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Corée : le pape est disponible pour se rendre en Corée du Nord

Après la visite du président de la République de Corée du Sud, Moon Jae-in, au Vatican, le 18 octobre 2018, le cardinal secrétaire d’Etat Pietro Parolin confirme que le pape François a donné sa disponibilité pour se rendre en Corée du Nord. Mais il faut, souligne-t-il, des prérequis avant ce voyage.

Le président de la Corée du Sud portait en effet un message verbal du leader nord-coréen Kim Jong-un invitant le pape François à visiter Pyongyang : « le pape a donné sa disponibilité », affirme le cardinal Parolin au micro de Vatican News.

Mais, ajoute le « numéro 2 » du Vatican, « il faut maintenant attendre un acte qui formalise davantage » : « Cela a été seulement une première approche mais qui va dans le sens de ce qui était déjà dit : que le président apporterait verbalement, qu’il aurait manifesté verbalement au pape cet intérêt. »

Pour le cardinal Parolin, « une fois que l’on commence à penser sérieusement à la possibilité de ce voyage », « quelques conditions pour pouvoir le réaliser devraient être demandées… un voyage de ce genre a besoin d’une sérieuse préparation, d’une sérieuse considération ».

La contribution fondamentale de ce voyage, estime-t-il, serait de « soutenir le processus de pacification et de dénucléarisation de la Péninsule coréenne ». Ainsi « cette visite du président de Corée du Sud a servi en ce sens ».

Source : Zenit.org

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Corée du Sud : une chapelle de la paix à Panmunjom en zone démilitarisée

Mgr Francis Xavier Yu Soo-il (photo), évêque de l’ordinariat militaire en Corée, a participé, le 5 juin, à une cérémonie inaugurant la construction d’une chapelle à Panmunjom, à la frontière de la Corée du Nord, en zone démilitarisée (DMZ). La nouvelle chapelle, qui sera construite dans la Zone commune de sécurité (JSA), au plus près de la Corée du Nord, doit apporter un soutien spirituel aux troupes postées dans le village en cas de menaces, malgré le rapprochement des deux Corées. Une nouvelle initiative révolutionnaire pour la paix.
Une nouvelle chapelle doit être construite au village de Panmunjom, en pleine Zone commune de sécurité (JSA), au sein de la zone intercoréenne de sécurité (DMZ), instaurée à la fin de la Guerre coréenne (1950-1953). Le 5 juin, Mgr Francis Xavier Yu Soo-il, évêque de l’ordinariat militaire en Corée, a participé à la cérémonie inaugurant la construction de la nouvelle chapelle. Celle-ci remplacera l’ancienne structure bâtie en 1958, trois ans après les pourparlers de paix qui ont abouti au cessez-le-feu. Malgré l’armistice qui dure depuis 65 ans, les deux Corées sont encore, techniquement, en état de guerre, malgré les nouveaux rapprochements entre le président américain Donald Trump, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un et le président sud-coréen, Moon Jae-in.
L’édifice, qui sera placé en face du centre d’accueil de la JSA, fera office de « chapelle de la paix » dans ce contexte historique, alors que les blessures de la guerre demeurent malgré le nouvel élan de réconciliation et d’échanges renouvelés entre les deux Corées. « La construction de cette nouvelle chapelle en zone démilitarisée est un don qui révèle la grâce de Dieu », assure Mgr Xavier. « La chapelle, qui se trouve au plus près possible de la Corée du Nord, sera un lieu où l’on pourra prier pour parvenir à dépasser nos différences, dans l’espérance de la réunification », ajoute l’évêque. « Ce sera également un soutien spirituel pour les soldats en poste au village de Panmunjom. Ce sera une bénédiction pour tous ceux qui viendront visiter ce lieu. »
L’édifice, qui doit être construit sur un étage, sera situé sur un terrain de 2 089 mètres carrés. Il devrait être terminé en mars 2019, et pourra accueillir plus d’une centaine de personnes. « Il est particulièrement significatif que nous puissions construire une nouvelle chapelle dans la Zone démilitarisée, qui a été le lieu de combats violents, et qui devient aujourd’hui un lieu de dialogue. Ce sera un lieu où l’on viendra prier pour la paix dans la péninsule coréenne », confie le lieutenant-colonel Matthew Farmer, commandant du bataillon de sécurité (Nations-Unies) de la JSA.

