A la une #NLH #Tribunes et entretiens

La République peut-elle nous demander l’impossible ? Tugdual Derville

J’étais lundi au collège des Bernardins pour la rencontre proposée par les évêques de France au président de la République avec des personnalités catholiques. Tous arrivés en avance, comme il sied, nous avons attendu l’hôte du jour en discutant. Occasion de faire le point, de nouer des contacts. On oppose trop souvent les chrétiens selon qu’ils ont – prétend-on – la fibre sociale ou la fibre sociétale. Mon expérience auprès d’enfants porteurs de handicap éprouve l’absurdité de séparer respect de la vie et soutien aux personnes fragiles. La richesse des échanges avec d’autres responsables associatifs le confirme.

Pour un peu, l’arrivée d’Emmanuel Macron, imposant le silence, nous aurait frustrés… En écoutant les humbles ou brillants discours, chacun a pu noter la priorité faite aux plus vulnérables et leur juste place au premier rang dans la hiérarchie de l’Église. Mon vieil ami d’À Bras Ouverts, Gilbert, originaire de Guyane, connu lorsqu’il avait 6 ans, a même pu saluer de son fauteuil électrique le chef de l’État.

Du discours de ce dernier, répondant à Monseigneur Pontier, je retiens un paragraphe magnifique : « Vous avez (…) établi un lien intime entre des sujets que la politique et la morale ordinaires auraient volontiers traités à part. Vous considérez que notre devoir est de protéger la vie, en particulier lorsque cette vie est sans défense. Entre la vie de l’enfant à naître, celle de l’être parvenu au seuil de la mort, ou celle du réfugié qui a tout perdu, vous voyez ce trait commun du dénuement, de la nudité et de la vulnérabilité absolue. Ces êtres sont exposés. Ils attendent tout de l’autre, de la main qui se tend, de la bienveillance qui prendra soin d’eux. Ces deux sujets mobilisent notre part la plus humaine et la conception même que nous nous faisons de l’humain et cette cohérence s’impose à tous. »

Si je loue cette reformulation par Emmanuel Macron de la cohérence de l’Église au service des fragiles, c’est sans naïveté : car il nous a « en même temps » demandé de « respecter absolument et sans compromis aucun toutes les lois de la République » (comme si une loi gravement injuste ne souffrait ni contestation ni objection), et de renoncer aux postures « injonctives » pour préférer les « questionnantes » (pour ne pas dire relativistes). Peu rassurant pour la bioéthique en débat. Peut-on répondre aux transgressions par des questions ? Qu’on transpose au racisme ou à la peine de mort : adieu la cohérence ! La République peut-elle nous demander l’impossible ?

 

Source RCF

NLQ #Points non négociables PNN

Macron aux Bernardins – Tugdual Derville rappelle le primat de la conscience sur les lois de la république et attend des actes

 

 

En Afrique #NLQ

La sensibilisation des consciences réalisée par l’Eglise, un problème pour les hommes politiques

En République démocratique du Congo, les institutions politiques luttent ouvertement contre l’action de sensibilisation des consciences menée par l’Eglise. C’est ce que raconte à l’Agence Fides le Père Rigobert Minani Bihuzo, jésuite congolais et politologue, responsable jusqu’à une date très récente de l’Apostolat social de la Compagnie de Jésus en Afrique et souvent médiateur entre les Evêques et le gouvernement. « L’action de l’Eglise en faveur de la restauration des valeurs constitutionnelles dérange les dirigeants politiques du pays » explique le Père Minani Bihuzo.
Au cours de ces derniers jours, l’affrontement institutionnel entre le Président sortant, Joseph Kabila, et l’Eglise s’est fait plus âpre. Ces jours derniers en effet, quelques centaines de jeunes militants du parti de J. Kabila, sont parvenus dans la zone de la Cathédrale Notre-Dame, à Kinshasa, et en ont occupé le parvis. Le tout a lieu alors que le Comité laïc de coordination (CLC) a organisé de nouvelles marches non violentes.

La Conférence nationale des Evêques du Congo (CENCO) a joué un rôle délicat ces deux dernières années. En 2016, le mandat présidentiel de Joseph Kabila est arrivé à échéance mais ce dernier ne semblait pas avoir l’intention de se retirer. Pour éviter que la situation ne se résolve en un affrontement violent entre le gouvernement et l’opposition, les Evêques ont pris en charge une médiation qui a porté à l’accord du 31 décembre 2016.

