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Loi de bioéthique : entre travaux préparatoire à l’Assemblée et avis du CCNE

Une mission d’information, ouverte à des élus de toutes les commissions doit travailler durant environ six mois sur la révision des lois de bioéthiques. Une initiative déjà mise en œuvre « sous les précédentes législatures avant les révisions antérieures de la loi ».

Sous la houlette de Xavier Breton, 56 députés avaient demandé en avril la mise en place d’une réflexion de l’Assemblée nationale sur le sujet pour préparer « cette révision qui va toucher à des sujets complexes et sensibles ».  La mission devrait compter 35 députés, dont 20 LREM, 6 LR, 3 MoDem, 2 UDI-Agir, 2 PS, 1 LFI, 1 PCF, et éventuellement un non-inscrit.

Mi-mai, les commissions des affaires sociales et des lois de l’Assemblée nationale ont déjà entamé « un cycle d’auditions sur des sujets allant de la recherche génétique à la procréation ». Au Sénat, la commission des affaires sociales a lancé des auditions depuis mars.

De son côté la ministre de la Santé, Agnès Buzyn a précisé que l’avis du Comité Consultatif National d’Ethique concernant la prochaine révision des lois de bioéthique prévu pour septembre n’évoquerait pas la question de l’euthanasie. Elle a expliqué que le Comité allait se prononcer sur « les cinq thèmes prévus » : « la procréation, la génétique, les big-data et l’intelligence artificielle, les greffes et les neurosciences ».

Le projet de loi de bioéthique doit être déposé à l’automne au Parlement pour être adopté au premier semestre 2019.

Source : Genethique.org

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Soins palliatifs : un guide pour accompagner les professionnels

A la demande du ministère en charge de la santé, le Professeur Régis Aubry, membre du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) en collaboration avec des experts dans le cadre du plan national 2015-2018, a rédigé un guide pour « encourager le développement d’une culture commune auprès de tous les publics professionnels concernés par la démarche palliative ».

Afin de développer et de mobiliser les compétences des professionnels de santé concernés par les situations de fin de vie, l’Agence nationale du développement professionnel continu (DPC) a mis cet outil à la disposition de l’ensemble des intervenants concernés par la fin de vie.

Ce document propose, en plus des principes généraux pour la construction des actions de DPC sur les soins palliatifs, une identification des compétences fondamentales à développer, et pour finir, une déclinaison des contenus et des méthodes selon les publics professionnels et les lieux de soins.

Retrouvez le guide à cette adresse

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Les états généraux de la bioéthique et le pouvoir

de Renaud de Carpentier :

Contrairement aux atten­tes de leurs organisateurs, les États généraux de la Bioéthique ont suscité une forte participation, montrant l’intérêt du public pour ces questions.

Mais cette forte participation a apporté une deuxième surprise : la grande majorité des participants s’est montrée inquiète, et même opposée, à l’égard des nouvelles « avancées » proposées par nos dirigeants, en particulier à l’égard de la PMA pour les femmes homosexuelles, la GPA et l’euthanasie.

Maintenant qu’il va falloir tirer les conclusions, afin de décider de continuer ces réformes, le Pouvoir tente donc de minimiser l’importance des réponses défavorables et, surtout, suivant une méthode éprouvée, d’en disqualifier les auteurs.

Les grands médias sont donc mobilisés pour tenter de décrédibiliser les participants.

Le professeur Sicard, ancien président du CCNE (Comité Consultatif National d’Éthique), constate que les opposants aux nouvelles transgressions sont diabolisés : « Les opposants à l’évolution de la loi sur la PMA et sur la fin de vie ont souvent été taxés de “réacs”, d’obscurantistes, et désignés comme croyants » (« Le Figaro » du 4 mai).

L’association « SOS Homophobie » tente de faire croire que les manifestations de 2013 ont été violentes contre les homosexuels, alors qu’il est patent qu’elles se sont déroulées dans une ambiance calme et même festive, comme peut en témoigner votre serviteur et comme, en réalité, les médias le savent parfaitement. D’ailleurs, des homosexuels avaient pris part à ces manifestations.

D’autres moyens sont utilisés, comme, par exemple, les sondages : poser des questions sur des sujets aussi complexes à un public dont les préoccupations sont tout autres, et qui n’a suivi aucune formation à ce propos est un excellent moyen de manipulation.

