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La longue histoire de l’abbaye Notre-Dame de La Trappe de Soligny

Un article proposé par Divine Box.

L’abbaye Notre-Dame de La Trappe de Soligny est une abbaye normande fondée en 1140 dans le village de Soligny-La-Trappe. Au cours de sa longue histoire, l’abbaye a connu des hauts et des bas. Mais elle est avant tout le lieu de naissance de l’ordre cistercien de la stricte observance, aussi appelé trappiste !

Entre les périodes sombres et celles de rayonnement international, il y en a des choses à dire… Allez, Divine Box vous raconte tout ça en détails : en avant !

L’abbaye de La Trappe se situe en Normandie, dans le village de Soligny-La-Trappe. – Abbaye de La Trappe

Fondation : quand le navire chavire 

 

L’histoire de l’abbaye Notre-Dame de La Trappe, située à Soligny-La-Trappe, commence tristement en 1120 par le naufrage d’un vaisseau. Dans cet accident périt Mathilde, fille du roi d’Angleterre et femme du comte Rotrou III du Perche.

Ce dernier, désespéré, érige alors dans la forêt de la Trappe, qui se situe sur ses terres, un oratoire dédié à la Vierge en souvenir de sa bien-aimée.

En 1140, il y fait venir quelques moines du Breuil-Benoît, près de Dreux. La communauté est née (youpi !) et intègre l’ordre cistercien en 1147.

Et au fait, pourquoi « La Trappe » ? Sûrement à cause des pièges que les chasseurs posaient dans cette forêt, tout simplement.

Une période sombre 

Durant la guerre de Cent Ans (XIVe et XVe siècles), le monastère est brûlé et pillé. Les moines s’en vont pour se réfugier au château-fort de Bonsmoulins. De plus, l’abbaye de La Trappe est alors sous le système de la commende : le roi place à la tête de la communauté un clerc extérieur, religieux ou non.

Comme souvent dans ce système, le commendataire s’approprie les bénéfices du travail de la communauté. On est donc loin de l’idéal cistercien de travail et de prière. Quand les moines de la Trappe tentent d’en finir avec ce système en élisant un nouvel abbé, celui-ci est révoqué par le roi dès le lendemain…

C’est l’abbé de Rancé, pourtant abbé commendataire, qui change enfin les choses et sauve La Trappe de Soligny dès 1660.

L’abbé de Rancé, sauveur de l’abbaye de La Trappe. – Hyacinthe Rigaud

Retour à l’essentiel

 

L’abbé de Rancé est le neveu de Richelieu et est abbé commendataire de La Trappe depuis ses 11 ans, même s’il ne vit pas du tout une vie monastique. Lorsqu’il se rend à l’abbaye, il est frappé par le spectacle et décide de s’y installer pour remettre un peu d’ordre : en prenant l’habit cistercien, il se convertit définitivement !

Il chasse les sept moines qui restaient et les remplace par des compagnons plus sérieux. Après avoir fait son noviciat, l’abbé de Rancé devient abbé régulier à La Trappe. Dès son arrivée, il veut donc rétablir un strict respect de la règle de saint Benoît.

Il met ainsi en place une réforme, baptisée plus tard “ordre cistercien de la Stricte Observance”. Son objectif ? Conserver la part importante du travail manuel propre aux cisterciens, mais réinstaurer une vie pauvre, valeur jusqu’alors un peu passée à la trappe…

Si la réforme reste au début cantonnée à l’abbaye de Soligny-La-Trappe, elle finit par séduire certaines abbayes voisines, puis plus lointaines, qui deviennent des « petites trappes ». La famille trappiste grandit ! L’ordre cistercien de la stricte observance sera ainsi reconnu par le pape en 1892 : il doit beaucoup à l’abbé de Rancé, à qui Châteaubriand a même consacré un livre entier !

 

À nouveau dans la tourmente 

 

Grâce à l’abbé de Rancé, l’abbaye de La Trappe devient incroyablement rayonnante et les postulants affluent en nombre (jusqu’à trois par jour à certaines époques !). Pourtant, un siècle plus tard survient la Révolution, seconde épreuve pour l’abbaye de La Trappe… Les ordres religieux sont alors interdits par la loi et les monastères détruits (La Trappe devient une carrière de pierres !).

Un peu plus tard, en 1811, un décret impérial supprime tous les monastères trappistes. Certains frères meurent donc en martyrs, d’autres fuient en Suisse, puis en Russie, pour échapper aux troupes révolutionnaires.

Quand certains reviennent à La Trappe vers 1815, c’est une ruine. Il faut désormais la reconstruire en entier…Au boulot ! La reconstruction commence en 1829 et la consécration de l’église a lieu en 1831.

