Articles #Asie #Dans le Monde #NLH #NLQ

Chine : la culture communiste contre Dieu

Si la persécution antichrétienne en Chine aujourd’hui est d’une intensité semblable à celle qui sévissait lors de la « Grande révolution culturelle prolétarienne » lancée par Mao Zedong, les moyens culturels utilisés en 2019 ne diffèrent guère de ceux qui prévalurent de 1966 à 1968. Qui a tenté de voir un des huit opéras-ballets « prolétariens » de l’époque, aura une petite idée de l’inanité sonore et artistique du genre. On peut gager que la version contemporaine n’aura guère plus de succès que son modèle… Les autorités du Henan ont invité des troupes d’opéra traditionnel à venir donner des spectacles devant les églises lors des assemblées régulières des fidèles ou de rassemblements pour des célébrations religieuses exceptionnelles, afin de « réduire l’espace de la croyance religieuse ». Selon des sources intérieures, de plus en plus de municipalités du Henan ont rejoint cette initiative. En octobre, le gouvernement de la ville de Luoyang a diffusé un document […] ordonnant de promouvoir vigoureusement la propagande athéiste […]. Le document précise : « Se concentrer sur les villages (communautés) disposant de lieux de culte, renforcer la création d’une civilisation spirituelle socialiste, donner toute latitude aux organisations de base du front culturel et promouvoir vigoureusement la connaissance culturelle et scientifique ainsi que la propagande athéiste. » [L’objectif est de] faire passer le mot d’ordre : « Nous sommes en concurrence avec Dieu pour le peuple. » Bitter Winter, 3 décembre – © CH pour la traduction.

Source Christianophobie Hebdo

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Asie #NLH #NLQ

Destruction d’une église catholique en Chine

Le 17 juillet 2018 à midi, l’église de Liang Wang a été complètement détruite en seulement 15 minutes par 70 personnes, équipées d’engins de démolition, mandatées par le gouvernement chinois.

L’église catholique de Liang Wang était pourtant une église enregistrée depuis 2006. L’église de Xi’an, détruite en décembre dernier détenait également tous les permis nécessaires. En Chine, il ne serait pas rare que le gouvernement détruise les églises pour récupérer la terre et les réaffecter pour une autre utilisation. Le bâtiment étant proche de l’une des sorties de la route de Xi’an-Hanzhong, le gouvernement pourrait avoir eu l’intention de réduire la présence chrétienne.

Gina Goh, directrice régionale d’International Christian Concern s’est exprimé :

« La main-d’œuvre disproportionnée utilisée pour démolir cette église montre que la Chine a peur des chrétiens. Le gouvernement savait que la démolition au nom du zonage urbain rencontrerait de la résistance, alors il s’est assuré le succès en prenant des mesures extrêmes. Malgré leurs efforts pour intimider l’Église avec des actions comme celle-ci, le gouvernement ne peut pas détruire la foi et la résilience des chrétiens chinois. »

En savoir plus (source)

NLQ #Rome

Les martyrs du communisme honorés au Latran

Une exposition consacrée aux martyrs de l’Eglise orthodoxe de Russie au XXe siècle a été inaugurée le 30 mai 2018 dans le Palais apostolique du Latran. La mémoire martyrielle faite par Rome à ces persécutés symbolise les rapprochements grandissants entre le Vatican et le Patriarcat de Moscou.

« Le concept si noble du martyre est perverti par le fondamentalisme islamique », a regretté lors de cette inauguration le cardinal Gianfranco Ravasi, président du Conseil pontifical pour la culture, rapporte imedia, l’agence de presse spécialisée sur le Vatican, jeudi 31 mai.

« Compatriotes en esprits » des premiers martyrs romains
Le cardinal Ravasi a rappelé à cette occasion combien le concept de martyre « unissait les Eglises catholique et orthodoxe ». Sous le joug communiste, les Russes orthodoxes étaient « des compatriotes en esprit » des premiers chrétiens, persécutés par Rome, a souligné le métropolite Tikhon, président du Conseil patriarcal de Moscou pour la culture et primat de l’Église orthodoxe russe en Amérique, relève imedia.

