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Deux minutes pour vous #43 – Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine – “Le mauvais larron aurait-il pu devenir bon ?”

Nous vous avions annoncé le lancement d’une série de vidéos régulières où le père Michel-Marie Zanotti-Sorkine répond à vos questions sous un format très court :

Le mauvais larron aurait-il pu devenir bon ?


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C’est avec beaucoup de bonheur que le Père Michel-Marie répond désormais à vos questions les plus concrètes. C’est toujours une vraie joie de l’entendre traiter, à sa façon et dans sa lumière, les sujets les plus divers. Bonne écoute ! N’oubliez pas de faire suivre à tous vos amis ces petites vidéos qui peuvent faire tant de bien… et de prier pour le Père Michel-Marie dont le ministère est très prenant.

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Indonésie – Condamné à deux ans de prison, l’ancien gouverneur renonce à faire appel

Condamné le 9 mai dernier contre toute attente à deux ans de prison pour « blasphème » et incarcéré depuis dans une cellule du quartier général des forces spéciales de l’armée indonésienne, l’ancien gouverneur de Djakarta, Basuki Tjahaja Purnama, dit ‘Ahok’, a indiqué lundi 21 mai, par l’intermédiaire de ses avocats, renoncer à faire appel. Le lendemain, lors d’une conférence de presse, son épouse, Veronica Tan, particulièrement émue, a lu une lettre manuscrite de son mari exposant les motivations de cette décision surprenante.

Après avoir remercié ses partisans de l’avoir porté dans leurs prières et de lui avoir fait parvenir livres, lettres et fleurs, Ahok explique avoir renoncé à la procédure «  pour le bien de notre peuple et de notre nation ». Chrétien convaincu, il ajoute « [avoir] appris à pardonner et accepté » cette situation. « Je place mon espoir dans le Seigneur, maintenant et à jamais », écrit-il, en citant le psaume 123.

Les avocats de l’ancien gouverneur, qui entouraient Veronica Tan lors de la conférence de presse, ont largement commenté cette décision. L’un d’entre eux, I Wayan Sudirt, a déclaré que son client «  [voulait] être au service du peuple », ajoutant qu’Ahok « [avait] confiance en la volonté de Dieu » ; un autre, Ronny Talapessy, a indiqué qu’Ahok redoutait des violences et un ralentissement de l’activité économique du pays.

Une décision destinée à « protéger le cœur de la nation »

La décision de l’ancien gouverneur a été saluée par une partie des observateurs locaux. « Ahok a montré qu’il disposait d’une âme d’homme d’Etat », analyse le P. Antonius Benny Susetyo, secrétaire national de l’Institut Setara pour la paix et la démocratie, une organisation non gouvernementale qui milite pour les droits de l’homme et la liberté religieuse en Indonésie. « Cette décision est juste, [Ahok] privilégie l’intérêt supérieur de la nation pour que cessent les divisions. »

Ces « divisions » font suite aux propos tenus par le gouverneur Ahok, chrétien issu de la minorité chinoise, lors d’une réunion publique organisée en septembre 2016 dans le cadre de la campagne électorale pour le poste de gouverneur de Djakarta. Commentant la sourate al maidah du Coran, il avait expliqué aux musulmans que ceux qui utilisaient ce passage des écritures leur mentaient lorsqu’ils leur disaient qu’il était illicite pour eux de voter pour un non-musulman. Quelques semaines plus tard, le FPI (Front des défenseurs de l’islam), une organisation radicale connue pour ses manifestations violentes et ses attaques contre les minorités, avait porté l’affaire en justice et le gouverneur avait été poursuivi pour « blasphème ».

Ce procès avait très largement parasité la campagne électorale (le Jakarta Post la qualifiant même de campagne « la plus sale » de l’histoire de la capitale indonésienne), au terme de laquelle Ahok, élu en 2012 et disposant d’un bilan plutôt favorable, avait été battu au deuxième tour des élections du 19 avril dernier. Pendant la campagne, de nombreuses manifestations avaient été organisées par les détracteurs d’Ahok, certains revendiquant même « la peine de mort » contre le gouverneur chrétien issu de la minorité chinoise.