L’église de l’abbaye de La Trappe de Soligny, de style néogothique, a été inaugurée en 1831. – Divine Box

Une croissance exceptionnelle

 

Tout au long du XIXe siècle, La Trappe devient une exploitation agricole gigantesque qui vend ses produits dans dix magasins parisiens qui lui sont spécialement consacrés. L’abbaye de La Trappe accueille également au fil du temps une chocolaterie, une imprimerie, ou encore une pharmacie.

Ainsi lancés sur le chemin de la modernité, les moines de La Trappe livrent leurs produits à l’extérieur et en font de la publicité avec les publicistes les plus réputés de l’époque.

Les frères de La Trappe construisent même une voie de chemin de fer en 1895 ! 20 000 visiteurs viennent quotidiennement l’admirer lors de son inauguration qui dure neuf jours. Et preuve du rayonnement exceptionnel de La Trappe au XIXe, le roi Louis Philippe en personne y fait une visite en 1847. Quel honneur !

Pendant la Première Guerre mondiale, une partie de l’abbaye sert d’abris pour les blessés. Lors de la Seconde guerre mondiale, les frères jouent également un rôle actif dans la résistance avec les habitants du village de Soligny-La-Trappe.

Le chemin de fer de l’abbaye de La Trappe de Soligny a été inauguré en 1895. – Jean-Claude Bourdais

La situation aujourd’hui

 

Aujourd’hui, à l’abbaye Notre-Dame de La Trappe, les vingt-deux cisterciens de la stricte observance – surnommés trappistes – suivent la règle de saint Benoît, Ora et Labora (“prière et travail”). Ainsi, de 4h15 à 20h15, ils disent sept offices. Le reste du temps, ils se consacrent au travail manuel (magasin, pâtes de fruits, vergers, conditionnement…) et aux visiteurs. Bref, les frères ne chôment pas !

Ils consacrent aussi plusieurs heures par jours à la lecture des textes sacrés, grâce à leur grande bibliothèque. L’activité agricole se réduit peu à peu – elle se résume aujourd’hui à des cultures céréalières – au profit des ateliers de produits monastiques et du magasin, qui se développent. Ce dernier, entièrement rénové en 2003, emploie une dizaine de frères chaque jour !

Une société commerciale gère l’ensemble de l’entretien des bâtiments et quatre salariés s’occupent de l’hôtellerie, des espaces agricoles…L’abbaye a engendré quatre fondations :

  • L’abbaye de Tre Fontane (Italie)
  • L’abbaye Notre-Dame de Bellefontaine (Anjou)
  • L’abbaye Notre-Dame de Timadeuc (Bretagne)
  • L’abbaye Notre-Dame de Bonne-Espérance d’Échourgnac (Dordogne)

 

L’abbaye de La Trappe de Soligny garde de forts liens de fraternité avec ses fondations.

Sept fois par jour les frères de l’abbaye de La Trappe se rendent à l’office par ce couloir dans le plus grand silence. – Divine Box

Cliquez ici pour en savoir plus sur l’abbaye Notre-Dame de La Trappe de Soligny : les différents ateliers de production de l’abbaye de La Trappe, l’histoire de la statue Notre-Dame de Confiance etc…

 

Et pour acheter les produits de l’abbaye de La Trappe, vous pouvez bien sûr vous rendre directement au magasin de l’abbaye : Abbaye Notre-Dame de la Trappe, lieu-dit la Trappe, 61380 Soligny-la-Trappe. Sinon, rendez-vous sur la boutique monastique en ligne Divine Box : cliquez ici pour acheter les pâtes de fruits de l’abbaye de Soligny-La-Trappe.

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Abbaye de l’Epau, une histoire sobre et mouvementée

 

Il est curieux de voir, lorsqu’on se lance à l’assaut de l’étude de l’abbaye cistercienne de L’Epau, le silence des récits actuels concernant les moines. Ils n’apparaissent que pour disparaitre. Tous les comptes rendus de présentation, site officiel inclus, ne parlent que de la fondatrice, des bourgeois manceaux destructeurs de l’abbaye en 1365 et de la succession de propriétaires depuis la révolution française.

Il est vrai que l’histoire de l’abbaye est mouvementée dès avant sa fondation. Mais finalement pas plus que nombre d’abbayes médiévales. Places fortes, places riches, pôles de rayonnement spirituels et économiques, les abbayes, quelque soit leur ordre, ont toutes occupé un rôle important dans la zone géographique où elles étaient installées au moyen-âge. L’abbaye de l’Epau n’échappe pas à la règle, avec les détails spécifiques de ses propres vicissitudes.

