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Chili : attaque contre une église en pleine messe à Santiago

Des inconnus cagoulés ont attaqué l’église San Vicente de Paul, située en plein cœur de Santiago du Chili sur l’artère principale de la capitale, dimanche 14 décembre dernier alors que la messe était en train d’être célébrée. Des jets de pierres ont brisé plusieurs vitres de la porte d’entrée de l’église, mais l’agression n’a causé aucun blessé. L’attaque a eu lieu alors qu’une Marche pour la résistance mapuche se déroulait à proximité. Ci-dessous une vidéo tournée de l’intérieur de l’église pendant l’attaque.

Source : ACI Prensa, 16 octobre

 

Source : Observatoire de la christianophobie

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Chili : la conférence épiscopale perquisitionnée

CHILI : LA CONFÉRENCE ÉPISCOPALE PERQUISITIONNÉELes autorités chiliennes viennent de perquisitionner le siège de la…

Publiée par Diakonos.be – Rédaction sur Mercredi 15 août 2018

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Chili : le président opposé à toute légalisation de l’IVG

« Si le projet de loi sur l’avortement dit libre passe, le président s’y opposera totalement et utilisera tous les moyens constitutionnels, comme il l’a déjà dit, pour empêcher que cela devienne une loi », a déclaré Andres Chadwick, ministre de l’Intérieur au Chili.

 

En août 2017, après deux ans de négociations, les assemblées législatives du Chili avaient approuvé une loi dépénalisant partiellement l’avortement, le rendant possible en cas de viol, en cas de danger pour la mère ou en cas de fœtus non viable (cf. Le Chili dépénalise l’avortement dans certains cas ). Mais lorsque le conservateur Sebastian Piñera[1] est revenu à la présidence en mars 2018 après quatre années de gouvernement socialiste, il a immédiatement autorisé les cliniques privées à ne pas réaliser d’IVG en cas d’objection de conscience, limitant ainsi considérablement l’accès à l’IVG.

 

La ministre de la Femme et de l’Egalité des genres, Isabel Pla, a déclaré : « Dans une démocratie, il n’est pas question de veto : le gouvernement du président Sebastian Piñera a un positionnement sur cette question qui n’a pas changé, dont les Chiliens ont eu connaissance, qu’ils continueront à connaître, et qui sera toujours le même : c’est la défense de la vie. »

[1] Sebastian Piñera avait déjà été président du chili de 2010 à 2014, il est revenu au pouvoir en mars 2018.

Source : genethique.org

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Chili : le pape démet à nouveau deux évêques

Suite aux abus sexuels dans l’Eglise au Chili, le pape a accepté la démission de deux évêques.

Mgr Alejandro Goic Karmelic, évêque de Rancagua et Mgr Horacio del Carmen Valenzuela Abarca, évêque de Talco, qui était l’un des quatre évêques formés par le père Fernando Karadima, le plus célèbre des prêtres pédophiles du pays sont désormais relevé de leurs fonctions.

Mgr Goic qui était responsable de la commission pour la prévention des abus sexuels, âgé de plus de 75 ans, avait présenté sa démission avant que la conférence épiscopale ne le fasse en bloc.

Lire la suite en anglais sur cruxnow.com

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Abus sexuels au Chili : que s’est-il vraiment passé ?

La démission en bloc des évêques du Chili, le 18 mai 2018, a démontré l’ampleur du fléau des abus sexuels commis par des membres du clergé dans ce pays. Mais comment en est-on arrivé là ? Chronologie d’un scandale dont on ne mesure pas encore toutes les conséquences.

34 évêques qui décident collectivement de laisser leur destin entre les mains du pape. Un pontife qui exprime sa « honte » et qui dénonce la « culture des abus » au Chili, associée à un « système de dissimulation ». Un atroce cadavre sorti progressivement du placard, dont les premiers « relents » remontent aux années 1980.

A cette époque, le Père Fernando Karadima est curé de la paroisse d’El Bosque, dans le quartier huppé de La Providencia, dans la partie orientale de Santiago du Chili. Toute une communauté gravite autour de ce prêtre très charismatique. Il suscite de nombreuses vocations et jouit d’une très bonne réputation parmi les fidèles. Certains le considèrent même comme un « saint vivant ».