Comme c’est l’habitude sur les grandes chaînes télé, on ne discute pas du dossier avec un opposant en apportant des arguments pour contrer les siens.

On le disqualifie personnellement en lui collant une étiquette infamante (« homophobe », « réac », « catho », « raciste », « en retard », etc.), s’il ne pense pas « bien », c’est-à-dire comme pense la classe politico-médiatique, peu nombreuse, mais qui détient le pouvoir.

Au « Pays des Droits de l’Hom­me », qui donne volontiers des leçons de morale et de démocratie aux autres nations, le « peuple souverain » n’est pas écouté par ses dirigeants.

Source : Les 4 vérités

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Loi de bioéthique : l’objectivité du rapport du CCNE en question

Le 4 juin prochain, le Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE) remettra à l’OPECST [Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques.], le rapport de synthèse des Etats généraux de la bioéthique. Dans une tribune publiée dans le Figaro, Jacques Testart, biologiste, et Marie-Angèle Hermitte, juriste, dénoncent la mise en œuvre du processus de « démocratie participative » et s’interrogent sur la pertinence des conclusions qui seront rendues.

Commanditaires des débats publics, les auteurs s’interrogent sur l’indépendance du CCNE dans l’organisation concrète qui aurait pu être confiée à la Commission Nationale du Débat Public.

Si le CCNE donne « une image positive en terme quantitatifs » des Etats généraux de la bioéthique, les auteurs souligne des disfonctionnements notables :

  • L’entreprise chargée de la modération des débats sur le site Internet « aurait dû être identifiée sur le site du CCNE ». Les auteurs regrettent que les points de vue soient pour beaucoup « purement militants et relayés par des groupes très organisés », « élaborés précédemment plutôt que de la contribution d’un large public ».
  • Concernant les débats en régions, les débats sont restés classiques. De plus, « chacun des Espaces éthiques régionaux ayant choisi ses thèmes, sa procédure et ses publics (entrée libre, étudiants, professions de santé), les résultats ne pourront pas être agrégés sans biais. Il sera donc difficile de prétendre en tirer des conclusions ».
  • Au sujet des auditions, les groupes sont intervenus sur le site, ont été entendus et « certains d’entre eux seront encore formateurs devant le comité citoyen ». Les auteurs estiment que « les données recueillies seront en général pauvres en termes d’innovation de choix politiques du fait de l’absence de temps de délibération collective et de confrontations créatrices ».
  • Enfin, à propos du Comité citoyen, ils s’interrogent sur les raisons qui ont conduit à « s’écarter du modèle ‘conférence de citoyens’ demandé par la loi ». Sur les personnes engagées, « rien n’est dit de la manière dont ont été évités, ou pas, les liens d’intérêts professionnels ou associatifs de ces personnes – étape pourtant essentielle », mais aucune n’est « spécialiste de la question ». Et l’indispensable comité de pilotage, « à la fois compétent et indépendant, chargé de choisir les thèmes de la formation et les formateurs, comme il est d’usage dans une conférence de citoyens » n’a pas été formé. Ils ajoutent : « Où trouve-t-on le programme de formation des citoyens qui permettrait d’en vérifier le pluralisme ? »

Enfin, la stigmatisation de certains intervenants au profit d’autres passés sous silence fait planer des « doutes sur la validité et l’honnêteté du processus » (cf. Bilan des Etats généraux de la bioéthique : vers un embarras parlementaire ?).

Jacques Testart et Marie-Angèle Hermitte remettent en cause la neutralité du CCNE à plusieurs reprises. En effet, « sur la plupart des sujets traités, il a déjà rendu des avis et que nombre des positionnements personnels de ses membres sont publics ». Ils déplorent que le rapport qui sera remis à l’OPECST et qui doit préparer la discussion parlementaire, « les groupes d’intérêts institutionnels auront été largement représentés et vont presque tous dans le même sens : ouverture des recherches sur l’embryon ; sélection élargie des embryons in vitro dans un contexte où le transhumanisme a le vent en poupe ; AMP hors stérilité ; indifférence à la manière dont sera gérée la pénurie du sperme, avec possibilité d’ouverture à la rémunération des donneurs (et ensuite au don du sang, des organes ?) ». S’ajouteront à celles-ci, les questions autour de l’ouverture de la PMA aux femmes seules et aux couples de femmes. Ils ajoutent : « Ces prises de position proviennent du CCNE lui-même mais aussi du Comité d’éthique de l’Inserm, des diverses Académies (Sciences, Médecine, Technologies)… ou de l’OPCEST ».

