NLH #NLQ #Tribunes et entretiens

VIDEO – La dignité de la procréation – par Mgr d’Ornellas

Une déclaration signée par tous les évêques intitulée : « La dignité de la procréation » est publiée ce jeudi 20 septembre 2018. Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes et responsable du Groupe de travail « Eglise et Bioéthique » évoque la genèse de ce texte et le cœur du message que l’Eglise catholique veut faire entendre par la voix des évêques.

A lire : notre édito hebdomadaire du 22 septembre sur le sujet.

 

Messes/Prières/Pèlerinages #NLQ

4ème pèlerinage Lataste le 1er septembre 2018 à Montferrand-le-Château (25)

Cette année, synode (du diocèse de Besançon) oblige, le mot d’ordre du pèlerinage sera : Osons un nouvel élan pour devenir disciple missionnaire de la miséricorde sur les pas du Bienheureux Jean-Joseph Lataste. Rendez-vous samedi 1er septembre à 10H pour une belle journée.

Ce jour-là commencera par une conférence à laquelle vous êtes chaleureusement conviés par les Dominicaines de Béthanie et l’association Lataste. Elle aura pour thème : « La dignité retrouvée » par Soeur Anne Lecu. Soyez bien à l’heure pour ne rien manquer de son intervention jusque 11H ! Et si vous voulez vous joindre au temps d’échanges, il faudra rester jusque midi…

Anne Lécu est dominicaine. Elle exerce la médecine à la Maison d’arrêt de Fleury-Mérogis depuis 1997. Elle est l’auteure de : Marcher vers l’Innocence, de Des larmes et de Tu as couvert ma honte. Or, « Il n’y a pas de honte pour qui espère en toi » (Ps 24)

Son éclairage nous aidera à déposer tout jugement et tout préjugé.

« Loin de l’accuser ou de le condamner, Dieu au contraire, restaure l’homme qui ne craint pas de se tourner vers lui. Il l’accueille avec tout ce qu’il est, clair ou obscur. »

C’est ce dont témoigne l’œuvre de réhabilitation du Bienheureux Jean-Joseph Lataste, et derrière lui, les Dominicaines de Béthanie et tous ceux qui vivent de sa spiritualité comme soeur Anne Lecu à la prison de Fleury.

Pendant cette journée, les membres de la fraternité Lataste de toute la France et d’Outremer côtoiront des membres de la fraternité sacerdotale Lataste, des membres de la fraternité de la résurrection de Lazare, ceux de la Maison du Bien Aimé (Nancy), mais aussi toutes les personnes qui ont soif de la miséricorde.

Cette journée se veut conviviale : les pèlerins apportent leur pique-nique et les liens se tissent au moment du repas ou des ateliers « découverte » de la spiritualité ; d’autres profitent de ce temps et de ce lieu de grâce pour se confesser, d’autres encore se détendent en allant jusqu’à la grotte de Ste Marie Madeleine, propice au recueillement, à moins qu’ils ne préfèrent un temps d’adoration ou de rencontrer avec une sœur. Chacun peut arriver quand il veut et repartir quand il le désire, mais en général, il repart enrichi de ses découvertes !

Enfin, cette journée se clôturera avec l’Eucharistie à 16h30 présidée par le Père Eric Poinsot, vicaire général.

Les Dominicaines de Béthanie

21 rue de Mont Montferrand le château. Contact :  03 81 56 53 35

NLQ #Points non négociables PNN

Révision des lois de bioéthique : la dignité de la personne humaine, un principe juridique fondamental

Malgré l’équivoque de ce principe…

Deux commissions de l’Assemblée nationale, la Commission des lois et celle des affaires sociales, se sont mises en ordre de marche pour la révision des lois de bioéthique, entamant un cycle d’auditions. Le premier rendez-vous, « De la bioéthique au droit de la bioéthique » avait lieu le mercredi 16 mai.

 

A cette occasion, Jean-René Binet, professeur de droit privé à l’Université de Rennes 1, et Bertrand Mathieu, professeur de droit public à l’Université Panthéon Sorbonne Paris I, ont apporté leur éclairage aux législateurs.

