Conférences/Formations #NLH #NLQ

Colloque “Des chrétiens en Orient hier, aujourd’hui, demain” les 19 et 20 mai 2018 à Saint Mathieu de Tréviers (34)

Les dominicaines des tourelles (St Matthieu de Tréviers) vous proposent un colloque les 19 et 20 mai 2018 sur le thème : “Des chrétiens en Orient hier, aujourd’hui, demain”.

Programme et Inscription

Programme

Bulletin d’inscription

Exposition

Exposition de photos inédites tirées des archives de la Congrégation :
du 21 mai au 24 juin 2018 « Il y a 100 ans … Voyage au Proche Orient ».

 

 

Conférences/Formations #NLQ

Table-ronde “Le christianisme social dans la société d’aujourd’hui” le 17 mai 2018 à Rennes (35)

Table-ronde animée par Pascal Simon, journaliste à Ouest France :

  • Dominique Quinio, Présidente des Semaines sociales de France, ancienne Directrice de la rédaction du journal la Croix.
    > Qu’est devenu le christianisme social dans la société d’aujourd’hui ?
  • Mgr Pierre d’Ornellas, Archevêque de Rennes, Président du Groupe de travail sur la bioéthique
    > Quelles références éthiques et bioéthiques pour les Chrétiens ?
  • Stéphane Gardette, Président des EDC – Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens
    > La pensée sociale chrétienne en acte pour les entrepreneurs et dirigeants chrétiens

Avant la conférence, à 17h30, aura lieu l’assemblée générale de l’association et le retour sur les travaux réalisés sur l’Europe.

Accès libre dans la limite des places disponibles.

Rennes, Espace Ouest-France, 18h30

NLQ #Tribunes et entretiens

Si l’Eglise ne défend pas le symbole du christianisme, qui le fera ?

Via Belgicatho

Morale #NLH #NLQ

Le Christianisme a-t-il favorisé l’émancipation des femmes ? – Aleteia

Une question à laquelle répond Emmanuelle Pastore.

Emanuelle Pastore est consacrée de Regnum Christi. Elle travaille au service de la pastorale de la jeunesse et collabore à plusieurs projets d’évangélisation…

 

Dans le monde occidental, la philosophie et la théologie chrétiennes ont œuvré en faveur d’une véritable évolution positive de la condition féminine : c’est là que de grandes victoires ont été remportées pour permettre à la femme d’obtenir les mêmes droits que l’homme. 1. Au cours des premiers siècles de notre ère, pour le droit romain, la femme était considérée comme un simple maillon de la famille ou comme une marchandise qui s’échangeait contre une dot. Le père choisissait l’époux de sa fille et avait, toute sa vie, pouvoir de vie ou de mort sur elle. Le christianisme apporta une toute nouvelle façon de considérer la femme. Les signes et les paroles de Jésus-Christ s’adressaient aux hommes et aux femmes sans distinction. Dès les débuts de l’Église, les péchés de tous, homme ou femme, étaient pardonnés de la même manière pour tous. Le même paradis leur était promis. Droits et devoirs du chrétien étaient identiques pour tous. En savoir +

2. C’est dans ce contexte du début de l’ère chrétienne que Cécile et Agnès, à Rome, et de nombreuses autres femmes, osèrent proclamer leur liberté personnelle au nom de Jésus Christ. Elles le payèrent de leur vie. Elles s’opposèrent à l’autorité paternelle injuste, aux pressions familiales et aux habitudes séculaires de vivre un mariage forcé. Elles avaient choisi de consacrer leur vie et leur virginité à l’amour de Jésus-Christ. L’Église prit leur défense et fit tout ce qu’elle put pour que leur choix soit respecté. Mais il fallut du temps et de nombreux martyrs pour que les mœurs changent et que l’idéal chrétien puisse être respecté par les autorités civiles. En savoir +

