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Faire progresser le “printemps des consciences” qui finira bien par secouer le joug de la culture de mort

Editorial de Mgr Marc Aillet dans la Revue diocésaine “Notre Eglise” de novembre 2018 :

Il semble bien que les Etats généraux de la Bioéthique soient passés à la trappe. Mis en place à l’initiative du gouvernement pour vérifier le « large consensus » appelé de ses vœux par le Chef de l’Etat comme condition d’une évolution de la législation française en faveur de la « PMA pour toutes », ils devaient rendre compte de l’avis des citoyens. Malgré une organisation opaque, la participation a dépassé toutes les prévisions et les espérances, tant pour les débats régionaux que pour les contributions sur internet. Mieux : la grande majorité des participants et des contributeurs se sont déclarés, de manière argumentée, contre l’inscription dans la loi de ce qu’il convient d’appeler la « fabrication d’enfants sans père » au nom du « droit à l’enfant ». Bon nombre d’enquêtes d’opinion, publiées ces derniers mois, vont dans le même sens : non seulement une majorité de citoyens plaident pour l’importance du père dans la filiation et l’éducation des enfants, mais une majorité se prononce pour un report du débat parlementaire afin de ne pas réveiller les divisions au sein de la société française. Plus : un sondage fait apparaître que la légalisation de la PMA pour toutes arrive en 17ème position sur 18 priorités actuelles des français, loin, très loin derrière le chômage, l’immigration et le pouvoir d’achat !

Malgré cette démarche citoyenne, le Conseil Consultatif National d’Ethique (CCNE), qui en a assuré le pilotage, émet un avis favorable, après comme avant les Etats généraux, comme s’ils n’avaient pas eu lieu. Pareillement le Conseil national de l’Ordre des médecins. Et il ne se passe pas un jour, sans que les grands medias ne se fassent l’écho d’une prise de position « autorisée » – ministres du gouvernement, parlementaires, personnalités de la société civile… – en faveur de la PMA ! La ministre de la santé déclare même que « tous les indicateurs sont au vert » pour inscrire la PMA pour toutes dans le projet de loi de bioéthique ! Sans compter les campagnes orchestrées par des lobbies pour dénoncer la recrudescence des actes dits « homophobes » – quand bien même la Préfecture de Police de Paris enregistre une baisse de 37 % de ces agressions durant les neuf premiers mois de l’année -, assurer la promotion du film gay dans la presse, rendre compte de revendications tapageuses au nom de l’égalité et du principe de non-discrimination, balayé pourtant par un avis du Conseil d’Etat… Des ballons d’essai sont même lancés en faveur de la GPA (gestation pour autrui ou mères porteuses), avec force campagnes médiatiques autour d’un journaliste vedette passé maître dans l’art d’exciter la fibre compassionnelle : on en oublierait presque que le « prix » d’un enfant obtenu par GPA, s’élève à des sommes astronomiques, en décalage indécent par rapport au niveau moyen d’un ménage qui ne parvient pas à boucler ses fins de mois et qui se voit rétorquer par le sommet de l’Etat : « Si on se plaignait moins, la France irait mieux » ! A moins que l’agitation du spectre de la GPA ne serve à mieux faire accepter la PMA… La bioéthique, qui apparaît étroitement liée à la biotechnologie, finit pas être prisonnière de la « bio économie » : c’est qu’il y a manifestement un « marché » derrière ces revendications !

Résolument engagé dans une démarche de dialogue, le groupe de travail chargé des questions de bioéthique au sein de la Conférence des évêques de France a commis un texte très argumenté sur « La dignité de la procréation ». En insistant sur le risque de fabrication, de marchandisation et d’instrumentalisation induit par ces techniques de procréation assistée, le texte pointe les problèmes éthiques posés par la PMA en général et, qui plus est, quand elle est appliquée à toutes les femmes, en rappelant l’intérêt supérieur et le droit inviolable de l’enfant. Cette déclaration, que les évêques de France ont tous signée nominativement et publiée le 20 septembre dernier, constitue, à n’en pas douter, un texte de référence, dont l’argumentation éthique, anthropologique et juridique est particulièrement pertinente et bien à même d’éclairer les consciences.

