Articles #Dans le Monde #NLQ #Orient

Déclaration d’Abou Dhabi sur « La fraternité humaine »

Il a été signé à Abou Dhabi par le pape et le Grand Imam d’Al-Azhar dans le cadre du voyage pontifical aux Émirats Arabes Unis (EAU). Le document sur la « Fraternité humaine » a un objectif concret : il « invite toutes les personnes qui portent dans le cœur la foi en Dieu et la foi dans la fraternité humaine, à s’unir et à travailler ensemble ». Ce document défend la famille, condamne la guerre et les extrémismes et le recours au Nom de Dieu pour tuer. Le texte parle de la « liberté de croyance » et du refus de la contrainte pour adhérer à une religion : des mots qui demandent, dans une grande partie du monde, une application effective.

Le document :

DOCUMENT SUR

LA FRATERNITÉ HUMAINE

POUR LA PAIX MONDIALE ET LA COEXISTENCE COMMUNE

AVANT-PROPOS

La foi amène le croyant à voir dans l’autre un frère à soutenir et à aimer. De la foi en Dieu, qui a créé l’univers, les créatures et tous les êtres humains – égaux par Sa Miséricorde –, le croyant est appelé à exprimer cette fraternité humaine, en sauvegardant la création et tout l’univers et en soutenant chaque personne, spécialement celles qui sont le plus dans le besoin et les plus pauvres.

Partant de cette valeur transcendante, en diverses rencontres dans une atmosphère de fraternité et d’amitié, nous avons partagé les joies, les tristesses et les problèmes du monde contemporain, au niveau du progrès scientifique et technique, des conquêtes thérapeutiques, de l’époque digitale, des mass media, des communications ; au niveau de la pauvreté, des guerres et des malheurs de nombreux frères et sœurs en diverses parties du monde, à cause de la course aux armements, des injustices sociales, de la corruption, des inégalités, de la dégradation morale, du terrorisme, de la discrimination, de l’extrémisme et de tant d’autres motifs.

De ces échanges fraternels et sincères, que nous avons eus, et de la rencontre pleine d’espérance en un avenir lumineux pour tous les êtres humains, est née l’idée de ce « Document sur la Fraternité humaine ». Un document raisonné avec sincérité et sérieux pour être une déclaration commune de bonne et loyale volonté, destinée à inviter toutes les personnes qui portent dans le cœur la foi en Dieu et la foi dans la fraternité humaine, à s’unir et à travailler ensemble, afin que ce Document devienne un guide pour les nouvelles générations envers la culture du respect réciproque, dans la compréhension de la grande grâce divine qui rend frères tous les êtres humains.

DOCUMENT

Au nom de Dieu qui a créé tous les êtres humains égaux en droits, en devoirs et en dignité, et les a appelés à coexister comme des frères entre eux, pour peupler la terre et y répandre les valeurs du bien, de la charité et de la paix.

Au nom de l’âme humaine innocente que Dieu a interdit de tuer, affirmant que quiconque tue une personne est comme s’il avait tué toute l’humanité et que quiconque en sauve une est comme s’il avait sauvé l’humanité entière.

Au nom des pauvres, des personnes dans la misère, dans le besoin et des exclus que Dieu a commandé de secourir comme un devoir demandé à tous les hommes et, d’une manière particulière, à tout homme fortuné et aisé.

Au nom des orphelins, des veuves, des réfugiés et des exilés de leurs foyers et de leurs pays ; de toutes les victimes des guerres, des persécutions et des injustices ; des faibles, de ceux qui vivent dans la peur, des prisonniers de guerre et des torturés en toute partie du monde, sans aucune distinction.

Au nom des peuples qui ont perdu la sécurité, la paix et la coexistence commune, devenant victimes des destructions, des ruines et des guerres.

Au nom de la « fraternité humaine » qui embrasse tous les hommes, les unit et les rend égaux.

Au nom de cette fraternité déchirée par les politiques d’intégrisme et de division, et par les systèmes de profit effréné et par les tendances idéologiques haineuses, qui manipulent les actions et les destins des hommes.

Au nom de la liberté, que Dieu a donnée à tous les êtres humains, les créant libres et les distinguant par elle.

Au nom de la justice et de la miséricorde, fondements de la prospérité et pivots de la foi.

Au nom de toutes les personnes de bonne volonté, présentes dans toutes les régions de la terre.

