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Intervention du cardinal Parolin sur la diplomatie vaticane pendant l’entre-deux-guerres

Le cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État du Saint-Siège, s’est exprimé sur la diplomatie vaticane aux lendemains de la Grande Guerre, lors d’un colloque international sur le Saint-Siège et les catholiques dans l’après-guerre (1918-1922), mercredi 14 novembre 2018 à l’Université pontificale du Latran à Rome.

« La chute de l’empire austro-hongrois est à la fois effrayante et admirable. Sa mission historique était terminée. C’est l’aube d’une nouvelle époque, sans empire turc, sans empire autrichien, sans empire russe. La situation prend une toute nouvelle tournure, mystérieuse, qui attire l’attention de l’historien et du philosophe (…) Ce monde qui se profile, s’il est différent, n’en est pas moins intéressant (…) ».

Prononcées à l’automne 1918, ces paroles du jeune diplomate italien Ermenegildo Pellegrinetti, futur nonce apostolique à Belgrade et futur cardinal, reflètent l’atmosphère emplie d’appréhensions et d’attentes qui régnait dans la diplomatie pontificale à la fin de la Première Guerre mondiale, commence par évoquer le cardinal secrétaire d’État du Saint-Siège, Pietro Parolin.

L’aube d’une nouvelle époque

« Il y avait alors une conscience aigüe d’assister à des bouleversements historiques d’une profondeur sans précédent, mais aussi, se faisait sentir un optimisme catholique prêt à s’ouvrir à de nouvelles voies, ce qui aurait pu mettre en mouvement les certitudes d’hier et créer des défis pour demain, mais également ouvrir de nouvelles perspectives pour la mission de l’église », relève le cardinal secrétaire d’État.

Ce nouvel ordre qui se profilait à l’horizon pourrait devenir à la fois « une promesse et une garantie de bonne entente et de liberté honnête, ou un instrument de la pire des tyrannies selon que soient suivis des principes purement chrétiens ou d’une laïcité athée et incroyant », avertissait alors L’Osservatore Romano du 1er janvier 1919.

Les négociations de paix

La première étape fondamentale sur ce chemin a été la paix, note donc le cardinal italien. « Si les négociations de paix se sont déroulées sans la participation du Saint-Siège, exclu par l’article 15 du pacte de Londres, Benoît XV n’avait pas abandonné les seuls outils qui lui restaient pour intervenir : une parole publique pastorale, la mobilisation de l’opinion publique catholique et la présence au moins officieuse de ses représentants diplomatiques », relate-t-il.

Aussi, à propos de la nouvelle Société des Nations, « son caractère universel et son objectif de paix ressemblaient trop aux propositions de Benoît XV lui-même (désarmement, sécurité collective, arbitrage obligatoire) afin de ne pas attirer sa bienveillance »… Mais les influences de la franc-maçonnerie internationale en eu raison, poursuit le cardinal Parolin, ajoutant que l’exclusion du Pape de cet organe international ne pouvait que susciter des réserves et des distances, sans empêcher cependant que les diplomates du Saint-Siège n’en soutiennent certaines initiatives ponctuelles.

L’effondrement des Habsbourg

Enfin, remarque le cardinal Parolin, l’un des plus grands défis de la diplomatie pontificale d’après-guerre, a été l’effondrement de la monarchie pluriséculaire des Habsbourg d’Autriche-Hongrie.

Quelques jours seulement après l’armistice, le Pape a ainsi chargé son chef de la nonciature apostolique à Vienne, Mgr Teodoro Valfrè di Bonzo, de « nouer des relations amicales avec les diverses nationalités de l’ancien empire austro-hongrois ».

Le péril rouge

Pas moins dramatiques étaient les défis causés par la révolution bolchevique en Russie, qui a fait disparaître le gouvernement tsariste en le remplaçant « par un régime oppresseur et ennemi de la loi divine et naturelle ». Le christianisme en Union soviétique resta l’une des préoccupations majeures du XXe siècle, soutient le cardinal Parolin.

En simples termes arithmétiques en revanche, en septembre 1914, le Saint-Siège avait des relations diplomatiques avec 17 états. En janvier 1922, le nombre de partenaires diplomatiques était passé à 27, relève enfin le Secrétaire d’État.

Source : Vatican News

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Iran : un nouvel ambassadeur près le Saint-Siège

Le pape François a reçu le nouvel ambassadeur de la République islamique d’Iran près le Saint-Siège, M. Seyed Taha Hashemi, ce lundi matin 29 octobre 2018, à l’occasion de la présentation de ses lettres de créance.

Marié et père de cinq enfants, il est membre du conseil scientifique de l’Institut de recherche sur le patrimoine culturel et le tourisme et conseiller du directeur exécutif de l’Institut de la sécurité sociale.

Il est né à Zărand-Kerman le 23 novembre 1958 (59 ans). Il a obtenu un doctorat en médecine à l’Université de Téhéran (1989), un doctorat en droit islamique (Étude théologique de Téhéran et Qom, 2007), ainsi qu’une spécialisation en psychologie du comportement (Université Berkeley de Jakarta, 2013) et en psychologie générale (Université Peyam-e Nur, 2017).

Pendant de nombreuses années, il a été membre du comité de la culture et des civilisations du Conseil suprême de la révolution culturelle (2004-2017) et directeur du Centre de recherche informatique sur les sciences islamiques (1992-2018).

Il a été aussi directeur adjoint du Conseil de coordination de la propagande islamique et directeur du Corps Dahe-ye Fajr de la révolution islamique (1980-1992).

Il a occupé le poste du membre du conseil d’administration et du conseil des garants du Bureau de la propagande islamique pour l’étude théologique de Qom (1994-2004).

Il a travaillé comme directeur du conseil de surveillance de l’organisation de la radiotélévision d’Iran (1997-2000) et comme rédacteur en chef du journal national Entekhab (1998-2004).

Il a été directeur du Comité du patrimoine culturel et naturel – Commission nationale pour l’UNESCO (2004-2007), directeur de l’Institut de recherche sur le patrimoine culturel et le tourisme (2005-2007) et membre du conseil général de la culture (2013-2017).