Mobilisation des Nations Unies en faveur de la « libération immédiate » de l’ancien gouverneur

La condamnation à une peine de prison avait contraint le gouverneur Ahok à démissionner, alors que la fin de son mandat était officiellement prévue en octobre. Le vice-gouverneur Djarot Saiful Hidayat avait alors dû le remplacer dans ses fonctions. Mais surtout, ce procès avait profondément divisé la société, un éditorialiste du Jakarta Post dénonçant même « l’équivalent d’une erreur judiciaire », et mobilisé l’opinion publique internationale.

En effet, le 12 mai dernier, Champa Patel, directrice du bureau régional Asie du Sud-Est et Pacifique d’Amnesty International, dénonçait « l’iniquité fondamentale de la législation indonésienne sur le blasphème », réclamant son abrogation immédiate. « Ce jugement va ternir l’image de nation tolérante dont bénéficie l’Indonésie », ajoutait-elle. Pour le P. Magnis-Suseno, jésuite d’origine allemande installé en Indonésie depuis 1961, une voix discrète mais influente de la vie intellectuelle en Indonésie, et fervent artisan du dialogue interreligieux, « il semble se mettre en place une coalition silencieuse faite de généraux à la retraite et de militants islamiques ».

Quelques jours plus tard, le 21 mai, l’Organisation des Nations Unies avait contacté le président de la République, Joko Widodo, ancien gouverneur de Djakarta qu’Ahok avait remplacé à ce poste en 2014, pour solliciter la libération immédiate d’Ahok et la révision des dispositions pénales relatives au blasphème, soulignant une réelle atteinte à la liberté d’expression dans un pays où la majorité de la population est de confession musulmane. Premier pays musulman au monde, avec 200 millions de fidèles (soit 85 % de la population), l’Indonésie est une République démocratique dont Constitution garantit la liberté religieuse. Pour autant, le blasphème constitue un délit, prévu à l’article 156(a) du Code pénal, et puni de cinq ans d’emprisonnement.

Désormais, le sort de l’ancien gouverneur est entre les mains du ministère public. Celui-ci, qui avait requalifié l’infraction en « insulte », et requis une sanction bien inférieure à celle que les juges avaient prises en première instance, a interjeté appel. Contacté par la presse, le bureau du procureur s’est pour l’instant refusé à tout commentaire.

Source : Eglises d’Asie

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Indonésie – “L’extrémisme islamique a été sous-évalué” commente un missionnaire suite à la condamnation du gouverneur

Pour de nombreux indonésiens, hier a été une triste journée. Battu au second tour des élections pour le renouvellement de son mandat comme gouverneur de la capitale, Basuki Tjahaja Purnama, chrétien protestant d’ethnie chinoise, connu également sous le surnom de Ahok, a été arrêté après qu’un tribunal l’ait condamné pour blasphème à deux années de réclusion.

Le père Franz Magnis-Suseno SI, chercheur et enseignant universitaire connu, présent en Indonésie depuis 56 ans, a déclaré : « Il s’agit d’une décision injuste, prise par les juges à cause de fortes pressions des islamistes ». Analyste politique et directeur de l’école de Philosophie des Jésuites à Djkarta, le Père Magnis-Suseno fait état du phénomène du « populisme islamique ». « Les extrémistes chercheront à poursuivre leur campagne en vue des élections présidentielles de 2019 afin de battre le Président Joko Widodo dit Jokowi. Celui qui en bénéficierait serait Prabowo Subianto, l’homme que l’actuel Chef de l’Etat a battu en 2013. Ils chercheront à démontrer que Joko Widodo n’est pas un véritable musulman ».

