A la une #Articles #Doctrine / Formation #Morale #NLH #NLQ

Connais-toi toi-même à la lumière de l’Evangile

L’anthropologie chrétienne pour le quotidien, tel est le thème du livre de Cyril Brun, Connais-toi toi-même, les fondements chrétiens de l’anthropologie chrétienne.

Un livre, mais aussi des conférences et formations à organiser en paroisse, en communauté, au Lycée…

Annonces #Conférences/Formations #NLH #NLQ

Rencontres de Montligeon (61) – « Le numérique : quelles implications pour notre vie ? » – les 18 & 19 mai 2019

« Le numérique : quelles implications pour notre vie ? »

18 – 19 Mai, 2019
Sanctuaire Notre-Dame de Montligeon
26, rue Principale
61400 La Chapelle-Montligeon

Samedi

Le numérique, mutation ou révolution ?

09H45 – Accueil – café

10h00 – Ouverture des Rencontres

10h30 – Bruno DUFAY, consultant en évolution professionnelle
L’environnement numérique : d’où vient-il ? Comment transforme-t-il la société ?

11h15 – Cyril BRUN, consultant éthique, analyse politique et anthropologique, membre du conseil scientifique de Pro Persona
L’entreprise à l’épreuve des mutations du numérique

12h00 – Temps de questions

12h30 – Déjeuner aux Ateliers Buguet

Le numérique, un regard d’espérance

14h15 – Jérôme NURY, député de l’Orne, vice-président du Conseil départemental en charge du numérique,
Le numérique au service du développement des territoires

14h45 – Léa MOUKANAS, fondatrice de l’association Aïda
Le numérique au service de l’action caritative

15h15 – Samuel LAFONT , président de Damoclès
Le numérique au service de l’action publique

15h45 – pause

16h00 – Don Jacques VAUTHERIN,
Le numérique au regard de la foi chrétienne

16h30-17h30 – table ronde et conclusion des travaux

Possibilité d’assister aux animations du Sanctuaire :
– Soirée « Pierres en lumières » : visite de la Basilique de 20h30 à 22h30, puis lâcher de lanternes à la tombée de la nuit
en fonction de la météo –

Dimanche

10h00 – Atelier de réflexion

11h00 – Messe

Proposition de séjour du samedi (déjeuner compris) au dimanche (déjeuner compris) : 60€
Pour un déjeuner : 14€

Merci de déposer l’offrande pour votre séjour à l’accueil, au plus tard la veille de votre départ.
Le jour du départ, merci de libérer votre chambre pour 10h.

Les repas sont pris dans la salle à manger ou les vérandas du bâtiment Ermitage.
Nous vous remercions de respecter les horaires des repas : petit-déjeuner : de 8h à 9h30
déjeuner : 12h30 – dîner : 19h30

Plus d’informations et inscriptions

Inscriptions en ligne

Annonces #Conférences/Formations #NLH #NLQ

Découvrir et décrypter une fois par mois l’actualité à la lumière de Caritas in Veritate à partir du 8 novembre 2018 jusqu’au 20 juin 2019 à Paris

Inscriptions :

Pierre-Marie Cossic : pm.cossic@gmail.com // 06 58 35 35 88

Livres #NLQ

Livre – Connais-toi toi-même à la lumière de l’anthropologie chrétienne

Eh bien voici un livre qui tombe à pic ! Sorti à l’automne dernier, il semble en phase avec l’attente des jeunes qui, à l’occasion du pré-synode ont fait part de leur demande d’une forte formation anthropologique…

 

La nature humaine n’a pas bonne presse. Les « déconstructeurs » post-soixante-huitards en ont fait une sorte « d’hydre fasciste » hostile à nos droits et à nos libertés.

Avec un certain goût pour la provocation, Cyril Brun propose de renverser la perspective et d’envisager l’acceptation des lois de notre nature comme la condition de notre liberté et de notre bonheur.

Il va jusqu’à proposer l’austère chemin des vertus comme un chemin d’épanouissement personnel.

En un mot, il propose à un monde déboussolé l’antique sagesse de l’Église « experte en humanité » en invitant à redécouvrir la richesse de l’anthropologie chrétienne.