Parmi les jeunes hommes qui font partie de son cercle d’intimes, quatre sont aujourd’hui évêques : Juan Barros, Andrès Arteaga, Tomislav Koljatic et Horacio Valenzuela. Fernando Karadima fait notamment office de « père spirituel » pour Juan Barros, entré au séminaire en 1977. Le Père Karadima se forge également, pendant ces années de « gloire », un empire financier. Une fortune qui, selon le Centre d’investigation journalistique du Chili, s’est en partie bâtie à travers des détournements de dons des fidèles.

Témoignages accablants

Dans ce contexte, une première lettre de dénonciation d’abus sexuels commis par l’ecclésiastique, envoyée à l’archevêché de Santiago, reste sans suite.

Ce n’est qu’en 2003 que les choses se compliquent pour le Père Karadima. Jose Murillo, un paroissien d’El Bosque, remet une seconde lettre de dénonciation à l’un des vicaires épiscopaux de Santiago. La missive est transmise au cardinal Francisco Javier Errazuriz Ossa, alors archevêque de la capitale chilienne. Le prélat juge cependant que ces accusations ne sont pas crédibles.

Mais la pression augmente en 2004, alors que la femme de James Hamilton, une seconde victime du prêtre, vient témoigner contre le Père Karadima. Le cardinal Errazuriz nomme alors un promoteur de justice pour mener une enquête, le Père Eliseo Escudero.

Jose Murillo fait parvenir en 2005 une seconde lettre à Mgr Riccardo Ezzati, alors évêque auxiliaire de Santiago. Il est cette fois reçu en personne par le prélat, qui prend ses accusations au sérieux. Il lui demande de témoigner devant le Père Escudero. Ce dernier entend également les deux autres victimes qui se sont manifestées : James Hamilton et Juan Carlos Cruz.

En 2006, le prêtre enquêteur remet un rapport accablant au cardinal Errazuriz, en recommandant l’ouverture d’un procès canonique. En septembre, l’archevêque de Santiago retire au Père Karadima toute charge pastorale, mais sans faire allusion aux abus.

Attaque contre un « système » d’abus

Il faut cependant attendre 2009 pour que le cardinal nomme un second promoteur de justice et transmette le dossier au Saint-Siège. Mgr Errazuriz sera également pointé du doigt par des victimes pour n’avoir pas pris les mesures appropriées après avoir eu connaissance des actes du prêtre pédophile.

En avril 2010, James Hamilton découvre qu’aucune sanction autre que le retrait de sa charge pastorale ne touche le Père Karadima. Avec Jose Murillo et Juan Carlos Cruz, il organise une conférence de presse aux Etats-Unis, rendant publique l’affaire.

La sentence du Saint-Siège tombe en 2011 : le Père Fernando Karadima est renvoyé de l’état clérical et condamné à une vie de prière et de pénitence. En revanche, l’enquête ouverte en parallèle par la justice chilienne est classée. Le juge reconnaît la réalité des abus sexuels mais les faits sont atteints par la prescription.

Les victimes ne veulent cependant pas en rester là. Elles dénoncent un système généralisé au sein de l’Eglise, qui a permis de couvrir les agissements du Père Karadima et pendant longtemps de le protéger. Elles intentent en 2013 une action civile contre le diocèse de Santiago, demandant 450 millions de pesos (environ 700’000 francs suisses) de dommages et intérêts. Les victimes seront déboutées en 2017. Le juge estimant qu’il n’y a pas assez d’éléments prouvant que l’archevêché avait une réelle volonté de les faire taire ou qu’il ait tenté de dissimuler les faits.

Erreur de casting

En 2014, Mgr Ricardo Ezzati, devenu archevêque de Santiago et cardinal, demande à son prédécesseur, le cardinal Errazuriz, d’empêcher la nomination de Juan Carlos Cruz comme membre de la Commission pontificale pour la protection des mineurs (CPPM), dont le pape François vient d’annoncer la création.

En janvier 2015, l’affaire prend une dimension supplémentaire. Mgr Juan Barros, alors évêques aux armées, est nommé évêque d’Osorno, dans le sud du Chili. Cette nomination provoque une levée de boucliers dans le diocèse et dans le pays. Juan Barros est en effet accusé par les victimes du Père Karadima, faisant partie du cercle d’intimes de ce dernier, d’avoir toujours connu ces agissements pédophiles et de ne jamais les avoir dénoncés. Dans une lettre envoyée au nonce apostolique, Juan Cruz accuse le nouvel évêque d’avoir fait « tout le sale boulot » pour le Père Karadima. Ordonné diacre en 1983, Juan Barros était devenu le secrétaire de l’archevêque de Santiago. Dans cette fonction, il aurait mis à la poubelle les premières dénonciations contre son « père spirituel ». La lettre l’accuse également d’avoir menacé des témoins et brisé le secret de la confession. Juan Carlos Cruz affirme même que le nouvel évêque d’Osorno aurait assisté et participé aux abus sexuels commis par le Père Karadima. Une information corroborée par d’autres victimes.