« L’accord en question – relève le Père Minani Bihuzo – prévoyait des élections en 2017, la nomination d’un Premier Ministre choisi dans les rangs de l’opposition, des espaces pour l’opposition dans les moyens de communication de masse, la libération des prisonniers politique, le retour en RDC de Moise Katumbi, responsable de l’un des partis minoritaires. Les Evêques étaient, en quelque manière, les garants. J. Kabila et son groupe de pouvoir non seulement n’ont pas appliqués les accords mais les ont bouleversés ».

Les Evêques se sont sentis trahis et avec eux une grande partie du pays. En est née une révolte morale des catholiques s’exprimant au travers de marches de protestation, réprimées par les forces de l’ordre. « Attention – observe le Père Minani Bihuzo. Les initiatives en question n’ont pas été organisées par les hiérarchies mais par les laïcs. Ce qui m’a frappé en particulier a été l’initiative de certaines organisations de la société civile au sein desquelles a été réaffirmé le fait que la transition avec J. Kabila ne fonctionnera pas, demandant par suite sa démission immédiate ».

La CENCO a demandé à plusieurs reprises à J. Kabila de quitter le pouvoir et de ne pas lancer d’initiatives unilatérales – révision de la Constitution, référendum etc.. « En privé – révèle le Père Minani Bihuzo – J. Kabila a déclaré aux Evêques qu’il ne se portera pas de nouveau candidat mais il ne l’a jamais confirmé publiquement. L’impression est qu’il ne veut pas partir. Pour ce motif, outre sa démission, J. Kabila doit immédiatement établir un calendrier électoral portant le peuple aux urnes d’ici la fin de cette année. Si cependant rien de devait changer, l’ensemble des 48 Diocèses congolais organisera des initiatives coordonnées ».

Le Père Minani Bihuzo rappelle enfin qu’au Kasaï, pendant longtemps, églises, couvents et communautés ont été victimes d’assaut, d’incendies et de destruction. Après la dure réaction du Pape François et de la communauté internationale, les actions en question ont vu leur nombre diminuer mais elles n’ont pas cessé. De nombreux oratoires et Paroisses sont encore mis à sac. Des prêtres, des religieuses mais aussi des laïcs engagés subissent des vexations, affirme le Jésuite.

Source Agence Fides

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La conscience comme droit de l’homme – Louis-Léon Christians

De Louis-Léon Christians, professeur ordinaire à l’UCL, titulaire de la chaire Droit et Religions, expert auprès du Conseil de l’Europe, en tribune sur le site du Soir :

La conscience comme droit de l’homme

La liberté de conscience semble plus que jamais un acquis précieux, à l’heure où les consciences sont de plus en plus fréquemment perçues comme des « signes faibles » de dangerosité potentielle et justifient de nouvelles références à la « raison d’Etat ».

Qu’il y ait incompatibilité entre les deux projets humains que sont démocratie et théocratie est toujours utile à rappeler : nos lois sont adoptées par les élus de la Nation, dans le respect de la séparation entre l’Etat et toute organisation religieuse ou philosophique. Il est toujours bon de redire à toutes ces organisations qu’elles ne peuvent nullement s’estimer maîtres de l’Etat, comme ne l’est d’ailleurs aucune autre organisation, professionnelle, politique, syndicale, sportive, scientifique, commerciale, etc. La loi civile, de son point de vue, les prime toutes et se borner à évoquer la loi religieuse semblerait bien discriminatoire.

Seul le Parlement, à la majorité prévue, fixe la Constitution et les Lois. Est-ce toutefois à dire que la volonté de cette majorité élue « prime » réellement « tout » ? Il faut être attentif à l’ambiguïté qui frappe le verbe « primer ». Il appelle quelque prudence : évoque-t-il le champ du droit, le champ de la morale ? s’oppose-t-il à la violation de la loi ou aussi la critique de la loi ? Sans doute faut-il surtout rappeler la primauté des « droits de l’homme ».

Première sagesse

Et parmi les différents droits de l’homme garantis, la liberté de religion et de conviction fixe certaines bornes aux « rapports de primauté » en matière religieuse et convictionnelle. Le pouvoir de l’Etat s’y voit limité, comme le sont aussi les abus de tout tiers, envers ce que chaque personne estimera être les exigences de sa conscience. La légère complexité des formules européennes rappellera, même aux non-experts, que la première sagesse des droits de l’homme tient précisément à rechercher un équilibre raisonnable entre les différentes prétentions de pouvoirs et celles de la libre conscience humaine. Cette dernière ayant, elle aussi, à trouver une voie de coexistence pacifique dans une société pluraliste.