Au nom de Dieu et de tout cela, Al-Azhar al-Sharif – avec les musulmans d’Orient et d’Occident –, conjointement avec l’Eglise catholique – avec les catholiques d’Orient et d’Occident –, déclarent adopter la culture du dialogue comme chemin ; la collaboration commune comme conduite ; la connaissance réciproque comme méthode et critère.

Nous – croyants en Dieu, dans la rencontre finale avec Lui et dans Son Jugement –, partant de notre responsabilité religieuse et morale, et par ce Document, nous demandons à nous-mêmes et aux Leaders du monde, aux artisans de la politique internationale et de l’économie mondiale, de s’engager sérieusement pour répandre la culture de la tolérance, de la coexistence et de la paix ; d’intervenir, dès que possible, pour arrêter l’effusion de sang innocent, et de mettre fin aux guerres, aux conflits, à la dégradation environnementale et au déclin culturel et moral que le monde vit actuellement.

Nous nous adressons aux intellectuels, aux philosophes, aux hommes de religion, aux artistes, aux opérateurs des médias et aux hommes de culture en toute partie du monde, afin qu’ils retrouvent les valeurs de la paix, de la justice, du bien, de la beauté, de la fraternité humaine et de la coexistence commune, pour confirmer l’importance de ces valeurs comme ancre de salut pour tous et chercher à les répandre partout.

Cette Déclaration, partant d’une réflexion profonde sur notre réalité contemporaine, appréciant ses réussites et partageant ses souffrances, ses malheurs et ses calamités, croit fermement que parmi les causes les plus importantes de la crise du monde moderne se trouvent une conscience humaine anesthésiée et l’éloignement des valeurs religieuses, ainsi que la prépondérance de l’individualisme et des philosophies matérialistes qui divinisent l’homme et mettent les valeurs mondaines et matérielles à la place des principes suprêmes et transcendants.

Nous, reconnaissant aussi les pas positifs que notre civilisation moderne a accomplis dans les domaines de la science, de la technologie, de la médecine, de l’industrie et du bien-être, en particulier dans les pays développés, nous soulignons que, avec ces progrès historiques, grands et appréciés, se vérifient une détérioration de l’éthique, qui conditionne l’agir international, et un affaiblissement des valeurs spirituelles et du sens de la responsabilité. Tout cela contribue à répandre un sentiment général de frustration, de solitude et de désespoir, conduisant beaucoup à tomber dans le tourbillon de l’extrémisme athée et agnostique, ou bien dans l’intégrisme religieux, dans l’extrémisme et dans le fondamentalisme aveugle, poussant ainsi d’autres personnes à céder à des formes de dépendance et d’autodestruction individuelle et collective.

L’histoire affirme que l’extrémisme religieux et national, ainsi que l’intolérance, ont produit dans le monde, aussi bien en Occident qu’en Orient, ce que l’on pourrait appeler les signaux d’une « troisième guerre mondiale par morceaux », signaux qui, en diverses parties du monde et en diverses conditions tragiques, ont commencé à montrer leur visage cruel ; situations dont on ne connaît pas avec précision combien de victimes, de veuves et d’orphelins elles ont générés. En outre, il y a d’autres régions qui se préparent à devenir le théâtre de nouveaux conflits, où naissent des foyers de tension et s’accumulent des armes et des munitions, dans une situation mondiale dominée par l’incertitude, par la déception et par la peur de l’avenir et contrôlée par des intérêts économiques aveugles.

Nous affirmons aussi que les fortes crises politiques, l’injustice et l’absence d’une distribution équitable des ressources naturelles – dont bénéficie seulement une minorité de riches, au détriment de la majorité des peuples de la terre – ont provoqué, et continuent à le faire, d’énormes quantité de malades, de personnes dans le besoin et de morts, causant des crises létales dont sont victimes divers pays, malgré les richesses naturelles et les ressources des jeunes générations qui les caractérisent. A l’égard de ces crises qui laissent mourir de faim des millions d’enfants, déjà réduits à des squelettes humains – en raison de la pauvreté et de la faim –, règne un silence international inacceptable.

Il apparaît clairement à ce propos combien la famille est essentielle, en tant que noyau fondamental de la société et de l’humanité, pour donner le jour à des enfants, les élever, les éduquer, leur fournir une solide morale et la protection familiale. Attaquer l’institution familiale, en la méprisant ou en doutant de l’importance de son rôle, représente l’un des maux les plus dangereux de notre époque.