Haro sur Mgr Barros

Début mars, Juan Carlos Cruz remet une lettre au cardinal O’Malley, président de la CPPM, détaillant les accusations contre l’évêque d’Osorno, à remettre au pape François. Un courrier que la membre de la commission Marie Collins assure avoir effectivement transmis au pontife.

En même temps, 51 députés chiliens écrivent directement au pape François pour qu’il annule la nomination. Une trentaine de prêtres et de diacres du diocèse s’expriment publiquement en faveur d’une démission. Une pétition de plus de 1000 signatures de fidèles d’Osorno est également envoyée au Vatican pour exiger le départ de Mgr Barros.

Le 21 mars 2015, des centaines de manifestants perturbent sa messe d’entrée en fonction. Ils tentent d’empêcher son accès à la cathédrale d’Osorno. Puis lâchent des ballons noirs en signe de protestation. La célébration est à plusieurs reprises interrompue par des manifestants.

Début avril 2015, un film sort même sur l’affaire Karadima. Il décrit comment l’un des prêtres les plus importants du Chili a abusé sexuellement et psychologiquement de dizaines de jeunes pendant des décennies.

En avril également, une rencontre entre les fidèles s’opposant à l’investiture de Mgr Barros et les autorités du diocèse échoue. La délégation d’opposants refuse de participer au vu du dispositif policier intimidant mis en place sur les lieux. L’affirmation de l’évêque selon laquelle il n’a pas convoqué la police ne convainc personne.

Innocent ou pas ?

Ce concert de protestations amène la Congrégation pour les évêques à examiner le cas du nouvel évêque. Fin mars 2015, elle arrive cependant à la conclusion qu’il n’y aucune raison de remettre en cause la nomination de Mgr Barros. Le pape François assure à la même période à Mgr Fernando Chomali, administrateur apostolique d’Osorno avant la nomination de Mgr Barros, que tous les antécédents de Mgr Barros ont été examinés et qu’il n’y a « aucune raison objective » pour qu’il n’assume pas la direction du diocèse.

Tout le monde au Vatican n’est néanmoins pas convaincu par la présomption d’innocence accordée à Mgr Barros. C’est notamment le cas de nombreux membres de la Commission pour la protection des mineurs. Son président, le cardinal américain Sean O’Malley, s’engage en avril 2015 à présenter au pape « les préoccupations » du groupe de travail.

Hasard du calendrier ou non, le pontife accepte, le 10 juin 2015, de créer une section judiciaire au sein de la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF) en charge de juger les évêques accusés d’avoir couvert des actes pédophiles. Il répond ainsi à la proposition de la CPPM et de plusieurs associations de victimes.

Le tournant du voyage du pape

« L’affaire Barros » connaît une évolution fulgurante début 2018. En voyage au Chili, le pape rend le 16 janvier visite aux victimes d’abus sexuels. Il pleure avec elles et exprime sa « honte » et sa « douleur » devant ces crimes.

Deux jours plus tard, il prend cependant la défense de l’évêque incriminé. A la télévision chilienne, il affirme : « Le jour où ils m’apportent une preuve contre Mgr Barros, alors je parlerai. Il n’y a pas une seule preuve contre lui. Tout cela est de la calomnie, est-ce clair ? »

Ses propos provoquent un tollé dans le pays. Les trois victimes militantes du Père Karadima tiennent une conférence de presse où ils regrettent l’utilisation par le pontife du mot « calomnie », réitérant leurs accusations contre Mgr Barros. Les paroles du pontife perturbent également au sein du Vatican. Le 20 janvier, le cardinal O’Malley se démarque ainsi publiquement du pape François. « Les mots utilisés dans la phrase du pape ‘si vous ne pouvez pas prouver vos plaintes, alors vous ne serez pas crus’ reviennent à abandonner ceux qui ont souffert de crimes répréhensibles, de violations de leur dignité personnelle », affirme l’archevêque de Boston.