De 2013 à 2016, il a été vice-recteur culturel et social de l’Université islamique libre.

M. Seyed Taha Hashemi (Iran) © Vatican Media
Source : Zenit.org

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La diplomatie vaticane au service du bien commun

Rencontres avec les chefs d′Etats, interventions en faveur de la paix, engagement pour la protection du climat… Les thèmes suscitant l′intérêt des diplomates du Vatican sont nombreux et placent le Souverain pontife à la tête d′un Etat influent sur la scène internationale.

Pour sa représentation sur l’échiquier mondial, le Saint-Siège dispose d’un atout de taille : l’indépendance de l′Etat de la Cité du Vatican. Ce n’est en effet pas le territoire qui est représenté auprès des autres pays, mais bien le gouvernement de l’Eglise catholique. Grâce à cette infime attache territoriale de 44 hectares, l’Eglise peut se révéler un acteur majeur et reconnu sur la scène internationale.

La finalité de l’Eglise est avant tout de nature pastorale, c′est-à-dire porter Dieu aux hommes et les hommes à Dieu. L’action internationale de l’Eglise ne travaille pas pour défendre un pouvoir mais ″pour que les routes du monde soient ouvertes au Christ″, avait affirmé le pape Benoît XVI en mai 2005.

Comme le Saint-Siège n’a aucun intérêt territorial, il peut donc présenter avec une grande liberté les raisons des uns aux autres. L’Eglise cherche ainsi à exprimer sa solidarité pour les populations avec un langage universel, puisé dans l’Evangile. Sa diplomatie doit être “sacerdotale″, d′après le pape François lors d’une visite à l’école des nonces en mai dernier. Le pontife ayant demandé aux élèves de mettre en œuvre une ″diplomatie à genoux″ : tirer leurs forces de la prière.

Un des plus vastes réseaux diplomatiques du monde

Depuis l′établissement en 2017 des relations avec le Myanmar, le vaste réseau diplomatique du Saint-Siège couvre 183 des 193 Etats reconnus par l′ONU. Seuls quelques Etats n′entretiennent pas de relations diplomatiques avec le Saint-Siège, notamment l′Arabie saoudite, la Corée du Nord ou encore la Chine. Début 2018, les ambassadeurs près le Saint-Siège de 89 pays vivent de façon permanente à Rome. Les nonces résidants sont quant à eux une centaine.

Pour le plus petit Etat du monde, ce tissu planétaire, tricoté au fil des ans, représente une dizaine de pays de plus qu′en 2005. Un nombre qui a plus que doublé en 40 ans. Le Saint-Siège se montre en effet désireux d’établir des relations avec tous les Etats, quel que soit leur régime politique ou la conviction religieuse de leurs citoyens.

La  suppose des moyens adaptés. Si le pape la personnifie, il est secondé par son bras droit, le secrétaire d′Etat, sorte de Premier ministre – chef de gouvernement – et de ministre des Affaires étrangères à la fois. Tout deux s′appuient sur la Section pour les relations avec les Etats, tête de l’édifice diplomatique du Saint-Siège.

Pour disposer de toute son amplitude diplomatique et exister sur la scène internationale, le pontife romain peut compter sur les nonces apostoliques, ses ambassadeurs, chargés de représenter les intérêts du Siège apostolique hors du Vatican. Ce sont les principaux agents de la diplomatie pontificale, héritiers d′une longue tradition.

Ces prélats de toutes nationalités sont formés à l’Académie pontificale ecclésiastique – l’école de la diplomatie vaticane. Actuellement, sur la trentaine d′élèves, un seul est Français : l’abbé Arnaud du Cheyron, prêtre de l’archidiocèse d’Auch. Il est le premier Français depuis 2006 à avoir rejoint ‘l’école des nonces’.

Autres instruments d’influence diplomatique

Depuis 1964, le Saint-Siège est par ailleurs membre des Nations unies à titre d′observateur. Ainsi, la mission diplomatique du Vatican à l’ONU ne comprend pas d’ambassadeur mais des observateurs permanents. S’il ne peut donc pas voter, décision prise librement dès l’origine afin de garder sa neutralité, il peut toutefois suivre de près les travaux et mettre son expérience au profit de la paix.

En outre, le Saint-Siège bénéficie du statut d’Etat membre dans onze organisations internationales intergouvernementales, notamment le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, l′Organisation internationale pour les migrations, ou encore l′Organisation du traité d’interdiction complète des essais nucléaires.

Les voyages représentent enfin un important moyen pour les Souverains pontifes d′assurer la visibilité et la crédibilité du Saint-Siège sur la scène internationale. Très nombreux sous les trois derniers pontificats, ils rassemblent des foules immenses. Parallèlement et très régulièrement, les audiences accordées à de nombreux chefs d’Etat permettent au pape de leur adresser personnellement des messages.

A côté de la voie officielle, le Vatican peut déployer sa diplomatie à travers ses médias. Ainsi lors de la Guerre froide, les informations de Radio Vatican pouvaient passer outre le rideau de fer. De nos jours, le pape François s′appuie également sur la ′diplomatie de l′art′, grâce aux Musées du Vatican. La rencontre culturelle permettant de faciliter le dialogue.

Source : cath.ch

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Sahara marocain : la position du Saint-SIège reste inchangée

Sur la « question du Sahara » marocain, « la position du Saint-Siège n’a pas été modifiée »,  affirme la nonciature – représentation officielle du Saint-Siège – au Maroc.

L’agence MAP (Agence Marocaine de Presse) a en effet déclaré avoir reçu le texte d’une déclaration.

Cette démarche inhabituelle visait à réfuter des spéculations politiques parues dans la presse après la visite, au Vatican, à l’occasion de l’audience générale du mercredi 8 août 2018, et parmi de nombreux autres groupes, d’un groupe d’enfants, présentés comme sahraouis.

