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Corée : le pape est disponible pour se rendre en Corée du Nord

Après la visite du président de la République de Corée du Sud, Moon Jae-in, au Vatican, le 18 octobre 2018, le cardinal secrétaire d’Etat Pietro Parolin confirme que le pape François a donné sa disponibilité pour se rendre en Corée du Nord. Mais il faut, souligne-t-il, des prérequis avant ce voyage.

Le président de la Corée du Sud portait en effet un message verbal du leader nord-coréen Kim Jong-un invitant le pape François à visiter Pyongyang : « le pape a donné sa disponibilité », affirme le cardinal Parolin au micro de Vatican News.

Mais, ajoute le « numéro 2 » du Vatican, « il faut maintenant attendre un acte qui formalise davantage » : « Cela a été seulement une première approche mais qui va dans le sens de ce qui était déjà dit : que le président apporterait verbalement, qu’il aurait manifesté verbalement au pape cet intérêt. »

Pour le cardinal Parolin, « une fois que l’on commence à penser sérieusement à la possibilité de ce voyage », « quelques conditions pour pouvoir le réaliser devraient être demandées… un voyage de ce genre a besoin d’une sérieuse préparation, d’une sérieuse considération ».

La contribution fondamentale de ce voyage, estime-t-il, serait de « soutenir le processus de pacification et de dénucléarisation de la Péninsule coréenne ». Ainsi « cette visite du président de Corée du Sud a servi en ce sens ».

Source : Zenit.org

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Bicentenaire de la naissance de Saint Antoine d’Aveluy le 5 mai 2018 à Amiens (80)

« QUI A JÉSUS A TOUT »

Samedi 5 mai 2018, la famille DAVELUY se souvient de son aïeul martyr pour le Bicentenaire de sa naissance et vous invite à les entourer…

 

11h00 : Messe présidée par Mgr Olivier Leborgne
en l’Église Saint-Leu d’Amiens
concélébrée avec un prêtre et un diacre de la famille.

15h00 : « Les Saints Martyrs de Corée ».
Conférence de Mme Françoise Buzelin,
Historienne des Missions Étrangères de Paris
Maison Diocésaine Saint-François de Sales
Rue Saint-Fuscien Amiens

 

Un peu d’histoire…

La Corée a été principalement évangélisée par les prêtres des Missions Étrangères de Paris (MEP) auxquels le Pape avait confié cette mission à partir de 1830. Entre 1833 et 1866, 10 d’entre eux le payèrent de leur vie par le Martyre mais plus de 20.000 chrétiens coréens furent aussi suppliciés. On estime qu’aujourd’hui 20 % de la population de Corée du Sud est chrétienne (dont la moitié de catholiques). Pour la première fois dans l’histoire le président coréen élu en 2017 est catholique. La Corée du Nord reste un goulag dans lequel une église souterraine excessivement persécutée conserve la foi et continue à offrir ses martyrs.

Prêtre du Diocèse d’Amiens, le P. Antoine Daveluy a été d’abord vicaire à Roye avant de recevoir l’autorisation de son Évêque de rejoindre les MEP en 1844. Il pût miraculeusement demeurer 21 ans en Corée, y fut sacré Évêque coadjuteur et remplaçât Mgr Berneux après le martyr de ce dernier. Parlant couramment le coréen ; il y traduisit la Bible et consigna une Histoire de l’Église de Corée, témoignage essentiel du sacrifice de ces nouveaux baptisés. Il a été canonisé en 1983 par St Jean-Paul II parmi les 103 martyrs coréens fêtés le 20 septembre. Le pape François a encore canonisé 114 autres martyrs en 2016.

On se souvient que Nicolas Daveluy, grand-père de Saint Antoine fut député-maire d’Amiens pendant la Restauration et que la ville lui doit, sous ses mandats, la création de ses boulevards et du cimetière de la Madeleine.

St Antoine Daveluy eût 13 frères et sœurs ; outre St Antoine, 3 de ses sœurs furent religieuses au couvent du Sacré Cœur ou de Louvencourt ; son dernier frère fût le Chanoine Isidore Daveluy, Archiprêtre de la Cathédrale, décédé en 1921.