Des critiques entendues par le pape François. Il revient ainsi quelques jours plus tard sur ses propos, s’excusant notamment d’avoir utilisé le mot « preuve ». « Clairement, il y a beaucoup de gens abusés qui ne peuvent pas apporter de preuves, ils ne les ont pas », admet-il dans l’avion qui le ramène à Rome. Il se dit ouvert à tout nouvel élément concernant le cas Barros.

Deux enquêteurs « de choc »

Mgr Charles Scicluna (au centre) et Jordi Bertomeu  © Misión Pastoral Osorno

Mais, de retour au Vatican, le pontife n’a manifestement pas le cœur tranquille. Intuition personnelle ou conseil avisé d’une personne qui en sait plus (le cardinal O’Malley) ?, il décide dès le 30 janvier 2018 d’envoyer sur place deux enquêteurs qui ont fait leurs preuves : le prélat maltais Charles Scicluna et l’Espagnol Jordi Bertomeu. Mgr Scicluna s’était déjà chargé, il y a quelques années, d’une autre affaire particulièrement sordide et délicate : le cas de Marcial Maciel Degollado, le fondateur des Légionnaires du Christ. Le Maltais avait confondu le prêtre mexicain décédé en 2008, convaincu de pédophilie, de trafic de drogue, de paternités multiples et d’inceste.

Mgr Scicluna se rend au Chili du 20 au 23 février 2018. Il est chargé de réunir le maximum d’informations sur les accusations dont l’évêque d’Osorno fait l’objet. L’audition des témoins est la tâche principale de l’envoyé du pape. Avant de se rendre à Santiago, il rencontre Juan Carlos Cruz, le 17 février aux Etats-Unis. Le journaliste chilien expatrié rend un avis positif sur l’entrevue, estimant que Mgr Scicluna a été « extrêmement empathique ».

La partie visible de l’iceberg

Une délégation composée de trois laïcs et de trois prêtres du diocèse d’Osorno remet le 21 février à Mgr Scicluna un volumineux dossier contenant des témoignages et des statistiques contre Mgr Barros. Le document entend démontrer que le cas de l’évêque ne représente que la partie visible de l’iceberg. Le porte-parole du mouvement de contestation, Juan Carlos Claret, déclare faire confiance à l’enquête vaticane, « mais avec lucidité ».

Le 23 février, des victimes ayant dénoncé les cas d’abus sexuels par les Frères maristes déclarent vouloir elles aussi être entendues par l’envoyé du pape. Les Frères maristes du Chili avaient déjà reconnu, en 2017, une série d’abus sexuels commis par un de leurs religieux sur au moins 14 mineurs entre les années 1970 et 2000. Ce qui fait dire à la presse que « l’enquête Barros » pourrait être étendue à d’autres cas d’abus.

L’épiscopat doit s’expliquer

Mgr Scicluna rend en avril 2018 un rapport conséquent de 2’300 pages. Après l’avoir lu, le pape François exprime publiquement sa « douleur » et sa « honte ». Il demande pardon aux victimes et souligne de « graves erreurs » commises par « un manque d’information vraie et équilibrée ». Une petite phrase extrêmement lourde de sens et de conséquences. Un désaveu des autorités ecclésiales chiliennes qui vient accréditer la vision portée par les milieux de victimes : celle d’un système généralisé de dissimulation des abus sexuels.

S’ensuit la convocation très rapide de l’entier de l’épiscopat chilien à Rome. Une mesure rare qui signifie que le pape veut frapper fort. Dans le même temps, il invite à Rome des victimes du Père Karadima. Reçus début mai 2018, Juan Carlos Cruz, Jose Murillo et James Hamilton remercient le pape pour « son immense générosité ». « Ces derniers jours, nous avons rencontré le visage aimable de l’Eglise », soulignent-ils.

Démission « historique »

La rencontre entre le pontife et les évêques chiliens se déroule entre le 15 et le 17 mai. La participation du cardinal Errazuriz reste longtemps incertaine. Annoncé un moment absent pour raisons de santé, il se rend finalement aux assises.

Le 18 mai, après trois jours de discussions, le pape remercie les prélats pour ce temps de « discernement franc face aux faits graves qui ont blessé la communion ecclésiale et affaibli le travail de l’Eglise au Chili« . Et, coup de théâtre : les évêques chiliens remettent collectivement leur démission au pape François, afin qu’il décide librement pour chacun d’entre eux. Un fait encore inédit dans l’histoire de l’Eglise. Les prélats chiliens demandent également pardon aux victimes, mais aussi « au pape, au peuple de Dieu et à notre pays ». Mgr Fernando Ramos,évêque auxiliaire de Santiago, affirme qu’il s’agit d’un acte « collégial et solidaire », pour assumer les « faits graves » d’abus sexuels dans leur pays.

