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Le monastère de Taulignan : des dominicaines entre plantes aromatiques et senteurs de la Drôme

Un article proposé par Divine Box.

Le monastère de la Clarté Notre-Dame de Taulignan fut fondé au XIXe en Provence, près de Montélimar. Différentes communautés se sont succédé sur place, et c’est aujourd’hui une communauté de dominicaines qui habite les lieux, depuis 1956. Si les soeurs ont une vie monastique surtout orientée vers la prière et la contemplation, elles sont aussi les reines de l’écologie grâce à leur jardin !

 

Divine Box vous raconte en 3 minutes tout ce qu’il faut savoir sur le monastère de Taulignan et sa communauté, c’est parti !

Les soeurs du monastère de Taulignan sélectionnent à la main les plantes de leur jardin pour réaliser des produits bio – Crédits Photo : Le Cèdre

Ça va de soie !

Notre histoire commence au XIXe siècle, en pleine Provence (**kss kss kss** – bruit de cigales)… En effet, des religieuses, dont on ne sait plus grand chose aujourd’hui, s’installent à Taulignan, village réputé pour son travail de la soie. L’objectif des soeurs est en effet de former à ce métier de jeunes orphelines de Lyon, pour les remettre sur de bons rails !

Pour l’anecdote, aujourd’hui encore devant la mairie de Taulignan, le musée de la soierie rappelle le savoir-faire des religieuses de l’époque…

Le musée de la soie à Taulignan permet de revivre l’activité des soeurs du monastère de Taulignan au XIXe siècle – Crédits Photo : Musée de la soie de Taulignan

 

La petite santé

Plus tard, au début du XXe siècle, les soeurs ferment leur atelier, et sont remplacées par des chanoines, qui partiront à leur tour dans les années 1940. Mais en 1956, une religieuse dominicaine redonne vie à Taulignan en créant une communauté contemplative spécialement adaptée aux soeurs en « petite santé ».

Ainsi, les soeurs suppriment les offices de nuits, et adaptent leur jeûne aux possibilités de chacune. Le succès est immédiat : quatre petites fondations naissent dans la foulée ! Par la suite, tout ce beau monde se rassemble à… Taulignan !

Sœur D. nous fait faire le tour d’un des champs de lavande du monastère. Le monastère de Taulignan, grâce à son cadre idyllique, fut dans les années 50 spécialement réservé aux soeurs à la santé fragile – Divine Box

C’est parti pour l’Afrique !

Rapidement, la communauté rayonne, et monte à cinquante soeurs dans les années 1970. Mais les bâtiments, trop étroits, les obligent à essaimer… avec succès encore une fois ! Une première fondation est ainsi créée au Burundi, puis une seconde au Bénin.

Quelques années après, une fois ces fondations bien implantées et autonomes, les soeurs fondatrices reviennent en France. Car à Taulignan, il y a du boulot…

Les sœurs nous font découvrir les plantes aromatiques qui poussent autour de leur monastère – Divine Box

La solidarité agricole

En effet, à l’époque, les soeurs peinent à trouver une activité manuelle rentable… Elles possèdent bien des vignes mais celles-ci ne sont pas vendangées et assez mal entretenues par leur agriculteur qui n’hésite pas parfois à utiliser des pesticides… Sans compter la crise viticole qui frappe toute la région !

En 2007, la communauté est même obligée de fermer son atelier de reliure, car les soeurs qui en avaient la charge sont parties dans une autre abbaye.

C’est finalement grâce à l’aide précieuse d’un pionnier en agro-écologie que les soeurs découvrent que leur terre est très propice à la culture de plantes. Super nouvelle !

Une grande solidarité s’organise alors autour des soeurs, avec notamment la Chambre d’Agriculture. Et un poil plus tard, c’est un gentil bienfaiteur qui leur vient en aide en les équipant d’une distillerie à plantes. C’est soeur Madeleine-Marie, ancienne ingénieure de formation, qui s’occupera de la transformation des plantes aromatiques. Et les voilà reparties de plus belle sur des nouveaux produits monastiques !