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A l’approche du sommet intercoréen, les catholiques prient pour la paix

Alors que se profile la rencontre entre les deux dirigeants de la péninsule coréenne, l’Église de Corée du Sud espère que le sommet mettra officiellement fin à la Guerre de Corée (1950-1953). Mgr Peter Lee Ki-heon, évêque d’Uijeongbu et président du Comité pour la réconciliation du peuple coréen de la Conférence épiscopale coréenne, fait part de son espérance.

Cela fait des années que l’évêque d’Uijeongbu, Mgr Peter Lee Ki-heon, attend ce moment, alors qu’une rencontre au sommet entre les dirigeants des deux Corées est prévue le 27 avril sur le territoire sud-coréen. Mgr Ki-heon, président du Comité pour la réconciliation du peuple coréen, a publié un communiqué le 13 avril, afin de partager sa conviction que la rencontre peut mettre fin à des décennies de luttes et ouvrir une nouvelle ère de paix pour la péninsule. « Aujourd’hui, la péninsule coréenne s’apprête à vivre une nouvelle période de turbulences. Que ta volonté soit faite, sur la terre comme au ciel », écrit l’évêque. « Avec le sommet intercoréen, qui sera suivi du sommet entre la Corée du Nord et les États-Unis, les attentes s’intensifient, espérant que le conflit qui dure depuis 65 ans prenne fin pour ouvrir une nouvelle ère de paix. »
Plusieurs décennies après la Guerre de Corée, qui s’est terminée sur un cessez-le-feu, va avoir lieu le troisième sommet intercoréen jamais organisé à ce jour. Cette rencontre fait suite à celle du président Kim Dae-jung avec le « cher leader » Kim Jong-il, organisée à Pyongyang en 2000. En 2007, le président sud-coréen Roh Moo-hyun s’était rendu à son tour dans la capitale nord-coréenne. Mais chacune de ces deux rencontres s’était terminée sur un échec, les signes de réconciliation s’émiettant pour laisser place à des menaces de guerre, ainsi qu’à quelques coups de feu occasionnels dans la Zone Démilitarisée (DMZ) qui sépare les deux pays.

Mgr Lee espère que ce nouveau sommet portera ses fruits, soutenu par la prière des catholiques coréens. « Nos prières sont en train de réaliser un grand miracle grâce à Dieu, qui rend possible l’impossible », assure l’évêque. En 2015, à l’occasion des commémorations des 70 ans de la séparation des deux pays, l’Église catholique coréenne a déclaré la première « année de la paix ». Cette année-là, les catholiques étaient invités à se rassembler chaque soir à 21 heures pour prier pour la paix.

« Encore beaucoup d’obstacles à franchir »

Dans son communiqué du 13 avril, Mgr Lee a demandé aux catholiques de garder la foi. « Nous avons encore beaucoup d’obstacles à surmonter lors des prochaines rencontres diplomatiques. S’il vous plaît, priez pour une paix durable dans la péninsule coréenne. Notre union dans la prière sera une fondation solide pour la paix. ».

Mgr Lee a également encouragé les catholiques à renoncer à l’attitude « hostile » qui s’est installée dans la société coréenne depuis la Guerre de Corée. « À cause de la longue période de ‘guerre froide’ coréenne, les sentiments hostiles entre les deux Corées se sont profondément enracinés dans notre société, et notre Église n’est pas épargnée par ce malheur. Ce climat de lutte et de division au sein même de la société sud-coréenne est un obstacle majeur aux futurs succès du peuple coréen. » Pourtant, puisque la Corée du Nord tient sa promesse de renouer le dialogue avec les dirigeants chinois, sud-coréen et américain après avoir envoyé ses athlètes à Pyeongchang lors des Jeux olympiques d’hiver sud-coréens, un changement pourrait être imminent.

Le prochain sommet intercoréen marquera l’entrée, pour la première fois depuis des décennies, d’un dirigeant nord-coréen dans le territoire sud-coréen. Kim Jong-un doit en effet rencontrer le président sud-coréen Moon Jae-in dans la partie sud-coréenne de la Zone commune de sécurité, située juste au sud de la Zone démilitarisée. Bien qu’une grande partie du dégel des relations diplomatique soit restée secrète, la rencontre montre bien qu’une forte accalmie a suivi les mois de négociations entre Kim Jong-un et Donald Trump, les deux dirigeants s’étant menacés mutuellement de tirs nucléaires. En effet, Kim a rendu visite au président chinois Xi Jingping en secret à Pékin, durant la première semaine d’avril. Il s’agissait de son premier voyage hors du pays depuis son arrivée au pouvoir. Il a également été révélé récemment que le président Trump a envoyé en secret le chef de la CIA rencontrer le président nord-coréen quelques jours plus tard. Une façon de préparer le sommet entre la Corée du Nord et les États-Unis, qui devrait avoir lieu en mai.