Mais qu’en sera-t-il de ces Etats généraux et de ce texte épiscopal face à un rouleau compresseur médiatique qui est déjà passé à l’offensive et dont il est permis de douter de l’aptitude à un dialogue apaisé et respectueux de la démocratie ? Certes, quand Dieu crée, il entre en dialogue avec sa créature ; quand Jésus annonce l’Evangile, il entre en dialogue avec les pécheurs ; quand l’Eglise accomplit sa mission, elle se fait conversation avec le monde : mais c’est toujours Dieu, Jésus ou l’Eglise qui prennent l’initiative en vue du vrai bien de tous. Faut-il cependant dialoguer avec le Tentateur ? Pour l’avoir fait, Adam et Eve ont précipité l’humanité dans le chaos !

L’heure n’est-elle donc pas venue d’une parole prophétique dont le but n’est pas nécessairement de gagner une bataille d’idées ou de mots, encore moins une bataille politique, mais de parler à la conscience des gens et de faire progresser le « printemps des consciences » qui finira bien par secouer le joug de la culture de mort qui nous ferme l’horizon ? Le moment n’est-il pas venu d’entrer dans le combat et d’abord dans le combat spirituel si souvent souligné par le Magistère récent ? Ce combat anthropologique pourrait bien coïncider avec le combat eschatologique évoqué par saint Jean dans l’Apocalypse : le combat de la femme, revêtue du soleil, et du dragon se tenant en arrêt devant la femme sur le point d’enfanter pour dévorer l’enfant mâle aussitôt né (cf. Ap 12). Difficile en effet de ne pas discerner dans ces tentatives de « dénaturation » de l’homme, des « manœuvres du diable » s’attaquant directement au dessein Créateur de Dieu sur la vie, le mariage et la famille, tel qu’il est exprimé dans la « Vérité du commencement » :  Jésus  lui-même y renvoya les pharisiens sur la question du divorce : « C’est à cause de votre dureté de cœur que Moïse vous a concédé cela, mais au commencement, il n’en était pas ainsi » (Mt 19, 8) ?

Certes, il faut se méfier de la rigidité doctrinale à laquelle peut conduire une affirmation de la Vérité qui n’est pas assez pénétrée d’amour. Mais en se fondant dans une attitude de compassion pour s’opposer au dessein Créateur de Dieu, les évolutions sociétales d’aujourd’hui nous exposent à la dureté du cœur dénoncée par Jésus : c’est ainsi que la compassion pour la souffrance d’un malade en phase terminale peut conduire à supprimer le souffrant et la compassion pour un couple de femmes en désir d’enfant peut amener à sacrifier des embryons et à priver intentionnellement un enfant de père… Quand la compassion n’est pas suffisamment éclairée par la Vérité, elle conduit immanquablement à la dureté du cœur, plus destructrice encore que la rigidité doctrinale. Comme l’écrivait Georges Bernanos en 1938, avec une lucidité toute prophétique : « L’homme de ce temps a le cœur dur et la tripe sensible ».

En rendant témoignage à la Vérité, en se mobilisant et en se manifestant, on n’échappera pas à l’accusation d’être « clivant ». Mais c’est la Vérité qui est clivante, précisément parce que le premier principe de la connaissance intellectuelle – dont l’objet est la Vérité comme adéquation de l’intelligence et du réel – est le principe de non contradiction : « Ce qui est est, ce qui n’est pas n’est pas », ainsi formulé par Jésus : « Que votre oui soit oui, que votre non soit non. Ce qui est en plus vient du Mauvais » (Mt 5, 37). N’ayons donc pas peur d’entrer dans ce combat et confions-le au Seigneur qui nous a enseigné à dire au Père : « Ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal », c’est-à-dire du Mauvais !

Source : Riposte Catholique

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Belgique : l’avortement reste pénalisé mais est possible jusqu’à 18 semaines

Certains se réjouiront de ce que le pire a été (provisoirement ?) évité grâce à l’adoption du texte de compromis concocté par la majorité, mais, pour les défenseurs de la vie, c’est une nouvelle défaite : c’est ainsi que le délai pour pratiquer un avortement est repoussé de 12 à 18 semaines ! Ce qui est particulièrement inquiétant, c’est qu’il n’y a plus aucune formation politique pour se désolidariser de ce type de décision, même pas le cdH, cet héritier rabougri de ce qui fut jadis le parti catholique. Quant aux écologistes, ils souscriraient à une loi dépénalisant totalement l’avortement car tout, dans la nature, mérite d’être protégé sauf les petits d’homme en gestation qui peuvent être envoyés sans le moindre scrupule dans les poubelles des avortoirs…

D’Annick Hovine sur le site de la Libre :

La commission de la Justice de la Chambre approuve la sortie du Code pénal de l’IVG

Le texte déposé in extremis par la majorité a été voté mardi soir sans amendements. Débat tendu.