 

Un certain nombre de principes constituent notre système juridique dont le principe de dignité et de liberté. Comme le constate Bertrand Mathieu, « de dérogations en dérogations, on s’écarte de ces principes ». Des incohérences apparaissent entre les principes immuables inscrits au code civil et les dérogations.  Ainsi se pose aujourd’hui la question de maintenir ces principes ou de les remplacer par une conception essentiellement casuistique.

 

Pourtant, le principe de dignité est un garde-fou à l’instrumentalisation et à la marchandisation de l’humain. Comme le rappelle Jean-René Binet, le modèle juridique de 1994 voulait  lutter contre les risques d’atteinte à la personne humaine. Or, il y a un risque fondamental si le droit n’est fondé que sur l’autonomie de la volonté individuelle. Les conséquences pourraient engendrer des inégalités au détriment des plus faibles. Alors que les droits objectifs sont au service de tous, les droits subjectifs protègent uniquement ceux qui ont les moyens de se défendre. « La stratégie […] qui vise à relativiser ou affaiblir la portée du principe de dignité, permet d’éroder le seul obstacle qui se dresse à l’instrumentalisation de l’homme par l’homme sous le couvert de l’exercice par chacun de sa liberté », affirme Bertrand Mathieu.

 

Face aux intervenants, les législateurs s’interrogent sur le fait que ces principes peuvent nuire à l’évolution de la science : comment rester compétitifs ? Bertrand Mathieu répond en soulignant trois questions à se poser : « est-ce utile ? », « est-ce conforme à nos principes ? » et « si finalement on fait tomber les barrières, quelles peuvent en être les conséquences ? ».

 

Vision ontologique ou utilitariste : il faut choisir.  « Si on remet en cause la conception ontologique de l’homme, on remet en cause l’égalité profonde entre les êtres humains », soutient Bertrand Mathieu.

Source : genethique.org

Conférences/Formations #NLQ

Conférence – « La dignité humaine blessée – la pornographie, qu’en dit l’Eglise ? » : lundi 16 avril 2018 au Mans (72)

Maison saint Julien
26 Rue Albert Maignan, 72000 Le Mans

Asie #NLQ

Bangladesh – L’Église demande plus de droits pour les minorités

Au Bangladesh, les minorités ethniques ne sont pas suffisamment reconnues, estime l’archevêque de Chittagong, Mgr Moses M. Costa, en visite au siège international de l’AED.

« Le gouvernement ne reconnaît pas leur existence légitime et les néglige », déplore l’archevêque de Chittagong, Mgr Moses M. Costa, qui regrette que les minorités ethniques et religieuses au Bangladesh ne soient pas explicitement désignées dans la Constitution du Bangladesh comme une partie de la population disposant de droits particuliers. « Si bien que leurs possibilités de développement sont faibles. Par ailleurs, elles sont souvent discriminées dans leurs recherches d’emploi, et même dans certaines écoles, vu qu’elles ne parlent pas la langue nationale. Lorsque les membres des minorités ethniques souffrent, l’Église souffre aussi, parce que 60 % de nos fidèles font partie d’une minorité. » L’Église catholique est la seule institution engagée en faveur des droits et de la dignité de ces personnes. Elle respecte et promeut leur culture.

60 % des Catholiques font partie d’une minorité ethnique

Mgr Costa raconte que l’année dernière, malgré les inondations, le gouvernement avait refusé d’accorder la moindre aide aux minorités vivant dans les « Chittagong Hill Tracts », une province de son archidiocèse située dans les montagnes, et qu’il avait nié le problème. Mgr Costa critique également l’exploitation de ces populations dans les chantiers de la ville portuaire de Chittagong, où les navires sont démantelés afin de réutiliser leurs pièces détachées à d’autres fins. C’est ainsi, par exemple, que les pièces de métal sont découpées et mises à la disposition de chantiers de construction. « Ces travaux sont accomplis dans des conditions dangereuses au prix de nombreuses vies humaines. Cependant, je ne peux pas aller voir ces chantiers, parce que les autorités me refusent l’autorisation. »