Copyright Photo The Catholic Times

Source : Eglise d’Asie

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Esclavage sexuel – L’Église coréenne appelle le Japon à demander pardon

Une coalition catholique coréenne appelle Tokyo à régler une fois pour toutes un tort datant de la deuxième guerre mondiale. En effet, le Japon n’a toujours pas demandé pardon pour avoir recruté et asservi des esclaves sexuelles appellées « femmes de réconfort » pour son armée. L’abbé coréen Blasio Park de l’abbaye de Waegwan a concélébré avec d’autres prêtres dont un jésuite japonais, le 1 mars, devant l’ambassade japonaise de Séoul.
Une coalition d’institutions catholiques sud-coréennes a appelé le gouvernement japonais à demander pardon pour avoir obligé des esclaves sexuelles, appelées « femmes de réconfort », à offrir des services sexuels à ses troupes durant la Deuxième Guerre mondiale. Contrairement à l’Allemagne, le Japon n’a jamais présenté ses excuses pour ses crimes de guerre contre ses voisins asiatiques. C’est une source constante de problèmes pour des pays comme la Corée du Sud, qui était à l’époque sous la domination coloniale japonaise.
L’Action nationale catholique pour la nullité de « l’accord Corée-Japon sur les femmes de réconfort » et pour un règlement juste et évangélique de cet épisode, a célébré une messe le 1er mars en face de l’ambassade japonaise à Séoul, dans le sud de la ville. La coalition catholique a demandé à Tokyo de réparer ses crimes d’une façon juste et équitable. Le 1er mars marquait le 99e anniversaire du Samiljeaol, qui fait référence en Corée au Jour du mouvement d’indépendance, fêté le 1er mars. Il s’agit du plus ancien mouvement de résistance contre la domination japonaise en Corée. Le nom « Samiljeaol » provient de l’explosion de la résistance le premier jour du troisième mois de l’année 1919 (« sam-il » signifiant « 3/1 » en coréen, soit 1er mars).
La messe était présidée par l’abbé Blasio Park Hyun-dong, de l’abbaye bénédictine de Waegwan, accompagné d’autres prêtres dont le père Paul Moon Kyu-hyun et le père jésuite japonais Nakai Jun. « Aujourd’hui, nous devons nous souvenir de ces problèmes venant de la domination japonaise et toujours non résolus. Nous devons vraiment nous pencher sur ce problème des ‘femmes de confort’ », déclare l’abbé Blasio Park, qui est également administrateur apostolique de l’abbaye de Tokwon en Corée du Nord (sans avoir jamais pu s’y rendre).

Tokyo continue à nier

L’abbé critique Tokyo pour continuer à nier avoir organisé, en temps de guerre, un programme de recrutement et d’asservissement de « femmes de confort », malgré les évidences et les témoignages qui le prouvent. « L’accord Corée-Japon sur les femmes de confort doit être annulé parce qu’il a été formulé au mépris des témoignages des victimes », explique-t-il, concernant un accord signé en décembre 2015, qui offrait une compensation mais aucunes excuses.
Au terme de son voyage en Corée du Sud en novembre 2014, le pape François a rencontré sept femmes de confort dans la cathédrale Myeongdong de Séoul, avant de célébrer la messe pour la réconciliation entre les deux Corées. Les femmes, dont beaucoup sont catholiques, ont organisé des évènements en face de l’ambassade japonaise durant des années, mais peu sont encore en vie aujourd’hui.
La coalition a été organisée par les comités diocésains pour la justice et la paix, par des institutions religieuses et par des ONG catholiques. Elle a promis de continuer ses demandes en offrant des messes chaque 2 mai et 14 août, jours nommés en hommage aux femmes de confort en Corée du Sud.