Docteur en histoire, Cyril Brun est rédacteur en chef du site Infocatho. Il anime également des sessions de bilan de compétences Ephata

 

 Vous pouvez commander le livre ici

Retrouvez l’interview de Cyril Brun sur son dernier livre

 

https://youtu.be/w9_U3-vGWeA?t=1170

 

Doctrine / Formation #Livres #NLH

Livre – Connais-toi toi-même à la lumière de l’anthropologie chrétienne

Eh bien voici un livre qui tombe à pic ! Sorti à l’automne dernier, il semble en phase avec l’attente des jeunes qui, à l’occasion du pré-synode ont fait part de leur demande d’une forte formation anthropologique…

 

La nature humaine n’a pas bonne presse. Les « déconstructeurs » post-soixante-huitards en ont fait une sorte « d’hydre fasciste » hostile à nos droits et à nos libertés.

Avec un certain goût pour la provocation, Cyril Brun propose de renverser la perspective et d’envisager l’acceptation des lois de notre nature comme la condition de notre liberté et de notre bonheur.

Il va jusqu’à proposer l’austère chemin des vertus comme un chemin d’épanouissement personnel.

En un mot, il propose à un monde déboussolé l’antique sagesse de l’Église « experte en humanité » en invitant à redécouvrir la richesse de l’anthropologie chrétienne.

Docteur en histoire, Cyril Brun est rédacteur en chef du site Infocatho. Il anime également des sessions de bilan de compétences Ephata

 

 Vous pouvez commander le livre ici

Retrouvez l’interview de Cyril Brun sur son dernier livre

 

https://youtu.be/w9_U3-vGWeA?t=1170

 

A la une #NLH #Tribunes et entretiens

L’objection de conscience est une absolue nécessité face à l’affaissement des valeurs chrétiennes

de Cyril Brun sur Atlantico.fr

Dans un continent où le relativisme semble triompher, quel défi devons-nous affronter aujourd’hui ? Nous devons témoigner de la Vérité, non brandir des valeurs. Nous ne pouvons plus taire les principales questions qui pèsent sur une société qui a perdu son propre sens et la simple conscience d’elle-même et pour qui la « non-discrimination » est érigée en principe fondateur et l’égalitarisme en dogme. Nous ne devons pas avoir peur d’aborder tous les sujets délicats : la sexualité, la mort provoquée, le relativisme, l’avenir des jeunes…

Il est nécessaire d’éclairer le public contre les subtils bouleversements auxquels nous pourrions assister.

Nous sommes parvenus à la croisée des chemins. Les socialistes ont salué la victoire de François Hollande comme un moment historique. Mais à y regarder, ce n’est pas cette élection qui est historique, c’est le moment lui-même. Car en ce début de XXIème siècle, nous pourrions bien assister  à un radical changement de société. Tout est prêt pour cela. Une opinion publique anesthésiée par la bien-pensance ambiante, le rejet systématique d’un éclairage éthique ou religieux, un gouvernement dominé par un électoralisme et l’idéologie selon laquelle nous serions incapable de discerner le bien du mal : bref, un aveuglement général des consciences.

Au moment où l’on réclame l’ouverture d’un débat en France concernant le mariage entre personnes du même sexe, nous devons reposer les questions principales qui pèsent sur une société oublieuse d’elle-même. Quels défis seront lancés aux Français avec ce débat ? Face à la confusion, il n’y a pas d’autre réponse que la clarté et la transparence de la vérité. La vérité est accessible à tous. Et en France, elle demeure encore enracinée dans notre culture. Voilà pourquoi nous devons, partout, nous investir dans les débats culturels et politiques touchant au domaine de la sexualité, de la vie, de l’éthique, en un mot, tout ce qui attrait à la dignité humaine. Devant la tendance visant à détourner le mariage de sa juste acception, nous devons nous engager en affirmant  le principe de réalité, et cela même si notre attitude devait un jour  être jugée comme hors-la-loi.

Nous devons sans relâche former notre conscience et nous comporter comme elle nous l’indique, avec une intelligence et une volonté droites : analyser les situations et comprendre les tendances qui dévalorisent la pensée humaine, sans tomber dans un discours idéologique.
Pour obtenir des résultats sur le plan politique, il nous faut refuser la compromission sur de tels sujets. Aussi devons-nous être enracinés dans la réalité. On ne peut pas, on ne doit plus tromper nos concitoyens avec des valeurs humaines tronquées et affadies parce que coupées de leurs racines.

L’issue ne dépendra pas seulement de notre action, certes. Mais même sans résultats politiques, nous saurions alors, en conscience, que nous aurions mené le bon combat. C’est cette conviction qui doit nourrir notre détermination. Le « succès » n’est  pas entre nos mains. Nous devons simplement témoigner de la vérité et la rendre attractive, par la mise en lumière de la beauté et de la bonté naturelles qu’elle porte en elle.