Interrogé à propos des attaques commises ces dernières années dans ce pays à majorité musulmane, à l’encontre des chrétiens et des institutions ecclésiastiques, l’archevêque a déclaré que leurs motifs étaient en général à la fois politiques et religieux. D’une part, il s’agit souvent de tentatives visant à s’approprier indûment des terrains appartenant aux minorités ethniques, souvent de confession chrétienne. D’autre part, il convient aussi d’évoquer le développement de motivations religieuses. Le pays compte des groupes islamistes nombreux et variés. « L’année dernière, mille bengalis ont attaqué une paroisse à Chittagong parce que deux hommes d’affaires avaient été tués à quelques kilomètres de là, et que les chrétiens avaient été accusés d’être mêlés à ce crime », a rapporté l’archevêque. La situation à Chittagong est « difficile et dangereuse », explique-t-il.

L’archevêque de Dhaka créé cardinal en 2016

Cependant, les raisons de se réjouir existent aussi, pour les catholiques, compte tenu du fait qu’en novembre dernier, le pape François a élevé à la dignité cardinale Mgr Patrick d’Rozario, archevêque de Dhaka. Cela a non seulement « rempli de joie » les fidèles catholiques, mais aussi « rendu très heureuse » la population non-chrétienne. Même le gouvernement a estimé que « le pape avait ainsi accordé au pays une reconnaissance et une attention particulières ». Le fait que Chittagong ait été élevé au rang d’archevêché en février 2017 a également été une « grande joie ». « Ces deux événements ont conféré à l’Église catholique une plus grande importance. Malgré sa petite taille numérique, l’Église du Bangladesh fournit en général une contribution importante à l’éducation au travers des écoles qu’elle tient. Elle est très active dans le domaine des soins de santé. Beaucoup de gens l’apprécient beaucoup à cause de cela. »

89 % des 156 millions d’habitants de ce pays d’Asie du sud sont musulmans. Les hindous, 9,5 %, représentent le deuxième plus grand groupe confessionnel. Avec environ 270 000 fidèles, l’Église catholique ne forme que 0,2 % de la population.  L’an dernier, l’AED a soutenu l’Église catholique au Bangladesh à hauteur d’environ 560 000 euros.

Source

Asie #NLQ

Thaïlande – L’Eglise promeut la dignité de la femme pour lui permettre de “sortir du cercle vicieux fait de pauvreté, de soumission et d’exploitation”

« L’Eglise en Thaïlande s’engage à œuvrer en faveur de l’émancipation et du développement des femmes dans le pays ». Ce sont les mots de sœur Siphim Xavier, ursuline et secrétaire exécutif de la Commission pour les femmes de la Conférence épiscopale de Thaïlande.
«  Les femmes en Thaïlande – explique-t-elle – affrontent différentes difficultés et divers défis tels que la pauvreté, le manque d’une instruction adéquate et de qualité, le fait d’être impliquées dans la prostitution et ce qu’il est convenu d’appeler le «  tourisme sexuel ». Il existe par ailleurs des questions sociales telles que celles des filles mères, l’importante diffusion de la violence domestique, la discrimination sur base sexuelle, l’exclusion sociale, l’exploitation du travail, sans oublier la pratique de la maternité subrogée ».
Sœur Siphim Xavier, qui est responsable de la Commission pour les femmes de la Conférence épiscopale de Thaïlande depuis 2008, remarque que, « pour affronter ces préoccupations, l’Eglise en Thaïlande – qui compte 350.000 baptisés pour une population totale de 65 millions d’habitants – a lancé, à compter de 2015, grâce à la collaboration de différentes congrégations religieuses, des programmes pastoraux au travers desquels elle s’engage à œuvrer spécifiquement en faveur de la promotion, du développement et de la dignité des femmes, en tant que partie intégrante de l’esprit de la nouvelle évangélisation ».
Pour elle, l’une des urgences consiste à faire grandir chez les femmes de Thaïlande la conscience de leurs droits fondamentaux et de leur dignité de personne, ce qui signifie leur fournir une instruction adéquate et leur assurer une croissance professionnelle permettant d’ouvrir des voies de développement socio-économique.
« L’Eglise catholique en Thaïlande met à disposition toutes les ressources humaines et matérielles possibles afin de permettre aux femmes du pays de prendre confiance, de manière à ce qu’elles puissent sortir du cercle vicieux fait de pauvreté, de soumission et d’exploitation. Nous visons à valoriser leur vie, tout comme celle de leurs familles et de leurs enfants » indique Sœur Siphim Xavier.
Différentes Congrégations religieuses féminines présentes en Thaïlande organisent des colloques et des séminaires de formation concernant des questions sociales touchant en particulier la condition de la femme et ce en collaboration avec les commissions diocésaines et d’autres organismes, issus de la société civile. Au sein de tels programmes de formation, ne fait pas défaut l’enseignement des principes de la Doctrine sociale de l’Eglise et du Magistère du Pape François, comme Evangelii gaudium et Laudato si’.

