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Zambie : renforcer la foi en Dieu pour guérir de la corruption selon Mgr Lungu

Après la dénonciation de l’Union africaine  et celle des Evêques du Kenya, le Président de la Conférence épiscopale de Zambie (ZCCB), S.Exc. Mgr George Lungu, Evêque de Chipata, a déclaré lui aussi que la corruption continue à absorber la vie des habitants de Zambie, à cause de l’action de professionnels sans pitié et plein d’astuce. Au cours d’une Messe de la ZCCB, célébrée ces jours derniers à Lusaka, Mgr Lungu a décrit la corruption comme un virus et une hémorragie que la Zambie affronte actuellement. L’Evêque a affirmé que, pour en être guéris, les zambiens doivent renforcer leur foi en Dieu.

« En tant que membre de la ZCCB, je vis moi aussi ce défi, La corruption est un virus qui phagocyte la vie de tous : médecins, avocats, ingénieurs, scientifiques. Elle phagocyte maintenant la vie des citoyens innocents » peut-on lire dans la note parvenue à Fides.

Mgr Lungu a en outre expliqué que, « à cause de l’incidence de la corruption, le pays continue à précipiter : des patients meurent de la main de médecins immoraux, des constructions d’effondrent à cause d’ingénieurs sans scrupules, des ressources économiques sont perdues à cause d’économistes et de comptables incompétents. L’humanité meurt à cause de chercheurs incapables et la justice va à vau-l’eau à cause de juges sans scrupules » peut-on lire dans la note.

L’ensemble de la société zambienne est impliquée dans ce processus de dégradation – dénonce l’Evêque. Le système électoral est corrompu, les droits fondamentaux foulés aux pieds et les élections perdues à cause de commissaires qui ne se préoccupent pas d’avoir des élections libres, équitables et crédibles. Le monde universitaire est lui aussi corrompu, manipulé et ceux qui réussissent à poursuivre leurs études le font sur la base d’accords illégaux, laissant en arrière ceux qui sont réellement méritants.

Source : AP  – Agence Fides 18/07/2018

Brèves

Au Vatican, les transactions financières suspectes sont en forte baisse

2017 fut une année de consolidation et de normalisation, a expliqué la direction de l’Autorité d’Information Financière qui a rendu son rapport ce vendredi matin pour l’année 2017

Le système de contrôle mis en place par l’AIF a enregistré une forte baisse des signalements : 150 contre 207 l’an dernier, et 544 en 2015. « Une tendance qu’on peut lire positivement puisque dans le même temps la qualité des signalements a augmenté, manifestant une prise de conscience croissante et un renforcement des contrôles » a expliqué le directeur de l’organisme, Tommaso Di Ruzza, à Vatican Insider.

Activités financières suspectes en baisse

Au final, seul 8 rapports ont été transmis au bureau du Promoteur de justice du Vatican. De potentiels délits de nature financière, des cas de fraudes fiscale ou d’abus de marché qui impliquent des étrangers ou des entreprises étrangères ou liées à des juridictions étrangères. Aucun financement du terrorisme n’a été relevé, mais l’AIF a réaffirmé qu’elle collaborait avec les institutions de contrôle d’autres pays soumis au risque d’attaques terroristes.

Au total, 19 protocoles d’entente ont été signés avec des juridictions étrangères (50 au total), avec les îles de Man, Jersey ou Guernesey, mais également avec la Colombie ou le Chili. A 268 reprises, des échanges d’informations ont déjà pu avoir lieu.

L’an dernier, 1757 euros d’origine suspectes ont été gelés par le IOR contre 7 millions en 2015. 32 millions d’euros ont par ailleurs transité à l’Institut pour les œuvres de religion, la banque du Vatican : 9 220 000 d’entrée et plus de 23,4 millions d’euros en sortie.

Des progrès accomplis

En décembre, le dernier rapport de Moneyval, l’organisme du conseil de l’Europe qui vérifie l’application des normes anti-recyclage, saluait les progrès accomplis par le Saint-Siège en 2016, soulignant cependant l’absence de procédures judiciaires pour poursuivre le travail fourni par les autorités de contrôle. Depuis, plusieurs procès ont eu lieu, sur le détournement d’argent destiné à l’hopital du Bambino Gesu ou encore, en février dernier, le procès des anciens dirigeants du IOR, Paolo Cipriani et Massimo tulli, condamnés pour mauvaise gestion.