La tension était palpable, mardi, en commission de la Justice de la Chambre, où on poursuivait le délicat débat sur la dépénalisation, plus large ou non, de l’avortement. Et pour cause. Le dépôt, mardi dernier, par quatre députés de la majorité (le MR David Clarinval, l’Open VLD Carina Van Cauter, la N-VA Valérie Van Peel et la CD&V Els Van Hoof), d’une proposition de loi visant à sortir l’interruption volontaire de grossesse (IVG) du Code pénal, a coupé l’herbe sous le pied de l’opposition laïque.

PS, Défi, Ecolo-Groen, SP.A et PTB venaient de s’accorder sur un texte commun dépénalisant quasi totalement l’avortement. Cet amendement, rédigé à la suite de l’audition d’une vingtaine d’experts, supprime du Code pénal le chapitre consacré à l’IVG toujours considéré comme “un crime contre l’ordre des familles et la morale publique”.

Quasi dépénalisé

Surtout, il allonge le délai autorisé par la loi de 1990 pour pratiquer un avortement de 12 semaines à 18 semaines de grossesse. Le délai de réflexion de 6 jours, imposé à la patiente avant de recourir à l’IVG, jugé culpabilisant, est ramené à 48 heures, voire à néant en cas d’extrême urgence. Et il supprime la notion d’état de détresse de la femme. En cas de non-respect de ces nouvelles conditions, très élargies –  en clair  : si l’avortement est pratiqué au-delà de 18 semaines – le médecin risquerait des sanctions pénales. Mais plus les femmes.

Du côté de la majorité, l’Open VLD avait déposé une proposition très semblable (IVG autorisée jusqu’à 18 semaines). Et, sachant qu’au MR, le vote sur les questions bioéthiques est laissé à la libre conscience des parlementaires, une majorité alternative existait sur papier.

Potentiellement explosif

Mais ce scénario était potentiellement explosif pour l’équipe de Charles Michel. La dépénalisation de l’IVG ne figure pas dans l’accord gouvernemental. Et on sait que le CD&V et la N-VA y sont farouchement opposés. Il fallait trouver une porte de sortie. D’où le compromis que la majorité a sorti, in extremis, de son chapeau.

Il prévoit de retirer l’avortement du Code pénal pour l’inscrire dans une loi spécifique. Les conditions principales d’accès à l’IVG prévues par la loi de dépénalisation partielle de 1990 ne sont pas modifiées. Le délai légal maximum dans lequel peut se pratiquer une IVG reste à 12 semaines de grossesse, même si le texte précise qu’il pourra être prolongé de 6 jours (soit la durée du délai de réflexion, maintenu “sauf raison médicale urgente”) au cas où la femme se présente à la consultation in extremis. Dans la pratique, on pourrait arriver à quasi 13 semaines de gestation.

Pour les demandes tardives d’IVG (au-delà de 12 semaines), les femmes devront donc être dirigées, comme aujourd’hui, vers un centre aux Pays-Bas. Elles sont entre 500 et 1000 chaque année.

Un “copier-coller”

En cas de non-respect de ce dispositif, les sanctions pénales restent exactement les mêmes que dans la loi de 1990, tant pour les femmes que pour les médecins. Sur ce point, la nouvelle loi est un “copier-coller” de la loi de 1990. Si l’IVG sort du Code pénal, elle n’est pas dépénalisée.

L’opposition crie au leurre. Elle dénonce aussi un marchandage qui offre aux opposants à l’avortement (entendez la N-VA et le CD&V) une reconnaissance symbolique d’un statut au fœtus en cas de fausse couche. Au cours de la négociation intramajoritaire, il a fallu, de fait, leur donner des gages. Un accord est donc intervenu sur un avant-projet de loi permettant aux parents qui le souhaitent de déclarer un enfant né sans vie après une grossesse de 140 à 179 jours. Dans l’accord gouvernemental, l’équipe Michel s’était engagée à aboutir sur ce dossier.