Il est donc bon, au moment où l’on cherche des formules, de rappeler celle de l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’homme, que la Cour du même nom veille à garantir aux huit cents millions d’habitants du Conseil de l’Europe :

1. Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites.

2. La liberté de manifester sa religion ou ses convictions ne peut faire l’objet d’autres restrictions que celles qui, prévues par la loi, constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité publique, à la protection de l’ordre, de la santé ou de la morale publiques, ou à la protection des droits et libertés d’autrui.

Une garantie controversée

Il ne conviendrait pas, sous le vocable lui aussi ambigu de « loi religieuse » de confondre la condamnation européenne de la théocratie avec la protection européenne de la liberté de conscience. Or cette garantie, considérée longtemps comme un progrès des droits, redevient polémique et controversée. Ainsi, les consciences sont de plus en plus fréquemment perçues comme des « signes faibles » de dangerosité potentielle et justifient de nouvelles références à la « raison d’Etat » : une censure discrète à travers des conditions d’accès ou de subventionnement, une extension de l’appareil répressif, une résurgence de nouveaux délits d’opinion. Un ensemble de mesures qui viennent brouiller les frontières entre la libre diversité des convictions et la répression de la violence.

Un acquis précieux

Que le passage à la force ou à la violence soit à l’opposé des démocraties est une évidence. De même, les démocraties s’opposent-elles à l’imposition de convictions par la contrainte – physique, psychologique ou économique. Mais en revanche, la libre formation des consciences, y compris dans la diversité de leurs sources d’inspirations et dans la variété de leurs lieux, doit demeurer un acquis précieux, même et surtout en période d’incertitude.

Aussi bien, la question de la primauté de la loi des hommes sur celle de Dieu, nouveau mantra du débat public, enferme dans des dilemmes et quelques leurres. La question première nous semble avant tout celle de savoir si l’homme, citoyen ou croyant, sera conçu comme un automate soumis à des circuits normatifs qui le téléguideraient, ou s’il est appelé, comme citoyen et comme croyant, à la responsabilité d’un être de conscience, capable d’un décentrement critique et d’une empathie constructive.

Pour dénoncer certains jeux et abus de pouvoirs religieux ou convictionnels, il conviendrait de les viser tous sans discrimination, et sans prendre le risque d’une limitation subliminale de la liberté des consciences individuelles, religieuses ou convictionnelles. D’autres autorités viendront rappeler le moment venu les règles de primautés des droits de l’homme et l’exercice de proportionnalité qu’ils exigent, loin de toute polarisation facile.

 

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Conférences/Formations #NLQ

Colloque Ethique et Conscience – Choisis la vie à Montpellier (34) le 15 février et Béziers le 17 février

Le thème du colloque Ethique et Conscience cette année est “Choisis la Vie”. Il aura lieu à Montptellier le 15 février à la Villa Maguelone et le 17 février à Béziers, salle Saint Guiraud.
Inscription obligatoire : 

NLH #NLQ #Sorties/Animations

Soirée exceptionnelle – Jérôme Lejeune, une conscience pour la science d’aujourd’hui – le 9 octobre à Versailles

Soirée « Avec Jérôme Lejeune, grand défenseur de la vie »

organisée par les AFC de Versailles

le lundi 9 octobre 2017

Au Cyrano, 7 rue Rameau Versailles (78)

20h30 film “Aux plus petits d’entre les miens”

21h45 débat avec Jean-Marie le Méné “Jérôme Lejeune une conscience pour la science”

Public :  tous à partir de 15 ans. Sont spécialement invités lycéens, étudiants, jeunes pros, jeunes parents.