Audience du 8 août 2018 © Vatican Media

La note de la nonciature souligne que “les audiences hebdomadaires que le Saint-Père accorde aux pèlerins du monde entier sont de nature exclusivement pastorale” et “n’ont aucune connotation politique”.

Par conséquent, insiste la note, “toutes les autres lectures ou interprétations sont arbitraires et sans fondement”, car “la position du Saint-Siège sur la question du Sahara n’a pas été modifiée”. La nonciature a donc tenu à “rétablir la vérité” sur ces photos et elle a condamné leur “utilisation politique”.

Il s’agit en fait d’un groupe de « Petits ambassadeurs de la paix » (“Piccoli Ambasciatori di Pace”) accueillis par une coordination italienne, de Toscane, soutenant la « République arabe démocratique saraouie » accompagnés du président de l’association, Sandro Volpe, qui a participé à l’audience générale de mercredi dernier, en la Salle Paul VI du Vatican.

Les enfants ont salué le pape personnellement et ils lui ont offert une ampoule contenant du sable du désert, un livre pour les enfants, “Karim” sur la cause saraouie, et un tableau réalisé par un artiste local. Et que le groupe ait rencontré le pape n’était porteur d’aucun message politique, a affirmé le Vatican.

L’après-midi, les enfants ont été pu visiter le palais présidentiel du Quirinal, habituellement fermé pendant l’été.

L’initiative était soutenue par la Coordination de la ville de Montespertoli « Mohamed Abdlaziz ». Son coordinateur, Graziano Giotti, a remercié l’archevêque de Florence, le cardinal Giuseppe Betori qui a permis d’organiser la visite, les enfants ayant exprimé le désir de rencontrer le pape. Il a aussi remercié le cérémoniaire de la police municipale des communes de la région de la Valdelsa, qui a accompagné le groupe à Rome.

Rappelons qu’en 1976, après le départ des Espagnols du Sahara occidental, et le rattachement de ce territoire à la Mauritanie et au Maroc, l’organisation politique le « Front Polisario » – forme abrégée de l’espagnol Frente Popular de Liberación de Saguía el Hamra y Río de Oro (Front populaire de Libération de la Saguia el Hamra et du Rio de Oro), a proclamé la naissance de la République arabe saharaouie démocratique (RASD) : une décision que le Maroc et d’autres pays africains n’ont jamais acceptée ni reconnue. Le Front a signé un traité de paix avec la Mauritanie en 1979, et un cessez-le-feu est intervenu en 1991 avec le Maroc.

Source : Zenit.org

Tribunes et entretiens

Mike Pompeo : “La liberté religieuse bénéficie à la politique étrangère américaine”

Dans une interview accordée à Vatican News, le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo rappelle que la liberté religieuse est un droit fondamental et invite tous les croyants et les pays à le promouvoir.

Devin Watkins : Monsieur le Secrétaire, vous allez accueillir le premier sommet américain sur la liberté religieuse avec vos homologues du monde entier. Quel est le but d’une telle rencontre ?

Mike Pompeo : Écoutez, c’est une chose absolument remarquable. Sous la présidence Trump, le Département d’État a fait de la liberté religieuse une véritable priorité, donc nous organisons cette rencontre qui réunit plus de 80 délégations : parmi elles, une quarantaine d’homologues, de ministres, du monde entier. Le plus grand nombre jamais réunis ici au Département d’État. Et notre mission est à la fois très simple et indispensable. Il s’agit de répandre l’importance de la liberté religieuse pour chaque citoyen dans le monde entier. Nous voulons insister sur ce point. Il y a des pays qui partagent l’ouverture d’esprit américaine sur ce sujet. Il y a en a d’autres qui ne le font pas, et nous souhaitons que ces pays évoluent enfin dans la bonne direction, celle d’une liberté religieuse grandissante. Les citoyens de toutes religions doivent avoir le droit de vénérer qui ils le souhaitent, ou s’ils décident de ne pas croire, ils doivent y être autorisés aussi.

Quand il s’agit de promouvoir la liberté religieuse, dans quels rôles voyez-vous le Pape François et l’Église catholique ?

Nous pensons qu’ils peuvent jouer un rôle central. J’estime que c’est extrêmement important que non seulement les gouvernements -tels que le Département d’État aux États-Unis- mais aussi les leaders religieux, comprennent qu’ils ont besoin d’insister sur la liberté religieuse, pour leurs propres foi et croyances. Ils doivent aussi s’assurer de la liberté religieuse pour ceux qui une foi autre que la leur. Ainsi nous pensons que l’Église catholique peut jouer un rôle important dans la mission que nous essayons d’accomplir en réunissant tous ces acteurs à Washington ces prochains jours.

Quel lien voyez-vous entre liberté religieuse, droit de l’Homme et intérêts économiques ?

Bonne question. Je crois qu’ils tous intimement liés. Avec l’administration Trump, nous sommes d’accord sur le fait que la liberté religieuse a d’énormes bénéfices pour les pays. Quand un individu peut agir et se comporter librement dans le respect de sa foi, il est ensuite capable du meilleur. Ainsi, nous estimons qu’il y a une étroite relation entre la liberté religieuse comme droit fondamental et la bonne santé économique d’un pays jouissant de cette liberté religieuse. Les investisseurs préfèrent des États qui ont une large liberté religieuse. Les acteurs commerciaux voient les endroits où la liberté religieuse est respectée comme plus ouverts et moins risqués. Nous pensons que liberté religieuse, droits de l’Homme et succès économique sont intimement liés et nous estimons que cela bénéficie à la politique étrangère américaine de renforcer cela.

Source : Vatican News 

Conférences/Formations #NLQ

Conférence d’un ambassadeur du Saint-Siège le 17 juillet 2018 à Saint-Jean-de-Luz (64)

Dans le cadre des “Mardis de l’été” de la paroisse Saint-Pierre de l’Océan de Saint-Jean-de-Luz, Monseigneur André Dupuy, en service diplomatique au Venezuela, Tanzanie, Pays-Bas, Liban, Iran, Irlande, Nations-Unies, Nonce au Bénin, Ghana, Togo, Monaco, CEE, donnera mardi 17 juillet 2018 à 18h, en l’église Saint Jean-Baptiste de Saint-Jean de Luz, une conférence sur le thème : ” Prêtre et diplomate : carnet de bord d’un ambassadeur du Saint-Siège”.
Cette conférence sera suivie, pour ceux qui le peuvent, de la messe à 19h30.