Donnant-donnant

Pour les défenseurs du droit à l’avortement, l’inscription d’un fœtus dans un registre d’état civil risque d’empiéter sur l’IVG. Il y a des précédents. La Hongrie a reconnu le statut de personne à l’embryon dans sa Constitution de 2012 : depuis lors, les femmes ne peuvent quasiment plus y avorter même si la loi les y autorise.

Dans sa proposition de loi initiale sur les bébés nés sans vie, le CD&V plaidait pour une reconnaissance très précoce du fœtus né sans vie  : à partir de 85 jours, ce qui correspond à 12 semaines de grossesse. Un abaissement qui aurait anéanti les possibilités d’allongement du délai pour mener un avortement en toute légalité. Il a dû reculer. L’avant-projet de loi fixe un minimum de 140 jours, soit 20 semaines de grossesse. Mais il n’y aura pas de majorité alternative sur l’IVG. Donnant-donnant.

Source : Belgicatho

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Mgr Aupetit s’engage pour la Vie contre la culture de mort

https://twitter.com/KTOTV/status/996825279443091456

Canada #Dans le Monde #NLQ

Canada – il faut être favorable à l’avortement pour recevoir des subventions à l’embauche

Mgr Richard Smith, archevêque d’Edmonton au Canada, a déclaré à la presse que le programme public de subventions pour les jobs d’été pour lycéens et étudiants contient une disposition qui n’est rien de moins qu’un « scandale ».

Pour obtenir les subventions, les responsables des entreprises qui désirent embaucher des jeunes doivent cocher une case indiquant qu’ils soutiennent les valeurs d’une charte qui comprend le droit d’accéder à l’avortement et la liberté en matière d’identité et d’expression de genre.

Lire la suite sur réinformation.tv

Brèves

Pays-Bas : le nombre d’euthanasies a augmenté de 67 % en cinq ans

4 188 euthanasies ont été réalisées aux Pays-Bas en 2012. En 2017 il y en a eu plus de 7 000. C’est une étude, publiée dans le British Medical Journal, qui annonce ces chiffres.

 

Steven Pleiter, « militant de l’euthanasie », est le directeur de la Levenseindekliniek, une clinique qui ne réalise que des euthanasies, notamment pour les personnes qui ont déjà essuyé un refus ailleurs. Il estime que cette forte augmentation est liée à « la fin du ‘tabou’ pour tuer des patients qui veulent mourir ».

Si sa clinique a euthanasié 32 patients en 2012, il prévoit d’en euthanasier environ 720 d’ici la fin de l’année, et pour cela il recrute des médecins et des infirmières, à grand renfort de publicité, à la télévision, à la radio et dans les revues médicales, afin de passer de 57 médecins à plus de 100, car explique-t-il, «  Je m’attends à beaucoup plus de croissance dans les années à venir »

Source : Genethique.org

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Royaume-Uni : La réponse des évêques dans l’affaire Alfie Evans est une honte

Le neveu du célèbre philosophe catholique allemand Dietrich von Hildebrand a écrit une lettre ouverte aux évêques d’Angleterre et du Pays de Galles pour dénoncer leur réponse dans l’affaire Alfie Evans comme une faillite abjecte.

Dans une lettre datée du 27 avril 2018, Jean-Pierre Casey critique les évêques d’Angleterre et du Pays de Galles pour avoir loué l'”intégrité” de l’hopital Alder Hey et leur incapacité complète à défendre les enseignements catholiques sur la vie la famille et les droits des parents.

Casey blâme aussi les prélats pour leur conciliation avec le National Health Service (NHS) plutôt que le service des personnes qui sont soignées.

“Il est de plus en plus évident que plus que les milliers d’avortements qu’ils pratiquent chaque année, les hôpitaux du NHS sont devenus des cimetières non seulement pour les enfants à naître mais aussi pour les vivants. […] Que nos évêques continuent de s’allier avec le NHS pour défendre l’indéfendable est incompréhensible”, écrit-il.

“Si la hiérarchie de l’Eglise reste silencieuse devant une telle tyrannie, une telle injustice et une telle oppression, elle deviendra complices et même auteur d’actes graves, ajoute-t-il.