PAF 5€
 Nombre limité de places

Réservation

Contact
06 16 80 56 65
secretariat@afcdeversailles.org

AFC – Fédération des Yvelines

Doctrine / Formation #NLH #NLQ #Philosophie

Conscience et Vérité – Cardinal Ratzinger

Conférence faite aux États-Unis en 1991, traduite et publié in Communio N° XXI, 1–janvier-février 1996

« Aujourd’hui, spécialement dans le domaine de la théologie morale catholique , le problème de la conscience se trouve au coeur de la question morale. Le débat tourne autour des concepts de : liberté et norme, autonomie et hétéronomie, auto-détermination et détermination par une autorité extérieure. Dans ce contexte, la conscience apparaît comme le rempart de la liberté face aux limitations imposées à l’existence par l’autorité. De ce fait, deux conceptions du catholicisme se trouvent confrontées : une intelligence renouvelée de l’essence de la foi chrétienne lui permettant de s’épanouir en raison même de sa liberté – et en tant que principe de liberté – et une conception « anteconciliaire » dépassée, assujettissant l’existence chrétienne à l’autorité en normalisant la vie jusqu’à l’intime et tentant par là de maintenir son pouvoir sur les hommes. Ainsi, morale de conscience et morale d’autorité apparaissent comme deux modèles opposés en conflit mutuel. La liberté du chrétien serait alors sauvée par l’axiome de la tradition morale à savoir que la conscience est la norme ultime – même face à l’autorité… »

Lire le document en entier Conscience et Vérité Ratzinger Communio.

 

Source Documents ICHTUS

NLQ #Tribunes et entretiens

Voter en conscience : entretien avec Guillaume de Prémare

17Afin de donner des pistes pour nous permettre de voter en conscience, Guillaume de Prémare revient sur la définition même du mot conscience avant de nous donner quelques critères.

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Morale – En conscience viser un mieux ne peut justifier un mal ! La conscience doit s’éduquer

Certains Évêques ont déclaré que les Catholiques unis par un mariage non canonique mais “ayant la conscience en paix” avec le Seigneur devraient être autorisés à recevoir la Sainte Communion. Ceci n’a jamais été la croyance ni la pratique de l’Église, et cependant ils soutiennent que selon les racines de l’enseignement traditionnel la conscience doit être respectée même si elle est dans l’erreur. Une omission, pourtant : seules les directives de la conscience sont contraignantes, et non tous ses jugements, et la conscience est soumise à l’enseignement et au jugement de l’Église. Ces vérités étant bien rappelées, la pratique apostolique de l’Église se dégage aussi clairement que les erreurs répandues par les récentes et injustifiées innovations.

Selon la pensée Catholique, la conscience a deux fonctions. En premier lieu, elle incite parfois à commettre ou éviter telle ou telle action. Action pouvant être visible ou intime. La conscience est naturellement investie de cette autorité car elle est l’expression de la raison inspirée par Dieu. Bien que sujette à l’imperfection et à l’erreur, elle doit être suivie car provenant de la voix divine. C’est pourquoi notre premièr devoir consiste à accorder notre conscience à la vérité et à en suivre les directives sans tenir compte des contraintes terre-à-terre.

L’autre fonction de la conscience consiste à évaluer les actions passées, présentes, ou projetées. On pourrait l’appeler “sens moral”. Elle juge, par exemple, si tel ou tel acte est juste ou non, bon ou mauvais, acceptable, mais sans pour autant engager une action. Elle manque parfois de netteté ou de certitude. On ne peut la comparer aux impressions ou aux opinions pour juger la raison. Sauf cas exceptionnels poussant à agir, ces jugements peuvent et doivent dépendre des autorités légitimes.

Nous sommes soumis aux ordres de notre conscience par devoir, et non par conformité au bien : elle est alors notre unique guide. Après quoi le jugement de la conscience peut réévaluer nos actes ou jugements précédents à la lumière d’une meilleure vision de la vérité. On pourrait alors découvrir qu’on a commis une erreur, guidé par une conscience mal informée. Ainsi, les deux rôles sont distincts mais inséparables.

Il faut reconnaître, c’est essentiel, que la conscience, tout comme les facultés de raisonnement et de volonté, a été créée avec un objectif : nous rendre aptes à réagir et nous consacrer à Dieu, à notre prochain, à toute la création. La conscience engage donc toute la personne de l’homme, ouvrant un dialogue continu et entretenant nos relations et notre devenir. Elle a un caractère éternel.

Ceci signifie que la conscience, par ses exigences comme par ses jugements, est personnelle et partagée, non pas individuelle, autonome. Nul n’est seul, individu isolé en conscience face à Dieu car chacun entretient des milliers de relations avec autrui. Y-compris une relation avec le Christ et l’Église qui, en union avec l’Esprit-Saint, intercèdent pour guider chacun dans la vie vers Dieu. Les Chrétiens, évidemment, figurent ainsi comme membres du Christ et de Son Église.