Informations : 05 59 26 08 81

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Entretien avec P. Zeller, ambassadeur de France près le Saint-Siège

Philippe Zeller, ambassadeur de France près le Saint-Siège termine prochainement sa mission. Dans un long entretien avec la CEF,  il revient sur divers sujets d’actualité : visite officielle du président de la République à Rome, crise migratoire, chrétiens d’Orient ou armes nucléaires… Entretien réalisé par Romilda Ferrauto.

Q/ Monsieur Philippe Zeller, que pouvez-vous nous dire à propos de la genèse et des enjeux, dans le contexte actuel, de la visite du président Macron au Vatican ? La préparation a été compliquée ?

R/ La préparation est toujours techniquement un peu complexe. Mais il n’y a eu aucune difficulté de fond, au contraire. Cette rencontre est attendue, je crois pouvoir le dire, de part et d’autre ; à l’évidence par le président de la République. Depuis cinq ans, le Saint-Père a reçu plus de 120 chefs d’État et de gouvernement et donc c’est tout à fait logique que le nouveau président de la République française soit reçu par le pape lorsque l’occasion a pu se créer. Au demeurant, d’ailleurs, la période est tout à fait opportune, juste avant ce qui peut être considéré comme une moindre activité pendant l’été. Le printemps a été, du point de vue diplomatique, extrêmement dense et riche de part et d’autre et en particulier pour le président Macron qui a eu des rencontres avec le plus grand nombre des grands responsables : États-Unis, Russie, les grands pays d’Asie, pays du Proche-Orient, Europe bien entendu puisque la concertation entre partenaires européens est permanente. Donc le contexte international et l’agenda sont particulièrement opportuns de ce point de vue-là.

Donc non, pas de difficultés. Il n’y a pas d’incompréhensions entre le Saint-Siège et la France. Bien au contraire, il y a beaucoup de points de convergence, tant dans le domaine de l’actualité diplomatique internationale, que du point de vue des grands problèmes globaux. On pense évidemment à l’environnement qui est un grand sujet sur lequel, depuis la préparation de la COP 21, le Saint-Siège et la France se rencontrent et continuent à travailler ensemble. Mais l’ensemble des grandes questions que rencontre l’humanité – les questions migratoires, bien entendu, en font partie – seront certainement évoquées lors de ces entretiens ; et puis en même temps et en ayant en tête ce que le Saint-Père nous rappelle en permanence : créer des ponts, cette idée de travailler ensemble partout où nous pouvons sur l’apaisement de situations tendues, de conflits. Évidemment des sujets comme la situation au Proche-Orient s’imposent à l’évidence, pour ne pas parler de certaines situations de crises locales. Donc, du point de l’agenda international, du point de vue des relations officielles et diplomatiques entre le Saint-Siège et la France, cette visite vient parfaitement à son heure.

Sur le plan qu’on pourrait qualifier de plus proche du respect, du message, de l’entente, de l’écoute des messages de l’Église universelle à travers le Saint-Père, il y a nécessairement aussi l’occasion d’une très belle rencontre deux mois après ce discours extrêmement important que le président de la République a livré au Collège des Bernardins en direction de la Conférence des évêques de France. Le discours des Bernardins était particulièrement important et il avait pris la suite d’une adresse aux religions présentes en France que le président de la République avait fait à l’occasion des vœux en début d’année 2018 où il s’adressait à l’ensemble des religions présentes en France et où il rappelait tout à la fois évidemment les règles de la laïcité française qui permettent à l’ensemble de ces religions d’être présentes dans notre pays et de garantir une liberté de pensée individuelle et en même temps rappelait que évidemment la France n’a pas le même type d’histoire avec chacune de ces religions et a une histoire plus particulière avec une Église chrétienne, l’Église catholique, implantée dès le début de la chrétienté d’abord et du catholicisme de manière plus précise en France. Donc le contexte me parait tout à fait opportun. Il y avait recherche de dates permettant aussi bien au Saint-Père de recevoir le président qu’au président de venir à Rome à cette occasion et très heureusement nous avons pu la trouver en cette fin du mois de juin.

Q/ Ce n’est pas la première fois qu’un chef d’État français est reçu au Vatican. Est-ce que cette visite a une spécificité par rapport aux précédentes ?

R/ D’une manière évidente, elle s’inscrit dans une tradition selon laquelle un nouveau président de la République sollicite du Saint-Père une audience qui permet de faire connaissance, bien sûr, et c’est souvent tout à fait opportun. Et de ce point de vue-là, tous les présidents de la République française – Emmanuel Macron est le dixième depuis la Seconde Guerre mondiale – sont venus rencontrer le Saint-Père, à au moins une, voire deux occasions. Il y a dans ces visites traditionnellement – nous avons retrouvé les archives du Temps, par exemple, du général de Gaulle – une rencontre avec le Saint-Père puis une rencontre avec le cardinal Secrétaire d’État, selon un protocole qui est d’ailleurs fixé par le Vatican lui-même. Donc, de ce point de vue-là, le modèle de cette visite reproduit ce qui a pu se faire par le passé pour d’autres présidents. De la même manière – mais là tous les présidents ne l’ont pas fait – le fait de se rendre en la basilique Saint-Jean-de-Latran, d’y accepter cet honneur fait à la France, de recevoir ce titre de chanoine d’honneur du chapitre du Latran qui est donc un titre, mais qui traduit plus précisément cette histoire forte, ce lien qui remonte à Henri IV – et même en réalité qui remontait à un peu avant Henri IV puisque les rois qui l’ont précédé avaient déjà une attention particulière en direction du Latran – Eh bien ceci marquera effectivement, comme certains de ses prédécesseurs, le déplacement du président Macron.

