordonné, les cathos ? En tout cas, quand Renault est en mal de PDG, Carlos Ghosnhors jeu, c’est le moine-soldat Jean-Dominique Senard, célébré pour sa rigueur chez Michelin, que l’on appelle en sauveur. Le Medef cherche un rassembleur ? Voici Geoffroy Roux de Bézieux, très engagé dans la ” cathosphère ” avec son épouse. Danone a besoin d’un chef ? Emmanuel Faber succède à Riboud père et fils. Ce ne sont pas seulement leurs qualités de gestionnaires et leur foi en l’entreprise qui animent ces patrons, à l’instar d’un Augustin Paluel-Marmont, cofondateur de Michel et Augustin, qui paya cher de recevoir François Fillon pendant la présidentielle après, pourtant, Hervé Morin, Ségolène Royal… L’audacieux fut ciblé par les internautes pour une hypothétique (et démentie) ” proximité idéologique ” avec La Manif pour tous.

Enjeux électoraux. C’est ainsi. Qu’un catholique pointe son nez dans le débat public et se trouve ravivée la guerre des deux France ! Un délit de sale gueule version BCBG qu’a subi François-Xavier Bellamy lors de son intronisation comme tête de liste LR pour les européennes – où il sera opposé à une coreligionnaire, Nathalie Loiseau. Les catholiques déchaînent encore les passions… De fait, ils sont au coeur des enjeux électoraux. Sens commun a explosé en vol après la décapilotade fillonesque, la spiritualo-identitaire Marion Maréchal-Le Pen a pris du champ, les foules manifestantes de La Manif pour tous sont orphelines. Cette mobilisation a éveillé à l’engagement des jeunes militants qui pourraient monter en première ligne demain, selon l’historien Yann Raison du Cleuziou . ” Le succès de La Manif pour tous a débloqué certaines inhibitions , constate le philosophe Rémi Brague. Des jeunes ont découvert que l’on pouvait défendre des causes d’intérêt commun qui vont au-delà d’un pré carré strictement catholique autour d’une interpellation fondamentale : qu’en est-il de l’homme ? ”

Halte-là ! Agiter un drapeau Manif pour tous devant Paul Piccarreta, c’est brandir une muleta devant un taureau. Le rédacteur en chef de la revue Limite fulmine contre ” ce renouveau conservateur qui agit essentiellement dans des lieux de pouvoir privés et sert avant tout les intérêts de la bourgeoisie “. Piccarreta est jeune, catholique et influent. ” Il y a plusieurs familles chez les catholiques, on ne fait pas de lobbying, mais on agit tel le levain dans la pâte, comme nous y invite l’Evangile ” , dit-il. Les décroissants de Limite , sous les magistères du philosophe Fabrice Hajdjaj ou de l’économiste jésuite Gaël Giraud, aiguillonnent le microcosme intello avec l’écologie intégrale, inspirée par l’encyclique Laudato si’ du pape François.

Christianisme social. Les agitateurs de Limite redonnent des couleurs à un christianisme social dans lequel se reconnaît un François Ruffin, ancien élève du même collège jésuite qu’Emmanuel Macron, auteur d’un livre avec l’évêque d’Amiens et élu grâce à l’active campagne du MRJC (les jeunes chrétiens ruraux)… A droite, à gauche, ça phosphore chez les cathos. Les philosophes Pierre Manent et Chantal Delsol, l’académicien Jean-Luc Marion, l’historien Rémi Brague remuent la pensée. On peut être une styliste mondialement connue (Agnès b.), un chanteur en tête du box-office (Vianney), un metteur en scène de théâtre adulé (Olivier Py), un écrivain et éditeur respecté (Frédéric Boyer), un poète recherché (Christian Bobin), un Prix Goncourt (Alexis Jenni) et se dire catholique. Et même un champion du monde de football (Olivier Giroud) qui s’est fait tatouer sur un bras le premier verset du psaume 23 en latin (” Le Seigneur est mon berger “). De fines lames telles que la journaliste Eugénie Bastié, l’avocat blogueur Erwan Le Morhedec, le juriste et énarque Paul-François Schira, le dominicain Adrien Candiard montent au feu médiatique. ” Il a fallu que la sécularisation arrive à son point ultime pour qu’apparaisse comme nouvelle une parole très ancienne “, souligne le patron (orthodoxe) du Cerf, Jean-François Colosimo, qui en publie beaucoup, parmi lesquelles les bretteurs ” catho-friendly ” Alexandre Devecchio et Mathieu Bock-Côté. ” Les jeunes générations ont eu le temps de se réarmer intellectuellement. Et elles s’expriment désormais sans se soucier d’être désignées comme catholiques alors qu’auparavant une telle étiquette pouvait s’avérer anesthésiante. ”