Source : Eglises d’Asie

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Rencontre Trump – Kim-Jong-Un : “un début très positif” pour le nonce apostolique de Corée

« Une page très importante a été écrite, qui signe le début d’un chemin encore long et ardu », a déclaré Mgr Alfred Xuereb, nonce en Corée du sud et en Mongolie, à Vatican News, le 12 juin 2018. Il commentait la rencontre historique le même jour à Singapour du président des Etats-Unis, Donald Trump, et du dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un.

« Nous sommes passés de déclarations fortes comme ‘feu et furie’ ou ‘dévastation de la Corée du Nord’, s’est félicité le prélat maltais, à des paroles de paix et de concorde ». Ce « début très positif » offre beaucoup d’espérance, a-t-il ajouté.

« L’Eglise vit avec une grande foi ce moment », a encore affirmé le nonce rappelant le temps de prière hebdomadaire en faveur de la paix organisé à Séoul, en Corée du Sud, depuis 23 ans. Par ailleurs, pour l’évêque de Daejon, Mgr Lazzaro You Heung-sik, interrogé par l’agence Fides, ce sommet est une « nouvelle étape vers la paix (…) la route est désormais celle du pardon ».

Accord sur la dénucléarisation

Après plusieurs mois de tensions, les deux dirigeants américain et nord-coréen se sont rencontrés pour signer un accord historique comprenant la dénucléarisation de la Corée du Nord. Donald Trump et Kim Jong-un ont évoqué « un grand changement » à venir dans la péninsule coréenne et annoncé le démarrage « très bientôt » du démantèlement de l’arsenal atomique nord-coréen.

Source : cathobel

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A l’approche du sommet intercoréen, les catholiques prient pour la paix

Alors que se profile la rencontre entre les deux dirigeants de la péninsule coréenne, l’Église de Corée du Sud espère que le sommet mettra officiellement fin à la Guerre de Corée (1950-1953). Mgr Peter Lee Ki-heon, évêque d’Uijeongbu et président du Comité pour la réconciliation du peuple coréen de la Conférence épiscopale coréenne, fait part de son espérance.

Cela fait des années que l’évêque d’Uijeongbu, Mgr Peter Lee Ki-heon, attend ce moment, alors qu’une rencontre au sommet entre les dirigeants des deux Corées est prévue le 27 avril sur le territoire sud-coréen. Mgr Ki-heon, président du Comité pour la réconciliation du peuple coréen, a publié un communiqué le 13 avril, afin de partager sa conviction que la rencontre peut mettre fin à des décennies de luttes et ouvrir une nouvelle ère de paix pour la péninsule. « Aujourd’hui, la péninsule coréenne s’apprête à vivre une nouvelle période de turbulences. Que ta volonté soit faite, sur la terre comme au ciel », écrit l’évêque. « Avec le sommet intercoréen, qui sera suivi du sommet entre la Corée du Nord et les États-Unis, les attentes s’intensifient, espérant que le conflit qui dure depuis 65 ans prenne fin pour ouvrir une nouvelle ère de paix. »
Plusieurs décennies après la Guerre de Corée, qui s’est terminée sur un cessez-le-feu, va avoir lieu le troisième sommet intercoréen jamais organisé à ce jour. Cette rencontre fait suite à celle du président Kim Dae-jung avec le « cher leader » Kim Jong-il, organisée à Pyongyang en 2000. En 2007, le président sud-coréen Roh Moo-hyun s’était rendu à son tour dans la capitale nord-coréenne. Mais chacune de ces deux rencontres s’était terminée sur un échec, les signes de réconciliation s’émiettant pour laisser place à des menaces de guerre, ainsi qu’à quelques coups de feu occasionnels dans la Zone Démilitarisée (DMZ) qui sépare les deux pays.

Mgr Lee espère que ce nouveau sommet portera ses fruits, soutenu par la prière des catholiques coréens. « Nos prières sont en train de réaliser un grand miracle grâce à Dieu, qui rend possible l’impossible », assure l’évêque. En 2015, à l’occasion des commémorations des 70 ans de la séparation des deux pays, l’Église catholique coréenne a déclaré la première « année de la paix ». Cette année-là, les catholiques étaient invités à se rassembler chaque soir à 21 heures pour prier pour la paix.