3. Nombreux pourraient être les exemples qui montrent pourtant comment l’Église a connu d’âpres discussions concernant la femme. Certaines questions ayant d’ailleurs duré plusieurs siècles et pas toujours en faveur des femmes ! Tributaire de la mentalité de son temps, l’Église est finalement parvenue, même si ce fut parfois trop lentement, à une juste reconnaissance de la dignité féminine. Dans le mariage, l’Église a fini par exiger le libre consentement de l’homme et de la femme comme la condition sine qua non de la validité du sacrement. Quelle en était la raison ? Une seule : protéger la jeune fille du mariage arrangé par ses parents ou du rapt. En savoir +

4. À partir du XIe  siècle, une dévotion très spéciale à la Vierge Marie commence à se développer et une grande partie des cathédrales gothiques que nous visitons encore aujourd’hui lui sont dédiées, par exemple Notre-Dame de Paris. À cette époque, les femmes, surtout celles de la haute noblesse, jouissaient d’un plus grand prestige et d’une liberté qui allait jusqu’à accompagner leur époux aux croisades. À la cour royale de différents pays, les filles recevaient la même éducation que les garçons. Les monastères féminins devenaient d’authentiques centres de culture. Bon nombre de femmes sont devenues auteur d’œuvres littéraires, théâtrales et spirituelles. En savoir +

5. À partir du XVIe siècle, dans les pays qui ont adopté la Réforme protestante, les formes de vie consacrée où les femmes pouvaient trouver une autre voie de réalisation personnelle que celle du mariage ont été éliminées tout comme la vénération de la Vierge Marie qui représentait une valorisation incontestable de la féminité. En savoir +

6. En France, le contexte révolutionnaire cherchera par tous les moyens à exclure de la visibilité socioculturelle et politique tant l’Église que les femmes. La sécularisation ne cessait de croître comme affirmation de modernité, avec des modèles de réalisation typiquement masculins. Les progrès de la condition de la femme ont malheureusement reculé dans la mesure où, à partir de la Renaissance, les juristes ressuscitèrent le droit romain et, avec lui, le statut d’infériorité de la femme. Cette récession sera confirmée dans le Code civil de Napoléon, inspiré du droit justinien, œuvre d’un empereur byzantin du VIème siècle, qui faisait de la femme un être « perpétuellement inférieur ». En savoir +

7. Avec la Révolution Industrielle et la Première Guerre mondiale la participation des femmes au monde du travail s’est accélérée et pendant les années 90, les femmes européennes et américaines étaient parmi les plus libres du monde. Le mouvement féministe avait atteint la plupart de ses objectifs : droit à l’éducation, droit au vote, accès à toutes les professions, égalité de salaire et bien d’autres libertés. Avec toutes ces réussites, on aurait pu penser que, ayant obtenu l’égalité en dignité et en droits avec l’homme, la femme ne se sentirait plus opprimée. La théorie du genre n’allait pas tarder à pointer. L’Église s’exprime clairement sur les conséquences qu’entraîne un tel mépris de la complémentarité homme-femme dans la société. On peut d’ailleurs constater que l’Église n’a jamais autant écrit sur la dignité de la femme que dans les vingt dernières années. En savoir +

(Source)