Cette exposition, organisée par le patriarcat orthodoxe de Moscou, a déjà été présentée dans différentes villes de Russie. Interactive, l’exposition relate les actes antireligieux commis par les bolcheviques, à partir de 1917.

Eradiquer la religion, centre du projet bolchevique
Cette volonté d’éradiquer toute croyance religieuse était au cœur du projet de Lénine, à la suite de sa prise de pouvoir en 1917.

Le révolutionnaire écrivait ainsi que la religion était semblable à « une sorte d’alcool spirituel dans lequel les esclaves du capital niaient leur image humaine et leur revendication d’une existence tant soit peu digne de l’homme ».

En 1932, Staline fit même lancer comme slogan de son plan quinquennal de « solution finale » sur la question religieuse : « Plus de Dieu en 1937 ». Ce travail sur les consciences modifia considérablement la paysage religieux russe. Entre 1927 et 1940 par exemple, le nombre d’églises orthodoxes dans la république soviétique chuta de 29 584 à moins de 500.

Depuis, nombre de martyrs, morts pour la défense de la foi orthodoxe ont été alors canonisés, à l’instar du métropolite Vladimir de Kiev (mort en 1918), celui de Saint-Pétersbourg, Benjamin (mort en 1922) et la Grande-Duchesse Élizabeth de Russie, massacrée avec toute la famille impériale en juillet 1918, après être devenue moniale et dévouée aux plus pauvres à la suite de l’assassinat de son mari.

Le rapprochement entre Saint-Siège et Patriarcat de Moscou
Dans la foulée du prêt des reliques de St Nicolas, conservées à Bari (Italie) depuis 930 ans, et exposées en juillet dernier à Moscou et Saint-Pétersbourg ; de la visite historique en Russie du cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège en août 2017 ; ou de l’exposition « Rome éternelle », organisée par les Musées du Vatican et abritée par la prestigieuse galerie Tretiakov de Moscou, cet hommage rendu par la basilique papale Saint-Jean de Latran  aux martyrs orthodoxes russes, acte de la vivacité du dialogue œcuménique entre le Saint-Siège et le Patriarcat de Moscou.

Source : Vatican news – Delphine Allaire

Conférences/Formations #NLQ

Conférence-débat : L’Eglise de Pie XI face au nazisme le 5 mai 2018 à Versailles (78)

Conférence suivie d’un temps d’échange le samedi 5 mai (initialement prévue le 10 février) de 10h à 12h à la Bibliothèque Diocésaine

L’Eglise de Pie XI face au nazisme
Centre Ozanam
24 rue du Maréchal Joffre
78000 Versailles

Face à l’Italie fasciste, à l’Allemagne nazie, et à l’Union soviétique communiste, Pie XI réagit par 3 encycliques lumineuses et prophétiques.

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La conférence invite à relire ces évènements. En quoi sont-ils source d’enseignement pour notre temps ? Que disent-ils de la légitimité et de la nécessité de la parole de l’Église dans le domaine du politique ?

Intervenant : P. Claude Touraille

Culture #Doctrine / Formation #NLH

Le père Popieluszko face au communisme, un exemple pour aujourd’hui

Cela fait presque quarante ans, et c’était hier. L’URSS étendait ses tentacules sur les cartes murales de nos salles de classe, jusqu’à nos frontières ou presque. Inexorablement, le communisme gagnait du terrain aux quatre coins de la planète. L’invasion de l’Afghanistan par les troupes soviétiques aux premières heures de 1980 laissait croire à une offensive décisive, prélude à une attaque contre un Occident où certains défilaient en criant : « plutôt rouges que morts » et l’un de mes amis d’aumônerie, dont un frère aîné était officier d’état-major, nous répétait, l’air grave, ce qu’il entendait chez lui : « en jetant toutes nos forces dans la bataille et en nous faisant tuer sur place, nous les retarderions de vingt minutes … »