” Transgenèse “. En sirotant son thé de 16 heures, Rémi Brague se délecte de cette bonne nouvelle. ” Nous avons actuellement une conjonction de jeunes talents qui font preuve d’un anticonformisme sympathique, glisse l’historien et philosophe. Ils y vont franchement, et ils sont plutôt marrants. Il y a un grand désir chez les jeunes générations de se nourrir de choses intellectuellement solides, ils ne s’en tiennent pas à un simple sentimentalisme. Ouf ! ” Les cathos sont prêts à en découdre. ” Ne restons pas les vigiles attentifs d’un glorieux passé ! lance ainsi Erwan Le Morhedec. Il faut que nous alimentions le débat, que nous sortions nos tripes… ” C’est ce que fait le patron du magazine La Vie,Jean-Pierre Denis, dans un petit livre revigorant qui sort ces jours-ci (lire encadré ci-dessous). Chaque mois, une vingtaine de scientifiques du CNRS, de l’Inserm, de l’Institut Pasteur, pour la plupart prêtres ou religieux, se retrouvent au Centre Sèvres, l’université jésuite en plein coeur de Paris, pour échanger autour de deux prêtres, Philippe Deterre, biologiste et directeur de recherche au CNRS, initiateur de ce réseau ” transgenèse “, et François Euvé, physicien et directeur de la revue jésuite Etudes. ” Sans bruit, on discute autour d’un invité prestigieux, sur les liens entre les sciences et la foi, sur l’éthique “, explique une jeune chercheuse, Laure Tabouy. Cette neurobiologiste appartient aussi à Optic Technology, fondé en 2012 par l’influent dominicain Eric Salobir, qui fait le pont entre le Vatican et les patrons de la Silicon Valley. Avec un bureau à Paris et un autre à Genève, en lien avec une centaine de chercheurs ” travaillant dans de grands labos internationaux ” , précise Laure, le groupe planche sur l’intelligence artificielle, la blockchain, la cybersécurité, les neurosciences, les exosquelettes… ” On veut remettre l’humain et l’éthique dans les technologies,indique notre chercheuse. Sans cacher notre foi, mais sans en faire une affaire d’Etat. ” Légitime. ” L’étiquette d’universitaire catholique, je l’assume ” , poursuit Rémi Brague, ajoutant, pince-sans-rire : ” Mais elle a autant de sens que si l’on caractérise un plombier de barbu ou un dentiste de philatéliste. ”

Figures exemplaires. Résumer un individu à son identité confessionnelle, c’est le ratiboiser. ” Ces catholiques s’imposent d’abord par leurs compétences, insiste un prêtre qui les connaît bien. Ils ne mettent pas leur christianisme dans leur poche, mais ils ne le portent pas en étendard. Un homme comme Jean-Dominique Senard, par exemple, impose avant tout le respect par ses qualités professionnelles. ” Pour l’Eglise, la sortie de crise viendra de ces figures exemplaires. ” Dans ce climat poisseux, notre parole est moins crédible, place aux laïques ! ” lâche une figure ecclésiastique. ” L’influence catholique, aujourd’hui, échappe en grande partie à l’institution cléricale, corrobore l’abbé Christian Venard. Ceux qui réussissent le mieux ne disent pas qu’ils font oeuvre d’Eglise sans pour autant le masquer. ” Pour vivre heureux…

 

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Forum Jésus le Messie, la Bonne Nouvelle du Christ annoncée aux musulmans – 6 & 7 avril 2019 près de Lyon (69)

Thème :   Quelles sont aujourd’hui les attentes spirituelles du monde musulman européen ? Quelles contributions pour les chrétiens à l’annonce et à l’accueil des chrétiens venant du monde musulman ?