Ces atteintes sont graves, les auteurs constatent : « Nous n’avions jamais constaté une telle offensive organisée des défenseurs d’une science mythifiée placée au-dessus des valeurs culturelles, le principe cardinal d’indisponibilité des éléments du corps humain étant de plus en plus écarté au profit du désir des personnes mais aussi de la possibilité de vendre ou louer ces éléments ».

Source : généthique.org

Brèves #NLH

Le dernier avis du CCNE dénonce la “ghettoïsation” des personnes âgées et forme des propositions

« Comment rendre la société davantage inclusive vis-à-vis de ses citoyen(ne)s les plus âgé(e)s ? ». Cette question est au cœur de l’avis n°128 du 15 février publié hier par le CCNE[1] pour qui le vieillissement est un enjeu « sociale, médicale, économique », mais « également éthique ».Concentration, institutionnalisation forcée, ségrégation, le CCNE parle même de « ghettoïsation »des personnes âgées et estime que leur situation « par bien des aspects une forme de de négation du vivre ensemble ». Un constat rude qui « implique de redéfinir la protection sociale, d’engager de nouvelles formes de solidarité et de mettre en place de nouvelles formes d’accompagnement ».

 

Respecter le choix des personnes âgées de finir leur vie chez elles et, plus globalement, faire en sorte que la « démocratie sanitaire qui entend garantir à tous une égalité d’accès à la santé, entendue comme ‘un état de bien-être physique, mental et social’ ne concerne pas une partie de la population », impliquent de réfléchir à « de nouvelles formes de solidarités », de renforcer les politiques d’accompagnement. Plus largement, le CCNE souligne que cette prise en compte des personnes âgées doit conduire « une refondation du système de santé, de la médecine et la formation des acteurs de la santé et du social » et plaide pour « une véritable rupture ». Pour Cynthia Fleury, co-rapporteur du rapport, l’approche actuelle est uniquement « déficitaire et non capacitaire de la vieillesse. L’autonomie, le fait de décider, doit pouvoir s’articuler avec la vulnérabilité »[2]. C’est la façon dont elle appréhende le grand âge que la société doit transformer.

 

Le CCNE propose un certain nombre de mesures pour lutter contre « le sentiment d’indignité despersonnes âgées » , leur « sentiment d’être de trop, de ne servir à rien » que dénonce le professeur Régis Aubry[3], co-rapporteur du rapport. Il ajoute : « C’est quelque chose qui devrait nous heurter. Il existe également une forme de ségrégation dans l’accès aux soins des personnes âgées : les examens médicaux sont plus sommaires, on n’écoute pas les réponses aux questions… Tout cela finit par isoler et exclure ».
Parmi ces mesures, des politiques pour favoriser des alternatives aux EPHAD, voire « penser l’EPHAD hors l’EPHAD », par exemple en favorisant « l’intégration d’EPHAD dans les constructions nouvelles à usage d’habitation », le développement de l’habitat intergénérationnel ou d’ « habitation autogérées ». Le CCNE préconise « la création d’un cinquième risque de la sécurité sociale pour la dépendance » pour faire face aux coûts de la fin de vie, mais aussi de faire évoluer le droit social et « en particulier le droit du travail pour permettre à un proche d’accompagner une personne dépendante ». Pour les aidants, il suggère la mise en place d’un plan sous forme de « maisons de répits » ou de « balluchonnage », selon la formule mise en place au Québec qui permet à un professionnel de suppléer quelques temps.

 

Si ces mesures étaient mises en œuvre, il y a fort à parier qu’elles modifieraient largement les demandes de fin de vie, tant en termes de suicides : dans les établissements pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), « 40 % des résidents présentent un syndrome dépressif (sous diagnostiqué et sous-traité) ; 11 % ont des idées de suicide »[4], que concernant des demandes d’euthanasies.

NLQ #Tribunes et entretiens

Bilan des Etats généraux de la bioéthique : vers un embarras parlementaire ?

La consultation menée dans le cadre états généraux de la bioéthique, s’est refermée le 30 avril. Interrogé par le Figaro, Didier Sicard, Professeur émérite à l’université Paris Descartes et ancien président du Comité consultatif national d’éthique (CCNE), se dit « impressionné par l’ampleur de cette consultation ».