Un autre scénario est encore plus préoccupant, ajoute-t-il : « Depuis plus d’un an, semble se mettre en place une coalition silencieuse faite de généraux en retraite et de militants islamiques. Une montée des désordres et du chaos social pourrait « contraindre » les militaires à prendre le pouvoir, avec l’appui des islamistes. Il faut remarquer que les vieux généraux n’ont jamais accepté la réforme démocratique mise en œuvre après la chute du dictateur Suharto ».
Selon le Père Magnis-Suseno, il existe deux leçons à apprendre aujourd’hui : « la première est que l’extrémisme islamique a été sous-évalué, même par les grandes organisations musulmanes de la société civile que sont Muhammadiyah et Nahdlatul Ulama (NU). Au cours des six derniers mois, derrière le responsable extrémiste Habib Rizieq Shihab, se sont groupés de manière enthousiaste les jeunes militants de NU et surtout de Muhammadiyah. Il est par suite possible que se vérifie déjà un changement dans l’équilibre de l’islam indonésien. Les radicaux se proclament représentants de l’ensemble de l’islam indonésien, insistant sur l’identité islamique et jouant un rôle central sur la scène politique ».
La seconde leçon concerne la minorité chrétienne : « Les paroles de Basuki Tjahaja Purnama et sa présence même en tant que candidat ont représenté depuis le départ une provocation. Le temps n’est pas encore venu pour l’Indonésie d’avoir un chrétien comme responsable national, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’un chrétien d’origine chinoise – attendu qu’il existe un sentiment antichinois au sein de la société – par ailleurs arrogant et hautain comme Basuki Tjahaja Purnama » qui a inutilement instigué les radicaux, au travers de son discours sur le coran. Dans tous les cas, conclut le Jésuite, « les citoyens chrétiens ont offert à Basuki Tjahaja Purnama un appui pacifique. En signe de solidarité, ils l’ont accompagné jusqu’à la prison, en chantant l’hymne national et en lançant ce message : les baptisés ne sont pas prêts à laisser l’Indonésie tomber entre les mains des fanatiques et des extrémistes ».

Source : Agence Fides

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Indonésie – Le gouverneur chrétien sortant de Djakarta condamné pour blasphème

Un tribunal de Djakarta a reconnu coupable et condamné à deux années de réclusion pour blasphème Basuki Tjahaja Purnama dit Ahok, chrétien d’ethnie chinoise et gouverneur sortant de la capitale. La Cour, dans sa décision de ce jour, 9 mai, a disposé une peine plus dure que celle requise par le Parquet – dont la réquisition s’était limitée à demander deux années de liberté surveillée – alors que les défenseurs du gouverneur sortant ont annoncé vouloir recourir en appel.
La déception est forte aujourd’hui parmi les partisans de Basuki Tjahaja Purnama à Djakarta alors que certains groupes musulmans sont descendus dans les rues de la capitale pour fêter la décision.
« Il s’agit d’une affaire particulièrement triste. Les groupes islamiques radicaux ont influencé cette décision et même l’ensemble de l’affaire, y compris la récente campagne électorale. Nous pouvons seulement dire que ce n’est pas fini : les défenseurs feront appel de la décision alors que nous chrétiens nous en remettons toujours à la justice de Dieu, qui est le Seigneur de l’Histoire » commente le père Agustinus Ulahayanan, secrétaire de la Commission pour le Dialogue interreligieux de la Conférence épiscopale d’Indonésie.
Il ajoute : «  Nous pouvons apprendre une leçon de cette histoire. Ce qu’il y a de positif est de voir que, malgré la déception des chrétiens et de nombreux secteurs de la société, les réactions sont pacifiques et demeurent dans le cadre de la démocratie : les chrétiens indonésiens croient au bien commun et nourrissent un profond respect pour le Pancasila, la charte des cinq principes à la base de l’Indonésie démocratique ». Ce qu’il y a en revanche de négatif est que «  aujourd’hui, nous prenons acte de la faiblesse du système judiciaire et de l’impact qu’ont obtenu les groupes radicaux. Au cours de ces derniers mois, on a assisté à une évidente manipulation de la foi islamique à des fins politiques et ceci constitue un phénomène qui pourra se répercuter également sur les prochaines élections nationales. Il faudra le surveiller et agir avec sagesse ».
Le Père Benny Susetyo, actuellement Secrétaire du Centre d’Etudes bien connu Setara Institute, indique pour sa part : « La condamnation de Basuki Tjahaja Purnama représente une défaite pour l’Etat de droit. Les groupes islamiques radicaux ont remporté la partie et ceci est dangereux pour l’avenir de cette nation ».
Le collège des magistrats d’une Cour du district du nord de Djakarta a déclaré Basuki Tjahaja Purnama coupable de blasphème pour avoir cité de manière impropre une sourate du coran. Le gouverneur sortant était accusé de blasphème au titre de l’article 156 du Code pénal indonésien. Le Parquet, à la fin du procès, en remarquant la faiblesse des preuves et aux vues de différentes circonstances atténuantes, avait requis une peine plus faible que celle décidée au final par la Cour.
Voici quelques jours, des milliers de ballons rouge et blanc ont été remis à Basuki Tjahaja Purnama par ses partisans, chrétiens et musulmans, et plus de 5.000 couronnes de fleurs ont été envoyées au bureau du gouverneur de Djakarta, pour saluer Basuki Tjahaja Purnama, en signe d’affection et de solidarité. Le gouverneur a en effet perdu les élections dans le cadre du ballottage du 19 avril et se prépare à quitter ses fonctions en faveur du nouvel élu, le musulman Anies Baswedan, qui prendra ses fonctions en octobre. Pour l’heure, le gouverneur sortant a été transféré dans une prison de Djakarta. 