C’était aussi l’époque où, à Gdansk, un ouvrier électricien des chantiers navals du nom de Walesa entamait avec le pouvoir communiste un bras de fer qui, vu de l’Ouest, paraissait insensé à ceux qui se souvenaient de Budapest et Prague. D’ailleurs, avant la Noël 1981, lui et ses camarades seraient jetés en prison, et Solidarnosc, dont nous arborions l’insigne en dérisoire soutien, interdit. Le ciel était très noir cet hiver-là. Et les ténèbres s’assombriraient encore, en octobre 1984, tandis que la répression à l’est battait son plein, lorsque seraient annoncés la disparition, puis l’assassinat, de l’abbé Jerzy Popieluszko, aumônier du syndicat bâillonné.

Un visage qui n’avait plus rien d’humain

Je m’en souviens, quelques journaux, qui « pensaient mal », oseraient seuls publier la photographie mortuaire du prêtre.

Les clichés, dans leur brutalité, ôtaient toute illusion romantique aux très jeunes gens que nous étions encore sur la réalité du martyre : le visage tellement bouffi de coups qu’il n’avait plus rien d’humain, les doigts, qui serraient la croix de son chapelet, brisés, tout cela disait assez ce qu’avait subi le malheureux vicaire de la paroisse varsovienne Saint-Stanislas avant d’être précipité, sans doute encore en vie, pieds et poings liés dans la Vistule, déjà gelée en cette nuit du 20 octobre 1984.
L’immense colère contenue des foules catholiques obligerait le pouvoir de Jaruzelski, soudain acculé, à se démener pour faire la lumière sur cet assassinat, en trouver les coupables, des officiers des affaires religieuses au ministère de l’Intérieur, et les livrer, à rechigne cœur, à la justice. Poussés aux aveux, les tueurs seraient obligés de dire où ils s’étaient débarrassés de leur victime.
Sans le comprendre, eux que la haine de Dieu aveuglait, ils avaient fait un martyr de l’abbé Popieluszko, et de sa tombe, vite devenue lieu de pèlerinage, le cœur battant d’une Pologne que la mort d’un seul homme allait, à brève échéance, ressusciter.

Un miracle en France

Je ne sais si le nom de Jerzy Popieluszko dit grand-chose aux jeunes d’aujourd’hui. Peut-être sa probable canonisation, conséquence d’un miracle opéré en France et attribué à son intercession, aidera-t-elle à remettre sa courte vie en lumière. C’est en tout cas ce qu’a voulu faire le Père Bernard Brien, « complice » involontaire de la guérison miraculeuse qui vaudra sans doute au prêtre polonais les honneurs des autels, en lui consacrant une brève biographie Jerzy Popieluszko, la vérité contre le totalitarisme. (Artège. 140 p ; 14 €.) (vous pouvez le commander ici)

Coïncidence qui n’en est évidemment pas une, les deux prêtres, le Français et le Polonais, sont tous deux nés le 14 septembre 1947, et c’est encore un 14 septembre, il y a cinq ans, qu’appelé en urgence au chevet d’un agonisant dans un hôpital de la banlieue parisienne, le Père Brien, très attaché à Jerzy, eut l’idée, alors qu’il donnait les derniers sacrements, de l’appeler au secours. Un quart d’heure après, le mourant sortait du coma ; le lendemain, il était debout, et, à dix jours de là, chez lui, guéri du cancer qui le dévorait …

Toutefois, le plus grand prodige à attribuer à l’abbé Popieluszko n’est pas cette guérison, mais la résurrection de sa Pologne bien-aimée.