Source : Agence Fides

A la une #Doctrine / Formation #Morale #NLH #NLQ

Le travail est fait pour l’homme et non l’inverse

La crise française actuelle m’invite à une réflexion sur le sens du travail. Il me semble, en effet, que certains archaïsmes typiquement français faussent la conception et la notion même du travail.

Au fond, nous ne créons rien. Ceci n’est pas en notre pouvoir. Nous agissons à partir de la création. Le génie humain n’est pas créateur, mais participation à l’œuvre créatrice. Quoique nous fassions, notre travail sera toujours une action sur la nature et à partir d’elle. Ce qui veut dire que mon action sera constructrice ou destructrice. Et ainsi, je suis responsable de mes actes envers la nature, car j’ai le pouvoir de faire des choix qui orienteront mon activité et au-delà, détermineront le Bien Commun. Car, au final, si le travail est un acte personnel, il n’est autre que ma contribution au Bien Commun. Le travail est donc un devoir. Il est un dû à la collectivité.

 Mais il est également constitutif de l’homme. Il est inhérent à l’homme de travailler. Aussi, le caractère personnel du travail doit-il être mis en évidence. La personne humaine du travailleur se trouve engagée avec tout ce qu’elle est dans son travail. Ce qui fait que celui-ci est l’expression de la personne humaine, peut-être mieux que toute autre chose.

Cette distinction est capitale, car à l’inverse du socialisme pour qui l’homme a une dignité parce qu’il travail, nous pouvons affirmer que la dignité du travail est dans la personne. Le travail est un acte humain.  Et il faut qu’il le demeure. L’homme ne peut être assimilé à une machine ou à une bête dans son travail. Il convient donc que les conditions de travail respectent la dignité humaine dans sa totalité. En second lieu le travail est nécessaire pour respecter la dignité humaine. L’homme n’est pas un animal qui attend le fourrage. Il doit être autonome pour sa survie et le travail est la garantie de cette autonomie. Chaque homme a le devoir que lui imposent la nature de conserver l’existence. Il a donc un droit naturel à trouver dans son travail le moyen de faire vivre sa famille.