Source : Agence Fides

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Pakistan – Un chrétien condamné à la réclusion à perpétuité pour blasphème

Zafar Bhatti, chrétien faussement accusé de blasphème en 2012, a été condamné à la réclusion à perpétuité par un tribunal de Rawalpindi. C’est ce que nous apprennent les sources locales de l’agence Fides.

En 2012, Zafar Bhatti avait été inculpé sur la base de l’article 295 c du Code Pénal pakistanais – l’un des paragraphes formant ce qu’il est convenu d’appeler la Loi sur le blasphème – et condamné suite à l’envoi de messages (sms/textos) à partir de son téléphone portable, messages qui contenaient des outrages à l’islam. Le chrétien rejetait les accusations, expliquant au juge que le numéro téléphonique en question n’avait pas été activé par lui.
Zafar Bhatti avait été arrêté et incarcéré dans une prison de Rawalpindi. Aux vues des menaces pesant sur sa vie, le procès contre lui a eu lieu en prison. La dernière audience a eu lieu le 24 avril dernier et, le 3 mai, le juge a prononcé la décision de le condamner à la réclusion à perpétuité. Selon des avocats chrétiens consultés par Fides, les tribunaux pakistanais ont fréquemment condamné à la peine capitale ceux qui sont accusés de violation de l’article 295 c du Code pénal. Vue la faiblesse des preuves existant à la charge de Zafar Bhatti, ce dernier a été condamné à la réclusion à perpétuité.
L’ONG CLAAS (Centre for Legal Aid, Assistance and Settlement), qui fournit une assistance légale gratuite à Zafar Bhatti, a décidé de présenter un recours en appel contre la décision du tribunal devant la Cour de Lahore. Les avocats chrétiens ayant assuré la défense de Zafar Bhatti ont fait l’objet de menaces, d’où la nécessité de déplacer la procédure devant la Cour de Lahore, où réside la famille de l’inculpé. Selon les avocats, Zafar Bhatti méritait d’être acquitté à cause de l’insuffisance des preuves mais il a été condamné « à cause de la pression des islamistes ».
Nasir Saeed, responsable de l’ONG CLAAS affirme en effet : « Les juges du tribunal continuent à émettre avec légèreté des condamnations dans le cas de personnes accusées de blasphème, renvoyant la responsabilité (des décisions NDT) aux tribunaux de rang supérieur, sans comprendre que leur décision influence lourdement la vie des accusés et de leurs familles. Des années passeront avant que le cas ne soit examiné par la Haute Cour et jusque là, lui et sa famille continueront à souffrir injustement ». « La loi sur le blasphème au Pakistan – remarque-t-il – est continuellement manipulée et utilisée pour se venger dans le cadre de controverses interpersonnelles ».
Récemment, l’Assemblée nationale du Pakistan a approuvé une résolution demandant des mesures visant à empêcher de tels abus, ainsi que l’introduction d’instruments de protection. Toutefois ces requêtes ont rencontré une forte opposition de la part de mouvements et partis islamiques.