Plus de questions de fond, avec l’association Marie de Nazareth

NLH #Tribunes et entretiens

Un christianisme sans dogmes n’a pas d’intérêt – Gérard Leclerc

 Comment annoncer l’Évangile aujourd’hui ? La question n’est pas nouvelle, mais elle acquiert une importance singulière dans une société qui a perdu toute culture chrétienne, celle qui baignait hier les générations précédentes. Au tournant des années soixante, lorsque, comme l’explique si bien Guillaume Cuchet, « notre monde a cessé d’être chrétien » [1], toute la pastorale avait été modifiée, afin de gommer l’aspect rébarbatif que pouvait revêtir une catéchèse perçue comme « rigide ». Mais ainsi, il y avait un risque d’abandonner des aspects essentiels de la foi, concernant par exemple les fins dernières, au profit d’un style qui se voulait plus en phase avec la mentalité contemporaine. L’adaptation ne fut pas toujours des plus heureuses, comme le montre Jean-Pierre Le Goff dans le magnifique essai d’ethnographie contemporaine qu’il vient de publier [2]. Du rébarbatif d’hier qu’il avait mal supporté, on passait à un style jeuniste un peu démagogique, qui faisait bon marché de l’accès au cœur du mystère chrétien. Il pouvait y avoir un moment où la sensibilité adolescente était touchée par une proximité qui privilégiait l’affectif et les modes du moment. Mais au terme, on n’avait pas appris grand-chose et le manque de consistance doctrinale laissait la plupart insatisfaits.

Depuis lors, il y a eu de sérieuses mises au point, notamment à propos de la catéchèse. Mais il subsiste souvent un certain flottement, qui apparaît encore lorsqu’on fait compliment à tel prédicateur de ne pas être « un dogmatique ». Sans doute, le mot peut prêter à confusion avec un usage qui a peu à voir avec ce que la théologie entend par là. Il ne faut pas avoir peur de l’affirmer : un christianisme sans dogmes n’a pas d’intérêt, il a tout risque de s’effondrer dans une sentimentalité sans consistance. C’est pour le coup que l’on « vide les églises ». Guillaume Cuchet n’a pas tort d’établir une relation étroite entre le décrochage des années soixante et l’abandon de la prédication des fins dernières.

C’est pourquoi il importe de revenir à l’essentiel. Ainsi que l’écrivait le cardinal de Lubac : « Le chrétien qui ne fait pas confiance à la fécondité de la vérité révélée, qui ne consent à s’y intéresser que dans la mesure où il en reçoit d’avance le bienfait, qui n’accepte pas de se laisser saisir et modeler par elle, celui-là ne sait pas de quelle lumière et de quelle force il se prive. » Et d’ajouter : « Si, au lieu de s’engluer dans le misérable masochisme où tant de prophètes à rebours s’acharnent à les plonger, les chrétiens se décidaient à croire – je veux dire, à faire confiance à leur foi – cette foi ferait d’eux aujourd’hui même, en vérité, l’âme du monde. [3] » Et les églises loin de se vider, deviendraient trop petites, car on y apprendrait l’extraordinaire nouvelle d’un Amour qui sauve.

 

Gérard Leclerc

Source France Catholique


[1] Guillaume Cuchet, Comment notre monde a cessé d’être chrétien, Seuil.

[2] Jean-Pierre Le Goff, La France d’hier, Stock.

[3] Henri de Lubac, La foi chrétienne, Aubier.

 

Dans le Monde #NLH #NLQ

Près de 10 millions de musulmans convertis au christianisme aujourd’hui. Le début d’un mouvement massif ?

Pour le Père Mitch Pacwa S.J., c’est une certitude, « Nous sommes à l’heure des premières conversions massives de musulmans » au christianisme. Le National Catholic Register qui a mené l’interview, n’est pas allé chercher un quidam pour cette assertion, mais un prêtre jésuite, multilingue, expert sur le Moyen-Orient (co-auteur du livre Inside Islam : A Guide for Catholics). Et c’est pour lui la violence de l’islam abouti, sous sa forme la plus poussée, celui des islamistes, qui serait à l’origine de ces défections individuelles qui se multiplient.

Et qui arrivent souvent dans des pays où toute abjuration équivaut à une mise à mort.

Conversions : « Dieu fait un travail puissant parmi eux » – et les islamistes

Le Père Pacwa raconte qu’il a commencé à entendre parler de ces conversions au christianisme vers 2005 sur Al-Jazeera, la chaîne de télévision la plus regardée du monde arabe qui cumule plusieurs dizaines de millions de téléspectateurs – une chaîne pourtant souvent jugée trop favorable aux islamistes, comme quoi tout arrive.