Aujourd’hui encore, les dominicaines du monastère de Taulignan distillent les plantes de leur propriété dans leur atelier artisanal – Divine Box

Et aujourd’hui ?

Aujourd’hui, le monastère de la Clarté Notre-Dame de Taulignan compte onze dominicaines. Les soeurs vivent ainsi selon les écrits de saint Dominique, et suivent l’idéal de ce dernier : « louer, bénir, prêcher ». Mais si l’ordre dominicain est davantage connu pour son apostolat, les soeurs de Taulignan, elles, ont une vie bien plus contemplative.

En plus de leurs sept prières quotidiennes, elles travaillent ainsi de leurs mains, que ce soit dans les champs, à la distillerie ou à l’archivage !

Les soeurs du monastère de Taulignan sont des dominicaines, leur vie monastique se concentre donc principalement sur la prière et la contemplation de Dieu – Divine Box

Les reines de l’écologie

Avec les années, les soeurs de Taulignan sont devenues, pour l’artisanat monastique, une référence de la culture bio ! Mais leur expertise pratique se dote aussi d’une profonde base philosophique et théologique. Pendant un an, les soeurs ont en effet suivi des cours sur l’écologie, notamment par des pointures à la Chambre d’Agriculture.

Et pour transmettre tout ça, les soeurs animent régulièrement des formations avec Oeko-logia, une association d’agro-écologie fondée par Fabien Révol, enseignant chercheur. C’est pas beau, ça ?

La main verte

Et qui dit expertise, dit exemplarité ! Au monastère de Taulignan, pas question d’utiliser des produits chimiques, ou d’importer des plantes de l’extérieur. Les soeurs font tout à la main, et, plutôt que le tracteur, utilisent autant que possible les « grelinettes » (un petit mot rigolo qui désigne une bêche spéciale pour aérer la terre).

Les panneaux solaires chauffent l’eau de l’hôtellerie, et l’eau de javel est remplacée par leur hydrolat de romarin ! Elle est pas belle la vie provençale ?

 

Cependant, le soleil provençal peut parfois causer bien des dommages. En juin dernier, le monastère a ainsi subi un incendie… Un des champs de lavande ainsi que le hangar agricole ont pris feu : résultat, les sœurs ont perdu la récolte de romarin et de lavande qu’elles s’apprêtaient à distiller… Coup dur !

Une soeur du monastère de Taulignan cueille à la main des plantes dans son jardin, afin de réaliser des huiles essentielles et des tisanes bio — Divine Box

Et pour découvrir les produits du monastère de Taulignan ?

Les soeurs du monastère de Taulignan réalisent toute une gamme de produits naturels et artisanaux : plantes séchées, hydrolats, huiles essentielles, gelées…

 

Vous pouvez vous rendre à la boutique du monastère (980 chemin de l’Ecluze, 26770 TAULIGNAN) si vous habitez à proximité. Ou bien cliquez ici pour retrouver les tisanes des sœurs de Taulignan sur la boutique en ligne Divine Box !

 

Et cliquez ici pour en savoir plus sur le monastère de Taulignan  : leur rôle de conservatrices d’archives, leurs anecdotes sur leurs premières distillations etc…

 

 

 

Annonces #Messes/Prières/Pèlerinages #NLQ

Pélé Ô Sommet, pélé dans les Pyrénées pour les jeunes de 18 à 30 ans du 1er au 8 août 2019 de La Sarra (Espagne) à Lourdes (65)

Le Pélé Ô Sommet est proposé par le diocèse de Nantes aux jeunes à partir de 18 ans, il se déroulera dans les Pyrénées du 1er au 8 août 2019.