Source EDA

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L’Eglise en Corée, une histoire du salut, témoin des œuvres de Dieu

 « L’histoire de l’Eglise catholique en Corée au cours des 230 dernières années est une histoire de salut qui témoigne de la volonté et des œuvres de Dieu ». C’est ce que déclare Sœur Elisabeth Soo-ran Park, des Sœurs des Bienheureux Martyrs coréens, Congrégation créée en 1946 à Kaesong, à l’occasion de l’exposition « Sur la terre comme au ciel », qui s’ouvre au Vatican le 9 septembre dans le Braccio Carlo Magno des Musées du Vatican, laquelle regroupe 188 pièces précieuses racontant 230 ans de l’Histoire de l’Eglise en Corée.

L’exposition, qui voit la collaboration des Musées du Vatican et du Comité pour l’exaltation des martyrs coréens de l’Archidiocèse de Séoul constitue la toute première initiative de ce genre concernant la Corée à être présentée au Vatican. Elle présente non seulement l’histoire depuis les premiers pas de la foi catholique en Corée mais également l’histoire moderne, au travers de la participation de l’Eglise aux mouvements sociaux, offrant ainsi un panorama global embrassant plus de deux siècles.

« Cette exposition représente une grande opportunité pour présenter à l’Eglise universelle la culture et l’héritage de l’Eglise catholique en Corée » explique le Père Jacques Won Jong-hyun, Vice-président du Comité pour l’exaltation des martyrs coréens de l’Archidiocèse de Séoul.

Le Catholicisme a été introduit en Corée au XVIII° siècle au travers de la traduction d’un certain nombre de textes catholiques, écrits en caractères chinois. La recherche culturelle s’est ensuite développée jusqu’à générer une conviction religieuse chez les chercheurs coréens qui avaient lu ces textes. La communauté laïque a continué à diffuser l’Evangile et, pendant des décennies, elle a demandé l’envoi d’un prêtre en Corée. Finalement, en 1794, le Père Chu Mun-mo (1752-1801), prêtre du Diocèse de Pékin, est devenu le premier missionnaire présent en Corée. A partir de ce moment, la population catholique s’est accrue rapidement, atteignant bientôt les 4.000 fidèles. La persécution des catholiques a débuté en 1785, lorsque le gouvernement interdit leurs assemblées. Malgré une persécution ayant duré pendant des siècles, les chrétiens ont continué à vivre leur foi et actuellement, la communauté catholique en Corée du Sud représente plus de 10 % de la population totale.

 

Source Agence Fides

Notre illustration texte des premiers chrétiens en Corée

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Angoulême – Une messe célébrée en coréen le 1er juillet

Samedi 1er juillet à 11h à l’église Saint Pierre Aumaître Angoulême sera célébrée une messe en coréen avec la participation de pèlerins venant de Corée.

La messe sera suivie d’un apéritif de bienvenue pour les pèlerins.

Source

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Corée – Le pape François sollicité pour soutenir le processus de réconciliation

Lors des élections présidentielles du 9 mai dernier, les Sud-Coréens ont porté au pouvoir Moon Jae-in, dont le programme porte une politique de dialogue et de réconciliation avec Pyongyang, en rupture avec son prédécesseur, Park Geun-hye, destituée en décembre dernier suite à une retentissante affaire de corruption, et dont le procès a débuté ce 23 mai à Séoul. Alors que la Corée du Nord multiplie les provocations, le président Moon a missionné un émissaire spécial auprès du Saint-Siège pour demander au pape François de soutenir le processus de réconciliation dans la péninsule.

Mgr Hyginus Kim Hee-jong, 70 ans, archevêque de Gwangju et président de la Conférence des évêques catholiques de Corée (CBCK), s’est entretenu avec le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, le 23 mai, et avec le Saint-Père, le 26 mai, à l’issue de la messe du matin célébrée à la maison Sainte-Marthe, au Vatican.

Interrogé par l’agence CNA, Mgr Kim a déclaré « [avoir] été envoyé par le président [Moon] pour demander le soutien du Saint-Père dans le processus de réconciliation entre les deux Corées ». «  J’espère que le Vatican va pour agir comme médiateur », a-t-il ajouté, rappelant le rôle joué par le Saint-Siège dans le cadre du rapprochement entre Cuba et les Etats-Unis d’Amérique.