L’AIF a été fondée par le pape Benoît XVI en vue de plus de transparence et de l’ajustement des critères du Vatican notamment à ceux de Moneyval en Europe. De nouveaux statuts – pour plus d’autonomie – ont été approuvés par le pape François dès novembre 2013.

 

Source : Vatican News – Marie Duhamel

Amérique latine #NLQ

Brésil – Arrestation de l’évêque de Formosa et cinq prêtres pour corruption

Le Pape François a nommé administrateur apostolique « sede plena et ad nutum Sanctae Sedi»du diocèse de Formosa, au Brésil, Mgr Paulo Mendes Peixoto, archevêque métropolite de Uberaba.

Arrestation de l’évêque et de 5 prêtres pour corruption

La décision arrive après l’arrestation de l’évêque de Formosa, Mgr José Ronaldo Ribeiro, de son vicaire général et de quatre autres prêtres, tous accusés de corruption et d’association de malfaiteurs. Selon la presse locale, ils sont accusés d’avoir soustrait de façon irrégulière au moins 600 000 dollars des donations des fidèles, et de les avoir utilisés pour des fins non religieuses. La mesure s’insère dans le cadre d’une opération plus vaste dénommé Caifas qui a amené à l’arrestation de huit autres personnes dans l’État de Goias.

Évêques du Brésil : que la vérité soit recherchée avec justice et transparence

La conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB), dans un communiqué de son secrétaire général Mgr Leonardo Steiner, exprime sa solidarité au presbyterium et aux fidèles du diocèse, en rappelant à l’évêque que « la justice suppose un abandon confiant à la volonté miséricordieuse de Dieu. La vérité des faits, affirme la conférence épiscopale, doit être recherchée avec justice et transparence, pour le bien de l’Église particulière ». Enfin, la note invite « tous les fidèles de l’Église à demeurer unis dans la prière » et à « être de vrais témoins de l’Évangile ».

 

Source Vatican News

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Intention de prière du pape – Février 2018 – Non à la corruption

 Voici l’intention du pape François confie pour le mois de février 2018 :

« Non à la corruption : Pour que ceux qui ont un pouvoir matériel, politique ou spirituel ne glissent pas vers la corruption. »

 

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Saint-Siège – Naissance d’un réseau de lutte contre la corruption

Membres du clergé, de la magistrature, d’associations engagées contre la corruption ou victimes de ce fléau, des dizaines de personnes ont été rassemblées le 15 juin dernier par le dicastère pour le Développement humain intégral, en collaboration avec l’Académie des sciences sociales, au Vatican. À la suite de ce débat international sur la corruption, un document final a été publié ce mardi 1er août 2017, définissant les objectifs d’un Conseil international sur la justice, la corruption, le crime organisé et les mafias.

Un réseau mondial – « et l’Eglise dans le monde est déjà un réseau »– sera créé pour réveiller les consciences, les éduquer afin qu’elles ne soient plus insensibles aux phénomènes de corruption, de crimes organisés ou liés à la mafia, afin de mieux les combattre. La possibilité d’excommunication pour de tels faits sera étudiée par ce Conseil international mis en place à partir de septembre par le Vatican.

Qu’est-ce que la corruption ?

« Pour que ceux qui ont un pouvoir matériel, politique ou spirituel ne glissent pas vers la corruption ». En amont de cette intention de prière du Pape François pour le mois de février 2018, le dicastère pour le Développement humain intégral s’est saisi de ce sujet cher au souverain pontife. D’autant qu’une « volonté de faire front commun » a émergé lors du récent débat organisé par ses soins au Vatican.

À la rentrée, le Conseil international sur la justice, la corruption, le crime organisé et les mafias passera à l’action. Parce que la corruption est un état d’esprit avant d’être un acte posé, le Conseil estime qu’il faut intervenir au niveau culturel, de l’éducation, civique notamment, de l’instruction, de l’action institutionnelle.

Pour mieux comprendre ce qui se trame derrière la corruption, le conseil se proposera de donner plusieurs définitions du concept à partir des propos du cardinal Turkson dans le livre entretien Corrosione, préfacé par le Pape et publié à la mi-juin. Le Pape qualifiait alors la corruption de « pire des plaies sociales », de « forme de blasphème » et de « cancer ».