Source : Agence Fides

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Chine – Le sort d’un prêtre détenu depuis six mois embarrasse les autorités chinoises

Dans le système judiciaire chinois, les personnes inculpées connaissent généralement très rapidement leur sentence une fois qu’elles sont passées en jugement. Dans le cas du P. Fei Jisheng, un prêtre catholique du Liaoning, dont le chef d’inculpation est une accusation de « détournement de fonds », le tribunal populaire chargé de le juger a statué le 21 mars dernier mais aucune sentence n’a été encore officiellement prononcée, signe d’un embarras certain des autorités locales.

Le 21 mars, le P. Fei Jisheng, prêtre du diocèse de Shenyang, a été jugé à huis clos par le Tribunal populaire de Gaizhou, district de la cité portuaire de Yingkou, dans la province du Liaoning. La police avait pris place devant le tribunal pour en empêcher l’accès et seuls l’avocat du P. Fei et quatre témoins ont été autorisés à pénétrer dans la salle d’audience, tandis que plusieurs dizaines de catholiques s’étaient massé devant le bâtiment pour prier et psalmodier des chants. « Il nous a été dit que le verdict serait rendu le 23 mars mais que la cour ne communiquerait ce dernier que dans une quinzaine de jours, sans plus d’explication », explique à l’agence Ucanews une source anonyme issue de l’Eglise au Liaoning.

Les juges le savent innocent

Ce délai dans le prononcé du verdict et dans sa publicité témoigne, selon les catholiques sur place, de l’embarras des autorités locales à l’endroit du P. Fei. «  Je pense que les juges savent le P. Fei innocent, mais le tribunal veut néanmoins le déclarer coupable. Etant donné que de très nombreux catholiques à travers la Chine suivent cette affaire de près, les autorités sont mal à l’aise pour rendre public le verdict », analyse la même source.

Agé de 40 ans, le P. Fei Jisheng fait partie de ces jeunes prêtres de l’Eglise de Chine qui ont à cœur d’annoncer l’Evangile à la société chinoise d’aujourd’hui. Ordonné en 2000 dans la partie « officielle » de l’Eglise en Chine pour le diocèse de Shenyang, diocèse que les autorités chinoises ont agrégé aux diocèses voisins pour former « le diocèse du Liaoning », ce prêtre mandchou s’est inspiré du dynamisme des pasteurs protestants et des initiatives issues du mouvement charismatique catholique chinois pour mettre en place un parcours de découverte de la foi chrétienne. Intitulé « les Classes apostoliques », ce parcours, lancé en 2007, a vite rencontré du succès, aussi bien auprès des populations de ce Nord-Est chinois laissées de côté par la croissance économique qu’auprès de ceux qui ont su s’adapter aux nouvelles conditions d’une économie et d’une société en pleine reconfiguration. Les « Classes apostoliques » ont essaimé dans tout le Liaoning et dans les provinces voisines du Jilin et du Heilongjiang, ainsi que dans d’autres régions du pays.

Un prêtre dans le collimateur des autorités

Ce succès n’a pas échappé aux autorités et elles ont commencé à surveiller le P. Fei de près. En novembre 2015, le prêtre était brièvement interpellé par les autorités. En juin 2016, lui et quatre proches étaient « mis au secret » par la police pendant un mois, les autorités lui reprochant d’avoir exercé sans autorisation son ministère de prêtre en dehors des frontières de son diocèse. Le 18 octobre dernier enfin, le P. Fei était à Fushun, ville toute proche de Shenyang, où il rendait visite à une communauté de religieuses lorsqu’il a été à nouveau arrêté par la police.