Mercredi dernier, quelques heures après que le pape François a chargé l’évêque Francesco Cavina, prélat italien et ancien agent du Vatican, des relations entre l’hôpital du Bambino Gesu et le Saint-Siège pour assurer le transfert d’Alfie Evans à Rome, les évêques d’Angleterre et du pays de Galles ont publié une déclaration officielle louant les juges et l’hôpital pour avoir agi avec “intégrité” et “pour le bien d’Alfie“.

Les évêques ont aussi rejeté une critique “infondée” de l’hôpital par les médias en rappelant que l’aumônerie s’occupe constamment du personnel et offre de l’aide aux familles.

Toutefois, une note interne de l’archidiocèse de Liverpool a fuité la semaine dernière et a révélé que ce dernier offrait un soutien aux médecins d’Alder Hey et au personnel hospitalier alors même qu’il n’avait pas rencontré la famille d’Alfie sous prétexte qu’ils “n’étaient pas catholiques romains”.

Thomas et Alfie Evans sont tous les deux baptisés catholiques romains quand la mère d’Alfie, Kate James, est anglicane.

Il est apparu jeudi dernier que l’archevêque de Liverpool Malcolm MacMahon et le cardinal Vincent Nichols de Westminster avaient forcé un prêtre italien qui aidait la famille à retourner dans sa paroisse à Londres en laissant Alfie et ses parents sans réconfort spirituel ni soutien.

L’évêque de Portsmouth, Mgr Philip Egan, est la seule exception au silence des évêques anglais et gallois. Lundi il a exprimé son soutien à Alfie et à ses parents en tweetant “Offrons des pirères sincères aujourd’hui pour le petit Alfie Evans – maintenant un citoyen italien – et ses parents courageux. S’il y a quoi que ce soit qui puisse être fait, que le Seigneur nous permette par son amour et sa grâce de l’accomplir.”

Dans un commentaire accompagnant sa lettre ouverte Jean Pierre Casey indique “Mon grand oncle Dietrich von Hildebrand était résolu face à l’oppression Nazi. Nous devons être résolu face à l’oppression laïque quand les droits des parents sont systématiquement ébranlés et que la famille est attaquée de toutes parts. Le silence de nos évêques est une honte.”

Lettre ouverte aux évêques catholiques d’Angleterre et du pays de Galles par un citoyen catholique concerné

Vos Excellences,
Quand bien même je peux comprendre la volonté de trouver un compromis quand les enjeux et l’émotion sont élevés, c’est un grave euphémisme de dire de votre déclaration sur l’affaire Alfie Evans qu’elle est regrettable, en particulier compte tenu de l’accent mis sur l’apparente “intégrité” du personnel médical et de la direction de l’hôpital Alder Hey.

Un hôpital qui agit comme une prison, détenant un enfant contre la volonté de ses parents et contre leur jugement n’agit pas avec intégrité.

Un hôpital qui demande au juge d’interdire aux parents d’exercer leur devoir légitime d’agir dans le meilleur intérêt de leur enfant n’agit pas avec intégrité.

Un hôpital qui refuse de remettre en question son diagnostic (possiblement ou probablement erroné) n’agit pas avec intégrité.

Un hôpital qui cherche à évincer un aumônier qui apporte un réconfort spirituel à une famille dans le besoin et qui donne les sacrements n’agit pas avec intégrité.

Un hôpital qui refuse d’étudier d’autres alternatives n’agit pas avec intégrité.

Un hôpital qui demande une présence policière pour empêcher les parents d’exercer leur droit d’enlever leur enfant de l’hôpital ; menace les parents d’une condamnation pour agression s’ils touchent leur enfant n’agit pas avec intégrité.

Un hôpital qui refuse de faciliter une rencontre entre son équipe médicale et l’équipe d’un autre hôpital prêt à accueillir l’enfant n’agit pas avec intégrité.

Un hôpital qui échoue à coopérer avec d’autres hôpitaux qui ont envoyé leur équipe médicale, du matériel pour favoriser les traitements alternatifs demandés par les parents n’agit pas avec intégrité.

Un hôpital qui refuse d’hydrater et de nourrir un enfant n’agit pas avec intégrité.

Plus important encore, et moins que les mots choisis dans votre déclaration, est votre incapacité à aborder le coeur de la question : le lien priviligié entre les enfants et leurs parents donnés par Dieu comme leurs gardiens.