Mais le discours des Bernardins vient, il y a peu de semaines, de fixer un cadre très clair et un dialogue parfaitement, je dirais, transparent, constructif, positif et très encourageant à bien des égards, entre la République et les catholiques de France. Et on peut facilement comprendre, effectivement, que le président de la République qui a souhaité – nous y avons veillé – que le Saint-Père ait connaissance de son discours – et nous savons que le Saint-Père en a largement et en profondeur pris connaissance –puisse, quelques semaines plus tard, rencontrer le chef de l’Église catholique universelle.

Q/ Monsieur l’ambassadeur, vous pensez que la problématique des migrants et la crise qu’elle provoque en Europe domineront les entretiens ?

R/ En tout cas, mon rôle d’ambassadeur a été de transmettre au service qui prépare le dossier du président de la République, l’ensemble des propos et des déclarations que le Saint-Père a tenus. Vous venez d’évoquer deux dossiers qui, d’une certaine manière, convergent effectivement : l’Europe et l’afflux migratoire. Nous avons bien en tête ce que le Saint-Père a pu dire sur l’Europe à partir de son déplacement à Strasbourg, et ensuite ses différentes interventions : lorsqu’il avait reçu le prix Charlemagne, ici à Rome, ou lorsque, l’an dernier, il a reçu, à la veille du soixantième anniversaire du Traité, les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne, appelant de ses vœux une évolution permettant à l’Europe de remettre l’homme au cœur de son projet. Et ce message, qui est constant et qui est renouvelé par le Saint-Père chaque fois qu’il en a l’occasion, qu’il a renouvelé également lors de la présentation cette année de ses vœux au corps diplomatique, est bien entendu tout à fait entendu à Paris et je pense qu’il nourrira certainement une bonne partie des entretiens, de même que la question migratoire sur laquelle toutes les données sont aujourd’hui réunies et sur laquelle, là encore, les appels du Saint-Père ont été relayés, les gestes aussi que le Saint-Père lui-même a pu faire à l’égard de l’accueil des réfugiés et des migrants, avec évidemment toutes les nuances qu’il faut apporter dans le vocabulaire qu’on utilise. Oui, ce sera sans aucun doute un des sujets évoqués.

Q/ Et quels sont les autres dossiers majeurs ? Vous évoquiez la défense de l’environnement, au début de cet entretien. Et que dire de la situation des chrétiens d’Orient ? Le Saint-Siège pourrait souhaiter une parole forte de la part de la France.

R/ Je pense que sur tous ces sujets la France s’exprime très clairement à travers le président de la République et dans un souci qui rejoint complètement ce qu’est aussi la diplomatie du Saint-Siège. Nous croyons, de part et d’autre, aux vertus du multilatéralisme, c’est-à-dire du respect des États les uns par rapport aux autres, mais dans le souci de travailler ensemble pour trouver des solutions, créer des ponts, comme le dit le Saint-Père, et également, mettre fin à la souffrance quand elle est là à travers la guerre, l’affrontement, ou une situation économique très tendue. Et nous travaillons également au rétablissement de la paix, chaque fois que c’est possible. La France a toujours été très attentive à apporter sa contribution au Proche et au Moyen Orient, elle a toujours pris en compte la dimension de la protection également des chrétiens d’Orient. Donc je pense que le président de la République a tous les éléments en main pour confirmer au Saint-Père notre engagement sur ce type de dossiers.

Q/ Il n’y a pas de « sujets qui fâchent » ?

R/ Sincèrement, je ne vois pas de sujets qui fâchent. Il y a un sujet particulier que tout le monde connaît et qui est la question de l’abolition à terme de l’arme nucléaire, à travers le monde. La France a complètement suivi et a été très attentive à la position prise par le Saint-Siège, sur la volonté personnelle du Saint-Père, l’an dernier, à travers la participation à la négociation du traité d’interdiction des armes nucléaires et à travers la ratification de ce traité dès le début de l’automne par le Saint-Siège – traité qui a donc été adopté par environ 120 pays du monde. Ce traité vient prendre rang sur la scène internationale aux côtés d’autres qui sont pour nous des moyens plus objectifs, plus réels, plus concrets, à travers notamment ce qu’on appelle le Traité de non-prolifération, pour atteindre un jour cet objectif commun, mais en tenant compte de la réalité de ce que sont aujourd’hui les arsenaux nucléaires, les équilibres atteints. L’objectif est identique, c’est évident ; tout le monde espère un jour un monde sans armes nucléaires. Les voies pour l’atteindre méritent d’être discutées. D’ailleurs, sans attendre cette rencontre entre le Saint-Père et le président de la République, des échanges techniques ont eu lieu ces derniers mois, avec des experts français et des responsables du Saint-Siège, pour bien comprendre quelles étaient les positions de part et d’autre. Et ça, c’est très constructif, c’est-à-dire qu’on est capable de présenter de part et d’autre les différents arguments. Et je crois que la France, de ce point de vue-là, est, parmi les États qui possèdent l’arme nucléaire, l’un de ceux qui ont les premiers réagi pour dire : écoutez, nous sommes là pour discuter ; travaillons ensemble, comprenons-nous bien et voyons ensemble quels sont les défis qui sont au fond les mêmes.

Q/ Monsieur Philippe Zeller, vous allez bientôt achever votre mission auprès du Saint-Siège. Quel bilan dressez-vous ? Quel est l’état des relations bilatérales ? Le poste que vous occupez a été vacant pendant plusieurs mois, avant votre arrivée en juillet 2016. Les rapports sont meilleurs aujourd’hui ?