Lire la suite sur l’Homme nouveau

 

A la une #Doctrine / Formation

Saint Jean XXIII “Aucun catholique ne peut adhérer au socialisme même modéré”

Citant son prédécesseur Pie XI, Saint Jean XXIII rappelait dans Mater et Magistra 

Entre le communisme et le christianisme, le Pape rappelle que l’opposition est radicale. Il ajoute qu’on ne peut admettre en aucune manière que les catholiques donnent leur adhésion au socialisme modéré, soit parce qu’il est une conception de vie close sur le temporel, dans laquelle le bien-être est considéré comme objectif suprême de la société ; soit parce qu’il poursuit une organisation sociale de la vie commune au seul niveau de la production, au grand préjudice de la liberté humaine ; soit parce qu’en lui fait défaut tout principe de véritable autorité sociale.

Voir aussi la condamnation du communisme par Pie XI dans Divini Redemptoris

Conférences/Formations #NLH

Fatima face à la Franc-maçonnerie et au communisme : 27ème Rencontre de l’Espérance

L’Auberge Espagnole Ste Catherine de Sienne vous invite à sa 27ème Rencontre de l’Espérance sur un sujet très important dans cette période troublée et pré-électorale …

 Marie, ses messages de Fatima face à la Franc-maçonnerie et au Communisme, en cette année des 3 centenaires  !

Vendredi 21 avril à 20h

L’année 2017 est effectivement l’année de tous les anniversaires : 300 ans de la Franc-maçonnerie / 100 ans de la Révolution d’Octobre / 100 ans des apparitions de Fatima !
2 intervenants de qualité :
– Serge Abad-Gallardo : architecte DPLG, membre de l’association des Ecrivains Catholiques de Langue Française, conférencier, ancien haut fonctionnaire territorial. Franc-maçon pendant 24 années (Loge du Droit Humain), il a démissionné en 2012 après un retour inattendu à la foi catholique, conséquence d’une expérience bouleversante à Lourdes en 2012. Membre de l’aumônerie catholique de l’Hôpital de Narbonne depuis 2012. Auteur de deux ouvrages : “J’ai frappé à la porte du Temple”, éd. Téqui (2014) et “Je servais Lucifer sans le savoir“, éd. Téqui (2016).

-Pierre Barnérias : ancien grand reporter, pour les chaînes nationales pendant des années, il lance sur France 2 en 2003, « Graines d’espoir », programme court dressant le portrait d’entrepreneurs sociaux, et « Face à Face », dans lequel les personnalités médiatiques se confient sur leur manière de voir la vie. Enfin, il se fait connaître du grand public comme réalisateur du film événement « M et le 3è Secret », sur les écrans depuis 2014 et récemment avec « Sous peine d’innocence ».

Par leur vécu et leur vision du monde, ces deux invités permettront de relire les évènements du XXè siècle et de décrypter les enjeux géopolitiques et spirituels de notre temps.

Lieu : salle paroissiale de Saint Lambert de Vaugirard, 117 rue Blomet, Paris XV°

Entrée : 10€ – Réduction pour chômeurs, étudiants , adhérents : 5€

Asie #NLH #NLQ

Béatification des martyrs du Laos : « un acte bénéfique tant pour l’Eglise que l’Etat laotien »

Mgr Louis-Marie Ling Mangkhanekhoun est de passage à Paris. Agé de 72 ans, évêque de Paksé, l’un des quatre vicariats apostoliques qui constituent l’Eglise catholique au Laos, Mgr Ling arrive de Rome où il était en visite ad limina. Dimanche 5 février, il célèbrera en compagnie d’une vingtaine d’évêques et du cardinal André Vingt-Trois une messe d’action de grâce pour la béatification des dix-sept martyrs du Laos, cérémonie qui a pris place le 11 décembre 2016 à Vientiane, capitale du Laos.

Mgr Ling répond ici aux questions d’Eglises d’Asie. L’occasion de faire le point sur la réalité de cette Eglise en pays communiste.

Eglises d’Asie : Ce dimanche 5 février, à la cathédrale Notre-Dame de Paris, vous célébrez, aux côtés d’une trentaine d’évêques, une messe d’action de grâce pour la béatification des martyrs du Laos. Quelle signification revêt cette célébration ?

