Asie #NLH

Asia Bibi : pas d’audience à la Cour suprême en juin

Le 21 avril dernier, le site de l’Observatoire de la christianophobie avait souhaité partager la nouvelle encourageante annoncée la veille, selon laquelle Saif ul-Malook, avocat d’Asia Bibi, avait déposé une requête auprès de la Cour suprême du Pakistan pour obtenir que le dossier de sa cliente soit mis à l’audience début juin prochain.

Selon un article paru le 26 avril sur le site de Hum Sub TV – diffusée sur la chaîne d’informations Capital TV de d’Islamabad –, cette requête a été rejetée a déclaré Saif ul-Malook au cours du programme One to One de cette télévision diffusé :

« Le président de la Cour suprême du Pakistan, Mian Saqib Nisar, a rejeté la requête d’une audience anticipée du dossier Asia Bibi. Saif ul-Malook a confirmé que la requête d’audience anticipée pour sa cliente avait été rejetée. Il a indiqué qu’il avait émis une demande d’audience anticipée voici deux semaines, dans laquelle était demandé que la date d’audience d’Asia soit fixée au cours de la première semaine de juin. “Aujourd’hui [26 avril], j’ai été informé que la requête avait été rejetée par le président de la Cour suprême” a déclaré Malook ».

Source : HumSub et Observatoire de la Christianophobie

Asie

Pakistan – Bientôt une date pour l’audience à la Cour suprême d’Asia Bibi ?

Wilson Chowdhry, président de la British Pakistani Christian Association (BPCA) du Royaume-Uni, a donné une information d’importance, provenant d’une source officielle, sur la date de l’audience en appel d’Asia Bibi auprès de la Cour suprême du Pakistan. La précédente audience, qui devait se tenir le 13 octobre dernier, avait été repoussée sine die du fait que l’un des trois juges composant le tribunal s’était récusé.

“J’ai rencontré le Premier ministre de la Haute Commission du Pakistan [titre officiel de l’ambassadeur de ce pays au Royaume-Uni] vendredi dernier [3 février]. Il m’a aimablement informé que la date de l’audience [à la Cour suprême du Pakistan] de l’appel d’Asia Bibi, sera certainement fixée avant fin mars. Nous avons organisé des manifestations dans tout le Royaume-Uni pour galvaniser le soutien à Asia Bibi en Occident. Il est clair vu le nombre énorme de manifestants au Pakistan appelant à ce qu’on la pende, que la plupart des Pakistanais veulent sa mort. Un juge s’était rétracté et avait refusé de siéger pour juger [de l’appel d’Asia Bibi] : un fiasco judiciaire provoquant l’ajournement au prétexte d’un conflit d’intérêts évoqué par ce juge. Nous voulons qu’Asia sache que le monde suit son procès et qu’il veut sa libération. C’est pourquoi nous avons collaboré avec des partenaires dans tout le Royaume-Uni afin de maintenir en alerte l’opinion internationale sur sa situation désespérée. Nous estimons que c’est la seule manière de la sauver des fondamentalistes qui souhaitent qu’elle meure”.

Source : BPCA, 6 février, Christianophobie hebdo pour la traduction

Brèves

Neil Gorsuch choisi par Trump pour la cour suprême

Il y a avait plusieurs candidats possibles pour occuper ce poste clé à la cour suprème des Etats-Unis

Donald Trump a choisi Neil Gorsuch qui devrait passer l’étape du Sénat facilement.

Asie

Philippines – L’enterrement en héros de Marcos, nouvelle atteinte à la démocratie selon l’Eglise catholique

En première ligne de la mobilisation citoyenne qui avait chassé du pouvoir Ferdinand Marcos, l’Eglise du principal pays catholique d’Asie dénonce aujourd’hui une démocratie « bafouée », suite au feu vert donné pour l’inhumation avec les honneurs du défunt dictateur. Ce projet est soutenu par l’actuel président des Philippines, Rodrigo Duterte, au grand dam des victimes de la loi martiale.

Le 8 novembre dernier, après avoir repoussé par deux fois son jugement, la Cour suprême des Philippines a finalement autorisé l’inhumation de Ferdinand Marcos au Cimetière des Héros, situé à Manille et réservé aux grands hommes de la nation.