Nous devrons répondre devant les générations futures de ce que nous avons fait. La génération précédente, celle des années soixante, a laissé détruire la famille. Nous avons la responsabilité, au moins, de témoigner de la vérité et de la faire aimer. Ce n’est pas une bataille facile, mais en réalité, elle ne l’a jamais été, à aucune époque.

Et pour l’affronter, nous n’avons pas à concevoir de vastes stratégies puisque ces questions relèvent directement de notre nature et de notre identité. Il devrait suffire de dire la vérité… Or nous ne pouvons pas cacher que nous sommes dans une situation difficile en Europe : les adversaires d’un humanisme durable utilisent particulièrement la question de l’orientation sexuelle pour étendre leur influence et saper cette cohérence qui permet à l’homme de s’épanouir en vérité.

Nous sommes dans une situation de confusion et c’est pourquoi nous sommes faibles : nous ne percevons plus la pertinence de la réalité. Dans toutes les institutions, « l’esprit du monde » cherche à s’insinuer, cet esprit qui vise à rabaisser l’homme en limitant ses besoins aux seuls communs avec le règne animal.

Partout, l’on cherche à s’adapter au « politiquement correct ». Ne sachant plus où réside sa sauvegarde, la société moderne est dominée par la peur.

Nous nous sentons perdus, alors que nous devrions nous appuyer sur ce qui a déjà fait ses preuves pour donner confiance en l’avenir.
Heureusement, certains savent encore résister à cette confusion des repères, en restant fidèles à leur conscience. Refusant la peur, nous devons porter sur le terrain politique les valeurs qui fondent notre civilisation, afin de retrouver des appuis sûrs, fondement de notre progression humaine. Et ces valeurs fondatrices de notre civilisation chrétienne ne peuvent être proclamées de manière idéologique. Il ne suffit pas d’affirmer qu’elles sont bonnes mais il nous faut montrer qu’elles sont bonnes parce qu’elles sont justes. Il faut donc changer d’angle d’approche et s’appuyer sur la réalité.

Dans beaucoup de domaines, nous serons appelés à poser des choix clairs et à résister à cette volonté de détournement du bon et du vrai : il n’est ainsi pas exclu qu’un jour, les médecins  se voient obligés d’agir contre leur conscience. La récente discussion au Parlement européen visant à restreindre la pratique de l’objection de conscience, notamment dans le domaine de l’avortement ou de l’euthanasie, l’illustre.

L’Europe connaît actuellement une révolution radicale, qui s’attaque violemment aux fondements pluriséculaires de sa propre civilisation, cherchant à redéfinir les notions de famille et de sexualité. Cette révolution est à l’œuvre dans les plus grandes organisations mondiales comme l’Organisation des nations unies, au sein même de l’Union européenne et de nombreux gouvernements, massivement appuyés par les médias. Des moyens techniques de contrôle et de manipulation psychologiques des masses sont utilisés pour que ce totalitarisme soft continue à miner ce qui reste de la culture chrétienne. L’Europe voit s’instaurer des références nouvelles, comme le « mariage » entre personnes du même sexe, équivalent dans tous ses effets au mariage entre un homme et une femme. Et ces références sont justifiées par des raisons non plus humaines mais « fondamentales ». Or qu’entend-on par fondamental quand une société n’a plus de fondements ?

L’égalité de traitement ne peut rendre naturel une notion qui ne l’est pas. Sur ce point nous serons appelés à répondre chacun, personnellement. Et la question ne sera pas « cela est-il bon ou mauvais ? » mais bien « est-ce vrai ou faux ? ». Nous naissons homme et femme ; et c’est seulement dans l’union constituée par ce couple que l’humanité peut continuer à exister. Ce n’est pas du relativisme, mais une absolue vérité.

NLQ

L’Homme n’est pas un colmatage

de Cyril Brun :

 

Être complexe, l’être humain ne cesse de nous étonner, de nous surprendre et par-dessus tout de nous dérouter. Sous les traits semblables de l’espèce humaine, chaque personne est unique, différente au point de demeurer toujours pour l’autre, même le plus proche, un mystère. Pour comprendre l’être humain, une multitude de spécialités ont vu le jour. Le corps, l’âme, l’esprit sont scrutés, disséqués dans les moindres recoins. La science débusque toujours un nouvel interstice où nicher une nouvelle discipline au service de l’Homme. Plus les découvertes progressent, plus les domaines d’expertise s’enrichissent, et plus l’énigme humaine semble percée, sans pour autant réussir à dévoiler l’intégralité du mystère de chacun.