 

La participation en chiffres

 

De fait, dans son communiqué de presse, le CCNE souligne l’importance de la mobilisation : le site Internet etatsgenerauxdelabioethique.org a attiré 183 498 visiteurs uniques, pour 29 032 participants qui ont postés 64 985 contributions. Ces contributions ont recueilli 832 773 votes. 45 % de ces contributions concernaient « Procréation et société », 24 % : « Fin de vie », 12 % : « Cellules souches et recherche sur l’embryon » et 5 % : « Examens génétiques et médecine génomique ». 2 600 000 pages du site ont été consultées.

 

Dans les régions, 250 débats « ont été organisés par les Espaces de réflexion éthique » qui ont rassemblés 18 500 citoyens. Ces débats étaient pour moitié ouverts à tous, entre « un quart et un tiers d’entre eux étaient destinés plus spécifiquement aux jeunes (lycéens, étudiants) ». Les professionnels de santé ou des comités d’éthique locaux ont eu aussi organisés des débats. Le CCNE note qu’en parallèle, « de nombreux événements ont été organisés par différents acteurs nationaux et régionaux ».

 

Enfin, 150 auditions ont été engagées par le CCNE. Elles ont concerné 87 associations d’envergure nationale (la majorité étant des groupes d’usagers de santé), 36 sociétés savantes scientifiques ou médicales, 9 groupes de courants de pensée philosophiques ou religieux, 15 institutions et 3 entreprises privées ou syndicats d’entreprises. 25 auditions sont encore en cours, elles s’achèveront le 9 mai.

 

Le CCNE se charge désormais d’ « analyser l’ensemble des données ayant alimenté la consultation » en vue de la rédaction du rapport qui sera remis début juin à l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, et aux Ministres en charge de la Santé et de la Recherche. Un avis du CCNE sera ensuite proposé : « il rappellera les grandes valeurs éthiques à prendre en compte dans la future loi de bioéthique, il donnera quelques pistes de réflexion sur des thématiques des Etats généraux et exprimera sa vision de l’organisation du débat éthique dans notre pays à l’avenir ».

 

PMA, fin de vie, les grands sujets des débats

 

Sur le contenu de ces débats, Didier Sicard explique avoir « avant tout été frappé par une forme de diabolisation des opposants à l’évolution de la loi dans les débats (…). Ceux qui ne sont pas d’accord avec l’ouverture de la PMA ou la modification de la loi sur la fin de vie sont très souvent traités de « réacs », d’obscurantistes ou désignés comme croyants. Ils sont accusés de mépris envers les couples homosexuels ou les femmes célibataires. C’est une manière de fermer le débat ». Il ajoute : « J’y vois une confusion entre le débat politique et la dimension anthropologique de ces thèmes ».

 

Pour lui, « l’ouverture de la PMA peut paraître une demande simple et légitime au plan de la liberté mais transforme la société en faisant des enfants un enjeu et non plus une finalité (…). Faire de la PMA une thérapeutique banale interroge ». Au sujet de la filiation, il confie qu’ « un désir d’enfant pour soi me paraît un peu contradictoire. Oublier qu’un enfant résulte du désir entre une femme et un homme, c’est peut-être faire prendre un risque à notre humanité future ». Il considère que « ces questions bioéthiques sont comme des poupées russes, car elles peuvent entraîner des conséquences en cascade. Ainsi, l’extension de la PMA peut aboutir à la fin de l’anonymat, de la gratuité du don de gamètes et remettre en cause l’interdiction de la procréation post mortem ».

 

Interrogé sur la question de la fin de vie, Didier Sicard estime que «  les Français sont plus divisés sur l’euthanasie que ne le laissent penser les sondages qui proposent des réponses simplistes à des questions complexes ».

 

Quant au débat à venir, il « laisse effectivement présager une forme d’embarras pour les parlementaires ».

Source : Genethique.org

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Etats généraux de la bioéthique : une manipulation possible des chiffres

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Brèves

La photo du jour – Les 700 000 n’oublient pas

700 000 pétitions jetées à la poubelle lors du débat sur l’ouverture du mariage aux couples de même sexe. Les EtatsGenerauxBioethique seront-ils un simulacre ou un véritable débat public ? Question posée au CCNE

 

Source

Tribunes et entretiens

Droits de l’enfant, avancée ou péril ?