Dans le principal pays catholique d’Asie, l’Eglise s’oppose à cette inhumation. Durant la loi martiale (1972-1981), plus de 30 000 personnes ont subi des exactions, selon les historiens. Le régime est accusé d’être à l’origine du meurtre d’au moins 3 000 personnes. Au pouvoir de 1965 à 1986, Ferdinand Marcos est même considéré comme le deuxième dirigeant le plus corrompu de l’Histoire, selon l’ONG Transparency International. A l’étranger, plusieurs décisions judiciaires ont été prises pour sanctionner la corruption du régime Marcos. La Cour suprême de Singapour et celle de la Suisse ont ainsi chacune statué que les 683 millions de dollars déposés par les époux Marcos sur des comptes bancaires suisses provenaient de fonds mal acquis.

Vive réaction de l’épiscopat

« C’est une avanie alors que nous luttons pour sauver la démocratie. Je suis à la fois désemparé, meurtri et outré », a réagi le président de la Conférence des évêques philippins, Mgr Socrates Villegas, archevêque de Lingayen-Dagupan (nord de Manille), dans un communiqué diffusé le 10 novembre par CBCP News, le service d’information de la Conférence épiscopale.

Il y a trente ans, en février 1986, deux millions de personnes manifestaient dans la capitale, à l’appel du cardinal Jaime Sin, archevêque de Manille à l’époque et figure emblématique de l’opposition à la dictature. Dès le lendemain, cette mobilisation sans effusion de sang, baptisée « la révolution du peuple de 1986 » (‘People power Revolution’), aboutissait à l’exil des époux Marcos à Hawaï. Ferdinand Marcos y décède en 1989. Rapatriée peu après, sa dépouille est depuis exposée dans un mausolée d’une propriété de la famille Marcos ouvert au public dans le nord du pays, à Batac, ville natale de Ferdinand Marcos.

Selon le président Rodrigo Duterte, l’inhumation de Marcos du Cimetière des Héros permettra de « guérir » la nation. Elu sur un discours ultra-sécuritaire, le président au pouvoir depuis le 30 juin dernier ne s’en est jamais caché : il est un admirateur de Ferdinand Marcos et un ami personnel de la famille, laquelle aurait figuré au nombre des financeurs de sa campagne électorale. Récemment, Rodrigo Duterte n’avait également pas eu peur de citer Adolf Hitler, ou encore l’Ougandais Idi Amin Dada, l’un des plus sanguinaires dictateurs africains.

« Nous faisons appel à davantage de courage pour rétablir et faire connaître la vérité de la dictature Marcos », écrit le président de l’épiscopat, Mgr Socrates Villegas, dans son communiqué du 10 novembre. Pour sa part, Mgr Arturo Bastes, évêque de Sorsogon (sud-est de l’île de Luçon), se déclare « extrêmement déçu et consterné » par la décision de la Cour suprême, allant jusqu’à l’assimiler à une « forme de révisionnisme historique, équivalent à une imposture dont est témoin le reste du monde ».

Des relations Eglise – Etat tendues

Depuis l’arrivée au pouvoir du président Rodrigo Duterte, les relations se sont tendues entre l’Etat et l’Eglise catholique, avec de plus en plus de motifs de désaccord : guerre antidrogue meurtrière, projet de loi pour rétablir la peine de mort, aujourd’hui soutien à l’inhumation d’un ancien dictateur, sans compter les dérages verbaux présidentiels.

« Les stigmates des atrocités commises par les époux Marcos ne pourront jamais être effacées des esprits et des âmes des milliers de victimes de la loi martiale », poursuit Arturo Bastes. De son côté, Mgr Honesto Ongtioco, évêque de Cubao (banlieue de Manille), dit prendre acte du jugement : « L’autorité judiciaire la plus haut placée a pris une décision. » Avant d’ajouter : « Prions avec plus de ferveur encore pour notre pays et notre peuple. Œuvrons pour ce qui nous rapprochera plutôt que pour ce qui nous divisera. »

« La cour a ignoré les revendications des victimes des abus », se désespère l’évêque auxiliaire de Manille, Mgr Broderick Pabillo. A la tête de la Commission épiscopale pour les laïcs, il est également l’instigateur de la campagne « Tu ne tueras point » lancée par l’épiscopat, en opposition à la campagne antidrogue gouvernementale jugée meurtrière.