Il change de fauteuil… Cyril Brun Au menu, le Square Verdrel, Mozart et l'anthropologie chrétienne.

Publiée par Tvnc Webtv sur Dimanche 19 novembre 2017

A modéliser ainsi l’être humain, nous avons fini par en perdre son unicité. L’Homme, en effet, n’est pas le colmatage de toutes ses composantes. Et l’hyperspécialisation des experts tend de plus en plus à exclure, voire à renvoyer dos à dos, les différents aspects qui composent l’être humain. L’expertise, nécessaire pour avancer dans la connaissance de soi, conduit pourtant à hypertrophier un aspect (voire un problème) au détriment de l’équilibre global de notre personne.

L’être humain n’est jamais réductible à un aspect de son humanité. Il n’est jamais aveugle, ou grand, ou malade, ou beau. Il est avant tout une personne humaine dont une des caractéristiques est la cécité, la haute taille, la maladie ou encore la beauté. Cette évidence que l’on oublie trop souvent est pourtant doublement fondamentale. Nous sommes plus que nos faiblesses ou nos défaillances. Et celles-ci n’affectent qu’un aspect de nous-même, quand bien même la paralysie qui en résulterait serait complète. Mais également nous sommes plus que nos forces et nos réussites, nous avons des limites et des failles. Quelles que soient les causes de ces forces et de ces faiblesses, elles sont ensemble la réalité complexe d’une personnalité globale qui doit se construire sur cette vérité entière de notre personne.

L’autre point fondamental d’être une personne humaine unifiée avant d’être telle ou telle caractéristique de notre personnalité, c’est que nous ne sommes pas cloisonnés. Ce qui veut dire que non seulement notre équilibre passe par les différentes composantes de notre être, mais que ces composantes interagissent l’une sur l’autre. D’où la limite des avis de spécialistes qui se focalisent sur les conclusions de leur expertise, sans pouvoir prononcer un jugement global sur l’intégralité de la personne qui s’adresse à eux. La grande difficulté est de garder une vision d’ensemble de la personne, une vision intégrée.

Or une telle vision n’est possible qu’en partant d’une connaissance globale de la personne humaine. C’est l’anthropologie au sens fort du terme. Discipline unifiante, l’anthropologie est avant tout connaissance de l’être humain dans ses trois dimensions fondamentales que sont le corps, l’âme et l’esprit. Ces trois composantes de l’Homme sont indissociables. Il n’y a pas de corps sans âme, ni d’âme humaine sans corps, ni d’esprit humain sans âme ni corps. C’est un tout non seulement uni, mais surtout coexistentiel. On peut intellectuellement les distinguer pour mieux les étudier, mais on ne peut les disséquer. Jamais nous ne trouvons un corps humain sans âme, ni esprit. C’est comme isoler l’eau de la mer, c’est impossible.

Mais connaître les trois composantes de l’être humain, les connaître de l’intérieur, avec leurs propres éléments internes, est loin, très loin de suffire pour connaître la personne humaine. Encore faut-il appréhender les mécanismes par lesquels le corps, l’âme et l’esprit se nourrissent mutuellement. Car entre eux c’est comme un même sang qui s’écoule. Intégrer ces composantes et leur unité permet à l’anthropologie de dresser un caryotype de la personne humaine en tant qu’être humain universel autour duquel se dessine le mystère propre à chaque personne. Car, en définitive, chacun d’entre nous n’est « qu’une » des multiples combinaisons possibles de ce caryotype, façonnée par l’histoire propre de chacun.

En d’autres termes, la démarche « connais-toi toi-même » qui inspira Socrate est avant tout la découverte de son propre caryotype, c’est-à-dire de ce qui fait notre vérité propre, à partir de la vérité anthropologique commune à toute l’humanité. D’où le danger de poser un jugement, voire un diagnostic, fondé sur une vision partielle ou erronée de l’Homme. Nous ne sommes pas réductibles à une difficulté psychologique, laquelle n’est jamais qu’un problème d’équilibre général de notre caryotype personnel. Avant de se focaliser sur un problème ou une difficulté, il est important de les resituer à leur place véritable dans l’équilibre anthropologique, sans quoi nous courrons le risque de ne faire que déplacer le problème ou de lui donner une réalité qu’il n’a pas.