« Ils faisaient des reportages sur les conversions massives de Musulmans – jusqu’à 6-8 millions – en Afrique subsaharienne, et, chaque année, ils répétaient cet avertissement (…) Je l’ai confirmé avec des Africains que je connais qui m’ont fait part, à plusieurs reprises, de conversions dans des endroits comme le Nigeria, l’Ouganda, le Mali…

« C’est la raison pour laquelle Boko Haram est devenu si actif. Ils essayent de les terroriser. Mais l’acte même de terroriser les gens a fini par les rendre dégoûtés par l’islam ». Comme l’a dit un dirigeant évangélique soudanais, « Les gens ont vu le véritable islam ». Le Père Pacwa soupçonne la religion musulmane d’être au bord d’un effondrement, au moment même où on ne l’a jamais autant vu sur le devant de la scène.

Tortures et peines de mort

Et pourtant, les menaces pour les convertis sont bien réelles. Les Américains chrétiens capturés dans les pays musulmans sont généralement expulsés mais pour les autochtones, c’est différent…

« Les vendredis après les prières de midi sont le jour où ils coupent les mains et les têtes des voleurs, les adultères – les femmes seulement – et les gens qui commettent le blasphème, qui inclurait la conversion au christianisme (…)

« J’ai lu l’histoire d’un garçon esclave qui s’est échappé pour prier le Vendredi Saint et qui a été crucifié pour cela (…) J’ai aussi entendu parler de deux servantes philippines qu’on a attrapées en possession du Nouveau Testament et qu’on a décapitées ».

Près de 10 millions de musulmans convertis au christianisme aujourd’hui

Malgré cette réalité, les pays fondamentalistes abritent des conversions. Un article publié dans le Journal interdisciplinaire de recherche sur la religion a affirmé récemment que les musulmans ont quitté la foi depuis les années 1960 à des taux croissants. Les données « montrent clairement une augmentation de moins de 200.000 [chrétiens qui se sont convertis de l’islam] dans le monde en 1960, à près de 10 millions aujourd’hui. »

Mieux, comme l’a montré un rapport, en 2013, du « Center for the Study of Global Christianity », 11 des 20 pays qui ont le pourcentage AAGR (note moyenne annuelle de croissance du christianisme) le plus élevé, sont musulmans... Les autres sont hindouistes ou bouddhistes.

Le site chretiens.info le rappelle, l’Afghanistan est passé de 17 convertis chrétiens en 2001 à plus de 250.000. L’Ouzbékistan, de zéro en 1990 à 350.000, selon Open Doors. L’Iran de moins de 500 chrétiens en 1979, à 200.000. L’Indonésie verrait deux millions de conversions par an. Des chiffres auxquels il faut ajouter tous ceux qui se convertissent mais gardent extérieurement les habitudes des musulmans, par peur des représailles : selon le site web Muslim Statistics, près de 350 millions de musulmans seraient des chrétiens « dans le privé ».

« Un grand nombre de musulmans reçoivent des visions de Jésus et de la Bienheureuse Vierge Marie qui les ont conduits à se convertir » et ils en témoignent, explique le Père Pacwa. Et de citer également les prêches de ce prêtre copte orthodoxe exilé d’Egypte, le Père Zakaria Botros, probablement l’islamologue le plus célèbre du Moyen-Orient dont le programme hebdomadaire sur la chaîne Al Hayatt est suivi par quelque 60 millions de musulmans… et pour la tête duquel, Al Qaeda a promis 60 millions de dollars !

Les chrétiens doivent faire comme les lapins, dixit la Pologne

Pour David Garrison aussi, chrétien baptiste américain qui a parcouru le monde pendant trois ans à la recherche des convertis de l’islam, il y a un souffle dans cette maison, un souffle qui a pris de l’envergure aux XXe et XXIe siècles et qui ne fait qu’augmenter – il faut s’en réjouir.
Mais gardons à l’esprit que la population musulmane augmente de concert, en Afrique sub-saharienne comme en Europe.