En aucune manière, l’inhumation au Cimetière des Héros de Manille n’exonère le clan Marcos de ses responsabilités, ajoute Mgr Broderick Pabillo. Le prélat réclame que la famille Marcos admette publiquement les abus commis sous la dictature. Pour le président de l’épiscopat, Mgr Socrates Villegas, cette étape est indispensable à la « guérison » de la nation évoquée par Rodrigo Duterte. « Les victimes d’abus n’ont toujours pas été correctement dédommagées, se désespère Mgr. Socrates Villegas. Il s’agit d’une question de justice. »

Dans le même temps, la Commission épiscopale pour la catéchèse et l’éducation a enjoint les établissements d’enseignements catholiques à enseigner aux élèves que Ferdinand Marcos n’était pas un héros. Mgr Roberto Mallari, évêque de San Jose, s’inquiète du risque de confusion sur la juste signification de la notion même de héros : « Il est important pour les écoles catholiques de parler d’une même voix en condamnant cette inhumation de Marcos dans ce cimetière. Il ne devrait pas être enterré là-bas car tout le monde est loin de le considérer comme un héros. »

La décision de la Cour suprême a provoqué plusieurs manifestations, avec la participation pour certaines de religieux, dont l’ordre des franciscains. Au moins sept pétitions avaient été déposées en amont pour s’opposer à cette inhumation au Cimetière des Héros. « Jusqu’à mon dernier soupir, je bataillerai contre ceux qui ont assailli notre village et nous ont traîné hors de nos maisons, pour nous torturer », témoigne Meling Florentino, lors d’un rassemblement dans la ville de Quezon (banlieue nord de Manille). A l’origine de l’une des pétitions, l’écrivain Bonifacio Ilagan s’est adressé à la foule des manifestants : « On nous crache dessus. » Edith Burgos, veuve de l’opposant et journaliste Jose Burgos, a déploré « la mémoire courte du peuple philippin ». « Ce soir, montrons que nous continuons à nous souvenir », a poursuivi Edith Burgos, dont le fils, Jonas, n’est jamais réapparu après son enlèvement par des agents d’Etat, en avril 2007.

Source : Eglises d’Asie

A la une #NLQ #USA

Pourquoi les catholiques ont voté Trump ?

Les médias n’en sont pas revenus, Donald Trump est le futur locataire de la Maison Blanche. Leur surprise montre qu’ils devaient être sincères dans leur désinformation, ce qui ne laisse pas de nous surprendre car pour qui regardait même de loin la campagne américaine, il semblait clair que Donald Trump avait largement la faveur du peuple américain.

Quoique l’on pense de l’homme, il est triste de voir l’électorat américain déjà réduit par les médias à un peuple de lourdauds racistes et misogynes. Cette élection a le mérite de révéler de nombreux travers de la presse occidentale. Si les partis pris ne sont pas nouveaux, nous nous demandons tout de même ce qu’il en est de l’objectivité et de la vérité qui font partie de la déontologie du journaliste, comme le rappelait le pape François.  Mais la question de leur compétence et de leur professionnalisme se pose tout autant face aux résultats pourtant prévisibles du candidat trublion. Plus inquiétant est la place des médias dans le glissement anti-démocratique car pour que la démocratie fonctionne, il faut que l’information soit bonne. Or nous assistons à une nette confiscation de la vérité. Qui dit privation de vérité dit privation de liberté, car il faut cette dernière pour exercer la première.

Il semble que cette élection américaine soit passée outre l’écran de fumée médiatique pour se faire directement sa propre opinion, considérée, par les dits-médias, comme crotteuse et raciste. Le premier enseignement de cette primaire est donc la perte d’influence des médias qui nous est pourtant présentée comme un recul de la démocratie, alors qu’elle se trouve au contraire en être la condition de possibilité.

C’est ainsi que les catholiques, qui ont été lourdement sollicités par les deux camps, ont fait leur choix, sur un thème essentiel que n’ont pas voulu voir les médias : la morale, que nous appelons pudiquement éthique.

 

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Les catholiques qui ont voté pour Trump ont voulu un homme qui mette à la Cour suprême des juges conservateurs. Rappelons que le candidat républicain, pour être soutenu par le puissant Tea Party, était tenu de s’engager contre l’avortement.