Accompagnés par les pères Édouard Roblot et Yann Vignon, nous te proposons de vivre :

  • 8 jours de randonnée en montagne de La Sarra en Espagne, jusqu’à Lourdes pour rejoindre le pèlerinage national « Open Source ».
  • 8 jours en compagnie du bienheureux Pier Giorgio Frassati pour viser les hauteurs des monts et grandir dans la foi en faisant nôtre sa devise : « verso l’alto » !
  • 8 jours pendant lesquels nous aurons l’occasion de nous ressourcer, de rompre avec nos habitudes sédentaires ou de remettre en marche nos corps trop habitués à la vie urbaine.
  • 8 jours pour répondre à l’appel de Jésus et Marie qui nous attendent à Lourdes pour nous consoler, nous guérir et nous donner la vie en abondance !

Au programme de ces 8 jours :

  • Marche et contemplation de la beauté de la création
  • Prières, temps de partage et topos guidés par les padres
  • Une vie fraternelle renforcée par l’effort physique

Nous vivrons ce pélé en groupes constitués par tranche d’âge et/ou par groupe d’appartenance (Aumonerie, Even, JP…) pour partager marche, vie fraternelle et temps spi.

Infos pratiques

  • 5 jours de marche et une montée à 3005 mètres d’altitude (accessible à tous niveaux !) et 1 journée solidarité du 1er au 6 août. Puis 2 jours à Lourdes les 7 & 8 août.
  • Nous organiserons un covoiturage Nantes – Pau. RDV le 1er août tôt le matin à Pau. Retour aux voitures le 9 août au matin.
  • Budget : 160€ pour les 8 jours sans compter le trajet jusqu’à Pau.

Tu es intéressé ? Inscris-toi dès que possible sur le lien suivant.

Les inscriptions sont ouvertes

Rejoins le groupe Facebook de l’événement pour te tenir au courant des actualités.
Notre adresse : peleosommet@gmail.com

Articles #NLQ #Tribunes et entretiens

Deux minutes pour vous #56 – Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine – « Pourquoi l’Église encourage-t-elle la prière du chapelet alors que le Christ nous dit de ne pas rabâcher en priant ? »

Nous vous avions annoncé le lancement d’une série de vidéos régulières où le père Michel-Marie Zanotti-Sorkine répond à vos questions sous un format très court :

Pourquoi l’Église encourage-t-elle la prière du chapelet alors que le Christ nous dit de ne pas rabâcher en priant ?


Version Audio seule

C’est avec beaucoup de bonheur que le Père Michel-Marie répond désormais à vos questions les plus concrètes. C’est toujours une vraie joie de l’entendre traiter, à sa façon et dans sa lumière, les sujets les plus divers. Bonne écoute ! N’oubliez pas de faire suivre à tous vos amis ces petites vidéos qui peuvent faire tant de bien… et de prier pour le Père Michel-Marie dont le ministère est très prenant.

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Conférence sur le linceul de Turin le 13 avril 2019 à Biarritz (64)

Dans le cadre du carême, la paroisse Notre-Dame du Rocher-Biarritz propose une conférence sur : “De la connaissance à la contemplation du Linceul de Turin” avec l’association “Montre-nous ton visage”, jeudi 13 avril 2019 à 17h à l’église Saint-Charles de Biarritz.
tel : 05 59 23 08 36
A noter qu’un concert “Miserere” sera donné à Ste-Thérèse le soir à 20h avec le petit choeur Kantariak.

 

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Projection du film “Leur souffle” le 5 avril à Saint-Jean-de-Luz (64)

L’Association Familiale Catholique Côte Basque vous invite à une séance cinéma le vendredi 5 avril à 18h15 au cinéma Le Select de Saint-Jean-de-Luz.
Elle vous propose le film “Leur souffle” qui raconte l’histoire de Sœur Bénédicte qui va faire ses vœux perpétuels. Elle s’apprête à vivre cloîtrée dans une abbaye bénédictine avec d’autres sœurs. Tarif adhérent : 4€.
AFC Côte Basque, tel 06.72.72.15.69.