Une fois la nouvelle de l’arrestation du P. Fei connue, le diocèse de Shenyang a mandaté un avocat pour assurer sa défense. « Cela nous a permis de savoir que le P. Lei était mis en examen pour le vol d’une somme d’argent au sein d’une maison de retraite », explique le P. Dong Hongchang, vicaire général de Shenyang, tout en ajoutant que, selon lui, le véritable motif de son arrestation est le succès rencontré par les « Classes apostoliques », une initiative que le gouvernement juge comme ressortant des « organisations illégales ».

Sur les réseaux sociaux, les catholiques chinois font circuler un document de trente pages qui présente, selon eux, le véritable motif de la mise en examen du P. Fei. Sans doute rédigé par des membres des Classes apostoliques, ce document explique que l’arrestation du prêtre est à mettre au compte d’un certain Han Weixing, ancien directeur adjoint de la maison pour personnes âgées mentionnée dans l’acte d’inculpation. Le P. Fei, détaille le document, aidait à la bonne marche de cette maison de retraite quand il a suspecté Han Weixing de corruption et l’a démis de ses fonctions en mai 2016. Désireux de se venger, Han Weixing a ensuite dénoncé le prêtre au Bureau local des Affaires religieuses pour « activité illégale de prédication », mais celui-ci n’a pas donné suite. Han Weixing a ensuite porté l’affaire en plus haut lieu et c’est alors, en juin 2016, qu’une enquête a été diligentée contre le prêtre et les Classes apostoliques. Entretemps, des membres des Classes apostoliques avaient transféré un coffre-fort appartenant au P. Fei de la maison de retraite à l’évêché de Shenyang, et utilisé, avec l’accord du prêtre, une somme de 10 000 yuans (1 300 euros) pour régler des frais liés à leur programme d’évangélisation. La police se baserait sur le retrait de cette somme pour étayer l’accusation de détournement de fonds mais elle se heurterait au fait que le coffre-fort et son contenu appartiennent en réalité au prêtre et que la justice ne peut donc reprocher à ce dernier de détourner une somme d’argent qui lui appartient.

Selon certains catholiques locaux, s’il est très probable que les autorités chinoises cherchent à sévir contre les Classes apostoliques, mouvement dont elles redoutent le dynamisme missionnaire, il se peut aussi que le P. Fei se soit attiré l’inimitié de certains de ses confrères prêtres qui n’apprécieraient pas que les Classes apostoliques viennent intervenir sur le territoire de leurs paroisses.

Source : Eglises d’Asie

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Chine – Condamnés pour avoir acheté et revendu de la littérature chrétienne

Voici un court communiqué qui en dit long. Il confirme, d’abord, que la répression antichrétienne va toujours bon train en Chine communiste. Il rappelle, ensuite, que les membres des églises officiellement reconnues ne sont pas à l’abri de la persécution du régime…

Un tribunal de la province du Liaoning, au nord-est de la Chine, a condamné mercredi [22 février] cinq responsables chrétiens à des peines de prison allant de trois à sept ans pour avoir acheté et revendu de la littérature chrétienne interdite […] le Pasteur Li Dongzhe et Piao Shunnan ont été condamnés à sept ans, Zhao Chunxia et Li Yuan à cinq ans, Shi Jinyan à trois ans. La plupart des condamnés appartiennent à un groupe ethnique minoritaire coréen et vivent en Chine, et tous appartiennent à des églises enregistrées. Ils furent arrêtés en juin dernier.

Source : China Aid, 26 février – © CH pour la traduction.

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Pakistan – La libération d’Asia Bibi, le “plus beau des cadeaux de Pâques” ?

Il y a quelques jours, Asia a envoyé un message à son mari, Ashiq Masih, grâce au précieux soutien d’une gardienne de la prison, chrétienne, qui lui est très proche. Elle a demandé une rencontre, suscitant d’ailleurs une certaine appréhension dans sa famille. La rencontre a eu lieu lundi, le 6 mars. L’époux d’Asia était accompagné de Joseph Nadeem, le tuteur de la famille et responsable de la fondation Renaissance Education Foundation de Lahore, qui accueille et s’occupe de l’instruction des enfants d’Asia et règle, en même temps, les dépenses judiciaires.