« Encore beaucoup d’obstacles à franchir »

Dans son communiqué du 13 avril, Mgr Lee a demandé aux catholiques de garder la foi. « Nous avons encore beaucoup d’obstacles à surmonter lors des prochaines rencontres diplomatiques. S’il vous plaît, priez pour une paix durable dans la péninsule coréenne. Notre union dans la prière sera une fondation solide pour la paix. ».

Mgr Lee a également encouragé les catholiques à renoncer à l’attitude « hostile » qui s’est installée dans la société coréenne depuis la Guerre de Corée. « À cause de la longue période de ‘guerre froide’ coréenne, les sentiments hostiles entre les deux Corées se sont profondément enracinés dans notre société, et notre Église n’est pas épargnée par ce malheur. Ce climat de lutte et de division au sein même de la société sud-coréenne est un obstacle majeur aux futurs succès du peuple coréen. » Pourtant, puisque la Corée du Nord tient sa promesse de renouer le dialogue avec les dirigeants chinois, sud-coréen et américain après avoir envoyé ses athlètes à Pyeongchang lors des Jeux olympiques d’hiver sud-coréens, un changement pourrait être imminent.

Le prochain sommet intercoréen marquera l’entrée, pour la première fois depuis des décennies, d’un dirigeant nord-coréen dans le territoire sud-coréen. Kim Jong-un doit en effet rencontrer le président sud-coréen Moon Jae-in dans la partie sud-coréenne de la Zone commune de sécurité, située juste au sud de la Zone démilitarisée. Bien qu’une grande partie du dégel des relations diplomatique soit restée secrète, la rencontre montre bien qu’une forte accalmie a suivi les mois de négociations entre Kim Jong-un et Donald Trump, les deux dirigeants s’étant menacés mutuellement de tirs nucléaires. En effet, Kim a rendu visite au président chinois Xi Jingping en secret à Pékin, durant la première semaine d’avril. Il s’agissait de son premier voyage hors du pays depuis son arrivée au pouvoir. Il a également été révélé récemment que le président Trump a envoyé en secret le chef de la CIA rencontrer le président nord-coréen quelques jours plus tard. Une façon de préparer le sommet entre la Corée du Nord et les États-Unis, qui devrait avoir lieu en mai.

Copyright Photo The Catholic Times

Source : Eglise d’Asie

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Persécutions – L’Erythrée : une « Corée du Nord africaine »

« L’Erythrée est le pays disposant de moins de libertés au monde ». C’est ce qu’affirme non pas un opposant au Président Isayas Afeworki ou une déclaration du gouvernement haï de l’Ethiopie voisine mais un document officiel des Nations unies. Le rapport, fruit du travail d’une Commission d’enquête sur les droits fondamentaux qui a examiné les témoignages de 550 érythréens et visionné 160 écrits – mais à laquelle il a été interdit de pénétrer sur le territoire de l’Etat – accuse le gouvernement érythréen de « violations systématiques, diffuses et graves des droits fondamentaux » dont le recours à la torture, aux violences sexuelles, aux disparitions et aux travaux forcés. L’Erythrée est décrite comme une « Corée du Nord africaine » au sein de laquelle n’existent ni institutions ni processus démocratiques, où la liberté de presse est inexistante, le service militaire étant à durée indéterminée et les rapports avec les nations voisins très mauvais.

Lire l’analyse 

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Entre les deux Corées, le retour de la diplomatie du football ?

En 2002, la Corée du Sud co-organisait la 17ème Coupe du monde de football avec le Japon. C’était la première fois que la Fédération internationale de football (FIFA) confiait l’organisation de cet événement à deux pays, et la première fois que cette compétition se déroulait en Asie. La prochaine fois que la Corée du Sud organisera la Coupe du monde de football, il se pourrait qu’elle l’organise avec… la Corée du Nord, et d’autres pays d’Asie du Nord-Est. C’est du moins ce qu’a indiqué souhaiter le président élu le 10 mai dernier, Moon Jae-in.