NLH #NLQ #Sorties/Animations

Alsace | 21e Chemin d’Art Sacré en Alsace – expositions dans des églises du 29 juin au 20 octobre 2018

Du 29 juin au 20 octobre 2018, une série d’artistes contemporains exposent leur travail dans une dizaine d’églises de la région. Une invitation à la méditation et à la contemplation.

Chaque année, les visiteurs sont invités à découvrir une dizaine de lieux de culte alsaciens sous un nouveau regard. Celui d’un mélange subtil entre art contemporain et architecture du lieu.

Les artistes participants ont ainsi du apprivoiser le bâtiment qui leur a été attribué afin d’en saisir au mieux l’identité et de pouvoir proposer, par la suite, un travail artistique en harmonie avec le lieu. Chacun a ainsi choisi une thématique et travaillé de concert avec l’équipe locale.

En savoir plus

Messes/Prières/Pèlerinages #NLH #NLQ

Clarisses : vivre le Carême avec Sainte Claire chaque jeudi du 15 février au 22 mars 2018 à Cormontreuil (51)

“Regarde le Christ, médite-Le, contemple-Le, et n’aie d’autre désir que de L’imiter”

 

Après Saint François l’an passé, les Sœurs Clarisses de Cormontreuil vous invitent à vivre le carême 2018 avec Sainte Claire :

chaque jeudi de 18 h 30 à 21 h 30, du 15 février au jeudi 22 mars

Sur le thème :

“Sur un chemin de conversion”

 

Deux Sœurs de la communauté, vous proposeront :

  • un échange réflexion à partir des conversions de la vie de Sainte Claire
  • le partage d’un repas sobre (soupe – pain – pomme), en musique
  • la prière des Complies et un temps d’Adoration et de veille avec Jésus à Gethsémani

 

Participation aux frais (salle, repas, animation) : 6 euros

MERCI DE VOUS INSCRIRE AUPRÈS de Sœur Marie-Catherine au 03.26.86.95.12. ou par mail : clarissescormontreuil@orange.fr

http://clarisses-cormontreuil-catholique.fr/

La communauté invite toutes les personnes qui le souhaitent, à se joindre à elle pour méditer sur la passion du Christ ou le chemin de Croix, tous les vendredis du carême à 11 h 30.

 

Monastère Sainte Claire – 2, rue Pierre Bérégovoy – 51350 Cormontreuil

 

Conférences/Formations #NLQ

De la connaissance à la contemplation du Linceul de Turin – conférence le 15 février 2018 au Havre (76)

A qui sont ce visage et ce corps du linceul ?
La science permet d’apporter quelques réponses aux questions légitimes de l’intelligence.
Béatrice Guespereau propose de regarder « avec les yeux du cœur » l’image des souffrances subies par l’Homme du Linceul, tellement proches de celles de la Passion du Christ.

Conférence le jeudi 15 février à 20h30 à la Maison diocésaine (22 rue Séry – Le Havre)

Cette conférence est organisée par la paroisse Saint Yves de la Mer avec le Collège des Ormeaux – Saint Dominique et l’association « Montre-Nous Ton Visage »

Pour plus d’information sur le suaire de Turin, cliquez ici

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Le temps de Noël, de la crèche à la fuite en Egypte

Le temps de Noël, préparé dès le 25 mars par l’Annonciation, attendu tout au long de l’Avent, inauguré dans la nuit du 24 au 25 décembre de “l’an 0”, se poursuit par l’adoration des bergers, des anges, mais aussi des Mages et ouvre à la fuite en Egypte ainsi que’au massacre des Innocents.

Dans notre lettre quotidienne du 6 janvier 2018, nous vous proposons un petit parcours spirituel et contemplatif de ce temps de Noël. Une Histoire Sainte que vous pourrez découvrir dans le regard des Pères ou en musique.

 

Abonnez-vous à la lettre quotidienne d’InfoCatho

A la une #Doctrine / Formation #NLH #NLQ

Le catholique qui ne se forme pas est un condamné à mort

« Mon peuple périt faute de connaissance » ou l’exigence de se former pour se dire catholique.