Vous ne faîtes aucune mention à la dignité, à la sainteté de la vie humaine dans votre déclaration.

Vous ne faîtes aucune mention aux droits des parents comme premiers responsables de l’éducation des enfants et comme seuls gardiens légitimes de l’enfant.

Vous ne faîtes aucune mention des droits naturels des parents – pas de l’Etat, ni des médecins, ni de magistrats non élus – pour déterminer ce qu’il pense être le meilleur intérêt de leur enfant.

Votre déclaration méconnaît entièrement les enseignements catholiques sur la vie et la famille. Il ne devrait pas s’agir d’une déclaration “catholique”. Cette appellation est une tromperie flagrante.

“Il est de plus en plus évident que plus que les milliers d’avortements qu’ils pratiquent chaque année, les hôpitaux du NHS sont devenus des cimetières non seulement pour les enfants à naître mais aussi pour les vivants. Chaque parent au Royaume-Uni, qu’il soit catholique ou non, devra maintenant s’interroger avant l’entrée de leur enfant dans un hôpital de la NHS, leur enfant pourra ne plus jamais être autorisé à revoir la lumière du jour. Que nos évêques continuent de s’allier avec le NHS pour défendre l’indéfendable est incompréhensible.

Vous pourriez être tenté de me caractériser, et d’autres qui partagent mon point de vue de “simples” dont les facultés intellectuelles sont insuffisantes pour saisir pleinement les subtilités éthiques et médicales de l’affaire, je répondrai :

Je connais la tyrannie quand je la vois. Je connais l’oppression quand je la vois. Je connais l’injustice quand la vois. Des milliers d’autres à travers le monde la voient.

Si la hiérarchie de l’Eglise reste silencieuse devant une telle tyrannie, une telle injustice et une telle oppression, elle n’est pas seulement échoué dans sa mission de proclamer l’Evangile de Jésus-Christ, pas seulement échoué à défendre les enseignements catholiques sur la sainteté et la dignité de toute vie humaine, pas seulement échoué à défendre les droits des parents comme premiers éducateurs et seuls protecteurs légitimes de leurs enfants  – chacun de ses échecs doit être individuellement considéré comme un sérieux péché par omission – mais elle deviendra complices et même auteur d’actes graves.

Je regrette de dire qu’avec ce genre de leadership – ou plutôt l’absence totale de leadership que nos évêques montrent – dans ces affaires publics où un témoignage puissant de défense de la vie, de la famille et des droits des parents n’est pas seulement nécessaire mais est une obligation morale il n’est pas étonnant que le troupeau de catholiques pratiquants diminue si rapidement. Car qui veut suivre de tels bergers  Pour que cela se produise si tôt après la saga de Charlie Gard, et avec un résultat essentiellement identique – à savoir le manque total de leadership le manque de convictions et le manque de courage de nos évêques, j’ai peur de dire que j’ai honte d’être un catholique anglais.

Edmund Burke le disait : “La seule chose nécessaire pour le triomphe du mal est que les hommes de bien ne fasent rien”

Avec toute l’espérance que le Saint-Esprit pourra vous donner pour entendre l’appel prophétiques de Saint Jean-Paul II : “Si vous voulez la paix, travaillez pour la justice. Si vous voulez la justice, défendez la vie. Si vous voulez la vie, embrassez la vérité, la vérité révélée par Dieu.
N’AYEZ PAS PEUR.

JP Casey,
Londres, le 27 avril 2018

Source : Lifesitenews (traduit par François Dupas)

L’archeveque de Liverpool a communiqué après la mort d’Alfie Evans. “Nous devons reconnaître que tous ceux qui ont joué un rôle dans la vie d’Alfie ont voulu agir pour son bien. Par dessus tout, nous devons remercier Tom et Kate pour leur amour sans mesure pour leur enfant et l’équipe de l’hôpital Alder Hey pour les soins professionnels à Alfie” a-t-il indiqué dans son communiqué.

En France #NLQ

Mgr Gobilliard s’exprime sur la mise à mort du petit Alfie Evans

A la une #Brèves

Affaire Vincent Lambert : une magnifique victoire ! Une expertise ordonnée par la justice

Les amis de Vincent Lambert, réunis dans son comité de soutien sont rassurés par le jugement rendu par le tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne. Il ordonne une expertise préalable en tenant compte des spécificités des patients comme Vincent Lambert.