« Jamais plus »

Le 31 mai, le pape François rend publique une « lettre aux catholiques du Chili ». Le pontife y écrit : « Jamais plus la culture de l’abus et le système de dissimulation qui lui permet de se perpétuer ». Le pontife demande ainsi une « conversion personnelle, communautaire et sociale » de l’Eglise dans le pays.

Le 11 juin, le pape François accepte la démission de Mgr Barros et de deux autres évêques, Mgr Cristian Caro Cordero, évêque de Puerto Montt, au sud du Chili, et Mgr Gonzalo Duarte Garcia de Cortazar, évêque émérite de Valparaiso, dans le nord du pays. S’il ne faisait pas partie du groupe d’évêques proches du Père Karadima dans leur jeunesse, Mgr Caro avait pris à plusieurs reprises la défense de Mgr Barros, notamment devant les fidèles d’Osorno. En 2012, Mgr Cortazar avait lui-même été accusé par un ancien séminariste d’avoir commis des abus sexuels. La plainte devant la justice civile n’avait pas abouti.

Les deux envoyés spéciaux du pape, Mgr Charles Scicluna et Mgr Jordi Bertomeu se rendent une seconde fois au Chili, du 12 au 19 juin, pour y glaner des informations supplémentaires sur le cas Barros.

Le 17 juin, lors d’une “messe de réconciliation” à la cathédrale San Mateo d’Osorno, Mgr Scicluna annonce que le pape François l’a chargé de « demander pardon à chacun des fidèles du diocèse d’Osorno et à tous les habitants de ce territoire, pour les avoir blessés et profondément offensés”. On ne connaît pas encore les conclusions des investigations des envoyés du pape. Mais il est fort probable que de nouvelles révélations sur le « système » chilien surgissent dans les prochains mois et années.

Source : cathobel.be

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Le Pape François critique la politique migratoire de Trump

Au moment où ce qui existait sous l’administration Obama, sans que le pape s’en émeuve, et où Donald Trump a mis fin à la séparation des familles.

Dans une interview à l’agence Reuters, le pape critique vivement la politique de l’administration Trump de séparation des familles à la frontière mexicaine. Entre autres sujets brûlants, comme la politique italienne, les négociations avec la Chine ou la promotion des femmes au Vatican.

« Contraire à nos valeurs catholiques  » et à la « morale », c’est ainsi que le pape qualifie la politique actuelle de séparation des familles de migrants à la frontière mexicaine, dans une interview choc de deux heures donnée à Philip Pullela, vaticaniste de l’agence Reuters, ajoutant soutenir les critiques déjà émises par la Conférence des évêques des États-Unis.

Ce n’est pas la seule charge contre l’administration Trump, puisque François s’est par ailleurs dit attristé par la décision du président américain de mettre en application de nouvelles restrictions sur les voyages et le commerce avec Cuba. Un pas en arrière par rapport à l’ouverture initiée par son prédécesseur Barack Obama, et dans laquelle le Vatican avait joué un rôle diplomatique majeur.

Le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris a enfin été, selon les mots du pape, un autre motif de « souffrance », « parce que l’avenir de l’humanité est en jeu ». Ce n’est pas la première fois que François exprime son inquiétude à l’encontre de l’administration Trump. En février 2016, répondant à des questions sur celui qui n’était encore que candidat à la présidence des États-Unis, le pape avait déclaré : « Une personne qui ne pense qu’à construire des murs, où qu’ils soient et qui ne construit pas de ponts, n’est pas chrétienne. Ce n’est pas dans l’Évangile. »

Crise européenne : plaidoyer pour l’accueil

« Ce n’est pas facile, mais le populisme n’est pas la solution » : ainsi peut-on résumer le regard de François sur la crise européenne, marquée ces derniers jours par les polémiques autour de l’Aquarius. Le pape a ensuite déclaré que les populistes « créaient une psychose » sur la question de l’immigration, alors même que des sociétés vieillissantes comme l’Europe vivaient « un grand hiver démographique » et avaient besoin de plus d’immigrants. Sans immigration, a-t-il encore ajouté, l’Europe « deviendra vide ».

« Je crois que vous ne pouvez pas rejeter les gens qui arrivent. Vous devez les recevoir, les aider, les prendre en charge, les accompagner et ensuite voir où les mettre, mais dans toute l’Europe », a-t-il encore précisé au journaliste de Reuters, dans la lignée des propos tenus à l’ouverture d’un colloque sur les migrants au Vatican, où il avait plaidé pour une gestion internationale et partagée de la crise.