Nous témoignons aussi de l’importance du réveil du sens religieux et de la nécessité de le raviver dans les cœurs des nouvelles générations, par l’éducation saine et l’adhésion aux valeurs morales et aux justes enseignements religieux, pour faire face aux tendances individualistes, égoïstes, conflictuelles, au radicalisme et à l’extrémisme aveugle sous toutes ses formes et ses manifestations.

Le premier et le plus important objectif des religions est celui de croire en Dieu, de l’honorer et d’appeler tous les hommes à croire que cet univers dépend d’un Dieu qui le gouverne, qu’il est le Créateur qui nous a modelés avec Sa Sagesse divine et nous a accordé le don de la vie pour le préserver. Un don que personne n’a le droit d’enlever, de menacer ou de manipuler à son gré ; au contraire, tous doivent préserver ce don de la vie depuis son commencement jusqu’à sa mort naturelle. C’est pourquoi nous condamnons toutes les pratiques qui menacent la vie comme les génocides, les actes terroristes, les déplacements forcés, le trafic d’organes humains, l’avortement et l’euthanasie et les politiques qui soutiennent tout cela.

De même nous déclarons – fermement – que les religions n’incitent jamais à la guerre et ne sollicitent pas des sentiments de haine, d’hostilité, d’extrémisme, ni n’invitent à la violence ou à l’effusion de sang. Ces malheurs sont le fruit de la déviation des enseignements religieux, de l’usage politique des religions et aussi des interprétations de groupes d’hommes de religion qui ont abusé – à certaines phases de l’histoire – de l’influence du sentiment religieux sur les cœurs des hommes pour les conduire à accomplir ce qui n’a rien à voir avec la vérité de la religion, à des fins politiques et économiques mondaines et aveugles. C’est pourquoi nous demandons à tous de cesser d’instrumentaliser les religions pour inciter à la haine, à la violence, à l’extrémisme et au fanatisme aveugle et de cesser d’utiliser le nom de Dieu pour justifier des actes d’homicide, d’exil, de terrorisme et d’oppression. Nous le demandons par notre foi commune en Dieu, qui n’a pas créé les hommes pour être tués ou pour s’affronter entre eux et ni non plus pour être torturés ou humiliés dans leurs vies et dans leurs existences. En effet, Dieu, le Tout-Puissant, n’a besoin d’être défendu par personne et ne veut pas que Son nom soit utilisé pour terroriser les gens.

Ce Document, en accord avec les précédents Documents Internationaux qui ont souligné l’importance du rôle des religions dans la construction de la paix mondiale, certifie ce qui suit :

– La forte conviction que les vrais enseignements des religions invitent à demeurer ancrés dans les valeurs de la paix ; à soutenir les valeurs de la connaissance réciproque, de la fraternité humaine et de la coexistence commune ; à rétablir la sagesse, la justice et la charité et à réveiller le sens de la religiosité chez les jeunes, pour défendre les nouvelles générations de la domination de la pensée matérialiste, du danger des politiques de l’avidité du profit effréné et de l’indifférence, basée sur la loi de la force et non sur la force de la loi.

– La liberté est un droit de toute personne : chacun jouit de la liberté de croyance, de pensée, d’expression et d’action. Le pluralisme et les diversités de religion, de couleur, de sexe, de race et de langue sont une sage volonté divine, par laquelle Dieu a créé les êtres humains. Cette Sagesse divine est l’origine dont découle le droit à la liberté de croyance et à la liberté d’être différents. C’est pourquoi on condamne le fait de contraindre les gens à adhérer à une certaine religion ou à une certaine culture, comme aussi le fait d’imposer un style de civilisation que les autres n’acceptent pas.

– La justice basée sur la miséricorde est le chemin à parcourir pour atteindre une vie décente à laquelle a droit tout être humain.

– Le dialogue, la compréhension, la diffusion de la culture de la tolérance, de l’acceptation de l’autre et de la coexistence entre les êtres humains contribueraient notablement à réduire de nombreux problèmes économiques, sociaux, politiques et environnementaux qui assaillent une grande partie du genre humain.

– Le dialogue entre les croyants consiste à se rencontrer dans l’énorme espace des valeurs spirituelles, humaines et sociales communes, et à investir cela dans la diffusion des plus hautes vertus morales, réclamées par les religions ; il consiste aussi à éviter les discussions inutiles.