Le jugement signifie que les affirmations du Dr SANCHEZ n’ont pas suffi à convaincre le tribunal devant les avis totalement opposés de 24 spécialistes qui avaient écrit au Dr SANCHEZ pour contester la situation d’obstination déraisonnable et devant l’évidence des vidéos produites..

Vincent est en vie, son alimentation et son hydratation vont être poursuivies.

Les avocats des parents de Vincent Lambert  avaient déposé un recours en référé-liberté, procédure d’urgence devant le Tribunal Administratif pour contester la décision du CHU de Reims d’arrêter l’alimentation et l’hydratation de leur fils.

De nombreux éléments avaient été apportés au dossier pour prouver que Vincent ne faisait pas l’objet d’une « obstination déraisonnable ». Soixante-dix médecins spécialisés  avaient signé un appel pour affirmer que Vincent Lambert n’était pas en fin de vie et que les preuves de sa volonté de continuer à vivre étaient manifestes. Ils dénonçaient les conditions de vie imposées à Vincent Lambert et demandaient son transfert dans un établissement spécialisé. Les amis de Vincent se réjouissent qu’ils aient été entendus.

Ils rappellent que plusieurs établissements sont prêts à l’accueillir. Son transfert est, depuis la création du comité de soutien, leur principale revendication. Ils vont poursuivre leur mobilisation pour l’obtenir enfin.

Source : Comité de soutien à Vincent Lambert

Livres #NLH #NLQ

La philosophie pour la vie, nouvel ouvrage de Stéphane Mercier

« Ouvrez la bouche pour le muet,
et pour soutenir la cause de tous les enfants qui ne font que passer. »
Livre des Proverbes, 31,8

C’est cette belle citation en exergue qui ouvre ce petit livre édité avec soin par Quentin Moreau, éditeur. On ne le souligne jamais assez, mais un livre doit être beau et agréable à lire et c’est le cas ici.

Stéphane Mercier, anciennement professeur de philosophie à l’Université Catholique de Louvain (UCL), avait défrayé la chronique en mars-avril 2017 suite à un cours d’argumentation philosophique prenant pour matière l’avortement. L’administration de cette université, qui semble n’avoir de catholique que le nom, s’était fendue d’un communiqué ridicule affirmant que le droit à l’avortement était inscrit dans la Constitution, ce qui n’est pas le cas… Par la suite rectifié, ce communiqué annonçait par ailleurs la suspension des cours de Stéphane Mercier, l’UCL ne pouvant rien faire de plus… Signalons que malgré cela l’UCL est toujours engagée dans le réseau international Scholars at risk, « dont l’objectif est de protéger les enseignants et les chercheurs en danger et de défendre la liberté académique ».

L’argumentaire de Stéphane Mercier est édité ici dans le style oral tel qu’il a été donné en cours à ses élèves, augmenté d’une préface, d’une postface et d’éléments bibliographiques. C’est un véritable outil d’orfèvre pour qui souhaite répondre aux objections que notre temps présente face à la tragédie qu’est l’avortement. Point d’argumentation moraliste ni religieuse, mais un simple raisonnement logique, facile à suivre, complet, rigoureux, souple et concis.

L’auteur déconstruit les arguments fallacieux tels que les périodes légales autorisées pour avorter – qui varient selon les pays, l’absence de conscience de l’embryon, le développement « inachevé »… Tout est finement analysé, décortiqué avec la plus grande clarté !

Le cœur de l’ouvrage est la démonstration selon laquelle l’embryon est déjà une personne, une personne en développement, car « la seule manière de justifier l’avortement serait (…) d’établir fermement que l’embryon n’est pas un être humain, et d’affirmer que vous êtes bien sûr que ce n’est pas un être humain. » (p.34) et il rappelle que « l’identité individuelle est acquise dès le début, dès que la séquence ADN est formée, c’est-à-dire au moment de la conception. » (p.15)

Stéphane Mercier recense toutes les objections et y répond avec honnêteté et clairvoyance, parfois non sans une pointe d’humour.