Mgr Louis-Marie Ling : La cause de béatification des dix-sept martyrs du Laos a été un processus long, qui a duré dix ans. La cérémonie organisée le 11 décembre dernier a pu avoir lieu à Vientiane mais le nombre d’étrangers qui y ont pris part ne devait pas être trop important. Etant le délégué des évêques laotiens pour cette cause de béatification et travaillant en lien étroit avec le P. Roland Jacques, OMI, vice-postulateur de cette cause, nous avons estimé qu’il était nécessaire, une fois les martyrs béatifiés au Laos, de rendre grâce pour cet événement à l’étranger. Sur les dix-sept martyrs, dix sont des prêtres français (cinq des Missions Etrangères de Paris et cinq Oblats de Marie Immaculée), le cardinal Vingt-Trois tenait donc à ce que cette célébration ait lieu en sa cathédrale. La communauté laotienne compte environ 45 000 personnes en France. Parmi eux se trouvent 7 000 catholiques, soit une proportion bien plus importante qu’au Laos. A n’en pas douter, ils seront très nombreux dimanche à Notre-Dame. Des neveux et des nièces des martyrs laotiens vivent dans votre pays ; ils ne pouvaient être à Vientiane le 11 décembre dernier, ils seront à la cathédrale ce 5 février.

Le 11 décembre 2016, dix-sept martyrs du Laos était béatifiés à Vientiane. Que retenez-vous de cet événement ?

C’est un événement historique que l’Eglise ait pu ainsi béatifier certains de ses martyrs dans une capitale d’un pays dirigé, aujourd’hui encore, par un régime communiste. Je suis encore surpris par le fait que les autorités ont donné leur autorisation au déroulement de cette cérémonie du 11 décembre. En 1988, l’Eglise du Vietnam a vu 117 de ses martyrs canonisés ; les évêques à l’époque avaient demandé à Hanoi que la cérémonie soit organisée au Vietnam. Cela leur avait été refusé et elle avait donc eu lieu à Rome. Près de vingt ans plus tard, assurément, nous avons bénéficié d’une attitude plus ouverte des autorités gouvernementales laotiennes. Pour notre part, nous avions aussi pris la peine de présenter ces martyrs selon une forme que le régime en place pouvait comprendre et accepter. Ainsi, nous n’avons pas dit qu’ils étaient morts en haine de la foi, mais qu’ils étaient allés jusqu’au bout du sacrifice de leur vie. Cette béatification a été positive pour les deux parties, l’Eglise et l’Etat laotien. L’Eglise car il est très important pour nous que le sacrifice de nos ancêtres dans la foi soit ainsi reconnu. L’Etat car il a amélioré son image internationale en faisant en sorte que la cérémonie du 11 décembre se déroule sans difficulté. J’ai encore en mémoire le discours qu’a tenu le représentant du gouvernement à l’issue de la messe de béatification, lorsqu’il a souligné que les religions, quelles qu’elles soient, œuvraient à l’édification de la patrie.

Vous revenez de Rome, où vous étiez en visite ad limina. Quels ont été les mots du pape François pour votre Eglise ?

Je suis frappé par le fait que le pape François a semblé véritablement ému à entendre nos expériences respectives, nous les quatre évêques du Laos ainsi que les trois évêques du Cambodge. Dans l’homélie qu’il nous a donnée le 30 janvier à Sainte-Marthe, il a mis l’accent sur « les petites Eglises », en butte aux difficultés de tous ordres, qui deviennent comme autant de « points d’appui » pour les grandes Eglises qui vivent dans un contexte de liberté et de prospérité plus grande. La plus grande force de l’Eglise réside aujourd’hui dans les petites Eglises, très petites, avec très peu de personnes, persécutées, dont les évêques sont en prison, nous a-t-il dit en substance, voyant là la gloire et la force de l’Eglise.

Vous partagez une même Conférence épiscopale avec les évêques du Cambodge. En quoi les Eglises du Cambodge et du Laos sont-elles similaires et en quoi sont-elles dissemblables ?