« Asia va bien. Sa vue a baissé et elle a besoin de lunettes  », raconte Joseph Nadeem à Vatican Insider. « Elle a demandé à nous voir pour avoir des nouvelles sur la situation politique et savoir où en était son jugement, après le renvoi du procès devant la Cour suprême », sur désistement d’un juge, en octobre 2016. À ce sujet, le tuteur de la famille a fait savoir qu’une instance sera présentée dans le courant du mois de mars pour demander une nouvelle audience devant la Cour. Laquelle, a-t-il souligné, pourrait avoir lieu en avril, et aboutir à l’acquittement d’Asia qui serait alors « le plus beau des cadeaux de Pâques », a-t-il souhaité.

En attendant, Asia prie… « Aie pitié de moi, Seigneur », répète-t-elle inlassablement. Les trois cellules à côté de la sienne sont vides. Elle est totalement isolée. Asia est convaincue que le Seigneur Dieu écoutera sa prière. « Dieu écoute la prière de l’opprimé, et elle y croit de tout son être », a conclu J. Nadeem.

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Pakistan – Réaction de la Commission nationale Justice et Paix après la condamnation de 42 chrétiens

Un tribunal antiterrorisme de Lahore a condamné 42 chrétiens pour terrorisme. Ils étaient accusés du lynchage intervenu suite aux attentats contre deux églises – une catholique et l’autre protestante – du quartier de Youhanabad, à Lahore, le 15 mars 2015.
Après les bombes, la protestation des fidèles avait explosé, se soldant par le meurtre de deux musulmans soupçonnés d’être responsables des attentats, geste condamné par l’ensemble des responsables chrétiens. Au cours des jours suivants, la police avait accompli diverses opérations dans le quartier, arrêtant environ 500 personnes puis confirmant la garde à vue de 84 d’entre eux, les accusant de meurtre et de terrorisme. De ces personnes, 42 ont été innocentées à l’été 2016. Parmi les 42 condamnés de ce jour, se trouvent trois activistes des droits fondamentaux, étiquetés comme « instigateurs de la violence ». Les chrétiens affirment que les homicides ont été le fait d’agitateurs infiltrés au sein de la communauté.
La Commission nationale Justice et Paix des Evêques catholiques exprime sa déception « parce que les forces de l’ordre et les autorités se sont concentrées seulement sur le déplorable incident du lynchage alors que les auteurs de l’attentat criminel contre les églises et les fidèles en prière sont encore impunis ».
Selon l’ONG Centre for Legal Aid, Assistance and Settlement (CLAAS), au moins 32 inculpés « ont été accusés injustement » et les pressions d’extrémistes islamiques peuvent avoir conditionné la décision du tribunal.
Afin de prévenir des incidents de ce genre, au cours de ces derniers jours, l’Assemblée nationale du Pakistan a approuvé le Criminal Laws (Amendment) Act 2016, texte de loi qui punit le sectarisme, les conversions forcées et le lynchage de masse. Le texte, qui doit encore être promulgué par le Président pour entrer en vigueur, a été accueilli comme un progrès en ce qui concerne les conditions des minorités religieuses. Les nouvelles dispositions amendent des lois déjà existantes et prévoient des peines de réclusion d’un à trois ans pour incitation à la haine religieuse et à la violence, alors que les peines vont jusqu’à dix ans dans les cas de mariages forcés de jeunes mineures ou de femmes appartenant aux minorités. En outre, le texte fait du lynchage de la part de « foules qui prennent la loi entre leurs propres mains » un délit pénal. 

Source : Agence Fides

Asie

Chine – Un pasteur à nouveau lourdement condamné, deux élus américains le soutiennent

Gu Yuese, à la tête d’une des plus importantes églises protestantes de Chine, avait déjà été arrêté début 2016 pour détournement de fonds, peu après avoir critiqué la campagne d’abattage de croix menée par les autorités de la province du Zhejiang. Samedi 7 janvier, sa famille a été avertie de la nouvelle arrestation du pasteur Joseph Gu (Gu Yuese, en chinois). Il est détenu au centre de détention de Hanghzou, à nouveau pour détournement de fonds et « divulgation de secrets d’État » , selon le message envoyé à sa famille.