En 2014, nous célébrions les 25 ans de la convention des droits de l’enfant. A cette occasion, Cyril Brun pointait les dangers d’une telle convention. 

A l’occasion de la journée des droits de l’enfants nous vous proposons cet article paru sur NDF en 2014

Le 20 novembre prochain, nous fêterons les 25 ans de la convention des droits de l’enfant. Deux siècles après la déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen, le monde, subitement, ressent le besoin de préciser les droits de l’enfant. Si louable que cela soit, ce n’est pas sans poser de multiples problèmes et le premier est de constater que les droits de l’Homme ne suffisent pas à protéger le plus faible d’entre eux, l’enfant. Devrait-on donc préciser, Déclaration des Droits de l’homme adulte (sans majuscule alors) ? Car qu’elle est la différence entre un enfant et un adulte ? La majorité légale ? C’est en tout cas ce que suggère l’article premier de cette convention. Ainsi, dans la nuit de ses 17 à 18 ans, l’enfant devient homme et n’a automatiquement plus les mêmes droits que la seconde avant minuit. Il y a là une aporie évidente qui coupe l’être humain en deux, comme une discontinuité. Or cette discontinuité est d’autant plus injustifiée qu’elle porte sur la dimension anthropologique de l’Homme.

La convention, en effet, ne s’occupe pas de donner des droits civiques, comme la possibilité de voter, d’être jugé et les devoirs qui vont avec. L’objet de ce traité international est la protection de l’enfant. Et sans doute aurait-il mieux valu l’appeler ainsi. Car à proprement parler ce texte n’accorde à l’enfant aucun droit supplémentaire par rapport à l’adulte. Il est simplement reconnu son état de dépendance et de fragilité. Dépendance biologique et naturelle vis-à-vis de ses géniteurs (il a besoin d’eux pour se  nourrir et se développer), mais aussi dépendance juridique et légale vis-à-vis de la loi et des institutions. En réalité, cette convention cherche plus à protéger les droits inhérents à toute personne humaine que l’enfant n’est pas en capacité de faire valoir lui-même. Et pour ce faire, certaines précautions et préventions sont mises en avant et c’est à proprement parler cela qui constitue ces fameux « droits de l’enfant ». Il s’agit en fait,  de donner aux enfants les moyens de faire respecter les droits qui sont les leurs non pas en tant qu’enfant, mais comme personne humaine. Ceci étant, les enfants n’agissent pas directement et ont besoin de tiers pour cela. Finalement ce texte est un recours donné aux enfants ou à un tiers pour assurer leur dignité.

Aussi parler des droits de l’enfant est un raccourci abusif et trompeur. Et il est important de rappeler que les enfants ont par nature, les mêmes droits que les adultes, parce qu’ils partagent la même nature et dignité humaine. Cette charte, en revanche leur accorde non un droit supplémentaire, mais une protection supérieure, étant donné leur état de faiblesse et de dépendance. Il aurait donc mieux valut intitule cette charte « convention pour la protection des droits de l’homme encore enfants ».

Certes, il faudrait revenir sur cette habitude, suicidaire pour la dignité humaine, de parcelliser les droits. Droits de l’enfant, des femmes, des gays etc. Car cette compartimentation crée d’une part un sectarisme et finit à terme par mettre en concurrence ces droits. Que l’on pense à l’opposition entre le droit de la femme et de l’enfant sur sa propre vie. Cette segmentation des droits crée, en fait (et non en vérité), un écartèlement de la personne humaine. C’est une crise identitaire et existentielle permanente qui nous fait revenir des siècles en arrière, lorsque les grecs pensaient que la femme était d’une race différente et inférieure.

Il n’y a qu’une seule dignité humaine partagée par tout être humain quels que soient son sexe et son âge. Mais il y a des situations de faiblesses et de fragilités qui supposent de renforcer la protection où la défense, voire la promotion de ces droits. Les enfants et les femmes en sont un exemple, mais les personnes âgées, les handicapés, tout autant. La vraie question n’est pas d’ajouter ou de retrancher des droits et encore moins de basculer, de par la majorité, d’un droit à l’autre. La véritable problématique qui sape tout l’édifice et l’ensemble des droits, c’est de savoir ce que recouvrent ces droits fondamentaux. Lorsque la convention, à longueur d’articles, cherche à défendre « l’intérêt supérieur de l’enfant », celui-ci n’est jamais explicitement défini. Au mieux quelques considérations matérielles, très vagues (la maturité) nous sont-elles apportées. Or, si les droits d’un enfant sont fondamentalement les mêmes que ceux d’un adulte, les besoins qu’expriment ces droits ne sont pas les mêmes à tout âge. Avoir droit au développement et à la maturité physique et intellectuelle est un droit de l’enfant comme de l’adulte. Mais il ne recouvrira pas les mêmes réalités. Or, la charte ne précise en rien ce développement, ni ce qui caractérise sa réalisation. Et ce n’est pas la nuit de la majorité qui fait basculer ce développement et cette maturité.