En outre, il a plaidé pour une politique long-termiste qui s’attaque aux racines de la crise, déclarant que l’Europe devait se concentrer sur l’éducation et l’investissement en Afrique si elle voulait endiguer le flot des migrants : « Nous devons investir en Afrique, mais investir de manière ordonnée et créer de l’emploi, ne pas aller là-bas pour l’exploiter », a-t-il affirmé, regrettant que « dans notre inconscient collectif, il y ait quelque chose en nous qui dise que l’Afrique doit être exploitée ».

Négociations avec la Chine : patience et prudence

Sur un autre sujet glissant du moment, les pourparlers en cours visant à conclure un accord entre la Chine et le Vatican pour reconnaître des « évêques officiels », soutenus par le régime de Pékin, le pape s’est montré plus évasif, se prononçant de manière générale pour la poursuite du dialogue. « Le dialogue est un risque, mais je préfère le risque plutôt que la défaite certaine qui accompagne l’absence de dialogue », a-t-il déclaré. Évasif aussi dans sa réponse à ceux qui l’accusent de se mettre à « l’heure chinoise » : « Je dis que c’est le moment de Dieu. Avançons sereinement. »

En somme, avec la Chine, l’heure semble être à la patience et à la prudence. « Je pense que le peuple chinois mérite le prix Nobel pour sa patience, a-t-il encore ajouté. Ils savent attendre. Le temps leur appartient et ils ont des siècles de culture… Ils sont sages, très sages. J’ai beaucoup de respect pour la Chine. »

Femmes au Vatican, Église chilienne, démission

François a annoncé qu’il voulait nommer plus de femmes à la tête des départements du Vatican, notamment pour leur capacité à résoudre les conflits, ajoutant prudemment qu’il ne souhaitait pas que cela conduise à un « machisme en jupe » et expliquant qu’il ne s’agissait pas de revenir sur la question de l’ouverture du sacerdoce aux femmes.

Face à la crise que traverse l’Église chilienne, il a en outre déclaré à Reuters qu’il accepterait d’autres démissions d’évêques.

Enfin, il a une fois encore expliqué qu’il n’excluait pas renoncer à sa charge pour raisons de santé, comme Benoît XVI, mais qu’en aucun cas il n’avait cela en tête pour le moment.

Source : La Vie

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Chili – Démission collective de tout l’épiscopat

Tous les évêques chiliens ont remis, vendredi 18 mai, leur démission au pape. Mardi 15 mai, convoqués à Rome, ils s’étaient vus remettre par par le pontife argentin un texte de dix pages dans lequel celui-ci avait écrit noir sur blanc : depuis des années, l’Eglise catholique chilienne abrite « de nombreuses situations d’abus de pouvoir, d’autorité et d’abus sexuels ».

Ce constat glaçant – dont le contenu a été révélé jeudi par la télévision chilienne T13 – s’appuie sur des faits rassemblés dans un rapport (non publié) de 2 300 pages rédigé par les deux enquêteurs que le pape a dépêchés auprès des victimes d’agressions sexuelles et d’abus de pouvoir commis au sein de l’Eglise chilienne.

On peut ainsi lire dans ce document que des évêques ou des supérieurs d’ordre religieux auraient confié la direction de séminaires ou de noviciats à « des prêtres soupçonnés d’homosexualité active ». Que des religieux expulsés de leur ordre pour des « comportements immoraux » ont été accueillis dans d’autres diocèses avec des charges comportant « un contact quotidien et direct avec des mineurs ».

Des plaintes ont par ailleurs été hâtivement jugées « invraisemblables » alors qu’elles étaient « de graves indices d’un délit effectif ». D’autres ont même été classées sans la moindre enquête. Des pressions ont été exercées sur des enquêteurs et des « documents compromettants » ont été détruits.

Pendant trois jours, de mardi à jeudi, le pape a rencontré à huis clos ces évêques pour quatre séances de prise de conscience de la réalité des faits.