Le député à la Chambre des représentants Chris Smith et le sénateur Marco Rubio ont diffusé le 10 janvier une déclaration condamnant la sentence appliquée au pasteur. Respectivement président et vice-président de la commission exécutive sur la Chine du Congrès des États-Unis, ils ont exprimé leur vive inquiétude suite à la lourde peine de prison à laquelle a été condamné Joseph Gu.

Gu avait déjà été arrêté en janvier 2016 pour le même chef d’accusation. Il avait été détenu au secret pendant deux mois, avant d’être libéré sous caution. Depuis, il a été assigné à résidence, un régime en Chine pouvant aller jusqu’à un isolement quasi complet, seuls quelques proches étant autorisés à rendre visite au détenu. D’après l’ONG China Aid, basée aux Etats-Unis, il a été arrêté à nouveau peu avant Noël.

Joseph Gu est un personnage influent au sein de l’Eglise protestante chinoise. Il dirigeait l’Eglise Chongyi, un groupe de 10 000 personnes à Hangzhou, soit l’Eglise protestante la plus importante reconnue par l’Etat. Habile politique, le pasteur savait se faire apprécier à la fois des autorités communistes et de donateurs étrangers, alors même que les autorités chinoises s’opposent à toute influence étrangère sur les religions en Chine. Gu présidait ainsi la branche locale du Conseil chrétien chinois, l’une des deux organisations officielles qui régissent les Eglises protestantes de Chine.

Mais son opposition à la campagne de démontage de croix dans sa province a entraîné sa perte. Depuis 2014, la province du Zhejiang, dont Hangzhou est la capitale, fait face à de nouvelles règles visant à interdire les grandes croix surmontant les édifices religieux. Dans cette province située au sud de Shanghai, les chrétiens ont longtemps bénéficié d’une grande tolérance de la part des autorités. D’importantes communautés ont ainsi pu se développer, souvent financées par les donations de patrons à succès. Le Zhejiang, et notamment la ville de Wenzhou, est en effet l’un des centres de la production manufacturière en Chine.

Un nouveau chef de la province arrivé au pouvoir en 2013 a mis fin à la tolérance dont jouissaient les chrétiens, en s’attaquant aux croix rouges, parfois lumineuses, qui signalaient les églises de loin. Certains temples ont même été rasés, provoquant la colère des fidèles. Le cas de l’église Sanjiang de Wenzhou, immense bâtisse passée au bulldozer avant même d’avoir été mis en service, avait attiré l’attention sur cette campagne au printemps 2014.

Gu s’était opposé à cette campagne dans certains de ses prêches, ainsi que dans un communiqué publié sur le site internet de l’Eglise Chongyi. En janvier 2016, il avait été démis de ses fonctions de pasteur de l’Eglise Chongyi, avant d’être également chassé du Conseil chrétien chinois. C’est le plus haut responsable de l’Eglise officielle arrêté depuis la Révolution culturelle. Le 29 janvier 2016, il avait déjà été détenu, accusé d’avoir détourné plus de dix millions de yuans (1,3 million d’euros).

La fin de l’année est souvent une période difficile pour ceux que le régime chinois voit comme une menace. Le 23 décembre, la police a confirmé les accusations de subversion du pouvoir de l’Etat contre Jiang Tianyong, un avocat chrétien, actif dans les affaires touchant aux droits de l’homme. Il avait disparu fin novembre. Il avait notamment défendu l’avocat aveugle Chen Guangcheng ou le dissident chrétien Gao Zhisheng.

L’artiste engagé Chen Yunfei devait, quant à lui, être jugé le 26 décembre (il a obtenu d’ajourner le procès en révoquant ses avocats). Le cas le plus célèbre d’utilisation du calendrier pour éviter l’attention internationale reste celui de Liu Xiaobo, prix Nobel de la paix condamné à onze ans de prison, le 25 décembre 2009.

Sources : Eglise d’Asie et Christianophobie Hebdo