La postface inscrit l’avortement dans de plus larges perspectives, par rapport à la manière de vivre la sexualité aujourd’hui, qui rejoint toute une « culture de mort » (comme l’écrivait Jean-Paul II dans Evangelium Vitae) et l’auteur montre qu’il y a dans notre société « un rapport malsain à la sexualité , à la fois dans son usage et dans la perception d’autrui comme présentant un danger dont il faudrait se garantir en se ” protégeant ” ; un tel rapport, dis-je, débouche sur une perception faussée de sa propre identité incarnée et sexuée. » (p.64), en nous rappelant que tout acte posé a des conséquences.

Le philosophe invoque aussi la responsabilité que nous avons d’informer sur la réalité de l’avortement, non pas pour accabler les personnes, mais plutôt pour ouvrir leur cœur à la vie et dévoiler ce mal, qui est pour la plupart des gens un simple choix, une solution sous les contraintes de la vie contemporaine ou tout simplement un confort. «  Ce qui permet au mal et au crime de prospérer, comme on dit, ce sont les honnêtes gens qui préfèrent se voiler la face, ou qui, devant la prolifération du mal, demeurent inactifs. » (p.25)

À lire et relire, non seulement pour le bien de tous, mais aussi pour soutenir l’auteur qui tient bon face à toutes les pressions qu’il subit !

 

La philosophie pour la vie, par Stéphane Mercier, aux éditions Quentin Moreau, éditeur, 80 pages

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A la une #Afrique non francophone #NLH #NLQ

Sommes-nous devenus sadiques au point de ne pas voir s’installer l’impunité de la culture de mort ?

Sommes-nous devenus sadiques au point de ne pas voir s’installer l’impunité de la culture de mort ? C’est ainsi que nous pourrions résumer le message de l’archevêque de Jos. S’il n’aborde pas l’avortement et l’euthanasie (ce n’est pas l’objet du message), il montre combien la vie n’a plus aucun prix. Ce qui vaut au Nigéria peut aisément être transféré.

 « Sommes-nous devenus tellement sadiques que nous ne voyons plus que de telles brutalités créent une culture de l’impunité, du chaos, de l’anarchie et de la ruine ? »

demande Mgr Ignatius Ayau Kaigama, Archevêque de Jos et Président de la Conférence épiscopale du Nigeria, dans son message de Nouvel An, dans lequel il exprime sa forte préoccupation suite aux violences qui frappent certains Etats de la Fédération, et en particulier celui de Kaduna Sud.

« Pour le moindre malentendu, qu’il soit d’origine religieuse, politique ou ethnique, il existe des nigérians prêts à commettre le plus macabre homicide de leurs propres compatriotes » souligne Mgr Kaigama.
« Comme si les massacres insensés de Boko Haram ne suffisaient pas, nous développons actuellement une culture de la brutalité qui n’a pas d’équivalent dan l’histoire de la nation »

poursuit l’Archevêque, rappelant les différentes crises traversées par le Nigeria depuis son indépendance : la guerre civile pour la sécession du Biafra, qualifiée de « catastrophe monumentale », laquelle a provoqué des millions de morts ; les tensions liées à l’introduction de la charia dans certains Etats du nord du pays et même celles liées à la tenue du concours de Miss Monde au Nigeria ; la guérilla existant dans la région du Delta etc..

La réponse des forces de sécurité à ces crises, souligne Mgr Kaigama, s’est souvent limitée à se livrer à des exécutions sommaires. « Même si nous sommes reconnaissants à ceux qui ont sacrifié leurs vies pour nous défendre, nous ne sommes pas inconscients de l’usage de la force brutale de la part d’agents de sécurité qui estiment que l’arme dont ils sont dotés leur confère le droit de molester ceux qu’ils devraient défendre ».

L’Archevêque affirme que le manque de respect pour la vie va au-delà des homicides, citant l’exemple des grèves sauvages dans les hôpitaux qui entraînent la mort de milliers de patients, privés des soins nécessaires. La corruption même tue – remarque Mgr Kaigama, en citant l’exemple de l’état piteux des routes nigérianes qui concourent à provoquer des accidents mortels.

« La manière délibérée et imprévisible selon laquelle les vies sont prises dans le Kaduna Sud et dans différentes autres zones bouleversées de notre nation équivaut à une déclaration de guerre contre les nigérians innocents et sans défense. Les autorités doivent arrêter de temporiser et offrir une réponse efficace contre ces actes sauvages » conclut Mgr Kaigama.

Source Fides