R/ Alors, d’abord, il n’y a effectivement plus de difficultés, ne serait-ce que protocolaires, puisque nous étions restés un an et demi sans ambassadeur. Cette page est totalement tournée. J’espère, dans ce laps de temps relativement court – mais je ne pouvais pas l’étendre plus puisque je suis moi-même touché par ce qu’on appelle « la fameuse limite d’âge » – j’espère avoir contribué à entretenir, en réalité, ce lien de confiance personnelle qui a toujours existé – là nous nous inscrivons aussi dans une tradition de relation humaine très étroite – avec les responsables du Saint-Siège à commencer par les papes eux-mêmes mais leur entourage aussi. J’ai été très heureux de voir à quel point l’entourage du Saint-Père est ouvert, accueillant, compréhensif et à l’écoute aussi de ce que nous avons à dire de la part de nos gouvernements. Au passage d’ailleurs, je suis ambassadeur de France près le Saint-Siège mais je suis aussi l’un des ambassadeurs des États membres de l’Union européenne et nous travaillons, nous avons un cercle de collègues européens particulièrement soudés. Nous représentons plus du quart des ambassadeurs accrédités près le Saint-Siège et résidant à Rome. Donc c’est un groupe à la fois très solidaire et qui a la capacité d’accueillir, d’écouter des personnalités comme le cardinal Secrétaire d’État ou Mgr Gallagher, le secrétaire pour les relations avec les États, et donc le contact est très aisé. Pour moi, pendant ces deux ans, ça a été quelque chose de particulièrement sensible. Nous apprécions au surplus que beaucoup des collaborateurs immédiats du Saint-Père pratiquent la langue française, c’est évidemment quelque chose qui nous touche beaucoup et à laquelle, vous imaginez, nous sommes très attentifs.

Mais enfin je n’oublie jamais qu’au fond, moi je représente la République et que je dois aussi tenir compte et respecter cette relation qui est celle entre l’Église universelle, ici à Rome et l’Eglise de France. Et donc, mon rôle est aussi d’apprendre, d’écouter, d’observer ce qui se peut se dire entre les représentants de l’Église de France et tout particulièrement le bureau de la Conférence des évêques de France et le Saint-Siège proprement dit. Et j’ai senti une très forte harmonie pendant ces deux ans même si bien sûr, après, chacune des composantes de l’Église universelle, déclinée au niveau national a ses propres préoccupations, et je les comprends parfaitement. En France, il y a d’abord des préoccupations démographiques. Nous voyons bien que le nombre de jeunes qui s’engagent dans la prêtrise a diminué, même s’il y a des signaux positifs, ici et là. Je vois bien le type de préoccupation dans ces conditions auxquelles a à faire face l’Église de France. J’ai été très souvent surpris de surprendre à mon tour beaucoup de mes interlocuteurs en rappelant que la France, selon les statistiques du Saint-Siège, restait le sixième pays au monde en termes de nombre de baptisés, après les très grands pays que sont le Brésil, le Mexique, les Etats Unis, les Philippines, et juste après l’Italie. Et ceci, voilà, je trouve que cela a été mon rôle, en particulier, d’ambassadeur de France, de rappeler ceci qui est une réalité en termes de nombre de baptisés.

Je me souviendrai aussi quelle émotion très profonde a frappé notre pays après l’assassinat du Père Hamel. A l’évidence, cette émotion dépassait le seul groupe des catholiques baptisés, pratiquants et elle atteignait tout le pays. De la même manière que, je crois, tout le monde en France a été sensible à ce geste merveilleux qu’a fait le Saint-Père lorsqu’il a reçu les familles des victimes de l’attentat de Nice dès le mois de septembre 2016, ici, au Vatican, familles, évidemment, de toutes confessions ; tout le monde avait été frappé : des Français, des étrangers, des chrétiens, des musulmans, d’autres confessions. Et le Saint-Père, évidemment sans distinction, a souhaité, comme il le pouvait, avec ses gestes à lui, avec ses paroles à lui, réconforter ces familles tellement touchées. Donc, ça ce sont des liens…alors évidemment, là on dépasse un peu la relation proprement diplomatique, on touche quelque chose de plus profond. C’est normal. Alors que l’on parle religion, on touche au plus profond des consciences et des cœurs et j’ai senti qu’il y avait un grand respect réciproque, une grande fidélité des catholiques français au Saint-Siège.

Alors, bien sûr après, voilà, les messages du Saint-Siège, tels qu’ils sont reçus, doivent être entendus par les catholiques dans le respect de la religion catholique, par les représentants de la République que nous sommes et ils sont aussi analysés, explicités. Nous avons vu que depuis le début du pontificat, au moins une trentaine de textes importants, depuis les encycliques et tout particulièrement Laudato Sì’ jusqu’à certains Motu proprio qui ont un intérêt très concret pour l’organisation et le fonctionnement de l’Église, portant sur les évêques, les prêtres, les congrégations religieuses, ont été adoptés pendant cette période. Cela montre que le Saint-Père a le souci de la norme au sein de l’Église, de préciser les choses, de conforter les choses. Il le fait à sa manière qui est aussi celle qu’il a tirée de sa formation de jésuite, qu’il applique à l’évidence dans sa manière de diriger l’Église. Tout cela est extrêmement respectable, extrêmement intéressant, et ne peut être que salué par un État comme le nôtre qui voit cet engagement complet, total du Saint-Père. Je suis arrivé au milieu de l’Année de la Miséricorde, j’ai vu tous les gestes qui marquaient tout au long de cette année. On se souvient, par exemple, du week-end de l’accueil des sans-abris à Rome…beaucoup de Français étaient là à cette occasion.

Simultanément, j’ai pu observer la manière dont le Saint-Père – qui d’une certaine manière a un reçu cette mission, autant que nous le sachions, lorsqu’il a été élu –  a souhaité également faire évoluer la structure-même, ici à Rome, de l’Église catholique en regroupant des dicastères, en veillant à moderniser un certain nombre de textes… Il y aura sans doute l’adoption prochainement d’une nouvelle Constitution apostolique pour réorganiser le dispositif d’ensemble…et puis l’assainissement et la clarification des circuits financiers et budgétaires…tout ceci, c’est un énorme travail qui se déroule sous nos yeux, à nous qui sommes en partie des observateurs et que j’ai essayé de décrire auprès de mes autorités.

Q/ Dernière question, celle que beaucoup se posent : à quand un voyage du pape en France ?