Education

Mais il faut aussi des gestes concrets. Le Conseil établira un réseau international, « ce qu’est déjà l’Eglise », dont les membres, s’ils veulent éduquer, doivent être eux-mêmes des « maîtres crédibles ». L’Église est invitée à faire preuve de « courage, de capacité décisionnaire, de transparence, d’esprit de collaboration et de créativité ».

Le Conseil prône l’éducation et l’instruction pour générer une mentalité de liberté et de justice, en vue du bien commun. « Celui qui cherche des alliances pour obtenir des privilèges, des exemptions, des voies préférentielles ou illicites n’est pas crédible », peut-on lire dans le document final. N’est pas crédible non plus, celui « qui profite de sa position pour recommander des personnes souvent peu recommandables, au niveau des valeurs ou de l’honnêteté ».

Quand un crime est commis, on ne sait pas toujours que la corruption en est la cause. Parce que les conséquences de la corruption sont en général méconnues, le Conseil se propose d’y travailler, « surtout là où dans le monde la corruption est le système social dominant ». La corruption cause un manque de paix.

Excommunication des mafieux

Avec l’aide des conférences épiscopales et des églises locales, le Conseil approfondira ses réflexions sur « l’excommunication des mafieux et des organisations criminelles », sur l’excommunication  pour fait de corruption, afin de répondre de manière globale.

« Le chemin ne sera pas facile » et le Conseil estime que l’Église devra se mettre à l’écoute  pour dialoguer aussi avec les non-croyants.

Le Conseil se propose de renforcer le lien unissant la justice et la beauté, que constitue un patrimoine historique, artistique et architecturale extraordinaire. Il  élaborera également un pensée politique, avec une attention particulière pour la démocratie et la laïcité, afin « d’illuminer l’action des institutions pour que les traités internationaux soient réellement appliqués et que les législations soient harmonisées afin de poursuivre au mieux les tentacules du crime, qui dépasse les frontières des Etats ». Le Conseil se propose de réfléchir à l’application des principes des conventions de Palerme et Merida.

« Un mouvement est nécessaire, un réveil des consciences ». Le dicastère pour le Développement humain intégrale se sent moralement obligé à agir. « Les lois sont nécessaires mais ne suffisent pas », peut-on lire. Pour passer de l’indifférence au combat, le Conseil se propose donc d’agir à trois niveau : l’éducation, la culture et la citoyenneté.

 

Source Radio Vatican

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Vers l’excommunication pour corruption ?

Approfondir la question de l’excommunication pour corruption. C’est l’une des conclusions du premier “Débat international sur la corruption”, organisé au Vatican par le Dicastère pour le service du développement humain intégral, le 15 juin 2017.

Une cinquantaine de magistrats anti-mafia et anti-corruption, d’évêques, de représentants du Vatican, d’Etats et des Nations unies, ainsi que des victimes, journalistes, experts et ambassadeurs, ont participé à cette rencontre au siège de l’Académie pontificale des sciences sociales.

Les participants ont notamment souligné que « la lutte contre la corruption et les mafias est une question non seulement de légalité, mais de civilisation », indique un communiqué du Saint-Siège publié le 17 juin.

Suite à la rencontre, le groupe élaborera « un texte commun qui guidera les travaux ultérieurs et les futures initiatives », indique la note. Parmi ces initiatives : l’approfondissement « au niveau international et au niveau de la Doctrine juridique de l’Eglise », de la question de « l’excommunication pour corruption et association mafieuse ».

Cette question a déjà été abordée par le pape François, notamment lors de sa visite à Cassano all’Jonio, dans la province de Cosenza en Calabre, en juin 2014 : il y avait dénoncé les méfaits de la « N’Drangheta », mafia calabraise, en affirmant que ceux qui pratiquent le crime organisé n’adorent pas Dieu mais « adorent le mal », « ils ne sont pas en communion avec Dieu, ils sont excommuniés ».

Le cardinal Peter Turkson, préfet du dicastère, a expliqué ainsi l’objectif du premier débat de ce genre au Vatican : « Il s’agit de faire face à un phénomène qui conduit à piétiner la dignité de la personne. Nous voulons affirmer qu’on ne peut jamais piétiner, nier, entraver la dignité des personnes … nous cherchons à attirer l’attention sur cette question ».