 

(…)

Pour sortir de cette dérive collective, il préconise d’ouvrir l’institution et de travailler avec « différentes instances de la société civile pour promouvoir une culture anti-abus ». Il insiste sur le fait qu’à ses yeux, de simples changements de personnes (c’est-à-dire d’évêques) ne suffiront pas à résoudre des problèmes aussi profondément ancrés et structurels. « Cela, il faut le faire, écrit le pape, mais ce n’est pas suffisant. Il faut aller plus loin. Il serait irresponsable de notre part de ne pas creuser pour trouver les racines et les structures qui ont permis que ces événements se produisent et se perpétuent. »

Se contenter de changer des hommes, explique-t-il, donnerait l’illusion d’avoir réglé les problèmes alors que ceux-ci perdureraient. Pour que « plus jamais ils ne viennent à se répéter », conclut François, il faut considérer le problème comme « celui de tous et pas seulement comme celui de certains ».

Autrement dit, les évêques chiliens auraient une responsabilité collective dans ces dérives et aucun ne saurait s’en exonérer. Reste maintenant au pape à dévoiler les réformes « de court, de moyen et de long terme » promises aux victimes de ces nombreuses dérives.

 

Source Le monde.fr

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Chili – Pédophilie – Le pape reconnait avoir commis de graves erreurs d’appréciaition

Dans une lettre aux évêques chiliens, rendue publique mercredi 11 avril, le pape François fait part de sa « douleur » et de sa « honte » pour les abus sexuels commis et reconnaît avoir commis « de graves erreurs dans l’évaluation et la perception de la situation ».

 

Source 

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Avant que d’aucuns ne s’en servent contre l’Eglise, rappelons que l’infaillibilité pontificale ne porte que sur la foi et les mœurs

A la une #Tribunes et entretiens

Loger à Sainte-Marthe a-t-il condamné le pape à l’isolement et à la désinformation ?

 VATICAN — Que sait exactement le pape François de ce qui se passe au sein de son Église catholique de 1,2 milliard de fidèles ?

Cette question est sur toutes les lèvres depuis que le pontife a semblé ignorant du scandale sexuel qui ébranle l’Église chilienne, ce qui a terni sa récente visite de trois jours dans ce pays et l’a contraint à s’excuser peu après.

La même question a été soulevée quand il a soudainement décidé de virer un dirigeant respecté de la banque du Vatican.

Elle a ensuite refait surface quand un cardinal lui a reproché de ne pas se rendre compte que ses propres diplomates « trahissaient » l’Église catholique souterraine en Chine à des fins politiques.

Des observateurs du Vatican se demandent maintenant si le pape François reçoit suffisamment de ces informations de haute qualité dont les dirigeants de la planète ont besoin, ou s’il choisit plutôt de se fier à son instinct et à son propre réseau d’informateurs qui lui refilent des informations clandestinement.

Depuis son élévation à la papauté il y a cinq ans, le pape a créé une structure de renseignement informelle qui se frotte souvent aux instances vaticanes officielles. Cela inclut un petit « conseil de cuisine » de neuf cardinaux qui se rencontrent tous les trois mois au Vatican et qui ont l’oreille du pape, en plus des breffages normaux qu’il reçoit des responsables du Vatican.

Événement rare, le Vatican s’est porté cette semaine à la défense du pape, des renseignements qu’il reçoit et de sa compréhension du dossier chinois. Le bureau de presse du Saint-Siège a indiqué que le pape suit les négociations avec la Chine quotidiennement, qu’il est informé « fidèlement » par ses conseillers et qu’il est entièrement d’accord avec son secrétaire d’État dans cette affaire.

« Il est donc étonnant et regrettable que des membres de l’Église prétendent le contraire, générant ainsi confusion et controverse », a dit le porte-parole du Vatican, Greg Burke.

Une telle défense serait normalement superflue, puisque les papes vivent habituellement au sein de leurs principaux conseillers. Mais le pape François habite l’hôtel Santa Marta, au Vatican, et non au Palais apostolique, où il lui est plus facile de laisser sa porte ouverte en tout temps pour accueillir ceux qui l’alimentent en informations informelles.

« Malheureusement il est victime du syndrome Santa Marta, explique le journaliste italien Massimo Franco. Le pape voulait y habiter parce qu’il ne voulait aucun filtre entre le secrétaire d’État et lui. Mais en revanche, ça le condamne à aussi recevoir des informations un peu informelles qui ne sont pas toujours précises. »

Le pape est maître de son agenda à Santa Marta, il fait ses propres appels et il gère ses propres visites, souvent à l’insu du bureau du protocole du Vatican. Il ne regarde pas la télévision et ne consulte pas internet, mais il lit le quotidien italien Il Messaggero et des extraits d’autres médias, en plus de ce qui lui est fourni par le Vatican.