Le 12 juin dernier, le président sud-coréen a accueilli à la Maison Bleue, le palais présidentiel de la République de Corée, Gianni Infantino, président de la FIFA, de passage à Séoul à l’occasion de la finale de la Coupe du monde U-20 qui se déroulait la veille au Suwon World Cup Stadium entre l’Angleterre et le Venezuela (1-0). A cette occasion, le président Moon a déclaré que plusieurs pays d’Asie du Nord-Est, y compris la Corée du Nord, pourraient accueillir la coupe du monde de football 2030. Selon Park Su-hyun, porte-parole du président Moon, ce dernier aurait déclaré : « Si les pays voisins d’Asie du Nord-Est, y compris la Corée du Nord et la Corée du Sud, pouvaient organiser la Coupe du monde de football ensemble, cela pourrait aider à créer la paix entre la Corée du Nord et la Corée du Sud, et en Asie du Nord-Est. Je souhaite que le président [de la FIFA] considère cette option […] et j’espère que nous en aurons l’opportunité pendant la Coupe du monde 2030. »

Mgr Peter Lee Ki-heon est évêque d’Uijeongbu ; il préside également le Comité pour la réconciliation entre les peuples coréens, de la Conférence des évêques catholiques de Corée (du Sud). Contacté par Eglises d’Asie, il estime que « l’idée du président Moon va sûrement aider à améliorer la paix entre la Corée du Nord et la Corée du Sud, et en Asie du Nord-Est ». « Les événements footballistiques [constituent] une bonne opportunité de coopération et de conversation entre la Corée du Sud et la Corée du Nord », ajoute-t-il, avant de rappeler que « les événements sportifs organisés entre les deux pays ont par le passé aidé à améliorer les relations ». Et de conclure : « Je crois, que la diplomatie du football, en particulier, produit de bons résultats. »

La naissance de la diplomatie du football

A ce jour, quinze rencontres ont été organisées entre les équipes de Corée du Nord et Corée du Sud, toutes catégories confondues, principalement dans le cadre de compétitions officielles. La première a eu lieu le 22 décembre 1978, à Bangkok, dans le cadre des Jeux asiatiques de 1978. Ce jour-là, les deux équipes s’étaient quittées sur le score de 0 à 0. Jusqu’alors, la fédération nord-coréenne de football avait systématiquement refusé de jouer contre l’équipe de Séoul, ce qui l’avait poussé à renoncer à participer à la Coupe du monde 1978 quelques mois plus tôt, car le tirage au sort l’avait placé dans la même poule que la Corée du Sud.

Chez les femmes, la Corée du Nord, 9ème au classement FIFA en 2016, a remporté onze rencontres (une seule victoire du côté de la Corée du Sud) tandis que chez les hommes, la Corée du Sud, 55ème au classement, a remporté sept matchs (une victoire nord-coréenne).

Entre les Chollima (surnom de l’équipe de Corée du Nord, créée en 1964, en référence à une créature mythique) et les Guerriers Taeguk (surnom de l’équipe de Séoul), outre les rencontres organisées dans le cadre de compétitions officielles, trois matchs amicaux ont été organisés : deux en 1990 et un en autre en 2005. Pour les hommes, la seule rencontre organisée en Corée du Nord, dans l’enceinte du stade Kim Il-sung (du nom du premier dirigeant de la République populaire démocratique du Corée), s’est tenue le 11 octobre 1990 ; les autres rencontres « à domicile » que la Corée du Nord devait organiser dans le cadre des éliminatoires de la Coupe du monde 2010 se sont déroulées à Shanghai en raison du refus de Pyongyang de hisser le drapeau sud-coréen et d’autoriser l’hymne sud-coréen à être chanté sur son territoire, imposées par les règlements de cette compétition (article 22). La rencontre organisée à Pyongyang est à ce jour la seule à avoir été remportée par les Chollima contre les Guerriers Taeguk (2-1).

En 1990, les matchs amicaux organisés ont eu lieu alors que le président Roh Tae-woo était au pouvoir (1988-1993). Dernier général à être élu (l’élection à la présidence de la République de Kim Young-sam [1993-1998] marquant l’accession au pouvoir de civil en République de Corée), il pratique une politique d’ouverture et multiplie les succès diplomatiques (établissement de relations diplomatiques avec l’URSS en 1990 et la République populaire de Chine en 1992, entrée conjointe des deux Corées à l’ONU en 1991) si bien qu’au lendemain de la réunification allemande, près de deux tiers des Sud-Coréens croient que la réunification de leur pays est alors possible (ils n’étaient que 30 % à le croire en 1988). En 1988, la Corée du Nord avait boycotté les Jeux olympiques organisées à Séoul en raison du refus de cette dernière d’organiser cet événement conjointement avec Pyongyang, une proposition formulée par la Corée du Nord en 1985. Et en 1991, les deux Corées participaient à la Coupe du monde de football des moins de 20 ans en envoyant une équipe commune, une mesure inédite qui n’a pas été rééditée depuis.