Source : Cyrano.net

Doctrine / Formation #NLQ

L’Homme n’est pas un colmatage

de Cyril Brun :

 

Être complexe, l’être humain ne cesse de nous étonner, de nous surprendre et par-dessus tout de nous dérouter. Sous les traits semblables de l’espèce humaine, chaque personne est unique, différente au point de demeurer toujours pour l’autre, même le plus proche, un mystère. Pour comprendre l’être humain, une multitude de spécialités ont vu le jour. Le corps, l’âme, l’esprit sont scrutés, disséqués dans les moindres recoins. La science débusque toujours un nouvel interstice où nicher une nouvelle discipline au service de l’Homme. Plus les découvertes progressent, plus les domaines d’expertise s’enrichissent, et plus l’énigme humaine semble percée, sans pour autant réussir à dévoiler l’intégralité du mystère de chacun.

Il change de fauteuil… Cyril Brun Au menu, le Square Verdrel, Mozart et l'anthropologie chrétienne.

Publiée par Tvnc Webtv sur Dimanche 19 novembre 2017

A modéliser ainsi l’être humain, nous avons fini par en perdre son unicité. L’Homme, en effet, n’est pas le colmatage de toutes ses composantes. Et l’hyperspécialisation des experts tend de plus en plus à exclure, voire à renvoyer dos à dos, les différents aspects qui composent l’être humain. L’expertise, nécessaire pour avancer dans la connaissance de soi, conduit pourtant à hypertrophier un aspect (voire un problème) au détriment de l’équilibre global de notre personne.

L’être humain n’est jamais réductible à un aspect de son humanité. Il n’est jamais aveugle, ou grand, ou malade, ou beau. Il est avant tout une personne humaine dont une des caractéristiques est la cécité, la haute taille, la maladie ou encore la beauté. Cette évidence que l’on oublie trop souvent est pourtant doublement fondamentale. Nous sommes plus que nos faiblesses ou nos défaillances. Et celles-ci n’affectent qu’un aspect de nous-même, quand bien même la paralysie qui en résulterait serait complète. Mais également nous sommes plus que nos forces et nos réussites, nous avons des limites et des failles. Quelles que soient les causes de ces forces et de ces faiblesses, elles sont ensemble la réalité complexe d’une personnalité globale qui doit se construire sur cette vérité entière de notre personne.

L’autre point fondamental d’être une personne humaine unifiée avant d’être telle ou telle caractéristique de notre personnalité, c’est que nous ne sommes pas cloisonnés. Ce qui veut dire que non seulement notre équilibre passe par les différentes composantes de notre être, mais que ces composantes interagissent l’une sur l’autre. D’où la limite des avis de spécialistes qui se focalisent sur les conclusions de leur expertise, sans pouvoir prononcer un jugement global sur l’intégralité de la personne qui s’adresse à eux. La grande difficulté est de garder une vision d’ensemble de la personne, une vision intégrée.

Or une telle vision n’est possible qu’en partant d’une connaissance globale de la personne humaine. C’est l’anthropologie au sens fort du terme. Discipline unifiante, l’anthropologie est avant tout connaissance de l’être humain dans ses trois dimensions fondamentales que sont le corps, l’âme et l’esprit. Ces trois composantes de l’Homme sont indissociables. Il n’y a pas de corps sans âme, ni d’âme humaine sans corps, ni d’esprit humain sans âme ni corps. C’est un tout non seulement uni, mais surtout coexistentiel. On peut intellectuellement les distinguer pour mieux les étudier, mais on ne peut les disséquer. Jamais nous ne trouvons un corps humain sans âme, ni esprit. C’est comme isoler l’eau de la mer, c’est impossible.

Mais connaître les trois composantes de l’être humain, les connaître de l’intérieur, avec leurs propres éléments internes, est loin, très loin de suffire pour connaître la personne humaine. Encore faut-il appréhender les mécanismes par lesquels le corps, l’âme et l’esprit se nourrissent mutuellement. Car entre eux c’est comme un même sang qui s’écoule. Intégrer ces composantes et leur unité permet à l’anthropologie de dresser un caryotype de la personne humaine en tant qu’être humain universel autour duquel se dessine le mystère propre à chaque personne. Car, en définitive, chacun d’entre nous n’est « qu’une » des multiples combinaisons possibles de ce caryotype, façonnée par l’histoire propre de chacun.