73 bis route du Mont-Cindre
69450 SAINT CYR AU MONT D’OR

Ce troisième Forum Jésus le Messie à Lyon propose aux chrétiens soucieux de la mission auprès des personnes du monde musulman un tour d’horizon sur diverses questions touchant à la spécificité de cette pastorale.

M. Jean-Jacques WALTER et Mme Annie LAURENT aborderont des questions touchant aux attentes particulières des musulmans français.

Un accent sera mis cette année sur la prise en compte des musulmans dans les écoles catholiques. M. Charles LORIQUET et M. Jean-François CHEMAIN apporteront leurs témoignages et points de vue sur cette réalité. Enfin Guy STREMSDOERFER et Antony CANET aborderont les questions telles que : “Avons nous le même Dieu ?” et “Comment faire pour aller en France à la rencontre des musulmans ?”

Programme

Samedi matin 9H-12h

9H Accueil (Bénédicte Louis)
9H30 Approche sociologique du monde musulman européen (Jean Jacques Walter)
10H15 Les obstacles à l’accueil de l’Evangile par les musulmans (Annie Laurent)
10H45- 11H15 Pause, visite des stands
11H15 Quelles sont les points de la spiritualité chrétienne pour lesquels les musulmans sont les plus sensibles. (Guy Stremsdoerfer, Salah Mokrani)
12H Repas tiré du sac
12H-14H Partage et visite des stands

Samedi après midi 14H-18h

14H Introduction  (G.Stremsdoerfer)
14H15 « Témoignage : Jésus a fait de moi un témoin » (Nadia Piccard) 14H45 « La prise en compte des musulmans dans les écoles catholiques » (M. C. Loriquet) (service diocésain de l’enseignement catholique)
15H15 Témoignage de pastorale dans diverses écoles catholiques : Témoignages de réalisations,  questions, … ( P. de Parscav, F. Steiben, M. Aubel…)
16H20 Pause visite des stands
17H ATELIER : « Chrétiens-musulmans : avons-nous le même Dieu ? » Joute oratoire (A. Canet, A. Tchoudjem, Angelus-Mission-Lyon.
17H45 Informations
18H     Conclusion de la journée
18H 30 Messe anticipée du Dimanche

Dimanche matin 9H-12h

9H  Accueil
9H15 « Le parcours alpha proposé aux musulmans » ( Judith Bart) responsable d’Al Massira France
10H15 « Jésus m’a révélé sa Face » Paroles de convertis (Myriam Berkane)
10H30 Pause, visite des stands
11HTémoignages « Une Eglise qui se lève en monde musulman : l’Eglise de Kabylie » (Idir et Louisa Benasroune)
11H30 Conclusion et fin du forum.
Possibilité Repas tiré du sac

INSCRIPTIONS

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Ecole d’oraison : Qu’est-ce que l’oraison ? 6 soirées du 19 mars au 14 mai 2019 à Toulouse (31)

Six soirées organisées par les étudiants catholiques de Toulouse, première rencontre le :

Mardi 19 Mars de 20h00 à 22h00

Eglise St-Pierre-des-Chartreux, à Toulouse

L’école d’oraison pour les étudiants qui veulent (ré-)apprendre à prier !
6 mardis de 20h à 22h animés par les frères Carmes du
couvent de Toulouse.

Profite de ce parcours
express en 6 soirées pour apprendre à prier
au cœur de ta vie d’étudiant : enseignements, travaux pratiques et
échanges en petites fraternités te guideront “step by step”.

contact : oraison.pedt@mail.com

Evènement facebook

 

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AED – Catholiques d’Ukraine – témoignage le 8 décembre 2018 à Nancy (54)

En mission durant l’été 2018, Camille, volontaire AED, raconte…

Catholiques d’Ukraine aujourd’hui
Situations – Défis – Espérances

Le samedi 8 décembre 2018 à 14h30
Ecole saint Jean-Baptiste de La Salle
Place de l’Arsenal – 54000 Nancy