La diplomatie sportive, un élément de la « sunshine policy »

Quinze ans plus tard, une rencontre s’est déroulée le 14 août 2005, à Séoul, à l’initiative du ministre de l’Unification, Chong Dong Yong, pour célébrer le soixantième anniversaire de la libération de la Corée de la domination japonaise (3-0 pour la Corée du Sud). Le président Roh Moo-hyun menait alors une politique dite du « rayon de soleil » (« sunshine policy ») afin de relancer les relations intercoréennes.

Chez les femmes, une rencontre amicale a également été organisée à cette occasion, le 16 août, remportée 2-0 par l’équipe de Pyongyang. Plus récemment, le 7 avril 2017, une rencontre s’est déroulée au stade Kim Il-sung, dans le cadre des qualifications à la Coupe d’Asie féminine qui se tiendra en 2018 en Jordanie. Comme le rapporte l’agence de presse sud-coréenne Yonhap, le drapeau sud-coréen a flotté sur le stade Kim Il-sung pour la première fois, le 5 avril, dans le cadre d’une rencontre face à l’Inde.

Pour autant, l’organisation d’événements sportifs ne suffira pas à « améliorer la confiance » entre les deux Corées, explique Mgr Peter Lee Ki-heon. « Corée du Sud et Corée du Nord ont vécu dans la crainte l’une de l’autre pendant longtemps […]. Il est nécessaire, non seulement d’organiser des événements sportifs, mais aussi de fournir de l’aide humanitaire à la Corée du Nord et d’organiser des formes variées de rencontres et de coopération ». Lors d’une conférence de presse organisée le 20 juin, Chun Hae-sung, nouveau vice-ministre de l’Unification entré en fonction le 1er juin dernier, a précisé que l’administration Moon avait approuvé ces dernières semaines 35 demandes formulées par des groupes civiques pour apporter une aide humanitaire à la Corée du Nord.

Outre l’aide humanitaire, l’évêque d’Uijeongbu insiste sur la nécessité d’organiser des rencontres entre membres des familles séparées. « Une des rencontres les plus importantes consisterait à faire se rencontrer des familles séparées entre le Nord et le Sud de la Corée. Quand il a visité la Corée du Sud [en août 2014], le pape François a souligné que Corée du Sud et Corée du Nord étaient frères. A présent, beaucoup de Sud-Coréens oublient qu’ils forment un même peuple avec les Nords-Coréens. Réunir des familles séparées pourrait rappeler que les peuples des deux pays sont frères. » Membre d’une de ces familles déchirées par la guerre de Corée (1950-1953), Mgr Peter Lee Ki-heon rappelle que ses sœurs vivent toujours de l’autre côté de la Zone démilitarisée (DMZ) qui constitue la frontière entre les deux Corées.

La Corée du Nord n’a pas réagi à la proposition du président Moon d’organiser conjointement la Coupe du monde 2030.

Source : Eglises d’Asie

 

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“Moon propose un changement total de politique pour la Corée” : interview de Mgr Dupont, missionnaire en Corée

Le 9 mai dernier, les Sud-Coréens ont élu leur président de la République. A l’issue d’un scrutin au suffrage universel à un tour, c’est le candidat du Parti démocrate, Moon Jae-in, 64 ans, qui est sorti largement vainqueur avec 41 % des suffrages, contre 24 % à son adversaire immédiat, le conservateur Hong Jun-pyo. Le taux de participation, de 77 %, est le plus élevé depuis 20 ans. Le lendemain, il prêtait serment à l’Assemblée nationale.

Moon Jae-in a remporté ces élections anticipées de quelques mois par rapport au calendrier normal du fait de la destitution de Mme Park Geun-hye en février dernier et de son incarcération pour « trafic d’influence ». Pour analyser la portée de l’élection de Moon Jae-in, un catholique, à la présidence de la république sud-coréenne, Eglises d’Asie a interrogé Mgr René Dupont, missionnaire présent en Corée depuis plus de soixante ans.