En revanche, la convention ne fait aucun état des besoins fondamentaux de l’enfant pour son développement. Et ceci parce que ce traité ne s’intéresse nullement à ce qu’est un enfant, c’est-à-dire un adulte en devenir, à savoir un homme avec toute sa dignité. Ainsi, la dimension familiale de l’enfant n’est indiquée que dans son rapport légal et non pas anthropologique. Les notions de père et mère sont réduites à des entités légales. Certes, la responsabilité éducative est évoquée, mais le rôle de l’Etat dans cette éducation est aussi largement mis en avant.

Peut-être pourrions-nous dire qu’à l’époque, la filiation père mère semblait aller de soi et qu’il n’était pas besoin de préciser qu’un enfant avait besoin d’un père et d’une mère. Mais ce droit, qui n’est pas celui des seuls enfants, est une nécessité pour le développement et l’équilibre de tout homme. Et en effet, la convention n’aborde pas ce sujet.

Il est donc, me semble-t-il, urgent de redéfinir les droits de l’enfant dans leur lien intime avec la dignité de tout homme et ainsi de préciser de façon explicite ce fameux « intérêt supérieur ». Car ce flou ouvre à toute les interprétations et manipulations et in fine, à une véritable déshumanisation de l’enfant et, au-delà, de l’adulte en devenir.

L’Eglise catholique a promulgué il y a quelques années une charte de la famille qui respecte cet équilibre entre les droits, faisant de la famille le lieu naturel d’une transition qui l’est tout autant. Car fondamentalement l’homme est un être qui se construit dans la relation et la différence et non dans la segmentation et la particularisation. Qu’il faille parfois protéger les plus faibles contre les abus de la famille ou des Etats est un fait. Mais protéger ce qui fait défaut ne veut pas dire détruire ce qui est bon par nature.

 

En résumé, cette convention sera réellement bonne, si elle se redéfinit comme protection de la dignité humaine de l’enfant et si elle explicite cet intérêt supérieur en adéquation avec sa vérité anthropologique. Voilà à mon sens ce que devrait être ce 25 ème anniversaire.

NLQ #Points non négociables PNN

GPA – “La grossesse a un coût humain qui n’a pas d’équivalent”

Frédérique Kutten, endocrinologue et rapporteure de l’avis du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) qui vient de se prononcer contre la GPA (cf. Avis favorable du CCNE sur la “PMA pour toutes”), estime qu’il est désormais « urgent » « de légiférer pour interdire la GPA en Europe ».

La CCNE a précisé, dans son avis, qu’il n’existait pas de « GPA éthique ». Selon Frédérique Kutten, « la grossesse a un coût humain qui n’a pas d’équivalent »Quel que soit le montant alloué à la mère porteuse, « ce sont des sommes sans commune mesure avec ce que la grossesse représente sur le plan affectif et sur celui des dangers physiques pour la femme. Il y a une sorte d’inconscience individuelle et collective à oser même en faire la demande », s’indigne l’endocrinologue. Elle conclut : « Il ne faut pas banaliser cette demande d’utilisation des corps de la femme, et d’échange d’enfant. Même à titre amical ou familial ».

Réagissant à la décision de la cour de cassation quant au deuxième parent d’intention (cf. Aude Mirkovic : « la France tient un double langage sur la GPA » et GPA : La Cour de Cassation refuse l’inscription de la mère d’intention et valise l’adoption par le conjoint homosexuel), elle souligne que l’enfant a « droit à la transparence et à la vérité sur ses origines. On ne doit pas faire comme si la GPA n’avait pas existé ».