Mais, arrêtons-nous un instant afin de considérer le travail à l’aune de la dignité humaine. Depuis plusieurs années, en France particulièrement, nous assistons au retour en force d’une dévalorisation du travail. Dans l’antiquité, et sous d’autres formes jusqu’à la révolution industrielle, le travail possédait une valeur intrinsèque. C’est-à-dire qu’il avait valeur par lui-même. De là découlait une dignité inégale dans le travail. Un travail manuel était considéré, par essence, moins digne qu’un travail intellectuel ou militaire. La dignité du travailleur s’en trouvait, de fait affectée. Et finalement c’est le travail qui qualifiait, pour partie la dignité de l’homme. L’exemple de l’esclave dans l’antiquité est assez expressif. Le christianisme a tout de suite donné à l’homme une dignité propre, indépendante du travail ou de la position sociale. Dès lors le travail ou la place dans la société  surajoutait ou non une dignité supplémentaire à la dignité fondamentale de la personne humaine. L’ère industrielle, sans renier la dignité essentielle de l’homme a surdimensionné, à nouveau, la dignité du travail, au point qu’elle supplanta la dignité native de l’homme dans bien des cas. Il convenait, dès lors, de maintenir, voire de remettre l’homme, en tant qu’homme au centre des préoccupations. Ce fut, d’une manière générale, le grand combat du XXème siècle, avec les épisodes saillants du nazisme, du taylorisme et du socialisme soviétique. De ce combat, la dignité humaine sort tout à la fois renforcée et affaiblie. Il n’y a pas lieu, ici de nous étendre sur cette dignité de l’homme. Retenons simplement qu’elle est désormais fort galvaudée par une multiplicité de définitions qui la sous-tendent et, de ce fait, l’entravent.

La question du travail est une de ces entraves majeures. Dans ce combat qui opposa et dans certains pays oppose encore, les patrons et les ouvriers (au sens large), le travail a perdu sa valeur. Non seulement il qualifie de moins en moins la dignité d’une personne, mais il apparaît comme contraire à cette dignité. Plus exactement, on tente de chasser un excès par un autre. Nous avons traversé une longue période qui en hypertrophiant la valeur du travail, a engendré des clans, des classes pour reprendre l’expression marxiste. Dans cette conception, le travail est devenu, non pas un enjeu, mais un champ de bataille. C’est sur ce champ qu’il a été mis en pièce. Dès lors que le travail qualifiait la dignité humaine et que certains travaux étaient jugés plus dignes que d’autres, alors il y avait une hiérarchie dans la dignité humaine, ce qui est moralement inacceptable, mais surtout invivable pour ceux qui se trouvaient ainsi au bas de l’échelle. Il faut reconnaître que cette conception a la vie dure, particulièrement en France où le ‘80 % d’une classe d’âge au bac’ de François Mitterrand a renforcé un certain mépris des métiers manuels.

Dans un tel contexte, qui fondait la dignité sur le type de travail, le seul espoir de restaurer une égalité était de discréditer le travail lui-même. C’est ainsi que nous avons assisté à la lente dévalorisation du travail. Cette dévalorisation s’accompagnait, en outre de l’accroissement du chômage et donc de nombreuses personnes humaines marginalisées et en passe de perdre toute dignité. La rencontre de ces deux événements ne fit qu’accentuer le phénomène. Ainsi, sous une nouvelle forme, la dignité de la personne humaine et le travail furent à nouveau dissociés. Cette dissociation se fit et se fait encore au profit de la consommation sous toutes ses formes.

Désormais, le travail entrave ma consommation de biens et de loisirs. L’épanouissement ne se situe plus dans la production de biens et de service, mais dans l’usage de ces biens. L’homme ne trouve plus la sensation de sa dignité dans l’être, mais dans l’avoir. Or, le travail est une émanation de l’être même de l’homme, tandis que la consommation surajoute un bien à l’être même de l’homme. Lorsque je pose un acte, qu’il soit professionnel ou non, cet acte est le fruit de moi-même et quelque part révèle mon être.

Nous touchons là au cœur du lien entre dignité et travail. La dignité de l’homme repose sur un certain nombre de fondamentaux parmi lesquels le droit à l’intégrité, la responsabilisation, la liberté. L’intégrité de la personne humaine lui permet de poser librement des actes responsables, issus du plus profond de ce qu’elle est. Ces actes responsables concernent l’ensemble de la communauté humaine et la construise. Par son travail la personne humaine prend sa part à l’édification de l’édifice commun dans lequel, par ce travail, il s’insère. D’où le drame du chômage qui exclut de l’édification de la société.