Le secrétaire délégué du dicastère, Mgr Silvano Maria Tomasi, a insisté sur l’importance de « sensibiliser l’opinion publique, d’identifier des pas concrets qui puissent aider à parvenir à des politiques et à des lois qui préviennent la corruption ». « La corruption, a-t-il ajouté, est comme un ver qui s’infiltre dans les processus de développement des pays pauvres ou dans les pays riches, qui ruine les relations entre institutions et entre personnes ».

 

 

 

Source Zenit

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La corruption conduit à piétiner la dignité humaine – Cardinal Turkson

Non à la dignité humaine piétinée, c’est le cri de ralliement des participants au grand débat international sur la corruption, organisé par le Dicastère pour le service du développement humain intégral, le 15 juin 2017, au Vatican.

Le cardinal Peter Turkson, préfet du dicastère, explique à Radio Vatican l’objectif de l’initiative qui a eu lieu à la Casina Pio IV, siège de l’Académie pontificale des sciences sociales : « Il s’agit de faire face à un phénomène qui conduit à piétiner la dignité de la personne … Nous voulons dire qu’on ne peut jamais piétiner, nier, entraver la dignité des personnes … nous cherchons à attirer l’attention sur cette question ».

Des représentants de l’Eglise, de la justice, d’associations et de victimes de crimes, ont participé à cette rencontre conclue par le secrétaire délégué du Dicastère, Mgr Silvano Maria Tomasi. Toujours à l’antenne de Radio Vatican, il souligne l’importance de « sensibiliser l’opinion publique, de commencer à identifier des pas concrets qui peuvent aider à parvenir à des politiques et à des lois qui préviennent la corruption ».

« La corruption, ajoute-t-il, est comme un ver qui s’infiltre dans les processus de développement des pays pauvres ou dans les pays riches, qui ruine les relations entre institutions et entre personnes ». Mgr Tomasi invite à faire « l’effort » de « créer une mentalité, une culture qui combatte la corruption pour assurer le bien commun ».

Raffaele Cantone, président de l’Autorité nationale anticorruption italienne, salue cet événement : « Pour la première fois une institution mondiale en parle, une institution qui a une grande importance aussi comme magistère moral ». En effet, estime-t-il, « le thème de la corruption doit être affronté aussi et surtout sur le plan de la bataille culturelle et … avec une logique qui n’est pas seulement la logique nationale ».

« C’est un message fondamental à envoyer au monde entier, conclut-il : la corruption finit par affaiblir encore plus les pauvres et par voler l’avenir, surtout aux dépends des faibles ».

 

Source Zenit

Pour aller plus loin, préface sur pape sur le livre “vaincre la corruption” du cardinal Turkson

Dans le Monde #NLQ

Quand le président de la conférence épiscopale appelle à combattre la corruption et l’impunité

Après le débat télévisé d’hier soir et les sorties remarquées de Monsieur Poutou, après les mises en examens, passées, présentes et futures, un peu de rappel à l’ordre semblait de bon aloi.   C’est outre Atlantique, sur une île (une vraie), en République Dominicaine, que nous trouvons ces jours-ci des mots qui finalement peuvent concerner tout le monde.

 

Le Président de la Conférence épiscopale de la République dominicaine, Mgr Gregorio Nicanor Peña, s’est exprimé en faveur de l’enquête diligentée par le Procureur général à propos du scandale de la corruption relatif au cas Odebretch. Odebretch est le colosse brésilien du secteur des constructions accusé d’avoir corrompu des fonctionnaires de différents pays d’Amérique latine.

Selon la note parvenue à Fides, Mgr Nicanor Peña a déclaré qu’une fois identifiés, les responsables devront payer pour leurs actions. Il a également souligné que la requête de la société concernant la lutte contre la corruption et l’impunité devrait être étendue à tous les niveaux.
« Dans la famille et dans la société en général existe un fort niveau de corruption. Habituellement, il est attribué seulement au gouvernement mais, si nous regardons autour de nous, il existe beaucoup de corruption proche de nous et nous aussi sommes coupables » a déclaré l’évêque dans un entretien accordé après l’ouverture de la Journée nationale du Journaliste, célébrée le Dimanche 2 avril, en République dominicaine à l’initiative de l’Université pontificale catholique Mater et Magistra (PUCMM) de Santo Domingo et de la Conférence épiscopale.