En d’autres termes, la démarche « connais-toi toi-même » qui inspira Socrate est avant tout la découverte de son propre caryotype, c’est-à-dire de ce qui fait notre vérité propre, à partir de la vérité anthropologique commune à toute l’humanité. D’où le danger de poser un jugement, voire un diagnostic, fondé sur une vision partielle ou erronée de l’Homme. Nous ne sommes pas réductibles à une difficulté psychologique, laquelle n’est jamais qu’un problème d’équilibre général de notre caryotype personnel. Avant de se focaliser sur un problème ou une difficulté, il est important de les resituer à leur place véritable dans l’équilibre anthropologique, sans quoi nous courrons le risque de ne faire que déplacer le problème ou de lui donner une réalité qu’il n’a pas.

Source : Cyrano.net

A la une #Doctrine / Formation #Philosophie

Le beau est un bonheur métaphysique

Puisque le pape invite les artiste à créer des oasis de beauté, voici une petite excursion dans le beau.

 

Généralement, lorsque nous disons d’une femme qu’elle est belle, c’est que quelque chose qui émane d’elle nous touche. Ce quelque chose, du reste, pourra tout à fait laisser indifférent mon propre frère. Est-ce à dire que le beau est subjectif et donc qu’il n’existerait pas de beauté universelle ou transcendante ? Ou bien devrions-nous dire plutôt ‘cette femme me plaît’ ? Est-ce un abus de vocabulaire ou plaire et beau sont-ils interchangeables ? Intuitivement, nous sentons bien que dire ‘cette femme est belle’ est d’une nature et d’une émotion plus élevée que le simple fait de plaire. La satisfaction que nous recevons face à quelque chose de plaisant n’est pas du même ordre que face au beau. Il y a dans le beau un supplément qui semble pacifier, apaiser tout notre être. Le plaisir que nous procure un morceau de chocolat n’est pas aussi comblant que la contemplation d’un paysage de montagne. Le plaisir dont nous jouissons avec le chocolat est lié à la bonté de celui-ci, car le plaisir est une conséquence du bon comme du beau dont la jouissance procure du plaisir. Il y a donc bien dans la beauté, comme dans la bonté, un aspect subjectif : celui qui nous procure la jouissance du plaisir. Cet aspect subjectif est lié non à l’objet lui-même, mais à notre relation d’attraction ou de répulsion vis-à-vis de lui. Comment se fait-il qu’une même chose, une même personne entraîne des réactions aussi opposées qu’attraction, répulsion ou indifférence selon les cas ?

En bon chirurgien, prenons notre scalpel et tentons d’identifier les éléments en jeu. Tout d’abord nous trouvons l’objet qui va susciter une réaction, en face la personne qui va réagir, le lien double entre eux, et enfin la réaction intime (jouissance ou dégoût) de la personne confrontée à l’objet. Ce dernier à sa réalité et sa perfection propre, indépendante de la réaction qu’il produit et de la perception que nous en avons. Ce que nous ressentons ou croyons à son sujet ne modifie en rien son être profond. Sa bonté, sa beauté comme sa vérité répondent à des critères objectifs qui lui sont propres. En quoi puis-je dire que cet arbre est bon et beau ? La bonté, en réalité, correspond à la finalité de l’objet. Si cet arbre produit son fruit il sera bon. Le degré de bonté de cet arbre sera relatif aux autres arbres de son espèce et à sa perfection propre. Mais en quoi cet arbre peut-il être dit parfait ? Précisément s’il accomplit ce pour quoi il est fait. La perfection ce n’est pas être sans faille dans l’absolu, être un surhomme, mais être pleinement ce que nous sommes conformément à notre nature. C’est-à-dire pour un être humain, être pleinement homme ou femme avec les limites naturelles de l’homme qui n’a pas la science infuse, qui ne sait pas voler, qui peut se tromper etc. La perfection n’est pas relative, elle est liée à la nature même (l’essence) de chaque être. Quant à la beauté de cet arbre elle est liée à l’harmonie et l’équilibre qui lui sont propres, mais aussi à la vérité et l’unité qui en émanent. Dire ‘cet arbre est beau’ c’est être capable de voir sa beauté propre liée à ce qu’il est lui, cela suppose donc de le connaître. En effet, la beauté d’une chose repose d’abord sur sa vérité intrinsèque. Il y a de ce fait une vraie beauté dans un rat.