« Mon peuple périt faute de connaissance. » Telle est la triste constatation que Dieu livre au prophète Osée (Osée 4.6). La connaissance est une constante de la révélation biblique. Sans tomber dans la gnose qui voudrait que le salut vienne par la seule connaissance, on ne peut accéder au salut sans connaître, parce que connaître c’est aimer. La connaissance n’est pas ce qui fait de nous des justes et ouvrirait les portes du ciel. La connaissance est le chemin par lequel nous pouvons identifier la porte du ciel et le chemin qui y conduit. En d’autres termes, la connaissance est une lumière dans les ténèbres. Mais, étymologiquement, connaître c’est naître avec. Il s’opère par la connaissance une modification de la personne. Modification qui s’apparente à une naissance, de sorte que la connaissance fait de nous des êtres nouveaux, modifiés par cette connaissance. La connaissance nous transforme, non de l’extérieur, mais de l’intérieur. La véritable connaissance dépasse le savoir en ceci précisément qu’assimilée par notre être elle fait partie de nous. Chaque fois que notre savoir devient nôtre et non vernis culturel, nous accouchons en nous-même d’un être transformé, augmenté et façonné de cette connaissance.

Si la connaissance repose sur un savoir acquis, elle est aussi principe de vie de l’âme. Quand Marie dit qu’elle ne connaît pas d’homme c’est bien ce que sous-tend ce don des époux qui est une connaissance intime qui transforme en un être nouveau et enfante un être nouveau, fruit des deux époux. Marie « Trône de la sagesse » porte en elle la sagesse elle-même qu’est le Christ qui dit, « Je suis le chemin, la vérité, la vie » exactement ce qu’est la connaissance.

Car la véritable connaissance, celle qui nous transforme, donne vie et est le chemin, c’est précisément le Verbe de Dieu. Or le Verbe s’adresse à cette partie de l’âme qu’est l’intelligence et dont l’objet est précisément la connaissance de la vérité, c’est-à-dire la transformation d’elle-même par l’habitation pérenne de la vérité en elle. C’est bien ce sens de demeurer, appel récurent de Dieu à son peuple : Je veux demeurer chez toi.

Il y a un lien très étroit entre savoir, vérité, connaissance et sagesse. Le savoir est la base technique qu’il s’agit d’assimiler pour découvrir (sens du mot apocalypse) la Vérité, qui n’est pas un savoir mais une personne qui vient demeurer en notre âme et la transforme en un cœur qui écoute, c’est-à-dire capable de recevoir l’autre et particulièrement l’Autre qui est le Verbe, le Christ. Or la définition que Dieu donne à Salomon de la sagesse c’est « un cœur qui écoute ».

La sagesse repose, certes, sur du savoir, mais un savoir habité de la vérité et habitant le plus profond de la personne transformée par cette Vérité qui est le Christ. Ainsi, le Christ qui dit « je suis le chemin, la vérité, la vie » est pour le sage le chemin, parce que Vérité et vie par cette habitation du Christ Vérité en son âme dont il a fait sa demeure. Pas sa maison de passage, sa demeure stable et pérenne.

La connaissance est donc avant toute autre chose une rencontre personnelle avec la Vérité qu’est le Christ et une union intime de l’âme dans ses deux dimensions que sont l’intelligence et la volonté. Une union par la Vérité dans l’intelligence, une union par l’amour dans la volonté, lesquelles se nourrissent l’une l’autre, de sorte que c’est bien par amour que le fidèle cherche à « connaître » Dieu qui précisément est Verbe et Sagesse. Il ne s’agit nullement de chercher une jouissance intellectuelle, mais la délectation de l’âme dans la contemplation de la splendeur divine. Cette splendeur de la vérité dont nous parlait saint Jean-Paul II n’est autre que la vision béatifique dont nous n’aurons pas trop de l’éternité pour faire le tour. Cette vérité rend libre, nous rappelle celui qui est la vérité lui-même et venu pour nous libérer.