– La protection des lieux de culte – temples, églises et mosquées – est un devoir garanti par les religions, par les valeurs humaines, par les lois et par les conventions internationales. Toute tentative d’attaquer les lieux de culte ou de les menacer par des attentats, des explosions ou des démolitions est une déviation des enseignements des religions, ainsi qu’une claire violation du droit international.

– Le terrorisme détestable qui menace la sécurité des personnes, aussi bien en Orient qu’en Occident, au Nord ou au Sud, répandant panique, terreur ou pessimisme n’est pas dû à la religion – même si les terroristes l’instrumentalisent – mais est dû à l’accumulation d’interprétations erronées des textes religieux, aux politiques de faim, de pauvreté, d’injustice, d’oppression, d’arrogance ; pour cela, il est nécessaire d’interrompre le soutien aux mouvements terroristes par la fourniture d’argent, d’armes, de plans ou de justifications, ainsi que par la couverture médiatique, et de considérer tout cela comme des crimes internationaux qui menacent la sécurité et la paix mondiale. Il faut condamner ce terrorisme sous toutes ses formes et ses manifestations.

– Le concept de citoyenneté se base sur l’égalité des droits et des devoirs à l’ombre de laquelle tous jouissent de la justice. C’est pourquoi il est nécessaire de s’engager à établir dans nos sociétés le concept de la pleine citoyenneté et à renoncer à l’usage discriminatoire du terme minorités, qui porte avec lui les germes du sentiment d’isolement et de l’infériorité ; il prépare le terrain aux hostilités et à la discorde et prive certains citoyens des conquêtes et des droits religieux et civils, en les discriminant.

– La relation entre Occident et Orient est une indiscutable et réciproque nécessité, qui ne peut pas être substituée ni non plus délaissée, afin que tous les deux puissent s’enrichir réciproquement de la civilisation de l’autre, par l’échange et le dialogue des cultures. L’Occident pourrait trouver dans la civilisation de l’Orient des remèdes pour certaines de ses maladies spirituelles et religieuses causées par la domination du matérialisme. Et l’Orient pourrait trouver dans la civilisation de l’Occident beaucoup d’éléments qui pourraient l’aider à se sauver de la faiblesse, de la division, du conflit et du déclin scientifique, technique et culturel. Il est important de prêter attention aux différences religieuses, culturelles et historiques qui sont une composante essentielle dans la formation de la personnalité, de la culture et de la civilisation orientale ; et il est important de consolider les droits humains généraux et communs, pour contribuer à garantir une vie digne pour tous les hommes en Orient et en Occident, en évitant l’usage de la politique de la double mesure.

– C’est une nécessité indispensable de reconnaître le droit de la femme à l’instruction, au travail, à l’exercice de ses droits politiques. En outre, on doit travailler à la libérer des pressions historiques et sociales contraires aux principes de sa foi et de sa dignité. Il est aussi nécessaire de la protéger de l’exploitation sexuelle et du fait de la traiter comme une marchandise ou un moyen de plaisir ou de profit économique. Pour cela, on doit cesser toutes les pratiques inhumaines et les coutumes courantes qui humilient la dignité de la femme et travailler à modifier les lois qui empêchent les femmes de jouir pleinement de leurs droits.

– La défense des droits fondamentaux des enfants à grandir dans un milieu familial, à l’alimentation, à l’éducation et à l’assistance est un devoir de la famille et de la société. Ces droits doivent être garantis et préservés, afin qu’ils ne manquent pas ni ne soient refusés à aucun enfant, en aucun endroit du monde. Il faut condamner toute pratique qui viole la dignité des enfants et leurs droits. Il est aussi important de veiller aux dangers auxquels ils sont exposés – spécialement dans le domaine digital – et de considérer comme un crime le trafic de leur innocence et toute violation de leur enfance.

– La protection des droits des personnes âgées, des faibles, des handicapés et des opprimés est une exigence religieuse et sociale qui doit être garantie et protégée par des législations rigoureuses et l’application des conventions internationales à cet égard.

A cette fin, l’Eglise catholique et Al-Azhar, par leur coopération commune, déclarent et promettent de porter ce Document aux Autorités, aux Leaders influents, aux hommes de religion du monde entier, aux organisations régionales et internationales compétentes, aux organisations de la société civile, aux institutions religieuses et aux Leaders de la pensée ; et de s’engager à la diffusion des principes de cette Déclaration à tous les niveaux régionaux et internationaux, en préconisant de les traduire en politiques, en décisions, en textes législatifs, en programmes d’étude et matériaux de communication.