R/ Ce projet a été évoqué à de nombreuses reprises, de multiples manières… Je ne veux pas préjuger de ce que dira le président de la République. Mais il est évident que le Saint-Père serait remarquablement bien accueilli dans notre pays. Mais après plus de cinq ans de pontificat on peut bien sûr le relever – il a sans doute interpellé la conscience du monde en disant : je vais aussi aux périphéries. Et donc là les statistiques sont parlantes : sur les 23 déplacements hors d’Italie, il a certainement fait passer un message. Un jésuite proche de lui dit souvent : le pape veut ausculter le corps de l’Église et comme un médecin il commence par regarder les périphéries, c’est-à-dire il prend le pouls, à la jonction de la main et du bras. Finalement, cette volonté a ouvert, comment dirais-je, des portes mais plus encore des images. On gardera tous le souvenir de ce voyage du pape entre la Birmanie et le Bangladesh, par exemple…Nul autre que lui a ce pouvoir de dire : je mets le doigt sur ce problème et j’interpelle les pays concernés mais, au-delà, la communauté internationale pour dire : vous ne pouvez pas laisser les choses en l’état, vous devez agir. Alors, après, on agit comme on peut, mais voilà, le message est terriblement fort…d’ailleurs ce terme de « périphéries », le Saint-Père l’utilise lui-même mais c’est vrai que tout dépend…c’est comme quand on regarde une mappemonde ou une carte géographique, de quel point de vue se place-t-on. Si on se place du point de vue du Pôle Nord, du Pôle Sud, ou de n’importe quel autre point, on a une vision du monde complètement différente et qu’aujourd’hui l’Asie n’est pas une périphérie ; c’est en grande partie un centre du monde. Mais l’image est là ; elle est tout à fait pertinente en termes de religion catholique parce que par derrière il y a la tradition, il y a l’histoire, il y a la réalité d’un certain nombre de statistiques et ce message aura été parfaitement entendu et je crois compris. Voilà ! Mais il y a encore beaucoup d’opportunités pour que le Saint-Père puisse être accueilli en France.

 

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“La finalité de toute l’activité diplomatique doit être le développement” dit le pape François

« La fin (…) de toute l’activité diplomatique doit être le développement », a affirmé le pape François ; « développement intégral de chaque personne, homme et femme, enfant et personne âgée, et celui des nations à l’intérieur d’un cadre mondial de dialogue et de coopération au service du bien commun ».

Le pape François a reçu en audience les ambassadeurs de Tanzanie, Lesotho, Pakistan, Mongolie, Danemark, Éthiopie et Finlande, ce jeudi matin 17 mai 2018, dans la Salle Clémentine du Palais apostolique, à l’occasion de la présentation de leurs lettres de créance.

Le pape a rappelé que « les nations et la communauté internationale sont appelées à contribuer au mieux de leurs possibilités à l’œuvre de pacification et de réconciliation, à travers des décisions et des politiques caractérisées surtout par la compassion, la prévoyance et le courage ».

Voici la traduction de Zenit du discours en italien que le pape leur a adressé.

HG

Discours du pape François

Excellences,

Je suis heureux de vous recevoir à l’occasion de la présentation des lettres par lesquelles vous êtes accrédités auprès du Saint-Siège comme ambassadeurs extraordinaires et plénipotentiaires de vos pays : Tanzanie, Lesotho, Pakistan, Mongolie, Danemark, Éthiopie et Finlande. Je voudrais vous prier de transmettre mes sentiments de gratitude et de respect à vos chefs d’État, avec l’assurance de ma prière pour eux et pour vos concitoyens.

Le patient travail de la diplomatie internationale pour promouvoir la justice et l’harmonie dans le concert des nations se fonde sur la conviction commune de l’unité de notre famille humaine et de la dignité innée de chacun de ses membres. Pour cette raison, l’Église est persuadée que la fin globale de toute l’activité diplomatique doit être le développement : développement intégral de chaque personne, homme et femme, enfant et personne âgée, et celui des nations à l’intérieur d’un cadre mondial de dialogue et de coopération au service du bien commun. Cette année, qui marque le soixante-dixième anniversaire de l’adoption par les Nations Unies de la Déclaration universelle des droits de l’homme, devrait servir d’appel pour un esprit de solidarité renouvelé à l’égard de tous  nos frères et sœurs, en particulier de ceux qui souffrent des fléaux de la pauvreté, de la maladie et de l’oppression. Personne ne peut ignorer notre responsabilité morale de défier la mondialisation de l’indifférence, le fait que l’on fasse semblant de rien devant des situations d’injustice tragiques qui réclament une réponse humanitaire immédiate.

Chers ambassadeurs, notre temps est un temps de changements vraiment historiques, qui requiert sagesse et discernement de la part de tous ceux qui ont à cœur un avenir pacifique et prospère pour les générations à venir. Je forme le vœu que votre présence et votre activité à l’intérieur de la communauté diplomatique près le Saint-Siège contribue à la croissance de cet esprit de collaboration et de participation mutuelle, essentiel en vue d’une réponse efficace aux défis radicaux d’aujourd’hui. Pour sa part, l’Église, convaincue de la responsabilité que nous avons les uns envers les autres, encourage tous les efforts pour coopérer sans violence et sans tromperie, à la construction du monde dans un esprit d’authentique fraternité et paix (cf. Gaudium et spes, 92).

Parmi les questions humanitaires les plus pressantes que la communauté internationale a maintenant devant elle, il y a la nécessité d’accueillir, de protéger, de promouvoir et d’intégrer ceux qui fuient la guerre ou la faim ou qui sont contraints par des discriminations, des persécutions, la pauvreté et la dégradation environnementale à quitter leurs terres. Comme j’ai eu l’occasion de le redire dans mon message pour la Journée mondiale de la Paix de cette année, ce problème a une dimension intrinsèquement éthique qui transcende les frontières nationales et les concessions limitées sur la sécurité et l’intérêt personnel. Malgré la complexité et la délicatesse des questions politiques et sociales impliquées, les nations et la communauté internationale sont appelées à contribuer au mieux de leurs possibilités à l’œuvre de pacification et de réconciliation, à travers des décisions et des politiques caractérisées surtout par la compassion, la prévoyance et le courage.