Ordonné prêtre pour les Missions Etrangères de Paris (MEP) le 29 juin 1953, René Dupont part pour la Corée le 27 octobre 1954. Vicaire de la cathédrale de Daejeon de 1955 à 1967, supérieur régional des MEP en Corée pendant un an, il devient évêque d’Andong en 1969 et dirige ce diocèse pendant vingt ans. Il démissionne en 1990 et occupe à nouveau la position de supérieur régional de 1995 à 2003. Mgr Dupont vit toujours dans le diocèse d’Andong.
Eglises d’Asie : Pouvez-vous nous présenter Moon Jae-in, le nouveau président de la République, qui a prêté serment le 10 mai ?

Mgr René Dupont : Moon Jae-in est issu d’une famille originaire de Corée du Nord : ses parents ont dû fuir au moment de la guerre de Corée [1950-1953]. Réfugié au Sud, Moon a vécu très humblement dans sa jeunesse.

Sur la scène politique, Moon n’est pas un inconnu : c’est un proche de l’ancien président Roh Moo-hyun [2003-2008] et, lors des dernières élections présidentielles, il s’était déjà présenté et avait été battu par Mme Park Geun-hye.

Il est perçu comme ayant une personnalité honnête et il a mené une campagne très claire. En faveur de l’emploi des jeunes, qui constitue une de ses priorités : c’est un problème important car tous les jeunes Coréens ou presque font des études universitaires mais ils ne trouvent pas nécessairement de travail. Et, surtout, en faveur d’une politique de dialogue avec la Corée du Nord. Pendant la campagne, il a osé dire que le futur président devrait savoir dire « non » aux Américains pour l’installation de boucliers anti-missiles sur la péninsule [le système THAAD en cours de déploiement dans le pays]. Il est donc manifestement et résolument de gauche, en faveur d’une politique de dialogue avec le Nord.

Le président Moon est classé à « gauche » ou au « centre-gauche ». A quoi correspond le clivage droite-gauche en Corée du Sud ?

Le clivage droite-gauche coréen diffère de l’interprétation française : il se situe autour de la question des relations avec la Corée du Nord. La droite entend mener une politique de fermeté vis-à-vis de la Corée du Nord tandis que la gauche, elle, est favorable à un dialogue avec Pyongyang. Rappelons que, depuis l’armistice de 1953, aucun traité de paix n’a été signé entre Pyongyang et Séoul.

Pendant la campagne électorale, les candidats de droite ont reproché aux candidats de gauche de « collaborer » avec le Nord, tandis que ceux de gauche ont critiqué la politique menée par la droite, qui a conduit les relations avec Pyongyang dans une impasse. Mais cette campagne a été très décevante, assez lamentable même. Les débats télévisés ont été épouvantables, parasités par des affaires de népotisme et de mœurs.

Ces quarante dernières années, droite et gauche ont alterné au pouvoir. Le dictateur Park, au pouvoir de 1961 à 1979, et ses successeurs étaient profondément opposés à la Corée du Nord. Lorsque la gauche a pris le pouvoir, dans les années 2000, un dialogue a été mené avec Pyongyang. Il y a eu des rencontres, des projets communs, on a même créé une zone de production industrielle en Corée du Nord, à Kaesong, grâce à des fonds provenant de Corée de Sud. Puis la droite est revenue au pouvoir, de 2008 à 2017. Désormais, la gauche va proposer de renouer un dialogue avec Pyongyang.

Après avoir prêté serment, le président Moon a d’ailleurs indiqué être prêt à se rendre à Washington, à Pékin, à Tokyo… et à Pyongyang. Moon propose un changement total de politique pour la Corée.

Pour autant, Séoul ne va pas négliger son allié américain : Moon a déjà été invité par le président Trump et il est probable qu’il se rendra rapidement aux Etats-Unis.

Comment la Corée du Nord a-t-elle réagi à l’élection du président Moon ?

Son élection est une occasion pour Pyongyang de sortir de son isolement, mais la Corée du Nord n’a pour l’instant pas encore réagi à son élection.

Le président Moon est catholique. Les catholiques occupent-ils une place singulière dans la vie politique du pays ?