Al-Azhar et l’Eglise Catholique demandent que ce Document devienne objet de recherche et de réflexion dans toutes les écoles, dans les universités et dans les instituts d’éducation et de formation, afin de contribuer à créer de nouvelles générations qui portent le bien et la paix et défendent partout le droit des opprimés et des derniers.

En conclusion nous souhaitons que :

cette Déclaration soit une invitation à la réconciliation et à la fraternité entre tous les croyants, ainsi qu’entre les croyants et les non croyants, et entre toutes les personnes de bonne volonté ;

soit un appel à toute conscience vivante qui rejette la violence aberrante et l’extrémisme aveugle ; appel à qui aime les valeurs de tolérance et de fraternité, promues et encouragées par les religions ;

soit un témoignage de la grandeur de la foi en Dieu qui unit les cœurs divisés et élève l’esprit humain ;

soit un symbole de l’accolade entre Orient et Occident, entre Nord et Sud, et entre tous ceux qui croient que Dieu nous a créés pour nous connaître, pour coopérer entre nous et pour vivre comme des frères qui s’aiment.

Ceci est ce que nous espérons et cherchons à réaliser, dans le but d’atteindre une paix universelle dont puissent jouir tous les hommes en cette vie.

Abou Dabi, le 4 février 2019

Articles #En France #NLQ

La France accueillera une conférence internationale sur les chrétiens d’Orient

La France accueillera une conférence internationale sur les chrétiens d’Orient. C’est en effet ce qu’Emmanuel Macron a annoncé lors de son dernier déplacement en Égypte.

Paris organisera donc une conférence pour  les chrétiens d’Orient afin d’accompagner « plus efficacement ». Cette annonce a notamment été faite au moment où le président de la République a rencontré le patriarche copte-orthodoxe Tawadros II.

Dans le cadre de son déplacement, Emmanuel Macron avait reconnu  le fait «  les coptes-orthodoxes ont ces dernières années pu souffrir de l’insécurité, du terrorisme, des attaques ». « Je considère que le pluralisme et ce que vous portez aujourd’hui en Égypte et dans toute la région est un élément essentiel de la pacification », avait également affirmé le chef de l’État.

Source La Croix

Articles #NLQ #Orient

Irak : consécration épiscopale de Mgr Michael Najeeb

Ce vendredi matin, à la cathédrale Saint-Joseph de Bagdad, Mgr Michael Najeeb, archevêque de Mossoul et d’Akra a recu la consécration épiscopale des mains du patriarche Louis Raphaël Sako. Mgr Najeeb avait été élu évêque par le synode de l’Église chaldéenne catholique. Son élection avait été confirmée par le pape François le 22 décembre 2018. Mgr Michael Najeeb avait notamment œuvré pour la préservation des manuscrits chrétiens de Mossoul lorsque Daech s’était emparé de la ville en 2014.

A la une #NLH #Tribunes et entretiens

C. Personnaz : “Aidons les chrétiens d’Orient à rester”

Charles Personnaz, haut fonctionnaire et bénévole à l’Œuvre d’Orient où il est chargé de patrimoine et de culture, a présenté à l’Élysée, le 3 janvier, son rapport sur les moyens de renforcer l’action de la France dans la protection du patrimoine et du réseau éducatif chrétien au Moyen-Orient.

Il est interrogé par Pèlerin :

Pèlerin. Pourquoi l’Élysée s’intéresse-t-il maintenant à la question des chrétiens d’Orient ?

201501_Personnaz-Charles_04

Charles Personnaz. Parce que c’est le moment d’agir. Si nous ne faisons rien, dans vingt ans, les chrétiens orientaux seront tous partis en exil. Et la francophonie, qui se diffusait par le réseau des écoles chrétiennes, aura disparu. Ce rapport est à l’initiative d’Emmanuel Macron et s’inscrit d’une part dans la continuité de son discours lors de l’inauguration de l’exposition « Chrétiens d’Orient, deux mille ans d’histoire » en 2017, à l’Institut du monde arabe (IMA) à Paris, où il a réaffirmé l’engagement de la France à maintenir ce lien séculaire avec les communautés chrétiennes du Moyen-Orient. D’autre part, le Président a affirmé sa volonté de relancer la francophonie et d’intégrer la dimension d’éducation à notre politique étrangère en faveur du développement. Tout ceci dans un contexte international difficile : malgré le recul de Daech, toutes les communautés minoritaires du Moyen-Orient, en particulier les chrétiens et les yézidis (2) sont en grande fragilité. Le patrimoine a beaucoup souffert et les écoles chrétiennes manquent de moyens et de formateurs.