Ces vérités relatives à la conscience posent un dilemme. Les conseils de la conscience doivent suivre la volonté de Dieu pour notre propre bien, pour autrui, pour tout le monde. Nous ne voulons pas, que ce soit délibéré ou par inadvertance, agir ou juger de travers à cause du mal qui en résulterait. Néanmoins nous savons que sous nombre d’influences mal identifiées — dont le péché — nos perceptions et jugements sont faussés, erronés. Qui donc peut, seul, se croire capable de juger la moralité et, précisément, les circonstances, quand des intérêts personnels sont en jeu — par exemple, la validité d’un mariage ?

C’est précisément en vue d’éclairer et de conforter la conscience que Jésus a proclamé l’Évangile et appelé à Lui les hommes, membres de Son Église, mettant en œuvre son rôle pastoral et son Magistère infaillible. L’Église, Son épouse, ne remplace ni ne contraint la conscience, mais, avec Lui, aide la conscience en enseignant, corrigeant, guérissant, et, si besoin en contredisant. Là réside toute la mission du Christ et de l’Église : en conscience nous reconnaissons le péché, accueillons l’Évangile, et vivons en enfants de Dieu. Ce serait donc trahir le Christ que suggérer une conscience, guide ou juge, contredisant l’Église et son jugement.

Selon sa charge apostolique, l’Église a entrepris de dénoncer l’erreur des consciences qui vont à l’encotre de l’Évangile et a appliqué divers remèdes d’ordre pastoral pour inciter ses membres à corriger les croyances et pratiques erronées. Son but est simple. Jésus est venu libérer chacun afin de partager Sa joie en vivant la vérité de Dieu dans l’amour, même pour les victimes innocentes chargées et captives d’erreurs.

Et donc, l’Église ne s’est jamais réduite à aider les fidèles pour savoir s’ils ont leur conscience “en paix avec Dieu” comme certains l’ont récemment déclaré, insistant au contraire sur le devoir de conscience des Catholiques d’accepter et de vivre l’Évangile tel qu’il est enseigné par l’Église. Autrement, nul, en toute bonne conscience, n’aurait pu se faire refuser la Sainte Communion, même si ses croyances et son comportement lui étaient préjudiciables ainsi qu’à autrui.

À l’inverse de certaines récentes innovations, l’Église a constamment enseigné qu’un jugement de conscience ne saurait invoquer “un mieux” pour justifier de mauvaises actions telles que frapper des populations civiles lors d’une guerre, pratiquer la contraception ou avoir des relations sexuelles hors mariage. De telles pratiques éloignent le jugement faillible des consciences de l’Évangile proclamé par l’Église. Bien sûr, il faut écouter sa conscience si elle ordonne par erreur de tels actes Cependant, l’Église peut toujours tenter de les dissuader et de les corriger, même en leur refusant la Sainte Communion, afin de les guider, eux ainsi que d’autres, pour mettre fin à des comportements fautifs au profit de saines attitudes. Il ne s’agit nullement de juger leur culpabilité ni de leur refuser l’accès à la grâce divine.

L’Église doit juger les consciences et opposer erreurs, mal et culpabilité à l’innocence. Nous savons combien de tragédies se sont produites quand des évêques et des membres du clergé ont écarté de leurs vies l’enseignement Catholique et la discipline en l’Église. La répétition de cette erreur par certains pasteurs est décourageante. La continuité authentique de la pastorale demeure néanmoins une source de consolation et d’espérance.

 

 par le père Timothy V. Vaverek

Source et Traduction France Catholique

Conférences/Formations

“2017 : la France à l’heure des choix, comment voter en conscience ?” Guillaume de Prémare à Vannes

Les Associations Familiales Catholiques (AFC) du Pays de Vannes accueilleront Guillaume de Prémare, Délégué Général d’ICHTUS pour éclairer nos consciences et nos intelligences à l’heure des choix,

Jeudi 30 mars à 20h45 – Maison diocésaine de Vannes

Il s’agit de prendre le temps d’une soirée, pour affronter la question de la conscience et de notre responsabilité civique à la lumière des enjeux du nouveau quinquennat qui s’annonce.

Voir ici l’entretien que nous avons publié avec Guillaume de Prémare : les catholiques peuvent/doivent-ils voter en conscience ?

Source