 

Source Généthique.org

A la une #Tribunes et entretiens

PMA – Mgr Rey : « C’est une régression égoïste parée de bonnes intentions ! »

Mgr Rey réagit au micro de Boulevard voltaire à l’avis favorable rendu par le CCNE pour l’ouverture de la PMA aux « couples de femmes ». Il met en garde contre la revendication d’un dangereux droit à l’enfant qui mènerait à la déshumanisation.

Monseigneur Rey, le Comité consultatif national d’éthique vient de rendre un avis favorable à l’ouverture de la PMA pour les couples de femmes. Quel jugement portez-vous sur cette décision ?

Tout d’abord, je voudrais rappeler que l’Église n’est pas favorable à l’insémination artificielle, même intraconjugale, et à toutes les formes de fécondations in vitro même homologues, c’est-à-dire sans qu’il y ait de donneur.

Pour quelles raisons ?

D’une part à cause de la dissociation entre l’acte conjugal et la fécondation.
D’autre part à cause des atteintes à l’embryon lors du diagnostic préimplantatoire avec la destruction des embryons non implantés. Des centaines de milliers d’embryons sont conçus pour 15.000 à 20.000 accouchements par an. Les embryons sont détruits, sont conservés, congelés et livrés à la science.
Dans les cas de la fécondation via un tiers donneur, surtout s’il est anonyme, l’assistance médicale à la procréation prive en outre l’enfant d’une relation filiale à ses propres origines parentales.
Il faut également se méfier des conséquences politiques de la PMA. C’est la marchandisation du vivant, la libération du marché procréatif pour reprendre l’expression du Comité national d’éthique lui-même. C’est aussi en arrière-plan l’eugénisme et l’exploitation du corps des femmes.
L’ouverture de la PMA aux couples des femmes pose toutefois de nombreux et de nouveaux problèmes. Depuis sa légalisation dans les années 70, et son usage plus courant dans les années 90, la PMA restait médicale. Elle venait pallier un problème de fécondité entre un homme et une femme. Désormais, en l’ouvrant aux couples de femmes dont l’infertilité n’est pas d’origine médicale, on crée un dangereux droit à l’enfant.

Que diriez-vous à ceux qui disent : « avoir un enfant est un droit comme un autre » ? En quoi cela pose-t-il un problème éthique à l’Église ?

Dans le cas qui nous occupe, on retire surtout à des enfants un droit, qui doit être bien antérieur, qui est celui d’avoir un père. L’enfant n’est pas un droit. C’est une régression égoïste pavée de bonnes intentions. Il y a guère que l’individualisme qui progresse par une telle loi.

Autrefois, les droits individuels étaient subsumés par l’intérêt général, le bien commun. Ce modèle pouvait se révéler trop lourd parfois, mais il intégrait socialement. Ce droit à l’enfant est le signe d’une société qui, dans le sens contraire, touche l’autonomisation et l’atomisation du sujet. Vivre comme si j’étais un Dieu pour moi-même, pourrait-on dire. Ce subjectivisme régnant se conjoint au pragmatisme. En l’absence d’homologation à un modèle, on procède à une auto-évaluation, selon le critère de l’épanouissement personnel. Cette individualisation n’est pas tristement une rétractation sur soi, mais une reconfiguration du lien social, non plus à partir de la soumission à un État, mais à partir de frustrations, d’adhésions et de mutualisations de liens favorisés par l’envahissement des réseaux sociaux.

D’un point de vue plus politique, le président Macron avait promis de s’en remettre à l’avis du CCNE sur les questions de la PMA et de la GPA, avant toute volonté de légalisation. Quel message voulez-vous faire passer au Président au point de vue politique ?

Nous pourrions nous poser la question de la légitimité de cette parole du Président de la République. L’anthropologie, la morale, le bien et le mal ne se décrètent pas. Nous attendons du Président Macron et du Comité national d’éthique sur d’autres sujets comme la lutte contre les esclavages modernes ou contre l’eugénisme, quelque chose qui respecte les droits fondamentaux de la personne humaine et, en l’occurrence, le droit de l’enfant.

Suivant la logique actuelle, la PMA sera sûrement étendue à toutes les femmes, sans condition d’infertilité, et la fécondation in vitro, pour l’instant médicale, de devenir peu à peu une technique de convenance. Des parents fabriqueront bientôt des enfants parfaits selon des critères qu’ils auront préalablement établis.

On voit donc qu’il y a une dérive vers une déshumanisation, à cause de la revendication du droit à l’enfant qui est absolutisé.