Certaines informations lui arrivent en personne et d’autres par écrit ; ces dernières sont placées à la réception de l’hôtel dans un cartable de cuir rouge que remet chaque jour un Garde suisse à l’un de ses deux secrétaires particuliers. L’un d’eux est monseigneur Fabian Pedacchio, un prêtre argentin que le pape, à l’époque où il était archevêque de Buenos Aires, avait envoyé à Rome.

Le pape s’appuie d’ailleurs sur une garde rapprochée composée essentiellement d’amis connus en Argentine qui l’informent des événements au Vatican et ailleurs dans l’Église.

Il peut aussi se révéler excessivement têtu une fois qu’il a pris une décision en fonction de l’information qui s’est rendue jusqu’à lui, comme en témoigne sa décision de limoger le directeur adjoint — pourtant fort respecté — de la Banque du Vatican, Giulio Mattietti. Aucune explication n’a été fournie pour ce congédiement annoncé à la fin de l’an dernier.

Quand il s’est ensuite adressé au personnel du Vatican à l’occasion de Noël, le pape a dénoncé les employés congédiés qui « se déclarent incorrectement des martyrs du système, d’un ‘pape qu’on garde dans le noir’ ».

Mais dans le dossier du prêtre pédophile chilien, le pape François n’a eu d’autre choix que d’admettre non seulement qu’il avait commis une erreur, mais aussi qu’il ne savait peut-être pas tout.

Le Vatican a annoncé mardi l’envoi au Chili par le pape de son principal enquêteur en matière de crimes sexuels, pour tenter de déterminer si un évêque a enterré ou non les agissements du plus infâme prêtre pédophile du pays. Le pape avait farouchement défendu l’évêque Juan Barros pendant sa visite au Chili ; il a changé d’idée à la lumière d’« informations récentes », selon M. Burke.

Le pape a semblé complètement ignorant du fait que les victimes chiliennes du père Fernando Karadima prétendent depuis des années que monseigneur Barros a fermé les yeux sur tout. Un survivant, Juan Carlos Cruz, l’a même raconté sous serment aux procureurs chiliens.

Cette information semble ne s’être jamais rendue jusqu’au pape — ouvrant la porte à l’une des pires gaffes de sa papauté quand il a demandé des « preuves » que monseigneur Barros a camouflé les crimes du père Karadima. Sans ces preuves, a-t-il assuré, les allégations contre lui ne sont que des « calomnies ».

Le pape y est ensuite allé d’excuses partielles. Mais au moment de repartir pour Rome le 21 janvier, le pape soutenait encore et toujours qu’il était convaincu de l’innocence de monseigneur Barros, tout en se disant prêt à écouter ceux qui auraient de l’information à ce sujet.

Dans une telle situation, le pape aurait reçu des informations de son ambassadeur au Chili qui, comme tous les autres émissaires du Vatican, transmet chaque jour au secrétariat d’État des dépêches chiffrées que le pape lit chaque matin. Il est aussi informé par la hiérarchie de l’Église locale, dont une délégation importante s’est rendue au Vatican en février 2017.

Un des cardinaux qui conseillent le pape est aussi originaire du Chili. Monseigneur Francisco Errazuriz, l’archevêque à la retraite de la ville de Santiago, a témoigné qu’il ne croyait pas les victimes du père Karadima et qu’il avait classé l’affaire — jusqu’à ce qu’il soit obligé de la relancer quand les victimes sont sorties sur la place publique.

Conséquemment, à n’importe quel moment, quiconque ne croyait pas les victimes ou souhaitait protéger monseigneur Barros avait la possibilité de filtrer ou de discréditer le témoignage des victimes avant même que ça n’atteigne les oreilles du pape.

 

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NLQ #Rome

Le pape mandate Mgr Scicluna au Chili pour investiguer sur le cas Barros

« Suite à certaines informations récemment parvenues sur le cas de Mgr Juan de la Cruz Barros Madrid, évêque d’Osorno au Chili », le pape François mandate Mgr Charles J. Scicluna, président du Collège spécial d’appel dans les cas d’abus sexuels sur mineurs de la part de clercs, au sein de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

L’archevêque de Malte, indique un communiqué du Saint-Siège publié le 30 janvier 2018, se rendra ainsi à Santiago du Chili « pour écouter ceux qui ont exprimé la volonté de soumettre des éléments en leur possession ».

 

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Cette décision arrive dans le contexte du voyage polémique du pape au Chili.