Baptisé en troisième année de cours élémentaire, vers l’âge de 10 ans, Moon est un catholique pratiquant : il porte une bague, avec des petits crans. En réalité, c’est un dizainier, discret. Son programme témoigne de ses convictions : il est en faveur de l’abolition de la peine de mort, et opposé à l’euthanasie.

En Corée, les catholiques sont très engagés en politique. On en trouve dans différents partis, dans tous les partis. Les catholiques se préoccupent du bien commun.

Lors de ces élections, 77 % des Coréens ont pris part au vote : je pense que la participation des chrétiens, et de des catholiques en particulier, est encore plus importante. L’engagement des catholiques est tel que parmi les 300 membres que compte la Chambre, 20 % sont catholiques. La Corée compte six présidents de la République depuis l’élection du premier président civil en 1992 : quatre d’entre eux sont catholiques et deux sont protestants. Si Roh Moo-hyun et Park Geun-hye ne sont pas pratiquants, Kim Dae-jung et Moon Jae-in, eux, sont des catholiques pratiquants. Pourtant, les catholiques ne représentent que 10 % de la population dans la péninsule. C’est assez notable pour être souligné !

En France, il a été reproché à la Conférence des évêques de France de ne pas avoir pris position pendant l’entre-deux-tours des élections présidentielles. Qu’en est-il en Corée ?

La Conférence des évêques catholiques de Corée (CBCK) n’a pas donné de consigne de vote. Pendant la campagne, le président de la CBCK a envoyé un questionnaire pour poser des questions sur les programmes des candidats. Ce document était assez mal bâti et les deux candidats catholiques, Moon Jae-in et Sim Sang-jung, du Parti de la justice, sont les seuls à avoir répondu ; les autres candidats n’ont pas jugé nécessaire de répondre. Ce questionnaire a été publié dans la presse catholique, mais n’a pas non plus fait l’objet d’une diffusion particulière.

Après la publication des résultats, le président de la CBCK a transmis ses félicitations au président élu. Les représentants des différentes religions ont fait parvenir leurs félicitations au président élu. Ici, les différents cultes entretiennent de bonnes relations avec les autorités. Faire parvenir ses félicitations constitue une marque de sympathie.

Vous qui vivez en Corée depuis soixante ans, que pensez-vous des résultats de cette élection ?

Je pense que les résultats de cette élection sont positifs. Ces dix dernières années, aucun dialogue avec la Corée du Nord n’a été engagé. Maintenant, il existe une volonté de nouer, de renouer un dialogue.

Source : Eglises d’Asie

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Corée du Nord – La voie de la diplomatie, seule solution à la crise pour le pape

Sur le vol de retour de son 18e voyage international, le pape François s’est prêté, comme à son habitude, aux questions des journalistes pendant une trentaine de minutes.

Nous reproduisons ici la traduction concernant la question coréenne, le pape s’est dit “préoccupé” à ce sujet :

“Cette guerre mondiale par fragments, dont je parle depuis deux ans, plus ou moins, est par fragments, mais les fragments se sont élargis et ils se sont aussi concentrés. Ils se sont concentrés en des points qui étaient déjà chauds : celui des missiles de la Corée il y a une longue année que cela se fait, mais maintenant il semble que la chose soit devenue  trop chaude. J’appelle toujours à résoudre les problèmes par la voie de la diplomatie : par la négociation… parce que c’est l’avenir de l’humanité. Aujourd’hui, une guerre élargie détruirait je ne dis pas la moitié de l’humanité, mais une bonne partie de l’humanité et de la culture… Tout, tout !”

Source

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Corée du Nord – Les Coréens vivent l’un des plus longs et des plus terribles Chemins de Croix de l’histoire de l’humanité !

Nous vous invitons aujourd’hui à découvrir le témoignage du Père Philippe Blot, donné lors de la nuit des Témoins organisée par l’AED. 

La Corée du Nord est la nation la plus fermée au monde, gouvernée par la dictature la plus répressive et où les droits de l’Homme sont les plus bafoués. Tout Nord-coréen suspecté d’avoir une croyance risque l’emprisonnement, la torture, l’exécution. Depuis 20 ans, plus de 15.000 chrétiens ont été les victimes de persécution, et au moins 5000 ont été exécutés uniquement parce qu’ils priaient secrètement ou distribuaient des bibles.

– Lire le témoignage intégral du Père Blot
– Voir la vidéo du témoignage du Père Blot à la Nuit des Témoins.