 

Selon des nouvelles locales, le Dimanche 26 mars, des milliers de dominicains ont marché à Santiago de los Caballeros, la deuxième ville du pays, afin de demander des actions concrètes de la part de la justice dominicaine à l’encontre de ceux qui sont impliqués dans le cas de pots-de-vin Odebrecht. Les manifestants ont également lu un communiqué dans lequel ils demandaient la suspension des opérations de la société de construction brésilienne sur le territoire national. Le cas Odebrecht implique chaque jour davantage d’hommes politiques et d’autorités de différents pays latino-américains.

Lu sur Agence Fides

Asie #NLQ

Indonésie – Les adversaires du gouverneur Ahok attisent les tensions religieuses

Le 19 avril prochain, les Indonésiens retournent aux urnes pour le deuxième tour des élections locales dans sept des trente-quatre provinces du pays ainsi que dans 76 districts et 18 municipalités. L’attention est concentrée sur la ville de Djakarta, où le candidat qui est sorti en tête à l’issue du premier tour du 15 février dernier fait face à des attaques répétées sur son appartenance religieuse. Selon bon nombre d’analystes locaux, ces élections, qui se jouent sur le terrain politico-religieux, viennent tester l’identité plurielle et démocratique de l’Indonésie post-Suharto.

Du premier tour, le gouverneur sortant, Basuki Tjahaja Purnama, plus connu sous le nom de « Ahok », est sorti en tête, avec 42,9 % des suffrages et une faible avance sur son rival immédiat, Anies Rasyid Baswedan, qui a réuni 39,9 % des voix. D’origine chinoise et de religion chrétienne, Ahok mène campagne alors qu’il est sous le coup d’une procédure judiciaire pour « insulte à la religion », un chef d’inculpation qui peut lui valoir jusqu’à cinq ans d’emprisonnement. Après une déclaration en septembre dernier sur l’utilisation du Coran à des fins politiques, le gouverneur de Djakarta avait été attaqué en justice par le Front des défenseurs de l’islam, une organisation musulmane radicale bien connue pour sa volonté d’imposer une lecture rigoriste de l’islam au pays.

Musulman mais « infidèle » car allié à Ahok le chrétien

Tandis que la justice suit son cours (on ne s’attend pas à un verdict avant plusieurs semaines), la campagne électorale bat son plein. Et l’on constate que les partisans d’Anies Baswedan n’hésitent pas à user de la carte religieuse pour signifier aux musulmans l’impossibilité pour eux de voter pour un non-musulman. Le 11 mars dernier, des musulmans ont ainsi barré le passage à Djarot Saiful Hidayat, le co-listier d’Ahok. Musulman, ce dernier voulait se rendre dans une mosquée de Djakarta-Est pour y prier ; il s’est vu refuser l’accès au lieu de culte au prétexte qu’il était un « infidèle », du fait de son association politique avec le chrétien Ahok.

Sur les réseaux sociaux, devenus ces dernières années le principal moyen d’information des Indonésiens, des appels circulent pour que les imams interdisent de cérémonie funéraire les musulmans « qui votent pour un dirigeant infidèle ou blasphémateur ». Toujours sur les réseaux sociaux, des messages sont répandus pour dire que ceux qui votent pour un non-musulman n’auront pas accès au paradis.

La répétition de ce genre de messages semble faire son effet. Gouverneur populaire pour s’être attaqué de front à nombre de maux qui étouffent la capitale indonésienne (déficit de logements, insuffisance des infrastructures, corruption endémique, lutte contre les islamistes), Ahok est désormais en deuxième position dans les sondages. Selon Pollster Indonesian Survey Circle, le gouverneur sortant n’est plus crédité que de 40 % des intentions de vote, tandis que son adversaire Anies Baswedan recueille 49 % d’intentions de vote. Un autre sondage, réalisé par Indonesian Survey Institute, donne Ahok à 39,7 % et Baswedan à 46,3 %.

Instrumentalisation de la religion à des fins électoralistes

Selon Bonar Tigor Naipospos, du Setara Institute for Democracy and Peace, ONG qui milite pour les droits de l’homme et la liberté religieuse en Indonésie, la chute d’Ahok dans les sondages indique que la politisation de la religion « a pris racine » dans l’électorat musulman. « Instrumentaliser la religion est la seule manière que les rivaux d’Ahok ont de le battre car le bilan du gouverneur [élu vice-gouverneur en 2012, il est gouverneur de Djakarta depuis 2014] l’a rendu populaire auprès d’une majorité des habitants de la capitale », explique-t-il, ajoutant que bien que 65 % des habitants de la métropole se déclarent satisfaits de son action, ils disent aussi ne pas vouloir de lui pour un deuxième mandat du seul fait qu’il n’est pas musulman.