Abbaye royale, elle n’occupe pas vraiment une place centrale dans l’histoire du royaume de France, ni dans l’histoire des congrégations religieuses. Fondation et volonté d’une femme en disgrâce, combattue par les rejetons de sa propre famille et reléguée dans les terres secondaires du Comté du Maine, l’abbaye de l’Epau est une anonyme fondation de grands aristocrates pour le salut de leur âme et ici pour le rachat des péchés d’une vie dissolue de plusieurs souverains Plantagenet.

Car pour être discrète, l’histoire de l’abbaye est tout à fait emblématique de son époque. C’est du reste cette banalité qui la rendit si transparente à la postérité. Mais sa restauration, sur son modèle médiéval initial par le département de la Sarthe, en fait aujourd’hui un témoin, trop peu connu, mais pourtant exemplaire d’un quotidien vécu par toute un peuple il y a plus de 8 siècles.

Une reine, Bérangère de Navarre, veuve d’un grand et respecté souverain, le célèbre Richard cœur de Lion, se voit disputé par son inique beau frère et successeur au trône de son époux, son douaire. Sans cesse ennuyée, poussée dans ses retranchements par Jean, inguérissable sans terre, devenu sans scrupule, elle finit par trouver refuge, de déconvenue en déconvenue, dans cette terre du Maine. Comme son père et son époux, elle est proche de l’ordre cistercien que tous trois ont toujours soutenu. Un ordre déjà ancien de plus d’un siècle et supplanté par les mendiants en pleine expansion.

De son lien privilégié elle décide de fonder une abbaye qu’elle confiera à ses protégés. Témoins d’une page qui se tourne, cette veuve d’un souverain d’une autre époque, celle des croisades et des grandes fondations dynastiques, ordonnera la construction d’une des dernières abbayes cisterciennes de France. La fondation a un double but clair, recueillir le corps de la Reine à sa mort (qui interviendra un an après) et assurer le salut de son âme et de celle des Plantagenet aux mœurs dissolus.

C’est ainsi qu’en 1229 les premiers moines arrivent au lieudit « la réserve de la forêt », l’espal en vieux français, l’Epau aujourd’hui. Ce n’est pas une configuration ordinaire pour ces moines radicaux, issus de la réforme de l’ordre bénédictin. Selon la volonté de leur fondateur, Robert de Clarvaux, les moines devaient se réunir dans un lieu retiré et aride, une forme de désert. La forêt constituait un parfait endroit austère et retiré en ces temps anciens où les bois dominaient largement. Ces retraites firent des cisterciens les plus grands défricheurs de l’époque.

Mais la reine choisit et imposa un compromis. L’abbaye serait bien en forêt, sur les bords de l’Huisne poissonneuse, mais proche de la grande ville du Mans, complétant ainsi la ceinture monastique de la ville. Fidèle à leur habitude (et contrairement à ce qu’avance la page wikipedia), les frères commencèrent par les bâtiments conventuels, afin de pouvoir au plus vite vivre pleinement leur règle. A la différence des bénédictins de Cluny, ils ne sont pas moines de « chœurs ». Aussi, sans pour autant négliger l’office, traditionnellement moins déployé que dans les liturgies des moines noirs, ils construirent l’église plus tard. Néanmoins, en 1234, l’évêque du Mans peut consacrer un édifice, non achevé mais suffisant.

C’est en visitant l’abbaye, et grâce au module de visite assisté, qu’on se rend mieux compte de ce que fut la vie de ses moines rendus anonymes par les notices actuelles. Dans la vie monastique, les bâtiments rythment le temps et le temps rythme la vie des moines. A chaque heure une tâche qui se retrouve dans l’espace bâti ou cultivé. La restitution médiévale du bâtiment permet de se promener au pas des religieux dans un silence paisible et sobre, selon la vocation même des cisterciens en réaction au faste clunisien.

Achevée en 1365, elle est brûlée par les Manceaux l’année suivante. En pleine guerre de Cent ans, les frères avaient déserté l’abbaye peu sure. Par peur qu’elle ne serve de base arrière à l’ennemi, les bourgeois poussèrent les habitants à brûler une abbaye qui venait tout juste d’achever 130 ans de construction. La reconstruction sera vite entreprise avec le retour des moines, mais sera longue et les fonds seront difficiles à trouver. Les Cisterciens ne sont plus l’ordre phare de cette fin de siècle. L’abbaye, restaurée de siècle en siècle perdra de son importance et passera d’une obédience à l’autre, d’un régime à l’autre jusqu’à devenir bien national, soumis aux outrages habituels.