Le pape François, contacté par le président Moon pour « [soutenir] la réconciliation »

Pour le président de la CBCK, « le dialogue constitue la seule option. Pyongyang est en train de montrer sa puissance militaire, mais nous devons poursuivre le dialogue. Si la Corée du Nord devient ouverte au dialogue, les tensions dans la péninsule coréenne diminueront ».

Mgr Kim faisait partie de la délégation de cinq évêques catholiques sud-coréens qui s’était rendue en Corée du Nord en décembre 2015, sous l’égide du « Comité spécial des évêques pour la réconciliation coréenne ». Si ce n’était pas la première fois que des évêques se rendaient en Corée du Nord, le porte-parole de la CBCK, le P. Lee Lee Young-seok, avait alors expliqué que ce déplacement revêtait une importance particulière car les évêques «  [avaient été] invités personnellement par Kang Ji-young, le président de l’Association catholique de Corée [organe officiel du régime nord-coréen]. Jusqu’à récemment, les seules relations que nous avions avec la Corée du Nord passaient par le biais de programmes humanitaires ».

Le début de la semaine dernière avait été marqué par une polémique car, selon un article du Joongang Ilbo, un des plus grands journaux sud-coréens, publié le 23 mai, Mgr Kim aurait déclaré qu’il « [allait] remettre au pape François une lettre du président Moon, dans laquelle le président demande au Saint-Père de l’aider à organiser un sommet bilatéral » entre les chefs d’Etat des deux Corées.

Le pape François, sollicité par le président Moon pour faciliter l’organisation d’un sommet bilatéral ?

Un tel sommet constituerait un événement historique et témoignerait de manière éclatante de la relance de la politique dite du « rayon de soleil » (« sunshine policy ») menée dans les années 2000 afin de développer les échanges intercoréens. En 2000 et 2007, les présidents sud-coréens Kim Dae-jung et Roh Moo-hyun avaient alors rencontré le leader nord-coréen Kim Jong-il. Depuis le décès de ce dernier à l’âge de 69 ans, une telle rencontre n’a pas été organisée avec Kim Jong-un, son fils, au pouvoir depuis 2011, d’autant que les administrations des deux précédents présidents sud-coréens, Lee Myung-bak (2008-2013) et Park Geun-hye (2013-2017) y étaient opposées. Aujourd’hui, en dépit de l’élection du président Moon, un tel événement paraît compliqué à organiser, dans la mesure où les tensions sont particulièrement élevées dans la péninsule coréenne : la Corée du Nord multiplie les tirs de missiles balistiques et revendique être en capacité de procéder à un sixième test nucléaire. Au point que le 30 mai dernier, le président Moon, lors d’un entretien téléphonique avec le Premier ministre japonais, a indiqué que ce n’était pas le moment « de dialoguer avec la Corée du Nord mais celui d’accroître les sanctions et les pressions ».

Quelques heures après la publication de l’article du Joongang Ilbo, Park Soo-hyun, porte-parole de la Maison Bleue, le palais présidentiel à Séoul, a déclaré que le président Moon avait effectivement chargé Mgr Kim de remettre au pape François une lettre manuscrite. Dans celle-ci, le président de la République de Corée remerciait le Saint-Père d’avoir effectué un voyage apostolique en Corée du Sud en août 2014, placé sous le signe de la paix et de la réconciliation, et lui demandait de « prier pour la paix et la réconciliation entre les deux Corées ». Pour autant, la Maison Bleue a indiqué que «  dans cette lettre, le président ne [demandait] pas au pape de faciliter l’organisation d’un sommet bilatéral ». Une telle demande n’aurait pas non plus été formulée à l’oral, a précisé le porte-parole présidentiel.

Le président Moon multiplie les initiatives auprès des chrétiens

Tout au long de sa campagne, le candidat Moon a répété qu’il utiliserait tous les moyens à sa disposition pour ramener la paix dans la péninsule coréenne. Le 30 mai, le président Moon a ainsi rencontré une délégation du Conseil œcuménique des Eglises (COE, World Council of Churches), pour discuter du rôle des Eglises dans l’établissement d’un « régime de paix » dans la péninsule. Fondé en 1948, le Conseil regroupe 348 Eglises protestantes, orthodoxes, anglicanes et autres représentant plus de 550 millions de chrétiens dans plus de 120 pays et indique travailler en collaboration avec l’Eglise catholique, en faveur de l’unité des chrétiens et au service d’un monde juste et pacifique.