Or, quoi que l’on pense de l’homme, il est indéniable que nous nous remettrons toujours d’erreurs économiques, mais remonter la pente en matière morale et en morale aussi fondamentale que le respect de la vie sera autrement plus difficile. Sans prendre parti pour Donald Trump, dont je ne connais pas l’ensemble du programme ni de la conduite qu’on a voulu nous montrer outrancière, le choix de certains catholiques américains sur l’essentiel pourrait nourrir notre réflexion à quelques mois de l’élection présidentielle.

Asie

Pakistan – Démission du magistrat de la Cour suprême n’ayant pas participé au procès d’Asia Bibi

Iqbal Hameedur Rehman, le juge de la Cour suprême du Pakistan qui, le 13 octobre dernier, s’était retiré à l’improviste du collège qui aurait dû examiner le cas d’Asia Bibi, causant un report de l’audience, a officiellement démissionné de son poste. Le juge l’a fait au travers d’une lettre adressée au Président du Pakistan, Mamnoon Hussain, sans indiquer les motifs spécifiques de son geste. Iqbal Hameedur Rehman avait été nommé membre du collège de trois juges devant examiner le recours final d’Asia Bibi, chrétienne condamnée à mort pour blasphème tant en premier degré qu’en appel. 
Le magistrat avait justifié son refus en affirmant avoir été membre du collège ayant jugé le cas de Salman Taseer, gouverneur du Pendjab assassiné par son garde du corps à cause de son soutien à Asia Bibi.
Lorsqu’un juge démissionne, il est nécessaire que le Président de la Cour suprême nomme un autre magistrat mais il n’existe aucune certitude quant au délai dans lequel ce choix sera opéré. « Nous demeurons confiants et nous attendons que le Président confie le cas d’Asia Bibi à un collège entièrement nouveau » commente Joseph Nadeem, tuteur de la famille d’Asia Bibi qui était présent lors de l’audience du 13 octobre.
« Ce qui nous a surpris a été la lenteur (du processus NDT) : le juge Rehman aurait dû se retirer au cours des jours précédents de manière à ce que le cas puisse être assigné directement à un autre collège » a-t-il remarqué. Son geste inattendu a en revanche obligé à un renvoi.
Au cours de ces derniers jours, des groupes de militants radicaux ont organisé des manifestations à Karachi, Islamabad et Lahore, réclamant l’exécution d’Asia Bibi et menaçant les institutions pakistanaises de « déclencher une guerre » si cette dernière venait à être relâchée.

Source : Agence Fides

Asie

Pakistan : Demande de nomination d’un nouveau juge pour le procès d’Asia Bibi devant la Cour Suprême de la part des défenseurs

Nommer rapidement un nouveau juge ou un nouveau collège pour examiner le cas d’Asia Bibi : telle est la requête présentée au président de la Cour suprême par les défenseurs de cette dernière au lendemain du report de l’audience relative au cas de blasphème qui la concerne (voir notre article à ce sujet). La chrétienne, condamnée à mort en premier degré et en appel, attend la décision de la Cour Suprême. Ses avocats ont confiance dans le fait que cette Cour puisse effectuer cette nomination et fixer une nouvelle audience d’ici seulement quelques semaines.
« Même après le renvoi, nous demeurons confiants dans le fait que la Cour pourra annuler les accusations à l’encontre d’Asia » déclare Nasir Saeed , directeur de l’ONG CLAAS (Centre for Legal Aid, Assistance and Settlement), qui suit le cas et fournit une assistance légale gratuite à de nombreux autres chrétiens injustement accusés et à des indigents ayant besoin d’une défense légale.
« Toutefois – ajoute-t-il – je crains également que, en cas de décision qui lui serait favorable, des répercussions négatives ou des violences gratuites puissent avoir lieu à l’encontre des chrétiens au Pakistan. En revanche, si la condamnation devait être confirmée, il sera encore possible alors faire appel au Président du Pakistan, qui dispose du pouvoir de concéder la grâce ».
Nasir Saeed relève « les pressions exercées par les extrémistes » et rappelle que « jusqu’ici, personne n’a été exécuté pour blasphème au Pakistan ». « Il est très important que le gouvernement prenne la question au sérieux et adopte des mesures adéquates de sécurité avant le procès ». A ce titre, il invite les institutions à « garantir protection et aide aux victimes de fausses accusations de blasphème ainsi qu’à leurs familles ». 

Source : Agence Fides