Plaçons-nous à présent du point de vue de celui qui perçoit l’objet. C’est un être humain doué d’intelligence et de volonté. Nous percevons ce qui nous est extérieur par le truchement de nos sens. Cette perception fait « entrer en nous » cet objet, cette personne. Ce que nous en percevons va déclencher une série de réactions qui nous seront propres : peur, haine, amour, tristesse etc. mais ces réactions ne dépendent pas d’abord de la beauté, ni de la bonté, ni de la vérité propre de l’objet même. Ces réactions naissent de notre histoire, de notre vécu et de notre connaissance, c’est-à-dire aussi de notre éducation et de notre culture. Découvrir la bonté ou la beauté propre d’une chose, d’une personne suppose donc un double mouvement de notre part. Apprendre à connaître l’autre et nous détacher de nos propres critères esthétiques. Il est intéressant au passage de noter que l’origine grecque de ce mot signifie sentir. Il faut donc nous détacher de notre « ressenti » pour apprécier la beauté de la chose ou de la personne en elle-même. Notre intelligence étant faite pour le vrai, ce détachement sensible lui procure une véritable jouissance lorsqu’elle découvre la vérité intime de l’être. Cela suppose un effort de l’intelligence mais aussi de la volonté qui accepte de passer outre ses réticences vis-à-vis de la chose comme vis-à-vis de l’effort de connaissance à fournir. Ainsi aimons-nous non pour nous égoïstement, mais l’autre réellement. La volonté quant à elle est tendue vers le bien. Mais ce bien suppose de nombreux efforts (et de la vertu bien souvent) avant de pouvoir en jouir.

Il y a donc un double mouvement entre l’objet qui « touche » l’âme par le moyen des sens et l’âme elle-même qui va s’approcher ou s’éloigner de cet objet qui le sollicite. Ce que l’âme va décider de faire de cette sollicitation produira chez elle jouissance ou dégoût entraînant de multiples réactions allant de la colère à la joie, voire au bonheur, en passant par la tristesse, l’audace etc. La beauté au contraire suscite un sentiment d’adhésion immédiat. Le beau se contemple. Il est comme une nourriture de l’âme dont on se délecte sans fin et sans effort. On reçoit le beau dans son âme et elle s’en trouve pacifiée par le simple fait de la présence du beau. Mais pour ce faire, il faut être en mesure de cueillir ce beau et donc de le reconnaître, de le connaître c’est-à-dire aussi de co-naître, donc de renaître avec lui. Le beau nous façonne et ainsi nous élève vers plus. Il y a dans le beau comme un supplément d’âme, parce que le beau nourrit l’intelligence par sa vérité, la volonté par sa bonté, les sens par l’équilibre et l’harmonie qui s’exhalent de l’objet contemplé. Il y a dans la beauté une certaine gratuité car elle comble bien au-delà du désir de connaître, de jouir, de posséder. La beauté est l’émanation de l’être lui-même dans toute sa perfection, dans la splendeur de son équilibre et de son harmonie. La beauté se trouve bien au-delà de la « physique », de la nature, la beauté est métaphysique, voilà pourquoi elle se donne à contempler, voilà pourquoi le beau contemplé procure, par sa jouissance, cette plénitude d’harmonie et de paix qu’on appelle la joie et à qui il ne manque que la pérennité pour devenir bonheur. La beauté, parce qu’elle transcende la nature, élève l’âme, lui révèle la vie au-delà de la vie et lui donne de toucher la plénitude de la présence de l’Être. En dernier ressort, le beau est la contemplation de l’Être, il nous parle du divin et c’est pour cela que lui est associé d’emblée un sentiment de paix et de plénitude.