Car ce sont eux qui gardent jusque-là, la démographie la plus forte – une étude récente du Pew Research Center le démontrait encore (s’il y a besoin de le faire). Le taux de fécondité est de 3,1 enfants par femme, dans le monde musulman, contre 2,3 pour tous les autres groupes combinés. Et les musulmans sont aussi les plus jeunes de tous les principaux groupes religieux. D’ici à 2050, on devrait compter 10 % de musulmans dans l’ensemble de l’Europe.

Il faudra que les chrétiens se remettent à avoir des enfants…

Clémentine Jallais

Source

NLH #NLQ #Sorties/Animations

Exposition Chrétiens d’Orient à Tourcoing (59) du 23 février au 11 juin 2018

Après son succès à l’Institut du monde arabe à Paris, l’exposition-évènement Chrétiens d’Orient – 2000 ans d’Histoire, est présentée au MUba Eugène Leroy, musée des Beaux-Arts de Tourcoing du 22 février 2018 au 11 juin 2018. Dans une scénographie inédite adaptée aux lieux et nourrie de nouveaux chefs d’oeuvres, l’exposition proposera une traversée de l’histoire religieuse, politique, culturelle et artistique des communautés chrétiennes, de l’Antiquité à nos jours.

LIEU
MUba Eugène Leroy | Tourcoing

DATES
23.02.18 > 11.06.18

HORAIRES
Ouvert tous les jours, de 13h à 18h | sauf mardis et jours fériés

TARIFS
Plein 7€ / Réduit 3€

Plus d’infos

Asie #NLQ

Conversions en masse au Népal

Les conversions et les renonciations à l’hindouisme se produisent dans le district de Surkhet, dans l’ouest du Népal. Les dalits sont marginalisés en raison de leur appartenance à la caste. Et ils sont fatigués de subir de graves discriminations et de menaces. On estime qu’environ 50 000 dalits dans le district de Surkhet, victimes de graves discriminations, ont décidé de quitter l’hindouisme et d’embrasser le christianisme. La décision a été prise lors de la réunion avec un grand nombre de représentants. Lal Babu BK, l’un des participants a déclaré :

« Nous étions plus de 200. Nous nous sommes réunis pour nous convertir au christianisme pour nous sauver. Nous avons tous pratiqué la foi hindoue depuis des générations puisqu’elle était obligatoire, mais aujourd’hui le pays est sécularisé et l’hindouisme ne peut pas nous sauver. Ceux qui nous humilient sont des hindous comme nous. Nous ne pouvons même pas toucher les castes inférieures, ne pouvons pas entrer dans leurs maisons, nous ne pouvons pas toucher l’eau potable ni avoir accès aux lieux publics. Alors, quelle est cette croyance ? Est-ce que nous sommes certains dans cette foi ? Nous avons conclu que « non » et avons décidé de nous convertir au christianisme. »

« Nous sommes en danger partout et nous sommes discriminés à tout moment, alors nous demandons la grâce de Jésus parce que nous avons vu qu’il n’y a pas de discrimination dans le christianisme. Nous croyons que Jésus peut nous protéger “. “La décision est prise même si nous n’avons pas encore contacté le prêtre chrétien qui peut nous baptiser, nous le ferons et nous espérons que le prêtre nous accueillera”.

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A la une #NLH #Tribunes et entretiens

Tribune – Le Christianisme n’est pas une morale, mais une religion de liberté

En rigueur de terme, les philosophes et les moralistes s’insurgeraient devant un tel intitulé et ils auraient en partie raison. Pourtant, le christianisme est une religion de liberté et ce que nous appelons morale chrétienne est un chemin de libération.