Pour Usep Ahyar, analyste politique au Populi Center, un think-tank local, il est clair que « de nombreux électeurs sont en train de perdre leur liberté de choix : la peur les domine et ils ne savent pas comment contrer la tactique mise en œuvre par des religieux et les groupes qui combattent Ahok ». Pour autant, l’influence des religieux sur le vote ne doit pas être surestimée, explique-t-il, ajoutant que tout se jouera dans le secret de l’isoloir.

En attendant le 19 avril et le verdict des urnes, face à la pression exercée via les réseaux sociaux, où les « fake news » le disputent aux informations vérifiées, relativement rares sont ceux qui se risquent à dénoncer l’instrumentalisation de la religion dans cette élection. Le P. Yohanes Kristoforus Tara, prêtre franciscain bien connu, anime le centre Justice, Peace and Integrity of Creation ; il dénonce la campagne des opposants à Ahok comme «  la plus ignominieuse des manœuvres politiques menée à des fins communautaristes ». Il fustige en particulier l’appel à interdire l’accès aux cérémonies funéraires. « Il faut rendre la religion à son essence. Rendre à la religion son pouvoir libérateur pour ses adeptes. Sanctuariser les lieux de culte. Et laisser les gens mourir en paix pour se préparer à faire face à Dieu », lance-t-il à l’intention des auteurs de ces manœuvres.

Ahmad Syafii Maarif est un intellectuel musulman reconnu en Indonésie. Président de 1998 à 2005 de la Muhammadiyah, l’une des deux plus importantes organisations musulmanes de masse d’Indonésie, il déplore la tournure prise par la campagne électorale et estime que la religion « est vendue à vil prix ». Il ne cache pas qu’il espère que près de vingt ans après la chute du dictateur Suharto (au pouvoir de 1966 à 1998), la maturité démocratique des électeurs fera qu’ils sauront, le 19 avril, faire la part des choses entre une instrumentalisation de l’islam par les milieux radicaux alliés pour la circonstance aux cercles conservateurs, et la défense d’une société démocratique au sein d’une nation diverse et plurielle.

Source : Eglises d’Asie

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Quand les évêques dénoncent la corruption des hommes politiques

Ce n’est pas en France, mais au Nigéria

 « Nombre des sommes provenant du monde occidental ne vont pas directement aux personnes auxquelles elles sont destinées. Pour toute intervention, (nos hommes politiques) insistent sur le fait que les donations doivent passer par les agences gouvernementales et par le biais de celles-ci, elles finissent dans les poches de quelques individus. Nombre de nos hommes politiques sont corrompus »

a dénoncé S.Exc. Mgr Oliver Dashe Doeme, Evêque de Maiduguri, capitale de l’Etat du Borno, dans le nord du Nigeria, en parlant avec une délégation de la fondation de droit pontifical Aide à l’Eglise en Détresse. Maiduguri se trouve au centre des attaques de Boko Haram et la délégation était venue en visite en signe de solidarité avec les populations touchées.

 

Mgr Doeme, en remerciant ses hôtes, a souligné que l’Eglise et d’autres dénominations religieuses ont créé des structures efficientes permettant de distribuer des aides aux victimes de Boko Haram.

La délégation de l’AED, composée de 14 personnes provenant de Corée du Sud, d’Asie, d’Amérique et d’Europe, a invité à la réconciliation et au dialogue interreligieux afin de surmonter les tensions.
Des tensions qui sont souvent d’origine politique, ainsi que l’a souligné le Père John Bakeni, en rappelant que dans le nord du Nigeria, acheter un terrain pour y édifier une église est devenu une mission difficile alors que le gouvernement n’a offert aucune compensation pour les églises détruites par Boko Haram. L’Eglise – a remarqué le Père Bakeni – a toujours aidé tout un chacun, indépendamment de sa foi religieuse. « L’Eglise catholique a visité tous les camps de réfugiés de Maiduguri, offrant une aide humanitaire immédiate à nos frères musulmans » a-t-il déclaré.
La délégation de l’AED a également rencontré des survivants des violences de Boko Haram sous la conduite du Père Gideon Obasogie, Directeur du Bureau diocésain pour les Communications sociales.

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