Les histoires de ces deux pays sont bien différentes mais, pour ce qui regarde l’Eglise, le point saillant qui apparaît de manière évidente aujourd’hui, est le fait que les évêques du Cambodge sont tous des missionnaires étrangers (Français, Espagnol, Indien), là où, au Laos, nous sommes tous quatre des Laotiens. Entre les étrangers et les autochtones, les cultures, les méthodes de travail peuvent différer mais nous nous enrichissons aussi mutuellement de nos différences. Au-delà du gouvernement de nos deux Eglises locales, les situations sont bien sûr très différentes : au Cambodge, les moyens de communications sociales, les médias, sont libres et l’Eglise est libre de s’investir dans ce domaine ; au Cambodge, l’Eglise peut monter des œuvres sociales dans les domaines de la santé, de l’éducation ou de la formation professionnelle. Autant de possibilités dont nous ne jouissons pas au Laos.

Ce 2 février, vous avez été nommé administrateur apostolique du diocèse de Vientiane. Pouvez-vous nous présenter brièvement les deux diocèses dont vous avez désormais la charge, Paksé et Vientiane ?

L’Eglise catholique au Laos compte quatre vicariats apostoliques : Luang Prabang au nord, Vientiane au centre, Savannakhet et Paksé au sud. La très grande majorité des six millions d’habitants du pays est bouddhiste et les catholiques forment une communauté d’environ 50 000 fidèles, servis par très peu de prêtres. Pour ma part, je fais un peu office de « bouche-trou » ! J’ai été nommé en 2000 à Paksé à un moment où l’évêque en poste, Mgr Thomas Khamphan, était déjà très malade ; les prêtres étaient très peu nombreux : deux seulement dont l’un avait près de 90 ans et était affaibli par l’âge et la maladie. Ce qui signifie que, pendant des années, nous n’avons été que deux, un prêtre et moi-même, pour les quatre provinces du Sud qui constituent le territoire du vicariat apostolique de Paksé. Aujourd’hui, six prêtres travaillent avec moi pour 15 000 fidèles. Dans une des provinces, on peut travailler à peu près normalement, mais dans les trois autres cela reste difficile. Près de six catholiques sur dix sont issus des minorités ethniques et nous avons aussi l’aide de quelques prêtres venus du Vietnam voisin, mais ces derniers sont juste tolérés par les autorités ; ils ne peuvent se voir confier des responsabilités trop visibles.

A Vientiane, la situation est un peu différente. Il y a à peu près le même nombre de fidèles (12 000 environ, dont un peu moins des deux tiers issus des minorités ethniques), mais le territoire est beaucoup plus vaste et le manque de prêtres encore plus criant. Avec Mgr Jean Khamsé Vithavong, OMI et désormais évêque émérite, il n’y a que deux prêtres, auquel il faut ajouter sept prêtres vietnamiens.

A l’image de ce qui est écrit dans l’Evangile de Matthieu, pour parvenir à remplir la mission qui m’a été confiée au Laos, je me dois d’être « rusé comme le serpent et doux comme la colombe » ! Le gouvernement prépare une nouvelle réglementation en matière religieuse. Nous ne savons pas encore précisément de quoi celle-ci sera faite, mais je m’attends à ce que les choses deviennent plus difficiles. Certes, le gouvernement ne veut pas remettre en cause l’existence de l’Eglise. Les dirigeants laotiens, à l’image du peuple laotien, ont la religion dans le sang. Lorsqu’un membre du Parti décède, ils font venir les bonzes. Les membres du Parti non seulement fréquentent les temples, mais ce sont eux qui inaugurent les principales fêtes du calendrier bouddhique. Ils ne cherchent donc pas à supprimer les religions mais, concernant le christianisme, ils le perçoivent toujours comme une religion étrangère ; concernant l’Eglise catholique, l’avenir dépend en grande partie de ce que les gouvernements vietnamiens et chinois décideront à propos de leurs politiques religieuses respectives.