En outre, le travail permet d’acquérir l’autonomie nécessaire à sa liberté. La personne assistée demeure dépendante du bon vouloir de l’autre et d’une certaine manière reste un mineur. Cette autonomie, au contraire, peut alors ouvrir à l’avenir.

            Le concept de personne humaine révèle par nature que l’homme est un être de relation. C’est ce qui différencie la personne de l’individu. La relation s’établit entre le moi à construire et le moi participant au monde et aux autres. La nature même de l’homme exige cette relation qui n’est autre qu’une somme d’équilibres entre moi et le monde. Le travail est, par excellence le lieu de cet équilibre nécessaire à la personne humaine. Considérer l’homme du seul point de vue de sa consommation et de ses loisirs, le renvoie à lui-même, en en faisant un simple consommateur et non acteur de ce monde dans lequel il s’insère.

En France aujourd’hui, nous avons une nette tendance à considérer le travail comme un obstacle à notre possibilité d’utiliser … le travail des autres ! Car pour consommer, il faut bien qu’il y ait des producteurs. Cette pensée issue des déviances d’un certain socialisme marxiste, n’est, avouons-le, pas très éloignée des sociétés antiques qui mettaient au travail les esclaves pour se libérer du temps de loisirs ou de politique.

Quel droit ai-je à consommer si je ne participe pas à la production ? N’est-ce pas la définition même du parasite ?

Il y a donc une valeur intrinsèque au travail,  celle-là même qui le rend constitutif de la dignité de l’homme. Mais un nouvel obstacle se dresse sur le chemin de la revalorisation du travail : l’effort ! Dépassant largement le monde du travail, il faut bien admettre que la politique d’assistanat et l’instabilité d’une ‘génération zapping’, ont notablement affaibli l’endurance et la résistance à l’effort. Aussi, pour parvenir à revaloriser le travail, il sera nécessaire de revaloriser et de récompenser l’effort. Car depuis le péché originel, le travail est pénible et c’est une donnée que l’on ne peut négliger.

            De tout cela ressort une évidence : le travail est social. En effet, le travail est LE moyen de coopérer à la Création, c’est à dire à l’accroissement du Bien Commun. En outre, la répartition des tâches et des talents, fait du travail LE moyen de donner aux autres ce qu’ils n’ont pas et de me procurer auprès d’eux ce qui me manque. Le travail humain est par nature destiné à unir les peuples. Il est source et expression de la solidarité. Sans avoir peur des mots, le travail est un service de l’humanité. Conformément aux principes du Bien Commun, le travail est donc destiné au perfectionnement moral et matériel du travailleur et de la communauté.

            Le travail est fait pour l’homme et non l’inverse, en ce sens que le travail n’est pas la finalité ultime de l’homme.

 

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En France #NLH

“Son âme de chevalier est partie au ciel” – Les parents de Gaspard témoignent de la fécondité de sa courte vie

“Ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion ce qui est fort” (1Co,1.27). 41 mois de confusion !

Chers amis,

nous avons l’immense tristesse de vous annoncer la mort de notre petit Gaspard. 
Son âme de chevalier est montée au Ciel mercredi 1er février, en début de soirée. 
Il est parti apaisé, sans souffrir, accompagné jusqu’à son dernier souffle par sa maman. Nous nous confions à vos prières

Louise, un jour, nous a dit la chose suivante : « Gaspard, sur la terre, il ne nous voit pas mais nous, on le voit et on veille sur lui. Et ben, quand il sera au ciel, ce sera l’inverse : nous, on ne le verra plus, mais lui nous verra et ce sera alors lui qui veillera sur nous… ». Voilà notre espérance… Gaspard, mon fils, maintenant, c’est à toi de jouer. Va, cours, vole et console tous ceux qui pleurent.

Il y a quelques jours “Nous avons eu la chance qu’un de nos amis prêtre vienne célébrer la messe dans la chambre de Gaspard. Pour nous, ce fut un moment d’une intensité incroyable, un peu…. surnaturelle.