Mais prenons garde de ne pas lier la libération, le salut, à la simple connaissance. Un tel lien étroit rendrait inutile le sacrifice du Christ. Or c’est bien sa mort et sa résurrection qui, à la suite du Jésus, nous conduisent à la plénitude de la vision béatifique. Si la connaissance est l’illumination de l’âme et produit une transformation réelle de nous-mêmes, à commencer dans notre disposition envers Dieu, l’intellectualisme ne sauve de rien du tout et au contraire restreint l’esprit à lui-même. Il ne s’agit nullement d’acquérir un savoir d’érudit, puisque les simples comprennent ce que les savants ne voient pas. Telle est la différence entre science et contemplation.

Nous sommes invités à contempler la splendeur de Dieu, non à l’exposer dans une bibliothèque. Toutefois, Dieu se plaint au prophète Osée de ce que son peuple périt faute de connaissance. En disant cela, le Seigneur rappelle deux choses à l’époux de la prostituée. D’abord la connaissance, en montrant la destination qu’est Dieu, indique en même temps le chemin. Or la mort du peuple est bien son exil, c’est-à-dire les multiples fausses routes qu’il empreinte et qui l’éloignent de Dieu. Par méconnaissance, les hébreux, comme nous aujourd’hui et particulièrement nombre d’hérésies dont c’est le principe, nous recréons un visage difforme de Dieu. Ce procédé trompe sur la destination et donc sur le chemin. Nous en venons, par ignorance, à vénérer le veau d’or en lieu et place de Dieu. De sorte que, nous trompant sur Dieu, nous nous trompons sur le chemin, la vérité et la vie. D’où, seconde chose que Dieu souligne, sans connaissance l’âme n’est pas nourrie de cette contemplation. Elle se dessèche et meurt d’asphyxie.

Voilà pourquoi, comme le dit saint Pierre, nous devons rendre compte de notre foi, c’est-à-dire pouvoir la comprendre de sorte qu’elle soit cette connaissance qui ouvre à la contemplation et nous transforme de l’intérieur. Aussi, se former en vue de « co-naître » avec le Christ est à la foi une exigence amoureuse du catholique et un témoin de son amour réel. Qui ne veut pas se former, ne peut dire qu’il cherche à connaître celui qu’il dit aimer.

Se former est une preuve de notre désir amoureux. Désir aiguisé par la volonté de retrouver, chercher « celui que mon cœur aime » comme dit le Cantique des Cantiques. L’attitude du fidèle amoureux reprend la même exultation, le même empressement passionné que l’amant du Cantique des Cantiques.

Se former n’est pas seulement comprendre et pouvoir rendre compte pour évangéliser ou ne pas chanceler dans sa foi. Se former dit bien ce que cela signifie, c’est opérer cette transformation amoureuse de tout notre être par la contemplation amoureuse de la splendeur de la Vérité qu’est Dieu.

Contempler c’est donc connaître, désirer toujours mieux approfondir le mystère divin, se laisser façonner et fasciner par lui. Mais, profondément, contempler est un acte permanent. Nous ne sommes pas passifs dans la contemplation, c’est même assez physique. C’est un agir permanent qui se prépare par une vie conforme à ce que nous contemplons et qui précisément, en affinant notre vision, nous pousse à la conversion. Il y a un mouvement conjoint de la contemplation et de la vie sacramentaire. Un mouvement qui dépasserait de trop ces lignes pour en parler, mais qui est la condition sine qua non pour ne pas tomber dans la gnose et chercher son salut en dehors de l’Eglise et donc du sacrifice sanglant qui seul solde notre rachat. Néanmoins, le véritable amoureux de Dieu n’a de cesse de vouloir connaître Dieu au sens où Marie disait ne pas connaître d’homme. C’est une union sponsale de deux époux. Cet élan marque plus notre amour de Dieu que les œuvres sociales qui doivent découler de ce débordement d’amour puisé au cœur même de l’amour.