Chers ambassadeurs, au début de votre nouvelle mission, je vous adresse mes vœux les plus sincères. Je saisis aussi cette occasion pour vous assurer de la constante attention des différents bureaux de la Curie romaine pour vous assister dans l’accomplissement de vos responsabilités. Sur vous et sur vos familles, sur vos collaborateurs et sur tous vos concitoyens, j’invoque des bénédictions divines de joie et de paix.

Source : Zenit.org

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Avant le synode sur l’Amazonie, le Saint-Siège intensifie sa diplomatie écologique

À la tribune des Nations-Unies, le Saint-Siège a plaidé le 8 mai pour l’adoption d’une « approche sociale » dans la lutte contre la déforestation rampante dans plusieurs points névralgiques comme l’Amazonie, la Nouvelle-Zélande ou Madagascar. Ce cri de la terre et ce cri des pauvres doit être entendu, s’est exclamé Mgr Simon Kassas, chargé d’Affaires auprès de l’Observateur permanent du Saint-Siège à l’Onu.

es forêts sont un « un trésor irremplaçable », elles « méritent notre attention, notre étude et notre protection ». C’est par ces paroles laudatrices que le Libanais maronite, Mgr Simon Kassas, a défendu les 4 milliards d’hectares de forêt qui verdoient la planète.

Il s’exprimait dans le cadre d’une session de travail onusienne sur les forêts à horizon 2017-2030.

La lucre, responsable de la déforestation
L’« obsession pour le profit », « certaines formes de développement industriel » et le poids de la dette extérieure des pays pauvres, sont coupables de ces déforestations qui se multiplient, a-t-il pointé. Selon la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), depuis 1990, le nombre d’hectares occupés par les forêts est en diminution de 129 millions.

Le principe de justice, règle d’or des forêts
Le diplomate a donc plaidé pour que les communautés locales deviennent enfin « protagonistes de la conservation de l’environnement », et que leurs droits et valeurs soient naturellement respectés : « Les forêts ne seront gérées de manière durable qu’avec l’implication constante et active des populations locales dans leur propre culture », a-t-il soutenu.

Dans pareil contexte, l’approche écologique doit être accompagnée d’une approche sociale, les questions de justice et de répartition des terres lui étant indissociable.

L’effet Laudato Si’
Depuis l’élection de François en 2013, le Saint-Siège est devenu expert de la diplomatie écologique. Le fait que le continent sud-américain, dont est originaire le Souverain pontife, soit le plus affecté par la déforestation – environ 4,3 millions d’hectares détruits par an – n’y est pas étranger. La parution de l’encyclique Laudato Si’ en mai 2015 représente l’acmé et le texte de référence de cette dynamique écologique promue par le Saint-Siège.

C’est d’ailleurs en réponse à cette encyclique écologique que les évêques d’Angola et San Tomé avaient créé une forêt « Laudato Si », composée de 400 types d’arbres différents, en mars dernier. L’Angola faisant partie du Bassin du Congo, 60 millions d’hectares de forêts et second poumon écologique du monde après l’Amazonie, l’initiative fut remarquée.

Vers le synode
Outre Laudato Si’, les discours pontificaux font très fréquemment allusion à la défense de la terre ; les derniers exemples en date étant ceux du Souverain pontife lors de son  voyage apostolique à Puerto Maldonado, en Amazonie péruvienne en janvier dernier.

En prélude au prochain synode sur l’Amazonie en octobre 2019, le Pape y avait souligné les problèmes découlant du « néo-extractivisme et de la pression exercée par de grands intérêts commerciaux qui veulent s’emparer du pétrole, du gaz, du bois, de l’or et de formes de monoculture agro-industrielle ». D’autre part, avait-t-il dit, « ses terres sont menacées par la déformation de certaines politiques visant à la “conservation” de la nature sans tenir compte des hommes et des femmes […] qui l’habitent ».

Source : Vatican News – Delphine Allaire

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Le Pape crée une Troisième section de la Secrétairerie d’État, en charge du personnel diplomatique

Le Pape François a constitué la Troisième Section de la Secrétairerie d’État avec la dénomination de Section pour le Personnel diplomatique du Saint-Siège, en renforçant l’actuel bureau du Délégué pour les Représentations pontificales.

La section, qui dépendra du Secretaire d’État, sera présidée par le Délégué pour les Représentations pontificales. Actuellement, il s’agit de Mgr Jan Romeo Pawlowski. Il aura pour finalité de démontrer l’attention et la proximité du Saint-Père et des responsables de la Secrétairerie d’État pour le personnel diplomatique. Dans cette optique, le Délégué pour les Représentations pontificales pourra prévoir de rendre visite aux sièges des représentations pontificales (qui sont essentiellement des nonciatures apostoliques) avec régularité.

La Troisième section s’occupera exclusivement des questions attenantes aux personnes qui travaillent dans le service diplomatique du Saint-Siège ou qui s’y préparent, comme par exemple la sélection, la formation initiale et permanent, les conditions de vie et de service, les avancements, etc…

Dans l’exercice de ses fonctions, le Délégué pour les Représentations pontificales bénéficiera d’une juste autonomie, et dans le même temps se chargera d’établir une étroite collaboration avec la Section pour les Affaires générales (qui continuera à s’occuper des questions générales concernant ces représentations pontificales) et avec la Section pour les Rapports avec les États (qui continue à s’occuper des aspects politiques de leur travail).

Le délégué pour les Représentations pontificales participera, avec le Substitut pour les Affaires générales et avec le Secrétaire pour les Rapports avec les États, aux réunions hebdomadaires de coordination présidée par le Secrétaire d’État. Il convoquera et présidera les réunions ad hoc pour la préparation des nominations des Représentants pontificaux. Enfin, il sera responsable, avec le président de l’Académie pontificale ecclésiastique, de ce qui concerne la sélection et la formation des candidats.

 

Source Radio Vatican