Ces derniers mois, plusieurs milliers de personnes ont suivi l’évolution de la maladie de Gaspard, les joies et les espérances de ses parents. La page facebook ouverte a été “likée” près de 90.000 fois. A travers l’épreuve de la maladie, un magnifique chemin de foi et de compassion s’est ouvert pour les parents de Gaspard : “Grâce à Dieu, l’Amour peut tout. Sa miséricorde a permis d’ouvrir notre cœur, de mieux écouter les besoins de Gaspard et ceux des autres. La Miséricorde de Dieu a augmenté notre sensibilité à la souffrance des autres. Notre seul but sur la terre, c’est d’aimer. Nous avons beaucoup de chance malgré tout.”

Le 12 janvier dernier, Marie-Axelle et Benoit Clermont, les parents de Gaspard, avaient témoigné, lors de l’université de la Vie d’alliance Vita à propos de la dignité de ce petit garçon qui, à 3 ans, était en soins palliatifs depuis plusieurs mois :

“Notre regard valorise sa dignité intrinsèque, disaient-ils. Seule l’indignité de notre regard peut menacer sa dignité propre (…) Malgré sa faiblesse infinie, Gaspard a une fécondité très impressionnante, très concrète, très véritable. Nous nous sommes posé cette question : quelle est sa fécondité ? La réponse évidente et première est l’amour. Il a changé nos vies parce qu’il nous a montré son chemin d’essentiel. Il nous montre ce qui importe dans notre vie, de mieux l’aimer, de mieux l’aimer entièrement et pleinement. Il a développé notre amour conjugal et il a développé notre amour familial. Le fruit suivant, c’est la joie. Effectivement, nous sommes  joyeux, nous sommes heureux. Nous avons fait à Gaspard le don de nos vies, un don de soi total : et nous sommes heureux. Nous devions élever Gaspard, et c’est en fait lui qui nous élève : il nous apporte cette richesse qu’offrent sa faiblesse et sa vulnérabilité. Il nous fait comprendre que nous sommes tous fragiles, il nous fait comprendre que nous sommes tous incapables de tout faire tous seuls. Nous en sommes incapables. A son encontre, nous sommes obligés d’être aidés. Et nous avons peu à peu réalisé que la fécondité de Gaspard dépasse le cercle de notre famille, le cercle de nos amis. Suite à la création de la petite page facebook, destinée à donner quelques nouvelles, on a reçu des témoignages bouleversant de gens dont Gaspard a changé la vie, dans leur vie conjugale, dans leur vie familiale, dans leur rapport à la foi. Je peux vous assurer que les fruits Gaspard dans le cœur de certaines personnes sont au-delà de toute espérance. C’était important pour nous de sensibiliser les gens, comme le fait Alliance Vita, à l’importance de la vie faible, à la vie de la conception à la mort naturelle, de la possibilité d’accompagner un enfant qui va mourir, de le faire avec joie, on pense que tout cela c’est très important.”

“Que votre volonté soit faite” 

Ce furent les mots de Marie-Axelle et Benoit lorsqu’ils ont déposé leur fils à Lourdes, à l’endroit même ou la Vierge Marie est apparue.

Nous reproduisons ici leur témoignage, publié dans la revue Ombres et Lumière :

M-A. : C’est grâce à la page Facebook que l’ordre de Malte nous a proposé de partir en pèlerinage à Lourdes avec eux. Nous avions justement envie de vivre une démarche en famille tous les six. Je me suis alors demandé comment faire participer cette communauté Facebook à notre voyage. J’ai écrit dans un post que j’ouvrais un livre d’intentions de prière pour 24h et que je promettais d’apporter ce cahier à la grotte. Ça a été incroyable. Des personnes ont confié leur couple, leurs parents âgés, un fils qui divorce, une jeune femme décédée, des enfants malades… D’autres nous ont écrit : “Nous ne savons pas si Dieu existe, mais vous nous proposez si gentiment de vous confier ce que l’on a sur le cœur, alors on va quand même le faire. On ne sait jamais. Peut-être que ça marche”. En tout nous avons déposé un millier d’intentions de prière à la grotte à Lourdes !