Extraits :

” J’ai pu me rendre en Corée du Nord. Dans les hôpitaux, la situation est dramatique : pas d’antibiotiques, de pansements, ni même de savon… J’ai pu visiter des écoles : elles constituent en quelque sorte la vitrine de la sous-alimentation chronique de toute une population.
Les deux principaux piliers de la répression sont le contrôle de tous les déplacements de la population et l’ignorance du monde extérieur… Si bien que les réfugiés nord-coréens qui arrivent à sortir découvrent, ahuris, une tout autre réalité, dont ils ne pouvaient soupçonner l’existence…

La Corée du Nord compte plus de 100.000 prisonniers dans des camps de travail. Ils subissent des tortures atroces, sans compter les exécutions publiques des récalcitrants… Les forçats qui subissent les plus mauvais traitements sont les chrétiens. Ils seraient environ 20.000. Les chrétiens, considérés comme des “antirévolutionnaires de première classe” font l’objet d’un traitement particulier marqué par une cruauté qui soulève le cœur : on les crucifie, on les pend à des arbres ou sur des ponts, on les noie, ils sont brûlés vifs… Certains témoins évoquent des tortures si horribles que la décence m’interdit d’en faire état…

J’ai aussi pu rencontrer de nombreux réfugiés nord-coréens dans un pays limitrophe. S’ils sont arrêtés, ils peuvent être rapatriés de force dans leur pays, ce qui leur vaut la torture, l’envoi dans un camp, et donc la mort. Ils risquent aussi de tomber dans les griffes d’organisations criminelles de trafics d’organes, de prostitution : une jeune fille coréenne peut être vendue pour 800 à 1200 dollars…
J’ai entendu des récits tellement insupportables que des larmes de souffrance et de honte coulaient de mes yeux… Comment tant de vies humaines peuvent-elles ainsi être piétinées et disparaître dans le plus grand silence et la plus grande indifférence, celle de l’opinion publique et des médias ?

En tant que prêtre catholique, je parle ici au nom de toutes ces personnes qui subissent l’une des persécutions les plus sanglantes de l’histoire de l’humanité… depuis plus de soixante ans ! Je parle au nom de ces femmes et de ces petites filles nord-coréennes qui sont les victimes des marchands d’esclaves ! Je parle au nom de tous ces Coréens qui, depuis plus de soixante ans, vivent l’un des plus longs et des plus terribles de Chemins de Croix de l’histoire de l’humanité ! “

Asie #NLH #NLQ

Corée du Nord – Diffusion d’une vidéo de propagande antichrétienne

Dans une des émissions, un spectacle y fait de la propagande antichrétienne, selon  le site Premier.

Une heure de la diffusion d’un spectacle a été publiée sur Youtube. À la 13e minute de la vidéo, on y voit un prêtre occidental et une mère et son enfant. La mère semble être réceptive au message du prêtre en lui faisant le signe de la croix et elle fait ensuite accepter la foi à son enfant. Mais lorsque celui-ci se retrouve seul, le prêtre commence à abuser de lui. Ce premier est finalement tué et la scène se termine par ce message : « N’oubliez pas la brutalité de l’impérialisme américain ».

Rappelons que d’après l’association Portes Ouvertes, il y aurait 300.000 chrétiens en Corée du Nord, vivant sous le régime le plus oppressant du monde pour les croyants. Voici ce qu’elle en dit :

« La Corée du Nord est considérée comme le lieu le plus oppressant au monde pour les chrétiens. Dans cet État totalitaire communiste, les chrétiens sont obligés de cacher leur foi des autorités gouvernementales, des voisins et souvent, même de leurs propres conjoints et enfants. En raison de la surveillance toujours présente, beaucoup prient les yeux ouverts, et se rassembler pour louer ou communier est pratiquement impossible. Le culte de la famille dirigeante (de Kim) est mandaté pour tous les citoyens, et ceux qui ne se conforment pas (y compris les chrétiens) sont arrêtés, emprisonnés, torturés ou tués. Des familles chrétiennes entières sont emprisonnées dans des camps de travail forcé, où un nombre inconnu de personnes meure chaque année de torture, de coups, de surmenage et de famine. Ceux qui tentent de s’enfuir en Corée du Sud à travers la Chine risquent d’être exécutés ou emprisonnés à perpétuité. »

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