La restauration entreprise par le département de la Sarthe respecte l’esprit cistercien. Dépouillement et sobriété, dans un cadre forestier dépaysant à 5 minutes des premiers faubourgs de la ville épiscopale. Mais là encore, les moines sont absents. Lieu culturel plus que d’histoire, on s’y promène un peu à vide entre plusieurs expositions sans grand rapport ni grand intérêt. Le personnage clef reste une femme, la reine Bérangère qui se voit attribuer une collection de mode et de parfum à son nom.

On retrouve le calme des lieux retirés, mais il ne reste rien de l’âme cistercienne que pourtant d’autres lieux, mêmes privés de moines ont su garder de nos jours encore. Hier comme aujourd’hui, on se demande ce qui reste de ceux qui pourtant vécurent, prièrent et moururent entre ces murs.

Un festival de musique vient réveiller chaque année ces pierres endormies quoique flambant neuves. Pour qui veut se rendre compte de ce que fut une abbaye cistercienne dans l’état neuf de sa construction, le détour est enrichissant, mais le lieu par lui-même semble déserté et inerte, en dehors de l’ébullition festivalière.

Vous pourrez vous restaurer ou rafraîchir dans le cloître au café des moines de façon très agréable.

 

Source et vidéo Visitez la France

 

 

 

 

Annonces #NLQ #Récollections/Retraites

Récollection de La Communion Notre Dame de l’Alliance les 2 & 3 février 2019 à Anduze (30)

La CNDA organise une récollection, ouverte à tous ceux qui vivent seuls après une séparation ou un divorce et se questionnent sur le sacrement du mariage. Elle aura lieu du samedi 02 février à 14h30 au dimanche 03 février 15h, au Monastère Cistercien de la Paix-Dieu à Cabanoule. La prédication sera assurée par le Père Emmanuel Guyonvarch, sur le thème “La sainteté et la sanctification des époux”. Inscriptions avant le 27 janvier  :
marieclaire.germain@sfr.fr (06 87 78 08 52) ou
therese.cordier.free.fr (06 63 92 43 25)

 

NLQ #Récollections/Retraites

Week-end pour les personnes séparées/divorcées/ fidèles les 13 & 14 octobre 2018 à Cabanoule (30)

La Communion Notre Dame de l’Alliance organise des récollections ouvertes à tous ceux qui vivent seuls après une séparation ou un divorce et se questionnent sur le sacrement du mariage.
Du samedi 13 octobre à partir de 14 h 30 au dimanche 14 octobre à 15 h,

au Monastère Cistercien de la Paix Dieu à Cabanoule (30140 Anduze) covoiturage possible,
Inscriptions en cours auprès de :
therese.cordier@free.fr  – 06 63 92 43 25 ou
marieclaire.germain@sfr.fr  – 06 87 78 08 52

 

Agenda / Annonce

Portes ouvertes à l’Abbaye Sainte Marie du Rivet, Auros

6ème journée portes ouvertes et dégustation gratuite de produits monastiques à l’Abbaye Sainte Marie du Rivet, Auros

Samedi 15 octobre de 11h à 17h

 

  • Dégustation de produits monastiques
  • Visites guidées de l’Abbaye 11h30-15h-16h
  • Possibilité de restauration sur place

Renseignements : 05 56 65 05 30
www.abbayesaintemariedurivet.com

L’abbaye du Rivet en quelques lignes :

Un document de 1729 fait remonter l’Abbaye du Rivet au temps de Charlemagne et, de fait, l’architecture témoigne d’un établissement monastique d’époque carolingienne dont on voit les murs et les piles englobés dans des constructions postérieures. Il s’agissait sans doute d’un monastère bénédictin. 

Ce monastère fut affilié à l’Ordre cistercien en 1189, par l’Abbaye de Ponteaux, elle-même de la filiation de Pontigny.  Le XVIIIe siècle est marqué par la construction et l’ornementation de l’abbaye au goût baroque du temps. Ce fut une époque prospère. A la Révolution, il ne restait que 2 moines. Devenu bien national, le monastère fut vendu le 30 mars 1791 et une partie de son ameublement dispersée. En 1880, le cardinal Donnet vint bénir la statue de pierre représentant Notre Dame du Rivet, laquelle se trouvait depuis la révolution dans le cimetière de Brannens. Le 25 mars 1885, le Rivet devint la propriété de la famille TAMIZE qui s’employa à faire restaurer le monastère. En 1938-1939, les moniales cisterciennes de Blagnac (Haute-Garonne) qui cherchaient depuis 1936 (époque de la construction de l’aéroport de Toulouse) un nouveau domaine, s’installèrent au Rivet.