B. : Nous avons pu aussi passer la porte du Jubilé de la Miséricorde et surtout aller aux piscines en famille. Ça a été le moment le plus fort où nous avons prié tous ensemble et en couple.

M-A. : Là, j’ai déposé Gaspard à l’endroit où la Sainte Vierge est venue rencontrer une petite fille parmi les plus pauvres. J’avais envie de dire à Marie : “Je vous dépose mon enfant. Dites à votre Fils et au Père : ‘que votre volonté soit faite.'” Chaque matin, on se dit que c’est peut-être sa dernière journée, donc : à fond. Nos trois autres enfants nous donnent beaucoup de joie et c’est important pour eux que nous le soyons. Les scientifiques expliquent que l’on n’utilise pas la moitié des capacités de son cerveau, je pense que c’est pareil pour le cœur. Nous possédons des ressources insoupçonnées ; des enfants comme Gaspard nous y confrontent. Grâce à Dieu, l’Amour peut tout. Sa miséricorde a permis d’ouvrir mon cœur, de mieux écouter les besoins de Gaspard et ceux des autres.

B. : La Miséricorde de Dieu a augmenté notre sensibilité à la souffrance des autres, notre envie de nous donner dans l’association Vaincre les Maladies Lysosomales. Notre seul but sur la terre, c’est d’aimer. Nous avons beaucoup de chance malgré tout.

L’intégralité de leur témoignage est à lire ici.

Points non négociables PNN

Bioéthique – Dignité, justice et paix, le vrai sens du mot progrès

Pour l’ouverture de la 23e session du Comité international de bioéthique (CIB) de l’Unesco qui se tenait à Paris les 14 et 15 septembre dernier, Irina Bokova, Directrice générale de l’Unesco, est intervenue pour rappeler l’importance d’un développement conjoint entre la science et l’éthique. Un plaidoyer pour une science éthique.

Pour Irina Bokova, la science s’épanouit grâce au dialogue entre les cultures, dans une atmosphère qui favorise les échanges. Elle a souligné que le monde était en train de se transformer grâce à des innovations scientifiques et à la technologie. Chaque innovation permet de faire reculer les limites du possible. « Dans cette exploration qui peut à la fois fasciner ou faire peur », elle attire l’attention sur l’importance de « maintenir le cap de la dignité humaine ». Le développement durable ne doit pas seulement être un surcroît d’intelligence, mais un surcroît de paix et d’attention à la dignité. Elle a invité au resserrement des liens entre l’éthique et la science, rappelant que le CIB se voulait être l’espace de dialogue nécessaire à la discussion publique afin que la question éthique renforce la démarche scientifique, et que sa mission consiste aussi à anticiper des questions sensibles.

L’année dernière, à l’occasion de sa réflexion sur le génome humain, les travaux du CIB avait conduit à demander un moratoire sur l’ingénierie du génome de la lignée germinale de l’homme (cf. Comment protéger le génome humain, patrimoine de l’humanité ? etGénome humain et droits de l’homme : quelles suites au rapport de l’UNESCO) et il avait mis en garde contre les tendances eugénistes du Dépistage prénatal non invasif (cf. Le CIB met en garde sur les « tendance eugéniques » du DPNI).

Cette année, les experts ont notamment travaillé sur un projet préliminaire, un rapport d’étape concernant la question « Big Data et santé ». Un autre traitait de la question de la robotique éthique[1]. Ces projets serviront de base à la rédaction des rapports, assortis de recommandations, qui seront présentés l’année prochaine.

Irina Bokova a achevé sa prise de parole en rappelant que le CIB travaillait dans l’ambition plus large de l’UNESCO, considéré comme laboratoire d’idée, de tracer un chemin scientifique au service de la dignité, de la justice et de la paix. « Le vrai sens du mot progrès ».

[1]Ce rapport est proposé par la COMEST, la Commission mondiale d’éthique des connaissances scientifiques et des technologies, qui tient une session conjointe à celle du CIB.

Source Généthique.org