Hier encore, alors que je prenais un café sur les bords de mer bretons, deux mots d’un échange voisin m’ont fait réagir. « Ce qui me gêne, c’est la morale, et notamment cette morale chrétienne ». En entendant cette femme, tristement accablée par ses propres mots, je me suis demandé comment, le Christ venu libérer et non asservir, pouvait aujourd’hui apparaître à ce point étouffant dans son Eglise.

Rien de nouveau sans doute, quand Jésus, lui-même, dénonçait assez vertement les scribes et les pharisiens écrasant le peuple sous d’innombrables préceptes impraticables d’une loi, dont cependant le Fils de l’Homme disait ne pas être venu abolir un iota.

Comment concevoir donc que la foi chrétienne, fondant une religion d’amour et de liberté, inaugurée par le sacrifice d’un Sauveur venu briser les chaînes et entraves de tout un peuple ployant sous le joug de la servitude, soit aujourd’hui perçue comme la pire des entraves à la liberté, comme une oppression ? Comment une religion de libération a-t-elle pu en arriver à être perçue comme écrasante ?

Mettons de côté les dérives de l’histoire et l’hommerie qui ont bien entendu pu, par le truchement d’hommes fragiles et pêcheurs, obscurcir ce chemin, cette vérité et cette vie dont ils étaient les détenteurs. S’il reste encore des pourfendeurs rigoristes du pécheur et du péché, globalement l’Eglise aurait plutôt une tendance à un certain laxisme apparent depuis des décennies. Et du reste c’est bien « sa morale » qui gêne, qui étouffe.

De tous temps, les Hommes ont cherché à échapper à l’oppression, à l’asservissement, mus qu’ils sont par ce désir de liberté, inscrit au plus profond d’eux-mêmes. Et aujourd’hui, plus qu’avant, la morale apparaît comme une atteinte à la liberté, une entrave à son autoréalisation. Mais c’est prendre les choses à rebours de la raison. La réalisation de soi, contrairement au psychologisme freudien ambiant, n’est pas la libération de sourdes pulsions, ni la réalisation de désirs inassouvis. La réalisation de soi est l’épanouissement de son être dans ses dimensions physique, psychologique, intellectuelle, affective et spirituelle.  Cela suppose au préalable une véritable connaissance de soi. Une connaissance de soi qui distingue précisément le ressenti du réel. Ce n’est pas parce que je ressens une chose que je suis ce que je ressens. Ce n’est pas parce qu’un désir est en moi que ce désir est bon pour ma réalisation. Ainsi un diabétique peut désirer une tarte au sucre, ce n’est pas pour cela que cette tarte au sucre sera bonne pour lui.

Cette évidence n’en est pourtant plus une et de nos jours et on cherche à faire de nos désirs la réalité de notre être, au lieu de diriger nos désirs vers la réalisation de cet être. La connaissance de soi est le premier pas vers la liberté. Car la liberté n’est pas une fin en soi, ni un but à atteindre, elle est la condition de possibilité de mon épanouissement. Condition extérieure à moi, par l’absence d’entraves venant de l’extérieur, mais aussi condition intérieure par la connaissance de sa vérité propre. Or la vérité propre de chaque personne se situe à deux niveaux qui s’imbriquent indissociablement. Sur le socle commun de la nature humaine, se déploie la singularité de chacun. Pourtant, nous avons tendance à oublier que cette singularité ne peut être réelle et donc épanouissante, que si elle est tissée à partir de ces fils communs à toute l’humanité et qui est précisément la nature humaine.

La morale chrétienne n’est en rien un ensemble de permis et d’interdits, au contraire, c’est la lumière qui éclaire cette vérité humaine partagée par tous. La morale ne nous dit pas « si tu ne fais pas ceci ou cela tu seras puni ». La lumière de la révélation chrétienne nous indique ce qui est bon pour l’homme ou non et nous laisse libre de choisir ou non le chemin de vérité. La conséquence pour celui qui suit cette lumière c’est la liberté et par-delà la vie. Inversement, la conséquence du refus de la lumière est de se maintenir sous les jougs de la servitude des passions, du néant, du démon et au bout du chemin c’est la mort de l’être par le simple fait de son auto-destruction.