Lire la suite sur Pèlerin

Articles #En France #NLQ

SOS Chrétiens d’Orient préconise la création d’un secrétariat d’Etat pour les chrétiens persécutés

Dans leur message de vœux du 2 janvier, Charles de Meyer et Benjamin Blanchard, respectivement président et directeur général de SOS Chrétiens d’Orient, préconisent la création, au sein du gouvernement français, d’un « secrétariat d’État aux chrétiens d’Orient ou aux chrétiens persécutés »

[…] Pour lutter efficacement contre la disparition des chrétientés orientales au Proche-Orient, nous proposons plusieurs recommandations. Il convient avant tout de souligner que les communautés chrétiennes furent à l’origine de la création de nombre des États dans lesquels elles vivent, et dans les autres cas en furent toujours parties prenantes.

Nous invitons le gouvernement français à créer un secrétariat d’État aux chrétiens d’Orient ou aux chrétiens persécutés auprès du ministre des Affaires étrangères. Ailleurs, comme en Hongrie, ce poste existe parfois. Il permettrait à la France d’être fidèle à sa vocation de soutien maternel à nos frères aînés dans la foi, tout en s’interdisant de s’immiscer dans les choix souverains des peuples et des nations orientales. Nous soulignons que ce gouvernement compte dans sa majorité des personnes qualifiées pour exercer cette fonction.

Un tel secrétariat d’État devrait :

  • Plaider, notamment lors des grandes conférences internationales, pour que les États du Proche-Orient accélèrent la transformation de leurs institutions et de leurs sociétés vers une égalité de droits pleine et entière entre tous leurs citoyens, quelles que soient leur religion.
  • Œuvrer à l’ouverture de notre ambassade à Damas et lutter contre le blocus international contre la Syrie, les fameuses sanctions, qui enrichit les puissants et blesse les humbles.
  • Œuvrer au retour des chrétiens d’Orient réfugiés au Proche-Orient en leur offrant les conditions matérielles d’un retour prudent en Syrie et en Irak. Les États doivent affirmer qu’ils se refusent à déplacer les chrétiens de la terre de leurs pères et sanctuariser leur présence millénaire dans toutes leurs politiques orientales. Le retour des réfugiés syriens sera, d’ailleurs, une aide profonde pour le Liban, épuisé économiquement par un fardeau qu’il ne peut financer.
  • Maintenir la souveraineté irakienne et respecter l’intégrité de son territoire. La paix doit être le maître mot des rapports de l’État central avec le gouvernement régional du Kurdistan irakien. Les États doivent s’interdire d’utiliser les aspirations locales pour faire pression sur Bagdad. Les chrétiens payent toujours le prix fort de ces situations. Tous les pouvoirs existants en Irak doivent rendre toutes leurs terres, quartiers et prérogatives aux chrétiens dans les zones d’où ils furent chassés.
  • Aspirer au Bien Commun au Liban. Que son gouvernement soit l’auxiliaire de la société et que les ministères y défendent le bien du peuple plutôt que des intérêts partisans. Nous insistons pour que la communauté internationale condamne fermement ceux qui violent le territoire libanais sur terre, en mer ou dans les airs.
  • Porter les Coptes et tous les chrétiens d’Égypte dans le cœur des Français. Que les États défendent la sécurité de cette communauté, aux côtés du gouvernement égyptien, plutôt que des revendications idéologiques qui n’aboutiront pas dans un pays encore en proie aux menaces des sectes jihadistes.
  • Travailler avec le gouvernement pakistanais, avec toute la communauté internationale, à imposer la fin des persécutions contre ceux qui subissent les excès d’un fanatisme de certains pans de la société au nom d’une loi sur le blasphème dévoyée.

La France serait alors en tête du combat pour la liberté de pratiquer sa foi, un honneur qui lui permettrait de renouer avec les cœurs après tant d’erreurs diplomatiques. SOS Chrétiens d’Orient continuera à répondre à sa vocation tout au long de cette année en multipliant les actions de terrain auprès des Chrétientés orientales. Comptez sur nous pour nous tenir avec convictions auprès des Églises orientales, dont le courage et la beauté enrichissent nos volontaires et augmentent l’espérance du monde entier.