Cyril Brun

Source Cyrano.net

Culture #Doctrine / Formation #NLH

Le Sanctus du Requiem de Mozart : Triomphe céleste

Le Sanctus est un hymne de louange des liturgies catholique et orthodoxe que sublime le Requiem de Mozart…
Avec le Benedictus, l’Agnus, le Lux aeterna et le Cum sanctis, le Sanctus est une des pièces du Requiem pour laquelle nous n’avons aucune trace autographe de Mozart. Il serait donc hasardeux d’utiliser les conclusions de notre étude pour mener à bien notre enquête sur le mystérieux sens de cette messe des morts. En revanche, nous trouvons entre les notes, tout ce qu’il faut pour interpréter ce passage construit de la façon la plus académique, c’est-à-dire sans surprise, ni sur la forme, ni sur le sens.
Au temps de Mozart, le Sanctus est encore une pièce en deux parties dont on détache le Benedictus. La première partie comprend le sanctus proprement dit et la seconde le Hosanna. Le texte du sanctus reprend le livre d’Isaïe. Si le prêtre, à la messe, peut inviter les fidèles à s’unir à la prière des anges par le chant du sanctus, c’est parce que ce chant nous est connu par le livre d’Isaïe. Voilà pourquoi ce chant est très codifié, afin d’être fidèle à la vérité biblique. C’est bien le Dieu trois fois Saint qui est célébré. Mais ce n’est pas le sanctus léger des anges de l’Évangile de l’Incarnation, c’est bien celui du Dieu imposant et transcendant d’Isaïe. Ici, Süssmayer probablement, traduit très classiquement cette idée. Pour ce faire, il utilise la tonalité commode de Ré majeur ; tonalité du triomphe, mais aussi du joyeux chant céleste.
Ce n’est pas le sanctus léger des anges de l’Évangile de l’Incarnation, c’est bien celui du Dieu imposant et transcendant d’Isaïe.
Ce Sanctus est donc triomphal ! Il n’est pourtant pas tonitruant. Nous le savons grâce aux accords qui constituent les deux syllabes du mot latin. Le premier sanctus est posé sur un accord de tonique, c’est-à-dire de ré. Il est porté aussi par le trio de trombone – instrument réservé à Dieu –, mais la seconde syllabe est aussi sur un accord de Ré. Même si les notes changent, elles ne sont que redistribuées entre les voix et les instruments. Ce qui signifie que ce triomphe est emphatique et posé. Le son ne doit pas être relâché sur « ctus », mais tenu en avant, comme pour s’achever dans le soupir qui suit. Le second sanctus est en parfaite relation avec le premier puisqu’il s’agit de deux accords de La. C’est-à-dire la note vers laquelle tend naturellement l’accord de Ré. Encore une fois deux accords de La, donc même emphase soutenue. Le troisième Sanctus garde ce même rapport puisqu’on revient au Ré de la même manière. Le Dieu trois fois Saint est bien trois personnes en une (unité de de la tension Ré / La), toutes trois égales (unité des deux accords dans le même mot et même rythme). Cette unité et cette égalité se retrouvent dans le triple gloria, puisque les personnes divines reçoivent même adoration et même gloire. Le tempo, adagio, renforce encore la solennité triomphale de la majesté divine qui domine les cieux. On entendrait presque Narsaï d’Édesse : « dans un palais d’incandescence Dieu réside ». Cette majesté doit bien emplir les cieux, mais non pas les déchirer. Ce n’est pas du fracas, mais de la présence.

L’ambiance change avec le Hosanna. Il ne s’agit plus de parler de Dieu, mais de la joie qui entoure Dieu dans les cieux. En cela la tonalité de Ré majeur est bien commode, parce qu’elle permet, tout en gardant l’unité du sanctus de camper deux ambiances différentes, présentes ensemble au même endroit, les cieux. Il faut entendre cette partie plus rapide comme un jaillissement, comme des éclats de joie. Aussi, la meilleure façon de comprendre ce passage est de le prendre non pas à la noire en trois temps, mais à la mesure en un temps, faisant ainsi ressortir des syncopes de feu d’artifice sur les blanches.
L’ambiance change avec le Hosanna. Il ne s’agit plus de parler de Dieu, mais de la joie qui entoure Dieu dans les cieux.
Utiliser la fugue pour le Hosanna est un classique éprouvé. Ce mouvement perpétuel traduit l’infini du ciel et aussi de la joie. Le quatuor à cordes double les voix tout au long du morceau, sauf à la fin où il poursuit les croches de la fugue tandis que le chœur se pose sur des blanches. En effet, comment achever un morceau qui doit traduire l’infini ? Le compositeur utilise le jeu des cordes pour cela. Je vous laisse écouter les 5 dernières mesures pour le comprendre et notamment l’avant dernière faite d’une réponse de temps et contretemps, comme si une machine freinait par à-coups. Cette légèreté joyeuse et céleste doit donc absolument contraster avec l’emphase du Sanctus. Pour ce faire, il faut marquer les « na » de Hosanna, mais sans les appuyer, comme une explosion de feu d’artifice qui s’élèvent. Il faut aussi articuler très distinctement les descentes de croches et, à la limite, de ne pas les lier. Ainsi nous pourrons donner deux tableaux très différents d’une même réalité, les cieux où résident en même temps le Trois Fois Saint et les chœurs célestes qui, de fait, sont de nature différente.

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