La morale, aujourd’hui si méprisée et redoutée, est pourtant le guide le plus précieux qui nous soit donné, pour rejoindre notre « réalisation de soi ». Du reste, saint Thomas d’Aquin, comme Aristote ne commencent pas leurs traités sur la question par la morale, mais par la béatitude. En effet, l’un comme l’autre montrent d’abord le but ultime qui épanouira l’homme, comme pour susciter en lui le désir de ce bonheur éternel. Ce n’est qu’en un second lieu que l’Aquinate comme le Philosophe, montrent le chemin pour rejoindre ce bonheur. Et ce chemin que nous appelons « morale » qualifie des actes bons et mauvais c’est vrai. Mais en ce sens qu’un acte bon est un acte qui nous permet d’avancer sur ce chemin de vérité et de liberté, tandis qu’un acte mauvais nous détourne du chemin et nous prive de la liberté.

Toutefois, il est bien fréquent que ce soit par manque de liberté que nous refusions le chemin de vie. Aussi, la religion chrétienne n’est-elle pas une religion moraliste au sens désormais négatif et commun du terme. La religion chrétienne ouvre un chemin de liberté par la vérité dont sa « morale » représente comme le balisage d’une piste d’aviation. Aussi, pour redonner le goût de cette liberté chrétienne, faut-il peut-être d’abord redonner Dieu au monde, dans sa vérité et son exigence. Car pour qui ne se sent pas concerné par Dieu, comme source de son bonheur, alors, en effet, le chemin de liberté que propose l’Eglise apparaît comme une morale étouffante.

Il y a une nécessaire connexion entre vérité anthropologique, morale et béatitude. Mais cette connexion est brisée, de sorte que l’homme est défiguré, Dieu n’est plus le bonheur de l’Homme et la morale paraît inutile et ringarde. Pourtant, c’est en partant de la vérité propre de chacun (définie dans son lien avec la nature humaine) qu’avec l’aide libératrice de la foi chrétienne (dont sa morale lumineuse), l’homme peut trouver son véritable bonheur qui est Dieu.

Brèves

Courrier d’un lecteur – Islam, les chrétiens ont le droit de se défendre

Madame,Monsieur,
Je prends la liberté de vous faire part de mon sentiment concernant les violences dont sont victimes nos frères chrétiens de la part des mahométans,il est vrai que nous devons prier pour les victimes et la conversion de leurs agresseurs,toutefois il me semble que Saint Thomas justifie le droit pour les chrétiens de se défendre.
Le fondateur des Pères Blancs avait créé une milice armée qui accompagnait les religieux ainsi que les convertis.
Que ferions-nous si un proche était enlevé et torturé sous nos yeux ?
Je prie pour la conversion des mahométans mais il est impossible d’accepter ces persécutions tant dans les pays musulmans que chez nous.
J’entends dire autour de moi que nous avons tous le même Dieu,nous avons tous le même Dieu Père et Créateur,mais un chrétien vénère le Dieu Trine.
Notre-Seigneur Jésus Christ est l’unique chemin qui mène au Père,dans les Évangiles Il nous met en garde contre les faux prophètes,notre vocation est de porter la parole divine et de convertir nos frères,il y a des paroles sévères dans l’enseignement de Notre Sauveur.
Nous ne devons pas,à la suite des Saints Apôtres,nous attarder en chemin ,nous devons secouer la poussière de nos sandales là ou la Bonne Nouvelle n’est pas acceptée !
En vous remerciant de votre aimable attention.
Je vous souhaite un beau et saint mois du Sacré-Coeur.
GF