Dans un communiqué publié le 1er juin, le Conseil œcuménique des Eglises a indiqué que le président Moon «  [avait] exprimé sa reconnaissance pour le travail effectué par le COE et le mouvement œcuménique en faveur de la démocratie, des droits de l’homme, de la paix et de la réconciliation en Corée depuis plus de quarante-cinq ans », rappelant que «  l’instauration d’un ‘régime de paix’ et la dénucléarisation de la péninsule coréenne constituaient deux des priorités de son administration ».

En Corée du Sud, les chrétiens, les catholiques en particulier, ces derniers étant particulièrement investis dans la vie politique de leur pays, ont multiplié ces dernières années les initiatives en faveur de la paix et de la réconciliation.

Source : Eglises d’Asie

Asie

« Notre relation avec l’Eglise de Corée est fondée sur le sang des martyrs »

« Notre relation avec l’Eglise de Corée est fondée sur le sang des martyrs » – Mgr Yves Le Saux, évêque du Mans

Pour l’Eglise catholique de Corée, l’année 2016 marque le 150ème anniversaire de la dernière grande vague de persécution, celle de 1866, au cours de laquelle quelques 9 000 catholiques perdirent la vie. Outre différentes manifestations locales organisées par l’archidiocèse de Séoul, les évêques sud-coréens s’apprêtent à accueillir les représentants de huit diocèses français, dont six évêques, venus se recueillir sur les pas des martyrs français en Corée (voir notre article à ce sujet). Ce faisant, ce pèlerinage vise non seulement à faire mémoire du sang versé par des missionnaires étrangers et des baptisés coréens il y a un siècle et demi, mais aussi à réfléchir et méditer sur le sens du martyre aujourd’hui, souligne l’un des initiateurs de ce voyage, Mgr Yves Le Saux, évêque du Mans.

Du 13 au 24 octobre, ce sont près de 70 personnes venues de France qui se rendront dans les différents diocèses où les martyrs français ont exercé leur apostolat missionnaire. Mgr Yves Le Saux souligne que l’étroitesse des liens partagés entre l’Eglise de France et l’Eglise de Corée a été, il y a quelques années, une découverte pour lui. Cette découverte s’est faite par l’entremise de saint Siméon Berneux, prêtre des Missions Etrangères de Paris (MEP), qui, originaire de Château-du-Loir, dans la Sarthe, fut vicaire apostolique de Corée, ordonné évêque en 1854 et est mort décapité à Saenamtheo (Saï-nam-hte), le 7 mars 1866. Siméon Berneux a été canonisé avec les autres martyrs de Corée – dont neuf autres membres des MEP – en 1984 à Séoul par le pape Jean-Paul II.

Pertinence de la spiritualité du martyre pour les temps présents

« En redécouvrant ce passage de l’histoire de l’Eglise de France, j’ai pris contact avec l’Eglise de Corée avec un double objectif : raviver la mémoire de ce martyr et de cette histoire dans mon propre diocèse, mais aussi me mettre à l’école de nos frères de Corée, de leur histoire, sachant que cette Eglise est une histoire de martyrs », précise Mgr Le Saux à Eglises d’Asie.

Dans le contexte qui est celui de l’Eglise de France aujourd’hui, ayant en tête l’actualité de ces derniers mois, l’évêque du Mans souligne la pertinence de la spiritualité du martyre pour les temps présents. « Si le plus haut degré de la charité est de donner sa vie, alors nous sommes tous appelés à nous positionner sur cette question du martyre, un martyre certes qui n’est pas nécessairement un martyre du sang versé, mais qui est présent dans tous les esprits », explique encore l’évêque du Mans.

L’Eglise de Corée étant une Eglise aujourd’hui particulièrement dynamique et présentant la particularité de se développer au sein d’une civilisation et d’une culture qui ne sont pas imprégnées par l’Evangile, l’évêque français insiste également sur le bienfait que l’Eglise de France peut avoir à venir observer « les pratiques missionnaires des Coréens ». L’Eglise en Corée compte de très nombreux catéchumènes et néophytes, et « nous, catholiques français, pouvons gagner à nous inspirer du dynamisme missionnaire de nos frères coréens ».