Les catholiques forment une petite minorité d’à peine 1 % de la population. Votre Eglise connaît-elle des conversions ?

Ce sont d’abord et avant tout les pauvres qui se convertissent. Cela tombe bien car l’Eglise a une préférence pour les pauvres ! Vous savez aussi que, parmi les communautés catholiques d’origine au Laos, on trouve des communautés formées d’anciens esclaves rachetés par des missionnaires. Après les pauvres, aujourd’hui, ce sont les minorités ethniques animistes qui se convertissent, les Khmu ou bien encore les Hmongs et d’autres encore. Lorsqu’ils viennent à nous en exprimant le désir d’être baptisés, nous nous devons de répondre à leur demande. Nous formons pour cela des catéchistes parmi eux et les baptêmes interviennent deux ou trois ans plus tard.

Les vocations sacerdotales et religieuses suffisent-elles aux besoins de votre Eglise ?

Le grand séminaire est installé à Thakhek, dans le vicariat de Savannakhet. Chacun des trois autres diocèses y envoie ses séminaristes. Ils sont une bonne douzaine au total aujourd’hui. Pour une petite Eglise comme la nôtre, il est difficile de mobiliser un corps professoral suffisant, en nombre comme en qualité. Mais cette faiblesse fait aussi partie de la formation. Chaque semaine, les séminaristes partent dans les villages pour assurer le catéchisme. Une fois ordonnés, je les envoie aux Philippines, qui présente l’avantage d’être un pays anglophone. Très peu de livres en philosophie et en théologie ont été écrits ou traduits en laotien. Il est, par conséquent, indispensable d’apprendre les langues étrangères, l’anglais notamment, lingua franca des évêques des Eglises d’Asie.

Les missionnaires étrangers sont partis en 1975. Peut-on envisager qu’ils reviennent aujourd’hui dans le pays sous une forme ou une autre ?

« Sous une forme ou une autre », c’est la bonne expression. Vous avez compris qu’un certain nombre de prêtres vietnamiens, le plus souvent religieux (jésuites, dominicains, rédemptoristes, etc.), œuvrent au Laos. Leur présence est connue des autorités gouvernementales mais ils doivent rester discrets dans leur apostolat et les missions qui leur sont confiées. Quant à une présence missionnaire étrangère autre que vietnamienne, quelques portes s’entrouvrent mais il faut rester prudent. En Chine, le régime considère l’action du Saint-Siège comme « une ingérence étrangère dans ses affaires intérieures ». Au Laos, c’est un peu différent, même si le discours sous-jacent est que le christianisme est une religion « étrangère ». Pourtant, à ce compte-là, toutes les religions au Laos sont étrangères, y compris le bouddhisme, qui nous est venu du Sri Lanka.

Il existe néanmoins des ouvertures. Après avoir vu ce que des religieuses catholiques vietnamiennes faisaient au Vietnam, le gouvernement laotien leur a demandé de venir au Laos. Depuis un an, les sœurs salésiennes animent ainsi un atelier de couture à Vientiane, la capitale. Les Sœurs de Saint-Paul-de-Chartres sont aussi présentes, en provenance du Vietnam. A chaque fois, il a bien été précisé par le gouvernement qu’elles avaient interdiction formelle de se livrer à un travail d’évangélisation directe, mais elles ont demandé et obtenu d’avoir des chapelles dans les lieux qu’elles habitent – pour leurs besoins propres.

Les autorités sont-elles prêtes à établir des relations diplomatiques pleines et entières avec le Saint-Siège ?

Vous le savez, le Saint-Siège et Vientiane n’entretiennent pas de relations diplomatiques complètes. Le nonce apostolique – actuellement le Sud-Coréen Paul Tschang In-nam – réside à Bangkok et n’est accrédité à Vientiane qu’en qualité de délégué apostolique. On pourrait dire que la balle est dans le camp du gouvernement laotien. Je pense aussi qu’au jour où la question des relations diplomatiques entre le Saint-Siège et la Chine populaire d’une part, le Saint-Siège et le Vietnam d’autre part sera résolue, le Laos suivra très rapidement.