Source : SOS Chrétiens d’Orient, 2 janvier

Articles #Europe non francophone #NLQ

Le pape François se rendra en Roumanie

C’est annoncé : le pape François se rendra en Roumanie. Le souverain pontife effectuera une visite du 31 mai au 2 juin 2019. La visite avait été annoncée par les évêques catholiques de Roumanie en mai 2017 : elle a été confirmé par le Bureau de presse du Saint-Siège.

Le pape se rendra donc dans les villes de Bucarest, de Iaşi (elle se situe à la frontière avec la Moldavie) et de Blaj, qui est la ville où est l’archevêque majeur d’Alba Iulia qui est à la tête de l’Église grecque-catholique roumaine.  Contrairement à ce qui a été écrit sur la dépêche de Vatican News, l’archevêque majeur d’Alba Iulia n’est pas  «  le patriarche de l’église grecque catholique roumaine », puisque cette Église n’a pas de statut patriarcal ; telle reconnaissance aurait constitué un affront à l’Église orthodoxe de Roumanie et, qui plus est, canoniquement, on est soit archevêque majeur, soit patriarche. Enfin, le pape François se rendra également au sanctuaire marial de Şumuleu.

 

 

Articles #Asie #NLQ

Kerala : ouverture du 27ème synode de l’Église catholique syro-malabare

Le 7 janvier 2019, l’Église catholique syro-malabare – une branche des chrétiens de l’héritage de Saint Thomas en Inde en communion avec Rome – a ouvert son 27ème synode à Kakkanad (État indien du Kerala). Le synode est présidé par le cardinal Mar George Alancherry. L’ordre du jour a été défini dès l’ouverture de cette assemblée épiscopale. Dans les différentes questions qui seront traitées, on peut retenir la désignation d’un archevêque qui doit assurer l’administration de l’archidiocèse d’Ernakulam-Angamali.

Source The Times of India

Articles #NLH #NLQ #Orient

Le cardinal Parolin en Irak : retour sur une visite fructueuse

Actuel secrétaire d’État du Vatican, le cardinal Parolin, a accompli une visite fructueuse en Irak. Après avoir été à Qaraqosh, il s’est rendu à Erbil (Kurdistan irakien).

Il a rencontré plusieurs Églises catholiques, comme l’Église chaldéenne. Il est également entré au contact avec les responsables des différentes associations qui travaillent auprès des chrétiens d’Irak. On peut le voir sur les différentes images qui suivent.

Une visite fructueuse et riche en espoir pour l’Irak et ses communautés chrétiennes, dont les membres restent conscients qu’ils doivent continuer à vivre sur leurs terres.

Articles #NLQ #Orient

Accueil du cardinal Parolin à Qaraqosh (Irak)

Le secrétaire d’État du Saint-Siège, le cardinal Parolin, a été chaleureusement accueilli à Qaraqosh (Irak). Comme on peut le voir, il a été reçu par la population et le clergé d’une ville qui se reconstruit.

On peut constater dans cette visite une marque d’attention du siège romain pour une ville qui reprend vie après avoir été libérée de l’occupation de Daesh.

On peut aussi voir cette visite sur les tweets de l’association Fraternité en Irak :

A la une #Articles #NLQ #Orient

Irak : le Père Michael Najeeb nommé archevêque chaldéen catholique de Mossoul

Dominicain, il s’était illustré dans la préservation des manuscrits chrétiens de Mossoul pour les protéger de l’action de Daesh : il est désormais  nommé archevêque chaldéen catholique de Mossoul par le synode de l’Église catholique chaldéenne. Le pape François a confirmé cette élection synodale le samedi 22 décembre 2018.

Né en 1955, le Père Michael Najeeb avait été ordonné prêtre en 1987 par Mgr Claverie. C’est une figure engagée dans la défense du patrimoine culturel des chrétiens d’Orient qui est ainsi honorée. En 2014, il avait évacué des manuscrits en urgence lorsque Daesh arriva à Mossoul. Il avait raconté son témoignage dans Sauvez les livres et les hommes publié chez Grasset en 2017. La fonction d’archevêque chaldéen catholique de Mossoul était vacante depuis 2015.

Source Vatican News