Des échanges avec des paroisses et des familles catholiques

Après plusieurs voyages en Corée ces dernières années, Mgr Le Saux emmène cette fois-ci avec lui des représentants de plusieurs autres diocèses. Il a ainsi associé à sa démarche les évêques des autres diocèses d’origine des martyrs MEP. Les diocèses du Mans, de Luçon, de Langres, de Digne, de Bordeaux, d’Aix-en-Provence, d’Amiens et d’Angoulême auront une délégation lors de ce pèlerinage auquel participeront également le cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux, Mgr Joseph de Metz-Noblat, évêque de Langres, Mgr Alain Castet, évêque de Luçon et Mgr Olivier Leborgne, évêque d’Amiens. La visite des hauts lieux des martyrs de Corée est au programme, ainsi que des conférences et des échanges avec des paroisses et des familles catholiques coréennes ; les évêques français s’entretiendront, pour leur part, avec leurs pairs sud-coréens.

Rassemblant aujourd’hui un peu plus de 10 % des 50 millions de Sud-Coréens, l’Eglise catholique de Corée est parfois surnommée « le tigre asiatique de l’Eglise » et la communauté catholique de Corée du Sud s’est lancé un défi de taille avec l’ambitieux plan pastoral de la Conférence épiscopale de Corée, diffusé dans les paroisses dès 2008. Intitulé « Evangelization Twenty Twenty », il prévoit d’augmenter de 20 % d’ici 2020 le nombre de catholiques sud-coréens.

C’est au XVIIème siècle, sous la dynastie Joseon (Djo-son ou Choseon, 1392-1910), d’inspiration confucéenne, qu’a été introduit le catholicisme en Corée, d’une quête issue de lettrés locaux – et non d’une initiative missionnaire venue de l’étranger. Le premier Coréen catholique fut Pierre Yi-Sung-hun (1756-1801), baptisé en Chine, qui devint un fervent missionnaire de retour dans son pays. La condamnation par l’Eglise des rites confucéens du culte des ancêtres déclencha toutefois l’affrontement entre les chrétiens, la morale confucéenne et les usages de la dynastie Joseon. Plusieurs vagues de persécutions s’abattirent alors sur les chrétiens de Corée du XVIIIème siècle, à la fin du XIXème siècle. Outre les 103 martyrs canonisés en 1984 – dont saint André Kim Tae-gon, premier prêtre coréen –, l’Eglise de Corée compte 124 bienheureux, béatifiés en 2014 par le pape François à l’occasion de son voyage à Séoul.

Source : Eglise d’Asies

Asie

Info – A la rencontre de l’Eglise coréenne

Du 13 au 24 octobre, pèlerinage national sur les pas des martyrs de Corée

Il y a 150 ans, des prêtres Français partaient en Corée où beaucoup sont morts martyrs. Depuis, l’Eglise coréenne a grandi, et les liens entre les deux Eglises ne se sont jamais interrompus. L’anniversaire de la mort des prêtres français est l’occasion d’accentuer les relations. 
Nos frères et sœurs coréens sont en effet très reconnaissants pour les missionnaires français qui ont participé à la fondation de l’Eglise chez eux.
Il est heureux que nous n’en perdions pas la mémoire et que la communion entre nos Eglises soit source de renouvellement missionnaire pour nous.

Le Cardinal archevêque de Bordeaux, les évêques de Luçon, Langres, Le Mans, Amiens, Digne et Angoulême feront le voyage, avec une délégation d’une soixantaine de prêtres et laïcs venus de tous les diocèses concernés. Ils seront accueillis par la Conférence épiscopale de Corée, et pourront visiter bon nombre de lieux de martyrs. 
Le voyage sera également rythmé par les rencontres de communautés religieuses : séminaire de Baethi, centre pastoral du diocèse d’Andong, rencontre avec le monde agricole, rencontre avec les religieux et religieuses de congrégations des martyrs de Corée, de missionnaires français, au Grand séminaire de Séoul, et temps de rencontre fraternelle dans une paroisse coréenne. 
Le monde bouddhiste ne sera pas oublié, avec la visite d’un temple et la rencontre d’une communauté bouddhiste.