Source : Eglises d’Asie

Dans le Monde

Nous avons essayé tous les “ismes” mais nous devons chercher le christianisme. Mgr Harris

« Il existe beaucoup de colère dans le pays ainsi qu’une quantité excessive de drogue et d’armes et ces dernières sont facilement disponibles ».

Telle est la préoccupation de l’archevêque de Port of Spain, Mgr Joseph Harris, qui, en compagnie de l’évêque anglican, Claude Berkley, et du pasteur Daniel Teelucksingh, de l’église presbytérienne, a dénoncé les maux sociaux et la spirale des homicides qui frappe la communauté de Trinité et Tobago.

« Un homicide est déjà assez grave. Par suite, plus de 400 meurtres constituent un fait terrible. Nous ne pouvons pas vivre de cette manière » a dénoncé Mgr Harris hier, 27 décembre, après la publication du rapport de The National Joint Action Committee (NJAC), qui mentionnait plus de 400 homicides et plus de 100 morts dans le cadre d’accidents de la route.

Il semble que Trinité et Tobago « chemine dans les ténèbres » et attende encore de voir la lumière de Jésus Christ, dans la mesure où la violence est présente chaque jour.

« Le message des Écritures est que les personnes qui cheminaient dans les ténèbres virent se lever une grande lumière. En revanche, il nous semble que nous sommes encore dans les ténèbres et que nous ne voyons pas la lumière de Jésus Christ. Nous avons essayé tous les types de « ismes » : le communisme, le socialisme, le capitalisme mais aucun ne nous aide dans notre façon de vivre. Nous devons nous éloigner de ces « ismes » et chercher le Christianisme » a exhorté Mgr Harris.

 

Ce dernier a conclu son commentaire en relevant que c’est peut-être la première fois que les célébrations de la Veille de Noël ont connu des changements d’horaire à cause de l’insécurité et de la peur des personnes. « Les homicides à Trinité et Tobago sont si nombreux et si terribles que nous pouvons dépasser la situation d’Alep et de Berlin » a déclaré Mgr Harris.

Source

Europe non francophone

Albanie – Un prêtre torturé créé cardinal

Le père Ernest Simoni sera créé cardinal par le pape François le 19 novembre 2016, avec 16 évêques ou archevêques. Ce prêtre albanais torturé et emprisonné sous la persécution communiste, avait ému le pape François aux larmes lors de son voyage à Tirana en 2014. Agé de plus de 80 ans, il sera cardinal non-électeur.

 

Devant le pape, lors de vêpres en la cathédrale Saint-Paul de Tirana, le père Simoni – qui célèbrera ses 88 ans le 18 octobre – avait notamment raconté son arrestation en 1963 après 8 ans de sacerdoce. Frappé et torturé parce qu’il annonçait le Christ, il a fait 17 ans de prison, puis 9 ans de travaux forcés jusqu’à la chute du régime en 1990. Mais son témoignage s’est poursuivi : devenu le père spirituel de nombreux prisonniers, il célébrait la messe en latin de mémoire, distribuait la communion et confessait en cachette. Il avait écrit sur le mur de sa cellule « Ma vie est Jésus ».

« Aujourd’hui, nous avons touché des martyrs », avait déclaré le pape François après son témoignage et celui d’une religieuse : « Avec cette simplicité, ils ont trop souffert, physiquement, psychiquement, avec l’angoisse de l’incertitude, ne sachant pas s’ils allaient être fusillés ou non, et ils vivaient avec cette angoisse. Le Seigneur les consolait. (…) Il console dans l’intimité du cœur et par la force. »

Le pape François avait revu le vieux prêtre lors d’une audience générale en avril dernier : il lui avait alors baisé les mains en signe de respect.

Source Zenith